Pourquoi écrire

Ai-je le goût des mots? Suis-je un poète? Ai-je le talent? Comment me qualifier si ce n’est qu’écrivainE puisque je fais l’acte d’écrire? Pourquoi est-ce que je fais ça? Suis-je bonNE dans autre chose?

Une question qui tombe banalement au bout de la langue; Pourquoi écrire? La simplicité de cette interrogation a elle-seule est d’un ridicule! Peut-être trépignant comme vous l’êtes à l’énoncé de ce sujet, vous me faîtes de grands signes de la main sachant la vérité ultime. Toutefois une multitude de réponses et encore plus de matières à réflexion suivent, n’est-ce pas? Alors descendez votre main évitant ainsi de cacher les autres. Et si vous êtes de ceux qui ne pouvez trouver sur le coup  un résultat, il vous faudra creuser… Et vous constatez que la terre est dure et inhospitalière!

Comprendre pourquoi  nous prenons acte est bien utile. La pertinence d’une telle question ne devrait donc pas être mise en doute. Quoi de mieux que de répondre à cette dernière en la fragmentant. Mais avant… Laissez-moi ouvrir une petite parenthèse:

Pourquoi je vous invites à ce questionnement?

Pourquoi se demander pourquoi?

Pour ma part, l’écriture a été longtemps une chose lointaine, abstraite et immatériel. Je ne publiais pas donc je n’avais aucune raison de prétendre à cette vocation. Plus j’avançais dans l’écriture, je réalisais le bien-être que j’avais : la réalisation de soi, l’expression de soi, guérir, l’art, apprendre, etc. C’était de très bonnes pistes, mais elles s’effilochaient à chacun des contretemps, des frustrations, des échecs que je vivais… Alors j’ai dû réfléchir à la raison primaire, l’ultime vérité qui vit en moi qui fait en sorte que je continuais sur ce chemin. Sans cette vérité qui fait de moi qui je suis et que je fais, ce que je fais l’écriture n’avait pas de sens.

Qu’est-ce que je veux ressentir quand j’écris?

Qu’est-ce que je veux apprendre quand j’écris?

Quelle est la raison qui me pousse à continuer d’écrire/persévérer sur ce chemin?

Comment je me sens quand j’écris?

Qu’est-ce que je veux transmettre à travers mon écriture?

Ces questions je me les suis posé. Je me suis mise en retrait de toute mauvaise vibration et de tout dérangement. J’ai fermé les yeux et j’ai fait défilé la première question. La réponse n’est pas venu naturellement. J’y ai buché un moment… Une fois que ma vérité était trouvé, ce qui faisait de moi l’être la plus heureuse quand elle écrivait, je les ai noté sur un papier, j’ai bricolé un peu et affiché à mon bureau. Ainsi, chaque fois que j’ai un doute, une critique, qu’on se fout carrément de ce que je fais, je relis mes propres mots. Ils sont gravés là, devant mon visage, et témoigne de la puissance qui m’habite quand il s’agit de l’écriture.

Cherchez cette puissance en vous. Prenez le temps, l’espace et l’énergie nécessaire à accomplir cette quête. Puisque désormais, plus rien ne pourra ébranler votre conviction et votre droit à l’écriture.

La fatigue

Une grande lassitude m’a gagné. Évidemment c’est sans surprise vu que j’ai eu une extraction de quatre dents de sagesse et d’avoir été prise pour cible par un virus violent et motonneux (désolé pour l’image). Ces deux éléments  n’ont pas aidé mon baromètre d’énergie, mais cette fatigue accumulée a eu pour conséquence de créer du retard dans mes projets.  Aujourd’hui j’ai mis le point final à une correction hasardeuse de plusieurs semaines. Tout ce que j’avais envie de faire ensuite était de m’écrouler sur mon lit et dormir! Toutefois, je me suis reprise. Je me suis préparé une salade de thon que j’ai mangée devant une série Netflix ennuyante (vu que mon objectif n’était pas de rester planté le reste de la journée devant le téléviseur; j’avais donc besoin d’une émission bouche-trou pendant que je mangeais.) Puis j’ai rempli ma cafetière d’eau et je me suis fait un café noir.

 J’étais désormais assise sur mon divan, sirotant mon breuvage chaud à me questionner sur la fatigue. Comment venir à bout de la fatigue? Comment continuer de travailler quand nos muscles endoloris refusent? Les yeux qui ferment, la mâchoire douloureuse à trop souvent bâiller.  Et notre fameux cerveau prit dans les brumes sans chance de trouver une idée brillante. Notre hamster a fait une crise cardiaque dans sa roue et nous sommes à la dérive, sans son guide.

Les gens parlent souvent de « la bonne fatigue » qui au final me rend perplexe. Je ne vais pas me réjouir à être fatigué, on s’entend là-dessus? Cependant, la subtilité de cette expression raconte plutôt une journée forte occupée, normalement épuisante qui permet au final de se coucher aisément l’heure venue. C’est-à-dire, dormir sans tracas ou sans trop de réflexions nuisibles.

Comment se manifeste alors la fatigue dans l’écriture? Est-ce que l’image d’un écrivain somnolant sur son clavier vous interpelle? En ce qui me concerne, c’est ma grande incapacité à me concentrer. Je ne suis pas crevée, mais plutôt agitée. Je suis incapable de rester sur place et fixer mon attention sur le travail à faire. Malgré mes plans et mon horaire de béton, je suis juste dans l’incapacité de m’asseoir sur ma chaise. Tout sauf ce que je dois faire devient automatiquement plus attrayant. Cette vaisselle qui traine depuis une semaine plus que jamais! Cette litière malodorante, changeons-la maintenant! Ainsi de suite…

Avec l’expérience j’ai compris que j’avais trois sortes de fatigue à repérer afin d’y poser le bon diagnostic. Ma première fatigue, la vraie qui me vient d’un rhume, d’une opération, d’une convalescence quelconque, d’un manque de sommeil, d’un stresse lié à xyz chose est fondé. Je dois m’en occuper dans les plus brefs délais afin d’éviter de creuser plus profond le problème. Comment? En mangeant bien, en dormant, en résolvant les problèmes de ma vie sentimentale, familiale ou professionnelle un à la suite de l’autre et de ce fait, diminuer le stresse. C’est normal d’être fatigué! C’est normal aussi de se reposer et de reprendre du mieux! C’est même plus que normal c’est recommandé! Écoutez-vous un peu!

