Histoires d’un bloc # 14

Le vieux et l’intrus

 

Je revenais de travailler. Je m’enlignais à droite après l’ascenseur, longeais le long couloir pour atteindre mon appartement. Cependant, devant ma porte, il y avait un homme grisonnant. Il cognait sur ma porte en espérant que quelqu’un ouvre. Je m’arrêtais pour l’observer. Il se retourna et alla cogner à la porte de ma voisine d’en face. Puis, au bout d’un moment, le vieux remarqua que j’étais présente.

Sa porte de biais à la mienne était ouverte.

« Je fais quoi moi?» me dit-il.

« Vous avez besoin de quelque chose monsieur?» dis-je poliment.

« Il y a personne qui répond »

« C’est sûrement qu’il n’y a personne…»

« Ben je fais quoi là avec lui?»

« Je peux peut-être vous aidez? qu’est-ce qui se passe?»

« Il est chez nous! Pis y veut pas sortir»

« Il y a un inconnu dans votre maison c’est ça? Montrez-moi.»

Je le suis dans son appartement, mais je reste à l’extérieur par sécurité. J’appelle à l’intérieur s’il y a quelqu’un, mais il n’y a aucune réponse.

« Regarde yé là» me dit le vieux.

Je penche la tête derrière la porte. Un peu nerveuse et je sursaute devant mon propre reflet. Derrière la porte, il y a un grand miroir. Le vieux le pointe et il lui dit de s’en aller.

« Monsieur ce n’est pas un étranger. C’est votre reflet dans le miroir. »

Il ne me croit pas, donc j’essaye de lui montrer qu’en levant le bras son reflet fait le même mouvement. Malheureusement, l’homme prend ça pour une moquerie de l’intrus et l’insulte. Il demande encore une fois, plus violement à  »l’étranger » de sortir. Je le questionne sur qui vis avec lui. Il ne peut me répondre. Mais cette personne est sensée revenir. Je lui dis d’aller écouter la télévision et s’il y a quelque chose de venir à ma porte. Il me demande alors si c’est la sortie par là-bas. Je crains qu’il décide de sortir…et dans son état, ce n’est pas envisageable.

« La sortie est là, mais il pleut très fort dehors c’est dangereux. » dis-je comme gros mensonge.

Ça suffit à le répugner de son idée.

J’entre finalement chez nous, un peu déboussolée. Je trouve ça comique. Les déments ça me connait en CHSLD. J’ai beaucoup de plaisir en général. Mais le vieux est seul et je connais les implications s’il décide d’aller se balader. C’est dangereux. J’appel mon frère, savoir ce que je pourrais faire de plus. Nous concluons que c’est préférable d’appeler la police. Il peut être en crise, ne pas avoir pris ses médicaments ou pire… J’agis avec conscience de bonne voisine.

Je reste au rez-de-chaussée et j’attends les intervenants, je leur explique et mon rôle s’arrête ici.

 

Bonsaï!

Une fin de semaine merveilleuse! Je vous jure! Il y a longtemps que je n’ai pas ressentis un tel bien-être. Nouvelle passion: bonsaï! Avec un gros point d’exclamation. C’est bien plus que juste faire du jolie. C’est une expérience qui transcende.

Un collègue de travail me parlait de sa passion. Faire de petit arbre en pot. Il m’a montré des photos, des expositions, des congrès, m’a parlé de la théorie, de la philosophie, m’a amené des bouquins et ma parler de l’attention qu’il fallait porter à ces petits êtres vivants. Et je pars de loin! Je suis black lister dans tous les revendeurs de plantes vertes, vous imaginez? Une vraie tueuse de vivaces et d’épices. Je ne pouvais qu’appréhender m’occuper d’un arbre…

Toutefois la vie est une question d’expérimentation. Ce dire j’aurais dû ne doit plus faire parti de mon vocabulaire. Je dois vivre à fond et essayer de nouvelle activité et m’y jeter aveuglément. Ça, cela veut dire, peu importe les conséquences et mes échecs. Le regret n’est pas une option. Pour avoir si longtemps dormi, il est temps que je m’éveille à la beauté de ce monde… Donc, je me suis inscrite à un cours niveau 1 pour bonsaï avec la SBPM.

