Abonnement Aquadôme

Ne fait pas ci. Ne fait pas ça. Est-ce moi ou tout est de plus en plus contraignant?

Voilà les faits : Tous les jeudis, depuis déjà quelques semaines, je vais m’entrainer avec mon grand frère à la piscine de l’Aquadôme. Nous faisons de l’aquaforme que nous avons gentiment resurnommé aqua-sploush-sploush. On ne fait pas que barboter on bouge et on s’éclabousse. Je dois me confesser. Nous avons pris l’habitude d’arriver trente minutes d’avance que je vais vous expliquez comment ce temps est répartit. Le premier quinze je vais enfilée mon maillot (sincèrement, si vous n’avez jamais vu une fille – ou été -un peu enrobée mettre ce truc-là c’est un sport en lui-même). Ensuite, j’allais du côté pataugeoire pour aller me réchauffer pour les quinze minutes restantes. Cependant, jeudi dernier, pendant que nous nous régalions de l’eau chaude avant notre cours dans l’eau froide, une employée est venue nous informer que nous n’avions pas le droit que si nous voulions entrer dans cette piscine, il nous fallait payer 3,00 $ supplémentaire à chaque entrée. En plus de notre abonnement déjà défrayé? Oui Madame. Même pour 15 minutes? Oui Madame. Même pour 5 minutes? Oui Madame et vous ne pouvez entrer que dix minutes avant le cours à l’intérieur des vestiaires. Je ne fus pas la seule surprise six personnes de notre groupe de peut-être douze ont été aussi mis au parfum.

Donc, si je résume, je paye un abonnement, je dois entrée dix minutes en avance, me débattre rapidement avec mon maillot, prendre ma douche et aller m’asseoir sur un banc et geler jusqu’à tant que le cours débute. Et la chaîne stéréo n’est pas toujours mise et les objets pour le cours pas toujours avancée…alors on commence toujours un peu plus tard que l’heure indiquée. Alors, finalement, j’y perds au change?  L’esprit communautaire de cette institution est de la vraie foutaise, non?

Mis à par la contraignante, la loi et la tarification double( abonnement + droit d’entrée) de notre piscine municipale intérieure j’aimerais vous sensibilisé à autre chose. Nous sommes une société, dans un endroit dit communautaire, à but non lucratif, est-ce que laissé apprécier l’avant-cours dans l’eau chaude de tes clients – participants- membres- abonnés (whatever comment vous voulez nous appeler) est-ce vraiment une perte d’argent? Un abus de notre part? Une cause essentielle pour que votre administration de se batte ? Et si j’essayais de vous faire changer d’avis…et si je vous parlais avec mon cœur et la tristesse que j’ai éprouvée? Ça vous dit? Alors Go! Je me lance!

Je pense à la petite dame recourbée à la tête grisonnante qui attendrait sur un banc en gougoune, dégoulinante d’eau et essayant de se réchauffer par sa petite serviette. Je pense à notre plaisir de socialiser notre groupe dans ce petit quinze minutes. Je pense à moi, une toutoune, qui lui prends tout son petit change pour me montrer en maillot de bain devant les étrangers. Je pense à mon frère qui a trouvé enfin un sport ou on ne l’écœurait pas par son poids ou sa vision. Vous savez, aller dans un gym c’est dur pour plusieurs. Avoir un entraineur c’est dispendieux. Courir, parfois certain ne peuvent pas parce qu’ils font 300 ou 400 livres. Alors que nous reste-t-il au lieu de faire débourser à la société un anneau gastrique ? La piscine c’est doux. C’est agréable. On bouge. Tranquillement à notre rythme. Alors…ce 3,00$ de plus dans ta caisse pour nos quinze minutes de bien-être, est-ce que ça en vaut la peine? Vraiment?

Mon grand frère s’est réabonné pour novembre. Il était heureux de le faire. Heureux de faire le baleineau dans l’eau. Prendre ça relaxe, enfin! Un endroit qui lui plait, ici, dans notre ville à nous. Jeune Lasalleois qui aime sa ville et ses activités. Maintenant, il a un goût amer dans la bouche. Il a son cœur d’enfant tant blessé qui est triste à nouveau.

Oui, la prochaine fois, on va payer 3,00$. Pour quinze minutes, pour payer pour se déshabiller dans le vestiaire. On va payer 3, 00$ et ne va plus jamais revenir ensuite pour s’offrir un abonnement. Parce que juste ça, juste cette contraigne supplémentaire, quand il y a quelques années cette question ne se posait même pas…juste ça…nous fait aimer moins la gestion mise en place dans ce lieu qui m’appartient, qui appartient à mon frère, à cette petite vieille, à nous et à vous…Alors que décidons-nous?  On reste sur le banc ou on va jaser dans l’eau ?

 

Rencontre avec un être illuminé

Je me sens inondée, de joie et de fierté.

Je me dis que demain, je serai bien mieux.

Je me vois déjà être, comme je voudrais.

Je me félicite, de tous mes progrès.

-Serge Cham, la petite louve blessée-

 

Lorsque je suis allé au salon à compte d’auteur de Gatineau le 15 octobre 2017, j’ai osé aller parler avec l’écrivain d’honneur de l’évènement : Serge Cham. Un écrivain Haïtien. C’est là que j’ai été attirée pour la deuxième fois vers un livre. La première fois quand je flânais entre les tables et la seconde en ayant pour objectif de parler avec lui, un écrivain accompli, sage et joyeux.

La petite Louve blessée est un conte thérapeutique ou une petite louve est victime d’inceste. C’est un petit livre qui se lit bien, qui raconte les choses telles qu’elles sont, qui dit du bien quand des choses mauvaises arrivent à de petits louveteaux. Cette histoire est un baume sur le cœur. Il est idéal pour ouvrir la question avec un enfant qui aurait vécu ce drame.

