Un rêve qui devint passion

 

« Avez vous déjà fait un rêve, et au réveil vous vous êtes dit hey méchante histoire à écrire? » demandait une amie écrivaine.

 

Dès que vous mettez votre foi dans les mots, vous comprenez rapidement que l’inspiration peut venir de partout. Votre enfance, vos sentiments, vos actions, vos valeurs, un ami un peu bizarroïde, un film, nos passions, etc. Aussi, eh oui! Pourquoi pas de la plus profonde des abîmes de notre être, de notre inconscient : Le rêve.

Mon histoire, ma passion et ce que je suis devenue aujourd’hui partent d’un rêve. J’avais  onze ans ou douze ans, je commençais à peine le secondaire. J’explorais de nouveaux horizons, lisais de nouveaux romans, je nageais désormais dans un Nouveau Monde, celui de l’adolescence. Et il faut avouer que cette transition peut en troubler plus qu’un. On rencontre de bonnes personnes. On rencontre aussi de mauvaises personnes. Nos actions engendrent et renforcent notre personnalité. On devient Quekun.

Avant d’en venir au sujet qui nous préoccupe, je dois faire un saut important dans ma mémoire. Pour ma cohérence, pour la vôtre. Alors, moi, j’étais qui à l’adolescence?

J’étais une enfant qui avait de la difficulté à être une adulte. Difficile de jouer ce jeu de grande personne. Je sortis d’un primaire qui possédait une pensée de pauvre. Peu de budgets, peu d’innovation, peu de témoignages affectifs avec les élèves.  Une vieille époque me direz-vous, mais sûrement pas la pire.  J’avais vécu beaucoup de harcèlement et de violence physique de la part de personne que j’appelais autrefois, amis. Les luttes pour la popularité étaient cruelles et ne se terminaient pas, à mon plus grand regret au secondaire.

Mais un choix s’imposait certainement. Rester ou non dans la vieille gang ? Par habitude, je crois, par peur, très assurément, je suis restée avec de vieux amis pendant la première année. J’étais silencieuse, gênée, rougissante, intimidée et j’étais convaincu d’être d’une nullité incroyable dans toute matière.

J’ai cependant trouvé de bonnes personnes qui m’ont fait m’épanouir. Je pense en premier à Nafrounette, à Jaz, Cri-Cri, Vinchoupichounet et Nini. C’est avec maladresse que certaine relation était rocambolesque ou  était un mélange de amour-haine qui recouvrait une couche énorme de jalousie  ou plutôt maintenant je comprends de très grande admiration. Je pense à Nini une bagarreuse sucrée, maladroite et intelligente. Je pense à Nafrounette la femme forte qui se lève debout pour ses convictions et qui sait faire asseoir les p’tits crétins comme nulle autre, mais qui est d’une tendresse sans borne que je pourrais surnommée Madame Chef Câlinours. Je pense à Vinchoupichounet qui est le plus fou des fous, le créateur de bulles mentales dont je crois être le plus sincère et le plus lucide de tous mes amis ( Oui! Oui! Même dans sa folie). Je pense à Cri-Cri, une amie loyale, gentille et patiente. Et je pense à ma Jaz, tourbillonnante lumière qu’on pourrait resurnommée Petit Photon. Petit Photon? Oui parce qu’elle mérite tout ce qui est lumineux dans sa vie. Ces amitiés m’ont modelé. Elles m’ont appris. Elles m’ont donné de l’amour incroyable.

Avant de les connaitre, cette bande-là, comme je le disais j’avais eu un primaire plus ou moins agréable. Il y avait une terreur en particulier qu’une fois au secondaire je continuais à m’y accrocher…par peur ou habitude? Je serais sûrement en mesure de vous le dire dans quelques années…Mais le miracle s’est produit. Et ce fut un rêve qui me sauva et qui créa tout mon univers d’écrivaine par la suite.

J’étais dans une grotte. Du moins, c’est ce qui semblait. J’étais amenée par des prêtes encapuchonné et vêtu de noir. Eux, c’étaient les méchants. Et la reine qui les commandait était cette amie du primaire. Une enfant méchante, égoïste, ensorcelante.  Une femme que je m’étais habituée d’aimer pour les mauvaises raisons au risque de la craindre et d’en mourir.

Les prêtes m’amenaient profondément dans la grotte. Plus j’avançais, plus il faisait chaud. Bouillonnant. J’étouffais. Je suais. On me mena devant un gouffre rempli de lave. J’étais au cœur d’un volcan.