Deux jours intenses à assimiler plusieurs notions, à pratiquer, à faire des erreurs, mais surtout à rire! Passion et joie voilà ce que je retiens. La professeure qui cumule les emplois dans le domaine, énergique, positive et ricaneuse est adroitement inspirante. C’est un vrai show cette femme! Mais déborde surtout de passion pour les bonsaï ce qui en fait un choix en or pour les gens comme moi, les novices.

Après cette fin de semaine, je ressors avec un tremplin pour m’aider avec mes vivaces, des pistes de solution pour arrête de tuer ces pauvres petits êtres, mais surtout faire des arbres en pot! Les yeux brillants, je regarde tout ce qui s’en vient. Achat d’outils, ligature, entretien, substrat, rempotage, insectes, vaporisation… Faire une routine le matin pour aller dire bonjour à mes arbres, s’assurer de leur bien-être… Je me sens transformé et je viens à peine de commencer! J’ai tellement hâte d’y afficher sur mon blogue mes progrès!

Je retire tranquillement des couches d’égocentrisme superflus pour prendre le temps d’observer la nature, prendre soin d’autre chose que de moi ( quoiqu’il est essentiel et vitale de s’occuper de soi avant tout). J’étais heureuse d’avoir mon chat et je ressens à nouveau ce sentiment, non de propriétaire, mais de soigneur ou de gardien d’une âme. Ce qui me rapproche de mon centre et de mon équilibre.

Avez-vous déjà vécu ce genre de connexion? Une passion qui demande du temps et demande que vous y mettiez tout votre cœur? Comme l’écriture et mon Pô, le bonsaï crée en moi un ouragan de sentiment. Et je le sais, c’est pour le mieux et pour le bien.

Note: Photo – Exposition 2016 de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal

 

Ce chapitre qui donne du fil à retorde

Je suis découragée. Clairement accablée et sans énergie. Pourquoi est-ce si dur de passer au travers de ce chapitre? Il est évidemment une pièce importante de l’histoire. Ma relecture allait si bien jusque là! Punaise! Mon personnage arrive enfin à progresser dans la connaissance d’elle-même, mais voilà que ça devrait être si simple, je sens la tâche plus lourde que jamais et j’ai l’impression de faire juste de la bouette.

Ci-dessous, l’image de moi en train d’essayer de faire de quoi avec mon chapitre.

Mieux vaut en rire que d’en pleurer! Toutefois, même si je ris à gorge déployée il demeure pas moins que j’ai toujours ce blocage. J’ai l’impression d’écrire un cliché ou pire une quétainerie immonde. Un fantastique plate et sans emphase. Ce moment qui devrait être le summum de la révélation devient linéaire et platonique. Un dialogue qui n’enflamme pas.

Mon premier réflexe à été de mettre de côté le chapitre et la relecture totale de mon histoire. Je bloquais. Et je ne voulais plus souffrir en y retournant. Alors mon petit maudit, cette petite voix destructrice dans ma tête à commencer à m’accabler. Tu es nulle. Tu n’es pas une vraie écrivaine. Tu fais tellement de faute. Personne un jour ne voudra te lire.

Mon deuxième réflexe a été de me retourner vers mon coach d’écriture. Aller lire son blogue, lire ses conseils gratuits, retourner à son livre, relire les anciens messages… Plus je le lisais, plus j’avais le goût de retourner écrire. D’approfondir ma compréhension de ce chapitre. Le protagoniste a des supers pouvoirs, comment je réagirais? Comment je me sentirais? Oui d’accord, je reçois la fameuse lettre ( Harry Potter) qui me dit que je suis légitime et je m’en vais dans une école de sorcellerie… ce n’est pas bidon comme action. C’est immense! Tout l’univers se transforme/ s’écroule. Nécessairement, mon personnage selon sa personnalité va avoir une réaction à cette vérité. Bref, je n’ai pas encore trouver la solution. Je me creuse encore les méninges. Je laisse le temps à mon cerveau de faire des connexions. Il y a des pauses nécessaire. Je relis avant et après. Je m’en vais là, comment puis-je l’amener dans cette direction? dois-je accélérer le rythme ou le décélérer? Est-ce que à la première lecture, c’est bon je le laisse et je reviens plus tard? Va s’y Karine, lèves-toi et marche. Ça va te faire du bien. Le chapitre sera là à ton retour.

