L’appropriation culturelle

« L’appropriation culturelle est un concept universitaire originaire des États-Unis selon lequel l’adoption ou l’utilisation d’éléments d’une culture par les membres d’une culture « dominante » serait irrespectueuse et constituerait une forme d’oppression et de spoliation. La culture « minoritaire » se trouverait ainsi dépouillée de son identité, ou réduite à une simple caricature raciste »

Voilà plusieurs mois que je me questionne sur l’appropriation culturelle. Je me suis tournée vers plusieurs liens youtube, lu plusieurs articles, demandés à de tierces personnes de cultures différentes et il s’agirait d’un terme plutôt nouveau sans véritablement de balise ou tout le monde a son opinion, mais ne se mouille pas trop.

C’est important pour moi de comprendre ce concept vu que j’écris et que je m’inspire de contes, de légendes, de cultures, d’objet à caractère spirituel et bien d’autres choses du monde. Je m’interroge à chaque fois si je ne suis pas entrain de faire de mon histoire une appropriation? Tous les écrivains ont un jour repris de quelqu’un quelque part une information pour la pertinence de leur livre. Nous (désolé l’expression) copions certaines œuvres pour la raconter à notre façon. Nous tentons avec ce qui est à notre portée de créer un monde nouveau, mieux ou pire. L’artiste est libre. L’artiste brise des tabous ou les met comme acteur principal de ses écrits pour sensibiliser les gens.

Non seulement, en tant qu’artiste cette question me met mal à l’aise, mais aussi en tant qu’individu. J’ai peur de faire un faux pas. J’ai peur d’insulter quelqu’un. Peur qu’on me pointe et on me dit : tiens celle-là fait de l’appropriation culturelle! Et l’art, dans mon cas l’écriture, si elle veut être créer ne peut pas vivre dans la peur.

La question ne se pose pas juste dans le métier d’écrivain, mais dans la vie de tous les jours. Les costumes d’Halloween…même l’Halloween est un concept mexicain! Devons-nous l’abolir pour autant? Le yoga! Saviez-vous qu’en faisant du yoga vous vous appropriez la culture indienne? Devons-nous empêcher toutes personnes non indiennes de faire du yoga?

Le métissage, le partage, la communion sont essentiels pour cesser la catégorisation des gens. Cesser de se battre entre nous pour une couleur, un code vestimentaire ou un choix religieux. Je crois que c’est noble de démocratiser la culture, de la permettre au non-initié. Connaître n’est-ce pas la solution à l’ignorance? Mais est-ce la bonne façon de connaitre? Je ne sais pas.

Prenons les autochtones…ont les a déporté, on les a violé, on leur a arraché leur vêtement, leur terre, leur culture, leur croyance…on les dompter, on les assimilé, on les déculturé…aujourd’hui, bien des années plus tard…il y a une lueur d’espoir…un regain, une emprise sur leur vie plus grande, un nouveau souffle…Imaginez revenir à vous et voir que votre culture est devenue une mode, votre langue vous est apprise par ceux qui vous l’ont enlevé, vos vêtements sont portés…ces vêtements de cérémonie dans un lieu inapproprié. Seriez-vous fâché? Réclamerez-vous justice? Oui….Évidemment.

Quand un bandeau est une mode pour un blanc et représente l’archétype du voyou pour un noir…voilà ou nous pouvons parler d’appropriation culturelle. On ne peut pas empêcher quelqu’un de porter et imiter notre culture…On ne pourra jamais ni restreindre un être humain ni demander la permission à tout un chacun.  Il y a cependant des responsabilités liées à une mode, à une culture, à une expérience…Il y a une responsabilité qui appartient à l’être humain de sortir de l’ignorance. Cesser de couvrir ses yeux face aux préjugés, aux racismes et à la maltraitance. Voilà le problème de fond…porte cette coiffe…marche à l’Halloween en monstre, mais va te renseigner. Va dans ton esprit et ton cœur ouvrir la raison de ce que tu es entrain de faire, entrain de vivre, entrain t’interpréter. Il n’y a que comme ça que nous apprendrons de l’autre et nous nous améliorerons en tant qu’être humain.