Ma deuxième fatigue que je nomme : ma fatigue d’exister. Le fait de me lever chaque matin à 5h00, travailler 35 heures semaine, faire toutes mes corvées, l’épicerie, le manger… me fatigue! Je vis, donc je suis crevée. C’est une fatigue mentale et physique qui ne peut être si facilement retirée, mais qui devient rapidement une excuse de juste m’écraser sur le divan et zapper les canaux Netflix. Ma fatigue d’exister revient de moins en moins souvent, car après avoir connu l’effort joyeux bouddhiste j’ai réussi à concentrer mon énergie. En fait, en terme simple sans connotation religieuse, il nous suffit d’accepter les tâches quotidiennes, de lâcher prise, d’abolir nos résistances et d’y voir une gratification plutôt qu’une condamnation. Comme la neige tombant en hivers, nous n’avons aucun contrôle sur la météo. Ma fatigue est réelle et je ne peux la combattre en restant assis. Cela va me prendre plus de temps à finaliser tout ce que j’ai à faire et je vais retarder l’heure de l’écriture, mais j’ai besoin de vivre mon quotidien et de pas juste le zapper. La fatigue après avoir récuré ses toilettes devient alors plus acceptable.

Ma troisième fatigue est insidieuse et intelligente. C’est une petite voix de tricheuse à l’intérieur de ma tête qui essaye de me saboter. Tu mérites bien un repos! Arrête tu es fatiguée! Pourquoi est-ce à toi de faire ça? De toute façon tu es nulle! Tu n’y arriveras jamais! Cette fatigue est une menteuse et m’empêche de réaliser mes rêves. Chaque moment d’hésitation, elle est là pour me faire culpabiliser ou me perdre. Elle remet tout en doute! C’est elle qui me dit que je suis trop fatiguée aujourd’hui pour écrire… Mais c’est elle que je ne dois pas écouter puisque de toute façon, fatiguée ou non, elle ne veut pas travailler. Elle parle à mon côté paresseux et je ne peux lui permettre de gagner plus de terrain. Une fois que je l’ai identifié, je sais alors que j’ai une chose à faire : m’asseoir et écrire.

Reconnaitre ses fatigues demande une auto-analyse de soi. Pour cela, il faut vous écouter et être attentif à vos signaux. Par exemple, il m’arrive souvent que je sois lasse et sans énergie… et souvent c’est justifié vu que je n’ai rien mangé depuis des heures! D’autres fois, je suis enrhumée et je me dois d’arrêter. Encore, ma petite voix tricheuse me murmure des niaiseries et je me dois de me mesurer à elle, m’asseoir et travailler. En général, quelques minutes plus tard, la fausse fatigue s’est estompée et je réalise que j’ai un regain d’énergie important. Des fois, j’ai juste besoin d’un bon café pour tenir à jour mes objectifs… Et même si je vous donnais des centaines d’exemples il est important toutefois d’être à votre écoute afin de reconnaitre si la fatigue qui monte en vous est une bonne ou une sournoise qui essaye de vous saboter.

Je n’ai pas le temps d’écrire

Encore une fois je vous parle de moi…de ce qui m’empêche de progresser dans mon écriture et je vous transmets ce que j’ai trouvé comme solution. Il faut se l’avouer, je suis dure en matière d’écriture parce que je ne considère, pour moi, que ce n’est pas juste un passe-temps, mais une raison qui fait que j’aime ma vie. Mon temps est précieux et j’aime l’utiliser de la bonne façon pour des choses qui comptent!

Au début, je m’engageais dans mes projets avec une très grande facilité puis la vie, les études, les copains et tout le reste ont fini par me bloquer. Je n’avais pu le temps. J’ai dû réaliser l’importance que j’accordai à l’écriture dans ma vie. Comme dit plus haut, il fait partie de mon bonheur. Il est une quête sans fin, mais oh ! Combien palpitante! Je n’avais pas le temps parce que je n’accordais pas à l’écriture du temps. Je faisais tout passer avant. C’est très facile de choisir un ami et un café plutôt que la solitude et le travail. N’est-ce pas? On l’a tous fait. Je le fais encore par moment…

Quelle est l’importance dans ma vie? Pour moi, c’est vital. C’est une expression, oui. C’est une passion, oui. C’est une délivrance, oui. C’est un métier, oui. Pour vous, quelle est son importance? Si l’écriture vous la ressentez comme je la ressens, il faudra vous attacher pour la suite. Il faudrait mettre de côté certaines choses. Des sacrifices… Moi j’appellerais plutôt cela de la réorganisation d’horaire. Ça fait beaucoup moins peur.

Pour ne pas en avoir trop à digérer au même moment, j’ai découpé les différentes étapes d’un roman. Par exemple, pour l’idée initiale, je prends de grandes marches. Ma recherche et mon plan je me le fixe pour une à deux semaines, ensuite, le premier jet, la première correction, la deuxième écriture, etc. Moi comment j’écris mon roman? Quelle étape son essentiel et combien de temps chacune d’elle me prend pour être productive, confortable et surtout continuer de m’amuser.

Il y a de longs moments ou je n’écris pas. Après les premiers jets par exemple, parce qu’il est nécessaire de laisser le texte se reposer avant de commencer la correction. Il est important que mon cerveau se calme. Il faut intégrer les pauses dans votre processus d’écriture c’est très important. Imaginez Céline Dion si elle chantait tous les jours, 24h sur 24h… On s’entend que sa voix ne serait pas pareille…

Il est important de savoir à quelle étape vous êtes rendus dans votre histoire. Certains préfèrent laisser l’inspiration…oui, d’accord! Mais l’inspiration aura besoin d’être corrigée pareil, on est d’accord?

Le plan on y résiste, mais si vous voulez comprendre davantage le métier, la tâche d’écrire… Le plan vous permet de visualiser vos failles. Et oublions l’idée que le plan nous empêche d’être créatifs. Je ne crois pas que Jules Verne s’est laissé écrire à la dérive et a pondu un chef-d’œuvre sans plan…

Alors si nous avons un plan et nous le respectons, pourquoi n’avons-nous pas le temps d’écrire? As-tu un plan et le respectes-tu alors je te demanderais? Si tu réponds non à l’une de ces deux questions…eh bien…voilà!