Cette histoire est tristement vraie. Serge m’a expliqué que cette histoire est celle d’une de ses élèves. Une histoire qu’il a composée avec elle sur plusieurs séances. Une enfant de dix ans victime de son papa. Mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. C’est de lui. Serge Cham. Écrivain. Conteur. Enseignant. Guérisseur de l’âme.  Homme bon. Être illuminé.

Il porte en lui une grande lumière. Vive. Chaude. Joyeuse. C’est un homme qui a connu ou vu le mal. C’est un homme qui a trouvé en lui, sa vie et son mieux-être. Grâce à ses livres comme la petite louve blessée, il permet que la lumière soit transmise. Que plus d’enfants sont retrouvés. Enfant blessé(e), ce conte guérit et rend de la justesse à l’enfance volée.

Serge Cham vous parle avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester de glace. Il parle de son conte, le décrit, mais pas seulement. Il parle de lui, de son expérience, de ses yeux d’adulte et de son cœur d’enfant quand il rencontre le doute, la peur, la malveillance. Il exprime avec des mots justes les blessures internes. Il est fin psychologue et un humaniste accompli.

Que vous soyez enseignant, parent ou enfant blessé ( e), la douceur dans laquelle nous plonge l’écrivain est un pas de géant vers le progrès, la guérison. Serge Cham est un auteur à compte- d’auteur à découvrir! Les perles littéraires ne se retrouvent pas toujours en magasin…et Cham en est la preuve!

 

Fille d’automne

Je me demandais sincèrement de quoi j’allais vous parler aujourd’hui. Qu’est-ce que j’ai de si intéressant à dire n’est-ce pas? Une fille solitaire qui ouvre un blogue espère y trouver sa voie, espère y proposer certaine…au final, les sujets ne s’épuisent pas? Est-ce que la flamme de l’écriture est toujours là? Oui bien sûr! L’inspiration a besoin parfois…au fait pour moi de quoi elle a besoin? De m’asseoir doucement sur mon divan qui fait face à la fenêtre, de l’air frais, d’un bon café et des couleurs de l’automne, relevez la petite laine, laisser son regard vagabonder…

Cette saison m’a toujours rendue très calme. Très sereine. Je m’assois et je contemple  la nature continuer son œuvre. À grands coups de pinceau, elle colore le paysage. Les arbres se font les plus beaux, juste avant de dormir durant les lunes à venir.

Alors je trouve mon inspiration…ainsi…le breuvage chaud à la main. Je suis une fille d’automne. Je suis revigorée. Je m’emmitoufle et je lis. J’inspire l’odeur des feuilles mortes. Je les entends craquer et je me souviens des buttes de feuilles dans lesquelles je me jetais enfant.

Je suis née en octobre. Je suis née au mois des citrouilles et des épices. Je sens le sapin encore mieux qu’en été. Je suis une fille d’automne et j’ai le goût de me perdre en forêt. Marcher seule. Entendre gazouiller les petits oiseaux.

Prise entre le clou de girofle et la cannelle, un thé à l’arôme de caramel et pomme ou un bon chocolat chaud aux guimauves près d’un feu qui crépite. À l’automne il fait frais! Il faut se couvrir. De la laine ou du synthétique tous est bons pour sentir la chaleur caresser nos membres.

Je suis une fille d’automne et ce matin, je regarde par la fenêtre et je suis impatience d’y être, là, dehors, sentir la fraîche sur mes joues. Mais je suis si bien à l’intérieur, envelopper, quand toutes les fenêtres sont ouvertes.

La tranquillité. Tout le monde se tait à l’automne. Les gens sont chez eux ou dehors, admirant en silence le panorama. L’automne fait taire. L’automne rend calme. Comment trouver meilleure source d’inspiration si ce n’est que celle-ci? Pourquoi parlez d’autre chose si ce n’est que la béatitude qui m’envahit à l’instant?

 

Mon enfant intérieur

Pour les gens qui  me sont intimes, vous connaissez ma vie, mon vécu, mes peurs et mes douleurs. Du moins, une partie. L’article d’aujourd’hui va parler d’une chose que je chéris et protège. Une chose que tous à en lui et qu’il ignore ou plutôt tait ; notre enfant intérieur est et demeure la chose la plus précieuse que nous possédons. Qui nous appartient, que personne ne peut voler ou salir.

Malheureusement, il n’en a pas toujours été ainsi. Vivre avec son enfant intérieur, qu’est-ce que c’est? Ne pas l’entraver, ne pas le blesser, ne pas le confronter à des situations dangereuses…comment au juste y arriver?

            Partons du début ! Nous avons tous été quelqu’un dans notre enfance. Nous avons tous eu une famille. Parfois, souvent, trop souvent certaines familles se sont avérées violentes, méchantes, insécurisantes, abandonnantes. Nous avons peut-être été retirés de nos familles pour maltraitance. L’enfant qui aurait dû naître dans un milieu sain avec plénitude et amour a été au contraire confronté à toutes sortes d’émotions et de situation hors de son contrôle qui a eu pour conséquence mille et une plaies. Ces plaies : le manque d’estime, la peur, l’anxiété, le mensonge, la dépendance affective et autre, l’indifférence, la colère continuelle…Des cicatrices qui marquent longtemps. Si nous avons eu une belle enfance, nous serons des adultes accomplies. Des adultes sans trop de peur, qui s’épanouit qui relève les défie de la vie sans trop de difficulté. Mais des enfances malmenées et blessantes cela donne des adultes incertains, inquiets, mal adaptés, hyper vigilants, paniqués…nous avons été des enfants adultes et nous sommes désormais des adultes enfants. Trouver l’erreur? Nous avons eu des responsabilités, nous avons été plus matures que notre âge le demandait, nous avons été des enfants surdoués.

