Histoires d’un bloc # 5

Le chat qui passe proche de se faire empailler

Pô dort sur ma commode, mais pas avec moi. Je me suis dit bon…au moins là il est tranquille. Il ne dit pas un mot et mes orteils sont tranquilles pour la nuit. Je me vente à qui veut l’entendre que Pô a élu son dodo place là et même si j’aimais qu’il dort coller…on fait avec, c’est lui le boss. Toutefois, après quelques jours je remarque quelques petits morceaux blancs sur ma commode…et c’est la que l’inévitable m’enlève les mots de la bouche. Pô grugeait les coins de ma commode! Ah le p’tit Tbank! Vite le vaporisateur éloigne minou. Un goût de citronnelle plus tard et une porte fermée, le chat devrait bien se calmer ? Eh bien non! Je dépose trois secondes mon livre que je dois lire et là, sous mes yeux, les minis dents de mon bébé chat sur le coin du livre. Et je vous jure, je me suis mise à pleurer. Moi qui ne prête jamais un livre. Moi qui a horreur du coin replié. Moi qui serais la première à faire une fondation pour livre martyrisée…La mon espèce de bête poilue à passer proche d’être empaillé.

J’ai essuyé mes larmes, remis mon livre dans ma bibliothèque dégoutée. Le temps va passer et peut-être, je dis bien peut-être je vais réussir à le lire et passer par dessus de cet ÉNORME TRAUMATISTE.

 

Ti-couli p’tit peu dégoutant

Commençons cette histoire depuis le début. Et ça commence avec Pô (évidemment! Tout commence à cause d’un chat) Pô a une petite balle qui fait schroutch schroutch et elle s’est prise sous le four. De ma bonté d’âme, je décide de me pencher pour aller la récupérer( surtout qu’il miaulait à qui voulait l’entendre que la balle était sous le four) mais même avec une perche je n’arrive pas à l’atteindre.  Alors je décide de tout déplacer pour aller la récupérer. Mais au moment de tasser l’énorme four, j’en oublie de débrancher ma bouilloire. La bouilloire tombe, elle éclabousse Pô et moi, mais ne vous en faites pas la petite balle était saine et sauve.

Le capot de ma bouilloire étant brisé, un grand nuage de vapeur sort de cette dernière quand vient le temps du thé. Ma bouilloire sur le comptoir sous les armoires de la cuisine m’offre cependant un spectacle des plus dégoutants. À cause de la vapeur, les armoires du dessus se sont mises à dégouliner…d’un liquide jaune écoeurant! Pour un appartement rénové et frais peint…on repassera!

La laveuse de la colère

Il y a bien une chose dont j’ai un peu de la misère à m’organiser. Un peu? Non. Je vais être sérieuse. J’ai beaucoup de misère à m’organiser pour cette chose-là. Le lavage! Dans mon ancien appartement, j’avais une laveuse et une sécheuse. Un petit duo de machines acheté de ma poche. Toufois, là ou j’ai déménagé il n’y a pas de tuyaux disponibles pour cet usage. Fini les lavages rapides dans la pièce adjacente. Désormais, je dois descendre au sous-sol, mettre de l’argent sur une carte et amener ma besace lourde et puante de la semaine.

Je me suis acheté un petit panier sur roulette IKEA. Très pratique, mais peu solide et bruyant. Alors j’ai tenté des poches de linges…Mieux, mais lourds. De plus, avec les poches en tissus j’ai l’impression de faire moins p’tite vieille qui a mal dans le dos et qui va faire son lavage le lundi matin ( image déprimante je m’en excuse).

Mais voilà ce qui s’est passé cette semaine. J’ai sorti de mon appartement les poches sous les bras, ma carte dans la bouche et mon trousseau de clés de secours dans un doigt. J’arrive en bas. Défais le cadenas de ma case. Débouche l’eau de javel et le savon à vaisselle dans une acrobatie digne des Olympiques. Installent mon foutoir dans les laveuses et gosse plus ou moins trois minutes avec la carte magnétique que je ne saisis toujours pas l’utilisation.

Pas assez de fond.

Merde. Je sors de la place , va à l’ascenseur, retourne au troisième étage pour aller chercher ma carte de crédit. Descends en bas et je me dirige vers la machine pour booster la carte magnétique.

Erreur.

Je recommence.

Erreur.

Aie! J’ai de l’argent sur ma carte ciboire

Erreur.

Je retire ma carte, retourne à l’ascenseur, va au 3e étage, rattrape Pô qui s’évade dans le couloir, prend ma carte débit, redescend en bas, retourne à la machine.

Erreur.

AHHHHH!

Erreur.

Reboot la machine.

Attends.

Patiente.

Patiente pu.

Recommence.

Erreur.

Je fou mes cartes dans mes poches, remets mon cadenas sur ma case et retire mes vêtements humides pour les retourner dans les poches de lavages. Je prends la ferme intention de marcher jusqu’à mon ancien appartement pour profiter de ma laveuse et de ma sécheuse. En plus, 5$ le lavage ça commence à couter cher!

 

PERMETS QUE JE CHEMINE DANS LA BEAUTÉ

Ô Grand Esprit,
dont j’entends la voix dans les vents
et dont le souffle donne vie au monde entier,
écoute-moi.
Je suis petit et faible.
J’ai besoin de ta force et ta sagesse.

Permets que je chemine dans la beauté
et que mes yeux restent fixés sur les feux rouges
et pourpres du soleil couchant.
Donne à mes mains le respect des choses que tu as créées
et à mes oreilles une plus grande sensibilité au son de ta voix.

Donne-moi la sagesse,
afin que je puisse comprendre les choses que tu as enseignées à mon peuple.
Permets que j’apprenne les leçons que tu as cachées
dans chaque feuille et chaque pierre.

J’aspire à être fort, non pour surpasser mon frère ou ma sœur,
mais pour lutter contre mon pire ennemi, moi-même.
Permets que je sois toujours prêt à venir à toi
avec les mains propres et l’œil clair,
de manière qu’au moment où ma vie déclinera comme le soleil au couchant,
mon esprit puisse venir à toi sans aucune honte.

Grand Esprit d’amour,
viens à moi avec la puissance du nord.
Donne-moi le courage d’affronter les vents froids
de la vie lorsqu’ils s’abattent sur moi. […]

Esprit qui te lève à l’est,
viens à moi avec la puissance du soleil levant.
Permets que la lumière soit dans mes paroles,
permets que la lumière soit sur la voie que j’ai empruntée. […]

Grand Esprit de la création,
envoie-moi la chaleur apaisante des vents du sud.
Réconforte-moi et caresse-moi
lorsque je suis las et glacé.
Étreins-moi comme tes douces brises
étreignent les feuilles sur les arbres. […]

Grand Esprit qui donne la vie,
je me tiens face à l’Ouest,
dans la direction du soleil couchant.
Permets que je me rappelle chaque jour
qu’un moment viendra où mon soleil se couchera.