Un coach d’écriture suggérait un peu tous les jours et il n’a pas tort. Bonne journée et mauvaise journée quand même à l’ouvrage. L’épuisement, la fatigue, la colère sont de bons sentiments dans l’écriture! Une scène ne serait pas pareille si nous étions en amour ou en peine d’amour, n’est-ce pas? Vous êtes votre propre inspiration. Votre propre humeur. Découvrez-le et utilisez-le.

Je n’ai pas le temps n’existe pas. Je suis sois en pause soit en recherche d’idée et j’ai un délai. Il y a évidemment des imprévus dans la vie et je ne vous suggère pas d’écrire en pleine opération de cœur ouvert (quoique ça serait plutôt intéressant d’y lire vos pensées pendant ce temps… ).

Encore une fois, le temps que vous programmerez à votre écriture dépend de l’importance que vous y accordez. Moi c’est mon métier, mais vous pourquoi vous écrivez? Son temps accordé est-il proportionnel à votre objectif?

Pourtant, il faut vivre

Je recommençais il y a quelques semaines un nouveau poste. Encore un apprentissage, un compte à rebours remit à zéro, refaire ses preuves, connaître de nouvelles personnes, je débute à la ligne du débutant… Le drapeau brandi m’indique l’heure du départ et je dois m’élancer sans attendre. Encore une fois en état de survie, mais ne serait-ce pas ça au final, l’histoire de ma vie?

Savoir se poser, véritablement, demande du courage. Je ne suis peut-être pas née avec cette capacité…vous non plus d’ailleurs, n’est-ce pas? Toujours déstabiliser quoiqu’il nous arrive. L’état d’urgence en permanence, l’argent, le ménage, l’épicerie, cuisiner, bouffer, ne pas se coucher tard, recommencer le lendemain. Une roue éternelle. Est-ce ça la vie? Est-ce ça que les humains en évoluant ont sincèrement désiré? Ou ne serait-ce pas la grosse maison, la grosse bagnole et les kids? Les champs ou la ville? La maison ou la cohabitation? Le chien ou le chat? Le beau ou le gentil? Je ne sais pas. En fait, je ne sais plus ce que je veux, mais ce que je peux vous garantir c’est que survivre ne m’intéresse plus.

« Je recommence encore.»

« Tu fais des choix qui sont bons pour toi.»

« Mais je ne sens pas que j’avance…»

« Nouveau poste, nouvel appart’ et maintenant tu vends ton auto pour vivre plus sainement et tu penses encore que tu n’as pas avancé?»

« J’ai peur.»

« Tant mieux.»

Avant je ne savais pas que je pouvais perdre plus précieux que tout le matériel qui m’attachait à mon malheur. Avant je ne savais pas ce que ça voulait dire s’éveiller au monde. Avant je ne savais pas ce qu’il fallait faire pour être heureuse. J’ai fait des choix durs. Des choix qui me font encore peur. Pas de voiture? Mais je vais faire quoi moi sans voiture? Comment aller ici et là? J’avais oublié mes jambes, mon corps et cette immense capacité de se déplacer par soi-même. J’ai oublié de regarder le paysage qui m’entoure. J’ai oublié que je pouvais me poser près du Fleuve. Oublier de respirer le printemps et sentir le vent sur mon visage. J’ai oublié de vivre… Nous avons en nous cette puissance immense du combat certes, mais de la résignation.  Pourtant, il faut arriver à vivre et ne plus être en état de survie. Il faut ralentir la cadence, se poser des questions et y répondre au risque de se tromper et d’arriver, un peu plus tardivement, à la vérité…

Comment je veux vivre? Qu’est-ce qui  me rend heureuse? Qu’est-ce que je dois faire aujourd’hui pour me choisir, moi? Est-ce que cette personne se préoccupe vraiment de mon bonheur ou veut-elle simplement quelqu’un à qui se comparer? Qu’est-ce qui est important pour moi aujourd’hui?

Selon les bouddhistes, il y a deux façons d’aller vers le nirvana : par la souffrance ou par la joie. Et, il y a trop longtemps que je prenais l’option un quand j’aurais pu choisir le deuxième.

Alors l’idée que je suis en train de tout recommencer est fausse. Je suis dans le continuum de ma guérison. Je suis sur le chemin du rétablissement physique, psychologique et émotionnel. Ces trois axes dans ma vie qui sont difficile doivent avancer cote à cote sans préférence sans quoi la solution sera incomplète. Et les demi-mesures ne m’ont jamais rien apporté, je dois m’y investir totalement. Il y a certaines personnes, peut-être vous vous y reconnaitrez, doivent passer par mille chemins avant de trouver le bon ou du moins, le mieux pour le moment. Je suis de ces gens-là qui continuent d’essayer malgré les blessures. Je suis de celles qui espèrent et qui croient au bonheur. Si le bonheur était une secte, je serais adepte. Malgré mes feintes, malgré mes détours, malgré mes hésitations, je crois au plus profond de moi que j’ai le droit d’être heureuse. Et je poursuis ma quête. Pas que je ne peux abandonner et que je dois restée forte, mais bien parce que je me sens fragile et que l’abandon et moi on se connait bien. Et à force de connaitre mon ennemi, je serais en mesure de le vaincre.

Peu importe vos enfances, vos tristesses, vos échecs… Il n’est pas question de tourner la page ou d’oublier ou même pardonner… Mais de vous aimer. La véritable guérison, la véritable solution, la vérité du monde elle est là… aime-toi. Il n’est pas nécessaire de traverser le désert pour avoir soif. Alors, comprends qu’il n’est pas nécessaire d’acheter, de te faire accepter ou de faire des choses pour l’autre pour être aimé. L’amour est en toi déjà. Elle est là, l’unique vérité et le bonheur sa conséquence.

Les rencontres grâce à l’écriture

Depuis un moment, je vis des déceptions côté écriture, Depuis plusieurs semaines je me bats contre moi-même pour avoir de l’énergie que je ne trouve nulle part. Je me sens nulle dans tout. Nulle comme amie, nulle comme soeur, nulle comme écrivaine… ( Désolé de la surutilisation du mot nullité, mais ça l’a le principe d’être clair) Hier soir, au retour du travail, en entrant dans la zone wifi de mon appartement l’alarme de notification s’enclenche. Je reçois un message d’une amie auteure. Elle me disait qu’elle avait lu quelques articles de mon blogue et m’encourageait de poursuivre mon rêve malgré la peur. J’étais surprise. J’étais dans un mood qui fait en sorte que je ne veux même pas me fréquenter moi-même. J’ai réalisé alors qu’il en fallait parfois peu pour nous aider à continuer de grimper l’immense montagne de nos objectifs. Un mot, un compliment, une tape dans le dos… Brisé le cercle de la solitude qui accompagne souvent cette passion.