 

Si vous désirez d’avantage information sur l’appropriation culturelle :

 

Qui s’approprie le concept d’appropriation culturelle?

Maitee Labrecque

I invoked cultural appropriation in the context of literature and writing only: Hal Niedzviecki

Saganash

Définition wikipédia

Radio-Canada- Qu’est-ce que l’appropriation culturelle?

Amandla Stenberg: Don’t Cash Crop On My Cornrows

« HANDS OFF MY CULTURE! » | The Myth of Cultural Appropriation

 

 

Actualités Autochtones :

«Nipekiwan : je reviens» : entrevue avec Marcel Pititkwe

Les archives de Radio-Canada

Réalité Autochtone UQAM

 

Le fou du palais de glace

 

C’était une soirée d’hiver agréable. Oh! Il faisait toujours froid! Le manteau était toujours de mise. Toutefois, contrairement au grand froid connu des derniers jours, les mitaines et le foulard jusqu’aux oreilles étaient désormais futiles. Disons simplement, par souci de clarté, que les narines avaient cessé de coller aux parois du nez. L’air était de nouveau respirable, frais, mais respirable. Les coeurs ne risquaient plus de s’arrêter à la seconde ou le pied se posait à l’extérieur du chaud domicile.  Les bras glacés de la saison s’allongeraient encore pour quelques semaines, mais il était possible d’espérer à nouveau la chaleur estivale et les rayons du soleil réconfortants.

***

Un immense château de glace avait été construit au centre des festivités. Un énorme carré translucide s’imposait parmi plusieurs attractions qui paraissaient bien piteuses à côté de ce dernier. Les remparts gigantesques étincelaient de plusieurs couleurs grâce aux projecteurs de lumières. Il y avait du bleu, du rouge, de l’orange et du jaune. Toutes s’entremêlant et créant à elles seules, une danse enivrante. D’autres projecteurs ciblaient la façade extérieure, juste au-dessus de l’entrée principale. Ces derniers n’étaient pas de simple point flou décoratif, mais ils indiquaient visiblement  «Palais de glace ».

***

À l’intérieur du palais, plus de cent personnes s’entassaient sur une piste de danse complètement blanche. Une neige légère était déposée sur le sol, virevoltant à quelque centimètre à tous mouvements. Bonhomme était sur l’estrade vêtue de sa ceinture fléchée, ses boutons démesurés et sa tuque rouge. Il dansait, lui aussi au rythme de la musique électronique. La mascotte était en forme et son énergie se répercuta sur tous les participants.

***

Au centre de la foule, un jeune homme, qui au premier coup d’oeil paraissait tout ce qu’il y avait de plus normal. Il avait une caméra go pro attaché à sa tuque bleue. Un moment il tournait sur lui-même avec l’engin sur sa tête et la seconde d’après il l’a prenait dans ses mains et captait le plus d’images de cette soirée magique. Il approchait enfin l’appareil contre un oeil et s’arrêtait soudainement sur place pour regarder les captures. Un moment rempli d’intensité où il était statufié sur place, concentré à l’exécution de son appareil. Il pouvait voir, enfin, les détails que ses yeux lui refusaient. Ensuite, il replaçait ce dernier sur sa tête en étirant l’élastique et l’agrippant solidement à sa tuque. Et il reprenait vie dans ce carré blanc bondé de gens. Il reprit sa danse comme s’il était un chaman autour du feu sacré.

***

Les regards se tournaient vers lui, étrange personnage dansant comme un homme possédé. Ses mains s’agitaient dans tous les sens et ses jambes semblaient courir un marathon.

– Regardez-le, ce pauvre fou.