Ne permets jamais que j’oublie que je suis voué à me fondre en toi.
Donne-moi une belle couleur,
donne-moi un magnifique ciel au couchant,
et quand viendra le temps de te rencontrer,
je viendrai à toi dans la gloire.

Et Toi qui es la source de toute vie,
je te prie sur cette terre
de m’aider à me souvenir tout au long de mon séjour sur terre
que je suis petit et que j’ai besoin de ta pitié.

Aide-moi à t’être reconnaissant de m’avoir fait don de la Terre
et à ne jamais y cheminer
en portant préjudice au monde.
Accorde-moi d’aimer ce qui provient de notre mère la terre,
et apprends-moi à aimer ses présents.

Grand Esprit des cieux,
élève-moi jusqu’à toi,
que mon cœur puisse t’adorer et venir à toi dans la gloire.
Rappelle à ma mémoire que tu es mon Créateur,
plus grand que je ne suis,
désireux de m’offrir une bonne existence.

Permets que tout ce qui existe dans le monde
élève mon esprit, et mon cœur, et ma vie vers toi
afin que nous puissions toujours venir à toi
dans la vérité et la sincérité.

Eknath Easwaran, Les grands textes spirituels du monde entier,
Fides, 1997, p. 175-178.

 

Désobéissance

 Obéir: Se soumettre à quelqu’un ou quelque chose.

 

Il vient un temps, peu importe notre âge, qu’une loi ou un règlement voire un ordre nous met mal à l’aise. Nous sommes irrémédiablement pris d’une crise d’urticaire quand il vient le moment d’obéir ou non…Et vous, pensez-vous qu’il faut obéir en tout lieu et toute circonstance à ceux qui édictent la loi? Où seriez-vous, tout comme moi, pris d’une irrésistible envie de désobéir et de fonder vos décisions sur votre conscience?

Voilà près d’un an que je suis un conférencier superbe sur le développement personnel. Son mot d’ordre: désobéissez! Ce mot est troublant! Ce mot m’indispose!! Moi qui suis une parfaite petite fille et qui suis une femme tout aussi obéissante que juste. Moi désobéir? Voyons! Toutefois en vieillissant nous avons de nombreuses occasions d’éprouver ce nouveau paradigme. Des situations ou révoltées nous refusons d’obtempérer à l’ordre établi. Printemps érable et autres manifestions sociales prouvant bien notre besoin humain de se rassembler, marcher dans les rues et scander des slogans crus, authentiques et révélateurs. D’accord. Une marche pour la fierté gaie ça se « tolère »ou une marche pour les conditions de travail ça «défoule », mais dans la vie de tous les jours, désobéissons-nous? Est-ce que nous devons afficher qui nous sommes, dans notre être, une fois par année dans une parade contrôlée? Je ne critique pas ce geste et ça force et son utilité, mais est-ce suffisant? Ne devrais-je pas voir ces manifestations tout au long de l’année? Est-ce que désobéir veut dire peser sur la pédale d’accélaration et d’envoyer promener le policier qui donne la contravention?

Vous pouvez le faire évidemment et vivre les conséquences. Toutefois je me fais une autre idée de la désobéissance. Je ne parle pas de la désobéissance civile, politique ou morale, mais bien d’une désobéissance personnelle et libératrice. C’est-à-dire vous envers vous. Vous avez vos goûts, vos valeurs et votre conscience. Par exemple, dois-je accepter toute convention sociale ou religieuse( le sapin de Noël, les cadeaux, etc) ? Non! Je peux décider de ne rien faire de cela parce qu’elle ne m’apporte rien. Encore plus loin, puis-je accepter de vivre une vie en couple, mais seule? Bien sûre, je peux avoir mon logement et lui le sien. Créer une vie entre les deux logements.

Je me suis demandé si je pouvais désobéir à l’éducation de mes parents. Si je pouvais me créer un monde à moi? Prendre soin de moi comme je l’entends ou je l’entends? Remettre son éducation et sa socialisation familiale en question est une grande épreuve. Surtout un grand saut. On le remet rarement en question cette partie-là. Par exemple, un ami me disait l’autre jour que lorsqu’il revenait de travailleur il était toujours fatigué. Mais il devait préparer le repas et faire une activité jusqu’à huit ou neuf heures ou il tombait des clous sur son divan. Et ce même ami mets revenus en me disant qu’il allait dormir dès qu’il arriverait à la maison jusqu’à six heures et qu’après il mangerait et ferait ses trucs.

– Super! C’est une bonne idée.

– Mais je me sens mal.

Pourquoi se sentir mal? Parce qu’à travers son éducation, il faut tout de suite enchainer le souper et les activités du soir en arrivant de travailleur. De cette façon, il ne pensait pas  »perdre sa soirée » à dormir. Le lendemain, mon ami m’a dit qu’il avait travaillé sur ses projets jusqu’à 23heures. Qu’il avait de l’énergie et qu’il était heureux le lendemain parce qu’il avait l’impression d’avoir réalisé quelque chose. Pourtant, il s’était couché de 16h30 à 18hoo. Simplement banal?Hum…Je ne crois pas!

Désobéir ne veut pas dire transgresser une loi, mais d’écouter notre conscience et notre bien-être. Ne pas suivre le troupeau et de faire ce qu’il nous plaît, quand cela nous plait, de la façon qui nous plait. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler du lundi au vendredi et de s’amuser le weekend. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler de jour quand on n’est pas des lèves tôt. Désobéir ce n’est pas faire comme tout le monde. Désobéir s’est l’obligation d’obéir à une seule et unique loi: nous-mêmes.

 

Écrire moins, mais mieux

Je me rappelle mes débuts. Tout était gauchement écrit, mais j’écrivais beaucoup. Des pages et des pages d’idées. Des idées facilement reçues et conçues par mon esprit. Tout semblait aller à merveille, j’étais prête à ma première critique. Puis, quand vint enfin ce moment incroyable où j’imaginais une foule d’amateur m’applaudir il ne se passa rien. Au contraire, de la réussite, j’avais échoué. Mes phrases étaient drôlement composées, des mots inutiles remplissaient l’écran, trop volumineux, gauche et incompréhensible. Je me relisais et c’était vrai. Les premiers commentaires m’avaient dévasté, mais c’était vrai. Plutôt que d’abandonner ma passion d’écrire, j’ai craqué mes jointures, but un verre d’eau glacée et je me suis attablée au travail. Qui a dit qu’être écrivaine était facile? Évidemment. Personne.

Avant même de tomber dans la technique, avant même d’aller faire un certificat en création littéraire, avant même d’espérer percer comme votre auteur préféré…il faut écrire. Bien écrire. Je ne parle pas d’orthographe (mais essentiel celle-ci se posera tôt ou tard). Avant même de faire le meilleur plan, il vous faut considérer d’écrire moins, mais mieux.

Qu’est-ce que j’entends par là? N’attaquez pas un roman tout de suite. C’est gros et ça demande une bonne préparation. Si vous débutez dans l’écriture, faites de courtes histoires. Penser les mots. Chercher les mots. Construisez une phrase à la fois. Une idée à la fois. Ce mot remplit-il son rôle? Cette phrase complète-t-elle mon idée? Ce paragraphe est-il clair?