 Partant de ça comment arrive-t-on alors à bien vivre une fois adulte? Parfois sans problème, parfois avec difficulté, très souvent dans le déni.

 « Ils nous ont aimés à leur façon ». Ce sera à vous de refaire votre procès. À vous de contacter vos peurs. À vous de regarder l’impact que cela à eu sur votre vie. À vous de retrouver cet enfant, l’accueillir, l’aimer et lui donner ce qui est bon, désormais, pour lui/ elle.

Je vous dis tout ça parce que j’ai eu quelques jours rocambolesques. J’ai été dans le désarroi et dans une grande tristesse. Mais j’ai appris beaucoup sur moi et sur mes limites en peu de temps. J’ai fait des promesses et donner sans savoir ce que j’offrais à quelqu’un. J’ai réalisé mon incompétence à prendre soin d’autrui. Pourquoi? Parce que je ne sais pas encore prendre soin de moi. J’ai réalisé mon malaise quand quelqu’un vient débalancé ma routine, mon air de jeu, mon antre. Ne faites pas des airs tristes. N’ayez pas pitié. Merci bien, je me passe de ça. J’ai donné sans savoir ce que je donnais. Mais j’ai réalisé un paquet de choses! Vous voulez savoir ce que j’ai réalisé ? Eh bien, voilà! Ma vie, mon corps,  mon esprit, ma sérénité et mon environnement ne sont plus à donner. N’est plus à troquer contre de l’amour (parce qu’au final la blessure n’est qu’une blessure d’amour pour tous). Mon enfant intérieure…celui-là même que j’ai décrit plus haut était apeuré, mortifié, tremblant.  Je ne lui ai pas donné ce dont il avait besoin. Je l’ai fait taire et joué à l’adulte que je n’arrive pas à être. Aujourd’hui j’ai repris conscience de qui il est, de ce qu’il a besoin, de ce qui est bon pour lui, de ce que je vais faire pour lui dans le futur.

Maltraités ou non, un enfant intérieur nous en avons tous un. Qui a besoin d’amour et d’attention. Qui a besoin de jouer et de bébelles. Qui a besoin de regard et de contact. Savoir s’écouter, s’offrir de la tendresse et de l’amour, être doux avec soit ne s’apprend pas aussi aisément. La patience et votre conscience sont vos meilleures alliées.

Maintenant que vous prenez conscience de cette grande force qui sommeille en vous, comment en prendrez-vous soin aujourd’hui ? À cette minute près?

Compagnons d’écriture

 

Constat jusqu’à maintenant : Nous sommes rendues à la cinquième journée sur un défi totalisant 30 jours. J’ai écrit quatre articles et j’ai réussi à terminer l’écriture d’un premier jet d’un projet sur lequel je travaille actuellement. Au total 5921 mots.

C’est lourd écrire tous les jours. Trouver un moment, essayer un paragraphe ou pire quelques mots. Chaque jour, s’isoler et s’asseoir et se convaincre que ce que nous faisons en vaut la peine.

En ce qui me concerne, je suis déjà convaincu à l’acte d’écrire à ce que je dois faire pour performer, ou je m’en vais avec tout ça. Pour certain, ce n’est qu’encore qu’un chemin approximatif tenant par la ficèle d’un rêve. Mais voici ce défi qui pourrait en aider plus qu’un. Dans notre groupe nous sommes trois, toutefois à la base quand l’Échangeoir d’écriture en a parlé c’était pour un duo. Un en un. Face à face. L’idée est simple pendant un délai que vous vous fixez, vous et votre binôme, idéalement trente jours, vous vous envoyez tous les soirs vos résultats d’écriture. Un mot, une phrase, une correction, un synopsis…bref, quelque chose! L’important ici est de réaliser qu’en travaillant tous les soirs sur un projet, eh bien! On avance! En plus si votre compagnon et vous manquez de motivation c’est l’idéal entre vous de vous lire, vous commenter et voire même, eh oui, vous encouragez!

Je ne suis pas toujours motivée. Mes collègues doivent sentir tranquillement le poids sur leur épaule. Mais je suis fière qu’elles tiennent bon. Nous nous demandons pour un mot, nous demandons l’avis de l’autre, etc. c’est très enrichissant! Mon but était d’ajouter du contenu à mon site web. Croyez-le ou non, depuis le début de cette aventure, mon objectif continu d’être atteint et vous lisez présentement la preuve.

Alors, n’hésitez plus! Un compagnon d’écriture que ça soit pour un mois, trois mois ou un an ceci est un très beau défi rempli de surprises incroyables. Vous trouverez peut-être ça fou, mais mes deux compagnons sont des filles que je n’ai jamais vues de mes yeux vus. Ce sont des correspondantes avec qui j’ai noué une amitié extraordinaire et qui grâce à ce défi j’apprends encore plus sur elles et sur leur Univers.

Voici mes deux compagnons et je vous invite à les rencontrer à votre tour:

Judith Gagnon Auteure

Léa Mathis, Auteure

 

La maison hantée

Je tournais la clé dans la fente et je sentis celle-ci vibrer dans l’engrenage. Nerveux, mes mains moites ne m’aidaient pas à tourner la poignée. Je glissais et m’enrageais.

