KeBaTeK, un son différent

Il n’est ni le chasseur, ni la proie.

Il est le lien entre ces deux choses.

Il est la question entre la vie et la mort.

Producteur de sons, artiste indépendant et musique électronique. KeBaTek est un nom étrange. Mais cela sonne bien sur la langue. KeBa, Québec…TeK, techno, Technique, Technologie…Un nom qui parle de lui même. Dur par les K mais d’une sonorité plus douce une fois prononcée.

KeBaTeK trace une ligne entre le bien et le mal. Une ligne dans lequel le personnage scénique se déplace. La direction artistique de l’artiste veut une question existentielle sur la vie et la mort. Bambie ou le Chasseur? Voici un choix difficile. Voilà un jugement lourd de conséquences.  Mais toutefois très imagé. C’est-à-dire que nous saisissons aussitôt le dilemme.

L’artiste recherche la qualité du son. On distingue aussi dans sa musique le grain des synthétiseurs. Poésie musicale oscillant entre jovialité et agonie. La chasse, le faon qui court, la traque, la mort…

Pour écouter du KeBaTeK, il faut cesser ce que nous faisons, mettre ses écouteurs à fond et se laisser porter par l’histoire musicale. Rester attentif aux variations, aux aigus et aux notes plus graves. Son qui d’ailleurs, le  violon semble être majoritairement apprécier par ceux qui on l’album…

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Achat de l’album

( possibilité achat de l’album en digipak)

Medecine Groove Trio

Groupe Rock, revendicateur, voix et message autochtone. Medecine Groove Trio était à l’Escalier le jeudi 02 février 2017 à l’occasion de la Soirée Art-Culture autochtone organisée par le Cercle des Premières Nations. Cet évènement est tous les premiers jeudi du mois. Les participants sont des artistes autochtones qui nous offrent sur scène leur art et leur culture.

Je ne connaissais pas Medecine Groove Trio avant cette soirée. Je n’écoute pas particulièrement le rock. Cependant le message est venu me chercher. Un homme portant l’histoire d’un prisonnier Lakota. Un homme debout, revendicateur et anarchiste pour faire passer le message.

Born poor, Born Indian, Born Native. Born Guilty.

«Parle de nous les prisonniers Natifs et raconte notre histoire, c’est le seul moment où nous existons» Cette phrase fut criée par un jeune détenu Lakota Sioux, à l’attention de Jean Michel Wizenne, lors de sa première expérience en tant qu’invité, à participer aux cérémonies Lakota au sein du Pénitencier de Sioux Falls, Dakota du Sud. Ce fut le véritable déclic qui allait engendrer la naissance de Medicine Groove trio.

L’Escalier est un café/ bar végétarien. L’alcool coule à flots, les plats sont succulents, l’ambiance chaude et agréable. Les employés sont sympathiques et la clientèle festive. On passe sur la rue Sainte-Catherine Est sans voir cet endroit caché au coeur de Montréal. Et si cela n’avait pas été du Cercle des Premières Nations et leur évènement, je ne serais jamais venu.

Alors je passe le mot de cet endroit mystérieux.

Alors je passe le message de ces prisonniers Natifs.

 

Soirée Art et culture autochtone

Cercle des premières Nations

L’Escalier 

Évènement du 02 février 2017

Le vieux qui criait après la patate en poudre

Non nous n’affamons pas nos vieux. Non il n’y a pas qu’un seul choix au menu. Oui parfois c’est mou. Oui parfois ça n’a pas l’air appétissant. Oui parfois ce n’est pas top santé. Même que des fois c’est trop pro vert.

Il y a quelques mois un résident en voulait à la cuisine de lui servir des patates en poudre. Il avait bien raison d’être scandalisé. Monsieur a toute sa tête, il a encore toutes les facultés gustatives et ne porte possiblement pas de dentier. Ce qui est, pardonner si j’en choc certain, bien malheureux pour lui. Si vous vous attendez à manger de la gastronomie en centre d’hébergement, vous serez déçus. La réalité est que ce sont de vieilles personnes qui mangent peu, qui sont souvent très difficiles, qui ne goûtent plus rien, que tout est soit trop salée ou avec aucun goût.

J’admets par contre que la bouffe icitte a tendance à être fade. Après quelques sachets de sels, ça va mieux. Il n’y a pas non plus de superbe présentation. Et mise à part les restrictions complexes des bénéficiaires, le personnel de la cuisine doit gérer les goûts personnels, les choix religieux et/ ou nutritif, la quantité de nourriture pour parfois 12 étages à 25 personnes par étage ET de belles conditions budgétaires imposées.

Alors oui il y a probablement des patates en poudre qui se glisse sur le menu. Oui ce n’est pas le top. Je suis allée discuter avec le cuistot où je travaille et ce dernier m’a avoué que certains centres le faisaient, parfois, quand il était pris de court ou que le prix de la patate avait considérablement augmenté. Est-ce vrai ou pas? Est-ce justifié ou non? Je vous laisse le soin de valider votre prise de position. Cependant, taper sur les employés ce n’est pas la chose à faire.

Nous avons fait un choix de société qui est d’accorder plus d’attention à un autre groupe de personne plutôt que la nourriture de nos petits vieux. C’est triste, mais c’est de même au Québec! Si vous avez la chance de garder vos aînés prêts de vous, les dorloter, leur faire de la bonne popote, d’aller leur rendre visite fréquemment ou de les héberger chez vous…tant mieux. La réalité ici c’est la maladie, des pertes physiques et cognitives et malheureusement des familles dysfonctionnelles…et ces gens aboutissent inévitablement dans le cercle gouvernemental de la gestion des p’tits vieux.

