Histoires d’un bloc # 2

La construction durant la nuit

Si ce n’est pas le chaton qui attaque mon visage la nuit c’est de la construction nocturne qui me réveil! Il n’y a rien de plus agressant que de se réveiller par les cris de Monsieurs des constructions. Avance! Ok! Coule! Tabar***! Ça bien l’air que les rues de Montréal sont bloquées partout et que même la nuit, on doit se faire chi** ! Non. Coulé du béton à minuit ce n’est pas une idée brillante, madame la mairesse.

La table de verre

Un chaton.

Sous une table basse en verre.

Un objet intriguant sur le dessus.

Un seul saut.

Pauvre minou…

Le chat qui haletait

Que tombe la pluie sur nos âmes défraichies et que…non! Pas cette semaine! On a eu notre quota ! C’est le beau temps qui commence! Enfin! Vivement la chaleur et l’été! La crème glacée et les orteils dans la piscine et…c’est quoi ce bruit étrange? On dirait que quelqu’un s’étouffe ?

Pô? Pô qu’est-ce que tu as? Tu as la bouche grande ouverte et tu cilles étrangement. Pô tu viens de déposés ta tête sur le rebord de ton bol d’eau…Tu sembles faible. As-tu chaud Pô?

Non. Ce n’est pas mignon tout de suite un chat qui crève de chaleur. Le pauvre petit ( qui on va se l’avouer est incapable d’arrêter de jouer) est entrain de haleter.

Comment je peux protéger mon tout petit compagnon? Vite! Vite! Internet donne-moi des réponses!

 Alors voilà les conseils que j’ai récupérés que je vous transmets amoureux des créatures à poils.

  1. Trouver un endroit au frais, à l’ombre pour l’animal;
  2. Lui offrir suffisamment d’eau à proximité;
  3. Lui mouiller les pattes, le museau et dessus les oreilles ( pas dedans);
  4. Idéalement un air conditionné ( don super généreux de mon papa= minou très heureux après ça).

L’animal peut être amorphe et roupiller. C’est normal. Le chat aura tendance à se laver beaucoup et c’est aussi très normal, car il sécrète dans sa salive une protection. Il ira souvent à la toilette et c’est pour cette raison que les bols d’eau vous pouvez en mettre plusieurs dans votre maison pour être sur qu’il s’hydrate suffisamment. S’il vomit, consultez un vétérinaire ou une urgence animale rapidement. ( à regarder d’autres signes : les selles, les tremblements, les miaulements excessifs, l’absence d’urine, le chat scilles et/ou  respire avec difficulté/bruyamment )

Clou et thon

J’invitais mon amie pour un souper dans mon nouvel appartement. Salade de thon! Je cherchais dans mes armoires mon ouvre-boîte pis…hum…non je n’en avais pas. Pourquoi je n’ai pas d’ouvre-boite quand j’ai plein de cannes? Au risque de décevoir mon amie, j’ai dû me débrouiller…avec des clous et un marteau. Le seul problème c’est qu’on doit désormais aller à l’hôpital pour prendre notre piqûre contre le Tétanos. .. 😉

Histoires d’un bloc # 1

L’introduction

Voilà ! C’est fait! J’ai emménagé! Il s’agit de ma troisième tentative…La première fois c’était plutôt catastrophique. Jeune étudiante à temps plein, travailleuse sur les temps qui me restaient de disponible… J’avais une mama Italienne qui surveillait mes moindres gestes. Elle cuisinait dans le sous-sol et je ne vous dis pas les odeurs que j’avais! ( non ce n’est pas un souvenir agréable). Elle m’amenait beignets maison et spaghetti. Gentille, mais trop colleuse. Elle s’assurait même que je ne bloque pas ses tuyaux avec mes cheveux…Si je devais résumer : Mon lit était au même endroit que je chiais et que je mangeais (vivement les 1 et demi).

En ce qui concerne mon deuxième appartement (disons plutôt une adoption humanitaire), mon frère m’a hébergé temporairement. C’est-à-dire une temporalité de deux ans ( on aura sûrement l’occasion de s’en reparler). Puis est venu le moment, de déployer mes ailes de nouveau et de partir à l’aventure. Tout s’est passé très vite! Kijiji m’a rapidement aidé à trouver un appartement dans un petit bloc sympathique. En fait, je ne suis pas partie bien loin. Ma rue est perpendiculaire à mon ancien logement ( six minutes de marche). Mon bloc se situe aussi juste à côté de celui de mes grands-parents ( une minute de marche avec le vent dans le visage ou quarante-cinq secondes si je déboule les marches).

Entre crainte, solitude, joie, rire et fierté, vous trouverez au fur et à mesure de vos lectures l’opportunité de me connaitre davantage. Je ne prétends pas à rien ni vous apprendre quoi que ce soit ni vous promettre des certitudes. J’espère juste vous exposer le plus fidèlement mes impressions, mes sensations et mes émotions.

Comment je compte vous raconter ma folle aventure ? Eh bien! Chaque semaine ( bon ça ne va pas bien je suis déjà en retard sur la publication dès la première semaine…) je vais publier un article. Cet article aura des titres (percutants). Vous aurez le choix de tout lire ( et je vais vous aimer beaucoup) ou de lire ce qui vous intéresse selon votre préférence( je vais vous aimer beaucoup quand même aussi). L’article le plus récent sera toujours on the top.

Sur ce, bonne lecture!

