Histoires d’un bloc – Semaine 8

J’avais le bras rempli de morsures de chaton. J’étais incapable de le calmer. Alors, je dus me résoudre à l’enfermer dans sa cage. Je l’entendais miauler à côté de moi et je me sentais misérable. Cinq mois et six mois sont les pires moments m’a-t-on dit. Mais ce n’était pas pour cela que je me sentais misérable. Étais-je capable de prendre soin d’un autre être vivant ? Je regardais en face la dure réalité : Le chat était un vrai monstre et j’étais si impatiente que je l’enfermais dans une cage ! Allais-je faire ainsi avec mes futurs enfants ? Allais-je les enfermer et ignorer leurs larmes ? Étais-je capable de ça ?

            Relativise Karine, voyons ! Un chat ce n’est pas un enfant. Un enfant tu peux lui parler, le regarder avec des gros yeux et travailler à lui faire comprendre le message plus doucement ! ( ou pas ? ) Un chat était un animal. Un fauve. Une bête apprivoisée ( pas tant finalement).

            Je me condamnais et avec raison ! Et les voisins ? Allaient-ils tolérer les pleurs de mon bébé chat toute la nuit ? Entendaient-ils ces miaulements ?

            Les professionnels en comportement félin m’avaient conseillé d’ignorer la bête. De le repousser gentiment et ne plus lui donner d’attention tant et aussi longtemps qu’il était perturbant. Cette petite boule de poils est si mignonne que c’est impensable de l’abandonner et l’ignorer ! Mais avais-je d’autres choix ? Voilà presque deux mois que Pô est avec moi. Il y a de superbes beaux moments, mais qui sont ruinés à cause de son comportement de m**** !

            Tant ne fait pas, il va pogner son Down ! me dit ma famille.

À un moment, le chaton devient un matou. Il se calme et devient un meuble de maison. En même temps je suis fière moi d’avoir un chat énergique, qui ramène la balle, qui me suit partout ou je vais dans mon appartement !

            J’ai lu qu’un chaton de son âge ne devrait pas être laissé plus de six heures seul. Et moi qui part pour huit heures, ne suis-je pas culotter d’avoir adopté tout de même cette bête ? Ne devrais-je pas le confier à quelqu’un qui serait plus présent ? (et plus patient).

Je ne sais pas. Le savons-nous vraiment ? Je veux dire, on passe notre temps à étudier et faire de belle théorie…mais est-ce qu’on est vraiment assuré de tout ça ? Les pros de la SPCA m’ont dit que les chats n’aimaient pas être pris dans les bras et pourtant Pô se calme aussitôt qu’il est dans nos bras.

Et je reviens à ma terrifiante réalité d’avoir un jour des enfants et de me confronter à tous les faits et les études reliées à l’éducation…arriverais-je à mis retrouver ? Ferais-je les bons choix ? Serais-je patiente ?

En conclusion, j’aime ce petit chaton. Et la réponse ne se trouve pas toujours dans les bons et beaux moments. Il faut parfois faire preuve de sévérité. Empêcher qu’il se blesse. Empêcher d’avoir de mauvais comportements. Promouvoir une bonne relation même si cela doit passer par le calmer dans une vilaine et méchante cage…