J’étais consciente que je dormais. J’étais consciente de ma mort évidente dans ce cauchemar. Et je refusais. Je refusais de toutes mes forces à cette fin. Alors, j’expérimentai le rêve conscient. Je me mis à penser à des pouvoirs magiques ( je suis la génération Harry Potter ).D’un coup, mes ennemis brûlaient devant mes yeux. Je détachais mes liens et me mit à courir jusqu’à l’extérieur. Mais la méchante petite fille me poursuivait. Elle me lançait des sorts. Elle me faisait mal.

Et si je pouvais me protéger de ça? Et si mon cauchemar pouvait ne pas en être un? Et si je transformais l’histoire?

Alors je m’assis sur un sol dur et j’imaginais une grande bulle qui me protégeait. Pendant que la méchante petite fille de mon rêve et de ma réalité d’enfant battait la bulle magique, je fis passer un grand souffle de bonté à l’extérieur. La petite fille méchante s’évanouit et je finis par me réveiller.

Cette grotte, ce personnage, la lave, la montagne sont devenue le cœur de mon histoire fantastique que je travaille depuis aujourd’hui. J’étais si bouleversée de ma capacité aux rêves conscients que je me dis, malgré mon jeune âge, que je devais garder trace de tout ça. Mais j’écrivais mal, je faisais plein de fautes et je ne me croyais pas capable d’écrire. Je ne connaissais pas ça moi écrire pour le plaisir. Mais on m’encouragea à le faire et je pris la machine à écrire de ma mère. Je tapai ce rêve moult et moult fois. Je le tapai sur l’ordinateur dont je perdu les fichiers par manque d’expérience de cette technologie. Mais je réécris cette histoire. Plus d’une fois. Elle était vitale. Elle me tenait en vie. J’ai grandi avec mes personnages. J’ai grandi grâce à ce rêve et sans le savoir, je découvrais ma future et merveilleuse passion soit celle d’écrire!

Entre temps,  j’ai mis cette histoire de côté. J’ai travaillé ma technique. J’ai pris des gallons. Je m’améliorais de jour en jour. L’idée de la petite magicienne dans sa bulle qui rend le monde meilleur est toujours en travail. Toujours dans ma tête, sur papier et sur mon ordinateur. Dans mon cœur.

Ainsi, d’un simple rêve, j’ai créé une série fantastique qui me rend fière. Et si mes amis(es) me lisent, je vous dis ceci : Je suis aussi folle que chacun de vous, mais le terme politico-correct c’est être une fille charmante.

Et je signerais cet article de mon nom véritable. Mon vrai de vrai.

Crevette Mauve.

Libérer le trésor

Il existe un trésor, une richesse qui dort
Dans le coeur des enfants mal aimés
Sous le poids du silence et de l’indifférence
Trop souvent le trésor reste caché

-Michel Rivard-

 

 

Minuit moins deux minutes. Marie marchait rapidement. Elle avait un rendez-vous. Un rendez-vous qu’elle ne pouvait manquer au risque de grave conséquence.

Marie était une belle adolescente. Les cheveux couleur de blé, les yeux verts, un visage rond, des lèvres roses. Elle n’était pas que mignonne, mais d’une beauté sans mot. On pouvait imaginer sans peine que ses parents étaient de belles personnes pour avoir créé un magnifique être.

Enfant unique. Marie s’était ennuyée très tôt dans sa vie. Ses parents, des gens de carrières, avaient beaucoup de choses à faire ce qui l’a laissa rapidement, dans son enfance, seule à la maison. Mais l’école avait changé bien des choses. Elle s’était faîte de bonnes amies. Une, Laurence, son opposé en tout. Douée, appliquée, brunette, petite, les yeux noisettes grossièrement conçues par un métissage génétique de plusieurs générations. Mais Laurence était gentille. Une gentillesse qui avait manqué à Marie. Toutefois, Laurence était souvent occupée. Soupers en famille, fête du petit cousin, voyage en Gaspésie, voyage aussi dans le reste du monde. Laurence avait quatre frères. Quatre gentils garçons d’un an de différence. Laurence était, au contraire de Marie, très bien entourée.