 

 

L’écornifleux

Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’un écornifleux, en voici le résumé : Une personne qui est à l’affut de vos moindres mouvements ayant pour objectif de monter un dossier négatif contre vous ou tout simplement par intérêt étrange de savoir qui vous êtes. L’écornifleux apparait toujours dans un coin sombre, prétexte avoir à faire sur le bord de votre clôture tout en espionnant votre cour arrière. Il peut même, par tous les hasards apparaitre devant vous dès que vous mettez le pied à l’extérieur de votre doux logis.

Chose à savoir sur l’écornifleux, nous en avons tous un dans notre quartier. Autant vous faire ami avec il/elle rapidement, car cette personne détient d’importantes informations sur votre secteur ( et sur vous par la même occasion).

Donc, cet écornifleux, mon nouvel appartement ne fait pas exception à la règle. Il est sur  mon étage, de biais à mon logement. Dès les premiers instants où j’ai débuté le grand déménagement, il était là, ouvrant sa porte à mon passage pour vérifier quelque chose. Un monsieur fort sympathique avec un chapeau de cowboys. Une personne d’un certain âge tout sourire et aux blagues qui se veulent drôles ( je les ris quand même hein! Je ne suis pas un monstre).

Maintenant que j’ai repéré la personne qui détient la charge de surveiller les lieux. Il est de mon devoir de me faire ami durant les prochains jours.

 

La folle du logis

Elle aussi est un personnage essentiel au bon déroulement de votre quartier. Folle ou parfois fou du logement ( quoique plutôt rare), c’est une personne qui vous parlera chaque fois qu’elle aura l’occasion de vous croiser. Cette dernière aura des discours incompréhensibles ou des allusions à la vie de tous les jours qui vous feront sourire. Sans folle du logis, la vie est un peu terne. Vous n’entendez personne crier, personne ne vous parle du temps qu’il fait à l’extérieur ou de la grande Tante malade qu’elle doit s’occuper avec dévotion.

J’ai eu la merveilleuse opportunité de la rencontrer dès le premier jour du déménagement. Une femme plutôt grassette, aux yeux ronds et aux regards remplis d’une malicieuse démence. Avant de vous écrire ma première conversation avec cette dame, il faut savoir une chose importante à son sujet : elle n’est pas méchante. Elle semble égarée, prête à vous attaquer, mais elle est malheureusement souvent sur la défensive ou elle parle juste très fort. Ne pas la contredire ni non plus faire sentir votre irritation; n’essayez pas de converser avec elle et trouver le point de rupture ou vous pourrez lui dire bonne journée tout en vous sauvant sans vous retourner. Surtout, n’oubliez pas, ne montrez pas votre peur. Parlez plus fort qu’elle si jamais elle entre dans votre zone de confort. Cela va la repousser.

Donc voici notre échange très prometteur que nous avons eu. J’étais avec mon père et nous faisions l’allée retour dans le lobi pour déposer les boîtes près de l’ascenseur. La dame se présente, regard sévère. Elle est contrariée.

– C’est à vous la voiture là?

– Oui, répondis-je avec un grand sourire.

– Ben! Éteignez-le! Ça entre dans mon appartement.

– Pardon?

– Le moteur entre dans mon appartement. Déplacez votre auto.

– Madame…mon auto est fermée.

– Non il fonctionne.

– Ce que vous voyez qui fonctionne ce sont les clignotants de détresse, mais le moteur n’est pas entrain de rouler. Rien n’entre dans votre appartement.

Elle quitte la scène. Je ne peux déterminer à ce moment si elle est satisfaite de ma réponse ou non. Elle semble toujours contrariée…

Le déménagement

Trois jours. Quatre personnes. Deux automobiles. Un meuble de magané. Les statistiques sont plutôt bonnes! Bravo à l’équipe du tonnerre!

Pis oui, on a mangé de la pizza.

 

L’adoption

 

Quand tu as une sœur, qu’elle colle à ton appartement et que cela devait juste être temporaire, il y a qu’une seule solution envisageable : négocier son prix. Pis mon prix à moi c’était Pô.

Pô est un petit mâle noir et blanc de trois mois. Il a quatre pattes blanches et un museau rose. Il a aussi de belles petites moustaches blanches. C’est un chaton adorable, enjoué et qui a du mordant! J’ai fait deux refuges avant de tomber sur lui chez Nature. Il était tout sage dans sa cage de verre et attendait juste ça me rencontrer. On me l’a mis dans mes bras et il s’est mis à ronronner. C’est à ce moment précis qu’il m’a piégé cette petite bête. Je me sentais spéciale et aimée.

Dans les refuges, j’en ai pris des chats. J’en ai caressé avec des gants, des draps sur moi pour éviter de contaminer d’un à l’autre…ces chats étaient craintifs. On faisait tout pour me dire que ce n’était pas le profil que je cherchais. Je l’aurais pris moi le petit roux à trois pattes totalement espiègle. Mais on m’a dit que c’était un petit monstre et qu’il fallait être prêt à ça. J’étais prête! Mais on m’a dit que ça demandait du temps. J’avais du temps. Mais on m’a dit que les chats, ça n’aimait pas ça être dans nos bras ( 90% à ce qui parait). Alors j’ai compris que les refuges ne voulaient pas que j’adopte. C’est fou hein?

Pis je me suis dit entre un refuge qui récupère des chats abandonnés ou une animalerie qui crée les usines à chat, qu’est-ce qui était le mieux au final? Ben c’est ça! C’est partout pareil.

Chez Nature, on m’a bien accueillit. J’ai pu jouer avec le petit chaton une bonne trentaine de minutes. Non merci madame je ne veux pas voir les autres. Il est bâtard avec son blanc et son noir. Il est « simple », mais ce chat me va bien. Je veux dire, il est à l’aise. Il vient dans mes bras, me mordille sans problème et je le vire sur le dos pis il aime être brassé.