Cependant, il est important de noter que notre cher gouvernement s’en lave effectivement les mains. On coupe! On coupe! On coupe! Mais nous l’avons élu ce gouvernement et nous le laissons faire. Notre seule solution est:  Modifier nos valeurs de société et l’orienter non vers l’économie, mais vers des alliances sociales plus prospèrent, dont le maintient de la dignité humaine ( Pis ça, ben! Ça inclut les p’tits vieux! )

Projet Bradbury

Le Projet Bradbury vient originairement de l’écrivain américain Raymond Douglas « Ray » Bradbury (22 Août 1920 – 5 juin 2012). Sur Wikipédia nous pouvons lire que Monsieur Bradbury :« … est particulièrement connu pour ses Chroniques martiennes, écrites en 1950, L’Homme illustré, recueil de nouvelles publié en 1951, et surtout Fahrenheit 451, roman dystopique publié en 1953. »

En ce qui me concerne, j’ai connu ce projet par hasard sur le Blogue Page 42 de Neil Jomousi. D’ailleurs, je vous invite à visiter le site web afin d’avoir la chance de connaître les raisons qui ont poussé l’auteur à se lancer à son tour dans ce projet fou et de lire le bilan de son année!

Donc, l’explication de ce fameux projet est fort simple. Le participant s’avance sur un territoire inconnu afin de réaliser un marathon d’écriture de 52 nouvelles étalé sur 52 semaines. Ainsi, au bout d’une année complète, nous avons un roman de 52 nouvelles à notre disposition et nous nous sommes permis d’apprendre notre art, de nous y exercer dans la discipline et de nous améliorer en rencontrant toute sorte d’obstacle.

Non seulement nous devons nous plonger physiquement sur l’exercice, mais nous devons le répéter durant 52 semaines entières! Trouver de nouvelles histoires, de nouveaux personnages et de nouveaux territoires. Peut-être, s’agit-il d’un bon moment pour explorer aussi différents styles d’écriture (Narrateur présent/ absent) ou les différents genres (Sciences-fiction, fantasy, policier, romance, etc). Notre seule limite est la production durant 52 semaines!

Évidemment, ce projet est non seulement là pour nous éprouver, nous faire réussir, mais surtout afin d’apprendre notre métier celui de l’écrivain. Ce qui m’amène à insérer la phrase de Ray Douglas Bradbury qui a inspiré et m’inspire à mon tour pour ce défi gigantesque:

“Écrire un roman, c’est compliqué: vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose: vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible.” –Raymond Bradbury-

Je vous invite à écouter ce vidéo. Cet auteur est vraiment incroyable.

An Evening with Ray Bradbury 2001

Les coulisses de Acheri

 

D’où est venue l’inspiration pour cette nouvelle? Comment ai-je construit la trame, les personnages, l’univers? Quel était le message ? Comment ai-je transposé une idée sur papier? Comment ai-je réalisé mon premier projet d’écriture ?

Dans ce billet, c’est ce que je vous invite à découvrir: les coulisses de Acheri. C’est-à-dire l’arrière-scène de la recherche, de la création, de la mise en œuvre et la publication de ma première nouvelle en tant que nouvelle née de l’écriture.

Dans mes premiers déboires de rédaction, j’ai cherché un défi. Une courte nouvelle que je pouvais ensuite publier sur mon groupe Facebook d’auteure afin d’y avoir un petit lectorat – des amis(es) surtout. L’idée était de permettre à mes abonnés (es) de choisir le genre littéraire. Le choix de ce dernier était de genre fantastique.

Mes recherches ont débuté par l’inspiration d’une image. Créature mystique, créature fantastique, etc. Je cherchais une légende, un conte, un court texte sur un être mystérieux vivant auprès des hommes pour bâtir l’histoire. Je suis tombée sur Acheri. Un enfant-squelette habillé de chair et qui par son ombre, prenait la vie des enfants.

La légende d’Acheri trouve son histoire dans plusieurs cultures : Japon, Inde, Amériques. Je me suis surtout informée sur des éléments de légende Cherokee. Cependant, elle était incomplète. Pour moi Acheri était injustement traité. Alors je me suis mise à réfléchir à une autre adaptation. Évidemment, cette recherche à pris plusieurs heures. L’important est de bien structurer son histoire, figer son personnage et bien visualiser l’environnement. Avec ces éléments j’avais un bon départ sur mon défi. Il y a plusieurs heures, voire plusieurs jours pour la recherche. Dans mon cas, trois jours.

J’ai consulté mon aide d’écriture ( mon grand-frère ). C’est d’ailleurs lui à qui revient la finale. Nous nous sommes interrogés sur l’éventualité d’abattre un esprit, un démon, un être maléfique…Comment devons-nous nous y prendre normalement? Était-ce comme le soutenaient les histoires autour de Acheri, relié au ruban rouge? l’attaché et la laisser s’évaporer dans l’atmosphère? Se protéger contre elle en portant simplement du rouge? N’y avait-il pas une autre façon de prendre contact avec cette petite fille squelettée?

Bien sûr il y avait un moyen de prendre contact! D’où la nécessité de faire travailler nos méninges en tant qu’artiste et transmettre notre poésie, notre vision des éléments…

Au moment où les indices s’entrecoupent et que je distingue limpidement l’histoire et les relations, mon adaptation pouvait prendre forme. Alors vient la phase de la création.