Marie vivait au travers de Laurence sa vie de rêve. Elle s’imaginait quand le sommeil ne venait pas, être à sa place, avoir ces parents, avoir ces frères, une telle famille unie…un avenir. Des objectifs. L’adolescente avait rapidement appris à mettre ses émotions, ses ambitions et ses envies de côté. Dissimuler ce qui faisait d’elle Marie. Elle avait peur d’être pointée du doigt et lui retirer le peu de joie qu’elle possédait. Alors elle ne devenait personne. Elle devenait l’amie de Laurence et vivait dans son ombre.

Un coup d’œil à sa montre et elle était désormais en retard. Heureusement pour elle, Marie tournait le coin d’une ruelle et arriva à l’hôtel Succube. Le portier, un grand noir, saluait la jeune fille par son prénom et lui ouvrait la porte.

C’était un hôtel underground ou la clientèle recevait quelque extra moyennant un certain montant d’argent.

Marie n’eut pas à demander, elle savait où se diriger. Elle enjamba deux marches à la fois le grand escalier en colimaçon. L’adolescente s’arrêta au troisième et dernier étage. Là où le maître avait son bureau.

La porte était entrouverte. Une lumière tamisée se glissait sous la porte. Marie poussait la porte et refermait derrière elle.

-Marie! s’exclama une voix masculine très chaleureuse.

-Bonsoir Max, dit Marie sur un ton lasse.

Le dénommé Max avança vers elle et lui donna deux baisers sur chacune de ses joues. Il lui prit la main et y glissa un petit sachet transparent de deux gélules noires.

-Max…

-Qu’est-ce qu’il ya chérie?

Marie était mal à l’aise, mais devait lui en parler.

-J’aimerais le faire sans.

-Tu es sûr?

Elle hocha la tête et tassa doucement la main de Max éloignant le sachet et son contenu.

-Ça va être douloureux.

-Je sais.

Marie retira son manteau. Elle avait une jolie robe jaune. Elle faisait juvénile. Jeune et vulnérable. Très fragile. Mais c’est ce que les clients particuliers de Marie aimaient d’elle.

Elle savait encore une fois où se diriger : une petite pièce au fond du bureau de Max. Le client était déjà présent.

L’adolescente entrait dans la pièce et refermait derrière elle. Max n’avait dit rien. Ni bonne chance. Ni de remerciement. Ni même ce que Marie attendait depuis trois ans : je te libère.  Mais non. Rien. Il l’a regardait se retirer dans la petite pièce comme une employée du Tim qui allait chercher des poches de café dans le back-store. Max retournait à sa table de travail et vagabondait sur internet désormais sans plus.

La pièce était noire, mais Marie rencontra rapidement les yeux rouges du client qui étincelait. Il s’agissait de son plus vieil admirateur.

Marie se dirigea vers le grand lit aux couvertures de soie et s’y coucha. Elle déplaça ses cheveux, laissant sa gorge bien en vue.

-Marie, murmura son client.

La créature aux yeux rouges s’approchait de son prix. Huma son odeur et fut soudainement surpris.

-Tu n’as pas pris l’inhibiteur ?

-Pas cette fois.

-Tu vas avoir mal quand je vais te mordre.

Marie posa ses mains de chaque côté du visage du vieux vampire.

-Je ne peux pas avoir plus mal.

Marie embrassa la créature et s’abandonna à ses caresses. Le vampire lentement arrivait à son cou. Les veines palpitaient et cela l’excitait. Cette nuit, Marie ne ferait pas semblant d’avoir mal. Quand une personne ne prenait pas l’inhibiteur, cela engendrait d’effroyables souffrances à la suite d’une morsure de vampire. Toutefois Marie, contrairement aux autres nuits, voulait ressentir. Pour une fois, elle voulait avoir l’impression d’exister. Et, elle espérait, silencieusement que la douleur soit si intense qu’elle en meurt.

Le sans-abri

J’avais rendez-vous au Café chez l’éditeur de Québec Amérique avec une amie et graphiste officielle de mes deux livres. Je débarquais du métro Jean-Talon et j’entamais la grande progression vers la sortie.

On croise très souvent des sans-abris ou des artistes avec plein d’espoir dans les yeux d’avoir un petit un ou un petit deux. En ce qui me concerne, il y avait un monsieur, assis au sol, un gueux de la ville, un peu sale. Oui malheureusement, un peu repoussant. Son gobelet Tim Horton prêt à recevoir des dons. Je le regardais, car lui ne regardait pas les passants. C’est moins gênant alors d’observer la misère et la pauvreté. On se sent moins coupable lorsqu’on ne croise pas leur regard. Donc il ne regardait personne. Il avait la tête penchée au-dessus d’un livre. Un gros livre. C’était Don Quichotte.

