LGBT

Cette année, j’ai co-publié chez l‘éditeur Homoromance pour Douce Romance à Pompéi. Ce qui en ressort c’est : ce n’est pas facile publier. Bien sûre, j’ai eu un aperçu dans l’auto-édition. J’ai vite reconnu mes forces et accepté mes points faibles. Ce n’est ni dans l’un ni dans l’autre qu’on peut se tourner les pouces! Il faut foncer, travailler et suer! 

Quand j’ai décidé d’être écrivaine, mon but était d’écrire. Mais je voulais surtout être témoin de l’humanité, de ses changements, de ses peurs, de ses angoisses et de ses plus grands moments. Comme la littérature qui met l’accent sur les autochtones, je suis attirée vers cette compréhension de l’univers LGBT qui est encore trop sous-estimé. En tant qu’écrivaine, j’y trouve le plaisir de la découverte, la joie des nouvelles rencontres et le choc des pensées. 

Toutefois, entrer dans une communauté n’est pas aisé. On ne se dit pas du jour au lendemain « Tiens! Je vais essayer ça! » Ou peut-être que si finalement… Il faut accepté au début d’écouter. Il y a tout un monde et toute une dynamique que je ne connaissais pas avant. Je n’ai jamais sentis de fossé comme telle, mais de savoir qu’est-ce que je cherchais exactement à prouver dans ce monde qui n’était pas le mien? Dois-je aimé les femmes pour écrire une romance sur deux femmes? Dois-je avoir eu une expérience? Au-delà de la romance et de la sexualité dont on retourne dans tous les sens partout, que veux dire être LGBT? En 2019, en 2020, pour 2030? Est-ce à moi de répondre ou  au contraire, de poser les questions?

Je comprenais dans la mesure où j’étais simple observatrice, leur revendication, leurs valeurs, leurs intérêts et notre passion commune du livre. Les personnes LGBT sont des personnes. Tout simplement. Ils aiment. Ils rient. Ils pleurent. Ils se dépassent. Pourquoi je dis ça? Parce que je croyais sincèrement ne pas devoir l’écrire un jour. J’étais persuadée que le Monde extérieur au mien comprenait la subtilité de chaque être vivant et que tout ça, et bien! C’était ben correct!

Voilà le premier coup que j’ai reçu qui a ébranlé mon optimisme. Avec des sujets qui touchent de près des personnes LGBT voire même autochtones, il y a des gens méchants. Des gens méchants qui ne comprennent pas la liberté. Des gens qui sont encabanées à double tour dans leurs préjugés. Je disais souvent, ça ne doit pas être si terrible… Mais j’ai déchanté. Écrire du LGBT m’exposait à la critique, au jugement, à la précarité de mon âme ( oui sérieux… sortez de ma vie les fanatiques religieux!) Vrai Karine? Oui.

Par contre, c’est exactement là où je veux être. Je veux flirter avec ces sujets «dangereux» et « exposé ». Je veux augmenté la visibilité des gens  « différents » dans la littérature. Je ne veux plus qu’un enfant, un adolescent et un adulte peu importe son genre, son origine, ses valeurs soient mis à part. Je me refuse à l’idée que personne ne peut comprendre tes sentiments et ce que tu vis parce que tu ressens au fond de toi que tu n’es pas comme le voisin. Je veux te rendre unique, oui, mais imparfaitement unique. Comme tout le monde, mais avec tout ton paradoxe qui t’es propre. 

Je veux, du moins, j’essayes, de me diriger vers ce chemin, permettre à des personnages forts d’émerger ; Les humains de toutes les horizons. Parfois, il suffit juste d’observer autrement pour réussir à changer notre petit monde à nous. Et tout cela est ben correct.