Quarantaine

Les gens, comme vous et moi, préférons de belles histoires. Une jolie demoiselle trouvant son prince. Un jeune garçon devenu un chien retrouve miraculeusement le chemin de la maison. Un homme affrontant ses pires cauchemars, avec difficulté, mais mérite. Pourtant la réalité ne possède pas uniquement les fins heureuses. La réalité, celle dans laquelle nous vivons s’achève souvent sur des notes mélancoliques, cruelle, voire désastreuse.

Cette histoire-ci fait partie de ces durs réveils à la réalité. Elle vous emporte au plus profond de l’abîme humain. La noirceur comme seule partenaire. Vos tripes en danger. Toutefois, cette histoire est aussi la beauté de la résilience et celle de promettre à tous les survivants de ne plus jamais recommencer. Hélas! Nous connaissons la nature humaine. Plutôt que d’y voir le pardon de l’humanité, on s’enfonce vers notre propre extinction.

***

Mégane Grant, Espagnole vivant en équateur. Elle était la dernière des quatre enfants, mais elle était maligne et débrouillarde malgré ses huit ans tout ronds. La jeune fille venait de terminer l’école et marchait dans les ruelles de son quartier avec son amie jusqu’à leur demeure. Elle en profitait pour faire des détours, jouait à la marelle et lançait à l’occasion des petits cailloux aux écureuils roux.

Mégane était à la même école que ses deux plus vieux frères. Pedro et Miguel, jumeaux, inséparables et frimousses à leur heure. Au moment où Mégane et son amie visaient le troisième rongeur, Pedro au pas de course les dépassa.

– Hey Pedro! cria sa sœur cadette. Viens on tire les écureuils!

– Non Meg! Je dois aller voir Miguel.

-Mais…il n’était pas à l’école aujourd’hui?

– Ouais! lança l’amie de Mégane. Ils ne sont pas dans la même classe tes frères?

– Il a été malade aujourd’hui.

Pedro poursuit sa course et tourne le coin. Il disparaît aussitôt. Mégane laisse tomber son caillou et s’excuse auprès de son amie. Son grand frère malade? Elle ressent un malaise. Miguel n’est jamais malade. Sauf quand il avale n’importe quoi sous les défis stupides de son jumeau. Mais Pedro aurait été aussi malade.

Mégane remet son sac sur son dos et se lance à la poursuite de Pedro. Au bout d’une dizaine de minutes, elle arrive à la maison. Lorsqu’elle pénètre dans la demeure, les lumières sont fermées et une odeur de lavande empeste les lieux. Sa mère qui croit fortement aux vertus de la lavande noie la maison à la seconde ou l’un des enfants est malade. Mégane a horreur de cette odeur. Elle préfère de loin l’odeur de la rose.

– Maman ? Cri Mégane.

– Oui Meg. Je suis dans la chambre des garçons.

Mégane n’attend pas de se faire prier. Elle lance son sac à dos, la porte toujours entrouverte et grimpe les escaliers deux marches à la fois. La fillette entre dans la chambre, l’odeur de lavande oppresse l’air, elle voit Pedro et sa mère au chevet de Miguel. Il est pâle ce qui contraste avec son beau teint basané. Mégane s’avance tranquillement, apeuré par l’apparence de son frère.

– Maman, qu’est-ce que Miguel a ?

– Oh! Chérie! Miguel a sûrement mangé quelque chose de pas bon. Comme d’habitude.

– Non mommy! Dis Pedro. Il n’a rien mangé.

– Vous n’avez pas fait de défie ?

Pedro fait signe de négation de la tête.

– Hum, murmure la mère des enfants, il a beaucoup vomi. Je me demande ce qu’il a. J’ai appelé le Docteur Zarkovak. Il ne m’a pas toujours répondu. Bon! Les jeunes! Ania est avec papa dehors! Allez jouer.

– Non! proteste Pedro.

– Ça va aller Chéri. Il a besoin de repos.

Mais c’est inutile de résonner le jumeau. Depuis leur naissance, ces deux garçons sont unis par une force invisible et incompréhensible pour qui que ce soit même leur propre parent. Pedro demeure au chevet de son frère et rien n’y fait pour le faire changer d’avis. Leur mère acquiesce et envoie Mégane seule. Elle referme la porte derrière la jeune cadette.

Mégane soupire. Laissée seule encore. La petite des petits, sans jumeau, elle n’a qu’elle-même à se préoccuper. Alors elle décide d’obéir à sa mère. Son père et Ania, la plus vieille des enfants sont à l’extérieur et doivent jouer au ballon. Mégane descend les marches, une à une, triste d’avoir été mise à la porte.

Cependant, au moment d’atteindre la dernière marche, un grand cri, sûrement sa sœur Ania se fait entendre dans la cour arrière. Mégane rate la dernière marche et tombe le visage le premier et embrasse le tapis au bas de l’escalier. Sa mère ouvre la main dans une volée, Pedro sur ses talons et ils descendent les escaliers.

– Ça va Meg? Demande Pedro.

Mégane retient ses larmes.

– Qu’est-ce qui s’est passé? C’est toi qui as crié?

Avant de pouvoir répondre quoique ce soit Ania appelle sa mère à l’aide dans la cour extérieure. La maman ordonne à Pedro d’aider sa jeune sœur et court à l’extérieur sans attendre. Un second cri ébranle la vie tranquille de la famille Grant.

Mégane et Pedro accourent à l’extérieur. Curieux de savoir ce qui se passe encore! Mégane a mal au visage, mais elle est toujours solide sur ses deux jambes. Lorsque les enfants arrivent, le choc est inévitable. Leur père est au sol se tordant de douleur, blanc comme un drap. Une flaque immense de vomi et de sang gît tout près de l’homme.

– Pedro court chercher le docteur Zarkovak. Ce n’est pas normal tout ça.

– Mais Miguel? Souligne tristement Pedro.

Mégane alors s’avance et assure qu’elle va aller chercher le médecin. Enfin! Elle peut se rendre utile! Qui plus est, elle est la plus rapide de la maisonnée.

– Tu viens de tomber chérie…

– C’est correct maman! J’y vais!

– D’accord. Soit prudente. Ania va chercher des linges. On va essayer papa. Tu m’aideras à le monter dans la chambre. Pedro va avec Miguel et ne le quitte pas.

Tous les enfants s’exécutent comme une armée très bien entrainée. Mégane relève ses manches et attache ses souliers. Elle s’apprête à faire la course de sa vie. Elle sait exactement ou vit le docteur Zarkovak et elle va le talonner jusqu’à tant qu’il se déplace. Et s’il n’est pas chez lui ? Elle courra s’il le faut jusqu’en ville, à son bureau, pour le ramener par les oreilles voir sa famille.

Mégane court sans s’arrêter. Les poumons en feu. Le ventre sur le point de remonter dans sa gorge. Son pouls doit être d’au moins 1000 battements la minute. Elle traverse les courts qui heureusement il n’y pas de clôtures qui l’empêche de progresser. Mégane tourne un coin, puis un deuxième. Dernière ligne droite et elle arrive sur le perron de la famille Zarkovak. Elle sonne et reprend son souffle. Une petite dame ouvre la porte.

– Mégane! Belle surprise! Tu viens promener Roxy?

– Non madame… Zarkovak…on a besoin du Dr Zarkovak. Miguel et papa sont très malades.

– Oh oui! Tout de suite! Je l’appelle sur son téléphone cellulaire. J’espère qu’il n’est pas au boulot.