Je m’isole quand je me sens sans intérêt. Pourquoi mes amis(es) voudraient me voir de toute façon, je ne suis qu’une personne négative?!  Mais il faut s’extraire de cette impression et je luttais jour après jour pour m’en sortir. Et hier… Cette amie m’a donné le petit coup de pouce qu’il me manquait. Il suffisait d’un message à l’improviste pour me rendre le sourire. Alors j’ai décidé que cet article porterait un peu plus d’espoir en vous parlant des rencontres possibles grâce à l’écriture.

J’ai commencé à écrire très jeune et j’avais le droit aux moqueries des amis (es) de l’époque. C’était étrange une enfant qui aimait lire et écrire…  Alors je me cachais, mais au secondaire, mon droit à faire ce qui me plait est devenu très fort. Ma gang et moi avions décidé de partir un journal. Modeste certe, mais qui occupait nos journées. J’aimais écrire et cette passion envahissait toutes mes pensées. Une année, J’ai participé à un concours  que je n’ai pas gagné, mais ça ce n’est pas le plus important. Mon professeur de français qui me guidait était d’une douceur et d’une générosité. Je me souviens de son nom aujourd’hui et de ses encouragements. À la dernière année, dans le cadre d’un cours de français, on nous a demandé ce que nous aimerions être plus tard et de faire un exposé sur cette carrière. Je n’avais pas d’autre rêve que celui d’être écrivaine. Alors j’ai envoyé des messages à deux auteurs : Louise Gauthier et Mario Francis. Ils m’ont invités chez eux et dans un café. J’ai conservé leur lettre et je les ouvres encore maintenant quand je me sens essoufflée.

Au cégep, je continuais d’écrire, mais j’avais perdu mon chemin. J’avais perdu espoir d’un jour être capable de me considérer comme une vraie écrivaine. J’ai été dans des stages, j’ai été sur des blogues d’auteur, j’ai fait des exercices et j’ai rencontré Jean Barbe dans une activité. Une journée épuisante et essentiel à mon développement d’auteure. Arriver à l’université, j’ai accélérer le pas. Je me devais de faire un livre. Quel a été l’élément déclencheur? Je ne souviens plus trop, cependant sur mon chemin Anaël Verdier est arrivé. Un français dont je reçois tous les courriels chaque dimanche. À travers ses mots, j’ai reconnu ma vulnérabilité et l’inconfort que je vivais. Grâce à lui, je me suis prise en main, établie ma discipline, accepté de perdre et de gagner. J’ai aussi rencontré une amie auteure dans une de ses conférences. Une correspondante et une amie pour échanger sur l’écriture. Tranquillement, je me suis fait à l’idée que j’étais douée alors j’ai poussé plus loin. J’ai fait deux nouvelles (Acheri en décembre 2016 et le bateau fantôme en octobre 2017). J’ai ouvert un groupe d’écrivain amateur avec une amie aussi passionnée d’écriture. J’ai rencontré des jeunes hyper sympa et talentueux. J’ai aimé cette année auprès d’eux à tenter d’expliquer ma vision de l’écriture. J’espère les voir progresser sincèrement tous autant qu’ils sont dans le domaine du livre ou autre. Et j’ai eu la chance de connaître une auteure de genre lesbien. Nous avons beaucoup échangé et nous sommes désormais collaboratrice.

Je continue d’apprendre, mais les relations sont importantes. L’écriture, la solitude, la discipline, oui certainement, ce sont des éléments essentiels. Toutefois, chaque fois que j’ai dû me compromettre, mettre ma tête à l’extérieur, parler de mon rêve avec des gens qui partageaient la même passion j’ai toujours été accueillis chaleureusement.

Pour terminer, j’aimerais remercier tous ceux qui ont croisé ma route dans cette aventure qu’est l’écriture.

Merci d’avoir été présents et de m’avoir permis de voir en vous la sagesse et l’apprentissage dont j’avais besoin.

Écrire fait peur

Je suis sur la correction d’un texte avec une coauteure. Un beau projet, mais qui demande de mettre son orgueil de côté et accepter les commentaires de la correctrice. Quand on se met en action par contre j’ai réalisé que cette frustration était justifiée. J’ai écrit et cru à tort que j’avais pondu la perfection. C’est rare la perfection. Dans le meilleur des cas, je fais de mon mieux et j’apprends. Cependant, en replongeant dans mon histoire j’ai ramené à la surface la peur.  Une peur qui explique pourquoi depuis plusieurs semaines je bouffe à m’en donner mal au ventre, je ne parle à personne et je me sauve en me jetant esprit et corps dans mon nouveau boulot. J’ai réalisé qu’écrire m’effrayait…

La peur du noir à longtemps suivit notre espèce. Il était normal de craindre cet élément qui nous empêchait de voir nos prédateurs. Les ténèbres, encore aujourd’hui, avec l’électricité nos lampadaires et nos cellulaires nous fait frissonner. Une peur sauvage, naturelle et normale. Ma peur qui a émergé de mon travail de correction est plus viscérale. Une peur que je sens m’alourdir tout le corps et qui au lieu de me tétaniser sur place m’encourage à poser des gestes rapidement. Je ne suis plus l’homme de Cro-Magnon qui se terre dans une caverne attendant le levée du soleil. C’est une peur que je dois rencontrer, comprendre et parler. Quelle est-elle?

Dans ma démarche d’écriture, j’ai toujours un doute sur ce que je fais. Je rencontre l’inconfort et je dois l’accepter. Je dois me rappeler ma légitimité, à tous les coups. Et cette peur se nourrit sans aucun doute de tous ces aspects, mais pas seulement. Écrire c’est me rapprocher de mon centre. Écrire c’est me découvrir. Accepter mes peurs de primate et mes peurs de mes traumatismes. Écrire c’est vivre et décrire ces peurs. Écrire c’est parler à ces peurs et les détailler pour en faire un texte unique et honnête.  Je me retrouve devant certaine phrase, certain paragraphe et je tremble. Elle est là, coucher sur la page en encre noire, ma peur qui s’agitait dans mon esprit un instant plus tôt.