Je passais devant et j’étais stupéfaite de voir un sans-abri cultivé! Hey! il lisait c’est cool pareil, non? Au final, je pensais qu’il faisait peut-être semblant pour avoir un peu d’argent libre d’impôt.

Sur moi j’avais mes deux nouvelles. Une désirant la mettre dans le café librairie pour y faire un peu ma place et l’autre étaient destiné à mon amie. Mais c’est alors que je m’arrêtais de marcher. Une chaleur immense m’envahissait. J’étais un peu déboussolée et l’idée avait germé dans ma tête sans prétention…

Alors je fis volte-face et revenais sur mes pas. Je m’arrêtais devant le sans-abri et m’excusais de le déranger.

-Vous lisez en français?

-Oui, qu’il me répondit.

Je sortis Acheri – la légende de l’enfant-squelette  de mon sac et lui tendit.

-Je suis auteure. Je me demandais si vous aimeriez avoir un exemplaire.

Le sans-abri était content. L’homme était un grand lettré. Il me parlait de Don Quichotte et de la bible qu’il avait analysée de fond en comble. Il me parlait de Dieu, de Jésus, mais pas comme on peut se le représenter par un fanatique ou un illuminé. Il voyait en la bible un livre, avec son intrigue, ses secrets et ses personnages. C’était bon et rafraichissant. Je prenais contact avec un être humain. Un être humain qui avait fait des choix de société soit d’être pauvre et retiré. Mais ce n’était pas un être appauvri. Vous voyez la différence? Il était bon et gentil. Je dû l’arrêté de parler au bout de plusieurs minutes incroyables parce que mon amie m’attendait là-bas au café.

D’ailleurs le café ne prenait pas des livres autoédités…c’est comme si j’avais pressenti ce qu’il allait arriver. Que j’allais être rejeté plus tard! Mais que grâce à je ne sais quel instinct j’avais finalement réussi à trouver mon chemin. Trouver un lecteur. Cette histoire est vraie et incroyablement belle. Simple et unique. Un échange purement intellectuel entre deux esprits libres et uniques.

Ainsi, je venais de rencontrer le sans-abri qui lisait Don Quichotte…

 

J’ai 27 ans

Vendredi 13 octobre, jour de malchance pour certains bonheur incroyable pour moi. Non le vendredi 13 octobre n’est pas un jour à être superstitieuse. J’ai 27 ans. Je suis un peu plus sage maintenant. Vieille? Pas du tout! Je suis un cœur jeune, je suis un esprit jeune dans un corps un peu plus vieux, voilà tout!

Je repense à tout ce que j’ai fait durant toutes ces années. Ai-je été une bonne personne? Me suis-je écouté? Ai-je accompli quelque chose qui a eu un impact significatif dans ma vie?

Pour la première question est sans aucun doute je fais de mon mieux à tous les jours. Pour la deuxième, je continue de le travailler. En ce qui concerne la troisième question c’est là que tout ce corse.

Anecdote!

 Mon frère ce matin me disait  « hey! Tu vas chercher ton deuxième livre aujourd’hui.  »

Je me remets encore de mon émotion du moment. J’ai publié deux livres. Noircie un peu par tout le côté péjoratif qu’on attribue à l’auto-édition ( et pourtant!). Mais…les faits sont là : J’ai publié deux livres et je vais chercher ma deuxième nouvelle tantôt à l’imprimerie. Ce n’est pas mal comme réalisation, non? Pendant que certains se demandent encore s’ils ont le droit d’écrire, moi, je suis rendue à deux. 27 ans et deux livres. Pas parfait. Part incroyablement glorifiée ( mis à part par moi ).

Ainsi devrait ressembler nos anniversaires de rêve. Prendre un moment et s’arrêter. Regarder nos accomplissements, regarder nos ambitions, regarder par nos moments durs et se dire que nous avons encore réussi à survivre. C’est le temps de se repositionner. C’est le temps d’inspirer profondément et se dire : je suis en vie et je peux réaliser tout ce que je veux.