Les rires, malgré qu’ils furent discrets, étaient dirigés vers lui. La méchanceté s’invitant à la fête. Regardez-le, ce fou, disaient-ils le pointant d’un doigt accusateur.  Il n’est pas comme nous, continuaient les autres. Ni danse lascive ni danse pour impressionner. Un pauvre diable perdu.

***

Il était dans un monde lointain. Très loin.

Loin du jugement physique. Loin de ce qui doit et de ce qu’il faut. Loin de l’ordre établi, de la bonne façon et du mimétisme des moutons. Ici, dans son univers, il y avait le mouvement à l’état pur. Le rythme comme seul guide pour mouvoir un corps. Sans restriction. Sans obéissance. Danser ? Non il ne dansait pas! Il flottait. Il découvrait l’enveloppe charnelle de l’être humain. Il n’y avait que ses sens et sa sensation. Des battements dans le sol qui vibraient jusqu’à ses pieds. Le chatouillement dans ses jambes le faisait rire. La musique bondissait dans l’air avec force et ce fut comme s’il pouvait la voir. La chaleur de la proximité des autres. Ce moment incroyable où les éclats de rire d’inconnu se mélangent aux conversations lointaines qui s’évanouissaient derrière le mur du son. Une joie qui caressait son coeur…

Non, il ne dansait pas. Le jeune homme était la légèreté. Il était la rapidité. Il était l’énergie. Il était la foule et son excitation. Il expulsait littéralement de lui la frustration de son handicap. Le jeune homme était connecté à l’expérience de la vie.

***

Voilà une heure déjà qu’ il avait rangé sa canne blanche et rouge dans son sac à dos trop gros pour son frêle corps et que le jeune homme s’était engagé dans le palais de glace. Tandis que les gens quittaient la place centrale du Carnaval de Québec, épuisés, s’accrochant au premier bar, le fou continuait à se déhancher drôlement sous les regards moqueurs de ce qui représentait la normalité. Toutefois, pour lui, ces regards étaient invisibles. Ils le seraient à jamais.

***

La bouteille bleue

Une bouteille. Deux bouteilles. Trois bouteilles.


Non celle-ci est fissurée. J’actionne la manette de renvoi automatique. La bouteille bleue entre dans une trappe, fait une chute sur 90 degrés et percute le fond du baril. Ça résonne et mon poste de travail s’agite. Voici mon quotidien. Pauvre inspecteur de qualité de bouteille. Les jours se ressemblent tous. Je ne vois plus la couleur. Je crois devenir daltonien.


Mon seul plaisir est de compter combien il y a de bonnes bouteilles avant qu’une soit défectueuse.


Une bouteille. Deux bouteilles. Trois bouteilles. Quatre bouteilles. Cinq bouteilles… Dix… vingt.


Un jour j’ai déjà compté jusqu’à cinquante bouteilles en bons états avant de rejeter la cinquante et unième.

C’était une journée intéressante.

Enfin, différente…


Une bouteille. Deux bouteilles…

IglooFest- Fêtons l’hiver

21 Janvier 20h00

L’hiver perdure? Il fait froid? Nos os ne se réchauffent plus? La déprime saisonnière?

Pourquoi ne pas aller danser, dehors, dans la neige ? Oui vous m’avez bien lu.

La danse hivernale traditionnelle, mais tellement moderne de Igloofest est arrivée. Musique électronique, artistes connus, moins connus sur scène vous offrant un spectacle qui vous fera dire  « j’aime l’hiver! »

scène saporo

 

feu et saucisses!

Si vous êtes de Montréal ou simplement de passage, dirigez-vous au vieux port c’est une obligation!

C’est fêter l’hiver! Se réjouir, se rencontrer, manger des saucisses autour d’un feu et s’en mettre plein la bouche avec de la tire d’érable. Sans compter, la bonne bière et le vin !

Les gens sont drôles, de bonne humeur et festifs! Tous sourires! Il y a même des étranges habillé en Kit de skidoo ou en animaux! Les hippies modernes, mais oh combien agréable.