Madame Zarkovak sautille jusqu’au téléphone résidentiel, compose un numéro par cœur et la tonalité sonne. Mais elle tombe sur la boîte vocale. Elle réessaye. Une fois. Puis deux et au troisième, enfin quelqu’un décroche.

– Josiane qu’est-ce qui a?

– C’est la petite Grant. Elle dit que Monsieur Grant et son jeune fils sont malades.

– Passe-moi là. Allo Mégane? Ouu tu es essoufflée. Qu’est-ce qui se passe à la maison?

– Papa est tombé sur le sol. Il a vomi et il y a du sang partout. Miguel est parti de l’école tôt …il a aussi vomi. S’il vous plait Docteur Zarkovak, venez à la maison.

– Passe-moi à nouveau Josiane, veux-tu Mégane?

– Allo? Oui. D’accord. J’appelle les autorités. Je la renvoie chez elle d’accord.

– Qu’est-ce qu’il a dit? Réclame Mégane.

– Retourne chez toi. Il va venir.

Mais Josiane la pousse dehors carrément. La dame ferme la porte violemment et barre à double tour. Mégane fronce les sourcils. Qu’est-ce qui se passe? Tantôt si fine et là. C’est le docteur Zarkovak qui lui a dit…la jeune fille tourne son regard vers la direction de sa maison. Elle est prise de panique. Sa famille! Elle doit protéger sa famille. Les autorités! Madame Zarkovak va appeler les autorités! Pourquoi? Qu’est-ce qui se passe?

Mégane ne réfléchit plus et fonce. Elle refait le chemin inverse, mais deux fois plus rapidement. Le pouls a grimpé à au moins 20 000 battements la minute selon elle. C’est un record. Elle rêve de devenir coureuse professionnelle. Passer à la télévision. Faire les Jeux olympiques dans les pays. Mégane rêve d’aller à Londres. La pluie, la brume et ces millions d’attractions. L’eau à perte de vue. Dire coucou aux Français de l’autre côté de L’océan. Parler anglais. Claquer de la langue avec cet accent qu’elle trouve mielleux.

Elle arrive chez elle. Les autorités sont là. Mais pas seulement. Il y a plusieurs hommes en uniformes blancs. Ils ont des masques. Sur leur camion il y a un énorme signe de toxicité. Qui sont-ils? Que font-ils?

– Elle est là! Alors pointe le docteur

Des hommes se ruent sur elle. Mégane est enveloppée dans une couverture grise. Elle cri et se débat. On la kidnappe. Elle appelle sa mère qui lui répond derrière les fenêtres placardées de sa maison.

Les hommes en uniformes blancs la basculent dans la maison. Une seconde après de grands coups de marteau placarde leur porte d’entrée. Sa mère vient l’accueillir en pleurant.

– Elle n’est pas contaminée! Laissez Mégane sortir!

Mais personne ne répond aux plaintes douloureuses de la maman Grant. Mégane se cache dans les bras de sa mère. Que se passe-t-il voudrait-elle dire, mais la question reste bloquée dans sa gorge.

– Il y a un virus Meg. Un virus et il n’y a pas de remède.

Mégane lâche sa mère aussitôt. Elle n’a que huit ans, mais elle n’est pas bête. La jeune fille se rue dans la chambre de Miguel même si sa mère lui crie de ne pas monter. Elle voit Miguel étendu sans vie sur son lit. Des flaques de vomis étalant le sol. Pedro semble dormir au pied du lit, mais il est livide aussi.

Mégane poursuit sa recherche. Elle cri. Elle sait c’est quoi la mort. Grand-maman Grant est morte l’an passé. Elle sait qu’elle ne reverrait plus Pedro et Miguel. La jeune enfant court jusqu’à la chambre de son père. Ania est couchée à côté. Les deux respirent difficilement. Il n’y en a plus pour longtemps.

– On va tous mourir, murmure Ania.

Mégane hurle. Elle ne veut pas mourir. Sa mère est arrivée sur le seuil de la chambre parentale. Elle se tient le ventre. Elle aussi a le teint pâle. Ses muscles lui font souffrir. Elle n’a plus de force. La vie la quitte goutte à goutte. Sa mère voudrait dire quelque chose de rassurant, mais il n’y a rien à dire. On les a enfermés. Personne ne va les soigner. Alors dans un fracas bruyant et une odeur plus terrible que la lavande la mère de Mégane se penche sur le plancher et tout son pantalon s’imbibe.  Une diarrhée violente la secoue et la jette au sol. Elle n’a pas la force de se relever.

– Sort Mégane. Vite. Trouve un moyen…

Mégane dépasse sa mère. Descends à l’entrée. Elle frappe la porte et hurle de plus belle. Elle entend les sirènes. Des gens qui parlent. Un rire. Oui. Elle entend rire là-bas. Elle déteste le docteur Zarkovak. Il a condamné sa famille. Elle saute dans la cuisine, prend un couteau et s’attaque aux fenêtres. Mais rien n’y fait. Elles sont solidement couvertes.

Mégane hurle.

Personne ne vient la secourir.

Mégane pleure.

On ignore ses larmes.

Mégane pendant des jours, vit avec les cadavres de sa famille à l’étage.

On l’a enfermé parce qu’on craignait qu’elle contamine plus de gens.

Mais Mégane n’a jamais eu Ebola.

La fillette est morte de soif, de faim et de désespoir.

Histoires d’un bloc # 6

Au feu !

Il est 3h00 du matin. Je me réveille brusquement. Qu’est-ce que c’est ? Pô miaule à s’en briser les cordes vocales. J’ouvre les yeux. Plutôt je décolle mes paupières…et je constate de la fumée. Partout. C’est opaque. Je ne vois rien. Le chat miaule toujours. Atrocement. Désespérément. Je ne comprends pas d’instinct, mais je ne feel pas bien. Je tousse. Mes poumons brûlent. J’ai de la difficulté à inspirer.

Là, le flash se fait dans ma tête. Merde. Il y a le feu. Il y a le feu dans mon appartement. Je repense à tout ce que j’ai fait cuire. Ai-je oublié quelque chose sur le rond? Non, c’est sûrement cette foutue prise lousse qui à eu un court circuit ou j’sais pas quoi! L’alarme d’incendie n’est pas partie. Pourquoi? J’avais vérifié les piles pourtant!

Ma tête bourdonne et je ne fais rien pour m’extirper. Je cherche mon erreur. Alors je réalise que je vais finir brûlée vive! En espérant que je ne survive pas! Vivre brûler, la peau noircie, le visage fondu…quel sort atroce! Quel supplice pitoyable. Mais Pô? Je ne peux pas l’abandonner? Cette petite bête-là j’ai promis d’en prendre soin. Quatre mois et finir dans un brasier…pauvre créature!

Alors je l’entends grimper dans mon lit. Il a cessé de pleurer. Il se colle à moi. Pose sa tête sur mon bras. Je le prends. Le sers contre moi. Viens minou on va se sauver la peau. Je pose mes pieds sur le sol…calvaire! Ça brûle! Je suis incapable. Le feu vient de sous mon appartement. Mon plancher est un sentier de magma! Je suis condamnée. Je sers mon petit chat dans mes bras et je mets à pleurer. Je m’excuse mon petit panda. Je m’excuse tellement.

