Histoires d’un bloc # 3

19h28. Un jeudi banal. Je suis installée dans ma voiture. DeadMouse dans mes speaker. Le volume est fort. Il ya des moments quand notre esprit surchauffe, que la semaine a été merdique et que la seule façon de décrocher c’est de se stationner quelque part, mettre de la musique dans le tapis et regarder les gens passer (pas trop longtemps et pas trop fixement hein? Sinon ils préviennent la police).

C’est mortel au boulot ces temps-ci. Aucun contrat ne rentre, la machine à plaque brise…je tourne en rond. J’ai des pauses prolongées. Je finis la métaphysique des tubes de Northomb. Puis plus rien. Le vide.

Je n’ai pas l’énergie d’avancer mes projets. Je ne suis pas chez moi, dans mon bureau ou devrais-je dire dans ma grotte. C’est normal après tout. J’écris qu’à des endroits spécifiques qui me permettent de bien former ma bulle.

Et là je me mets à réfléchir à qu’est-ce que je pourrais bien vous dire cette semaine au sujet des histoires d’un bloc. Ma télévision a été installée cette semaine (j’ai enfin su comment ça marchait cette patente-là), j’ai lavé les murs à grand coup de mope et d’eau de javel (ancien fumeur et l’odeur est coriace. BEURK)…Il me reste toujours à trouver des pôles de rideaux pour mes fenêtres, mais je commence à être cassé. Un déménagement, ça coûte cher. Faque les voisins auront une chance limitée de me reluquer sans gêne. Enfin…au troisième étage j’ai quand même de la chance.

Tous les soirs  de la semaine, je rentrais chez moi, mangeais un truc vite et je m’installais devant Sex and the city jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls. Platonique vous dîtes? Non. Emmerdant dans le sens le moins propre qui existe!

Alors quoi vous racontez pour le numéro trois? Ma vie dénuée de sens…Mais c’est une chance pour vous. Je suis écrivaine. Et les écrivains aiment ce qui est banal afin de le rendre attrayant.

Un sofa qui viole ton intimité

Je recevais vendredi mon nouveau divan. Un grand trois places gris et un fauteuil agencé. Je veux vous parler de mon rapport ( malsain ou pas) avec les étrangers qui pénètrent dans mon salon. C’est simple. Je n’aime pas les inconnus chez nous. Même si c’est un ami d’un ami et encore moins un livreur. Pire deux livreurs. Ils entrent chez toi avec leur soulier sale, s’installent à ta table comme si rien n’était, pousse tes trucs, regardent et commentent les lieux.

Amène le divan, arrange-le et va-t’en! Je suis dure. Je le sais. Mais ce petit nid intime que j’ai construit ne doit pas être souillé d’une quelconque façon.

En plus, des livreurs qui te charment. Pardon, qui tente de te charmer. En temps normal, tu ne serais jamais monté ici, avec moi, dans ce salon et sur ce sofa. Alors, reste professionnel et évite les sous-entendus. Tu n’es pas le bienvenu. Si j’avais pu, je l’aurais hissé moi-même jusqu’au troisième étage. Mais à ce prix-là, on aime bien que la livraison soit incluse.

Un malaise? Pourquoi ce malaise? Êtes-vous comme moi? Appréciez-vous les livreurs mettent les pieds sur le paillasson de votre entrée de maison? Les laisseriez-vous sans grincer des dents dans votre salon? Moi en tout cas, c’est clair!

Quand la poussière retombe

Une semaine passe, puis deux et maintenant trois. Est-ce que le quotidien revient rapidement? Est-ce qu’on se sent chez soi? Fier et accompli dans ce nouveau lieu? Sommes-nous au contraire perdus, désorienter et déprimer? Quand le Jet Lag termine ses effets, qu’est-ce qu’on est censé ressentir?

Trois semaines ont passé. Oui la poussière est retombée. Mais je sens toujours l’excitation du début. Je tourne et tout a été soigneusement choisi par moi. Les rideaux, les meubles, le divan, le tapis…tout! Je me sens chez moi. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. Ici ce sont mes règles. J’y fais ce qui me plait. J’invite qui me plait. Sans être jugé. Je ne suis ni chez papa ou maman ni chez frérot. Ni dans le sous-sol d’une Italienne. Et je le vis seule.

                Je crois que cette expérience n’aurait pas été un aussi grand succès (du moins pour ce que j’en vis pour le moment) si j’avais emménagé avec quelqu’un. La solitude. L’incroyable frousse d’être seul. Vide. Inutile. Dans un grand appartement, cette sensation peut paraitre insurmontable. Toutefois, je du m’adapter à ce vide. Peu importe ou je regarde…il n’y a en effet que moi. Autant apprécier ma présence tout de suite et passer à autre chose n’est-ce pas?

                Pour ceux qui ne l’ont encore que peu ou pas du tout expérimenter, il n’y a pas mille et un trucs pour passer au travers de cette épreuve. Le temps fait bien les choses. Tenez-vous occupée. Décorez! Adoptez une petite bête à poil pour de la chaleur au retour du boulot.

En plus, vous ne vous ennuyiez pas puisque si vous êtes un peu comme moi, tout est à apprendre. Je n’aime pas cuisiner. Bien là je le dois parce que la poutine c’est bon, mais ça finit par faire de grosses fesses. Explorez votre bloc ! Le ménage! Le lavage! Marcher le tour de votre immeuble. Trouvez-vous de nouveaux endroits préférés. Sentez la brise du vent sur votre balcon ou la sécheresse aride du désert!  Il y a tant à faire  et tant à découvrir dans ce nouveau chez soi. Moi j’y ai trouvé mon coin sécuritaire, confortable et rempli d’amour. L’important c’est de s’y sentir bien que vous soyez comme moi au troisième ou au centième étage.

Des nouvelles de Pô…

Je ne peux passer outre de vous en dire un petit peu quand même!? Sinon je ne serais pas une vraie célibataire! La petite Furie continue de me réveiller à 5am. Manger, jouer ou juste signifier sa présence. Il grimpe sur mes nouveaux meubles ( ah? Un chat, ça escalade les divans??), il vole mes bas pis sacrément vite à part de ça et il…rapporte la balle. Non, mais sérieux. Je lance. Il l’a ramené. Je lance. Il l’a ramené. Ça dur des dizaines de minutes ainsi!

Oh! Et! J’ai fait ses griffes!! La chose la plus terrible de ma vie. Tu ne le touches pas encore, mais il hurle à la mort comme ce n’est pas possible. Mon frère m’a aidé en l’enroulant dans une serviette ( c’est qu’il mord le petit coquin). Le gentil frérot en tant que bon électronicien, il m’a même confié l’art d’utiliser ce genre de coupe-ongle. Il semblerait que c’est plutôt similaire à ce qu’il utilise pour faire des câbles électriques…( Ben coudonc! On prend toutes les infos !). J’espère m’améliorer dans les prochaines semaines… et en ce moment, je vois mes divans trembler beaucoup moins à l’approche de mon petit Panda.