Non! Arrêtez! Ne pensez pas à comment vous allez faire pour réaliser vos rêves. Ne regardez pas tous ce qui vous bloque dans l’immédiat. Regardez au fond de vous, laissez parler votre cœur et écoutez. Un anniversaire avec des gens que l’on aime. Au diable le gâteau et les cadeaux. Juste vivre. Ressentir la vie dans chacun de vos gestes. Dans chacune de vos respirations. Soyez fier d’être et de continuer à rêver, d’être ambitieux, de construire, de protéger et aimer votre famille.

Un anniversaire vous permet de faire un vœu. Si ce vœu est sincère. Si ce vœu n’est pas juste une question de désir. Si ce vœu vous porte vers la lumière. Ce vœu va s’envoler vers le firmament et vous remplira d’un amour incroyable.

Quant à moi, en ce vendredi 13 octobre, du haut de mes 27 ans, mon vœu est celui de continuer à rêver quitte à perdre la tête et paraître bête.

 

Histoires d’un bloc # 11

Coalition de Polices

Je dormais à point fermé. C’est la tête de Pô qui était installé dans la paume de ma main, en bougeant, qui m’a réveillé. J’ouvrais les yeux avec difficulté. Au plafond, des lumières bleue, rouge et jaune sautillaient. Puis, avant même que je ne saisis de quoi il s’agissait j’entendais dans un anglais impeccablement rauque crier quelqu’un.

Une fois les draps relevés, je me dirigeais à ma fenêtre. Écornifleuse ou juste inquiète? Je ne saurais le dire. Toutefois juste vis-à-vis mon immeuble, quatre voitures de police étaient stationnés avec leur phare allumé. La personne qui criait était une femme d’un certain âge très intoxiqué. Cette femme faisait souvent le party la fin de semaine. Elle promène ses deux huskys en parlant toute seule. Elle s’engueule souvent aussi avec son copain.

Mais cette nuit-là, je crois qu’elle avait poussé le bouchon un peu trop loin. C’était une vraie fiesta dans ma rue. Quatre automobiles de police, à deux polices par véhicule ça fait une méchante gang ! D’ailleurs, le groupe en autorité était nonchalant entrain de rire sur le bord du trottoir. Ils alternaient tour à tour pour aller voir la dame ( qui ne se calmait pas du tout). Il y a même un membre du corps policier qui a accidentellement tiré sa sonnerie. Et va savoir comment un tel accident est possible.

Puis, une bonne heure et demie plus tard je pouvais enfin me rendormir.

Le calme

Cette semaine j’ai travaillé 56 heures. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas eu grand-chose à l’horizon. Je me suis ennuyée de Pô et sûrement lui de moi ( en tout cas, il me donnait des caresses pour manger – on prend ce qui passe).

Ma réflexion est celle-ci, comment pouvons-nous profiter de notre caverne quand nous ne sommes jamais à la maison? Quand on sort tout le temps? Même quand on reçoit toujours un ami…on n’est jamais en symbiose avec notre environnement. On ne profite pas du calme momentanément pour être avec soi. Moi mon problème, c’est que je ne sors pas assez. C’est dur de m’extirper de mon trou! Comment arriver à un bon équilibre? Comment faîtes-vous ?

 

Internet

Deux mois. J’ai duré deux mois sans internet. Qui pourrait faire mieux n’est-ce pas? Je réalise que nous sommes tellement dépendants de ce service. Les programmes à la télévision ne me manquent pas. J’ai mes films et cela me suffit! Mais Internet! Juste pour mettre à jour mon blogue c’est d’une complexité. Et en plus que je ne veux pas sortir pour rien, pour que je prévois ma sortie internet (en général j’allais faire du lavage chez ma famille) !

Oh! Et tout le plaisir de choisir son nom de réseau. Moi ça sera la folle du logie. Ben quoi? Elle n’est pas très active faut bien que quelqu’un la remplace…et je crois avoir toutes les prédispositions pour cela. Je vis seule avec un chat…déjà c’est un bon départ non? Plus que trente autres et l’affaire est dans le sac!

Bref, j’ai Internet.

 

Histoires d’un Bloc # 10

 

Entre chaton et matou

Le mec était adossé à une automobile brune. Ça semblait être la sienne. Il fumait sa clope, nonchalant. Je revenais du Vétérinaire avec le chaton. Alors j’entends un miaulement étrange. Non ce n’était pas Pô. C’était le dude qui était relaxe sur la voiture.

Juste non. Tu ne miaules pas après une femme même si tu l’as trouve mignonne. Point barre.