Pô s’appelait Doris avant. Il vient d’une famille avec plusieurs petites sœurs et frères. Ces derniers ont été adoptés. Lui il est resté avec sa famille humaine, mais la petite fille est devenue très allergique. Alors Doris est allé direct chez nature. Encore bébé. Abandonné. Mais Doris quand elle est arrivée, c’était plutôt un il. Oups! Petite erreur. Alors Doris est devenu Boris. Boris a été aimé par le commerce d’animaux. Les employés sont venus lui faire adieu à la caisse quand mon frère me payait le chaton. Parce que c’est ça qu’on fait même si on le nie ; on achète des êtres vivants. Pis Boris je n’aimais pas trop son nom. Ça faisait gros méchant russe. Plusieurs jours après l’adoption, je faisais le ménage dans mes DVD et j’ai vu le film de Kung Fu Panda. Mon film que j’écoute au moins mille fois par année. Un film qui me fait du bien. Un bon film d’animation avec de belles valeurs et de beaux dessins. Alors je me suis souvenue de Pô, le panda fou-fou et gras qui protège la vallée en étant lui. Je venais de trouver le nom de mon petit chaton. Pô, la furie nocturne qui attaque mes narines.  <3

 

La concierge

Quelques mots sur la représentante du propriétaire du bloc. Elle soupire à chaque demande que je fais, incluant une clé de rechange (dont je paye un dépôt).   Prenons l’exemple et expliquons-le d’une autre façon pour vous aider à visualiser mon embêtement. Un chirurgien qui dit à son patient qu’il ne va pas l’opérer aujourd’hui parce qu’il est tanné que les gens malades lui demandent d’être opéré. On pourrait se dire : quel culot! Il ne veut pas opérer ses patients. Ben si tu n’aimes pas opérer, ne devient pas chirurgien. Exactement comme cette concierge. Si tu ne veux pas qu’on te demande, car tu es la référence sur les lieux, ne deviens pas concierge d’un bloc (trois blocs appartement en fait; ça en fait des gens qui pourraient te demander quelque chose ça).

Postscriptum: sérieux! Moi le monde qui sont en service à la clientèle qui n’aime ni les gens, ni se répéter…kossé tu fais là dedans cibole?

L’incroyable système D ( Ikea Remix)

La chose qui m’a le plus marqué est l’incroyable ingéniosité que mon père a su avoir. Il faut savoir que ce dernier a été ouvrier de maintenance de carrière. Donc les déménagements, ce n’est pas quelques choses qui lui faire peur. Ni de bouger, ni suer, ni lever des choses lourdes… Yé hot point barre.

Et le système D veut dire en fait le système débrouillardise! Je vous explique tout de suite pourquoi. Plutôt que de porter une boîte à la fois, il est très brillant d’utiliser un petit chariot. Mais mon père ce n’est pas le genre à faire dans le facile. Il aime patenter  les choses et (venant du réseau de la santé ou les outils, la technologie et l’aide sont déficientes) il a du improviser avec ce qu’il avait sous la main. Soit, une table IKEA et des roues. Vous voyez ou cela mène? Bin quin! Il l’a créé seul son chariot! Pis il marchait bien en plus de ça!

 

L’autodestruction

 

Je ne dors pas beaucoup ces derniers jours. Je suis remplie d’appréhension et de tourments de toutes sortes. Beaucoup sont dus à mes nombreux questionnements sur l’écriture. Ai-je du talent? Serais-je lu un jour? Est-ce que je perds, au final, mon temps? Je réalise cependant que cela n’a jamais concerné les autres ni mon talent. C’est moi. Moi tout simplement le précurseur de mon malheur. L’autodestruction, vous connaissez?

Il arrive un moment, dans notre lancée hyper positive de notre projet d’écriture (ou un autre) de se mettre à douter. Un doute si insidieux que nous nous dotons de protection contre la peur d’échouer sans le savoir. La fatigue, le temps, l’attente de l’inspiration. Mais l’inspiration ne vient pas du ciel, elle s’assoit sur une chaise et doit travailler pousser pas nous-mêmes. La fatigue est un état passager, un blocage qui nous empêche d’utiliser ce ressenti dans notre œuvre. Le temps ? Le temps se trouve toujours, il nous faut seulement le placer dans notre horaire surchargé.

Mais l’autodestruction va bien au-delà de ça! Il nous fait nous asseoir devant la télévision, faire le ménage plutôt que travailler et même tourner notre esprit dans tous les sens, dans le remords, la peur et la paralysie.

L’autodestruction vous empêche d’avancer et vous donne des excuses. Des raisons valables de ne pas être héros dans la propre histoire de votre vie. L’autodestruction se manifeste toujours par la honte, la peur, la culpabilité. Elle est là vous rendant coupable de tout. D’être et de ne pas être. Faire et ne pas faire. Elle vous envoie plusieurs signaux contradictoires en vous disant de vous débrouiller.

Comment se sortir de l’autodestruction? La seule réponse que j’ai réussi à trouver c’est de se lever. Se lever et faire ce que nous sommes censés faire. L’autodestruction n’aime pas que vous atteigniez vos buts. N’aime pas la réussite. N’aime pas votre autonomie et votre libre arbitre. Elle vous piège et vous fait dépendant. Mais vous êtes au-delà de ça quand vous comprenez son jeu.

Il suffit simplement de commencer. Une phrase, un mot…prendre votre énergie et vous extirpez de votre lit, laissé trainer la vaisselle un jour ou deux, ouvrir la porte et courir pour la fuir. Fuir la monotonie. Fuir l’inaction de vivre. Elle qui vous engouffre et vous pollue l’esprit.