Mon troisième réflexe a été de venir sur mon blogue et d’écrire. Juste reprendre contact avec le clavier et mon esprit qui bouillonne. Juste me remettre en mouvement. Laisser tomber une à une les pensées mauvaises qui me tourmentent. Je réalise alors que je ne suis pas la seule à vivre ce genre de dépassement. J’ai une amie écrivaine qui n’est pas à son premier livre et elle vivait la même situation que moi quelques mois plus tôt. C’est normal d’arriver à ce genre de plateau. Mon seul conseil est de vous posez un moment et ne pas oublier de vous remettre en mouvement, griffonner quelque chose, même si cela n’a pas de sens. Poser des mots même si c’est de la bouette et que vous ressembler au petit chien plus haut. Le nuage va passer, ne vous en faîtes-pas.

Savoir s’arrêter

Je consulte plusieurs sites pour capter un maximum d’information. Je recherche le plus possible des outils pour me perfectionner dans  mon écriture à tous les nouveaux, pour tous les chapitres, pour chaque étape de la structure. Je jongle avec mon horaire, je suis des coachs sur les réseaux sociaux, j’écris, j’écris, je pratique, je fais mes exercices, je suis proactive dans ma correction, je trouve des bêta-lecteurs, je peaufine, je relis… Bref, quand est-ce qu’on parle de souffler un peu?

Le monde tel que nous le vivons perçoit la pause comme un bris de service. L’art qui se veut de plus en plus compétitif, qui se dévoile agressif et met les auteurs en concurrence… Mais l’art, la création, l’expérimentation, cette recherche de la bonne histoire ne sont pas une course à finir au plus vite! Je ne dis pas de répugner tout l’aspect économique! On nous parle d’écrire tous les jours, de ne pas désespérer, de faire tous nos exercices… oui en effet ! Un écrivain qui a du succès se lève pour son rêve. Il accepte la fatigue. Il accepte de mettre sur hold d’autre plan de sa vie. Parce que le temps ne peut être scindé en deux. Persévère. Continue. Un peu tous les jours…

D’accord ! Je suis pour cette philosophie. Écrire est comme être au boulot ( avec quelques plus évidemment)  n’avez-vous pas tendance à vous mettre trop la pression par contre? Ne ressentez-vous pas une lourdeur s’accumuler sur vos épaules? Votre posture est-elle la bonne? L’importance de la pause dans cette course folle est primordiale! Avant que je ne commence à me regarder aller, je réalisais que je me poussais beaucoup, mais je ne m’accordais pas suffisamment de pauses dans la période d’écriture. Quand je m’installais au bureau, je pouvais y rester accrocher des heures. J’en ressortais étourdie, courbaturée et déprimée. N’y avait-il pas d’alternative? C’en était rendu déplaisant à la longue. Chaque fois que je prévoyais écrire, j’appréhendais déjà la fin… Au revoir le plaisir d’écrire!

Il faut réaliser que nous sommes assis, parfois sur un bureau à une chaise ergonomique ou même évêché sur le tapis de verdure ou un canapé plus ou moins confortable ( ou peut-être trop). Demeurer dans cette position pendant une journée complète? Non merci! Chaque heure, il est conseillé de se lever, marcher voire même s’étirer. Votre corps saluera votre initiative. Le cou, le dos, les mains sont des endroits vulnérables à prendre soin. Vous n’y pensez jamais? Mettez-vous une alarme! Sortez de la pièce, faites du yoga, prenez votre vélo ou marchez dehors.  Votre cerveau bouillonne, laisse le refroidir un peu.