Enfin, au bout d’effort de détermination et de patience , j’y parvins. Je refermais délicatement la porte de chêne gravé derrière moi et enclenchais systématiquement le mécanisme de fermeture tout doucement.  Malgré l’âge des matériaux de cette bâtisse, à peine un cliquetis était perceptible. J’étais le génie de la serrure. Me voilà désormais barricadé. À peine un son pour réveiller une souris grise qui dormirait sous le plancher et hop me voilà à l’intérieur comme un voleur. Je retenais mon souffle au point de me faire violence au poumon. Conscient que le moindre bruit pourrait m’attirer des troubles. Je savais que le jardinier faisait toujours une dernière vérification le soir avant de partir pour y revenir seulement à  6h00 le lendemain.

Enfin, je me félicitais, car il s’agissait déjà d’un exploit d’être parvenu sans être vu dans la maison. Être découvert à cette étape-ci serait une grande frustration.

Une fois mon intrusion faite dans la chambre, je figeais soudainement. L’endroit était sombre. Très sombre. Je sentais déjà les ténèbres m’opprimer. Je n’aimais pas la noirceur. Depuis mon enfance, j’avais la sensation d’être épié dans l’obscurité. Je n’ai jamais apprécié cette sensation de vide. Petit je combattais avec mon père les monstres qui s’y cachaient.

C’était comme si je revenais à mes vieux jeux d’enfants angoissants. N’ayant jamais été totalement convaincu que ce n’était qu’en fin de compte que des jeux. J’avais toujours cette impression que quelque chose…un être vil se cachait dans les coins les plus obscurs. Et cette maison…Le froid qui y règne. La noirceur des lieux…cette chambre.

J’aimerais tant m’y faire de la lumière. Comme si la clarté faisait fuir les monstres nocturnes. Mais il était impensable d’ouvrir l’interrupteur, je dénoncerais ma présence aussitôt.  Alors je devais avancer sur ce chemin à l’aveuglette. Une lampe de poche aurait été certainement utile, mais encore moins brillante. Les carreaux de la fenêtre illuminés auraient attiré la police. Le vieux gardien des lieux d’accord, mais pas les flics. Qu’est-ce que je dirais alors une fois arrêté?

-Désolé monsieur l’agent, je voulais valider la théorie du vieux jardinier. Vous savez…Le monstre qui vit dans les ténèbres de cette maison.

Entre mon argumentation étrange et les faits que j’étais incontestablement entré par effraction dans la demeure de mon voisin…la question de choisir de ma culpabilité ne se poserait pas longtemps. Même mes parents ne pourraient me défendre sur ce coup.

Ce vieux jardinier de la maison…inquiétante présence. Cet homme travaillait pour un propriétaire toujours absent. J’étais venu à croire qu’il s’agissait d’une riche personne qui voyageait toujours pour son travail. Et cette vieille maison tout en ruine était un héritage familial. Attaché par ses souvenirs, son propriétaire n’avait jamais été capable de la vendre. Du moins, c’était l’histoire que je mettais imaginé.

Le jardinier posait toujours ces yeux verdâtres sur moi. Prenait ce regard énigmatique que je ne savais déchiffrer. Sans jamais m’adresser la parole. Il ne faisait que me regarder passer devant l’entrée pour me rendre à l’école. Et à mon retour, il était là, fidèle au poste, momifié, m’observant me diriger vers ma maison.

Cependant, cette journée-là, en cette fin d’après-midi nuageuse, lorsque je revenais de mon quotidien d’écolier, il m’avait fait de grands signes de la main. C’était la première fois que je l’avais vu avec un tel comportement. Normalement, il ne faisait que rôder autour de la baraque et m’observer étrangement.  Mais cette fois-là, l’homme avait carrément changé d’attitude. Ce qui évidemment, me rendit aussitôt très nerveux.

J’hésitais à m’approcher. Mais le vieux continuait de balancer la main dans les airs, insistant. Donc, tranquillement, je mettais dirigé vers lui. Sans savoir ce que cette simple politesse entrainerait. Je ne savais pas que ma journée qui s’était annoncée banale prendrait une tout autre forme à la suite de notre discussion.

Le jardinier m’avait empoigné le bras brusquement. Je ne me débattis pas, car ce qu’il allait me confier, je le sentais au plus profond de mon être, cela dépasserait ma simple compréhension de mon univers. Il me tourna en direction d’une pièce au deuxième étage. Pointa de son doigt maigrichon des carreaux rouges.

-La créature nous observe, dit-il.

Je regardais en direction d’où pointait son doigt et je vis une ombre s’éloigner des fenêtres à ce moment-là.

-Pourquoi y travaillez-vous alors, Monsieur Emmett? Demandais-je tout naturellement incrédule.

L’homme me lâcha finalement le bras, prit un air terrorisé.

-Je ne peux pas la quitter. Je dois faire ce que la créature me demande.

Je déglutis et sans assurance, j’avais invité mon interlocuteur à dénoncer son employeur aux normes du travail. La créature qu’il nommait ainsi était peut-être tout simplement une vieille chipie qui ne reconnaissait pas son travail. Mais il me fit de grands signes de négation de la tête.

-Ce soir c’est la pleine lune.

Le jardinier m’expliquait que la pleine lune était un moment de grande vulnérabilité pour la créature. L’être devait sortir et chasser pour reprendre des forces. C’était le seul moment dans le mois qui était permis de sortir de sa prison.

Je n’avais pas écouté la fin de ce qui aurait pu être une très jolie histoire d’épouvante. J’étais rembarqué sur ma planche lourde d’auto-collants de tête de mort et j’étais retourné dans l’allée de béton de ma maison. Il m’avait alors crié d’où je l’avais laissé en plan, que je devais entrer dans la maison de la bête ce soir sinon il serait trop tard.