Note : Cette histoire n’est pas arrivée pour de vrai. Évidemment…J’serais morte! À moins que je le suis…bon en tout cas! J’ai inventé tout. Cool hein? Non…ok. Mais juste vous dire que j’ai une peur bleue de finir comme ça. Quand j’étais enfant, le gros bloc à mes grands-parents ont passé au feu. Quelque chose d’énorme et de très destructeur. Tous les locataires ont tout perdu. J’ai été traumatisée et pendant longtemps je préparais le soir un sac à dos avec mes toutous et mes jouets préférés. Je me préparais à brûler…c’est fou hein?!

Les bebittes

Inspection ! Inspection ! Quoi ! Ark ! y’a des bebittes chez nous ? Ben non c’est juste en prévention. Ouf !

Mais le chat ?

Quoi le chat ?

Je ne peux pas me libérer. La concierge va entrée et je ne serai pas là ( ouais je travaille de jour pour payer mon loyer ça l’air) alors le chat, quand la porte va ouvrir il va décoller. Je la vois bien courir après. Va s’y ma vieille ! Va s’y ! Cours après le chaton et il est mieux de toujours être noir et blanc quand je vais revenir.

Note 1 : Papa d’amour a été là de 11h00 à 13h00 pour garder mon Pô. Et la concierge et l’inspecteur se sont pointés à 13h30. Superbe hein ? Merci papounet. T’es le plus meilleur du monde.

Note 2: La seule bébitte autorisée même en photo sur mon blogue c’est une coccinelle et encore!

Un blé d’Inde pour emporter

J’étais descendue avec mon amie dans la balançoire. On a un genre de gros terrain avec la piscine, des tables, des balançoires ( j’ai vraiment l’impression d’être dans un énorme camping au fait) et là…au moment de partir, une dame m’accoste. Sa gang de vieux était tout pénard avec leur bouteille de vin et leur grande bouffe du soir. Riant et buvant légèrement.

– Hey mademoiselle ! Vous voulez du blé d’Inde ? Y’en reste quatre.

Faque c’est ça. Je vais manger du blé d’Inde.

#bléd’inde #voisinsTop #jevaisrevenirplussouvent

Où sont les couilles ?

Attention! Attention! Article d’une fille frustrée. Voilà…il y a eu ce mec cette semaine. 29 ans, célibataire, grand, beau, un peu rondelet, mais oh combien confortable de se blottir dans son creux. On a pris une bière  (lui trois- Est-ce trop quand on se dit nerveux ou il veut oublier qui il a en face de lui? ), j’ai osé aller chez lui, on s’est embrassé…et j’ai été plutôt froide- mais après plusieurs tentatives je me suis laissée emporter et croyez-moi il aurait pu facilement faire tomber mon mur de défense. Mais non, on a été en douceur. Il m’a reconduit à l’autobus ( l’autobus ne s’est pas pointé). Alors il m’a payé le Uber jusqu’au métro. Il m’a embrassé et je me suis rappelé en goutant ses lèvres douces que c’était désormais à lui de venir dans mon coin. C’est ce qu’il m’a dit. Il m’a même parlé d’aller faire du tir à l’arc. J’adore le tir à l’arc.

Je suis retournée chez moi la tête pleine de rêveries. J’avais les lèvres qui brûlaient. Je sentais son parfum dans mon cou. Wouah! Ça se pourrait-il que mes six années de célibat prennent fin? Tinder renfermait-il des perles rares finalement ? Des hommes qui ne veulent pas juste la pétasse de service pour coucher? Je ne suis pas parfaite. Je suis une vraie patate de sofa, mais je crois avoir de belles qualités. Des qualités et une intelligence qui rendraient un homme amoureux.

Pourtant, la fin de cette histoire ne s’est pas bien terminée comme bien d’autres blind date ou on s’imagine des tas de trucs et finalement il n’y a pas d’étincelles. Ouais c’est ça. Après que je l’ai relancé, cela a été sa réponse. Pas d’étincelles. En langage de fille habitué des rencontres Internet ça veut dire soit a) j’avais juste envie de fourrer b) t’es vraiment pas mon type ( et je n’ai pas de couilles pour te l’avouer).

Au début j’étais choquée! Pourquoi m’avoir embrassé jusque devant la porte du taxi? Pourquoi avoir prévu venir dans mon coin, faire une activité avec moi…si c’est pour me dire deux jours plus tard nahh finalement tu sais quoi? T’es moche. Tu n’invites pas une fille moche chez toi mec! Tu finis ta bière et adios!

Je suis plutôt fière de moi. Je n’ai pas changé. Je n’ai pas accordé une seule partie de moi, ni mon passé, ni mon avenir, ni mon corps, ni mon bien-être acquis depuis mes six ans de célibat. Je n’ai pas tout sacrifié pour un mec.  Un inconnu. Un inconnu aux belles paroles…

Une fois cette grande fierté je dois vous avouez un truc…Je me sens fatiguée de tout ça. Je suis fatiguée de jouer le jeu de la séduction. Fatiguée de me faire des idées. De jouer parfois le caméléon pour plaire. C’est quand mon tour? Hein? Quand est-ce que je vais rencontrer mon Tristan? Mon Roméo? Ce mec qui va me regarder et dire je ne la laisse pas partir celle-là.

Je n’ai pas à attendre ce jour pour espérer être heureuse aujourd’hui. J’ai connu l’amour. Deux grands amours. Ils m’ont élevé plus haut malgré le point final. Je garde dans ma tête et mon cœur nos histoires. J’ai espoir que ce big bang reviendra. Un homme qui ne me demandera rien d’autre que juste être à côté de lui. Pour le moment, le seul mâle dans ma vie est Pô et je crois que, avec un cœur à nouveau brisé, c’est tout ce qu’il me faut.

Ouais. Parfois…l’amour fait c**** !!

Histoires d’un bloc # 5

Le chat qui passe proche de se faire empailler

Pô dort sur ma commode, mais pas avec moi. Je me suis dit bon…au moins là il est tranquille. Il ne dit pas un mot et mes orteils sont tranquilles pour la nuit. Je me vente à qui veut l’entendre que Pô a élu son dodo place là et même si j’aimais qu’il dort coller…on fait avec, c’est lui le boss. Toutefois, après quelques jours je remarque quelques petits morceaux blancs sur ma commode…et c’est la que l’inévitable m’enlève les mots de la bouche. Pô grugeait les coins de ma commode! Ah le p’tit Tbank! Vite le vaporisateur éloigne minou. Un goût de citronnelle plus tard et une porte fermée, le chat devrait bien se calmer ? Eh bien non! Je dépose trois secondes mon livre que je dois lire et là, sous mes yeux, les minis dents de mon bébé chat sur le coin du livre. Et je vous jure, je me suis mise à pleurer. Moi qui ne prête jamais un livre. Moi qui a horreur du coin replié. Moi qui serais la première à faire une fondation pour livre martyrisée…La mon espèce de bête poilue à passer proche d’être empaillé.

J’ai essuyé mes larmes, remis mon livre dans ma bibliothèque dégoutée. Le temps va passer et peut-être, je dis bien peut-être je vais réussir à le lire et passer par dessus de cet ÉNORME TRAUMATISTE.

 

Ti-couli p’tit peu dégoutant

Commençons cette histoire depuis le début. Et ça commence avec Pô (évidemment! Tout commence à cause d’un chat) Pô a une petite balle qui fait schroutch schroutch et elle s’est prise sous le four. De ma bonté d’âme, je décide de me pencher pour aller la récupérer( surtout qu’il miaulait à qui voulait l’entendre que la balle était sous le four) mais même avec une perche je n’arrive pas à l’atteindre.  Alors je décide de tout déplacer pour aller la récupérer. Mais au moment de tasser l’énorme four, j’en oublie de débrancher ma bouilloire. La bouilloire tombe, elle éclabousse Pô et moi, mais ne vous en faites pas la petite balle était saine et sauve.