Il faut comprendre que même si je me lève et je marche, je continue de réfléchir sur mon histoire. Elle ne me quitte pas aussi aisément. Parfois, une solution sur laquelle je bûchais depuis des heures m’apparait. Vous conviendrez que du  côté santé les arguments sont logiques. Du côté productivité c’est indéniable! Mais j’ai ce besoin de plus en plus important de mettre l’interrupteur à off. Totalement. Déconnecter. Faire autre chose. Ne pas juste prendre une pause. Faire et réussir autre chose. Avoir d’autres passe-temps, d’autres passions. J’ai besoin par exemple d’écouter la télévision, jouer avec mon chat, sortir et prendre un verre, de me retrouver seule et regarder le Fleuve devant chez nous, entendre les oiseaux, m’enthousiasmer de tout et de rien, être en nature,  vivre… Attendre entre deux romans. Briser totalement ma chaîne de production. J’en ai besoin pour continuer d’aimer me retrouver devant mon ordinateur, aimer griffonner, créer, penser, structurer et corriger…

En conclusion, Bernard Werber vous dirait qu’un auteur ne peut rester dans sa tour d’ivoire. Autrement dit: Sortez et vivez!

Quoi de neuf, Doc?

En quelque semaine, le paysage a changé. Ces arbres endormis sans éclat et sans vie sont devenus feuillus et éclatants! L’été! Enfin, l’été! Des rayons de soleil qui réchauffe la couenne et les piaillements des oiseaux. J’ouvre mes fenêtres et l’air du Fleuve st-Laurent est un délice pour mes narines. Je me sens me réveiller aussi comme un vieil ours qui hibernait. C’est long et endolori ces premiers mouvements!

Je ne suis pas très présente sur les réseaux sociaux… Ni même sur ce blogue que j’avais juré de ne jamais laisser à l’abandon. Je ne peux dire que je n’ai pas eu le temps. Je ne crois pas à cette excuse. Disons que ma concentration a été retenue ailleurs. J’ai eu un nouveau poste. Je suis au niveau des achats maintenant. Je me sens enfin  à ma place.  Mes collègues sont vraiment de bonnes personnes. J’ai dû prendre le temps qui m’était offert pour me stabiliser. Maintenant que c’est fait, je retourne à ma véritable passion : l’écriture.

Malgré que je ne donne pas signe de vie, il y a beaucoup de choses qui ont progressé côté écriture. Un beau roman à venir avec une ME. Ma coauteure et moi attendons encore des nouvelles de notre 2e vague de correction. Ouf! C’était une expérience colorée! Ma nouvelle qui va sortir en automne 2018 est entre les mains de mon bêta-lecteur. Cet été je vais le passer avec ma correctrice et donner le contrat à ma graphiste pour une troisième association commune. Puis…ce qui me tien vraiment à cœur en ce moment est ce superbe roman. Oui! Oui! Je me suis lancée à un gros roman, complet, de A à Z. Il va prendre un peu de temps à être complété celui-là. Je veux le rendre au meilleur! J’ai l’intention de faire une trilogie. J’y aborde des sujets plutôt sensibles comme la famille éclatée, l’alcoolisme, la quête d’identité et la mort.

J’ai fait cette mini histoire sur mon blogue avec la chanson libérez le trésor de Michel Rivard… Cette histoire est devenue une obsession. Un matin ou peut-être même un soir, j’ai eu un flash de cette adolescente métisse. Je me suis inspirée d’une personnalité publique autochtone que je respecte énormément pour bâtir mon protagoniste. Vais-je dire le nom de cette personnalité publique? Non. Je ne veux pas l’associer à ma prise de position de ce roman. Je voulais un personnage féminin, fort. Pas physiquement, mais mentalement et émotionnellement.  Une fille qui en a dedans et qui ne mâche pas ses mots. J’ai voulu une jeune femme qui prenait position et qui cherchait sa vérité. Je l’ai trouvé!

Le roman fait autour de 400 pages jusqu’à maintenant. Je n’avais jamais eu à négocier avec autant de mots! Mais j’ai dû me lancer ce défi. Après mes nouvelles courtes, j’ai eu l’impression de n’être pas pris au sérieux. Pourtant, dans toutes mes recherches, j’ai compris qu’il fallait humblement que je commence à la première étape : essayez de faire quelque chose avec des mots. J’ai énormément appris. Tellement que ce roman ne semble pas être un obstacle à écrire. En quelques jours j’ai écrit le roman. Là je suis à son peaufinage, ce qui demande un œil averti. Un temps de réflexion. Je ne réussis pas à relire plusieurs chapitres une seule et même journée. Pourquoi? Parce que j’ai besoin d’améliorer pas à pas ces chapitres. J’ai besoin de voir la cohérence. Implanter les manques. Revisiter les émotions que je veux faire vivre. J’ai réalisé qu’un roman, ça prend du temps! J’étais pressée! Maintenant je ne le suis pu.