La légende de l’enfant squeletté raconte l’histoire d’un arrière grand-père qui trouva une solution hors du commun pour combattre la terreur d’Acheri.

Acheri crée le chaos dans le village. L’arrière grand-père a une décision à prendre : Suivre les conseils du clan ou suivre sa propre logique. La légende de l’enfant squeletté est un conte de valeur humaine qui met en opposition : haine, colère, respect, et don de soi.

Une fois la création terminée, il faut réviser: voir la cohérence du texte, le lien entre les personnages, revisiter les épreuves, le but, la finale. Il faut s’assurer que tout soit bien enligné, cohérent et lisible. Il est dur de sortir des idées de sa tête. Il est encore plus dur, ensuite, de faire comprendre à un tiers ses idées.

Mon vaillant acolyte est le meilleur outil pour valider cette phase. Mon grand frère est un lecteur exigeant. Il faut que cela soit simple, right to the point et poétique. Il ne perd pas son temps à lire un texte inutilement. Même pas celui de sa petite soeur si c’est impertinent! ( Ouf!)

Une fois que la création est faîtes, une première correction par nos moyens il vient ensuite le temps de laisser son texte à un expert: le correcteur. Je peux vous assurer que si c’est dur laisser un membre de sa famille lire son texte c’est encore plus difficile un étranger.

Préalablement j’avais publié mon texte sur mon groupe d’abonnés, mais devant l’absence totale de réaction c’est là que j’ai osé pousser le projet plus loin. J’allais donc le publier. C’est à ce moment que s’incrusta dans ma tête l’impasse de mon rêve: si personne ne me lit, je ne serais jamais une écrivaine. Mais j’ai pris le risque. J’ai risqué d’essayer quelque chose. J’ai osé vivre! J’ai osé exister!

Ainsi, la phase de trouver un correcteur … J’ai fouillé parmi mes contacts, parmi des sites web, parmi des maisons à compte d’auteur et j’ai finalement arrêté mon choix sur une personne qui travaillait vite et bien. Mes balises pour faire le choix étaient simples:

  1. La personne devait m’inspirer confiance;
  2. La personne devait avoir les qualités requises (bonne analyse syntaxique, professionnalisme, connaissances de la grammaire);
  3. Un correcteur qui vous offre en plus son opinion sur votre texte, des changements de vocabulaire, un intérêt pour la cohérence de votre texte est un bon correcteur;
  4. L’argent n’est pas toujours la bonne carotte pour les attirer. Il faut garder cependant une ouverture pour la négociation pour que la relation soit gagnante-gagnante;
  5. Respect des échéances.

Finalement, la partie finale est la mise en page, le droit d’auteur, la recherche d’un imprimeur et la vente. Des éléments que devraient étudier sérieusement les auteurs même ceux qui ne sont pas indépendants. Le processus de confection du livre ( physique) est une connaissance essentielle et culturellement intéressante. Un auteur qui ne veut rien savoir de ces étapes manque quelque chose. Un poids de négociation pour de futurs contrats. Il manque une emprise sur son futur métier!

En conclusion, Acheri est partie d’un petit défi que j’ai décidé finalement de mener de A à Z. J’ai grandi et je me suis libérée du poids. Je me suis libérée de lourdes questions identitaires créatives. Aujourd’hui, je monte ma collection contes et légendes puisée à même mon imagination et des éléments de ma culture. Ce défi m’a amené à m’épanouir. Il y a effectivement quelques coquilles que je vais rectifier dans ma prochaine édition. Des coquilles qui m’ont été soumises par les lecteurs. Le lectorat à son importance inconditionnel! C’est après tout pour eux que je forme des histoires sur des pages et des pages. Il faut être très réceptif pour recevoir de bons ou de mauvais commentaires. Réceptif aussi à s’accueillir dans cette vulnérabilité.

Cependant, avant de penser à la réédition, je dois vendre les premiers exemplaires.

Les vendre c’est aussi encourager les artistes qui ont travaillé sur le projet. Encourager les artistes c’est me permettre de leur redonner de futurs contrats. C’est une chaîne dîtes indépendante, mais elle est au contraire plus dépendante que vous ne le croyez.

 

Résumé de Acheri- La légende de l’enfant-squelette

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Regardons, ensemble, la Voie Lactée

Une nuit profonde m’enveloppait. J’ai levé les yeux vers le ciel. Tranquillement mon oeil s’habituait à la pénombre, je fus ébloui par des milliards de points lumineux. C’était un tableau merveilleux, scintillant et apaisant juste au-dessus de ma tête. Le temps était arrêté. Toutes mes préoccupations s’étaient volatilisées. Comme si, sur une étoile j’avais accroché mes peurs et mes angoisses et qu’ils étaient désormais loin. Très loin. C’est à ce moment que j’ai réalisé que je venais de prendre contact avec l’Univers.

 

Lire et comprendre le ciel ne datent pas d’hier. Les premiers astronomes furent principalement des religieux. Ils comprirent le lien qui existait entre le mouvement du ciel et le cycle du jour et de la nuit[i]. Les techniques ont été développées, puis raffinées pour en être grandement maîtrisées. Le calendrier romain, l’époque babylonienne, le calendrier chinois, Stonehenge en Angleterre pour ne nommer que ceux-là… Ce domaine est vaste et rempli d’une histoire riche. Un lieu de sciences, mais aussi de rêve.