Quand j’écris, ce n’est pas uniquement une série d’énumération de sensations et d’actions. Le personnage marche, je marche. Le personnage crie, je crie. Le personnage se fait violer… Enfin vous avez compris! Il y a une étroitesse qui dépasse l’intimité absolue. Ce n’est pas juste le rêve de voir un elfe dans ma réalité, mais de créer cet elfe aussi humain, aussi perceptible, aussi de chair et de souffrance que ma propre vie avec les mêmes dilemmes, les mêmes angoisses, les mêmes rêves…

Écrire me fait peur et c’est ainsi que cela doit être. Je disais inconfort plus tôt c’est exactement cela que je dois vivre. Je dois le sentir pour mieux l’expliquer dans mes histoires. Ne serait-ce pas mieux de parler de pinson et de fleurs des champs? Oui probablement, mais même le pinson et même les fleurs des champs vivent de la peur. La perception de l’écrivain a un devoir de la trouver et de la transmettre dans ses écrits.

Un auteur écrit avec son cœur, son âme, ses tripes et son cul. Il n’y a pas meilleure expression que celle-ci. Si le héros l’emporte toujours, il n’est qu’un gagnant à la loto. Si le méchant gagne jamais il n’est qu’un cliché qui sort tout droit d’une comédie. Dans la vraie vie, tout est plus nuancé. Rien n’est plus ambigu que nos sentiments. Je ne dis pas de se poignarder pour sentir ce que serait être un valeureux chevalier, mais fermez les yeux et prenez le temps de voir l’action dans votre tête, sentir les muscles se contractées, sentir la respiration saccadée, sentir votre esprit bouillonner et votre cœur taper dans votre poitrine prêt à rompre votre cage thoracique. Vous avez peur de ne pas sauver votre terre et vos habitants… Quand vous ouvrirez les yeux, la peur, vous la maitriserez et vous serez en mesure, comme écrivain, d’utiliser ce sentiment dans vos histoires comme l’ultime acte de libération.

Qui sommes-nous quand personne ne regarde

À aucun moment, cet homme à la peau foncée ne remarqua que je le dévisageais depuis dix minutes. Il avait ses écouteurs, trépignait du pied et envoyait son menton dans tous les sens. Je ne le dévisageais pas vraiment. J’étais intriguée. Obsédée même à comprendre pourquoi il se laissait s’exposer bizarrement aussi aisément en public. Moi la honte m’aurait pognée depuis longtemps. Je tapote un doigt discret sur ma cuisse et je regarde nerveusement autour de moi si je n’ai pas dérangé personne. Mais lui, comment faisait-il pour s’offrir cette liberté? S’offrir l’indifférence du regard d’autrui? Peut-être aimait-il ça, gênée, la mamie assise à côté de lui? Peut-être aimait-il ça, déranger? Pour moi, il était un inconfort et pas une gêne. J’aurai voulu être comme lui.

Durant tout le trajet à le fixer impoliment, mes pensées continuaient d’évoluer. Qui étions-nous vraiment sans le regard des autres? L’image clichée d’un chanteur amateur et aux fausses notes sous la douche par exemple. Sans avoir la possibilité d’aller faire un sondage sous les douches de tout le monde… quoique ça serait soit effrayant soit hyper excitant, mais passons… Quand je marche dans mon quartier et que je vois les lumières d’une maison allumées et que par chance aucun rideau n’est tiré, je glisse mon regard sur le quotidien des gens. Pour la plupart, avec déception, ils sont écrasés devant la télévision. J’ai commencé à travailler cinq jours semaine depuis peu et je vous avoue avoir longtemps jugés ceux qui étaient fatigués après le boulot, mais aujourd’hui mon regard est différent. Je suis moi-même crevée et quand mon sofa ouvre grand ses bras… Je ne peux résister.

Je croise des fois des gens qui font une balade. Des couples, main dans la main ou un coureur qui respire très fort. Alors je les juge d’une façon plus positives. On n’y peut rien, personne n’aime les patates de sofa (même ceux qui en sont eux-mêmes).

Il y a ceux qui tranquillos chez eux cuisine un repas qui prend trois heures, ceux qui écoutent des conférenciers à la radio en bidouillant deux trois trucs mécaniques ou électroniques, ceux qui sont sous leurs automobiles le visage rempli de graisse, ceux qui font leur devoir, qui s’en ramène du boulot, ceux qui vont aux restaurent prendre l’apéro… Il y a un tas de gens qui font un tas de choses. Et qui sont tous correct au final. Mais moi… Moi qui suis-je quand personne ne me regarde?

Je cours après mon chat, je fais ma vaisselle, un film ici et là (patate un jour patate toujours), je lis et j’écris. Je m’assis et je regarde à travers la vitre de ma fenêtre. Je rêvasse et j’ai l’impression sans cesse de perdre mon temps. Le temps m’échappe. Le temps coule entre les doigts comme de l’eau. Et j’aimerais le retenir. Me sentir un petit peu utile. Alors je réalise que je pense beaucoup trop à ce que le monde pourrait penser ou à ce que je pense de moi entrain de penser à ce que je suis quand personne ne regarde en doutant précisément qu’un jour cette intimité existe réellement au fond de moi.

Quand je réalise enfin que mon danseur anonyme n’est plus là et que mamie me dévisage à mon tour. Je dois avoir un petit filet de bave sûrement. Trop penser des fois… Alors je réalise que je peux y arriver. Être celle que je garde distraitement à la maison et la mettre sous les projecteurs. Je souris à la mamie d’un autre siècle. Elle se choque. On ne sourit pas à des étrangers. Et bien, moi si. Même seule dans mon salon en fixant le mur blanc. Et vous, quand plus personne ne regarde qui êtes-vous?

La malédiction d’une artiste

C’est difficile. Oui c’est difficile. J’ai une passe en ce moment incertaine. Mon esprit est embrouillé et les solutions n’apparaissent plus aussi limpidement. C’est comme ci je marchais dans une ruelle très étroite et longue. Une brume opaque bloque l’issu de cette ruelle. Je marche, m’éraflant les bras et les jambes sur le mur en brique. Je n’ai pas perdu l’espoir, mais bientôt je le sens au fond de moi une force étrange, malfaisante, qui a envie que je plie l’échine.