Ce matin, j’ai pris mon café et je me suis dit : tiens allons se délier les doigts sur le clavier avant de commencer cette séance de correction! Cela m’a permis d’écrire cet article qui au final, n’est pas si intéressant. Mais c’est important. J’ai commandé d’ailleurs le livre un artiste est un athlète comme les autres sur amazon. Il y avait un bon moment que je n’avais pas lu sur l’écriture! Ce livre sera sûrement dans ma section guide pour écrivain. Cette section aussi est à l’abandon…

Important de se délier les doigts, de prendre le temps d’écrire, de s’exercice, faire des activités d’écriture autre que notre roman. Comme le marathonien qui a besoin d’aller au Gym, de courir selon des intensités différentes et qui a besoin de voir à sa santé et se réchauffer… L’écriture vient nous chercher sous différent sens et niveau. Position, concentration, émotion, physique, spiritualité, etc. Tous ces volets sont importants à réchauffer et entrainer.

Si je n’avais pas cherché à écrire une mini histoire sur mon blogue, je n’aurais pas découvert cette femme forte que je décris plus haut. En ne faisant pas mes exercices, je me prive de futur monde, personnage, histoire. Et même si je n’aurais pu rien en tirer et que cela aurait fini en cliquant mettre à jour sur wordpress, j’aurais eu au moins le plaisir de construire ce petit article.

Je regarde le vent faire danser la cime des arbres et je réalise que j’ai toute l’inspiration nécessaire juste sous mes yeux. Je suis à ma place, là ou je dois. Ni plus. Ni moins. En fait, pour aujourd’hui seulement.

Histoires d’un bloc # 13

Le héro

Il y a bien longtemps que je n’ai pas eu d’évènement crunchy avec ce bloc pour votre plus grand regret! Mais essuyez vos larmes mes petits poussins, en voici une qui saura vous plaire!

Un jeudi en apparence bien banale. Toutefois, un ouvrier de la maintenance venait chez moi pendant la journée sans que j’aie de chaperon afin de faire réparer mon ventilateur de salle de bain. Qui je vous souligne fait un bruit monstre depuis un an, soit avant que je ne m’accapare de ce logement fraichement rénové. Je souligne le fraîchement rénové. Après mes avertissements de femme hystérique à propos de son chat et de son côté mordant, ainsi que ces fuites quotidiennes dans le couloir et le fait que son petit bout de nez est souvent dans la porte quand on l’ouvre…. Bref! FAITES ATTENTION À MON CHAT! J’arrive chez moi, épuisée, mais heureuse d’avoir fini ma journée. 16h30. Je monte les escaliers, les pieds en compotte! Je pense à un bain chaud et agréable. Hmmmmm! Bain!

Mais bain il n’y eut pas. En tout cas, pas dans l’immédiat. Je dus attendre deux bonnes heures. Toutefois, laissez-moi vous racontez cette drôle d’aventure. Donc, je montais les escaliers épuisée et lorsque j’arrivais enfin au moment de débarrer ma porte… cette dernière me résistait! J’essayais de nouveau. Sans résultat. Il faut visualiser deux serrures, dont l’une que je n’utilise jamais étant donné que ma clé ( si bien foutue elle est) n’entre pas à l’intérieur de la fente. Et ça depuis mon arrivée dans cette place. Je réessaye et alors je m’avoue qu’en effet, l’ouvrier qui est venu faire des travaux ou peu importe qui a barré cette deuxième serrure.

J’appelle ma concierge. Aucune réponse. Je laisse un message. Je vais cogner chez elle. Aucune réponse. J’appelle au siège social. On me dit d’aller voir sa fille. Qui est la fille de la concierge? Bonne question. Je vais voir dans le bureau de la concierge. Personne. Je rappelle. On me dit de rappeler un autre numéro. Le numéro d’urgence en question ne sait pas quoi faire, elle n’est pas sur place. Je rappelle le siège social, on trouve quelqu’un qui va venir chercher les clés dans le bureau de la concierge. J’attends. J’attends. Je suis rouge de colère et fatiguée! Les clés ne sont finalement pas dans son bureau, mais dans son appartement…

Un bordel quoi!