Écrire moins, mais mieux c’est se concentrer et être présent sur chaque élément. Les écrivains aiment les mots. Ils jouent avec. Inutile d’utiliser des styles poétiques ou autres complications françaises de la langue. Ouvrir un dictionnaire, regarder la signification et essayer d’entrer ce mot dans un contexte. Plutôt que d’utiliser sans fin les mêmes expressions, ouvrez le dictionnaire de synonyme et de cooccurrence et explorez de nouvelles pistes.

Trop de mots. Trop de pages. Quand on est débutant, c’est risqué. Atteindre un objectif de mots ou de pages au début c’est risqué. Oui, une page, deux pages par jour pour vous encourager à vous asseoir et écrire c’est bien. Mais ce n’est pas cet objectif qui fera de vous un bon écrivain. Il vous suffit juste d’une phrase au final. Une phrase qui a été cherchée en sens et en authenticité. Une phrase qui a les bons mots. Une phrase qui vous parle.

C’est pour ça que j’ai commencé par des nouvelles. Je me suis dit : un petit format est l’idéal pour concevoir et apprendre une trame psychologique. Découvrir les éléments essentiels pour faire une histoire. Je ne débattais pas avec des actions interminables, mais juste des scènes dont j’avais cherché le sens exact. Sans sous-entendus. Sans confusion. Je n’aime pas le flou dans un livre. Mais pour savoir comment ne pas reproduire ce que nous n’aimons pas, faut l’essayer. Faut le travailler. Faut prendre son temps. Comme un jardin sans entretien depuis des semaines, l’écriture peut se voir pousser de la mauvaise herbe. Des mots et des phrases inutiles à son avancement lourd à la lecture.

Faites confiance à votre jugement. Prenez votre temps. Explorez différentes solutions. Les mots ne demandent que nous les associons, construisions et les détruisions.  Ils demandent à prendre vie. Composer votre idée. Prendre parole au nom de votre esprit.

Histoires d’un bloc # 4

Où est Charlie?

Elle était là sous mon nez, cette chose puante et indésirable de mon quotidien. Dans son contenant de plastique gris riant de moi et de ma tête matinale. Je la prenais d’une seule volée et m’en débarrassais dans le sac prévu à cet effet. M’en débarrasser?! C’est tout ce que je souhaitais. L’odeur nauséabonde qui restait à jamais gravée dans mes plus atroces cauchemars. Je marchais avec le petit sac rempli jusqu’à la fente tout aussi dégoutante. J’ouvris la minuscule porte et c’est dans un trou noir que j’abandonnais le sac de crottins de Pô.

Il est possible de faire de la poésie avec de la crotte de chat? Il est possible de pleurer aussi devant notre quotidien de propriétaire d’animal. Mais, une chose à laquelle nous ne pouvons échapper, laisser la crotte dans son bac gris. Un chat contrairement à un chien, est très propre. Il apprend très vite, à l’exception de quelques jeunots retirés trop vite de maman, à s’occuper de ses besoins vitaux. En plus d’être très propre, Minet est aussi un invité de marque. Il n’apprécia guerre que la litière n’est pas changer sinon gare à vous serviteur humain j’irai faire ma crotte sur votre beau tapis.

Ainsi, jour après jour, au matin entre mon café et mon brossage de dents je vais faire la boîte à poupou de Pô. Ce matin, étrangement, l’archéologie dans la litière agglomérant me fit rire. ( Bon disons plus de la spéléologie sauf qu’il me manquait le masque et le tuba ) Je cherchais littéralement de la crotte ou les amas d’urine. Avec comme seul équipement ma petite pelte qui faisait office d’un tamis pour récolter le plus de gros caca possible, j’étais à la recherche de l’estimable besoin de ma bête.  Je faisais chaque coin, centimètre par centimètre. Je grattais en diagonale, faisais chaque rebord minutieusement. Et cela me rappela la légendaire bande dessinée qui me frustrait lorsque je fus plus jeune. Nous avions tous des trucs pour trouver Charlie, le bonhomme sans goût vestimentaire. C’est perturbé et avec une pointe d’humour que je m’y prenais de la même façon. Faut croire que les institutrices avaient tort, les bandes dessinées nous offrent une grande culture générale…

 

De bruits et de silences

Dès la première nuit dans notre tout nouveau chez soi, nous aurons à affronter le même ennemi: Le bruit/ Le silence. Fort à parier que cette toute première aventure vous laissera des séquelles. Cependant, après plusieurs tentatives, la fatigue aura raison de votre intellect débordant d’imagination et vous tomberez endormi durement à l’endroit où vous serez posté en guet.

En repensant à mon premier dodo dans l’appartement, je ne suis pas du tout surprise de mes réactions. Comprenez-moi je suis de nature très insomniaque. Alors, me retrouver dans un endroit inconnu et aux nouveaux bruits…Tous les éléments sont réunis pour un sommeil plus que très léger.

J’étais installée dans le salon, le matelas gisait sans grâce au beau milieu de la pièce. J’avais une lampe qui trainait sur le sol. Si cette dernière n’avait pas été aussi forte, je l’aurais gardée allumée toute la nuit! Mais telle ne fut pas le cas. J’observais à la place la lumière ambiante de la rue. Des lampadaires dignes des plus belles scènes de meurtres. Je tournais sur mon lit improvisé aux augets des moindres bruits. Une automobile. Une clé dans une serrure. Le bruit de la manne qui se fracasse le bout du nez sur la vitre…Je n’entendais plus mon ancienne locataire gonflée et j’étais déboussolée. Plutôt le grincement du plancher dans le couloir. Des voisins revenaient de faire la fiesta et cela me confirma du même coup que ce n’était pas uniquement un bloc soixante ans et plus.

Les yeux grands ouverts dans la pénombre et un cerveau en ébullition j’imaginais des plans terribles contre mon endroit. La concierge était peut-être une vilaine trafiquante d’organe ou pire des voisins cleptomanes! Je devais cacher mes objets précieux. Mais entre un matelas, une lampe et une spatule, le choix n’était pas reluisant pour un voleur.

Comment j’allais survivre à la première nuit? Et si chaque nuit, j’écoutais les bruits dans cet endroit et que je ne trouve jamais le sommeil? ( question existentielle d’une insomniaque), Mais plus je réfléchissais plus j’étais obsédée de trouver d’autres bruits. De trouver tous les troubles sonores qui allaient me convaincre que je ne serais jamais chez moi ici. J’avais peur. J’avais peur de la noirceur et des bruits qui s’y camouflaient.

Je me souvenais alors de cet évènement à la garderie. Avec une jeune amie, nous avions trouvé amusant d’aller dans une armoire. Elle avait refermé la porte, mais étrangement les trous en métal qui servait d’ouvrir celle-ci était absents à l’intérieur. La panique je ne vous dis pas! Il faisait noir. Le son était dans les bases fréquentes et mes oreilles bouillonnaient. Il faisait chaud et j’avais cru crever. Heureusement, la gardienne avait vite repéré notre escapade dans le meuble et nous avait secourus.