La paresseuse de poches

Je dois avouer que ce qui me manque le plus en ce moment sont mes précieuses laveuses et sécheuses. Je les ai laissées seules chez mon grand frère. Je me demande si elles aussi s’ennuient de moi… En plus, cette semaine, j’avais laissé mon automobile chez lui. Donc j’avais deux choix : marcher jusqu’à ma voiture et revenir pour prendre mes sacs de linges sales ou marcher avec mes deux gros sacs de linges. Vu ma très grande paresse, je me suis dit que j’allais prendre l’option deux. Ainsi je n’aurai pas besoin de faire un aller inutile. Toutefois, j’avais sous-estimé la lourdeur de mon fardeau. Sans surprise que vous pouvez imaginer une fille en gougoune ( oui malgré le froid ! )trainant derrière elle deux grosses poches de linges (parce qu’évidemment je ne veux que faire un gros lavage ). Va s’y cocotte alors ! Et je te souhaite bien du plaisir !

P.S. Mon rendez-vous chez le chiropraticien est programmé.

Dormir dans le salon

Ce n’était pas cette semaine que j’avais cette habitude, mais bien la semaine d’automne très chaude que nous avons eue précédemment. J’avais installé mon matelas ( qui est super lourd) dans mon salon. L’air conditionné était à fond pour que je puisse passer une bonne nuit.

Et cette semaine, il faisait plus frais. Donc inutile d’utiliser la machine et je pouvais ramener mon matelas dans ma chambre. Mais…je ne l’ai pas fait ! J’avais la télévision juste à côté, mon chat pouvait dormir avec moi sans démolir ma chambre préalablement ( j’avais fermé la porte) et j’avais juste l’impression de faire du camping. J’ai ouvert la porte-fenêtre et l’air qui s’engouffrait était frais et bon. J’ai passé des nuits plus agréables encore que les quelques jours précédents.

Je soupais devant la télévision en pyjama et quand j’avais épuisé toutes mes batteries, j’éteignais et je me couchais. Hey ! J’économisais des pas et tout le fafouin de rangée le salon, préparer le chat pour le dodo, retirer les oreillers décoratives, sautée dans le lit, entendre miauler…J’étais déjà sur place !

Maintenant, tout a été correctement rangé. Mais c’est une expérience à recommencer ! Juste pour le plaisir !

Ma cicatrice

Décembre 2016 je me faisais opérée à l’index pour un enchondrome. J’ai passé par l’ergothérapie, les médicaments, la douleur. J’ai un Z sur le dessus de mon doigt. Un Z un peu à la Harry Potter ( mais non je ne suis pas l’élue). Il en est fallu de peu avant que je ne perdre la mobilité de ce doigt…après coup j’ai bien appris. Sur moi, ma volonté, mon humilité, ma force.

Nous avons tous une cicatrice. Visible ou non. Elle témoigne de notre passé, de ce que nous nous sommes fait, de ce que nous avons subi. Une cicatrice est là pour nous rappeler que nous avons survécu. Il ne faut pas avoir honte de cette trace sur notre corps. Il faut en éprouver une grande fierté. Nous sommes marqués à vie et nous avons en nous une force incroyable.

Pendant longtemps j’avais voulu me tatouer un petit cœur sur le pouce. Discret et noir. Sans artifice. Chaque fois que j’allais poser mon regard sur le cœur je me serais fait un automatique de me dire que je m’aimais. Cependant, le cœur a été remplacé par ma cicatrice. Elle n’est pourtant pas jolie, pas discrète et ce n’est pas une forme avec un fort symbolisme. À la limite, c’est repoussant. Quand je regarde mon entaille dans ma chair, je ressens un grand amour envers moi. J’ai fait ce que je devais. J’ai été balancé d’un professionnel de la santé à l’autre, je suis une rescapée, j’ai été mutilée par la médecine, j’ai été dans une salle d’opération et j’ai paniqué. Je me fous de ceux qui disent que ce n’était qu’une toute petite opération. Pendant deux heures, mon corps appartenait à un étranger avec un bout de papier selon laquelle on lui donne toute la crédibilité du monde ( le temps que la mode médicale change à nouveau).

Alors, soyons fiers de nos marques. Soyons fiers d’avoir des vergetures. Soyons fiers d’avoir des taches de naissance qui nous barre le visage. Soyons fiers d’un doigt manquant. Soyons fiers de nos cicatrices après opérations. Ceci nous rappelle de faire attention à soi et de nous aimer.