Trop tard pour quoi? Je ne savais pas. Et sincèrement, je ne voulais pas le savoir. Mais toute la soirée j’étais demeuré songeur.  Je mettais accoudé à ma fenêtre et je regardais la cabane vis-à-vis ma propre chambre.  Mes pensées défilèrent à une vitesse folle plongeant dans mon imaginaire étoffé et vagabond.

Nous étions arrivés il y a moins de trente jours dans cette maison. Dont mes parents, ravis, avaient eu un très bon prix pour celle-ci. Le voisinage était absent à l’exception des quatre étages riches devant. Peu de marcheurs, peu de jeunes de mon âge, soit 15 ans et il semblait incongru d’accuser à tort un propriétaire sur papier.

-M’man? Interpellais-je lorsqu’elle passa avec une brassée de linge blanc dans le couloir.

-Oui Kev ?! Dit-elle en hurlant de son côté du couloir se dirigeant comme une guerrière sans peur jusqu’aux machines à laver.

-Pourquoi les anciens proprios t’ont vendu la maison?

-Pourquoi tu me demandes ça? dit-elle d’une voix en écho dû à sa tête dans le sèche-linge.

-Bah! pour savoir-là.

J’entendis la porte ovale de la machine fermée brusquement. Ma mère claquait les portes férocement seulement quand elle hésitait à nous dire quelque chose sur le coup de l’émotion. Ce n’était pas bon signe de ce que j’en devinais. Pire! Elle abandonna sa tâche ménagère et pénétra dans ma chambre. Ma mère regarda mon bordel et me sourit gentiment. C’est là que je sus que je n’aimerais pas ce qu’elle allait me dire.

-Leur fille…a eu un grave accident.

Je questionnais ma mère sur le genre d’accident qui avait eu lieu. Elle hésitait à m’en dire davantage.

-Elle a été retrouvée dans le champ voisin. La pauvre ado avait perdu beaucoup de sang.

De sang? Une créature vivant la nuit qui tut en vidant le sang de ces victimes. Un frisson me parcourra l’échine. Un jardinier obligé d’obéir à un propriétaire discret. Était-ce…non! Impossible. Ce genre d’histoire aux dents pointues n’apparaissait que dans les romans!

-Quel jour a été retrouvée la fille?

-C’est une drôle de question Kev, voyons!

-M’man! s’te plait, répond.

Ma mère plongea un long regard triste sur moi. Elle caressa ma joue et avant de se lever et repartir à son devoir de patronne de maisonnée, elle m’embrassa et me dit qu’elle m’aimait très fort.

Une fois qu’elle eu disparut dans le couloir, mon regard  se posa alors sur la maison soudainement rendue inquiétante. L’ombre à la fenêtre n’y était pas. Je me décidais enfin, j’irais l’explorer et pister cette créature cette nuit. Je devais trouver une façon de l’anéantir, car je ne serais pas sa prochaine victime ni mes parents.

Ainsi, je n’allais pas voir le gazon jaunir et ma tête se remplir de contes et de récits terrifiants. Je devais réagir immédiatement. L’idée germa dans ma tête avec une grande lucidité. Le jardinier m’ayant aidé sur la voie, je devais aller  à la rencontre de la vérité. Mais comment m’assurer que ce n’était pas un piège de sa part? Le mois n’était pas encore terminé et la créature pas encore rendue à l’étape de se nourrir. En étais-je sûr? Non. Mais je n’avais pas d’autre choix non plus.

***

Avais-je eu tort d’entrer dans cette maison hantée? Me demandais-je à l’instant prisonnier de ma phobie des abîmes.

Un craquement soudain me sortit de mes pensées. Les battements de mon cœur affolés venaient jusqu’à mes tempes. Le bruit recommença. Un couinement long et désagréable. Quick-Quick-Quick. Je tournais ma tête vers le fond de la salle et c’est avec effroi que je vis les reflets dans les fenêtres.  Et ce que je croyais venir du couloir, était finalement avec moi dans la pièce. Des yeux blancs lustrés scintillèrent dans la pénombre. Quick-Quick-Quick. Les yeux se balançaient dans le coin. Le son désagréable d’une chaise berçante de mamie troublait la quiétude du lieu. Les points blancs me fixaient intensément, j’étais complètement glacé de terreur.

Un rêve qui devint passion

 

« Avez vous déjà fait un rêve, et au réveil vous vous êtes dit hey méchante histoire à écrire? » demandait une amie écrivaine.

 

Dès que vous mettez votre foi dans les mots, vous comprenez rapidement que l’inspiration peut venir de partout. Votre enfance, vos sentiments, vos actions, vos valeurs, un ami un peu bizarroïde, un film, nos passions, etc. Aussi, eh oui! Pourquoi pas de la plus profonde des abîmes de notre être, de notre inconscient : Le rêve.

Mon histoire, ma passion et ce que je suis devenue aujourd’hui partent d’un rêve. J’avais  onze ans ou douze ans, je commençais à peine le secondaire. J’explorais de nouveaux horizons, lisais de nouveaux romans, je nageais désormais dans un Nouveau Monde, celui de l’adolescence. Et il faut avouer que cette transition peut en troubler plus qu’un. On rencontre de bonnes personnes. On rencontre aussi de mauvaises personnes. Nos actions engendrent et renforcent notre personnalité. On devient Quekun.

Avant d’en venir au sujet qui nous préoccupe, je dois faire un saut important dans ma mémoire. Pour ma cohérence, pour la vôtre. Alors, moi, j’étais qui à l’adolescence?