Le capot de ma bouilloire étant brisé, un grand nuage de vapeur sort de cette dernière quand vient le temps du thé. Ma bouilloire sur le comptoir sous les armoires de la cuisine m’offre cependant un spectacle des plus dégoutants. À cause de la vapeur, les armoires du dessus se sont mises à dégouliner…d’un liquide jaune écoeurant! Pour un appartement rénové et frais peint…on repassera!

La laveuse de la colère

Il y a bien une chose dont j’ai un peu de la misère à m’organiser. Un peu? Non. Je vais être sérieuse. J’ai beaucoup de misère à m’organiser pour cette chose-là. Le lavage! Dans mon ancien appartement, j’avais une laveuse et une sécheuse. Un petit duo de machines acheté de ma poche. Toufois, là ou j’ai déménagé il n’y a pas de tuyaux disponibles pour cet usage. Fini les lavages rapides dans la pièce adjacente. Désormais, je dois descendre au sous-sol, mettre de l’argent sur une carte et amener ma besace lourde et puante de la semaine.

Je me suis acheté un petit panier sur roulette IKEA. Très pratique, mais peu solide et bruyant. Alors j’ai tenté des poches de linges…Mieux, mais lourds. De plus, avec les poches en tissus j’ai l’impression de faire moins p’tite vieille qui a mal dans le dos et qui va faire son lavage le lundi matin ( image déprimante je m’en excuse).

Mais voilà ce qui s’est passé cette semaine. J’ai sorti de mon appartement les poches sous les bras, ma carte dans la bouche et mon trousseau de clés de secours dans un doigt. J’arrive en bas. Défais le cadenas de ma case. Débouche l’eau de javel et le savon à vaisselle dans une acrobatie digne des Olympiques. Installent mon foutoir dans les laveuses et gosse plus ou moins trois minutes avec la carte magnétique que je ne saisis toujours pas l’utilisation.

Pas assez de fond.

Merde. Je sors de la place , va à l’ascenseur, retourne au troisième étage pour aller chercher ma carte de crédit. Descends en bas et je me dirige vers la machine pour booster la carte magnétique.

Erreur.

Je recommence.

Erreur.

Aie! J’ai de l’argent sur ma carte ciboire

Erreur.

Je retire ma carte, retourne à l’ascenseur, va au 3e étage, rattrape Pô qui s’évade dans le couloir, prend ma carte débit, redescend en bas, retourne à la machine.

Erreur.

AHHHHH!

Erreur.

Reboot la machine.

Attends.

Patiente.

Patiente pu.

Recommence.

Erreur.

Je fou mes cartes dans mes poches, remets mon cadenas sur ma case et retire mes vêtements humides pour les retourner dans les poches de lavages. Je prends la ferme intention de marcher jusqu’à mon ancien appartement pour profiter de ma laveuse et de ma sécheuse. En plus, 5$ le lavage ça commence à couter cher!

 

PERMETS QUE JE CHEMINE DANS LA BEAUTÉ

Ô Grand Esprit,
dont j’entends la voix dans les vents
et dont le souffle donne vie au monde entier,
écoute-moi.
Je suis petit et faible.
J’ai besoin de ta force et ta sagesse.

Permets que je chemine dans la beauté
et que mes yeux restent fixés sur les feux rouges
et pourpres du soleil couchant.
Donne à mes mains le respect des choses que tu as créées
et à mes oreilles une plus grande sensibilité au son de ta voix.

Donne-moi la sagesse,
afin que je puisse comprendre les choses que tu as enseignées à mon peuple.
Permets que j’apprenne les leçons que tu as cachées
dans chaque feuille et chaque pierre.

J’aspire à être fort, non pour surpasser mon frère ou ma sœur,
mais pour lutter contre mon pire ennemi, moi-même.
Permets que je sois toujours prêt à venir à toi
avec les mains propres et l’œil clair,
de manière qu’au moment où ma vie déclinera comme le soleil au couchant,
mon esprit puisse venir à toi sans aucune honte.

Grand Esprit d’amour,
viens à moi avec la puissance du nord.
Donne-moi le courage d’affronter les vents froids
de la vie lorsqu’ils s’abattent sur moi. […]

Esprit qui te lève à l’est,
viens à moi avec la puissance du soleil levant.
Permets que la lumière soit dans mes paroles,
permets que la lumière soit sur la voie que j’ai empruntée. […]

Grand Esprit de la création,
envoie-moi la chaleur apaisante des vents du sud.
Réconforte-moi et caresse-moi
lorsque je suis las et glacé.
Étreins-moi comme tes douces brises
étreignent les feuilles sur les arbres. […]

Grand Esprit qui donne la vie,
je me tiens face à l’Ouest,
dans la direction du soleil couchant.
Permets que je me rappelle chaque jour
qu’un moment viendra où mon soleil se couchera.

Ne permets jamais que j’oublie que je suis voué à me fondre en toi.
Donne-moi une belle couleur,
donne-moi un magnifique ciel au couchant,
et quand viendra le temps de te rencontrer,
je viendrai à toi dans la gloire.

Et Toi qui es la source de toute vie,
je te prie sur cette terre
de m’aider à me souvenir tout au long de mon séjour sur terre
que je suis petit et que j’ai besoin de ta pitié.

Aide-moi à t’être reconnaissant de m’avoir fait don de la Terre
et à ne jamais y cheminer
en portant préjudice au monde.
Accorde-moi d’aimer ce qui provient de notre mère la terre,
et apprends-moi à aimer ses présents.

Grand Esprit des cieux,
élève-moi jusqu’à toi,
que mon cœur puisse t’adorer et venir à toi dans la gloire.
Rappelle à ma mémoire que tu es mon Créateur,
plus grand que je ne suis,
désireux de m’offrir une bonne existence.

Permets que tout ce qui existe dans le monde
élève mon esprit, et mon cœur, et ma vie vers toi
afin que nous puissions toujours venir à toi
dans la vérité et la sincérité.

Eknath Easwaran, Les grands textes spirituels du monde entier,
Fides, 1997, p. 175-178.

 

Désobéissance

 Obéir: Se soumettre à quelqu’un ou quelque chose.

 

Il vient un temps, peu importe notre âge, qu’une loi ou un règlement voire un ordre nous met mal à l’aise. Nous sommes irrémédiablement pris d’une crise d’urticaire quand il vient le moment d’obéir ou non…Et vous, pensez-vous qu’il faut obéir en tout lieu et toute circonstance à ceux qui édictent la loi? Où seriez-vous, tout comme moi, pris d’une irrésistible envie de désobéir et de fonder vos décisions sur votre conscience?

