Omerta

Je ne sais pas par où commencer cet article… Il y a tant de pensées qui défilent dans ma tête, mais j’ai l’impression que même si je parle…si j’arrive à coordonner tout ce flux de rage et de tristesse, je n’aurais quand même pas tout dit.

J’attends souvent qu’on est en 2018 et que la violence ne devrait plus exister. Toutefois, la seule question qui me vient c’est pourquoi 2018 est si important? Pourquoi, aujourd’hui, cette année, nous décrétons que la violence a été banni de notre planète? Pourtant, quand je regarde autour de moi, la violence ne partira jamais. C’est utopique! Elle change seulement de visage pour mieux s’adapter. Ceci étant dit, 2018 n’est pas spéciale, n’est pas une date, selon moi, commémoratif pour le droit à l’Humain d’être en paix avec les autres ( nature, animaux, autres humains compris dans cette paix universelle).

Il y a tant de choses qui ne tournent pas rond! J’étais dans l’autobus où une femme noire a été engueuler par une autre femme blanche pour une question de sac à dos. C’est important que je dis blanc ou noir ici, parce que la violence, l’échange qu’il y a eu entre les deux… Je me dis en tant que « blanche» je n’ai jamais vu un individu faire preuve d’autant de violence envers une autre personne de sa couleur. Ce moment me hante parce que j’aurais voulu me lever et lui dire de se fermer la gueule. De lui dire que oui, il y a des règles de civilité que certaine personne ne font pas… C’est humain. On est des petites bêtes rebelles, mais à lancer tous ces propos hargneux envers elle n’ont tellement rien arrangé! Et la conversation est allée à : « c’est mon pays», «retourne si tu n’es pas contente et tu ne peux pas vivre en société», « les autochtones étaient là avant toi le québécois» …Bon sang, guys! Pourquoi vous mêlez tout ensemble? Pourquoi n’êtes-vous pas en mesure de vous parlez? D’échangez? DE demandez? D’informez l’autre de votre malaise? Pourquoi en sommes-nous arrivés ( ou continuons-nous de) nous haïr entre nous? Pourquoi? Ça rime à quoi?

Un autre évènement qui me met hors de moi: La meute qui décide de se rassembler en  territoire Mohawk et qui se font refluer à l’entrée… First,  la meute là…Dans ce pays vous avez droits de parole (malgré la haine que vous mettez dans vos mots)… Qu’est-ce que vous faisiez là? Secondo, j’ai entendu déverser sur les autochtones tant de choses horribles… Allez regarder les vidéos, les gens y voient de la haine. Moi j’y vois de la colère. Une colère si longtemps refouler et banalisé…. Alors là j’ai compris. J’ai compris tout ce qui unissait ces événements…

Il est temps qu’on se parle dans le blanc des yeux. Il est temps qu’on s’assoit tous ensemble. Homme, femme, africain, indien, chinois, allemand, autochtones, animaux, végétaux, soleil et la rivière… Tous/ toutes. Il est temps de parler librement. Il est temps aussi d’écouter. Il est temps que le raciste s’arrête ici et maintenant. Il est temps que la tristesse soit exprimée. Il est temps que la colère soit exprimée. Il est temps que les gouvernements ( élus des peuples) écoutent et dirigent les pays conformément au coeur et aux valeurs humaines. Préservez la vie, la sécurité, être juste et soutenir les personnes ou les groupes souffrant en ce moment de ces absences de droit et pallier, rapidement, aux manques. Je suis dans un pays diversifié qui par conséquence aura différentes horizons différentes visions, différentes religions et cultures…mais au final, nous sommes tous sur la même planète. Nous sommes tous humains. Je n’ai pas plus d’importance ici que mon voisin à la vie. Il serait peut-être bon de se le rappeler…

Il y aura des élections dans ma province. Il y a longtemps que j’ai cessé de me lever et de voter parce qu’aucun groupe ne correspond à mes valeurs. Aucun des candidats font vibrer les manques de notre société- de notre planète avec un désir profond et honnête d’améliorer les choses sans un bénéfice personnel. Je me dis qu’aujourd’hui, je vais y aller. Juste pour vaincre l’inertie. L’absence de mouvement que j’ai créée en ne me levant pas pour faire mon crochet sur le papier. Mais au final, cela m’importe peu! Il n’y a pas que le vote et le gouvernement en place qui peut changer quelque chose a cette société. Trop souvent j’entends un québécois dire qu’il est lui-même victime de ce système et que c’est les anglais… Ce discours n’avance à rien. La justice n’est pas une affaire de juridiction fédérale. Et oui! Vous m’avez bien compris! C’est l’affaire de tous!  Le fait de ne pas réagir, de ne pas me porter défenderesse contre le raciste, contre le manque de justice… Le fait que je ne me lèves pas avec mes frères et soeurs des premiers peuples pour leur droit, pour leur terre, pour notre environnement, pour notre histoire commune, je continus l’inertie. Je continus l’omerta. Je continus d’être une victime. Je ne dis pas que cela sera facile. Je ne sais moi-même pas comment me rééduquer à ce processus… Mais la conscience est là. Bien réveiller et je surveille mes gestes et mes paroles. J’accepte de me taire de plus en plus avec raison, mais je fais un pas vers la réconciliation de parler et de dire stop!

C’est à chacun de nous, individuellement, qu’incombe le changement de valeurs, de pensées et d’actions. Que ferez-vous aujourd’hui pour défendre l’humain dans toute son intégralité et sa divinité? Que ferez-vous au nom de cette terre qui nous nourris? Pour ce soleil qui nous réchauffe? Que ferez-vous pour vos voisins qui souffrent? Que ferez-vous contre le raciste aujourd’hui? Que ferez-vous pour grandir votre âme et conscience aujourd’hui?