J’étais une enfant qui avait de la difficulté à être une adulte. Difficile de jouer ce jeu de grande personne. Je sortis d’un primaire qui possédait une pensée de pauvre. Peu de budgets, peu d’innovation, peu de témoignages affectifs avec les élèves.  Une vieille époque me direz-vous, mais sûrement pas la pire.  J’avais vécu beaucoup de harcèlement et de violence physique de la part de personne que j’appelais autrefois, amis. Les luttes pour la popularité étaient cruelles et ne se terminaient pas, à mon plus grand regret au secondaire.

Mais un choix s’imposait certainement. Rester ou non dans la vieille gang ? Par habitude, je crois, par peur, très assurément, je suis restée avec de vieux amis pendant la première année. J’étais silencieuse, gênée, rougissante, intimidée et j’étais convaincu d’être d’une nullité incroyable dans toute matière.

J’ai cependant trouvé de bonnes personnes qui m’ont fait m’épanouir. Je pense en premier à Nafrounette, à Jaz, Cri-Cri, Vinchoupichounet et Nini. C’est avec maladresse que certaine relation était rocambolesque ou  était un mélange de amour-haine qui recouvrait une couche énorme de jalousie  ou plutôt maintenant je comprends de très grande admiration. Je pense à Nini une bagarreuse sucrée, maladroite et intelligente. Je pense à Nafrounette la femme forte qui se lève debout pour ses convictions et qui sait faire asseoir les p’tits crétins comme nulle autre, mais qui est d’une tendresse sans borne que je pourrais surnommée Madame Chef Câlinours. Je pense à Vinchoupichounet qui est le plus fou des fous, le créateur de bulles mentales dont je crois être le plus sincère et le plus lucide de tous mes amis ( Oui! Oui! Même dans sa folie). Je pense à Cri-Cri, une amie loyale, gentille et patiente. Et je pense à ma Jaz, tourbillonnante lumière qu’on pourrait resurnommée Petit Photon. Petit Photon? Oui parce qu’elle mérite tout ce qui est lumineux dans sa vie. Ces amitiés m’ont modelé. Elles m’ont appris. Elles m’ont donné de l’amour incroyable.

Avant de les connaitre, cette bande-là, comme je le disais j’avais eu un primaire plus ou moins agréable. Il y avait une terreur en particulier qu’une fois au secondaire je continuais à m’y accrocher…par peur ou habitude? Je serais sûrement en mesure de vous le dire dans quelques années…Mais le miracle s’est produit. Et ce fut un rêve qui me sauva et qui créa tout mon univers d’écrivaine par la suite.

J’étais dans une grotte. Du moins, c’est ce qui semblait. J’étais amenée par des prêtes encapuchonné et vêtu de noir. Eux, c’étaient les méchants. Et la reine qui les commandait était cette amie du primaire. Une enfant méchante, égoïste, ensorcelante.  Une femme que je m’étais habituée d’aimer pour les mauvaises raisons au risque de la craindre et d’en mourir.

Les prêtes m’amenaient profondément dans la grotte. Plus j’avançais, plus il faisait chaud. Bouillonnant. J’étouffais. Je suais. On me mena devant un gouffre rempli de lave. J’étais au cœur d’un volcan.

J’étais consciente que je dormais. J’étais consciente de ma mort évidente dans ce cauchemar. Et je refusais. Je refusais de toutes mes forces à cette fin. Alors, j’expérimentai le rêve conscient. Je me mis à penser à des pouvoirs magiques ( je suis la génération Harry Potter ).D’un coup, mes ennemis brûlaient devant mes yeux. Je détachais mes liens et me mit à courir jusqu’à l’extérieur. Mais la méchante petite fille me poursuivait. Elle me lançait des sorts. Elle me faisait mal.

Et si je pouvais me protéger de ça? Et si mon cauchemar pouvait ne pas en être un? Et si je transformais l’histoire?

Alors je m’assis sur un sol dur et j’imaginais une grande bulle qui me protégeait. Pendant que la méchante petite fille de mon rêve et de ma réalité d’enfant battait la bulle magique, je fis passer un grand souffle de bonté à l’extérieur. La petite fille méchante s’évanouit et je finis par me réveiller.

Cette grotte, ce personnage, la lave, la montagne sont devenue le cœur de mon histoire fantastique que je travaille depuis aujourd’hui. J’étais si bouleversée de ma capacité aux rêves conscients que je me dis, malgré mon jeune âge, que je devais garder trace de tout ça. Mais j’écrivais mal, je faisais plein de fautes et je ne me croyais pas capable d’écrire. Je ne connaissais pas ça moi écrire pour le plaisir. Mais on m’encouragea à le faire et je pris la machine à écrire de ma mère. Je tapai ce rêve moult et moult fois. Je le tapai sur l’ordinateur dont je perdu les fichiers par manque d’expérience de cette technologie. Mais je réécris cette histoire. Plus d’une fois. Elle était vitale. Elle me tenait en vie. J’ai grandi avec mes personnages. J’ai grandi grâce à ce rêve et sans le savoir, je découvrais ma future et merveilleuse passion soit celle d’écrire!

Entre temps,  j’ai mis cette histoire de côté. J’ai travaillé ma technique. J’ai pris des gallons. Je m’améliorais de jour en jour. L’idée de la petite magicienne dans sa bulle qui rend le monde meilleur est toujours en travail. Toujours dans ma tête, sur papier et sur mon ordinateur. Dans mon cœur.

Ainsi, d’un simple rêve, j’ai créé une série fantastique qui me rend fière. Et si mes amis(es) me lisent, je vous dis ceci : Je suis aussi folle que chacun de vous, mais le terme politico-correct c’est être une fille charmante.