Voilà près d’un an que je suis un conférencier superbe sur le développement personnel. Son mot d’ordre: désobéissez! Ce mot est troublant! Ce mot m’indispose!! Moi qui suis une parfaite petite fille et qui suis une femme tout aussi obéissante que juste. Moi désobéir? Voyons! Toutefois en vieillissant nous avons de nombreuses occasions d’éprouver ce nouveau paradigme. Des situations ou révoltées nous refusons d’obtempérer à l’ordre établi. Printemps érable et autres manifestions sociales prouvant bien notre besoin humain de se rassembler, marcher dans les rues et scander des slogans crus, authentiques et révélateurs. D’accord. Une marche pour la fierté gaie ça se « tolère »ou une marche pour les conditions de travail ça «défoule », mais dans la vie de tous les jours, désobéissons-nous? Est-ce que nous devons afficher qui nous sommes, dans notre être, une fois par année dans une parade contrôlée? Je ne critique pas ce geste et ça force et son utilité, mais est-ce suffisant? Ne devrais-je pas voir ces manifestations tout au long de l’année? Est-ce que désobéir veut dire peser sur la pédale d’accélaration et d’envoyer promener le policier qui donne la contravention?

Vous pouvez le faire évidemment et vivre les conséquences. Toutefois je me fais une autre idée de la désobéissance. Je ne parle pas de la désobéissance civile, politique ou morale, mais bien d’une désobéissance personnelle et libératrice. C’est-à-dire vous envers vous. Vous avez vos goûts, vos valeurs et votre conscience. Par exemple, dois-je accepter toute convention sociale ou religieuse( le sapin de Noël, les cadeaux, etc) ? Non! Je peux décider de ne rien faire de cela parce qu’elle ne m’apporte rien. Encore plus loin, puis-je accepter de vivre une vie en couple, mais seule? Bien sûre, je peux avoir mon logement et lui le sien. Créer une vie entre les deux logements.

Je me suis demandé si je pouvais désobéir à l’éducation de mes parents. Si je pouvais me créer un monde à moi? Prendre soin de moi comme je l’entends ou je l’entends? Remettre son éducation et sa socialisation familiale en question est une grande épreuve. Surtout un grand saut. On le remet rarement en question cette partie-là. Par exemple, un ami me disait l’autre jour que lorsqu’il revenait de travailleur il était toujours fatigué. Mais il devait préparer le repas et faire une activité jusqu’à huit ou neuf heures ou il tombait des clous sur son divan. Et ce même ami mets revenus en me disant qu’il allait dormir dès qu’il arriverait à la maison jusqu’à six heures et qu’après il mangerait et ferait ses trucs.

– Super! C’est une bonne idée.

– Mais je me sens mal.

Pourquoi se sentir mal? Parce qu’à travers son éducation, il faut tout de suite enchainer le souper et les activités du soir en arrivant de travailleur. De cette façon, il ne pensait pas  »perdre sa soirée » à dormir. Le lendemain, mon ami m’a dit qu’il avait travaillé sur ses projets jusqu’à 23heures. Qu’il avait de l’énergie et qu’il était heureux le lendemain parce qu’il avait l’impression d’avoir réalisé quelque chose. Pourtant, il s’était couché de 16h30 à 18hoo. Simplement banal?Hum…Je ne crois pas!

Désobéir ne veut pas dire transgresser une loi, mais d’écouter notre conscience et notre bien-être. Ne pas suivre le troupeau et de faire ce qu’il nous plaît, quand cela nous plait, de la façon qui nous plait. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler du lundi au vendredi et de s’amuser le weekend. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler de jour quand on n’est pas des lèves tôt. Désobéir ce n’est pas faire comme tout le monde. Désobéir s’est l’obligation d’obéir à une seule et unique loi: nous-mêmes.

 

Écrire moins, mais mieux

Je me rappelle mes débuts. Tout était gauchement écrit, mais j’écrivais beaucoup. Des pages et des pages d’idées. Des idées facilement reçues et conçues par mon esprit. Tout semblait aller à merveille, j’étais prête à ma première critique. Puis, quand vint enfin ce moment incroyable où j’imaginais une foule d’amateur m’applaudir il ne se passa rien. Au contraire, de la réussite, j’avais échoué. Mes phrases étaient drôlement composées, des mots inutiles remplissaient l’écran, trop volumineux, gauche et incompréhensible. Je me relisais et c’était vrai. Les premiers commentaires m’avaient dévasté, mais c’était vrai. Plutôt que d’abandonner ma passion d’écrire, j’ai craqué mes jointures, but un verre d’eau glacée et je me suis attablée au travail. Qui a dit qu’être écrivaine était facile? Évidemment. Personne.

Avant même de tomber dans la technique, avant même d’aller faire un certificat en création littéraire, avant même d’espérer percer comme votre auteur préféré…il faut écrire. Bien écrire. Je ne parle pas d’orthographe (mais essentiel celle-ci se posera tôt ou tard). Avant même de faire le meilleur plan, il vous faut considérer d’écrire moins, mais mieux.

Qu’est-ce que j’entends par là? N’attaquez pas un roman tout de suite. C’est gros et ça demande une bonne préparation. Si vous débutez dans l’écriture, faites de courtes histoires. Penser les mots. Chercher les mots. Construisez une phrase à la fois. Une idée à la fois. Ce mot remplit-il son rôle? Cette phrase complète-t-elle mon idée? Ce paragraphe est-il clair?

Écrire moins, mais mieux c’est se concentrer et être présent sur chaque élément. Les écrivains aiment les mots. Ils jouent avec. Inutile d’utiliser des styles poétiques ou autres complications françaises de la langue. Ouvrir un dictionnaire, regarder la signification et essayer d’entrer ce mot dans un contexte. Plutôt que d’utiliser sans fin les mêmes expressions, ouvrez le dictionnaire de synonyme et de cooccurrence et explorez de nouvelles pistes.

Trop de mots. Trop de pages. Quand on est débutant, c’est risqué. Atteindre un objectif de mots ou de pages au début c’est risqué. Oui, une page, deux pages par jour pour vous encourager à vous asseoir et écrire c’est bien. Mais ce n’est pas cet objectif qui fera de vous un bon écrivain. Il vous suffit juste d’une phrase au final. Une phrase qui a été cherchée en sens et en authenticité. Une phrase qui a les bons mots. Une phrase qui vous parle.

C’est pour ça que j’ai commencé par des nouvelles. Je me suis dit : un petit format est l’idéal pour concevoir et apprendre une trame psychologique. Découvrir les éléments essentiels pour faire une histoire. Je ne débattais pas avec des actions interminables, mais juste des scènes dont j’avais cherché le sens exact. Sans sous-entendus. Sans confusion. Je n’aime pas le flou dans un livre. Mais pour savoir comment ne pas reproduire ce que nous n’aimons pas, faut l’essayer. Faut le travailler. Faut prendre son temps. Comme un jardin sans entretien depuis des semaines, l’écriture peut se voir pousser de la mauvaise herbe. Des mots et des phrases inutiles à son avancement lourd à la lecture.

Faites confiance à votre jugement. Prenez votre temps. Explorez différentes solutions. Les mots ne demandent que nous les associons, construisions et les détruisions.  Ils demandent à prendre vie. Composer votre idée. Prendre parole au nom de votre esprit.

Histoires d’un bloc # 4

Où est Charlie?

Elle était là sous mon nez, cette chose puante et indésirable de mon quotidien. Dans son contenant de plastique gris riant de moi et de ma tête matinale. Je la prenais d’une seule volée et m’en débarrassais dans le sac prévu à cet effet. M’en débarrasser?! C’est tout ce que je souhaitais. L’odeur nauséabonde qui restait à jamais gravée dans mes plus atroces cauchemars. Je marchais avec le petit sac rempli jusqu’à la fente tout aussi dégoutante. J’ouvris la minuscule porte et c’est dans un trou noir que j’abandonnais le sac de crottins de Pô.