Je sais que peu importe ce que vous avez à affronter en ce moment, plusieurs ressentent la même chose que moi. Peut-être que vous vous avez le parfait copain, la maison, l’emploi de rêve ou je ne-sais quoi encore, mais vous ressentez ce doute aussi, au plus profond de vos tripes. À la fois qui engourdie vos sens et à la fois qui vous donne une grande lassitude à l’impulsivité. Avez-vous mis votre main sur votre poitrine à essayer de sentir votre cœur battre? Le mien est desséché et il a besoin d’un voltage.

Je vous dis tout ça parce quand on croit pendant très longtemps à un rêve et que tous les jours c’est un combat de se lever et de le continuer c’est normal après un certain temps d’éprouver cette grande fatigue. J’ai essayé d’émerveiller les gens près de moi. J’ai essayé de leur dire Hey! Regarde ma création! Regarde comme je suis allée au fond de moi! Regarde comme j’existe! Mais non… aucun éveil. Aucune empathie. Aucun intérêt. Le coup de grâce a été mes livres retirés sur tablette. Find! C’est le jeu! Même si je ne crois pas que ce jeu soit équitable.

J’ai quitté facebook. Je réalisais que je perdais des heures voire des journées entières à me comparer, à espérer et à souffrir. J’ai réalisé que même si je lançais dans la mer virtuelle un ballon, il calerait au fond. Au final pour comprendre que je perdais mon temps et j’avais cessé de rêver.

Une amie est venue dernièrement chez moi et même si j’en parle ici, elle ne me lit pas de toute façon. Ce n’est pas son genre de lecture. Surtout je ne veux pas que ce soit interprété comme une vengeance personnelle. Jamais mes écrits ne me vengeraient … Cependant une chose que l’art fait c’est de dénoncer! Alors je dénonce mes sentiments ou plutôt j’ose les rendre visibles comme un drapeau blanc, une chance d’avoir une ultime bouée. Donc, cette amie qui est venue à la maison. Elle a passé toute la soirée à me parler de son nouvel amoureux. Je l’ai écouté attentivement. Je lui ai donné tout l’espace. Le bonheur quelle merveilleuse chose a partagée. Elle inonde tout le monde autour de nous. Oui, inonde. Son bonheur me noyait. J’ai parlé que je n’allais pas très bien. J’ai osé dire que les gens… les gens ne m’apportaient plus aucun réconfort. Elle m’a demandé alors si je voulais rester amie avec elle. Je ne savais pas quoi répondre. Sur le coup, non je ne voulais plus être son amie. Elle ne venait que pour m’annoncer ce qui se passait de beau et bon dans sa vie. Moi j’ai toujours été une amie qui venait quand ça n’allait pas. Eh oui, je suis comme ça. J’aime voir la souffrance chez l’autre parce que je réalise que c’est le seul moment d’honnêteté. La souffrance c’est beau quand elle nous permet de grandir. Alors je lui ai dit que j’étais perdu, je lui ai dit que pour moi l’écriture était ma vie… oui…je ne sais pas ce que je ferais d’autre sinon! Et… il me semble que j’ai un certain talent! Alors nous avons continué de parler d’elle et de son bonheur. Et j’ai, de plus en plus, de la misère à croire en l’autre. J’ai de la misère à faire confiance, car chaque fois que mes émotions étaient sur la table on l’y a planté un couteau pour l’engloutir tout entier, comme mon ballon dans la mer, je glisse dans les abymes et disparais à jamais.

Comment on survit au manque d’intérêt de votre famille et de vos amis? Comment on arrive à s’enthousiasmer devant les projets des autres quand ils n’ont jamais osé porter un regard sur vous? Comme puis-je aider mes parents dans leur rêve quand ils sont incapables de venir chez moi, s’asseoir et me dire Hey fille comment tu fais ça écrire un livre?

Il y a peu de chance que quelqu’un lit cet article, mais les mots sont devenus ma seule expression. Je suis incapable d’aller vers quelqu’un et exiger qu’on m’écoute. Je suis incapable de couper une conversation et dire ça suffit on parle de moi maintenant! Je bloque. Je paralyse. Parce que je ne sais plus comment on fait parler de soi-même à quelqu’un qui s’en fiche. Je suis incapable de ça parce qu’à la base vous êtes tous plus merveilleux que moi.

Même connecter avec des artistes c’est difficile. S’ils sont le moindrement comme moi, ils n’oseront pas parler. Ils préfèreront créer en solitaire. Ainsi une vitre sera créée entre leur émotion et les autres. Entre nous qui aurait pu se comprendre. Nous devons les protéger nos émotions, ils sont le moteur de notre création, mais au final notre talon d’achille. Comment ne pas prendre difficilement quelqu’un qui regarde votre table de vente et s’écrit ARK! Comment? Parce que je connais quelqu’un à qui c’est arriver et à par en rire et trouver stupide cette humaine, je ne sais pas quoi dire pour consoler cet ami qui au final à juste essayer d’exister dans ce monde.

J’ai accroché, il y a longtemps, un dessin dont j’étais fière sur le réfrigérateur familial et ce même dessin je le retrouvais dans le recyclage peu de temps après. Aujourd’hui je vis jour après jour cette même scène auprès de gens qui prétendument m’aiment.

Cette poisse! Cette malédiction que les artistes ressentent. Ce grand vide intérieur qu’ils essayent de remplir par le jeu de rôle, par les fraternités, par le dessin ou une histoire qui parle d’espoir ne nous quitte pas. Jamais. Chaque nouvelle création est une arme contre la morosité et le dessèchement émotif. La solitude dans laquelle nous devons plonger pour créer elle doit être temporaire. Mais je réalise que même quand j’émerge de mon monde, il n’y a toujours personne autour de moi. Le plus terrifiant est que si on regarde les contes où malédictions s’arriment, il est rare de voir nos héros s’en sortir seuls. À la seconde où il décide d’être en solo, il échoue.

Graphiste et écrivain: Comment bien travailler ensemble?