Ce matin, levez-vous et soyez. Exister. Créer. Briser le cercle pervers de votre propre autodestruction.

 

Épilogue d’un rêve

Je vais me compromettre sans doute avec les affirmations suivantes, mais bon, quand on fait le choix de devenir écrivain on accepte de fouiller notre âme qu’elle soit noire ou blanche…et suite à une telle expérience le seul choix logique est d’écrire à ce sujet! Les confins de l’Homme dévoilés! C’est d’un plaisir fou! Comme la fois où j’ai vomi dans ma bouche en conduisant. Tout ce que je désirais était de prendre note de la sensation! (sans blague) Ceci est une autre histoire qu’éventuellement, je devrais écrire (peut-être pas finalement).

Je suis allée au Tam-Tam…là ou une foule de gens se ramasse et font le party…un party qui a certaines odeurs parfois douteuses…je suis allée là dans l’espoir d’y rencontrer des gens qui aimeraient bien acheter mon livre. Au final, je n’ai eu qu’une vente et c’est la jeune fille du kiosque à côté de moi qui l’a acheté. J’étais contente. Elle voulait pratiquer son français et elle aime bien l’idée d’un squelette. Pourquoi pas!

Toutefois, je me suis retrouvée devant l’immensité de mon échec. Se vendre. Être reconnue. Être accepté. Légitime.

Être écrivain, je le savais dès ce choix fait que cela ne serait pas facile. Oh! Je le savais! Percer un marché rempli de vautours qui vous prend vos droits en échange d’une tablette à rabais ou un marché dit libre où on vous pirate votre œuvre sans vergogne. Cependant, ce n’est pas ça qui m’attriste ce soir…

Je pense à moi, évidemment, mais à tout ceux et celles qui ont un rêve et personne pour les encourager. Tous ceux et celles qui ont été là pour d’autres et qui se ramassent seuls devant la lourdeur de la tâche de simplement exister. Je suis triste qui des gens comme moi qui à force de n’avoir personne derrière eux finissent par admettre qu’ils et qu’elles méritent d’être ainsi : seuls/es.

Je suis accrochée à l’écriture. Je m’y accroche les mains sanglantes comme à une corde d’acier. Je suis terrifiée d’exister. Je suis terrifiée de me tromper. Terrifiée de parler de moi, de me dévoiler, vulnérable devant un client qui au final lèvent les yeux sur mon œuvre comme si c’était moi. De perdre mon énergie et ma vie à courir derrière un rêve et ne jamais atteindre une seule destination. Je rêve et parfois je n’y crois plus. Et vous? Vous couchez-vous par terre en désirant ne plus vous relever? Ne plus essayer? D’abandonner et fermer votre cœur à tout espoir? À toute main qui pourrait, vous relever.

Sous ce grand vide rempli de tristesse, je bous. Je suis en feu! Je suis  en colère. Ma tête ne réfléchit plus. Mon esprit a quitté mon corps. Karine est un volcan prêt à faire trembler le sol et l’engloutir. Alors je me mets à me questionner…

Le livre n’a plus sa raison? Suis-je une mauvaise vendeuse? Suis-je si nulle qu’aucun de mes amis ne m’aide à partager, commenter, liker? Suis-je à ce point seul? Dois-je dépendre de Facebook et twitter et des Ondit et des Yvons croire que? Suis-je à ce point un être abominable? Vouloir que des abonnées pour sentir que je le mérite? suis-je entrain de me tromper? Suis-je entrain de rater ma vie? Pourquoi les grands profitent des petits? Pourquoi tout n’est que consommation? Tout est produit? Tout est vendable? L’art est un objet, un objet qu’on passe d’une main à une autre comme une balle de tennis. Oui même toi, toi qui rêve d’être sous les projecteurs, tu devras devenir une putain! Tu devras vendre qui tu es, ton âme pour faire parti d’une élite et survivre. Ne pouvons-nous pas faire autre chose que de vulgaires copies de nos ancêtres? N’avons-nous pas suffisamment d’imagination pour refaire toujours et à jamais les mêmes films et les mêmes histoires? Et celui qui désire bâtir son business l’engloutir sitôt sous les règles de fiscalités et les murs si hauts du réseau de contacts. Ce n’est pas ce que tu sais, mais qui tu connais…

Vraiment? Va s’y! Prostitue-toi artiste. C’est ça qui m’enrage! C’est ça qui me consume. 2 pour 20  puis 20 pour 2. Plutôt que s’aider, s’encourager, faire des œuvres de qualités, créer…on doit mâcher ce que les autres ont fait pour avoir droit au nectar des dieux!

 Ai-je le droit de rêver encore pour moi? Suis-je au prologue ou à l’épilogue d’un rêve? Combien de temps dois-je me débattre pour atteindre la grâce?

J’imagine qu’avoir le super beau rabais Ford employé devrait me remplir de joie. Après tout n’est-ce pas ça qu’on vend? Brand Power qui vous aide à mieux acheter votre moutarde? La technologie et tout parce que Sté on en veut toujours plus. Ou la voix…qui crée des héros, les mets sur un podium lumineux, sélection ne l’élu, l’exploite jusqu’à le publique cherche un nouveau joujou et abandonne tous les autres à leur sort. Et la lumière dans leurs yeux s’éteint. Tous les autres qui auraient autant de choses à dire meurent.  Ils ne sont rien.

Producteur d’artiste garanti un an. Noir et Indien condamné à jouer leur propre rôle à jamais dans les téléséries québécoises.

Ne t’attaque pas au Système, démode-le !