Il est possible de faire de la poésie avec de la crotte de chat? Il est possible de pleurer aussi devant notre quotidien de propriétaire d’animal. Mais, une chose à laquelle nous ne pouvons échapper, laisser la crotte dans son bac gris. Un chat contrairement à un chien, est très propre. Il apprend très vite, à l’exception de quelques jeunots retirés trop vite de maman, à s’occuper de ses besoins vitaux. En plus d’être très propre, Minet est aussi un invité de marque. Il n’apprécia guerre que la litière n’est pas changer sinon gare à vous serviteur humain j’irai faire ma crotte sur votre beau tapis.

Ainsi, jour après jour, au matin entre mon café et mon brossage de dents je vais faire la boîte à poupou de Pô. Ce matin, étrangement, l’archéologie dans la litière agglomérant me fit rire. ( Bon disons plus de la spéléologie sauf qu’il me manquait le masque et le tuba ) Je cherchais littéralement de la crotte ou les amas d’urine. Avec comme seul équipement ma petite pelte qui faisait office d’un tamis pour récolter le plus de gros caca possible, j’étais à la recherche de l’estimable besoin de ma bête.  Je faisais chaque coin, centimètre par centimètre. Je grattais en diagonale, faisais chaque rebord minutieusement. Et cela me rappela la légendaire bande dessinée qui me frustrait lorsque je fus plus jeune. Nous avions tous des trucs pour trouver Charlie, le bonhomme sans goût vestimentaire. C’est perturbé et avec une pointe d’humour que je m’y prenais de la même façon. Faut croire que les institutrices avaient tort, les bandes dessinées nous offrent une grande culture générale…

 

De bruits et de silences

Dès la première nuit dans notre tout nouveau chez soi, nous aurons à affronter le même ennemi: Le bruit/ Le silence. Fort à parier que cette toute première aventure vous laissera des séquelles. Cependant, après plusieurs tentatives, la fatigue aura raison de votre intellect débordant d’imagination et vous tomberez endormi durement à l’endroit où vous serez posté en guet.

En repensant à mon premier dodo dans l’appartement, je ne suis pas du tout surprise de mes réactions. Comprenez-moi je suis de nature très insomniaque. Alors, me retrouver dans un endroit inconnu et aux nouveaux bruits…Tous les éléments sont réunis pour un sommeil plus que très léger.

J’étais installée dans le salon, le matelas gisait sans grâce au beau milieu de la pièce. J’avais une lampe qui trainait sur le sol. Si cette dernière n’avait pas été aussi forte, je l’aurais gardée allumée toute la nuit! Mais telle ne fut pas le cas. J’observais à la place la lumière ambiante de la rue. Des lampadaires dignes des plus belles scènes de meurtres. Je tournais sur mon lit improvisé aux augets des moindres bruits. Une automobile. Une clé dans une serrure. Le bruit de la manne qui se fracasse le bout du nez sur la vitre…Je n’entendais plus mon ancienne locataire gonflée et j’étais déboussolée. Plutôt le grincement du plancher dans le couloir. Des voisins revenaient de faire la fiesta et cela me confirma du même coup que ce n’était pas uniquement un bloc soixante ans et plus.

Les yeux grands ouverts dans la pénombre et un cerveau en ébullition j’imaginais des plans terribles contre mon endroit. La concierge était peut-être une vilaine trafiquante d’organe ou pire des voisins cleptomanes! Je devais cacher mes objets précieux. Mais entre un matelas, une lampe et une spatule, le choix n’était pas reluisant pour un voleur.

Comment j’allais survivre à la première nuit? Et si chaque nuit, j’écoutais les bruits dans cet endroit et que je ne trouve jamais le sommeil? ( question existentielle d’une insomniaque), Mais plus je réfléchissais plus j’étais obsédée de trouver d’autres bruits. De trouver tous les troubles sonores qui allaient me convaincre que je ne serais jamais chez moi ici. J’avais peur. J’avais peur de la noirceur et des bruits qui s’y camouflaient.

Je me souvenais alors de cet évènement à la garderie. Avec une jeune amie, nous avions trouvé amusant d’aller dans une armoire. Elle avait refermé la porte, mais étrangement les trous en métal qui servait d’ouvrir celle-ci était absents à l’intérieur. La panique je ne vous dis pas! Il faisait noir. Le son était dans les bases fréquentes et mes oreilles bouillonnaient. Il faisait chaud et j’avais cru crever. Heureusement, la gardienne avait vite repéré notre escapade dans le meuble et nous avait secourus.

C’était cette impression-là que j’avais dans ce logement. Et j’attendais ma gardienne qui vient me retrouver pour me secourir de ma prison. Mais elle ne venait pas. J’étais une adulte aujourd’hui et je devais affronter mes peurs. Puis, sans s’y attendre, entre le dixième et le cinquantième scénario d’horreur mes yeux se fermèrent. Probablement que je ronflai toute la nuit. Le lendemain matin, reposé, mais cernée, mon frère me questionna sur ma première nuit. Tout ce que je réussis à dire c’est que j’avais survécu. Je pouvais désormais barrer sur ma liste de chose à faire : survivre à ma première nuit. Ensuite, les nuits furent plutôt calmes. Jusqu’à l’arrivée de mon petit panda; Pô-La-terreur-Nocturne.

Histoires d’un bloc # 3

19h28. Un jeudi banal. Je suis installée dans ma voiture. DeadMouse dans mes speaker. Le volume est fort. Il ya des moments quand notre esprit surchauffe, que la semaine a été merdique et que la seule façon de décrocher c’est de se stationner quelque part, mettre de la musique dans le tapis et regarder les gens passer (pas trop longtemps et pas trop fixement hein? Sinon ils préviennent la police).

C’est mortel au boulot ces temps-ci. Aucun contrat ne rentre, la machine à plaque brise…je tourne en rond. J’ai des pauses prolongées. Je finis la métaphysique des tubes de Northomb. Puis plus rien. Le vide.

Je n’ai pas l’énergie d’avancer mes projets. Je ne suis pas chez moi, dans mon bureau ou devrais-je dire dans ma grotte. C’est normal après tout. J’écris qu’à des endroits spécifiques qui me permettent de bien former ma bulle.

Et là je me mets à réfléchir à qu’est-ce que je pourrais bien vous dire cette semaine au sujet des histoires d’un bloc. Ma télévision a été installée cette semaine (j’ai enfin su comment ça marchait cette patente-là), j’ai lavé les murs à grand coup de mope et d’eau de javel (ancien fumeur et l’odeur est coriace. BEURK)…Il me reste toujours à trouver des pôles de rideaux pour mes fenêtres, mais je commence à être cassé. Un déménagement, ça coûte cher. Faque les voisins auront une chance limitée de me reluquer sans gêne. Enfin…au troisième étage j’ai quand même de la chance.

Tous les soirs  de la semaine, je rentrais chez moi, mangeais un truc vite et je m’installais devant Sex and the city jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls. Platonique vous dîtes? Non. Emmerdant dans le sens le moins propre qui existe!

Alors quoi vous racontez pour le numéro trois? Ma vie dénuée de sens…Mais c’est une chance pour vous. Je suis écrivaine. Et les écrivains aiment ce qui est banal afin de le rendre attrayant.