Présentation de ma graphiste MarieB

             Nul n’est sans savoir que l’autoédition on doit s’occuper de tout. Comment on fait exactement si dans l’un des domaines qui entourent la création du livre on n’est pas doué? Dans mon cas, tout ce qui est conception visuelle du livre j’avais énormément d’appréhension. Qui choisir? Combien ça coûte? Comment transmettre nos idées? C’est un avantage contrairement à la maison d’édition de pouvoir être libre de décider ce que je voulais comme page couverture pour mon livre. Mais cela peut être à double tranchant cette liberté. Dans un prochain article, je vais mieux détailler mon raisonnement, mes choix, le pourquoi du comment… mais pour l’instant j’ai voulu mettre sous les feux des projecteurs ma collaboratrice.

À deux occasions, j’ai eu la chance de travailler avec Marie-Ève B. Elle est proactive, talentueuse et sans conteste passionnée par ce qu’elle fait. La page couverture est d’une si grande importance pour que le livre intéresse les lecteurs tellement que la pression peut être plus grande à cette étape (la vente) pour la graphiste que l’écrivain-e. Ça passe ou ça casse. L’écrivain et le graphiste ont-ils réussi à bien collaborer ensemble pour représenter adéquatement, le livre, l’histoire, la vision et leurs pensées?

Ainsi je me suis permise de poser quelques questions à ma graphiste pour avoir son point de vue. 

Pour commencer, commençons par introduire le commencement:

Quel est ton parcours?

J’ai d’abord suivi une formation en graphisme au Cégep Marie-Victorin. Suite à cela, j’ai choisi de me lancer dans une aventure pour suivre un rêve: celui de réaliser des films d’animation. J’ai donc été étudier à Matane l’animation 3D. Au courant de ce DÉC, je me suis aperçue que je préférais élaborer des histoires, développer des concepts et surtout dessiner. Bien que que j’aie développé une aisance avec l’animation en tant que telle, le monde de la 3D me semblait contraint par le côté technique. (Ce qui me faisait un peu trop souvent rager contre les logiciels!) Je me sentais un peu restreinte par le côté technique de la 3D; d’un point de vue personnel, il me manquait une certaine liberté artistique que je retrouvais plus dans les logiciels de dessin.

Qu’est-ce qui/quoi te fait choisir cette vocation?

 

Ma passion pour les histoires, les images et leur puissance pour faire vivre des émotions et communiquer un message. J’ai tant souvent eu l’envie de lire un bouquin que par l’attrait de la couverture de page!

Tes objectifs de faire cet article?

Donnez un aperçu des coulisses de la production de projet graphique, dans ce cadre-ci, d’illustrer un livre. Faire part des leçons que j’ai apprises en partageant mon expérience pour épargner des erreurs à d’autres.

Les qualités qu’une graphiste doit avoir avec un écrivain?

Un intérêt réel pour le projet afin de s’y vouer entièrement et de lui apporter un concept unique qui saura représenter l’essence même du récit.

La ponctualité est un indispensable, un signe de respect dans la vie en général à mon avis!

Des qualités qu’un écrivain doit avoir avec un graphiste?

Une clarté dans la définition de ses attentes: avoir carte blanche pour une interprétation personnelle est une chose, mais une ligne directrice permet de cadrer mieux la vision de l’écrivain. Un client qui sait ce qu’il veut sans ambiguïté permet de sauver du temps pour les 2 parties : cela évite malentendus ou oublis et donc épargne des ajustements plus tard. 

Une franchise pour donner des commentaires sur le concept, le look, les croquis et esquisses qui lui sont présentés. On veut un client plus que satisfait, enfin je crois que c’est une valeur importante aux yeux de notre profession.

La prise de contact:

Comment un graphiste reçoit un écrivain? Comment l’attirer?

 

En démontrant une compréhension de la nature du projet, en ayant lu le livre entre autres. Avec un esprit ouvert et créatif: il faut savoir écouter et proposer les idées.

Comment on choisit un projet de couverture de livre? (Les critères à prendre en considération pour embarquer dans le projet)

Le temps, l’argent et les bénéfices divers. En début de carrière, on pourrait être tenté d’accepter tout ce qui passe. La meilleure stratégie consiste à évaluer les gains du projet. Si ce dernier représente une grande consommation de temps et d’efforts, ainsi qu’un budget très limité, mais que les délais sont fort raisonnables et que le projet est une opportunité unique pour beaucoup de visibilité pour obtenir de futurs contrats: cela peut valoir l’investissement.

Il ne faut toutefois pas tomber dans le piège de l’exploitation : « Puisque tu es un junior, tu dois te contenter d’accepter n’importe quel prix. » Au nom de tous les professionnels, on ne doit pas rabaisser la valeur de notre travail.

L’entente réciproque:

Le paiement comment ça se passe ? Es-tu gênée de parler argent?

En début de carrière je dirais que oui, c’est un sujet délicat. (Ce l’est dans la vie en générale, peu importe la profession d’ailleurs, cela dépend des gens.) Toutefois, avec le temps et l’expérience qui s’accumule, je sais mieux évaluer la valeur de mon travail et je peux ainsi mieux assumer et surtout expliquer mon tarif. D’ailleurs, je me sens plus à l’aise de discuter du paiement avec le client en faisant preuve d’une ouverture d’esprit à négocier pour trouver une entente juste.

Les responsabilités et les obligations

Une communication claire. Personne ne veut d’entourloupes : de frais supplémentaires pour une tâche additionnelle ou bien de mauvaises compréhensions sur la nature du projet qui se révèle tout autre. Exemple:

Écrivain: « Je veux une simple pomme. »

Graphiste:  » Voici votre pomme, simple, mais qui se démarque de vos concurrents. »

Écrivain: « Mais je voulais une simple pomme dans un panier avec d’autres fruits. « 

Aucune mention du panier au départ, donc temps supplémentaire.

Mettre au clair ce qui est demandé comment le fais-tu?

Par le biais d’images voyons! (rires) blague à part, en posant plus de questions et en demandant confirmation de la compréhension du sujet à l’aide de croquis rapides.

Comment graphiste et écrivain peuvent bien travailler ensemble:

Cerner les besoins de son client

 

Il est primordial de connaître le public cible, car l’auteur peut avoir ses requêtes et sa vision cependant, en bout de compte, c’est du lecteur qu’il s’agit d’attirer.

Les modifications

Parfois je les sous-estime en matière de temps; il y a toujours des surprises qu’on ne peut prévoir et d’autres auxquelles on n’a tout simplement pas pensé. Quand il s’agit de mon erreur ou de ressources hors de notre contrôle (exemple panne d’électricité, donc délais), je ne charge pas de suppléments.

