nouvelle acheri par karine vienneau

Les coulisses de Acheri

 

D’où est venue l’inspiration pour cette nouvelle? Comment ai-je construit la trame, les personnages, l’univers? Quel était le message ? Comment ai-je transposé une idée sur papier? Comment ai-je réalisé mon premier projet d’écriture ?

Dans ce billet, c’est ce que je vous invite à découvrir: les coulisses de Acheri. C’est-à-dire l’arrière-scène de la recherche, de la création, de la mise en œuvre et la publication de ma première nouvelle en tant que nouvelle née de l’écriture.

Dans mes premiers déboires de rédaction, j’ai cherché un défi. Une courte nouvelle que je pouvais ensuite publier sur mon groupe Facebook d’auteure afin d’y avoir un petit lectorat – des amis(es) surtout. L’idée était de permettre à mes abonnés (es) de choisir le genre littéraire. Le choix de ce dernier était de genre fantastique.

Mes recherches ont débuté par l’inspiration d’une image. Créature mystique, créature fantastique, etc. Je cherchais une légende, un conte, un court texte sur un être mystérieux vivant auprès des hommes pour bâtir l’histoire. Je suis tombée sur Acheri. Un enfant-squelette habillé de chair et qui par son ombre, prenait la vie des enfants.

La légende d’Acheri trouve son histoire dans plusieurs cultures : Japon, Inde, Amériques. Je me suis surtout informée sur des éléments de légende Cherokee. Cependant, elle était incomplète. Pour moi Acheri était injustement traité. Alors je me suis mise à réfléchir à une autre adaptation. Évidemment, cette recherche à pris plusieurs heures. L’important est de bien structurer son histoire, figer son personnage et bien visualiser l’environnement. Avec ces éléments j’avais un bon départ sur mon défi. Il y a plusieurs heures, voire plusieurs jours pour la recherche. Dans mon cas, trois jours.

J’ai consulté mon aide d’écriture ( mon grand-frère ). C’est d’ailleurs lui à qui revient la finale. Nous nous sommes interrogés sur l’éventualité d’abattre un esprit, un démon, un être maléfique…Comment devons-nous nous y prendre normalement? Était-ce comme le soutenaient les histoires autour de Acheri, relié au ruban rouge? l’attaché et la laisser s’évaporer dans l’atmosphère? Se protéger contre elle en portant simplement du rouge? N’y avait-il pas une autre façon de prendre contact avec cette petite fille squelettée?

Bien sûr il y avait un moyen de prendre contact! D’où la nécessité de faire travailler nos méninges en tant qu’artiste et transmettre notre poésie, notre vision des éléments…

Au moment où les indices s’entrecoupent et que je distingue limpidement l’histoire et les relations, mon adaptation pouvait prendre forme. Alors vient la phase de la création.

La légende de l’enfant squeletté raconte l’histoire d’un arrière grand-père qui trouva une solution hors du commun pour combattre la terreur d’Acheri.

Acheri crée le chaos dans le village. L’arrière grand-père a une décision à prendre : Suivre les conseils du clan ou suivre sa propre logique. La légende de l’enfant squeletté est un conte de valeur humaine qui met en opposition : haine, colère, respect, et don de soi.

Une fois la création terminée, il faut réviser: voir la cohérence du texte, le lien entre les personnages, revisiter les épreuves, le but, la finale. Il faut s’assurer que tout soit bien enligné, cohérent et lisible. Il est dur de sortir des idées de sa tête. Il est encore plus dur, ensuite, de faire comprendre à un tiers ses idées.

Mon vaillant acolyte est le meilleur outil pour valider cette phase. Mon grand frère est un lecteur exigeant. Il faut que cela soit simple, right to the point et poétique. Il ne perd pas son temps à lire un texte inutilement. Même pas celui de sa petite soeur si c’est impertinent! ( Ouf!)

Une fois que la création est faîtes, une première correction par nos moyens il vient ensuite le temps de laisser son texte à un expert: le correcteur. Je peux vous assurer que si c’est dur laisser un membre de sa famille lire son texte c’est encore plus difficile un étranger.

Préalablement j’avais publié mon texte sur mon groupe d’abonnés, mais devant l’absence totale de réaction c’est là que j’ai osé pousser le projet plus loin. J’allais donc le publier. C’est à ce moment que s’incrusta dans ma tête l’impasse de mon rêve: si personne ne me lit, je ne serais jamais une écrivaine. Mais j’ai pris le risque. J’ai risqué d’essayer quelque chose. J’ai osé vivre! J’ai osé exister!

Ainsi, la phase de trouver un correcteur … J’ai fouillé parmi mes contacts, parmi des sites web, parmi des maisons à compte d’auteur et j’ai finalement arrêté mon choix sur une personne qui travaillait vite et bien. Mes balises pour faire le choix étaient simples:

  1. La personne devait m’inspirer confiance;
  2. La personne devait avoir les qualités requises (bonne analyse syntaxique, professionnalisme, connaissances de la grammaire);
  3. Un correcteur qui vous offre en plus son opinion sur votre texte, des changements de vocabulaire, un intérêt pour la cohérence de votre texte est un bon correcteur;
  4. L’argent n’est pas toujours la bonne carotte pour les attirer. Il faut garder cependant une ouverture pour la négociation pour que la relation soit gagnante-gagnante;
  5. Respect des échéances.

Finalement, la partie finale est la mise en page, le droit d’auteur, la recherche d’un imprimeur et la vente. Des éléments que devraient étudier sérieusement les auteurs même ceux qui ne sont pas indépendants. Le processus de confection du livre ( physique) est une connaissance essentielle et culturellement intéressante. Un auteur qui ne veut rien savoir de ces étapes manque quelque chose. Un poids de négociation pour de futurs contrats. Il manque une emprise sur son futur métier!

En conclusion, Acheri est partie d’un petit défi que j’ai décidé finalement de mener de A à Z. J’ai grandi et je me suis libérée du poids. Je me suis libérée de lourdes questions identitaires créatives. Aujourd’hui, je monte ma collection contes et légendes puisée à même mon imagination et des éléments de ma culture. Ce défi m’a amené à m’épanouir. Il y a effectivement quelques coquilles que je vais rectifier dans ma prochaine édition. Des coquilles qui m’ont été soumises par les lecteurs. Le lectorat à son importance inconditionnel! C’est après tout pour eux que je forme des histoires sur des pages et des pages. Il faut être très réceptif pour recevoir de bons ou de mauvais commentaires. Réceptif aussi à s’accueillir dans cette vulnérabilité.

Cependant, avant de penser à la réédition, je dois vendre les premiers exemplaires.

Les vendre c’est aussi encourager les artistes qui ont travaillé sur le projet. Encourager les artistes c’est me permettre de leur redonner de futurs contrats. C’est une chaîne dîtes indépendante, mais elle est au contraire plus dépendante que vous ne le croyez.

 

Résumé de Acheri- La légende de l’enfant-squelette

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