Un sofa qui viole ton intimité

Je recevais vendredi mon nouveau divan. Un grand trois places gris et un fauteuil agencé. Je veux vous parler de mon rapport ( malsain ou pas) avec les étrangers qui pénètrent dans mon salon. C’est simple. Je n’aime pas les inconnus chez nous. Même si c’est un ami d’un ami et encore moins un livreur. Pire deux livreurs. Ils entrent chez toi avec leur soulier sale, s’installent à ta table comme si rien n’était, pousse tes trucs, regardent et commentent les lieux.

Amène le divan, arrange-le et va-t’en! Je suis dure. Je le sais. Mais ce petit nid intime que j’ai construit ne doit pas être souillé d’une quelconque façon.

En plus, des livreurs qui te charment. Pardon, qui tente de te charmer. En temps normal, tu ne serais jamais monté ici, avec moi, dans ce salon et sur ce sofa. Alors, reste professionnel et évite les sous-entendus. Tu n’es pas le bienvenu. Si j’avais pu, je l’aurais hissé moi-même jusqu’au troisième étage. Mais à ce prix-là, on aime bien que la livraison soit incluse.

Un malaise? Pourquoi ce malaise? Êtes-vous comme moi? Appréciez-vous les livreurs mettent les pieds sur le paillasson de votre entrée de maison? Les laisseriez-vous sans grincer des dents dans votre salon? Moi en tout cas, c’est clair!

Quand la poussière retombe

Une semaine passe, puis deux et maintenant trois. Est-ce que le quotidien revient rapidement? Est-ce qu’on se sent chez soi? Fier et accompli dans ce nouveau lieu? Sommes-nous au contraire perdus, désorienter et déprimer? Quand le Jet Lag termine ses effets, qu’est-ce qu’on est censé ressentir?

Trois semaines ont passé. Oui la poussière est retombée. Mais je sens toujours l’excitation du début. Je tourne et tout a été soigneusement choisi par moi. Les rideaux, les meubles, le divan, le tapis…tout! Je me sens chez moi. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. Ici ce sont mes règles. J’y fais ce qui me plait. J’invite qui me plait. Sans être jugé. Je ne suis ni chez papa ou maman ni chez frérot. Ni dans le sous-sol d’une Italienne. Et je le vis seule.

                Je crois que cette expérience n’aurait pas été un aussi grand succès (du moins pour ce que j’en vis pour le moment) si j’avais emménagé avec quelqu’un. La solitude. L’incroyable frousse d’être seul. Vide. Inutile. Dans un grand appartement, cette sensation peut paraitre insurmontable. Toutefois, je du m’adapter à ce vide. Peu importe ou je regarde…il n’y a en effet que moi. Autant apprécier ma présence tout de suite et passer à autre chose n’est-ce pas?

                Pour ceux qui ne l’ont encore que peu ou pas du tout expérimenter, il n’y a pas mille et un trucs pour passer au travers de cette épreuve. Le temps fait bien les choses. Tenez-vous occupée. Décorez! Adoptez une petite bête à poil pour de la chaleur au retour du boulot.

En plus, vous ne vous ennuyiez pas puisque si vous êtes un peu comme moi, tout est à apprendre. Je n’aime pas cuisiner. Bien là je le dois parce que la poutine c’est bon, mais ça finit par faire de grosses fesses. Explorez votre bloc ! Le ménage! Le lavage! Marcher le tour de votre immeuble. Trouvez-vous de nouveaux endroits préférés. Sentez la brise du vent sur votre balcon ou la sécheresse aride du désert!  Il y a tant à faire  et tant à découvrir dans ce nouveau chez soi. Moi j’y ai trouvé mon coin sécuritaire, confortable et rempli d’amour. L’important c’est de s’y sentir bien que vous soyez comme moi au troisième ou au centième étage.

Des nouvelles de Pô…

Je ne peux passer outre de vous en dire un petit peu quand même!? Sinon je ne serais pas une vraie célibataire! La petite Furie continue de me réveiller à 5am. Manger, jouer ou juste signifier sa présence. Il grimpe sur mes nouveaux meubles ( ah? Un chat, ça escalade les divans??), il vole mes bas pis sacrément vite à part de ça et il…rapporte la balle. Non, mais sérieux. Je lance. Il l’a ramené. Je lance. Il l’a ramené. Ça dur des dizaines de minutes ainsi!

Oh! Et! J’ai fait ses griffes!! La chose la plus terrible de ma vie. Tu ne le touches pas encore, mais il hurle à la mort comme ce n’est pas possible. Mon frère m’a aidé en l’enroulant dans une serviette ( c’est qu’il mord le petit coquin). Le gentil frérot en tant que bon électronicien, il m’a même confié l’art d’utiliser ce genre de coupe-ongle. Il semblerait que c’est plutôt similaire à ce qu’il utilise pour faire des câbles électriques…( Ben coudonc! On prend toutes les infos !). J’espère m’améliorer dans les prochaines semaines… et en ce moment, je vois mes divans trembler beaucoup moins à l’approche de mon petit Panda.

Je suis dépressive

Tu n’es jamais de bonne humeur. Tu n’es pas une personne positive. Allez! Give up la vie est belle! Fou-toi de ce qu’ils disent! Tu critiques toujours tout! Ça ne sert à rien de t’en faire avec ça. Tu es une personne qui aime se mettre dans la merde! Envoye! Éclate-toi! Juste cette fois. Tu réfléchis trop. Trouve-toi des solutions. Ben là! C’est facile. Arrête d’attente le bonheur. T’es ben poche! Karine, les mecs s’éloignent de toi parce que tu exiges trop et tu parles trop de toi.

 

Allo. Moi c’est Karine. Je suis dépressive. Toutefois, aujourd’hui, je brise le silence. J’en ai beaucoup sur le cœur. Et beaucoup dans la tête. Ça va faire un an bientôt que je prends des médicaments. Je suis étiquetée trop anxieuse. Et peu de mes amis le savent.

Ces phrases plus haut, on me les a dits. On m’en a dit d’autres plus terribles aussi. Des gens que je croyais être mes amis. Des gens qui étaient proches de moi à une certaine époque. Des gens en qui j’avais confiance. On m’a dit ça dans mes moments de faiblesse. On m’a parlé, conseiller, crier dessus, on m’a abandonné, on m’a plongé dans le silence et l’indifférence…tout pour que je cesse d’être la fille dépressive. Parce que ce n’est pas beau. Parce qu’une personne ne peut décider d’être triste. Il faut que cette personne quand elle est triste qu’elle se sente coupable. Mais tu sais quoi? Cette personne tu ne sais pas ce qu’elle vit. Comme on n’a jamais su ce que je vivais. Ni ma mère ni mon père ni mon frère et encore moins mes amis.

Aujourd’hui ce n’est pas une vendetta. C’est une prise de conscience. Pour moi. Pour toi. Pour les autres. Il y a des gens qui ont des gênes comme ça. Plus dépressif que la moyenne des gens. Il y a des gens qui ont une enfance plus dure. Une famille dysfonctionnelle. Des gens qui ont eu des problèmes de santé. Des traumatismes affreux. Et j’en passe. Je ne suis pas la seule et je ne suis pas la dernière. Même que j’essaye de soutenir une personne qui est dans cet état. C’est dur aider les gens. C’est dur de ne pas juste conseiller et lui faire sentir que la solution est si simple. Si évidente. Et alors j’oublie que j’ai été dans sa situation et que je crée le chemin inverse de l’incompréhension et la tristesse.