Petit conseil: Venez à l’avance pour repérer les lieux, visiter les attractions, ne pas s’embourber dans la foule. Vers dix heures, onze heures, il y a foule!

Site officiel

 

KeBaTeK, un son différent

Il n’est ni le chasseur, ni la proie.

Il est le lien entre ces deux choses.

Il est la question entre la vie et la mort.

Producteur de sons, artiste indépendant et musique électronique. KeBaTek est un nom étrange. Mais cela sonne bien sur la langue. KeBa, Québec…TeK, techno, Technique, Technologie…Un nom qui parle de lui même. Dur par les K mais d’une sonorité plus douce une fois prononcée.

KeBaTeK trace une ligne entre le bien et le mal. Une ligne dans lequel le personnage scénique se déplace. La direction artistique de l’artiste veut une question existentielle sur la vie et la mort. Bambie ou le Chasseur? Voici un choix difficile. Voilà un jugement lourd de conséquences.  Mais toutefois très imagé. C’est-à-dire que nous saisissons aussitôt le dilemme.

L’artiste recherche la qualité du son. On distingue aussi dans sa musique le grain des synthétiseurs. Poésie musicale oscillant entre jovialité et agonie. La chasse, le faon qui court, la traque, la mort…

Pour écouter du KeBaTeK, il faut cesser ce que nous faisons, mettre ses écouteurs à fond et se laisser porter par l’histoire musicale. Rester attentif aux variations, aux aigus et aux notes plus graves. Son qui d’ailleurs, le  violon semble être majoritairement apprécier par ceux qui on l’album…

Site Web

Facebook

Vidéo Clip

Achat de l’album

( possibilité achat de l’album en digipak)

Medecine Groove Trio

Groupe Rock, revendicateur, voix et message autochtone. Medecine Groove Trio était à l’Escalier le jeudi 02 février 2017 à l’occasion de la Soirée Art-Culture autochtone organisée par le Cercle des Premières Nations. Cet évènement est tous les premiers jeudi du mois. Les participants sont des artistes autochtones qui nous offrent sur scène leur art et leur culture.

Je ne connaissais pas Medecine Groove Trio avant cette soirée. Je n’écoute pas particulièrement le rock. Cependant le message est venu me chercher. Un homme portant l’histoire d’un prisonnier Lakota. Un homme debout, revendicateur et anarchiste pour faire passer le message.

Born poor, Born Indian, Born Native. Born Guilty.

«Parle de nous les prisonniers Natifs et raconte notre histoire, c’est le seul moment où nous existons» Cette phrase fut criée par un jeune détenu Lakota Sioux, à l’attention de Jean Michel Wizenne, lors de sa première expérience en tant qu’invité, à participer aux cérémonies Lakota au sein du Pénitencier de Sioux Falls, Dakota du Sud. Ce fut le véritable déclic qui allait engendrer la naissance de Medicine Groove trio.

L’Escalier est un café/ bar végétarien. L’alcool coule à flots, les plats sont succulents, l’ambiance chaude et agréable. Les employés sont sympathiques et la clientèle festive. On passe sur la rue Sainte-Catherine Est sans voir cet endroit caché au coeur de Montréal. Et si cela n’avait pas été du Cercle des Premières Nations et leur évènement, je ne serais jamais venu.

Alors je passe le mot de cet endroit mystérieux.

Alors je passe le message de ces prisonniers Natifs.

 

Soirée Art et culture autochtone

Cercle des premières Nations

L’Escalier 

Évènement du 02 février 2017

Le vieux qui criait après la patate en poudre

Non nous n’affamons pas nos vieux. Non il n’y a pas qu’un seul choix au menu. Oui parfois c’est mou. Oui parfois ça n’a pas l’air appétissant. Oui parfois ce n’est pas top santé. Même que des fois c’est trop pro vert.