Alors que je croyais mon chemin sans issu voilà qu’un écrivain trace sur le sol comment m’enligner. Comment éclairer mon parcours si sombre. Un écrivain qui a compris dans quel système il joue. Et si cette fois, ce système je le démodais à plusieurs…et si vous artiste, tout comme moi nous prenions nos forces et les rallions avec ce que nous savons le mieux faire : Créer.

Cela ne demande ni gloire ni tribune…seulement d’être dans notre unicité et notre légitimité.

Moi avec ma plume.

Vous avec votre pinceau.

Vous avec votre poésie.

Vous et votre voix.

Vous et vos gestes.

 Vos expressions.

Votre jeu.

Il est temps que l’art ajoute du cœur à l’humain. Il est temps que l’artiste philosophe et peinture, écris et chante. Il est temps que l’acteur ne joue le rôle ni pour l’argent ni pour la carrière. Tout en profondeur. Tout en douceur. Tout en dureté. Qu’il soit le miroir de notre humanité et sa déchéance. Le vieux système corrompu par l’argent et la subvention accepte nos conditions, nous libère de toutes entraves. Il est temps que nous ne soyons plus l’esclave, mais prophète du changement.

Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives. 

Être heureux

 

Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus.

 

Je m’interroge ces jours-ci (ok depuis un bon moment déjà) sur la signification du bonheur. Le fameux  j’suis-tu heureuse moé coudonc? Est-ce ça se compte en nombre de bébelles qu’on a? La piscine, la maison, le chien, l’auto et la copine/copain? Est-ce que c’est ça? Voyager et accumuler les souvenirs achetés à un Cubain? Et cette définition qui dit que le bonheur est un état de satisfaction COMPLÈTE. Complète? I’m fuck.  Je ne suis jamais complètement heureuse. L’un réussit mieux que moi. L’autre à plus d’amis. D’autres sont juste insignifiants et ont plus d’attention. Je ne peux même pas avoir une maison. Je ne peux même pas me payer un voyage. J’suis pauvre crisse. Alors…est-ce que je suis condamnée à être malheureuse toute ma vie?

J’ai cette impression d’insatiabilité tout le temps. J’en ai et j’en veux toujours plus. Je veux être chez nous dans mon sofa et quand j’y suis, je veux être dehors et voir le monde. C’est quoi mon problème? C’est quoi notre problème? Parce qu’évidemment, je ne suis pas toute seule dans cette situation ( on est une méchante gang inviter à ce party-là d’ailleurs).

Le bonheur, est-ce qu’il est dans la réussite? Le diplôme, l’emploi, les enfants bien éducationnés. Le bonheur est-ce qu’il est toujours bien ordonné, dans le contrôle le plus strict.

Non. Le bonheur est dans la complète non-maitrise de sa vie. Le bonheur c’est admettre qu’on ne contrôle rien, qu’on ne sait, qu’on fera juste de notre mieux ( et quel mieux les amis!!!). Le bonheur c’est justement ça…tout est à faire…tout est à créer. Je suis heureuse quand je crée. Mais pourquoi? Parce que les conventions sont loin derrière. Personne ne me dit quoi faire. Personne ne me juge. Personne n’existe sauf l’objet de ma création. Nous sommes des êtres divins, tous et toutes, qui vivent une pleine expérience humaine( Merci à Paul Régimbald pour m’avoir ouvert les yeux) . Qui vivons l’échec et notre humanité. C’est ça le bonheur. C’est être juste assez. C’est être ce que l’on veut. C’est ressentir ce que l’on veut. C’est être libre des conventions sociales et de ses obligations.

         Stabilité et sa durabilité. C’est ça le bonheur. Être pareil. Jusqu’à la fin. Temps et espace confondue. Karine demeure celle qu’elle est. Stable et durable. Pfff! Ceux qui me connaissent savent bien que je ne suis rien de tout ça! Ceux qui me connaissent savent que la seule chose que je désire, le plus profondément, pour être heureuse c’est de réussir un jour à m’aimer. Je m’aime, mais pas à tous les jours. On est encore une méchante gang ici dans ce cas. Et c’est ça notre apprentissage du bonheur les copains. C’est juste ça. Ressentir l’amour, la vivre, la transmettre et la partager. C’est tout. C’est simple. Ça nous en fait moins sur les épaules hein?

Je vais vous dire un truc que j’ai appris en prenant en témoin les milliards d’étoiles qui surplombent au-dessus de nos têtes : je ne suis pas seule. Je peux être tu-seule tu-seule sans âme qui vit autour de moi, mais je veux dire. Je suis ma meilleure présence. Ma meilleure amie. Ma meilleure mère. Mon meilleur père. Mon frère et ma sœur. Ma meilleure confidente. Parce que l’amour transcende. L’amour guérit. Parce que j’apprends à aimer celle que je suis et celle que je veux être. Chaque jour, un pas à la fois.

Et vous aussi, vous empruntez ce chemin. Je dis bien chemin, car ce n’est pas une destination. Ce n’est pas un but à atteindre. Le bonheur n’est pas un objectif de vie. C’est la vie.

La phase d’exploration de son sujet d’écriture

 

Vos doigts effleurent le clavier. Votre tête a amassé plein d’informations pertinentes. Ces dernières sont mélangées, mais au moins vous savez de quoi votre histoire va parler. Le tri sera fait au fur et à mesure que la poésie vous emportera. Le sujet, ce mot intangible est devenu de la matière vivante. Il est dur et invincible. Vous savez vers quoi vous vous enlignez et personne ne vous fera dévier de votre chemin.

