Un rapport lourd et nécessaire

Nous assistons, j’ai espoir, à un changement de cap pour les victimes et les familles des victimes. Ce rapport, qui fait plus de 800 pages, met noir sur blanc les conditions et la vie de nos compatriotes autochtones au Canada, Terre supposément d’accueil, Territoire théoriquement ouvert, place où on annonce qu’il fait bon vivre… Plus de 800 pages, de mots, de paroles, de faits, d’histoires, de drames, de larmes, de colère… Cela souligne en gros et en grand toutes les conséquences qu’à eu le régime coloniale sur ces peuples. Enfin, les autochtones parleront en leur nom. Enfin, elles pourront s’exprimer sur le racisme, l’homophobie et toutes les autres causes systémiques que détaillent ce rapport.

Mais mon coeur est lourd.

Et mes pensées dispersées.

Le rapport, je n’ai l’es pas encore lu. Voyez-vous, j’ai débuté et j’ai refermé. C’était difficile. Je suis peut-être trop sensible ? Ou peut-être c’est justement grâce à mon humanisme que j’arriverais à franchir cette épreuve. Je le dois. Je LEUR dois, à elles. Ces femmes… ces centaines de filles enlevées…assassinées. Je le dois à tous ses enfants que les gouvernements ont oubliés. C’est après tout aussi mes gouvernements (selon mon histoire québécois – canadienne).

Je suis triste de ce rapport avant même d’avoir réussi franchir la deuxième phrase, puisque je connais la politique. On l’a connais. Elle donne le droit à cette commission, à ouvrir le dialogue, mais elle remet entre les mets des victimes le fardeau de la preuve ( et dans un temps record, soulignons-le). Soit ! Les commissaires ce sont retournés de bord et ont fait leur boulot. Ils /elles s’en sont montrés dignes. Parler pour autrui, apprendre sur autrui, partager le vécu… sont des tâches difficiles ! Vous savez quoi ? Plus de 200 recommandations plus tard et ça se titille encore sur le mot génocide dans les médias.

Vous savez, les québécois, les francophones… ont subis la même chose. Nous pères ont été violés par les prêtes, nos mères et nos grands-mères sont devenus des usines à bébé au nom de la religion ( ou plutôt la pension du curé), la femme avait son rôle de domestique, le droit vote, les habits restreints, l’égalité homme-femme… Vous vous rappelez nos patriotes ? Vous vous rappelez notre besoin d’indépendance ? Pourquoi ? Rappelez-les moi cette idée folle que nous avions ? Avez-vous oublié notre combat contre le colonialisme anglais ?  Pour notre langue française ? L’abandon de la France ? La grande déportation… Ouais… Notre histoire Canadienne n’est pas aussi jolie qu’on tente de se convaincre. Le Canada a finalement des… coquilles à son dossier. ( c’est du sarcasme, évidemment).

Et quand je regarde ça de mes yeux de  femme canadienne (québécoise) francophone et blanche, je suis terrorisée. J’ai peur de la suite. J’ai peur de  »perdre » mon confort parce que je suis choyée parce que je suis née du bon côté de la clôture. Et beaucoup de gens doivent se senti exactement pareil. Nous avons peur. Nous sommes dépourvues. Nous ne savons pas quoi faire, quoi dire, quoi risquer, quoi entreprendre. ON se sent coupable. Mais c’est tout le contraire qu’il faut ressentir. Elles ne parlent pas de culpabilité, elles réclament la justice. Alors rappelez-vous ceci :

LE gouvernement a échoué.

LE gouvernement a abandonné les humains.

LE gouvernement n’a pas protégé.

LE gouvernement n’a pas rendu justice.

LE gouvernement a volé les terres, les droits, la culture, les langues et les vies des premiers peuples.

Ce gouvernement passé et cette religion a eu tort ! Maintenant qu’ils se sont engraissé et qu’ils ont commis l’irréprochable, c’est le temps d’appeler un chat un chat. Vous me voyez venir ? Oui, lorsqu’on déplace des gens sans leur accord, qu’on les viole, qu’on les séquestre et qu’ils disparaissent ça s’appel un meurtre, un crime… Et quand ces actions sont posées sur un peuple particulier et que sur des années la tentative est d’assimiler… c’est un génocide.

Combien d’entre-vous accepterait que vos enfants soient retirés de la maison, mit dans un institution (gouvernementale et religieuse) de force, qu’il y est des restrictions pour voir et parler à son enfant et que du jour au lendemain on vous annonce qu’il est mort ?! Sans oublier qu’aucune enquête, ni tombe, ni lieu de son corps est disponible ? Combien d’entre-vous accepterait cette réalité ?

Au final, ce que je veux dire c’est que ces gens-là, les premières nations, les peuples de l’Est, de l’ouest, du nord et du sud… Tout ce qu’on peut faire, c’est de faire pression sur LE gouvernement présent, car IL est tributaire des actions de ces précédents. Ce n’est plus blanc ou bleu, rouge ou noir…. C’est l’entité, c’est l’État, c’est LE REPRÉSENTANT des peuples vivants sur le territoire canadien. Et SON DEVOIR est de rétablir la vérité. Et s’IL refuse, les PEUPLES se feront de plus en plus entendre.

Rejetons cette culpabilité et cette peur qui nous tiennent et permettons qu’elles et qu’ils soient entendus. Si vous avez du pouvoir, utilisez-le. Partagez, témoignez et échangez !

Mon apport est mince sur ce blogue. Mon pouvoir est petit. Mais je sais prendre les mots. Alors pour ces gens qui me lisent, un rapport partager, est un pas dans la voie du changement. C’est la vérité qui progresse.

Alors je demande à ceux qui me suivent ( je vous aimes tellement et je suis heureuse que vous me suiviez !) mais, Ne partagez pas mon article, mais le lien de l’enquête national.

L’histoire, NOTRE futur est entre les mains de tous et toutes maintenant.

Il n’y a plus de voile.

Il n’y a plus de mensonges.

Juste la vérité, la réconciliation, la ré-attribution et la paix.

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Espaces autochtones, facebook.

Télé-journal

Pour lire le rapport c’est par ici.

Droits image: Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtone: disparues et assassinées.