Ouvrir les yeux

Merveilleuse ignorance. Oui! Oui! Je ne connais pas. Je ne comprends pas. Je doute même parfois! Et surtout, je pose un tas de questions. Qu’est-ce que je suis? Une femme de lettres!

Il y a tant à voir et à découvrir. À lire, sentir, vivre… Et ces temps-ci je me questionne sur deux choses en particulier: les élections au Québec et les Premiers Peuples. Comment arrimer les deux? Comment faire en sorte que des groupes de personnes qui sont clairement sous représenté émergent? Quoi comprendre d’eux? De leur façon de penser et agir? Faire la part des choses entre ce qui est et ce qui était et ce qui sera… Moi, Blanche et bien nanti, comment je peux me départir de mes préjugés, comment je peux apporter ma voix parmi celles qui ne peuvent s’exprimer librement encore? La réponse est évidente: poser des questions et transmettre. Dans mon cas, la transmission se fait par le biais de l’art. Par mes histoires, je tente de mettre mes personnages dans une situation et les faire vivre mon processus. Sur ce blogue aussi où je tente de mettre au clair toutes ses pensées qui défilent dans mon esprit…

Depuis quelques jours, je me promène dans différents groupes facebookiens majoritairement autochtone et je pose des questions. On me répond très poliment. Il me parle d’eux. Et j’écoute. Et je souhaite comprendre plus. C’est un précieux engagement.  Il y a certain groupe où je ne suis qu’observatrice et c’est bien comme cela. Il y a des endroits qui doivent rester vierge de l’intervention de la majorité. Comme un club de sport pour femme. Ou un club de sport pour homme seulement. Comme un bar pour femme seulement. Comme un bar pour homme seulement. J’accepterais de quitter sans protester. Il ne faut juste pas oublier par la suite de nous réunir et partager. Parler et écouter de nouveau ce que l’autre comprend et apprend.

Plus je m’interroge et plus j’en veux encore. Un cercle très sein! Je me suis même fait de nouveaux amis (es). La communication ne fait que commencer en ce qui me concerne. Il y a tant à entendre encore! Je réalise que mes préjugés m’ont asservis. Mon éducation m’a emprisonné. J’ai tant hésiter à m’approcher. J’ai tais en moi une colère refoulée, le désir de savoir et comprendre. J’ai voulu, admettre que ma réalité était celle dans ce mètre carré autour de moi. J’étais protégée et légitime. Mais, je suis loin de la réalité. Très loin. Comprendre permet de  repousser l’ignorance, de s’affranchir du racisme et de nos préjugés.

Ouvrir les yeux à cette histoire commune. Parler de ce que la colonisation à fait à nos deux peuples. Je ne veux plus voir le blanc comme le méchant. Je ne veux plus croire que nos gens et les leurs ne puissent pas être en harmonie. Je ne veux plus me sentir coupable du sang coulé par mes ancêtres. Je ne veux plus accepter l’irrémédiable, l’impossibilité et le silence. Je refuse la peur de l’autre. Je refuse que l’autre voit en moi l’envahisseur.

Toutes personnes à en lui ce message de l’univers. Sa quête personnelle voire même sa cause ou son combat. Chacun de nous, trépigne d’impatience à propos d’un sujet. Là où la justice est défaillante, la où la maladie nous arrache nos êtres chers, là où les balles sifflent au-dessus des têtes, là où nos voix sont opprimés nous avons tous/toutes ce message à livrer à notre prochain. Nous sommes tous cette partie vibrante qui appartient au noyau de la Terre-mère. Ouvrir nos yeux à l’extraordinaire apport de chacun à ce message planétaire de vie et d’espoir est tout ce qui est demandé aujourd’hui pour vaincre la peur.