C’était cette impression-là que j’avais dans ce logement. Et j’attendais ma gardienne qui vient me retrouver pour me secourir de ma prison. Mais elle ne venait pas. J’étais une adulte aujourd’hui et je devais affronter mes peurs. Puis, sans s’y attendre, entre le dixième et le cinquantième scénario d’horreur mes yeux se fermèrent. Probablement que je ronflai toute la nuit. Le lendemain matin, reposé, mais cernée, mon frère me questionna sur ma première nuit. Tout ce que je réussis à dire c’est que j’avais survécu. Je pouvais désormais barrer sur ma liste de chose à faire : survivre à ma première nuit. Ensuite, les nuits furent plutôt calmes. Jusqu’à l’arrivée de mon petit panda; Pô-La-terreur-Nocturne.

Histoires d’un bloc # 3

19h28. Un jeudi banal. Je suis installée dans ma voiture. DeadMouse dans mes speaker. Le volume est fort. Il ya des moments quand notre esprit surchauffe, que la semaine a été merdique et que la seule façon de décrocher c’est de se stationner quelque part, mettre de la musique dans le tapis et regarder les gens passer (pas trop longtemps et pas trop fixement hein? Sinon ils préviennent la police).

C’est mortel au boulot ces temps-ci. Aucun contrat ne rentre, la machine à plaque brise…je tourne en rond. J’ai des pauses prolongées. Je finis la métaphysique des tubes de Northomb. Puis plus rien. Le vide.

Je n’ai pas l’énergie d’avancer mes projets. Je ne suis pas chez moi, dans mon bureau ou devrais-je dire dans ma grotte. C’est normal après tout. J’écris qu’à des endroits spécifiques qui me permettent de bien former ma bulle.

Et là je me mets à réfléchir à qu’est-ce que je pourrais bien vous dire cette semaine au sujet des histoires d’un bloc. Ma télévision a été installée cette semaine (j’ai enfin su comment ça marchait cette patente-là), j’ai lavé les murs à grand coup de mope et d’eau de javel (ancien fumeur et l’odeur est coriace. BEURK)…Il me reste toujours à trouver des pôles de rideaux pour mes fenêtres, mais je commence à être cassé. Un déménagement, ça coûte cher. Faque les voisins auront une chance limitée de me reluquer sans gêne. Enfin…au troisième étage j’ai quand même de la chance.

Tous les soirs  de la semaine, je rentrais chez moi, mangeais un truc vite et je m’installais devant Sex and the city jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls. Platonique vous dîtes? Non. Emmerdant dans le sens le moins propre qui existe!

Alors quoi vous racontez pour le numéro trois? Ma vie dénuée de sens…Mais c’est une chance pour vous. Je suis écrivaine. Et les écrivains aiment ce qui est banal afin de le rendre attrayant.

Un sofa qui viole ton intimité

Je recevais vendredi mon nouveau divan. Un grand trois places gris et un fauteuil agencé. Je veux vous parler de mon rapport ( malsain ou pas) avec les étrangers qui pénètrent dans mon salon. C’est simple. Je n’aime pas les inconnus chez nous. Même si c’est un ami d’un ami et encore moins un livreur. Pire deux livreurs. Ils entrent chez toi avec leur soulier sale, s’installent à ta table comme si rien n’était, pousse tes trucs, regardent et commentent les lieux.

Amène le divan, arrange-le et va-t’en! Je suis dure. Je le sais. Mais ce petit nid intime que j’ai construit ne doit pas être souillé d’une quelconque façon.

En plus, des livreurs qui te charment. Pardon, qui tente de te charmer. En temps normal, tu ne serais jamais monté ici, avec moi, dans ce salon et sur ce sofa. Alors, reste professionnel et évite les sous-entendus. Tu n’es pas le bienvenu. Si j’avais pu, je l’aurais hissé moi-même jusqu’au troisième étage. Mais à ce prix-là, on aime bien que la livraison soit incluse.

Un malaise? Pourquoi ce malaise? Êtes-vous comme moi? Appréciez-vous les livreurs mettent les pieds sur le paillasson de votre entrée de maison? Les laisseriez-vous sans grincer des dents dans votre salon? Moi en tout cas, c’est clair!

Quand la poussière retombe

Une semaine passe, puis deux et maintenant trois. Est-ce que le quotidien revient rapidement? Est-ce qu’on se sent chez soi? Fier et accompli dans ce nouveau lieu? Sommes-nous au contraire perdus, désorienter et déprimer? Quand le Jet Lag termine ses effets, qu’est-ce qu’on est censé ressentir?

Trois semaines ont passé. Oui la poussière est retombée. Mais je sens toujours l’excitation du début. Je tourne et tout a été soigneusement choisi par moi. Les rideaux, les meubles, le divan, le tapis…tout! Je me sens chez moi. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. Ici ce sont mes règles. J’y fais ce qui me plait. J’invite qui me plait. Sans être jugé. Je ne suis ni chez papa ou maman ni chez frérot. Ni dans le sous-sol d’une Italienne. Et je le vis seule.

                Je crois que cette expérience n’aurait pas été un aussi grand succès (du moins pour ce que j’en vis pour le moment) si j’avais emménagé avec quelqu’un. La solitude. L’incroyable frousse d’être seul. Vide. Inutile. Dans un grand appartement, cette sensation peut paraitre insurmontable. Toutefois, je du m’adapter à ce vide. Peu importe ou je regarde…il n’y a en effet que moi. Autant apprécier ma présence tout de suite et passer à autre chose n’est-ce pas?

                Pour ceux qui ne l’ont encore que peu ou pas du tout expérimenter, il n’y a pas mille et un trucs pour passer au travers de cette épreuve. Le temps fait bien les choses. Tenez-vous occupée. Décorez! Adoptez une petite bête à poil pour de la chaleur au retour du boulot.

En plus, vous ne vous ennuyiez pas puisque si vous êtes un peu comme moi, tout est à apprendre. Je n’aime pas cuisiner. Bien là je le dois parce que la poutine c’est bon, mais ça finit par faire de grosses fesses. Explorez votre bloc ! Le ménage! Le lavage! Marcher le tour de votre immeuble. Trouvez-vous de nouveaux endroits préférés. Sentez la brise du vent sur votre balcon ou la sécheresse aride du désert!  Il y a tant à faire  et tant à découvrir dans ce nouveau chez soi. Moi j’y ai trouvé mon coin sécuritaire, confortable et rempli d’amour. L’important c’est de s’y sentir bien que vous soyez comme moi au troisième ou au centième étage.