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Nouvelles avec inspiration autochtone

La question qui revient à tout coup : Karine as-tu des origines autochtones? Oui. Non. Je ne sais pas. Il y a un flou dans l’arbre généalogique de ma famille. Nous aurions, au dire d’une tante au Nouveau-Brunswick, que nous aurions été métissés. Malheureusement, après la grande déportation, beaucoup de documents officiels ont été brûlés, volés, perdus…ce qui complique les recherches. Pourtant, dans l’histoire de l’Acadie, on dit que la populace s’était ensauvagée. C’est-à-dire qu’abandonné par la France, le peuple acadien s’est retourné vers les locaux soit Micmaques et Malécites. Dans ses gestes, dans sa façon de vivre, dans sa pensée communauté, l’Acadie accueil des valeurs autochtones qui se sont dissociées avec le temps ( par la déportation, la honte, la loi sur les Indiens et autres foutaises gouvernementales british). Alors suis-je autochtone? Non. Ni métisse. Ni même à 0.000001% originaire de.

Toutefois, je dois avouer que mon intérêt pour les autochtones a toujours été. J’ai toujours trouvé attirant et dégradant leur histoire. J’ai toujours sous-estimé l’apprentissage queubécoise à leur sujet dans les cours d’histoire. Des choses ne fonctionnaient pas…trop d’éléments étaient incohérents. J’avais appris à haïr les Mohawks sans savoir qui ils étaient vraiment. Le sais-je plus aujourd’hui? Non. Pantoute. Mais je m’informe. Et je lis. Et j’ai plein de personnalité autochtone sur Facebook et que je suis à la loupe.

Donc, nécessairement, quelque part dans tout se démêlage culturel, en recherche de ma propre identité, de mon amour des arbres et des étoiles…mon écriture est teintée de mon apprentissage et de ces nouvelles connaissances.

Vous remarquerez cependant que dans mes écrits je ne parle  ni d’une nation en particulier ni de signe distinctif ni même d’une langue . Si vous jasez avec moi, je peux vous dire de quelle nation je me suis inspirée pour le point de départ de mon histoire (comme le bateau fantôme qui est plutôt flagrant le moindrement que nous connaissons la géographie et les sous-entendus de mon livre). Mais je ne prétends pas vous en apprendre sur les autochtones. Je ne fais que prendre des éléments et créer autour de ça. Fictivement.

Actuellement on parle énormément d’appropriations culturelles et mon opinion là-dessus déjà bien fondée pour le domaine artistique, il faut faire attention à ce qu’on prétend. Ainsi, mes livres ne recherchent ni les faits ni la vérité…juste opposer certaines réalités tout en mystifiant l’univers que je crée. Non. Rien n’est vrai. Ni dans Acheri. Ni dans le bateau fantôme. Seulement quelques éléments éclairs pourraient faire référence à, mais ce n’est vraiment pas mon but.

Pour briser un peu le cycle créatif, pour les prochaines nouvelles je vais être plus d’actualité, moins spiritualité autochtone. Mes projets sont dans ma tête et germe tranquillement. J’aurai tout l’hiver pour composer le premier jet de ma troisième nouvelle et pourquoi pas un roman en chemin …

 

Histoires d’un Bloc # 9

C’est exaltant et terrifiant tout à la fois être seule en appartement. Exaltant puisque je peux y faire ce que je veux : me promener nue, laisser traîner ma vaisselle, prendre toute l’eau chaude pour moi seule, manger ce que je veux, écouter les films que je veux et surtout posséder la télécommande !

Terrifiant parce que pour la première fois de ma vie je me confronte à moi-même. Je suis seule. Je n’entends que ma voix et je ne vis que pour mes propres besoins. Mais quels sont-ils au juste ? Une fois que plus personne vous observe ou vous confronte que reste-t-il de vous ? Vraiment ?

En premier lieu, il y a un tout autre rythme qui s’installe. Plus lent ou plus vite selon votre personnalité. Moi j’ai remarqué que c’était plus lent. Je prenais mon déjeuner, en silence à ma table. J’observais dehors. Je me concentrais sur ce que je ressentais. Ma faim. Mon rassasiement.