D’ailleurs, c’est justement ce dernier qui m’intéresse davantage. Sans toute la connaissance et le matériel sophistiqué de l’astronome amateur, est-il possible de regarder le ciel et de vivre quelque chose de très puissant? Une expérience humaine, planétaire et réconfortante? Oui, connaître, mais surtout la ressentir. Nous formons un tout, mais comment entrer dans ce tout? Comment connecter et vibrer par une seule et même énergie? Nous, bibitte sur deux pattes, regardant nos pieds jour après jour, est-il possible de lever les yeux au ciel et apprécier la splendeur ?

Je peux imaginer vos froncements de sourcils. Non, il ne s’agit pas d’un dogme ici. Plutôt d’une disposition légitime et très humaine de reconnaître le beau d’où nous sommes situés sous la coupole céleste. De plus, les étapes nécessaires à la réalisation de cette expérience humaine sont forts simples.

Vous aurez, tout d’abord, besoin de trouver un endroit loin de la pollution visuelle. C’est important, car vos yeux devront s’habituer à la noirceur. Éviter vos cellulaires ou toutes lampes de poche n’ayant pas la lumière rouge ou bleu (sinon il faut prévoir un délai de trente minutes avant de retrouver une vision nocturne adéquate). Ensuite, étendez une couverture sur le sol et couchez-vous.

Laissez vos yeux faire le reste. Laissez votre esprit vagabonder. Votre corps au repos, oublier votre journée et ses tracas. Accrochez, comme moi, vos préoccupations sur une étoile et dites-leur adieu. Vous êtes en communion avec le firmament, avec la planète terre et ses habitants. Regardez ces points blancs à votre zénith. Captez ce tableau et gravez-le dans votre conscience. Tout l’horizon vous appartient. Vous êtes libres. Vous êtes légitime. Vous êtes terriens et comme des milliers d’autres avant vous permettez à cette cérémonie de se perpétuer. Vous entrez dans le tout de chaque chose. Vous vivez et respirez à l’unisson avec la vie.

Comprenez que ce moment est privilégié. Il n’y a rien d’autre qui compte à par vous et cette sensation de bien-être. Vous avez arrêté le temps. Vous profitez de l’instant présent. Vous voyagez sur ce vaisseau spatial bleu et blanc dans l’Univers. Vous êtes le conducteur et son passager. Vous vous sentez petit, mais vous êtes grand. Une unité essentielle à la chaîne du tout. Vous êtes précieux.

Peu importe nos origines, nos croyances, nos combats et nos cicatrices, voilà cette chose que j’ai apprise en observant l’espace infinie: même quand on croit que les ténèbres nous ont rattrapés, qu’on ne voit plus rien, que nous sommes perdues…Il s’agit simplement d’un nuage qui traverse, nous camouflant la Voie lactée, notre moi profond. Cependant, le nuage passe et le ciel étoilé revient toujours.

[i] Guide Pratique Astronomie, lire et comprendre le ciel, Édition Sélection Reader’s Digest, Dav id H. Levy préface de Hubert Reeves, 2013. 288 pages.

Bibliographie V.1

Après plusieurs  heures à ne pas écouter en classe, après la confusion que sa place n’était pas sur une route utilisée par plus d’un, la passion de Karine Vienneau se révèle enfin: L’écriture.

Depuis sa tendre enfance attirée par des mondes fantastiques, par des légendes et des personnages attachants. Elle découvre que le métier d’écrivain est fait pour elle. Karine fait des scénarios, elle se crée un univers bien à elle.  Elle veut partager et y imposer sa marque.

Mais selon elle, l’écriture s’est ardue. L’écriture fait du bien autant qu’il terrorise. Des auteurs comme Hubert Reeves, J.K. Rowling, Mario Francis, Louise Gauthier, Bradbury, Paulo Coelho, Micheal Crichton, Frank Krebs, Herbert George Wells, Jules vernes et bien d’autres viennent influencer son imaginaire.

«Écrire est une longue étape de destruction et de construction. Ici, je ne parle pas de l’histoire, mais bien de l’auteur.»

Cependant, il ne s’agit pas simplement d’être créative ou d’avoir des idées. Plusieurs auteurs ont façonné avec les années sa vision du métier d’écrivain. Des phrases qui la marqueront :

« C’est bien avoir des idées, mais faut savoir écrire.»

-Mario Francis-

« Prendre sa créativité et l’asseoir sur une chaise.»

-Jean Barbe-

Ce sont des phrases qui l’ont découragé et l’on fait rager. Mais, il fallait comprendre que l’écriture naitra du chaos et c’est à l’auteur d’y ajouter une technique, une façon de faire, un peu d’ordre dans ce désordre. Karine se dote d’une méthodologie, une structure d’écriture. De la discipline pour atteindre son objectif : Être publié.

Karine a toujours eu un profil entrepreneur et un talent certain pour la vente, alors elle se décide de se lancer le défi suivant : se publier soi-même passant par toutes les étapes. Recherche et développement d’œuvre littéraire, création, correction, Infographie/ graphisme, mise en page, impression, distribution, vente et représentation.

Elle refuse de perdre le monopole de son expertise au profil des grandes maisons d’édition. Son œuvre, Karine Vienneau, un produit fièrement bâti de A à Z.

Bien sûre, elle n’a pas l’expertise d’une maison d’édition, mais elle ne prétend pas à la perfection. L’écriture est une question posée, un sujet donné, une tentative de communication. Ce qu’il faut, c’est juste susciter l’intérêt.  Dans la vie et dans toute chose, la perfection est difficilement atteignable, utopique. L’auteur n’a pas peur de déplaire.