Des nouvelles de Pô…

Je ne peux passer outre de vous en dire un petit peu quand même!? Sinon je ne serais pas une vraie célibataire! La petite Furie continue de me réveiller à 5am. Manger, jouer ou juste signifier sa présence. Il grimpe sur mes nouveaux meubles ( ah? Un chat, ça escalade les divans??), il vole mes bas pis sacrément vite à part de ça et il…rapporte la balle. Non, mais sérieux. Je lance. Il l’a ramené. Je lance. Il l’a ramené. Ça dur des dizaines de minutes ainsi!

Oh! Et! J’ai fait ses griffes!! La chose la plus terrible de ma vie. Tu ne le touches pas encore, mais il hurle à la mort comme ce n’est pas possible. Mon frère m’a aidé en l’enroulant dans une serviette ( c’est qu’il mord le petit coquin). Le gentil frérot en tant que bon électronicien, il m’a même confié l’art d’utiliser ce genre de coupe-ongle. Il semblerait que c’est plutôt similaire à ce qu’il utilise pour faire des câbles électriques…( Ben coudonc! On prend toutes les infos !). J’espère m’améliorer dans les prochaines semaines… et en ce moment, je vois mes divans trembler beaucoup moins à l’approche de mon petit Panda.

Je suis dépressive

Tu n’es jamais de bonne humeur. Tu n’es pas une personne positive. Allez! Give up la vie est belle! Fou-toi de ce qu’ils disent! Tu critiques toujours tout! Ça ne sert à rien de t’en faire avec ça. Tu es une personne qui aime se mettre dans la merde! Envoye! Éclate-toi! Juste cette fois. Tu réfléchis trop. Trouve-toi des solutions. Ben là! C’est facile. Arrête d’attente le bonheur. T’es ben poche! Karine, les mecs s’éloignent de toi parce que tu exiges trop et tu parles trop de toi.

 

Allo. Moi c’est Karine. Je suis dépressive. Toutefois, aujourd’hui, je brise le silence. J’en ai beaucoup sur le cœur. Et beaucoup dans la tête. Ça va faire un an bientôt que je prends des médicaments. Je suis étiquetée trop anxieuse. Et peu de mes amis le savent.

Ces phrases plus haut, on me les a dits. On m’en a dit d’autres plus terribles aussi. Des gens que je croyais être mes amis. Des gens qui étaient proches de moi à une certaine époque. Des gens en qui j’avais confiance. On m’a dit ça dans mes moments de faiblesse. On m’a parlé, conseiller, crier dessus, on m’a abandonné, on m’a plongé dans le silence et l’indifférence…tout pour que je cesse d’être la fille dépressive. Parce que ce n’est pas beau. Parce qu’une personne ne peut décider d’être triste. Il faut que cette personne quand elle est triste qu’elle se sente coupable. Mais tu sais quoi? Cette personne tu ne sais pas ce qu’elle vit. Comme on n’a jamais su ce que je vivais. Ni ma mère ni mon père ni mon frère et encore moins mes amis.

Aujourd’hui ce n’est pas une vendetta. C’est une prise de conscience. Pour moi. Pour toi. Pour les autres. Il y a des gens qui ont des gênes comme ça. Plus dépressif que la moyenne des gens. Il y a des gens qui ont une enfance plus dure. Une famille dysfonctionnelle. Des gens qui ont eu des problèmes de santé. Des traumatismes affreux. Et j’en passe. Je ne suis pas la seule et je ne suis pas la dernière. Même que j’essaye de soutenir une personne qui est dans cet état. C’est dur aider les gens. C’est dur de ne pas juste conseiller et lui faire sentir que la solution est si simple. Si évidente. Et alors j’oublie que j’ai été dans sa situation et que je crée le chemin inverse de l’incompréhension et la tristesse.

Quand une personne dépressive ne veut pas de solution. En fait oui, mais ce qui l’a préoccupé c’est d’arrêter de souffrir. C’est tout. Cependant, mon ami-e, je ne connais pas la solution. Je ne sais toujours pas où est le bouton qu’il faut presser pour shut down le système. Je le cherche depuis très longtemps aussi.

Toutefois, il y a une chose que je peux te révéler : crois. Crois en ton for intérieur que tu es guidé par l’amour universel de cette planète. Crois en regardant le ciel que si une lumière s’éteint il y aura toujours une nouvelle lanterne pour toi là-haut pour éclairer ton chemin. Rien n’est définitif. La douleur et la tristesse vont partir d’une façon que tu n’auras jamais prévu. Ça peut-être plus long pour moi ou pour toi. C’est parce que tu as encore des choses à changer en toi. Des choses à apprendre de ce monde avant d’être totalement envahi par la joie. Ce n’est ni bien ni mal. C’est juste ainsi. La vie. Notre esprit. Notre corps. Notre lot quotidien. Je sais que tu es épuisé de souffrir, même parfois sans raison apparente.

Alors, arrête-toi un moment et respire. Éloigne les pensées une à une. Regarde-les dans ton esprit circuler et envois-les se faire digérer plus bas. Ce n’est qu’un passage. Ça et tout le reste. Va prendre un bain chaud et un thé. Mets ta musique et fixe le plafond et respire.

Tu sais? Je souffre silencieusement depuis longtemps. Je souffre de ne pas avoir une oreille pour m’écouter pour révéler mon âme. Même ma psychologue croit me connaitre, mais pas tant que ça. Il y a du blanc et du noir en moi que je montre si je me sens en sécurité. J’apprends. J’apprends depuis plusieurs années. Je veux savoir qui je suis. Je veux comprendre pourquoi je réagis comme je le fais. Je veux comprendre pourquoi je m’éloigne des gens, de ma famille, mes amis(es)…pourquoi ne suis-je pas bien là-bas ni ici. Pourquoi je continue de souffrir malgré tout et me sentir coupable de souffrir.

L’expérience humaine est étrange. Si courte, que nous n’avons pas le choix d’avoir tout en accélérer et intensément. Pour que nous puissions tout vivre. Tout goûter. Tout sentir et ressentir. Voir.

Mais qu’est-ce qui fait que nous nous confions que très peu aux autres ? Surtout dans de tels moments! Il s’agit de notre vulnérabilité qui se pointe le bout du nez. Elle est très belle. Très naïve et authentique. Elle se blesse malheureusement souvent et elle a peur d’aller vers les autres. On pourrait me reprocher d’être trop sensible, on pourrait utiliser ma vulnérabilité contre moi, me faire mal…on ne va pas se le cacher, il y a des gens méchants. Il y  en a toujours eu. Des gens aux paroles comme celle lue en introduction plus haut. Des gens qui ne réfléchissent pas à la portée de leur parole. Des gens qui n’écoutent pas, mais parlent. Parlent quand ils devraient seulement écouter. Parce que la personne dépressive ne va pas résonner. Du moins, si, mais son jugement est brouillé, incomplet, viré contre elle-même.

La personne dépressive garde tout ça en elle parce qu’elle a peur d’être vulnérable et s’ouvrir aux autres. J’ai peur de m’ouvrir aux autres. Et ce n’est pas, heureusement, à tout le monde de me recevoir.

