Les excuses

Je me demande aujourd’hui quelles excuses je vais me trouver pour ne pas écrire. La vaisselle qui déborde du lavabo ? Le lavage encore défait ? La litière du chat ? La poussière qui roule sur le plancher ? Et pourquoi pas la température ? Foutu temps ensoleillé, s’il pleuvait j’écrirais sûrement ! Tiens … De la pluie.

Écrire vient avec des sacrifices, mais le sont-ils nécessairement ? Ne pourrais-je prévoir le coup ? J’ai demandé à ma co-auteure si elle se sentait coupable quand elle avait du temps, mais qu’elle n’écrivait pas. Elle m’a répondu : « J’essaie toujours d’écrire une phrase par jour. » Une phrase… Je ne suis donc pas capable de faire une toute petite phrase par jour ?

Je me suis donc levée, j’ai été me préparer un café. Pendant que l’eau chaude coulait de la cafetière imbibée de caféine, j’ai fait ma vaisselle et j’ai même balancé le linge dans la laveuse. J’ai flatté minou et j’ai nettoyé sa litière. Voilà, quinze plus minutes plus tard, rien n’obstruait mon désir d’écrire. Sauf, moi-même.

Quand je ne sens pas que j’ai la force d’écrire, je me lève et je vais dans mon bureau. C’est la seule façon de briser l’inertie. Même s’il fait chaud, j’ai mis le ventilateur. Je me se suis retrouvée ensuite devant un autre obstacle : Lequel de mes projets allais-je faire ? Je n’ai pas le goût d’aucun d’entre eux.

Quand ma tête décide de trop réfléchir, je me dis que c’est le bon moment pour un article pour mes blogues. Même une feuille blanche pour une écriture automatique fait l’affaire. Il faut juste faire. L’objectif est de commencer par écrire quelque chose. N’importe quoi ! Juste remettre en branle nos doigts et enclencher nos mécanismes d’artisan de l’écriture. Une fois assis, devant l’ordinateur c’est plus difficile après de prendre la fuite.

Mais après cet article, mon problème ne sera pas résolu. Lequel de mes projets vais-je avancer dans les prochaines heures ? Et s’il y avait un temps pour créer un autre pour corriger ? Faire la correction de ses manuscrits demande de la concentration, mais il vient chercher une autre partie du cerveau, plus logique, plus analytique. J’ai besoin de ça en ce samedi matin.

Alors je vais me plonger dans ce roman que j’ai écrit pendant deux ans alors que je change tranquillement les temps de verbe et je peaufine ma pépite d’or, il me viendra d’autres idées… Dont, la permission, aujourd’hui, d’écrire seulement une phrase sans m’en sentir coupable. Non seulement les excuses nous ralentissent, mais sabote notre vie à petit feu et d’un seul coup on réalise que les années ont passé et que nous n’avons rien réalisé.

Et vous, combattrez-vous vos mécanismes internes d’autosabotage pour vaincre l’inertie et accomplir votre destinée ?