Dans le contrat, il est mentionné qu’il y a approbation à avoir sur les maquettes avant de passer à l’étape suivante. Il y a un temps alloué aux modifications suite aux commentaires, puis à nouvelle présentation de maquette(s) avec les corrections. Si nous sommes dans les temps prévus au contrat et qu’il y a d’avantages de modifications à apporter, j’effectue un 2ème tour de retouches. Après cela, l’écrivain doit payer des heures supplémentaires.

Je n’aime pas ma couverture! Qu’est-ce que je fais?

Si on en arrive à ce point, il n’y a pas eu suffisamment de suivis. Selon les clauses du contrat signé, il se peut que cela rentre dans la catégorie heures supplémentaires et que le tarif augmente alors. C’est pour éviter ce genre de situations que le graphiste présente ses concepts et ses maquettes avant de passer à la réalisation de la couverture finale et qu’il est primordial que l’écrivain soit transparent dans son opinion.

Concrètement ça demande combien d’énergie, d’analyse, de remue-méninges pour un  X projet?

Tout dépend de la nature du projet, chacun est unique. La plupart du temps, la partie brainstorming et croquis est bien plus longue que la réalisation de la version finale, car tout part d’un concept fort, réfléchi. Dans mon cas, je répartis mon temps plus ou moins comme ceci en général: 40% brainstorming & croquis, 35% esquisses & maquettes, puis 25% le final.

Et après…

Après le contrat qu’est-ce qu’on fait?

De mon côté, je m’informe d’abord des ventes du livre et des commentaires que la couverture reçoit. Je laisse savoir à l’écrivain que je reste à disposition pour l’aider dans la publicité. J’offre toujours un « service après-vente » pour des trucs mineurs, comme par exemple convertir les fichiers en divers formats pour des applications diverses (Instagram, Facebook, PDF. en taille différente que le fichier de livraison, etc.) ou un changement/ajout de texte sur l’affiche commandée avec la couverture de livre.

On reste en contact?

Absolument. À moins que l’expérience fût mauvaise, ce qui ne m’est pas encore arrivé.

On relance s’il y a un nouveau projet?

Si l’écrivain a été parfaitement satisfait du résultat et de l’expérience, je crois qu’il est logique qu’il retourne avec le même illustrateur. Le style graphique peut varier d’un livre l’autre selon le genre littéraire et le groupe d’âge visé, mais je pense qu’il est bien d’associer une certaine signature visuelle de l’artiste à l’écrivain pour le public.

Service après-vente comment ça marche?

Les conditions sont énumérées, voire listées, au début du projet, lors de la signature du contrat. S’il s’agit de petites modifications, je ne charge pas. Au contraire, je souhaite offrir plus au client que ce à quoi il s’attend. Toutefois, je n’irai pas jusqu’à me permettre de passer une journée entière de boulot sans charger un minimum. À ce moment, j’offrirai diverses options et discuterai d’un prix spécial qui conviendrait à l’écrivain.

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Une toupie sur 4 pattes

Un chat c’est un chat. Je pouvais m’imaginer qu’il soit disponible aux caresses quand je le souhaitais. Je pouvais l’imaginer dormir paisiblement contre ma poitrine toutes les nuits. Je pouvais imaginer, mais la réalité était bien différente.

Tous les jours, nous, maman par intérim, suivons pas à pas l’évolution de notre chaton. Les visites chez le vétérinaire sont programmées. On a tout ce qu’il faut : litière, bonne nourriture, jouets en abondance, griffoire, grimpoire et table de cuisine essentielle au bon développement. On est de bonne maman. On a regardé plusieurs dizaines de vidéos sur des enseignements félins et on a positionné un panier différent dans chaque pièce de la maison afin que notre bête s’y sente bien chez elle. Dès les premiers pas, Pô est à l’aise. Il fouine son nez partout, explore, saute, gratte, va dans la litière et c’est un petit chaton très propre. Il mange goulûment, mais n’est pas vorace au point de manger le bol. C’est les plus moments, car il y a l’espoir que notre chaton soit le plus merveilleux de tous les chatons. On apprend sa personnalité et lui, défie doucement la nôtre.

Un chat demeure un animal nocturne. Le mien a bien compris ce principe naturel qui le lit à tous ses ancêtres minou. Il m’appelle littéralement pour le jeu. Pendant des minutes impossibles. Il grimpe dans mon lit, apporte Monsieur Souris. Gling! Gling! Monsieur Souris a envie de jouer. Je cache le jouet. Moi, je ne veux pas jouer. Le chat saute du lit. Dans un bond puissant, mais surtout très bruyant. Il est un chasseur, mais sans discrétion. Il revient quelques secondes plus tard. Monsieur Pieuvre nous a rejoints. Ce jouet est tellement laid que je me demande pourquoi je l’ai acheté. Il a les pattes qui ont un plastique qui craque à l’intérieur et sa tête à de petites clochettes. Le jouet est rose. Il est laid. Mais nous sommes maintenant quatre dans le lit et Pô veut toujours jouer. Je me lève et je collabore. Dix minutes. Vingt minutes… Une heure plus tard, il court encore partout. Il a la bouche grande ouverte et respire bruyamment. C’est le temps de se reposer, il est minuit passé. Eh bien non, Pô pourchasse mes pieds jusque dans mon lit.

On m’a raconté que Pô avait été délaissé parce que la petite fille qui le possédait était devenue allergique. Toutefois, c’est un mensonge. Comme tout chaton, il est excité. Trop excité. Il est même agressif à l’occasion. Il mord beaucoup et saute sur moi. Alors je crois qu’il a été laissé pour cette raison. Mais comme tout matou, il vit la nuit. Il veut jouer et  entre minuit et cinq heures du matin ça arrive qu’il veuille jouer. C’est normal. Mais Pô est un monstre nocturne. Une furie. Il bondit, miaule, à des yeux globuleux et attaque tout ce qui passe sous son nez. Malgré mes essais de jouer avec lui, de lui créer un horaire, de lui donner plusieurs jouets, de l’entraîner, donner de l’herbe à chat… Il est insatiable. Ma vétérinaire m’a dit qu’il va se calmer. Il approche dix mois et je vous jure… que je commence à douter!

Bref, je me croyais excessif jusqu’à tant que ma boule de poils me prouve le contraire!