Aussi, avant même d’aller vers l’Autre, il faut apprendre à se vivre. Soi-même avec ses défauts, ses difficultés et ses angoisses. Il faut lâcher prise. Oui, mais comment? Voilà  on entre encore dans les solutions et je ne peux vous en donner. Il vous faut simplement accepter votre condition immédiate imparfaite, mais bel et bien présente. Le fameux aujourd’hui. Le 24 heures à la fois. La minute. La seconde. Carpe Diem. Vous et vous. Uniquement. Simplement. Tendrement. Vous goutez. Vous aimez. Vous consolez. Vous pardonnez.

Est-ce que j’y arrive? C’est beau écrire sur le sujet cacher derrière un écran, mais est-ce que je raconte se peut? Est-ce qu’on se délivrer de ça? De la douleur de vivre? La vérité c’est que je n’en sais  fichtrement rien. Je le désire autant que vous. J’ai trouvé l’écriture pour rassembler mes idées. Je me fais des rendez-vous de création pour juste posséder la matière et ne plus réfléchir (comme la peinture, le dessin, etc). Je le fais pour moi. Personne d’autre. Je me fou de quoi je peux avoir l’air. Je me fou d’être douée ou non. L’important c’est ce que je ressens à l’intérieur. De la chaleur et de la lumière. L’art vous met en contact direct avec votre soi profond. C’est ainsi que la fille dépressive est fière de ce qu’elle est. Heureuse. Surtout, en paix. Vous le pouvez aussi tranquillement, tendrement, joyeusement vous atteindre et vous aimer.

Les médicaments dans tout ça? Parce que oui, j’en ai parlé au début. Les médicaments j’ai toujours eu des appréhensions. Je me disais que si j’en prenais j’allais changer. Devenir folle ou être totalement gelé à longueur de journée. Ça agit différemment pour tout le monde. J’étais très angoissée. J’échafaudai des scénarios catastrophiques et la roue tournait. Je ne m’en sortais pas. Je pleurais. Je ne savais pas pourquoi. J’étais terrifiée de fermer les yeux. Je ne dormais donc pas. Peur de l’extinction. Peur de ne rien réaliser dans ma vie. Peur de demeurer seule à tout jamais. Peur d’être abandonné. Les médicaments ont délicatement refermé la porte. Tout simplement. Je ne suis pas différente. Je suis juste plus calme. Je continus d’angoisser, mais j’ai retrouvé une plus grande lucidité. Mais des médicaments sans d’autres traitements (psychologiques par exemple) ne servent à rien. J’ai beaucoup travaillé sur moi. Parce qu’il n’y a que moi et ma relation avec moi qui compte désormais pour moi. Oui c’est l’égo qui parle. Mais ce n’est plus l’égo qui contrôle mes faits et gestes (parfois oui… :P, mais j’ai une petite cage s’il est trop tannant). L’égo t’aide à survivre, mais il n’est pas un compagnon facile à vivre. Envahissant et avec très peu de jugement. Alors il faut faire son inventaire de vie. Chaque jour. Pour éviter de lui laisser la place de mettre le bordel dans votre tête.

Et on a aussi peur de ça. Se confronter soi-même. Peur de dire qu’on a une famille peu parfaite, qu’on a un copain peu parfait, qu’on a des amis peu parfaits…qu’on subit et qu’on se fait souffrir. Qu’on accepte malgré que nous aimerions refuser. Qu’on dit oui, mais c’est plutôt non qui devrait être dit. Qu’on avale et qu’on s’étouffe. Qu’on se fait des accroires et on ne vit pas avec honnêteté. Avouer nos torts. La seule chose que je peux vous dire c’est que je suis allée trouver de l’aide à tout prix. J’ai dérangé, j’ai questionné, payer des professionnels. Parce que ma santé mentale était ma priorité peu importe le prix à payer. J’allais me débrouiller…Il le fallait. Si j’allais mourir. J’allais disparaitre. Me laisser sombrer à tout jamais et c’était encore plus impossible que d’essayer de vivre.

La force vient quand nous n’avons plus rien à perdre. J’avais tout perdu. Tout ce qui me restait à faire était de remonter à la surface. Le seul choix disponible. Le seul choix envisageable.

Histoires d’un bloc # 2

La construction durant la nuit

Si ce n’est pas le chaton qui attaque mon visage la nuit c’est de la construction nocturne qui me réveil! Il n’y a rien de plus agressant que de se réveiller par les cris de Monsieurs des constructions. Avance! Ok! Coule! Tabar***! Ça bien l’air que les rues de Montréal sont bloquées partout et que même la nuit, on doit se faire chi** ! Non. Coulé du béton à minuit ce n’est pas une idée brillante, madame la mairesse.

La table de verre

Un chaton.

Sous une table basse en verre.

Un objet intriguant sur le dessus.

Un seul saut.

Pauvre minou…

Le chat qui haletait

Que tombe la pluie sur nos âmes défraichies et que…non! Pas cette semaine! On a eu notre quota ! C’est le beau temps qui commence! Enfin! Vivement la chaleur et l’été! La crème glacée et les orteils dans la piscine et…c’est quoi ce bruit étrange? On dirait que quelqu’un s’étouffe ?

Pô? Pô qu’est-ce que tu as? Tu as la bouche grande ouverte et tu cilles étrangement. Pô tu viens de déposés ta tête sur le rebord de ton bol d’eau…Tu sembles faible. As-tu chaud Pô?

Non. Ce n’est pas mignon tout de suite un chat qui crève de chaleur. Le pauvre petit ( qui on va se l’avouer est incapable d’arrêter de jouer) est entrain de haleter.

Comment je peux protéger mon tout petit compagnon? Vite! Vite! Internet donne-moi des réponses!

 Alors voilà les conseils que j’ai récupérés que je vous transmets amoureux des créatures à poils.

  1. Trouver un endroit au frais, à l’ombre pour l’animal;
  2. Lui offrir suffisamment d’eau à proximité;
  3. Lui mouiller les pattes, le museau et dessus les oreilles ( pas dedans);
  4. Idéalement un air conditionné ( don super généreux de mon papa= minou très heureux après ça).

L’animal peut être amorphe et roupiller. C’est normal. Le chat aura tendance à se laver beaucoup et c’est aussi très normal, car il sécrète dans sa salive une protection. Il ira souvent à la toilette et c’est pour cette raison que les bols d’eau vous pouvez en mettre plusieurs dans votre maison pour être sur qu’il s’hydrate suffisamment. S’il vomit, consultez un vétérinaire ou une urgence animale rapidement. ( à regarder d’autres signes : les selles, les tremblements, les miaulements excessifs, l’absence d’urine, le chat scilles et/ou  respire avec difficulté/bruyamment )

Clou et thon

J’invitais mon amie pour un souper dans mon nouvel appartement. Salade de thon! Je cherchais dans mes armoires mon ouvre-boîte pis…hum…non je n’en avais pas. Pourquoi je n’ai pas d’ouvre-boite quand j’ai plein de cannes? Au risque de décevoir mon amie, j’ai dû me débrouiller…avec des clous et un marteau. Le seul problème c’est qu’on doit désormais aller à l’hôpital pour prendre notre piqûre contre le Tétanos. .. 😉

Histoires d’un bloc # 1

L’introduction

Voilà ! C’est fait! J’ai emménagé! Il s’agit de ma troisième tentative…La première fois c’était plutôt catastrophique. Jeune étudiante à temps plein, travailleuse sur les temps qui me restaient de disponible… J’avais une mama Italienne qui surveillait mes moindres gestes. Elle cuisinait dans le sous-sol et je ne vous dis pas les odeurs que j’avais! ( non ce n’est pas un souvenir agréable). Elle m’amenait beignets maison et spaghetti. Gentille, mais trop colleuse. Elle s’assurait même que je ne bloque pas ses tuyaux avec mes cheveux…Si je devais résumer : Mon lit était au même endroit que je chiais et que je mangeais (vivement les 1 et demi).