«J’écris d’abord pour moi. J’écris pour sortir de ma tête mes inquiétudes, mes angoisses, mes espoirs et ma façon de voir la vie et de m’y accrocher.»

Académiquement, Karine Vienneau est aussi titulaire d’une technique en gestion de commerces  et a complété le certificat en administration et le certificat en Ressources humaines à l’université.

«Pour faire ce qu’on aime, il faut être créatif et sans audace, on fait comme tout le monde. Sans discipline, on est un artiste frustré qui piétine ici et là. Ce n’est pas mauvais, mais l’accomplissement d’avoir terminer une œuvre, la fierté d’avoir fait quelque chose, d’avoir essayé une patente. Ça…ça vaut les heures de sommeil perdues. »

« J’ai compris que j’aimais m’exprimer et que j’aimais être confronté aux autres. Je suis une artiste, je mets en doute mon existence et celle des autres au regret des gens bien installés dans une routine.   »

L’auteure ouvre son groupe d’entraide à l’écriture en 2016 avec une amie. Son but est d’apprendre à parler d’écriture et de visiter l’intérieur des têtes de ses collègues écrivains. Un groupe gratuit avec les valeurs d’entraide.

«Tout le monde peut écrire, ça n’appartient pas uniquement à des auteurs qui publient ou aux grandes maisons d’édition qui marquent la ligne. L’écriture fait partie de notre expérience humaine.»

Karine Vienneau nous livre des histoires pouvant passer de la spiritualité (Amérindienne  et bouddhiste), aux oreilles en pointe d’une créature elfique, aux fonds étoilés du cosmos. Elle se différencie par la profondeur des questionnements, la trame psychologique des personnages, par l’intériorisation de la victimisation et sa place dans l’univers.

Acheri, la légende de l’enfant-squelette est la première nouvelle que livre l’auteure (décembre 2016) . L’écriture était un défi, mais cette courte histoire lui fait croire à son potentiel, renforcit ses valeurs et propose de le partager, pour la première fois, avec un autre humain.

Note: Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi cette photo. Désolé….

Un de perdu, dix de retrouvés

Après quatre ans d’amour, il est normal de se croire invincible. Les projets sont bien amorcés, on connait parfaitement chaque réaction et défaut de l’autre et si nous sommes encore là c’est que le contrat est à veille d’être signé. Comme plusieurs autres avant moi, je suis tombée en amour.

C’était l’homme parfait. Il me réconfortait, faisait à manger, il avait beaucoup d’amis et plein de charisme. Il était drôle et gamin. Il était tout ce que le prince charmant pouvait posséder pour mes propres critères que je redéfinissais depuis mon enfance. Ce qui me manque cruellement ce sont nos conversations profondes, notre complicité et notre sincère amitié qui fait qu’encore aujourd’hui on tien à prendre des nouvelles de temps en temps de l’un et de l’autre. Bon d’accord j’amorce souvent le premier pas, mais je suis de nature impatiente et curieuse. Un mélange plutôt explosif!

J’attendais depuis plusieurs années des excuses de sa part et au bout d’un certain temps, ils sont venus. Un message ambigu d’excuses par texto. Ma soif toujours pas rassasier j’ai relancé mon ancien amant, nous avons pris des cafés, j’ai posé des questions…Alors j’ai fini par admettre que nous nous aimions sincèrement, mais plus nous avancions plus nos objectifs n’étaient plus communs. Nous n’avons pas essayé de communiquer, nous avons abandonner la charge de comprendre l’autre tout simplement. Nous étions deux jeunes fautifs inexpérimentés et maladroits. Et même si nous avions trouvé un terrain d’entente, l’un de nous nécessairement aurait été malheureux. Et tous les deux, nous avions eu notre dose de malheur. Les choses devaient aller ainsi et pas autrement. Nous devions suivre les signes et oser s’abandonner pour le bien individuel de chacun. Ça devait être ça et pas autrement.

La descente après ma séparation à été rude, violente, misérable. Autant pour mes amis et ma famille, mais pour mon corps, mon âme et ma tête. Par tous les moyens j’ai tenté de camouflé ma douleur et l’abandon que je vivais. Par tous les moyens j’ai réussis à me détruire.

J’ai passé dans les bras d’un l’un et dans les bras de l’autre. Leur sourire, leur attention et leur caresse donnait à mon corps de junkie le plaisir et l’amour que je manquais. J’ai cherché pendant quatre années ces fameux dix que le proverbe me promettait. J’ai gavé mon corps de substances afin d’apaiser ma douleur d’être seule. Seule d’amour, Seule d’amitié, seule de famille, seule d’ambition et de rêve. J’ai tout tenté. Tout expérimenter. Mais au bout du compte pour faire quoi? Devenir une personne plus anxieuse que je ne l’étais déjà dont je refusais de prendre soin.

Dans tout ce chaos croyez-le ou non je cherchais la paix. La foutue paix d’esprit…Le calme mental. Prendre la télécommande de ma vie et enfoncer le bouton stop.

Mon combat était important pour mon apprentissage. Cependant contre quoi je me battais? Contre les gens qui ne sauraient jamais ce que je vis, contre un désamour d’enfant qui se finit brusquement, contre le foutu sentiment d’abandon qui me suit depuis ma tendre enfance? Le sentiment que je ne fais jamais les choses justes. Cette quête insensée de reconnaissance et d’approbation d’autrui.