Je parle avec l’ouvrier pas content du tout. Il avait fini sa journée et il semblerait que ce bloc n’est pas prévu de second pivot pour les urgences. Dommage! L’ouvrier de me répondre: « une chance ce n’était pas une urgence!» À moi de répliquer enfermé deux heures hors de chez soi, n’est-ce pas une urgence? En tout cas pour moi qui dégoulinait à grosse goutte s’en était une.

L’ouvrier propose de faire sauter la serrure ( boum ! ) Mais cela implique qu’il devra revenir demain! Ce que je ne veux pas! Fichez le camp de chez nous!

Brillant, l’homme décide de cogner chez le voisin! Bien sûr le balcon conjoint! Mon voisin, gentil espanophone, à la voix angélique! Je vous jure j’ai un spectacle vocale tous les soirs depuis un an! Il est vraiment doué! L’ouvrier passe le muret de métal, passe par dessus ma cage à chien ( qui est pour mon chat), mes pots de fleurs, ouvre ma porte-fenêtre férocement, passe le méchant dragon ( un chat apeuré) et vient m’ouvrir galamment la porte.

*APPLAUDISSEMENT*

Sérieux, c’était dangereux. Il n’aurait pas dû se risquer à escalader sur le balcon. Ce n’est pas normal que ce bloc n’a pas de plan secours, de personne seconde en cas d’urgence… Je me demande si une plainte vaudra la peine. La concierge m’a rappelé une heure plus tard s’excusant avec une raison qui la regarde. Moi ce qui me perturbe c’est qu’un immeuble avec autant de vie humaine ne peut dépendre d’une seule personne. Ce n’est pas normal! Il doit y avoir un numéro d’urgence nécessairement.

Sinon pour le moment, merci à cet intrépide héros!

Cette drôle d’histoire d’amour

Les oiseaux se taisaient d’un seul accord. Le vent fouettait les feuilles et je les entendais se frotter les unes contre les autres bruyamment. Elles dansaient et prenaient tout l’espace autour d’elles. Le spectacle était merveilleux et le soleil timide éclairait à travers l’épais nuage gris. La fraîche emportait avec elle l’odeur de la terre mouillée et de l’herbe. Tout s’agita sous l’ordre de la nature!

Les gouttes d’eau s’écrasaient sur les meubles, le métal et toutes surfaces sur leur passage dans un fracas monstre. Une mélodie se créait peu à peu. Un rythme enivrant. Les voitures créent des vagues lointaines qui éclaboussaient les passants infortunés. Les voix s’éloignaient tranquillement et se terminaient comme un faible murmure rapidement oublié. La pluie tombait en un mur opaque et mes yeux rivés vers la manoeuvre de la nature, j’étais stupéfaite. La cime des arbres se contorsionnait de droite à gauche. Les petits cristaux translucides qui faisaient un écho synchronisé m’interpellaient et me rendaient sereine. Je restais devant la fenêtre, dehors se déchaînaient les éléments et je réalisais que j’avais toujours aimé la pluie. J’espérais tant à cet instant la sentir tout contre moi…

Les poils s’irisaient sur ma peau quand le vent doucement me caressa. Quelque chose à l’extérieur m’interpellait… Mon corps combattait les rafales de froid en projetant des ondes de chaleur. Mais je ne voulais pas de ce confort, car tout ce qui m’intéressait était de sentir les bourrasques contre moi. J’avais envie de ressentir comme jamais avant j’avais pu le faire! Alors je passai la porte vitrée, obsédée par une seule pensée. Je traversai le perron dur de bois et tournoyais un moment sous la pluie. Je commença par retirer mes chaussures et je laissais mes pieds glissés sur le gazon humide. Une secousse de plaisir me submergea, mais l’air glacial me remit vite les idées en place. Je continuais à avancer pour que tout mon corps soit possédé par la tempête. Je retira mes vêtements tranquillement et les abandonna sur le sol…