En ce qui concerne mon deuxième appartement (disons plutôt une adoption humanitaire), mon frère m’a hébergé temporairement. C’est-à-dire une temporalité de deux ans ( on aura sûrement l’occasion de s’en reparler). Puis est venu le moment, de déployer mes ailes de nouveau et de partir à l’aventure. Tout s’est passé très vite! Kijiji m’a rapidement aidé à trouver un appartement dans un petit bloc sympathique. En fait, je ne suis pas partie bien loin. Ma rue est perpendiculaire à mon ancien logement ( six minutes de marche). Mon bloc se situe aussi juste à côté de celui de mes grands-parents ( une minute de marche avec le vent dans le visage ou quarante-cinq secondes si je déboule les marches).

Entre crainte, solitude, joie, rire et fierté, vous trouverez au fur et à mesure de vos lectures l’opportunité de me connaitre davantage. Je ne prétends pas à rien ni vous apprendre quoi que ce soit ni vous promettre des certitudes. J’espère juste vous exposer le plus fidèlement mes impressions, mes sensations et mes émotions.

Comment je compte vous raconter ma folle aventure ? Eh bien! Chaque semaine ( bon ça ne va pas bien je suis déjà en retard sur la publication dès la première semaine…) je vais publier un article. Cet article aura des titres (percutants). Vous aurez le choix de tout lire ( et je vais vous aimer beaucoup) ou de lire ce qui vous intéresse selon votre préférence( je vais vous aimer beaucoup quand même aussi). L’article le plus récent sera toujours on the top.

Sur ce, bonne lecture!

 

 

L’écornifleux

Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’un écornifleux, en voici le résumé : Une personne qui est à l’affut de vos moindres mouvements ayant pour objectif de monter un dossier négatif contre vous ou tout simplement par intérêt étrange de savoir qui vous êtes. L’écornifleux apparait toujours dans un coin sombre, prétexte avoir à faire sur le bord de votre clôture tout en espionnant votre cour arrière. Il peut même, par tous les hasards apparaitre devant vous dès que vous mettez le pied à l’extérieur de votre doux logis.

Chose à savoir sur l’écornifleux, nous en avons tous un dans notre quartier. Autant vous faire ami avec il/elle rapidement, car cette personne détient d’importantes informations sur votre secteur ( et sur vous par la même occasion).

Donc, cet écornifleux, mon nouvel appartement ne fait pas exception à la règle. Il est sur  mon étage, de biais à mon logement. Dès les premiers instants où j’ai débuté le grand déménagement, il était là, ouvrant sa porte à mon passage pour vérifier quelque chose. Un monsieur fort sympathique avec un chapeau de cowboys. Une personne d’un certain âge tout sourire et aux blagues qui se veulent drôles ( je les ris quand même hein! Je ne suis pas un monstre).

Maintenant que j’ai repéré la personne qui détient la charge de surveiller les lieux. Il est de mon devoir de me faire ami durant les prochains jours.

 

La folle du logis

Elle aussi est un personnage essentiel au bon déroulement de votre quartier. Folle ou parfois fou du logement ( quoique plutôt rare), c’est une personne qui vous parlera chaque fois qu’elle aura l’occasion de vous croiser. Cette dernière aura des discours incompréhensibles ou des allusions à la vie de tous les jours qui vous feront sourire. Sans folle du logis, la vie est un peu terne. Vous n’entendez personne crier, personne ne vous parle du temps qu’il fait à l’extérieur ou de la grande Tante malade qu’elle doit s’occuper avec dévotion.

J’ai eu la merveilleuse opportunité de la rencontrer dès le premier jour du déménagement. Une femme plutôt grassette, aux yeux ronds et aux regards remplis d’une malicieuse démence. Avant de vous écrire ma première conversation avec cette dame, il faut savoir une chose importante à son sujet : elle n’est pas méchante. Elle semble égarée, prête à vous attaquer, mais elle est malheureusement souvent sur la défensive ou elle parle juste très fort. Ne pas la contredire ni non plus faire sentir votre irritation; n’essayez pas de converser avec elle et trouver le point de rupture ou vous pourrez lui dire bonne journée tout en vous sauvant sans vous retourner. Surtout, n’oubliez pas, ne montrez pas votre peur. Parlez plus fort qu’elle si jamais elle entre dans votre zone de confort. Cela va la repousser.

Donc voici notre échange très prometteur que nous avons eu. J’étais avec mon père et nous faisions l’allée retour dans le lobi pour déposer les boîtes près de l’ascenseur. La dame se présente, regard sévère. Elle est contrariée.

– C’est à vous la voiture là?

– Oui, répondis-je avec un grand sourire.

– Ben! Éteignez-le! Ça entre dans mon appartement.

– Pardon?

– Le moteur entre dans mon appartement. Déplacez votre auto.

– Madame…mon auto est fermée.

– Non il fonctionne.

– Ce que vous voyez qui fonctionne ce sont les clignotants de détresse, mais le moteur n’est pas entrain de rouler. Rien n’entre dans votre appartement.

Elle quitte la scène. Je ne peux déterminer à ce moment si elle est satisfaite de ma réponse ou non. Elle semble toujours contrariée…

Le déménagement

Trois jours. Quatre personnes. Deux automobiles. Un meuble de magané. Les statistiques sont plutôt bonnes! Bravo à l’équipe du tonnerre!

Pis oui, on a mangé de la pizza.

 

L’adoption

 

Quand tu as une sœur, qu’elle colle à ton appartement et que cela devait juste être temporaire, il y a qu’une seule solution envisageable : négocier son prix. Pis mon prix à moi c’était Pô.

Pô est un petit mâle noir et blanc de trois mois. Il a quatre pattes blanches et un museau rose. Il a aussi de belles petites moustaches blanches. C’est un chaton adorable, enjoué et qui a du mordant! J’ai fait deux refuges avant de tomber sur lui chez Nature. Il était tout sage dans sa cage de verre et attendait juste ça me rencontrer. On me l’a mis dans mes bras et il s’est mis à ronronner. C’est à ce moment précis qu’il m’a piégé cette petite bête. Je me sentais spéciale et aimée.