Mon dieu que je l’ai cherché l’approbation. Une petite fille en moi sur la pointe des pieds agitant les mains n’a de cesse d’attirer l’attention pour son approbation.

Lorsqu’il est partit, la seule phrase que j’ai retenu de sa raison était qu’il cherchait une femme avec de plus grandes aspirations. Une femme avec une plus grande volonté et de motivation. Devant mes yeux mon prince s’est transformé en un monstre effroyable.

N’étais-je pas celle qui se pliait en quatre pour tous? celle qui mettait sa propre sécurité en péril? celle qui était la première sur les lieux pour essuyer une larme d’une amie en peine? La première a sortir une blague stupide pour apaiser l’âme des personnes les plus précieuses autour de moi? N’étais-je pas rempli de rêve et d’imagination? Et mon ambition de t’aimer jusqu’à mon dernier souffle, n’était-ce donc pas suffisant pour lui?

C’est dans toutes ses questions malsaines et erronées que la déchirure c’est fait. Je devais être cette fille-là. Je devais travaillée plus fort, finir mes études, de bonnes notes, être encore la meilleure de tous…Mais au lieu de devenir ce que je n’étais pas, j’ai craqué. Tout en moi s’est fissurer et j’ai dégringolé à une vitesse folle.

J’ai quitté mes trois jobs, j’ai tourné le dos à plusieurs personnes, j’ai arrêté d’imaginer être une étudiante modèle. Je suis entrer dans le bureau de la psychologue poussée par une mère remplie d’amour. Mais même dans le bureau de cette médecin de l’esprit, j’ai menti et j’ai tenté d’être la meilleure patiente. Celle qui s’en sort. Celle qui voit ce qui ne va pas. Celle qui ressuscite. Et cette phrase qui m’avait basculer était derrière chacune de mes actions et non-action. Que je voulais être cette fille d’ambition et être reprit par l’homme de ma vie!

Cependant, j’ai compris que je ne serais celle de sa vision. Pas que je n’étais pas ambitieuse, mais je n’étais pas ambitieuse comme lui se le représentait. Moi aller courir sur un tapis roulant pour posséder le corps de rêve, non merci. Moi être une carriériste pour voir dans les yeux de mes collègues envies et jalousies…non merci! Moi cesser d’écrire et me trouver d’autres hobbies plus à la mode? non merci! Avait-il eu tort de me dire ça de cette façon? Était-il un être prétentieux et moi j’étais mieux que lui?

Cela prit un moment avant que je réponds à ça par la négation. Il était toujours mon prince charmant. J’ai alors commencé à lui envoyer tout l’amour que j’avais encore pour lui. Tous mes souvenirs, tous nos sourires, tout notre histoire je lui ai envoyé. Chaque fois que je pensais à lui et que je sentais le volcan de la haine enflé en moi, chaque fois que je voyais un couple au allure heureux s’étreindre j’ai pensé à lui et je lui ai envoyé tout l’amour qui me restait.

Je l’imaginais marché tout bonnement sur la route et se faire renverser par une vague invisible d’amour. Sur le sol, ébahit par ce sentiment puissant et revigorant, je l’imaginais sourire. oui, je t’aime et je t’aimerais toujours. Quoique tu es fait. Peu importe où tu iras. Je t’aime et personne, ni même la haine ne peu plus m’enlever cela.

Et c’est dans la destruction totale de tout ce que je croyais être que j’ai pu me reconstruire.

Soit! Je voulais faire des études qui ne mène ni a une promotion ni à une carrière richissime, je voulais une petite job au niveau de ma compétence et être parmi des gens et les aider. Je voulais défendre des valeurs humanistes et d’entraide, je voulais donner un sens à ma vie et écrire tout ce qui me venait dans ma tête sans censure ni jugement…et je voulais être entouré de gens qui malgré qu’ils tombent constamment sur les genoux étaient humbles et rempli d’amour envers eux-mêmes à  prime abord et ensuite pour les autres. Des gens qui revient s’ils le désirent et partent s’ils le souhaitent.

Ainsi la personne qui devait être par le passé s’est transformé pour atteindre son but. À tenter de réparer ses erreurs, courageusement. À prendre le temps pour la compassion et la connaissance.

Un de perdu, dix de retrouvés dit-on. Qui dit qu’on parlait d’un conjoint ou d’une conjointe? Et si la chose que j’avais perdu était la maitrise de ma vie tout simplement. Maintenant que ce message est saisi voici les dix éléments de ma vie retrouvés:

  1. Reconquête de mon amour-propre
  2. Retour à mes valeurs les plus fondamentales de mon être
  3. Retrouvaille de ma famille avec amour et patience
  4. Entourée d’amis sincères et positifs
  5. Apprentissage quotidien à laisser partir mon anxiété, le calme mental
  6. voir dans les autres un guide, un maître pour connaître l’unicité de l’univers
  7. Vivre de compassion et non de haine
  8. Faire des choix qui me ressemble
  9. Apprendre dans ma solitude
  10. Aimer mon parcours, mes passions, mes rêves à tous les jours

Et si tu ne les écoutais pas ?