La pluie tombait et glisserait sur ma peau qui était désormais vulnérable. Ma tête bourdonnait et je me sentais éclater sous mille éclairs de sentiments. J’avais froid et j’avais peur, mais j’étais surtout excitée et légère comme une plume prête à m’envoler avec ce vent endiablé. Les gouttelettes longeaient la courbe de ma poitrine et comme des doigts agiles d’un amant, je sentais mon coeur bondir et s’emballer sous la caresse. Mon esprit qui combattait alors mon intrépidité avec sa lucidité m’abandonna. Je fermais les yeux me laissant bercer à l’aveuglette par l’amour que me procurait la nature. Mes lèvres humectés et rougis, j’ouvrais la bouche grande laissant l’eau s’accumuler en moi et comme la rose, je me sentis revigorée et satisfaite. J’eus l’impression de disparaitre dans cette tornade de sensation, de n’être plus convaincu de rien et de désirer qu’une chose c’est de m’y abandonner corps et âme. Je respirais le parfum des lilas qu’emportait la nature. Je me laissais porter dans le torrent de sensations acceptant ce cadeau qui me comblait à chaque seconde.

Je ne pouvais évaluer le temps que je passa sous la tempête, mais lorsqu’elle cessa sans avertir, je me retrouvais étourdie au centre de ma cour le souffle coupé. Je tremblais comme ces feuilles plus tôt au vent. J’avais froid, mais je bouillonnais à l’intérieur comme le magma d’un volcan. Une grande lassitude m’avait désormais gagné. J’ouvris les yeux et le soleil brillait de nouveau. Les oiseaux absents revinrent chantonner ignorant de ce qui venait de se passer. J’eus l’impression d’avoir rêvé ce que j’avais ressentis. j’essyais de me faire à croire que ce n’était que les hallucinations d’un cerveau malade, mais il n’en était rien. Je crois que j’avais toujours voulu entamer une danse sous la pluie, me risquer à m’y abandonner, mais je réalisais que maintenant à quel point la nature me possédait. Que la pluie me charmait et qu’au plus profond de moi, l’érotisme sommeillait et que sans elle, il n’aurait jamais éclot. L’inquiétude se lit alors sur mon visage, je craignais la prochaine averse…

Et si je ne t’avais pas eu à mes côtés, qui aurait compris ma douleur?
Lettre par lettre, me mettre à nue devant toi
M’exprimer et pleurer sur le blanc si rassurant de tes pages
Coucher les mots qui font mal
Silencieusement, crier ma haine
Tendrement, être consolé
Car entre toi et moi, il n’y a pas de bémol
Il n’y a pas de non-dits
Il existe que cette histoire que j’écris et celle
que tu lis avec attention.

Pour ces jours où la foi nous abandonne, pour ces nuits où la tête réfléchit trop, pour ses cœurs qui tremblent quand plus rien ne va…L’écriture nous sauve.

La furie Nocturne

Le calvaire. Depuis qu’il est bébé ce chat me fait tourner en rond. Au début comme tous disait et que j’ai cru, c’est un chaton il va finir par se calmer. Plus les semaines avançaient plus le minet ne changeait pas. Alors j’ai épluché Internet et les sites d’expert en comportement félin pour trouver une explication. Il le fallait, ma santé mentale en dépendait!

Problème

Venez que je vous explique! Mon chat grimpe, saute et court comme tous chats en parfaite santé, mais il mange aussi tout ce qui traîne. Qu’il s’agit de fils, de meubles, de livres, de nourriture, de plastique, de soulier, grimper sur la télévision à écran plat, manteaux et linges, des draps( mes belles couvertures sont fichus). Tous, mais tout y a passer ( R.I.P lumières de noël). Non seulement ça, mais il saute sur mes meubles et redescends en faisant un vacarme monstre…toute la nuit! Au début, c’était cute. Regarde-le il mâchole ce bidule! Awww! Il est tout mignon quand il grimpe! Après quelques nuits, j’étais vraiment rendue intolérante ( et mes voisins aussi). Et je me suis dit: est-ce qu’Avoir un chat c’est automatiquement plus avoir de biens en bon état?

