Pourquoi continuer

Pour moi, la recherche de la perfection est utopique. Parce que je me suis toujours trouver brouillon, irréfléchis voire même pas très intelligente. Naïve de croire que je faisais quelque chose de bon. Stupide d’avoir commencer ce quelque chose. Je soupirais devant mon travail, la tâche était trop grande pour moi et j’étais découragée. J’avais peut-être douze ans à l’époque et pourtant même à vingt-huit, je tourne dans ma tête toujours les mêmes questionnements. J’ai appris à mettre des mots sur mes sentiments, mais je suis toujours incertaine et surtout vulnérable. Suis-je légitime? Est-ce que c’est bon? Est-ce que j’arriverais à faire ma place? Est-ce que la passion va finir par me rendre folle?  Puis, éclaircissant mon sombre raisonnement éternel, la question tombe sans prévenir ; Pourquoi est-ce que je continus à écrire?

C’est vrai! Je m’embête, je me fâche, je pleure, je cherche des résultats, j’agite les mains, je travaille fort, je fainéante, je soupire et je me décourage plus d’une fois… Puis après je réclame la perfection, la gloire, LE sujet en sachant pertinemment que ce contrôle, cette tendance horrible à poser les mauvaises questions qui me rend malheureuse.

Alors, pourquoi je continus donc à faire ça? Pourquoi cette passion est le noeud au coeur de mon existence? Pourquoi je ne peux pas juste tout laisser tomber et passer à autre chose.

Du tricot par exemple. Je pourrais devenir experte du tricot. Au final, l’objet fini par apparaître concrètement entre nos mains. L’histoire, le produit c’est seulement quand un éditeur nous prend en charge ou qu’on dépense notre budget à la création du livre. C’est loin. C’est long. C’est tant de sacrifices personnelles, sociaux et mentaux! Alors… Pourquoi? Pourquoi je continus de me battre contre c’te patente-là qui est tellement difficile!

Mon explication

Je vais vous dire ceci, j’ai appris à me connaitre, à reconnaître mes cycles d’écriture, mes signaux d’alarmes pour sabotage et  j’ai compris ce que j’aimais de l’écriture et j’ai validé ma légitimité. Je sais que ce n’est pas facile. Je sais, novice ou expert, qu’il y aura toujours nos hésitations. Mais que fait un professionnel ( peu importe son domaine d’expertise)? Il regarde les causes et tente d’améliorer. Si nous ne pouvons améliorer par nous-mêmes, nous allons chercher d’autres experts pour nous soutenir. L’art ou l’écriture n’est pas bien différent.

J’apprends à me connaitre

Nous portons en nous des thèmes, des souvenirs, des émotions, des injustices et des rêves. Nous avons tous et toutes la capacité de les exprimer. Il faut d’abord les reconnaître, les comprendre puis les traduire ou les transposer dans notre art.

Pour se connaitre, il n’y a pas cent solutions possibles, sortez, regardez-vous aller ici et là, voyez vos agissements, analysez vos conversations ( pourquoi lui ai-je dit ceci? À oui, je suis une contrôle freak). Votre vie, votre expérience de la vie, vos cicatrices et vos bons coups sont les moteurs ( les muses) à votre créativité.

Je reconnais mes cycles d’écriture

Matin ou soir? Oiseau de nuit ou petit pinson de jour?

Est-ce que je suis une technique? Est-ce que j’ai une méthodologie? Est-ce que ma structure de roman, m’aide à traverser la tempête lorsque je la rencontre?

Est-ce que je respecte mes heures de repos? Ou au contraire, ma fatigue, mon énervement me rend plus productif? Est-ce que je brûle la chandelle par les deux bouts?

Est-ce que je prends le temps d’observer un thème, de le comprendre, de lui poser des questions, d’aller chercher des experts?

Est-ce que je sais où je suis en ce moment? Est-ce que j’ai sauté une étape? Est-ce que j’ai des étapes?

Mes signaux d’alarme de sabotages

Je n’ai pas manger ni bu. Je m’effondre sur mon clavier et je mets à pleurer. Voilà trois heures que je tente de faire quelque chose de décent avec ce paragraphe. 

Ma méthode est-elle la bonne?

Est-ce que je me suis flagellé mentalement pendant le temps que j’essayais? Ex: je ne peux pas écrire ça! Je suis ben stupide! C’est ben nul! Je suis nul(le)!

Est-ce que j’ai fait taire mon critique mental en lui disant qu’il pourra réagir quand je le déciderais?

Est-ce que j’ai été à l’écoute de mon corps et de ses besoins?

Est-ce que je suis à l’écoute de mon histoire?

Suis-je consciente des pas que je fais?

Quand je sais où je suis et vers où je vais, je sais que j’ai plus de chance de trouver mon chemin.

Est-ce que je sais quand je dérive de ma route? Est-ce que j’en connais la cause?

Ce que j’aime de l’écriture

 

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Ma légitimité

Il est dur d’accepter que nous avons notre place. Peu importe ce que vous faîtes, peu importe ce que vous voulez faire, il faut travailler sur votre être. Sur votre actuel présence sur cette terre et votre droit à vivre, votre droit d’essayer, votre choix d’habiter votre corps.

Voici un exercice très simple.

Parler à voix haute et dîtes ces mots : « Je suis légitime »

Répétez à chaque fois que vous sentirez le besoin ou du moins, chaque fois que vous pensez que votre place n’y est pas.

En conclusion…

Avoir cette passion c’est pareil à marcher dans un boisée dense. On sait qu’il y aura un moment où la route sera belle et éclairée. Nous savons aussi qu’il y aura de l’ombre, des passages plus abruptes et possiblement des bébittes fatiguantes qui sont attirer par notre sueur.

Il y a les randonneurs de groupe et les solitaires.

Nous savons qu’il faut s’amener de l’eau, s’équiper avec un bon sac à dos et y insérer tous nos outils pour faire face aux situations de la montagne.

Nous savons aussi que nous avons un but. Allez devant. Là. Sur la pointe. Au-dessus de la montagne.

Nous savons aussi qu’on ne devient pas un sportif du jour au lendemain. Que cela demande du temps, des efforts et de l’énergie.

Nous comprenons l’enjeu.

Nous aimons joué.

Et nous avons décidé de persévérer et de faire de notre mieux.