Je travaille sur une mise en situation d’une histoire commune pour mon Groupe d’Entraide à l’écriture. Les idées sont fluides et je suis contente de moi. Mon groupe va adorer! Ma pause arrive et à son habitude, un collègue vient me remplacer. Sans faire attention, je laisse mon fichier Word ouvert. À mon retour, je constate que ce dernier a regardé mon travail. Il me dit: «Loin de moi le désir de fouiller dans tes affaires, mais tu es bourrée de faute…et ce mot ne s’écrit pas comme ça et tu as oublié un ne-pas. »

Vous savez quelle a été ma première réaction? Être blessée. Ensuite est venu le remords d’avoir laissé mon fichier ouvert, de laisser aux yeux indiscrets de mes collègues un travail inachevé.

J’ai inspiré profondément et me suis rappelé mes valeurs en matière d’écriture. Premièrement, il y a un temps d’écriture et un temps pour la correction. Deuxièmement, nous ne sommes pas tous ferrer pour être des Dictionnaires sur pattes et il existe des professionnels heureux de nous offrir leur service. Troisièmement,  des commentaires comme ceux-là, qui n’apportent rien sauf le découragement, des gens qui n’ont aucune espèce d’idée de ce que vous faites et pourquoi vous le faites…Et si on ne les écoutait pas?

– Alors Karine tu n’es pas pour un bon texte écrit?

Ai-je dit que je condamnais la correction? Non! Éventuellement nous aurons à nous pencher sur notre texte et déterminer avec justesse sa qualité.

– Tout le monde peut écrire?

Bien sûr! Leur passion et leur rêve ainsi qu’une bonne dose de courage et d’audace les amèneront très loin! S’arrêter au détail, au contenant d’une œuvre d’art c’est en soit quelque chose de superflu quand nous sommes à la phase créatrice. Et ça peu importe notre art. Il y a un temps pour laisser les idées venir, les laisser macérer et ensuite la difficulté que ça implique pour chacun de le transposer dans sa forme artistique.

– Et si tu t’étais arrêté à chacune de tes erreurs de français?

Eh bien! Je n’aurais jamais écrit pardi! Je me serais découragé dès les premiers mots, mon rêve détruit et mon estime personnelle aurait été retrouvée dans un tout petit coffre sombre entrain de pleurer. Déjà qu’écrire l’avait fragilisé…

Et si le professeur de français on lui pointait la porte le temps qu’on écrit? Et si tous ces gens qui prétendent connaître, qui sont certes meilleurs, mais d’aucune aide… on les renvoyait loin de notre zone de création ?  Que cela soit un père, une mère, un frère, une soeur, un ami, un collègue, un prof…Bordel! Foutez-les-moi dehors au plus vite!

– L’écriture te fragilise ? Comment ça se fait?

Tout art va nous fragiliser. Nous allons chercher au plus profond de notre être notre essence vitale. Ce qui nous fait sourire, ce qui nous fait pleurer. Nos sentiments à leur état le plus pur même si nous n’en avons pas conscience. Nos peurs, nos victoires, notre vécu, nos appréhensions tout cela va se mélanger au processus de création. Un artiste et je parle en connaissance de cause de l’écriture, devra se mettre totalement à nu et accepter de vivre avec cette vulnérabilité. Imaginez maintenant qu’une personne vienne y poser sa méfiance, sa méchanceté, son honnête et froide analyse de votre écrit, imaginez si une personne vous fait un mauvais retour sur votre histoire…Comment se protéger contre cela? Comment éviter de prendre le coup de gueule du siècle? L’unique façon est de vous accueillir. Tout simplement, prendre ce que l’autre vous dit et la regarder passer à côté de vous en prenant soin de vous.

– Et si les commentaires étaient justifiés?

Avec l’accueil de votre vulnérabilité et la maturité dans votre processus créatif, vous allez apprendre à réagir, à prendre et à laisser un commentaire/ un retour qu’il soit constructif ou non.

Il n’y a pas autre juge que vous au moment de l’écriture. Il y a que vous qui décider qui laisser entrer et qui laisser sortir. Je sais par expérience que ce juge, soi-même, est le plus terrible, le plus tranchant et il faut apprendre à le dompter tranquillement et avec amour pour l’amener à prendre, dans le futur, de bonnes décisions.

Sur ce dernier encouragement, je vous souhaite une bonne créativité!

 

 

 

Je veux vivre

Écrire. Écrire, mais dans des conditions inconfortables. J’ai mal au dos. J’ai mal aux poignets. J’ai la tête qui résonne. Le ventre qui se soulève. Je suis fatigué. J’ai trop travaillé. Je ne devrais pas écrire en ayant travaillé. Je ne devrais pas travailler du tout ce n’est pas bon pour l’écriture. Je devrais lâcher mon boulot. Bien sûr que je ne peux pas, comme tout le monde j’ai besoin d’argent. Comment réussir à continuer? Comment ne pas s’abandonner sur le divan et peser sur le bouton de la manette? Je n’aurais plus besoin de réfléchir. Un simple clique et un écran s’illumine. Mes soucis s’envoleront et j’aurais l’esprit tranquille. Bien sûr, je manque le spectacle. Bien sûr, je n’avance pas mes projets. Bien sûr je m’en rendrais coupable après.