Les solutions sont venus au fur et à mesure. La plupart n’on pas marché…

Solution # 1: Repousse griffe

J’étais remplis d’excitation! Je tenais entre mes mains le push-push légendaire des magasins. J’ai acheté le high-tech afin d’éloigner mon chaton des meubles. Cela gommait un peu les meubles, mais j’étais persuadée que l’odeur légèrement citronné allait dissuader mon chat. Au final, il plissait les yeux, mais les meubles n’ont pas été épargnés…

Solution # 2: Cacher tout ce qui traine

Bon d’accord! J’ai une maison plus rangée, faut l’avouer. Mais j’ai dû mettre ma commode à linge dans le garde-robe pour qu’il cesse de grimper dessus et mange les coins. Ce n’est pas très commode.

Solution # 3: Faire des pièges

J’avais entendu dire que certain aliment pourrait repousser les chats. Alors j’ai commencé à mettre des tranches de citrons et de lime un peu partout. Cela demandait par contre de les changer au deux jours vu que le citron s’assèche. J’ai essayé la sauce spiracha, mais ce n’est pas très esthétique et ça finit par puer… J’ai bourré mon meuble de feuille d’aluminium parce que j’avais entendu dire que le son les effrayait. Cela a marcher pour l’arrière de ma télévision pour qu’il ne gruge pas les fils, mais cela à duré un temps. Les caches-fils…chers et mangeables pareil! C’est à peine si je n’avais pas essayer les cinq épices chinoises. Finalement, l’odeur qui repousse le plus mon chat est le Vicks… ça gomme les meubles, mais ça ne les brise pas.

Solution # 4: Le chat s’ennui

Alors là! Il a été gâté. J’avais entendu dire qu’un chat qui mettait le bordel était sûrement parce qu’il n’avait pas suffisamment de jouets/ divertissement. Il faut aussi comprendre qu’un chaton a beaucoup d’énergie et en tant que maître c’est notre devoir de jouer avec. Cependant, après avoir dilapidé mon budget chez Mondou et d’avoir tous les soirs jouer avec Pô, appris quelques trucs sympa…il était toujours aussi turbulent! Toutefois, j’avais commencé plus sérieusement à entrer vers des solutions permanentes. Il pouvait au moins mettre son dévolu plus sur ses jouets que sur mes meubles ou mes mains… Il lui arrive même de sauté pour attraper mes bras vous imaginez? Et il saute haut le petit coquin!

Solution # 5: Chat angoissé

Je suis allée du côté comportemental poser des questions. Mon chat est plus agressif et plus expressif que nature. L’idée de payer un coach quand avec un peu de patience, je pouvais l’amener à changer de comportement me répugnais. J’ai essayé leur capsule fait de lait maternelle pour adoucir le chat avant de dormir avec une bonne pâté. J’ai remarqué que cela changeait. Il dormait plus longtemps et mangeait moins mes choses. J’ai pensé ensuite prendre le diffuseur d’hormone, mais je me suis demandé: Est-ce vraiment la poudre blanche que je lui donne ou n’y a-t-il pas autre chose?

Solution# 6: Affamé et renforcement positif

Malgré le fait que je mets encore un peu de vicks sur les coins de mes meubles j’avais remarqué le calme de mon Pô la furie nocturne après son pâté. Alors je me suis demandée…ne serait-ce pas le signe que mon chat en ayant le ventre tout plein soit plus sage? Je ne voulais non plus en faire un chat obèse. Puis, de site en site, de question en question j’ai compris que mon chat crevait de faim! Mon petit minou agitée courrait et chassait et mangeait tout ce qui bouge parce qu’il n’avait pas suffisamment à manger. Alors la solution a été de lui donner un peu plus a manger avant d’aller dormir ( il avait deux soupers maintenant). Puis, constatant l’acharnement qu’il avait sur moi quand j’entrais du travail il me fallait régler sa distribution de nourriture pendant la journée. J’ai donc commandé un distributeur 5 services pour chat. Depuis! L’agressivité et le mâchouillage diminue!

Cependant, il me reste encore à renforcir le comportement désiré chez mon chat. C’est d’une simplicité d’enfant: Chaque fois qu’il me lèche plutôt que de me mordre, me donne une caresse plutôt que de m’agresser… Hop! Une friandise! Il a encore du travail à faire, il a atteint 1 an aujourd’hui… mais pour l’amour de cette petite bête poilue j’ai bien l’intention de poursuivre notre œuvre de cohabitation.