Il y a quelques mois un résident en voulait à la cuisine de lui servir des patates en poudre. Il avait bien raison d’être scandalisé. Monsieur a toute sa tête, il a encore toutes les facultés gustatives et ne porte possiblement pas de dentier. Ce qui est, pardonner si j’en choc certain, bien malheureux pour lui. Si vous vous attendez à manger de la gastronomie en centre d’hébergement, vous serez déçus. La réalité est que ce sont de vieilles personnes qui mangent peu, qui sont souvent très difficiles, qui ne goûtent plus rien, que tout est soit trop salée ou avec aucun goût.

J’admets par contre que la bouffe icitte a tendance à être fade. Après quelques sachets de sels, ça va mieux. Il n’y a pas non plus de superbe présentation. Et mise à part les restrictions complexes des bénéficiaires, le personnel de la cuisine doit gérer les goûts personnels, les choix religieux et/ ou nutritif, la quantité de nourriture pour parfois 12 étages à 25 personnes par étage ET de belles conditions budgétaires imposées.

Alors oui il y a probablement des patates en poudre qui se glisse sur le menu. Oui ce n’est pas le top. Je suis allée discuter avec le cuistot où je travaille et ce dernier m’a avoué que certains centres le faisaient, parfois, quand il était pris de court ou que le prix de la patate avait considérablement augmenté. Est-ce vrai ou pas? Est-ce justifié ou non? Je vous laisse le soin de valider votre prise de position. Cependant, taper sur les employés ce n’est pas la chose à faire.

Nous avons fait un choix de société qui est d’accorder plus d’attention à un autre groupe de personne plutôt que la nourriture de nos petits vieux. C’est triste, mais c’est de même au Québec! Si vous avez la chance de garder vos aînés prêts de vous, les dorloter, leur faire de la bonne popote, d’aller leur rendre visite fréquemment ou de les héberger chez vous…tant mieux. La réalité ici c’est la maladie, des pertes physiques et cognitives et malheureusement des familles dysfonctionnelles…et ces gens aboutissent inévitablement dans le cercle gouvernemental de la gestion des p’tits vieux.

Cependant, il est important de noter que notre cher gouvernement s’en lave effectivement les mains. On coupe! On coupe! On coupe! Mais nous l’avons élu ce gouvernement et nous le laissons faire. Notre seule solution est:  Modifier nos valeurs de société et l’orienter non vers l’économie, mais vers des alliances sociales plus prospèrent, dont le maintient de la dignité humaine ( Pis ça, ben! Ça inclut les p’tits vieux! )

Projet Bradbury

Le Projet Bradbury vient originairement de l’écrivain américain Raymond Douglas « Ray » Bradbury (22 Août 1920 – 5 juin 2012). Sur Wikipédia nous pouvons lire que Monsieur Bradbury :« … est particulièrement connu pour ses Chroniques martiennes, écrites en 1950, L’Homme illustré, recueil de nouvelles publié en 1951, et surtout Fahrenheit 451, roman dystopique publié en 1953. »

En ce qui me concerne, j’ai connu ce projet par hasard sur le Blogue Page 42 de Neil Jomousi. D’ailleurs, je vous invite à visiter le site web afin d’avoir la chance de connaître les raisons qui ont poussé l’auteur à se lancer à son tour dans ce projet fou et de lire le bilan de son année!

Donc, l’explication de ce fameux projet est fort simple. Le participant s’avance sur un territoire inconnu afin de réaliser un marathon d’écriture de 52 nouvelles étalé sur 52 semaines. Ainsi, au bout d’une année complète, nous avons un roman de 52 nouvelles à notre disposition et nous nous sommes permis d’apprendre notre art, de nous y exercer dans la discipline et de nous améliorer en rencontrant toute sorte d’obstacle.

Non seulement nous devons nous plonger physiquement sur l’exercice, mais nous devons le répéter durant 52 semaines entières! Trouver de nouvelles histoires, de nouveaux personnages et de nouveaux territoires. Peut-être, s’agit-il d’un bon moment pour explorer aussi différents styles d’écriture (Narrateur présent/ absent) ou les différents genres (Sciences-fiction, fantasy, policier, romance, etc). Notre seule limite est la production durant 52 semaines!

