J’ai raté ma carrière

Je discutais avec un collègue ce matin au sujet de mon site web et de mon envie de faire moi-même la couverture de mon prochain livre. Je me suis exclamée en rigolant que j’avais raté ma carrière parce que c’était ça au fond qui m’anime vraiment.

Que le boulot, le 9h à 17h, c’est en attendant.

Que c’est juste une imression d’être dans une petite boite, espérant qu’on ouvre le couvercle, pour me laisser respirer.

Et lui de me répondre : « Au contraire, tu es peut-être en train de la bâtir ta carrière. » Son discours expliquait qu’on ne sait jamais ce qui va nous servir plus tard. Un boulot c’est un boulot et à moins d’être de ceux qui aiment leur petit carré, on peut changer. Ce n’est pas figé dans le temps.

Ce genre de conversation est poignant. Du moins, pour moi. J’ai tellement peur que tout soit coulé dans le béton, que rien ne change, mais en même temps, je suis terrifiée par le changement. Puisque dans le changement, il y a nécessairement le sacrifice de quelque chose. Encore des preuves à fournir, encore des amis à se faire…

Je m’entends dire : « Ça serait vachement bien pareil d’être l’artiste que je désirs. Avoir mon horaire établi, mes tâches que je détermine, mon choix de client, aucune pression ne venant d’un patron… »

Une grande partie de moi rêve que de ça.

En même temps, j’ai la chance d’avoir un emploi payant, avec horaire flexible ( qui est mieux que rien), de pouvoir continuer d’aller aux études et d’avoir du temps pour mes projets. Je run deux carrières sans m’en rendre compte et je me demande pourquoi je suis toujours fatiguée.

Ce n’est pas le plus important toutefois.

Pas pour moi.

Et c’est au détour d’un placotage matinal que je le réalise.

C’est d’avancer et continuer de rêver.

Alors même si je fais des contrats de jour et que j’écris le soir, je suis sur mon chemin. Le mien. Celui que je décide tous les jours d’emprunter ou de rebrousser.