Comment arriver à connaitre parfaitement votre sujet d’écriture? Cela sous-entend que vous avez déjà passé la phase d’exploration (celle qui consiste à trouver un sujet). Alors vous êtes rendu à l’étape de le connaitre dans ses moindres détails ce sujet. Lui trouver des alternatives. Le tourner dans tous les sens pour voir et reconnaitre toutes ses failles possibles, visiter toutes les angoisses qui y sont associées, recherché dans ses profondeurs l’unicité de ce sujet. Mais…comment on a fait ça? Est-ce que c’est en allant bouquiner tous les livres de la rangée qui porte le nom de ce sujet qui nous fait spécialistes du sujet? Est-ce que c’est en allant à l’université, étudier et interroger nos enseignants? Est-ce que c’est en interrogeant tous les spécialistes de notre région? À ça je réponds oui, oui, oui, mais…il y a autre chose à soulever sous le tapis. Et c’est ce que je vais vous expliquer maintenant.

Pour connaitre votre sujet, il vous faudra vous armer de papiers et de crayons et aussi vous transformez en éponge. Cela vous permettra de tout absorber et ne pas filtrer les connaissances que vous allez acquérir, car le tri se fait après. Il est important dans la phase d’exploration de se garder toutes les fenêtres ouvertes. Si vous dirigez trop les connaissances que vous voulez ou pas à cette première étape, il se peut que plus tard dans votre écriture, vous arrivez à une impasse et il vous faudra revisiter vos notes sur votre sujet. Donc, ouverture d’esprit.

Ensuite, il vous faudra éplucher de ce sujet tout ce qui est technique. Alors, rendez-vous dans les bibliothèques,  les librairies spécialisées,  poser des questions dirigées à des professionnels, interrogez-vous sur ce que vous ne savez pas de ce sujet, ce que vous voulez savoir, qu’on vous explique. La technique du sujet est neutre, c’est un cadre. C’est de déterminer tout ce qui s’est fait jusqu’à maintenant à ce propos. Vous pouvez vous tourner vers des capsules YouTube aussi. Beaucoup de gens mettent des choses intéressantes en ligne. Peu importe la source, surtout si vous écrivez de la fiction vous pouvez tricher un peu sur la véracité des liens et pourquoi pas…inventer de nouvelles théories en vous inspirant de ce qui existe ou ce qui manque actuellement dans le domaine. Les magazines, les revues, les journaux, les blogues…

Vous aurez amassé une bonne quantité d’information, mais ce n’est pas encore le moment de trier ce que vous avez ou non besoin. Il est temps maintenant d’aller vous asseoir dans un endroit tranquille (toujours avec un papier et un crayon) et vous installer confortablement pendant plusieurs heures. La tâche la plus difficile est en chemin. Vous allez, à la lumière des connaissances techniques accumulées, vous interroger. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle interrogation! Interrogez votre conscience, vos sensations (les cinq sens) et vos émotions.

  • Comment je me sens à la lumière de ces découvertes?
  • Qu’est-ce que ça goute?
  • Qu’est-ce que je vois?
  • Qu’est-ce que je touche?
  • Qu’est-ce que je sens?
  • Je me sens en sécurité? Insécurisé? Apeuré? Terrifié? En paix? En joie? De quelle façon? Qu’est-ce qui déclenche ça?
  • Comment? Pourquoi ces émotions? Décrivez vos ressentis.

Vous avez besoin d’aller dans les abîmes de votre âme. Vous avez choisi ce sujet pour une raison. Une raison qui vous appartient et qui va vous aider à propulser votre histoire. Renforcer là de vos sensations. Renforcé là de votre histoire, de votre mémoire, de votre questionnement, de votre pensée, de vos projections, de vos douleurs et vos joies. Ce sujet c’est le vôtre, conter par vous…rendez-le unique.

La prochaine recherche, que je fais toujours en dernier c’est d’interroger les gens à propos de mon sujet de prédilection. Qu’est-ce qu’eux (famille, amis, inconnus, autres auteurs, etc) pensent et disent à son sujet. Je le fais en dernière étape parce que je ne veux pas influencer l’étape ou je me questionne personnellement. Cette recherche que j’appelle de l’autre côté de la rivière c’est de sortir les préjugés, les méchancetés, les stéréotypes, le racisme et toutes idées préconçues et non justifiées bonnes, moins bonnes ou déplorables. Ça, cela aide à construire vos opposants dans votre histoire. Le méchant, l’anti-héros, les épreuves de votre héro. ET c’est aussi important sinon plus que vos recherches plus scientifiquement prouvables. Car ça vient chercher tout comme vos propres impressions, l’état et le sentiment pur dans l’individu, dans l’humain. Et si vous cherchez à faire un livre qui touche…il faut partir de vous bien entendu (de ce que vous êtes) et vous confrontez à ce qui fait que les autres ne sont pas vous.

Finalement, vous faites le tri dans vos connaissances. Ce dont vous voulez conserver, ce que vous n’avez pas besoin, les peut-être, les au cas où et les assurément je vais le mettre dans mon histoire! Comme je le dis souvent, vous êtes Dieu. Vous avez un droit de tout. Alors, amusez-vous, surprenez-vous et sur ce…

Bonne écriture !

Histoires d’un bloc

Qu’est-ce que nous ressentons lorsqu’on emménage? Notre tête est-elle positivement illuminée d’idée préconçue ou chaque pas est une impression d’affronter le tapis bouillant d’un sol de magma? Nos voisins sont-ils des types sympas, tranquilles qui nous amènent un panier de fruits ou des vampires assoiffées de sang torturant notre esprit?