Quand une personne dépressive ne veut pas de solution. En fait oui, mais ce qui l’a préoccupé c’est d’arrêter de souffrir. C’est tout. Cependant, mon ami-e, je ne connais pas la solution. Je ne sais toujours pas où est le bouton qu’il faut presser pour shut down le système. Je le cherche depuis très longtemps aussi.

Toutefois, il y a une chose que je peux te révéler : crois. Crois en ton for intérieur que tu es guidé par l’amour universel de cette planète. Crois en regardant le ciel que si une lumière s’éteint il y aura toujours une nouvelle lanterne pour toi là-haut pour éclairer ton chemin. Rien n’est définitif. La douleur et la tristesse vont partir d’une façon que tu n’auras jamais prévu. Ça peut-être plus long pour moi ou pour toi. C’est parce que tu as encore des choses à changer en toi. Des choses à apprendre de ce monde avant d’être totalement envahi par la joie. Ce n’est ni bien ni mal. C’est juste ainsi. La vie. Notre esprit. Notre corps. Notre lot quotidien. Je sais que tu es épuisé de souffrir, même parfois sans raison apparente.

Alors, arrête-toi un moment et respire. Éloigne les pensées une à une. Regarde-les dans ton esprit circuler et envois-les se faire digérer plus bas. Ce n’est qu’un passage. Ça et tout le reste. Va prendre un bain chaud et un thé. Mets ta musique et fixe le plafond et respire.

Tu sais? Je souffre silencieusement depuis longtemps. Je souffre de ne pas avoir une oreille pour m’écouter pour révéler mon âme. Même ma psychologue croit me connaitre, mais pas tant que ça. Il y a du blanc et du noir en moi que je montre si je me sens en sécurité. J’apprends. J’apprends depuis plusieurs années. Je veux savoir qui je suis. Je veux comprendre pourquoi je réagis comme je le fais. Je veux comprendre pourquoi je m’éloigne des gens, de ma famille, mes amis(es)…pourquoi ne suis-je pas bien là-bas ni ici. Pourquoi je continue de souffrir malgré tout et me sentir coupable de souffrir.

L’expérience humaine est étrange. Si courte, que nous n’avons pas le choix d’avoir tout en accélérer et intensément. Pour que nous puissions tout vivre. Tout goûter. Tout sentir et ressentir. Voir.

Mais qu’est-ce qui fait que nous nous confions que très peu aux autres ? Surtout dans de tels moments! Il s’agit de notre vulnérabilité qui se pointe le bout du nez. Elle est très belle. Très naïve et authentique. Elle se blesse malheureusement souvent et elle a peur d’aller vers les autres. On pourrait me reprocher d’être trop sensible, on pourrait utiliser ma vulnérabilité contre moi, me faire mal…on ne va pas se le cacher, il y a des gens méchants. Il y  en a toujours eu. Des gens aux paroles comme celle lue en introduction plus haut. Des gens qui ne réfléchissent pas à la portée de leur parole. Des gens qui n’écoutent pas, mais parlent. Parlent quand ils devraient seulement écouter. Parce que la personne dépressive ne va pas résonner. Du moins, si, mais son jugement est brouillé, incomplet, viré contre elle-même.

La personne dépressive garde tout ça en elle parce qu’elle a peur d’être vulnérable et s’ouvrir aux autres. J’ai peur de m’ouvrir aux autres. Et ce n’est pas, heureusement, à tout le monde de me recevoir.

Aussi, avant même d’aller vers l’Autre, il faut apprendre à se vivre. Soi-même avec ses défauts, ses difficultés et ses angoisses. Il faut lâcher prise. Oui, mais comment? Voilà  on entre encore dans les solutions et je ne peux vous en donner. Il vous faut simplement accepter votre condition immédiate imparfaite, mais bel et bien présente. Le fameux aujourd’hui. Le 24 heures à la fois. La minute. La seconde. Carpe Diem. Vous et vous. Uniquement. Simplement. Tendrement. Vous goutez. Vous aimez. Vous consolez. Vous pardonnez.

Est-ce que j’y arrive? C’est beau écrire sur le sujet cacher derrière un écran, mais est-ce que je raconte se peut? Est-ce qu’on se délivrer de ça? De la douleur de vivre? La vérité c’est que je n’en sais  fichtrement rien. Je le désire autant que vous. J’ai trouvé l’écriture pour rassembler mes idées. Je me fais des rendez-vous de création pour juste posséder la matière et ne plus réfléchir (comme la peinture, le dessin, etc). Je le fais pour moi. Personne d’autre. Je me fou de quoi je peux avoir l’air. Je me fou d’être douée ou non. L’important c’est ce que je ressens à l’intérieur. De la chaleur et de la lumière. L’art vous met en contact direct avec votre soi profond. C’est ainsi que la fille dépressive est fière de ce qu’elle est. Heureuse. Surtout, en paix. Vous le pouvez aussi tranquillement, tendrement, joyeusement vous atteindre et vous aimer.

Les médicaments dans tout ça? Parce que oui, j’en ai parlé au début. Les médicaments j’ai toujours eu des appréhensions. Je me disais que si j’en prenais j’allais changer. Devenir folle ou être totalement gelé à longueur de journée. Ça agit différemment pour tout le monde. J’étais très angoissée. J’échafaudai des scénarios catastrophiques et la roue tournait. Je ne m’en sortais pas. Je pleurais. Je ne savais pas pourquoi. J’étais terrifiée de fermer les yeux. Je ne dormais donc pas. Peur de l’extinction. Peur de ne rien réaliser dans ma vie. Peur de demeurer seule à tout jamais. Peur d’être abandonné. Les médicaments ont délicatement refermé la porte. Tout simplement. Je ne suis pas différente. Je suis juste plus calme. Je continus d’angoisser, mais j’ai retrouvé une plus grande lucidité. Mais des médicaments sans d’autres traitements (psychologiques par exemple) ne servent à rien. J’ai beaucoup travaillé sur moi. Parce qu’il n’y a que moi et ma relation avec moi qui compte désormais pour moi. Oui c’est l’égo qui parle. Mais ce n’est plus l’égo qui contrôle mes faits et gestes (parfois oui… :P, mais j’ai une petite cage s’il est trop tannant). L’égo t’aide à survivre, mais il n’est pas un compagnon facile à vivre. Envahissant et avec très peu de jugement. Alors il faut faire son inventaire de vie. Chaque jour. Pour éviter de lui laisser la place de mettre le bordel dans votre tête.

Et on a aussi peur de ça. Se confronter soi-même. Peur de dire qu’on a une famille peu parfaite, qu’on a un copain peu parfait, qu’on a des amis peu parfaits…qu’on subit et qu’on se fait souffrir. Qu’on accepte malgré que nous aimerions refuser. Qu’on dit oui, mais c’est plutôt non qui devrait être dit. Qu’on avale et qu’on s’étouffe. Qu’on se fait des accroires et on ne vit pas avec honnêteté. Avouer nos torts. La seule chose que je peux vous dire c’est que je suis allée trouver de l’aide à tout prix. J’ai dérangé, j’ai questionné, payer des professionnels. Parce que ma santé mentale était ma priorité peu importe le prix à payer. J’allais me débrouiller…Il le fallait. Si j’allais mourir. J’allais disparaitre. Me laisser sombrer à tout jamais et c’était encore plus impossible que d’essayer de vivre.

La force vient quand nous n’avons plus rien à perdre. J’avais tout perdu. Tout ce qui me restait à faire était de remonter à la surface. Le seul choix disponible. Le seul choix envisageable.