Évidemment, ce projet est non seulement là pour nous éprouver, nous faire réussir, mais surtout afin d’apprendre notre métier celui de l’écrivain. Ce qui m’amène à insérer la phrase de Ray Douglas Bradbury qui a inspiré et m’inspire à mon tour pour ce défi gigantesque:

“Écrire un roman, c’est compliqué: vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose: vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible.” –Raymond Bradbury-

Je vous invite à écouter ce vidéo. Cet auteur est vraiment incroyable.

An Evening with Ray Bradbury 2001

Les coulisses de Acheri

 

D’où est venue l’inspiration pour cette nouvelle? Comment ai-je construit la trame, les personnages, l’univers? Quel était le message ? Comment ai-je transposé une idée sur papier? Comment ai-je réalisé mon premier projet d’écriture ?

Dans ce billet, c’est ce que je vous invite à découvrir: les coulisses de Acheri. C’est-à-dire l’arrière-scène de la recherche, de la création, de la mise en œuvre et la publication de ma première nouvelle en tant que nouvelle née de l’écriture.

Dans mes premiers déboires de rédaction, j’ai cherché un défi. Une courte nouvelle que je pouvais ensuite publier sur mon groupe Facebook d’auteure afin d’y avoir un petit lectorat – des amis(es) surtout. L’idée était de permettre à mes abonnés (es) de choisir le genre littéraire. Le choix de ce dernier était de genre fantastique.

Mes recherches ont débuté par l’inspiration d’une image. Créature mystique, créature fantastique, etc. Je cherchais une légende, un conte, un court texte sur un être mystérieux vivant auprès des hommes pour bâtir l’histoire. Je suis tombée sur Acheri. Un enfant-squelette habillé de chair et qui par son ombre, prenait la vie des enfants.

La légende d’Acheri trouve son histoire dans plusieurs cultures : Japon, Inde, Amériques. Je me suis surtout informée sur des éléments de légende Cherokee. Cependant, elle était incomplète. Pour moi Acheri était injustement traité. Alors je me suis mise à réfléchir à une autre adaptation. Évidemment, cette recherche à pris plusieurs heures. L’important est de bien structurer son histoire, figer son personnage et bien visualiser l’environnement. Avec ces éléments j’avais un bon départ sur mon défi. Il y a plusieurs heures, voire plusieurs jours pour la recherche. Dans mon cas, trois jours.

J’ai consulté mon aide d’écriture ( mon grand-frère ). C’est d’ailleurs lui à qui revient la finale. Nous nous sommes interrogés sur l’éventualité d’abattre un esprit, un démon, un être maléfique…Comment devons-nous nous y prendre normalement? Était-ce comme le soutenaient les histoires autour de Acheri, relié au ruban rouge? l’attaché et la laisser s’évaporer dans l’atmosphère? Se protéger contre elle en portant simplement du rouge? N’y avait-il pas une autre façon de prendre contact avec cette petite fille squelettée?

Bien sûr il y avait un moyen de prendre contact! D’où la nécessité de faire travailler nos méninges en tant qu’artiste et transmettre notre poésie, notre vision des éléments…

Au moment où les indices s’entrecoupent et que je distingue limpidement l’histoire et les relations, mon adaptation pouvait prendre forme. Alors vient la phase de la création.

La légende de l’enfant squeletté raconte l’histoire d’un arrière grand-père qui trouva une solution hors du commun pour combattre la terreur d’Acheri.

Acheri crée le chaos dans le village. L’arrière grand-père a une décision à prendre : Suivre les conseils du clan ou suivre sa propre logique. La légende de l’enfant squeletté est un conte de valeur humaine qui met en opposition : haine, colère, respect, et don de soi.