Entre réalité et fiction, je vous invite à parcourir mon expérience du Bloc appartement. Chaque semaine, une nouvelle histoire qui sera vous émouvoir, vous versez une larme (peut-être), rire aux éclats…ou pas pantoute! Soyez au rendez-vous dès la première semaine d’août 2017!

Bonne fête Montréal

On m’a dit qu’un Indien, ça porte des plumes.

On m’a appris qu’ils troquaient de superbes fourrures contre des miroirs, des tissus et des peignes…des pacotilles quoi!

On m’a dit qu’ils ne sont pas bien malins ces Indiens.

On m’a dit qu’ils étaient paresseux et buvaient.

On m’a dit qu’ils ne travaillaient pas et vivaient sur les aides sociales.

On m’a dit qu’ils n’écrivaient pas et qu’ils gravaient des dessins sur la pierre.

On m’a dit qu’on devait leur enseigner les choses parce qu’ils ne savent pas.

On m’a enseigné qu’il y avait trois peuples : les Algonquiens, les Hurons et les Iroquois.

On m’a dit de me méfier de ces Indiens qu’on nomme Mohawks avec leur crête iroquoise.  Ils ont de gros fusils et ils sont dangereux.

 

J’ai été éduqué dans un bon système. Un système qui a fait de moi une bonne blanche. Une francophone. Une Québécoise.

Mais plus je vieillis, plus je me questionne.

De l’autre côté du pont, on m‘a dit qu’il y avait notre ennemi.

Mais je ne sais pas pourquoi nous les haïssons.

 

Est-ce que c’est parce que le méchant indien bloque les routes?

Est-ce parce que ces Peaux-Rouges n’acceptent pas la sainte modernité?

 

Et si on m’apprenait la vérité? Et si Montréal était battit sur les cadavres encore chauds de leurs ancêtres? Et si les lois opprimaient ces nations?

 

Je me sens menacée.

Mais je ne sais pas pourquoi.

On m’a élevé à les haïr.

Mais je ne sais pas pourquoi.

 

On m’a raconté l’histoire du blanc sur le sauvage.

Mais elle est incohérente.

Mais elle est fausse.

Mais elle est cachotière.

 

Je suis blanche. Je suis francophone. Je suis Québécoise.

Mais je ne sais pas ce que cela veut dire.

Mais je vous souhaite à tous un bon 375e.

 

Je me lève et je ne ressens rien

 

Avez-vous déjà eu cette drôle d’impression d’être vide? Je veux dire…Vous émergez d’un long sommeil sans rêves, vos membres s’étirent, ils sont tendus d’une longue nuit d’immobilisation. Quant à votre tête il n’y a aucune image, aucune pensée, aucun remord, rien! Nada! C’est le néant. Et pourtant…

Vous ne ressentez rien, sauf le malaise d’être imprégné d’aucune substance. Vous tentez de vous remémorer votre soirée de la veille. Coudonc j’ai tu bus moé?  Ben non, tu n’as pas bu Karine. Cela fait bien longtemps que ce liquide amer n’est plus la priorité de ta vie.

C’est samedi matin et hier j’ai écouté kung-fu panda pour la millième fois…je ne suis pas sortie, je n’ai rien fêté, je n’ai vu aucun ami, je n’avais aucun projet…juste finir ma semaine écrasée sur le sofa. C’est samedi matin et je ne feel pas bien. Comme si, j’aurai dû réaliser quelque chose. Comme si j’ai manqué une action la nuit précédente. Comme si je devrais être hangover ou je ne sais pas moi, être étendu avec un beau mec dans mon lit ce matin…mais rien.

Le malaise est étrange. Il commence par me faire réaliser que je ne ressens rien tout sauf que le cœur bat encore. Je bouge légèrement sous mes couvertures, j’émerge de je ne sais où. Je suis désorientée. Bizarre en dedans. Je tourne ma tête vers la fenêtre illuminée. Le soleil brille dehors et je vois les feuilles danser au rythme du vent. Cette image aurait dû me rendre heureuse…me remplir de quelque chose au moins. Mais non. Je suis toujours vide.

Je me mets soudainement à pleurer. Sans raison apparente. Qu’est-ce qui m’arrive? Je ne suis ni blessé, ma vie est tranquille, je réussis plutôt bien ce que j’entreprends…alors …pourquoi?

Je ne veux pas sortir de mon lit. Me semble que je suis au chaud et en sécurité ici. En sécurité? Est-ce que j’ai peur de l’extérieur? Comme ça sans raison? Pourquoi on me ferait mal si je sors de mon lit? Peut-être…en fait, je ne le sais pas. Sûrement, les gens ne sont pas toujours gentils…Ça fait six ans que je me débats avec les amis, la famille, les copains…peut-être que ce matin tout à décider de remonter à la surface? Peut-être que ce matin c’est l’heure des comptes.

Les larmes arrêtent aussi brusquement qu’elles sont venues. Ça va un peu mieux. La tension étrange est sortit de mon corps. Me semble que j’irais courir ce matin. Ouais! Prendre mes jambes et sentir mes muscles s’activer. Ça va sûrement me faire du bien de bouger un peu. J’serais plus en forme, plus mince, plus belle. Ah pis non! Ça ne me tente pas…qu’on m’aime comme je suis au fond.

Je reste dans mon lit. Clouée au confort. Mais mon matelas est dur soudainement. J’ai chaud. Je sus. J’suis pu bien moé icitte.

Je devrais aller faire un voyage. Ou juste sortir de Montréal un peu. Voir du vert…me promener nu-pieds dans le sable. Ou Cuba? Tout le monde aime Cuba…Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs…à part l’open-bar qu’est-ce que Cuba a que le Canada n’a pas? Pourquoi les gens préfèrent s’enivrer plutôt que vivre? Faut toujours être dans l’activité, dans l’action, dans le mouvement…si tu t’écrases, t’es rien qu’un paresseux.