Et je signerais cet article de mon nom véritable. Mon vrai de vrai.

Crevette Mauve.

Libérer le trésor

Il existe un trésor, une richesse qui dort
Dans le coeur des enfants mal aimés
Sous le poids du silence et de l’indifférence
Trop souvent le trésor reste caché

-Michel Rivard-

 

 

Minuit moins deux minutes. Marie marchait rapidement. Elle avait un rendez-vous. Un rendez-vous qu’elle ne pouvait manquer au risque de grave conséquence.

Marie était une belle adolescente. Les cheveux couleur de blé, les yeux verts, un visage rond, des lèvres roses. Elle n’était pas que mignonne, mais d’une beauté sans mot. On pouvait imaginer sans peine que ses parents étaient de belles personnes pour avoir créé un magnifique être.

Enfant unique. Marie s’était ennuyée très tôt dans sa vie. Ses parents, des gens de carrières, avaient beaucoup de choses à faire ce qui l’a laissa rapidement, dans son enfance, seule à la maison. Mais l’école avait changé bien des choses. Elle s’était faîte de bonnes amies. Une, Laurence, son opposé en tout. Douée, appliquée, brunette, petite, les yeux noisettes grossièrement conçues par un métissage génétique de plusieurs générations. Mais Laurence était gentille. Une gentillesse qui avait manqué à Marie. Toutefois, Laurence était souvent occupée. Soupers en famille, fête du petit cousin, voyage en Gaspésie, voyage aussi dans le reste du monde. Laurence avait quatre frères. Quatre gentils garçons d’un an de différence. Laurence était, au contraire de Marie, très bien entourée.

Marie vivait au travers de Laurence sa vie de rêve. Elle s’imaginait quand le sommeil ne venait pas, être à sa place, avoir ces parents, avoir ces frères, une telle famille unie…un avenir. Des objectifs. L’adolescente avait rapidement appris à mettre ses émotions, ses ambitions et ses envies de côté. Dissimuler ce qui faisait d’elle Marie. Elle avait peur d’être pointée du doigt et lui retirer le peu de joie qu’elle possédait. Alors elle ne devenait personne. Elle devenait l’amie de Laurence et vivait dans son ombre.

Un coup d’œil à sa montre et elle était désormais en retard. Heureusement pour elle, Marie tournait le coin d’une ruelle et arriva à l’hôtel Succube. Le portier, un grand noir, saluait la jeune fille par son prénom et lui ouvrait la porte.

C’était un hôtel underground ou la clientèle recevait quelque extra moyennant un certain montant d’argent.

Marie n’eut pas à demander, elle savait où se diriger. Elle enjamba deux marches à la fois le grand escalier en colimaçon. L’adolescente s’arrêta au troisième et dernier étage. Là où le maître avait son bureau.

La porte était entrouverte. Une lumière tamisée se glissait sous la porte. Marie poussait la porte et refermait derrière elle.

-Marie! s’exclama une voix masculine très chaleureuse.

-Bonsoir Max, dit Marie sur un ton lasse.

Le dénommé Max avança vers elle et lui donna deux baisers sur chacune de ses joues. Il lui prit la main et y glissa un petit sachet transparent de deux gélules noires.

-Max…

-Qu’est-ce qu’il ya chérie?

Marie était mal à l’aise, mais devait lui en parler.

-J’aimerais le faire sans.

-Tu es sûr?

Elle hocha la tête et tassa doucement la main de Max éloignant le sachet et son contenu.

-Ça va être douloureux.

-Je sais.

Marie retira son manteau. Elle avait une jolie robe jaune. Elle faisait juvénile. Jeune et vulnérable. Très fragile. Mais c’est ce que les clients particuliers de Marie aimaient d’elle.

Elle savait encore une fois où se diriger : une petite pièce au fond du bureau de Max. Le client était déjà présent.

L’adolescente entrait dans la pièce et refermait derrière elle. Max n’avait dit rien. Ni bonne chance. Ni de remerciement. Ni même ce que Marie attendait depuis trois ans : je te libère.  Mais non. Rien. Il l’a regardait se retirer dans la petite pièce comme une employée du Tim qui allait chercher des poches de café dans le back-store. Max retournait à sa table de travail et vagabondait sur internet désormais sans plus.

La pièce était noire, mais Marie rencontra rapidement les yeux rouges du client qui étincelait. Il s’agissait de son plus vieil admirateur.

Marie se dirigea vers le grand lit aux couvertures de soie et s’y coucha. Elle déplaça ses cheveux, laissant sa gorge bien en vue.

-Marie, murmura son client.

La créature aux yeux rouges s’approchait de son prix. Huma son odeur et fut soudainement surpris.

-Tu n’as pas pris l’inhibiteur ?

-Pas cette fois.

-Tu vas avoir mal quand je vais te mordre.

Marie posa ses mains de chaque côté du visage du vieux vampire.

-Je ne peux pas avoir plus mal.

Marie embrassa la créature et s’abandonna à ses caresses. Le vampire lentement arrivait à son cou. Les veines palpitaient et cela l’excitait. Cette nuit, Marie ne ferait pas semblant d’avoir mal. Quand une personne ne prenait pas l’inhibiteur, cela engendrait d’effroyables souffrances à la suite d’une morsure de vampire. Toutefois Marie, contrairement aux autres nuits, voulait ressentir. Pour une fois, elle voulait avoir l’impression d’exister. Et, elle espérait, silencieusement que la douleur soit si intense qu’elle en meurt.

Le sans-abri

J’avais rendez-vous au Café chez l’éditeur de Québec Amérique avec une amie et graphiste officielle de mes deux livres. Je débarquais du métro Jean-Talon et j’entamais la grande progression vers la sortie.