En deuxième lieu, l’espace. On doit occuper l’espace. Évidemment ça passe par une prise matérielle des lieux. Mais encore ? Marcher, se déplacer, s’appuyer, dormir sur le divan plutôt que le lit, manger à terre plutôt que sur la table. J’occupais soudainement tout l’espace de mon quatre et demi. Il y avait de moi partout et parfois, je ne savais pas ou me mettre.

En troisième lieu, l’ambiance crée. Soudainement, je ne devais plus faire attention à telle ou telle chose. J’étais libre par exemple de mettre de l’encens, une sorte de musique, libre de vivre de mon silence et de mes pensées profondes. J’étais en choix de mettre une lumière tamisée, d’ouvrir les rideaux pour laisser entrer la lumière. J’étais en contrôle de mon atmosphère.

En quatrième et dernier lieu, je me goutais. Je pouvais apprécier mon contact. Je pouvais déguster ma compagnie. C’était au début étrange, mais au final ça goûtait bon. J’étais attentive à mes besoins, mes envies et surtout à mes ressentis. Je vivais avec moi comme on vit avec un amoureux ou un colloque. Doucement, tendrement et avec amour. Je me faisais de la place. Je m’écoutais. Je me mettais en priorité. J’avais ce nid sécuritaire que pour moi. J’avais mon territoire. Je me l’offrais.

Histoires d’un bloc – Semaine 8

J’avais le bras rempli de morsures de chaton. J’étais incapable de le calmer. Alors, je dus me résoudre à l’enfermer dans sa cage. Je l’entendais miauler à côté de moi et je me sentais misérable. Cinq mois et six mois sont les pires moments m’a-t-on dit. Mais ce n’était pas pour cela que je me sentais misérable. Étais-je capable de prendre soin d’un autre être vivant ? Je regardais en face la dure réalité : Le chat était un vrai monstre et j’étais si impatiente que je l’enfermais dans une cage ! Allais-je faire ainsi avec mes futurs enfants ? Allais-je les enfermer et ignorer leurs larmes ? Étais-je capable de ça ?

            Relativise Karine, voyons ! Un chat ce n’est pas un enfant. Un enfant tu peux lui parler, le regarder avec des gros yeux et travailler à lui faire comprendre le message plus doucement ! ( ou pas ? ) Un chat était un animal. Un fauve. Une bête apprivoisée ( pas tant finalement).

            Je me condamnais et avec raison ! Et les voisins ? Allaient-ils tolérer les pleurs de mon bébé chat toute la nuit ? Entendaient-ils ces miaulements ?

            Les professionnels en comportement félin m’avaient conseillé d’ignorer la bête. De le repousser gentiment et ne plus lui donner d’attention tant et aussi longtemps qu’il était perturbant. Cette petite boule de poils est si mignonne que c’est impensable de l’abandonner et l’ignorer ! Mais avais-je d’autres choix ? Voilà presque deux mois que Pô est avec moi. Il y a de superbes beaux moments, mais qui sont ruinés à cause de son comportement de m**** !

            Tant ne fait pas, il va pogner son Down ! me dit ma famille.

À un moment, le chaton devient un matou. Il se calme et devient un meuble de maison. En même temps je suis fière moi d’avoir un chat énergique, qui ramène la balle, qui me suit partout ou je vais dans mon appartement !

            J’ai lu qu’un chaton de son âge ne devrait pas être laissé plus de six heures seul. Et moi qui part pour huit heures, ne suis-je pas culotter d’avoir adopté tout de même cette bête ? Ne devrais-je pas le confier à quelqu’un qui serait plus présent ? (et plus patient).

Je ne sais pas. Le savons-nous vraiment ? Je veux dire, on passe notre temps à étudier et faire de belle théorie…mais est-ce qu’on est vraiment assuré de tout ça ? Les pros de la SPCA m’ont dit que les chats n’aimaient pas être pris dans les bras et pourtant Pô se calme aussitôt qu’il est dans nos bras.

Et je reviens à ma terrifiante réalité d’avoir un jour des enfants et de me confronter à tous les faits et les études reliées à l’éducation…arriverais-je à mis retrouver ? Ferais-je les bons choix ? Serais-je patiente ?

En conclusion, j’aime ce petit chaton. Et la réponse ne se trouve pas toujours dans les bons et beaux moments. Il faut parfois faire preuve de sévérité. Empêcher qu’il se blesse. Empêcher d’avoir de mauvais comportements. Promouvoir une bonne relation même si cela doit passer par le calmer dans une vilaine et méchante cage…