Je ne suis pas Spielberg je peux bien prendre mon temps. Un temps qui rend fou. Un temps qui attend de vivre. Je suis qui pour vouloir m’extirper de ma prison physique? Je suis qui pour vouloir faire des chefs d’œuvres? Le talent s’est inné m’a-t-on dit? Qui? Je ne sais pas. Ce monsieur-là. Assis devant sa télévision. Il sait tout grâce à elle. Il capte tout grâce à elle. Il dit des mots qu’on lui a soufflés. Des mots qui me semblent cohérents. Il est un expert. Moi je suis qui sans talent? Je devrais m’installer et me laisser aller. Là-bas auprès du monsieur qui dit des choses si justes. Des mots qui me rassurent. Des phrases qui me consolent. Et je vais m’écraser pour rêver. Car le m’sieur il dit que la TV ça fait rêver. Alors je m’assis et me programme aux images. Et je rêve les yeux ouverts. Ma maison de rêve, ma bouffe de rêve, mon voyage de rêve, mon couple de rêve. C’est vrai ce qu’il a dit, il y a du rêve dans ce carré-là.

J’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose. D’avoir glissé et de m’effondrer. Je lui demanderais bien au monsieur, mais l’annonce vient de terminer. Il n’a plus de temps pour moi. Je dois attendre. Attendre un autre moment où c’est permis de lui jaser. Je dois me connecter pour faire partie de son monde. Sinon ben il ne me reste rien. Mon écriture sur le document laisse le curseur sautillé ininterrompu. Et mon rêve, où il est ? La vitalité de l’écriture… Mon rêve implose. Et le mien s’effrite. Il me semble que j’avais autre chose à faire…Mais quoi? Il me semble que la sensation physique revient. J’ai mal au dos, là, assis sur ce sofa beige. Il me semble que mes poignets sont engourdis. J’ai toujours mal à la tête et les mots…les mots sont restés dans ma gorge. J’aimerais écrire et je me souviens maintenant. J’étais trop fatigué. J’avais des raisons. Des raisons de ne pas poursuivre mon rêve à moi. Celui qui me faisait vivre. Celui qui me rendait la forme.

Mon corps souffre. Mon corps est malade. Pourtant, l’appel du texte résonne dans ma tête. Une histoire vole devant mes yeux. Je sens ma chair frissonner. Le souffle d’un vent se lever. J’entends le tambourinement des chevaux. Des lames s’entrechoquent. Je clignote des yeux. L’écran a disparu. Le m’sieur qui dit des choses se tourne vers moi et ses mots se transforment en gouttelette limpide. Je me lève du divan apeuré. L’homme. L’inconnu du divan se désintègre en une vague bleue. Je suis éclaboussé et repoussé dans une forêt tropicale. Je suis tombé. J’ai mal. Des cacatoès cris au-dessus de ma tête. J’ai à peine le temps de me lever que les oiseaux aux plumages colorés me foncent dessus. Je fonce. Cour. Les jambes en feu. J’ai mal, mais je poursuis ma fuite sans relâche. Au bout d’un moment, le souffle saccadé, les volatiles cessent leur poursuite. Je n’entends plus leur battement d’ailes ni leurs cris démentiels.

Je traverse la jungle entourée de sons étranges. Je sursaute. Je crois avoir entendu le rugissement d’un tigre. Je regarde nerveusement autour de moi, mais aucun oeil félin ne me chasse. Il doit être bien tapi. Il doit bien attendre sa chance. Je tourne sur moi-même. Je veux le voir venir. Je ne veux pas être surpris. Je suis prêt à affronter la mort en face. Batailler avec courage le carnassier. Un craquement dans mon dos! Vite! Je me retourne! Il est là! Il s’élance déjà. J’ai manqué mon coup. J’ai manqué la danse. Je vais mourir.

Je n’ai pas senti la morsure. Cependant, mon sang se vide. Une marre rouge m’entoure. Je me vide.

Autour de moi des ombres apparaissent. Je ne suis pas mort, pas encore. Ces ombres murmurent. Elles me parlent avec justesse. Elles me précipitent dans le remords et la honte. Les mots qui n’ont jamais quitté mon esprit pour se lover contre le papier. Les phrases, beauté infinie qui n’a jamais embrassé de poésie. Un écrivain mort et sans lecteur. Un écrivain non, un amateur du mot. Un joueur du beau. Un conteur du tout. Mort entouré de son propre sang sans un jet d’encre.

Les ombres se penchèrent au-dessus de moi et rirent. Ils se moquèrent de moi. Moi, le pauvre. Moi le sans rêve. Moi qui écoute les on dit. Au moment du baiser final, celui qui arrache la vie, les ombres m’offrirent une dernière chance. Elles me dirent : « Petit, écoute bien. Si tu veux en vivre, il faudra rire aux joies, aux peines. Accepter tes douleurs et serrer les dents. Il n’y a pas d’art sans un peu de douleur. »

Donnez-moi de la douleur j’en veux pour vu que je vive! leur répondis-je agonisant.

«Même si tu as mal au dos ? »

J’écrirais coucher leur dis-je.

«Même si tes poignets tremblent?

J’écrirais avec les pieds.

«Même si le boulot prend de l’énergie? »

Je me mets au défi, même de nuit!

Alors les ombres s’esclaffèrent. La magie s’opéra et le décor funèbre se renversa. Je courais à reculons vers la sortie. J’allais me rasseoir après la vague. Tout réapparut. Salon. Divan. Télévision et le monsieur des on dit. Je me levais précipitamment afin d’atteindre le papier et le crayon. Il fallait que j’écrive. Boucler la promesse avec les ombres. Alors le monsieur du salon me dit: « Et ta fatigue où l’as-tu mise? Viens, ça recommence. Tu vas tout manquer. »

J’inscrivis sur la blancheur de ma feuille ma réponse qui se répercuta dans tout l’univers. Une promesse venait d’être tenue. Ces mots traçaient la phrase suivante : je veux vivre!