Et si j’écrivais à temps plein

Au Québec, si tu dis à tes proches que tu veux devenir écrivain, en général ils te donnent leurs condoléances. Ouais ! Ce n’est pas très payant. Il y a peu d’élus pour le nombre de passionnées. Peu de lecteur pour le nombre d’auteur ! Si je m’arrêtais à ça, je ne ferais pas grand-chose de ma vie. Vous non plus d’ailleurs. Nous avons une très grande capacité à s’autodétruire ou échouer avant même d’essayer. D’accord, pour faire de l’argent avec nos manuscrits, il faut bucher et piocher… encore et encore !

Conseil à venir ! Attention !

Si vous vous laissez envahir par une telle pensée, elle deviendra votre quotidien. Acceptez les conditions dans lesquelles vous êtes présentement, améliorez-les et cessez votre inertie.

Quand je suis au travail, je veux écrire. Quand je suis enfin chez moi, je n’écris pas. Si j’étais à temps plein dans l’écriture, j’aurai des romans et j’en ferais mon métier. Je veux vivre par mon écriture.

Dans la magie des mots de Julia Cameron, elle a fait résonner en moi cette pensée, de mettre le poids financier sur notre passion est dangereux et cruel. Il est là le véritable problème. À tenter d’espérer le tout ou le rien par l’écriture ne vous mènera à rien.

Regardez votre situation comme un gestionnaire. Analysez votre horaire. Détectez vos temps « morts », utilisez-les pour vous reposer ou pour travailler une partie de votre écriture. Selon vos moyens évidemment, prévoyez vos déplacements, vos pauses, vos journées off ou vos weekend avec séance d’écriture. Par exemple, j’ai réalisé que je passais une heure à deux heures dans le transport en commun. Je ne suis pas toujours assise, mais quand je le suis, je gaspille des minutes de mon forfait sur mon cellulaire. J’ai passé à l’acte et je me suis acheté un ordinateur portable tout riquiqui, le plus bas prix possible. Juste pour avancer des petits textes ici et là. Si c’était une phrase, c’était une phrase de plus à mon histoire ! Pas d’argent pour un ordinateur portable, un calepin et un crayon sont bon marché en général.

Oui l’argent. Oui le temps. Oui les enfants, la famille, les diners, les nids de poule, le trafic, la voiture, le voisin, le gazon, l’arrosage, la pluie, le collègue trop bavard… et j’en passe. Dans les excuses on a déjà compris que les humains sont experts, mais quand est-il de la prise de décision et de l’action ? Pourquoi attendre d’être à la retraite pour décider de vivre ? L’écriture, moi, j’en vis déjà en temps plein. Dans ma tête. Dans mes veines. Dans mon travail. Dans mes interactions sociales… En effet, il n’y a pas une seule seconde que je n’y pense pas.

Qu’est-ce qui vous empêche d’écrire ? Qu’est-ce que vous fabulez sans jamais dire « stop » ? Comment est votre horaire ? Avez-vous des plages réservées à votre passion ? Parlez- en ! Donnez vos trucs ! Parlez-moi de vos arrangements.