Une fois la création terminée, il faut réviser: voir la cohérence du texte, le lien entre les personnages, revisiter les épreuves, le but, la finale. Il faut s’assurer que tout soit bien enligné, cohérent et lisible. Il est dur de sortir des idées de sa tête. Il est encore plus dur, ensuite, de faire comprendre à un tiers ses idées.

Mon vaillant acolyte est le meilleur outil pour valider cette phase. Mon grand frère est un lecteur exigeant. Il faut que cela soit simple, right to the point et poétique. Il ne perd pas son temps à lire un texte inutilement. Même pas celui de sa petite soeur si c’est impertinent! ( Ouf!)

Une fois que la création est faîtes, une première correction par nos moyens il vient ensuite le temps de laisser son texte à un expert: le correcteur. Je peux vous assurer que si c’est dur laisser un membre de sa famille lire son texte c’est encore plus difficile un étranger.

Préalablement j’avais publié mon texte sur mon groupe d’abonnés, mais devant l’absence totale de réaction c’est là que j’ai osé pousser le projet plus loin. J’allais donc le publier. C’est à ce moment que s’incrusta dans ma tête l’impasse de mon rêve: si personne ne me lit, je ne serais jamais une écrivaine. Mais j’ai pris le risque. J’ai risqué d’essayer quelque chose. J’ai osé vivre! J’ai osé exister!

Ainsi, la phase de trouver un correcteur … J’ai fouillé parmi mes contacts, parmi des sites web, parmi des maisons à compte d’auteur et j’ai finalement arrêté mon choix sur une personne qui travaillait vite et bien. Mes balises pour faire le choix étaient simples:

  1. La personne devait m’inspirer confiance;
  2. La personne devait avoir les qualités requises (bonne analyse syntaxique, professionnalisme, connaissances de la grammaire);
  3. Un correcteur qui vous offre en plus son opinion sur votre texte, des changements de vocabulaire, un intérêt pour la cohérence de votre texte est un bon correcteur;
  4. L’argent n’est pas toujours la bonne carotte pour les attirer. Il faut garder cependant une ouverture pour la négociation pour que la relation soit gagnante-gagnante;
  5. Respect des échéances.

Finalement, la partie finale est la mise en page, le droit d’auteur, la recherche d’un imprimeur et la vente. Des éléments que devraient étudier sérieusement les auteurs même ceux qui ne sont pas indépendants. Le processus de confection du livre ( physique) est une connaissance essentielle et culturellement intéressante. Un auteur qui ne veut rien savoir de ces étapes manque quelque chose. Un poids de négociation pour de futurs contrats. Il manque une emprise sur son futur métier!

En conclusion, Acheri est partie d’un petit défi que j’ai décidé finalement de mener de A à Z. J’ai grandi et je me suis libérée du poids. Je me suis libérée de lourdes questions identitaires créatives. Aujourd’hui, je monte ma collection contes et légendes puisée à même mon imagination et des éléments de ma culture. Ce défi m’a amené à m’épanouir. Il y a effectivement quelques coquilles que je vais rectifier dans ma prochaine édition. Des coquilles qui m’ont été soumises par les lecteurs. Le lectorat à son importance inconditionnel! C’est après tout pour eux que je forme des histoires sur des pages et des pages. Il faut être très réceptif pour recevoir de bons ou de mauvais commentaires. Réceptif aussi à s’accueillir dans cette vulnérabilité.

Cependant, avant de penser à la réédition, je dois vendre les premiers exemplaires.

Les vendre c’est aussi encourager les artistes qui ont travaillé sur le projet. Encourager les artistes c’est me permettre de leur redonner de futurs contrats. C’est une chaîne dîtes indépendante, mais elle est au contraire plus dépendante que vous ne le croyez.

 

Résumé de Acheri- La légende de l’enfant-squelette

Acheter le livre

Regardons, ensemble, la Voie Lactée

Une nuit profonde m’enveloppait. J’ai levé les yeux vers le ciel. Tranquillement mon oeil s’habituait à la pénombre, je fus ébloui par des milliards de points lumineux. C’était un tableau merveilleux, scintillant et apaisant juste au-dessus de ma tête. Le temps était arrêté. Toutes mes préoccupations s’étaient volatilisées. Comme si, sur une étoile j’avais accroché mes peurs et mes angoisses et qu’ils étaient désormais loin. Très loin. C’est à ce moment que j’ai réalisé que je venais de prendre contact avec l’Univers.