Dans les refuges, j’en ai pris des chats. J’en ai caressé avec des gants, des draps sur moi pour éviter de contaminer d’un à l’autre…ces chats étaient craintifs. On faisait tout pour me dire que ce n’était pas le profil que je cherchais. Je l’aurais pris moi le petit roux à trois pattes totalement espiègle. Mais on m’a dit que c’était un petit monstre et qu’il fallait être prêt à ça. J’étais prête! Mais on m’a dit que ça demandait du temps. J’avais du temps. Mais on m’a dit que les chats, ça n’aimait pas ça être dans nos bras ( 90% à ce qui parait). Alors j’ai compris que les refuges ne voulaient pas que j’adopte. C’est fou hein?

Pis je me suis dit entre un refuge qui récupère des chats abandonnés ou une animalerie qui crée les usines à chat, qu’est-ce qui était le mieux au final? Ben c’est ça! C’est partout pareil.

Chez Nature, on m’a bien accueillit. J’ai pu jouer avec le petit chaton une bonne trentaine de minutes. Non merci madame je ne veux pas voir les autres. Il est bâtard avec son blanc et son noir. Il est « simple », mais ce chat me va bien. Je veux dire, il est à l’aise. Il vient dans mes bras, me mordille sans problème et je le vire sur le dos pis il aime être brassé.

Pô s’appelait Doris avant. Il vient d’une famille avec plusieurs petites sœurs et frères. Ces derniers ont été adoptés. Lui il est resté avec sa famille humaine, mais la petite fille est devenue très allergique. Alors Doris est allé direct chez nature. Encore bébé. Abandonné. Mais Doris quand elle est arrivée, c’était plutôt un il. Oups! Petite erreur. Alors Doris est devenu Boris. Boris a été aimé par le commerce d’animaux. Les employés sont venus lui faire adieu à la caisse quand mon frère me payait le chaton. Parce que c’est ça qu’on fait même si on le nie ; on achète des êtres vivants. Pis Boris je n’aimais pas trop son nom. Ça faisait gros méchant russe. Plusieurs jours après l’adoption, je faisais le ménage dans mes DVD et j’ai vu le film de Kung Fu Panda. Mon film que j’écoute au moins mille fois par année. Un film qui me fait du bien. Un bon film d’animation avec de belles valeurs et de beaux dessins. Alors je me suis souvenue de Pô, le panda fou-fou et gras qui protège la vallée en étant lui. Je venais de trouver le nom de mon petit chaton. Pô, la furie nocturne qui attaque mes narines.  <3

 

La concierge

Quelques mots sur la représentante du propriétaire du bloc. Elle soupire à chaque demande que je fais, incluant une clé de rechange (dont je paye un dépôt).   Prenons l’exemple et expliquons-le d’une autre façon pour vous aider à visualiser mon embêtement. Un chirurgien qui dit à son patient qu’il ne va pas l’opérer aujourd’hui parce qu’il est tanné que les gens malades lui demandent d’être opéré. On pourrait se dire : quel culot! Il ne veut pas opérer ses patients. Ben si tu n’aimes pas opérer, ne devient pas chirurgien. Exactement comme cette concierge. Si tu ne veux pas qu’on te demande, car tu es la référence sur les lieux, ne deviens pas concierge d’un bloc (trois blocs appartement en fait; ça en fait des gens qui pourraient te demander quelque chose ça).

Postscriptum: sérieux! Moi le monde qui sont en service à la clientèle qui n’aime ni les gens, ni se répéter…kossé tu fais là dedans cibole?

L’incroyable système D ( Ikea Remix)

La chose qui m’a le plus marqué est l’incroyable ingéniosité que mon père a su avoir. Il faut savoir que ce dernier a été ouvrier de maintenance de carrière. Donc les déménagements, ce n’est pas quelques choses qui lui faire peur. Ni de bouger, ni suer, ni lever des choses lourdes… Yé hot point barre.

Et le système D veut dire en fait le système débrouillardise! Je vous explique tout de suite pourquoi. Plutôt que de porter une boîte à la fois, il est très brillant d’utiliser un petit chariot. Mais mon père ce n’est pas le genre à faire dans le facile. Il aime patenter  les choses et (venant du réseau de la santé ou les outils, la technologie et l’aide sont déficientes) il a du improviser avec ce qu’il avait sous la main. Soit, une table IKEA et des roues. Vous voyez ou cela mène? Bin quin! Il l’a créé seul son chariot! Pis il marchait bien en plus de ça!

 

L’autodestruction

 

Je ne dors pas beaucoup ces derniers jours. Je suis remplie d’appréhension et de tourments de toutes sortes. Beaucoup sont dus à mes nombreux questionnements sur l’écriture. Ai-je du talent? Serais-je lu un jour? Est-ce que je perds, au final, mon temps? Je réalise cependant que cela n’a jamais concerné les autres ni mon talent. C’est moi. Moi tout simplement le précurseur de mon malheur. L’autodestruction, vous connaissez?

Il arrive un moment, dans notre lancée hyper positive de notre projet d’écriture (ou un autre) de se mettre à douter. Un doute si insidieux que nous nous dotons de protection contre la peur d’échouer sans le savoir. La fatigue, le temps, l’attente de l’inspiration. Mais l’inspiration ne vient pas du ciel, elle s’assoit sur une chaise et doit travailler pousser pas nous-mêmes. La fatigue est un état passager, un blocage qui nous empêche d’utiliser ce ressenti dans notre œuvre. Le temps ? Le temps se trouve toujours, il nous faut seulement le placer dans notre horaire surchargé.

Mais l’autodestruction va bien au-delà de ça! Il nous fait nous asseoir devant la télévision, faire le ménage plutôt que travailler et même tourner notre esprit dans tous les sens, dans le remords, la peur et la paralysie.

L’autodestruction vous empêche d’avancer et vous donne des excuses. Des raisons valables de ne pas être héros dans la propre histoire de votre vie. L’autodestruction se manifeste toujours par la honte, la peur, la culpabilité. Elle est là vous rendant coupable de tout. D’être et de ne pas être. Faire et ne pas faire. Elle vous envoie plusieurs signaux contradictoires en vous disant de vous débrouiller.

Comment se sortir de l’autodestruction? La seule réponse que j’ai réussi à trouver c’est de se lever. Se lever et faire ce que nous sommes censés faire. L’autodestruction n’aime pas que vous atteigniez vos buts. N’aime pas la réussite. N’aime pas votre autonomie et votre libre arbitre. Elle vous piège et vous fait dépendant. Mais vous êtes au-delà de ça quand vous comprenez son jeu.

Il suffit simplement de commencer. Une phrase, un mot…prendre votre énergie et vous extirpez de votre lit, laissé trainer la vaisselle un jour ou deux, ouvrir la porte et courir pour la fuir. Fuir la monotonie. Fuir l’inaction de vivre. Elle qui vous engouffre et vous pollue l’esprit.

Ce matin, levez-vous et soyez. Exister. Créer. Briser le cercle pervers de votre propre autodestruction.