On a sûrement quelque chose à cacher, nous les humains. C’est peut-être ce vide intérieur qui me pogne ce matin. Sans solution, sans ambition, sans saveur ni couleur.

Ouais! La vie s’est comme le tofu dans le fond…si tu ne fais rien avec, c’est fade en c*****.  Même les médicaments anti-dépression ne peuvent rien si tu ne mets pas des épices à ton tofu. Si tu ne fais rien de ta peau et tu restes dans ton lit à continuer d’admirer ton vide profond.

Faque, je fais quoi maintenant? Je me lève ou je reste couché? Pis cette question-là est tellement puissante que c’est comme si je me demandais si je décide de vivre ou de mourir. ..

 

L’appropriation culturelle

« L’appropriation culturelle est un concept universitaire originaire des États-Unis selon lequel l’adoption ou l’utilisation d’éléments d’une culture par les membres d’une culture « dominante » serait irrespectueuse et constituerait une forme d’oppression et de spoliation. La culture « minoritaire » se trouverait ainsi dépouillée de son identité, ou réduite à une simple caricature raciste »

Voilà plusieurs mois que je me questionne sur l’appropriation culturelle. Je me suis tournée vers plusieurs liens youtube, lu plusieurs articles, demandés à de tierces personnes de cultures différentes et il s’agirait d’un terme plutôt nouveau sans véritablement de balise ou tout le monde a son opinion, mais ne se mouille pas trop.

C’est important pour moi de comprendre ce concept vu que j’écris et que je m’inspire de contes, de légendes, de cultures, d’objet à caractère spirituel et bien d’autres choses du monde. Je m’interroge à chaque fois si je ne suis pas entrain de faire de mon histoire une appropriation? Tous les écrivains ont un jour repris de quelqu’un quelque part une information pour la pertinence de leur livre. Nous (désolé l’expression) copions certaines œuvres pour la raconter à notre façon. Nous tentons avec ce qui est à notre portée de créer un monde nouveau, mieux ou pire. L’artiste est libre. L’artiste brise des tabous ou les met comme acteur principal de ses écrits pour sensibiliser les gens.

Non seulement, en tant qu’artiste cette question me met mal à l’aise, mais aussi en tant qu’individu. J’ai peur de faire un faux pas. J’ai peur d’insulter quelqu’un. Peur qu’on me pointe et on me dit : tiens celle-là fait de l’appropriation culturelle! Et l’art, dans mon cas l’écriture, si elle veut être créer ne peut pas vivre dans la peur.

La question ne se pose pas juste dans le métier d’écrivain, mais dans la vie de tous les jours. Les costumes d’Halloween…même l’Halloween est un concept mexicain! Devons-nous l’abolir pour autant? Le yoga! Saviez-vous qu’en faisant du yoga vous vous appropriez la culture indienne? Devons-nous empêcher toutes personnes non indiennes de faire du yoga?

Le métissage, le partage, la communion sont essentiels pour cesser la catégorisation des gens. Cesser de se battre entre nous pour une couleur, un code vestimentaire ou un choix religieux. Je crois que c’est noble de démocratiser la culture, de la permettre au non-initié. Connaître n’est-ce pas la solution à l’ignorance? Mais est-ce la bonne façon de connaitre? Je ne sais pas.

Prenons les autochtones…ont les a déporté, on les a violé, on leur a arraché leur vêtement, leur terre, leur culture, leur croyance…on les dompter, on les assimilé, on les déculturé…aujourd’hui, bien des années plus tard…il y a une lueur d’espoir…un regain, une emprise sur leur vie plus grande, un nouveau souffle…Imaginez revenir à vous et voir que votre culture est devenue une mode, votre langue vous est apprise par ceux qui vous l’ont enlevé, vos vêtements sont portés…ces vêtements de cérémonie dans un lieu inapproprié. Seriez-vous fâché? Réclamerez-vous justice? Oui….Évidemment.

Quand un bandeau est une mode pour un blanc et représente l’archétype du voyou pour un noir…voilà ou nous pouvons parler d’appropriation culturelle. On ne peut pas empêcher quelqu’un de porter et imiter notre culture…On ne pourra jamais ni restreindre un être humain ni demander la permission à tout un chacun.  Il y a cependant des responsabilités liées à une mode, à une culture, à une expérience…Il y a une responsabilité qui appartient à l’être humain de sortir de l’ignorance. Cesser de couvrir ses yeux face aux préjugés, aux racismes et à la maltraitance. Voilà le problème de fond…porte cette coiffe…marche à l’Halloween en monstre, mais va te renseigner. Va dans ton esprit et ton cœur ouvrir la raison de ce que tu es entrain de faire, entrain de vivre, entrain t’interpréter. Il n’y a que comme ça que nous apprendrons de l’autre et nous nous améliorerons en tant qu’être humain.

 

Si vous désirez d’avantage information sur l’appropriation culturelle :

 

Qui s’approprie le concept d’appropriation culturelle?

Maitee Labrecque

I invoked cultural appropriation in the context of literature and writing only: Hal Niedzviecki

Saganash

Définition wikipédia

Radio-Canada- Qu’est-ce que l’appropriation culturelle?

Amandla Stenberg: Don’t Cash Crop On My Cornrows

« HANDS OFF MY CULTURE! » | The Myth of Cultural Appropriation

 

 

Actualités Autochtones :

«Nipekiwan : je reviens» : entrevue avec Marcel Pititkwe

Les archives de Radio-Canada

Réalité Autochtone UQAM