Je n’ai de compte à rendre à personne

Été 2016, j’entamais le choix d’être ce que je voulais. J’avais toujours eu ce rêve d’être écrivaine. Mais quand on part de la base, le rêve est flou, immense et inatteignable. Comment on commence ça être écrivaine? Comment on le sait quand on est écrivaine? C’est quoi être écrivaine? Avec patience, amour et humilité, j’ai appris. J’ai appris tellement à travers exercices, de conférences et de conversations avec des auteurs(es), en suivant plusieurs blogues.

Depuis 2016, j’ai monté mon blogue, j’ai fait deux nouvelles et un roman coécrit avec une superbe auteure qui est devenue une bonne amie. Depuis 2016, j’ai trouvé ma paix intérieure. Je sais ce que je vaux. Même si de nombreuses fois, j’ai été délaissée, ignorée et critiquée. Vous savez quoi, peu importe ces gens-là, c’est entre moi et mon rêve. Je ne suis plus arrêtable.

Le succès n’est pas la publication.

Le succès n’est pas le regard des autres.

Le succès n’est pas la popularité.

Le vrai succès est que mon rêve vit en moi pour moi, chaque jour de ma vie. Je ne vivrais plus jamais de regret.

Il y a des histoires qui prennent du temps, qui demandent de la maturité. Je dois l’accepter.

Ces histoires ce sont moi. Ce sont mes vérités, mes blessures et mes espoirs.

Je suis fière de moi et c’est essentiel.

Cependant, sur le chemin de l’écriture il y en a des doutes. Sur les personnages, l’environnement, les émotions, l’action, telle coupure, telle couleur, telle ambiance… Et j’y nage avec une aisance déroutante. Mais il n’y a pas de place pour le doute envers soi-même. Ce que je fais à cet instant est légitime.

J’adore me poser des questions. Depuis 2016, je m’en suis posé des milliers. Être écrivaine c’est vivre de ça. J’ai répondu certaines et d’autres questions se sont ajoutées. C’est éternel. Une roue d’idées, de problèmes et de solutions. On n’y échappe pas. Et j’adore ça!

Depuis 2016 j’ai foncé sans m’arrêter. J’ai écrit des centaines de pages voire plus que je pouvais même l’imaginer. Chaque page m’a rempli de joie. Chaque page confirmait ma passion. Chaque page me confirmait comme individu. Il y a tellement d’émotions à vivre quand on écrit. Il y a tellement de personnalité à rencontrer, à laisser s’exprimer et à écouter attentivement.

Mes histoires sont teintées de drame. On aime ou pas. Mais pour être écrivaine, j’ai compris que je devais aller à la rencontre de mes plus grandes peurs. Aller à la rencontre de mes douleurs et de mes angoisses. Je n’y cache rien. Je m’y expose ouvertement. Mais je ne veux pas de gants blancs pour la cote. On aime ou pas l’important c’est que tu acceptes que je te transporte quelques heures dans mon univers. Je ne te demande pas de chercher mes fautes, donne-moi les au passage je les note, mais mon plus beau cadeau c’est de me dire, hey je t’ai lu. Depuis que j’ai publié, j’ai accepté que je ne reçoive pas de certaines personnes ça. Je vais le recevoir de façon inattendue et ceux-là se graveront dans ma mémoire.

J’ai appris qu’être écrivaine ce n’est pas de mettre un mur entre nous et les autres. Il faut filtrer oui, mais c’est d’abolir le mur et de se dire que quoiqu’il arrive, ils ne me changeront pas. Je suis l’écrivaine. Je suis celle qui dirige la plume. Je suis celle qui murmure aux papiers. Je suis menée par le Dieu de la création et je n’ai de compte à rendre qu’à ce dernier.