 

Lire et comprendre le ciel ne datent pas d’hier. Les premiers astronomes furent principalement des religieux. Ils comprirent le lien qui existait entre le mouvement du ciel et le cycle du jour et de la nuit[i]. Les techniques ont été développées, puis raffinées pour en être grandement maîtrisées. Le calendrier romain, l’époque babylonienne, le calendrier chinois, Stonehenge en Angleterre pour ne nommer que ceux-là… Ce domaine est vaste et rempli d’une histoire riche. Un lieu de sciences, mais aussi de rêve.

D’ailleurs, c’est justement ce dernier qui m’intéresse davantage. Sans toute la connaissance et le matériel sophistiqué de l’astronome amateur, est-il possible de regarder le ciel et de vivre quelque chose de très puissant? Une expérience humaine, planétaire et réconfortante? Oui, connaître, mais surtout la ressentir. Nous formons un tout, mais comment entrer dans ce tout? Comment connecter et vibrer par une seule et même énergie? Nous, bibitte sur deux pattes, regardant nos pieds jour après jour, est-il possible de lever les yeux au ciel et apprécier la splendeur ?

Je peux imaginer vos froncements de sourcils. Non, il ne s’agit pas d’un dogme ici. Plutôt d’une disposition légitime et très humaine de reconnaître le beau d’où nous sommes situés sous la coupole céleste. De plus, les étapes nécessaires à la réalisation de cette expérience humaine sont forts simples.

Vous aurez, tout d’abord, besoin de trouver un endroit loin de la pollution visuelle. C’est important, car vos yeux devront s’habituer à la noirceur. Éviter vos cellulaires ou toutes lampes de poche n’ayant pas la lumière rouge ou bleu (sinon il faut prévoir un délai de trente minutes avant de retrouver une vision nocturne adéquate). Ensuite, étendez une couverture sur le sol et couchez-vous.

Laissez vos yeux faire le reste. Laissez votre esprit vagabonder. Votre corps au repos, oublier votre journée et ses tracas. Accrochez, comme moi, vos préoccupations sur une étoile et dites-leur adieu. Vous êtes en communion avec le firmament, avec la planète terre et ses habitants. Regardez ces points blancs à votre zénith. Captez ce tableau et gravez-le dans votre conscience. Tout l’horizon vous appartient. Vous êtes libres. Vous êtes légitime. Vous êtes terriens et comme des milliers d’autres avant vous permettez à cette cérémonie de se perpétuer. Vous entrez dans le tout de chaque chose. Vous vivez et respirez à l’unisson avec la vie.

Comprenez que ce moment est privilégié. Il n’y a rien d’autre qui compte à par vous et cette sensation de bien-être. Vous avez arrêté le temps. Vous profitez de l’instant présent. Vous voyagez sur ce vaisseau spatial bleu et blanc dans l’Univers. Vous êtes le conducteur et son passager. Vous vous sentez petit, mais vous êtes grand. Une unité essentielle à la chaîne du tout. Vous êtes précieux.

Peu importe nos origines, nos croyances, nos combats et nos cicatrices, voilà cette chose que j’ai apprise en observant l’espace infinie: même quand on croit que les ténèbres nous ont rattrapés, qu’on ne voit plus rien, que nous sommes perdues…Il s’agit simplement d’un nuage qui traverse, nous camouflant la Voie lactée, notre moi profond. Cependant, le nuage passe et le ciel étoilé revient toujours.

[i] Guide Pratique Astronomie, lire et comprendre le ciel, Édition Sélection Reader’s Digest, Dav id H. Levy préface de Hubert Reeves, 2013. 288 pages.