On croise très souvent des sans-abris ou des artistes avec plein d’espoir dans les yeux d’avoir un petit un ou un petit deux. En ce qui me concerne, il y avait un monsieur, assis au sol, un gueux de la ville, un peu sale. Oui malheureusement, un peu repoussant. Son gobelet Tim Horton prêt à recevoir des dons. Je le regardais, car lui ne regardait pas les passants. C’est moins gênant alors d’observer la misère et la pauvreté. On se sent moins coupable lorsqu’on ne croise pas leur regard. Donc il ne regardait personne. Il avait la tête penchée au-dessus d’un livre. Un gros livre. C’était Don Quichotte.

Je passais devant et j’étais stupéfaite de voir un sans-abri cultivé! Hey! il lisait c’est cool pareil, non? Au final, je pensais qu’il faisait peut-être semblant pour avoir un peu d’argent libre d’impôt.

Sur moi j’avais mes deux nouvelles. Une désirant la mettre dans le café librairie pour y faire un peu ma place et l’autre étaient destiné à mon amie. Mais c’est alors que je m’arrêtais de marcher. Une chaleur immense m’envahissait. J’étais un peu déboussolée et l’idée avait germé dans ma tête sans prétention…

Alors je fis volte-face et revenais sur mes pas. Je m’arrêtais devant le sans-abri et m’excusais de le déranger.

-Vous lisez en français?

-Oui, qu’il me répondit.

Je sortis Acheri – la légende de l’enfant-squelette  de mon sac et lui tendit.

-Je suis auteure. Je me demandais si vous aimeriez avoir un exemplaire.

Le sans-abri était content. L’homme était un grand lettré. Il me parlait de Don Quichotte et de la bible qu’il avait analysée de fond en comble. Il me parlait de Dieu, de Jésus, mais pas comme on peut se le représenter par un fanatique ou un illuminé. Il voyait en la bible un livre, avec son intrigue, ses secrets et ses personnages. C’était bon et rafraichissant. Je prenais contact avec un être humain. Un être humain qui avait fait des choix de société soit d’être pauvre et retiré. Mais ce n’était pas un être appauvri. Vous voyez la différence? Il était bon et gentil. Je dû l’arrêté de parler au bout de plusieurs minutes incroyables parce que mon amie m’attendait là-bas au café.

D’ailleurs le café ne prenait pas des livres autoédités…c’est comme si j’avais pressenti ce qu’il allait arriver. Que j’allais être rejeté plus tard! Mais que grâce à je ne sais quel instinct j’avais finalement réussi à trouver mon chemin. Trouver un lecteur. Cette histoire est vraie et incroyablement belle. Simple et unique. Un échange purement intellectuel entre deux esprits libres et uniques.

Ainsi, je venais de rencontrer le sans-abri qui lisait Don Quichotte…

 

J’ai 27 ans

Vendredi 13 octobre, jour de malchance pour certains bonheur incroyable pour moi. Non le vendredi 13 octobre n’est pas un jour à être superstitieuse. J’ai 27 ans. Je suis un peu plus sage maintenant. Vieille? Pas du tout! Je suis un cœur jeune, je suis un esprit jeune dans un corps un peu plus vieux, voilà tout!

Je repense à tout ce que j’ai fait durant toutes ces années. Ai-je été une bonne personne? Me suis-je écouté? Ai-je accompli quelque chose qui a eu un impact significatif dans ma vie?

Pour la première question est sans aucun doute je fais de mon mieux à tous les jours. Pour la deuxième, je continue de le travailler. En ce qui concerne la troisième question c’est là que tout ce corse.

Anecdote!

 Mon frère ce matin me disait  « hey! Tu vas chercher ton deuxième livre aujourd’hui.  »

Je me remets encore de mon émotion du moment. J’ai publié deux livres. Noircie un peu par tout le côté péjoratif qu’on attribue à l’auto-édition ( et pourtant!). Mais…les faits sont là : J’ai publié deux livres et je vais chercher ma deuxième nouvelle tantôt à l’imprimerie. Ce n’est pas mal comme réalisation, non? Pendant que certains se demandent encore s’ils ont le droit d’écrire, moi, je suis rendue à deux. 27 ans et deux livres. Pas parfait. Part incroyablement glorifiée ( mis à part par moi ).

Ainsi devrait ressembler nos anniversaires de rêve. Prendre un moment et s’arrêter. Regarder nos accomplissements, regarder nos ambitions, regarder par nos moments durs et se dire que nous avons encore réussi à survivre. C’est le temps de se repositionner. C’est le temps d’inspirer profondément et se dire : je suis en vie et je peux réaliser tout ce que je veux.

Non! Arrêtez! Ne pensez pas à comment vous allez faire pour réaliser vos rêves. Ne regardez pas tous ce qui vous bloque dans l’immédiat. Regardez au fond de vous, laissez parler votre cœur et écoutez. Un anniversaire avec des gens que l’on aime. Au diable le gâteau et les cadeaux. Juste vivre. Ressentir la vie dans chacun de vos gestes. Dans chacune de vos respirations. Soyez fier d’être et de continuer à rêver, d’être ambitieux, de construire, de protéger et aimer votre famille.

Un anniversaire vous permet de faire un vœu. Si ce vœu est sincère. Si ce vœu n’est pas juste une question de désir. Si ce vœu vous porte vers la lumière. Ce vœu va s’envoler vers le firmament et vous remplira d’un amour incroyable.

Quant à moi, en ce vendredi 13 octobre, du haut de mes 27 ans, mon vœu est celui de continuer à rêver quitte à perdre la tête et paraître bête.