Un rêve qui devint passion

 

« Avez vous déjà fait un rêve, et au réveil vous vous êtes dit hey méchante histoire à écrire? » demandait une amie écrivaine.

 

Dès que vous mettez votre foi dans les mots, vous comprenez rapidement que l’inspiration peut venir de partout. Votre enfance, vos sentiments, vos actions, vos valeurs, un ami un peu bizarroïde, un film, nos passions, etc. Aussi, eh oui! Pourquoi pas de la plus profonde des abîmes de notre être, de notre inconscient : Le rêve.

Mon histoire, ma passion et ce que je suis devenue aujourd’hui partent d’un rêve. J’avais  onze ans ou douze ans, je commençais à peine le secondaire. J’explorais de nouveaux horizons, lisais de nouveaux romans, je nageais désormais dans un Nouveau Monde, celui de l’adolescence. Et il faut avouer que cette transition peut en troubler plus qu’un. On rencontre de bonnes personnes. On rencontre aussi de mauvaises personnes. Nos actions engendrent et renforcent notre personnalité. On devient Quekun.

Avant d’en venir au sujet qui nous préoccupe, je dois faire un saut important dans ma mémoire. Pour ma cohérence, pour la vôtre. Alors, moi, j’étais qui à l’adolescence?

J’étais une enfant qui avait de la difficulté à être une adulte. Difficile de jouer ce jeu de grande personne. Je sortis d’un primaire qui possédait une pensée de pauvre. Peu de budgets, peu d’innovation, peu de témoignages affectifs avec les élèves.  Une vieille époque me direz-vous, mais sûrement pas la pire.  J’avais vécu beaucoup de harcèlement et de violence physique de la part de personne que j’appelais autrefois, amis. Les luttes pour la popularité étaient cruelles et ne se terminaient pas, à mon plus grand regret au secondaire.

Mais un choix s’imposait certainement. Rester ou non dans la vieille gang ? Par habitude, je crois, par peur, très assurément, je suis restée avec de vieux amis pendant la première année. J’étais silencieuse, gênée, rougissante, intimidée et j’étais convaincu d’être d’une nullité incroyable dans toute matière.

J’ai cependant trouvé de bonnes personnes qui m’ont fait m’épanouir. Je pense en premier à Nafrounette, à Jaz, Cri-Cri, Vinchoupichounet et Nini. C’est avec maladresse que certaine relation était rocambolesque ou  était un mélange de amour-haine qui recouvrait une couche énorme de jalousie  ou plutôt maintenant je comprends de très grande admiration. Je pense à Nini une bagarreuse sucrée, maladroite et intelligente. Je pense à Nafrounette la femme forte qui se lève debout pour ses convictions et qui sait faire asseoir les p’tits crétins comme nulle autre, mais qui est d’une tendresse sans borne que je pourrais surnommée Madame Chef Câlinours. Je pense à Vinchoupichounet qui est le plus fou des fous, le créateur de bulles mentales dont je crois être le plus sincère et le plus lucide de tous mes amis ( Oui! Oui! Même dans sa folie). Je pense à Cri-Cri, une amie loyale, gentille et patiente. Et je pense à ma Jaz, tourbillonnante lumière qu’on pourrait resurnommée Petit Photon. Petit Photon? Oui parce qu’elle mérite tout ce qui est lumineux dans sa vie. Ces amitiés m’ont modelé. Elles m’ont appris. Elles m’ont donné de l’amour incroyable.

Avant de les connaitre, cette bande-là, comme je le disais j’avais eu un primaire plus ou moins agréable. Il y avait une terreur en particulier qu’une fois au secondaire je continuais à m’y accrocher…par peur ou habitude? Je serais sûrement en mesure de vous le dire dans quelques années…Mais le miracle s’est produit. Et ce fut un rêve qui me sauva et qui créa tout mon univers d’écrivaine par la suite.

J’étais dans une grotte. Du moins, c’est ce qui semblait. J’étais amenée par des prêtes encapuchonné et vêtu de noir. Eux, c’étaient les méchants. Et la reine qui les commandait était cette amie du primaire. Une enfant méchante, égoïste, ensorcelante.  Une femme que je m’étais habituée d’aimer pour les mauvaises raisons au risque de la craindre et d’en mourir.

Les prêtes m’amenaient profondément dans la grotte. Plus j’avançais, plus il faisait chaud. Bouillonnant. J’étouffais. Je suais. On me mena devant un gouffre rempli de lave. J’étais au cœur d’un volcan.

J’étais consciente que je dormais. J’étais consciente de ma mort évidente dans ce cauchemar. Et je refusais. Je refusais de toutes mes forces à cette fin. Alors, j’expérimentai le rêve conscient. Je me mis à penser à des pouvoirs magiques ( je suis la génération Harry Potter ).D’un coup, mes ennemis brûlaient devant mes yeux. Je détachais mes liens et me mit à courir jusqu’à l’extérieur. Mais la méchante petite fille me poursuivait. Elle me lançait des sorts. Elle me faisait mal.

Et si je pouvais me protéger de ça? Et si mon cauchemar pouvait ne pas en être un? Et si je transformais l’histoire?

Alors je m’assis sur un sol dur et j’imaginais une grande bulle qui me protégeait. Pendant que la méchante petite fille de mon rêve et de ma réalité d’enfant battait la bulle magique, je fis passer un grand souffle de bonté à l’extérieur. La petite fille méchante s’évanouit et je finis par me réveiller.

Cette grotte, ce personnage, la lave, la montagne sont devenue le cœur de mon histoire fantastique que je travaille depuis aujourd’hui. J’étais si bouleversée de ma capacité aux rêves conscients que je me dis, malgré mon jeune âge, que je devais garder trace de tout ça. Mais j’écrivais mal, je faisais plein de fautes et je ne me croyais pas capable d’écrire. Je ne connaissais pas ça moi écrire pour le plaisir. Mais on m’encouragea à le faire et je pris la machine à écrire de ma mère. Je tapai ce rêve moult et moult fois. Je le tapai sur l’ordinateur dont je perdu les fichiers par manque d’expérience de cette technologie. Mais je réécris cette histoire. Plus d’une fois. Elle était vitale. Elle me tenait en vie. J’ai grandi avec mes personnages. J’ai grandi grâce à ce rêve et sans le savoir, je découvrais ma future et merveilleuse passion soit celle d’écrire!

Entre temps,  j’ai mis cette histoire de côté. J’ai travaillé ma technique. J’ai pris des gallons. Je m’améliorais de jour en jour. L’idée de la petite magicienne dans sa bulle qui rend le monde meilleur est toujours en travail. Toujours dans ma tête, sur papier et sur mon ordinateur. Dans mon cœur.

Ainsi, d’un simple rêve, j’ai créé une série fantastique qui me rend fière. Et si mes amis(es) me lisent, je vous dis ceci : Je suis aussi folle que chacun de vous, mais le terme politico-correct c’est être une fille charmante.

Et je signerais cet article de mon nom véritable. Mon vrai de vrai.

Crevette Mauve.