Histoires d’un bloc # 12

Petit problème au bout du fil

D’un moment à l’autre j’attendais le technicien pour Internet. Je faisais les cent pas comme à mon habitude quand quelqu’un doit pénétrer dans mon appartement. C’est quelque chose que je tolère peu…mon espace…mon bunker…grrrr! Soudainement, il y a eu une odeur vraiment horrible à côté de moi. Je me lève et cherche l’origine de cette immonde odeur de m****! Est-ce que ça pouvait être…? Mais non! Pas lui! S’il vous plaît! Pas maintenant!

Pô se dandinait drôlement les fesses en s’approchant de moi. Je le soulève du sol et lui inspecte le popotin et …oui! Il était plein d’excréments. Au même moment que je me dirigeais vers la salle de bain, on cogne à la porte. Le technicien ! J’enferme Pô dans les toilettes et je vais ouvrir la porte! L’odeur est encore présente. Pauvre mec. Ça ne doit pas être facile d’aller poser Internet chez les gens. Ça doit sentir étrange partout!

Le chat hurle. Le technicien a pitié du chat. Ouvrez-lui la porte, mademoiselle!

Croyez-moi, vous ne voulez pas que je fasse ça.

Tornade dans le Bloc

Mon amie arrive du territoire de l’original avec sa petite famille ! Quelle joie! Elle a avec elle ses deux petites pestes de garçons. De beaux garçons, énergiques et gentils! Je l’invite elle et son plus vieux à dormir chez moi la fin de semaine. Le reste de son clan va dormir dans la famille. On prévoit des jeux, une sortie au Biodôme, du plaisir et de l’amour.

Le petit s’adopte super bien au chat et à l’environnement. Il court partout. Il court après le chat. Le chat après lui. Ils jouent à cache-cache. Deux bébés ensembles c’est tout simplement a-d-o-r-a-b-l-e.

Malheureusement, ce n’était pas le sentiment de tout le monde. Mes voisins…qui ont l’habitude de signaler toute obstruction à leur paisible vie en frappant dans mon plancher. Et c’est ce qu’ils font. Bang! Bang! Bang!  D’accord pour l’aspirateur à 9 :00 PM, mais ça ne passe pas avec un enfant qui a besoin de bouger! Alors je descends un étage et décide d’aller frapper à leur porte. Étrangement, le monsieur sortait son chien dehors au même moment… Je lui explique gentiment qu’il y a un enfant.

– Vous ne pourriez pas lui dire de se calmer ?

– Non.

C’est non négociable.

La tornade de mon amie est un garçon qui en a dedans. Il a couru toute la journée et une partie de la nuit ( genre ça veut dire toute la nuit) . Même les films ne l’endormirent pas… J’ai eu l’impression d’avoir été une mauvaise Tatie… impatiente, voire même intolérante. Mais le passage de ce garçon chez nous, même s’il a chamboulé ma vie de célibataire endurcie, aura permis au moins une chose positive ; des voisins qui apprécient le calme quotidien. Ainsi, ils ne frappent plus du tout dans mon plancher depuis le départ de la tornade et de sa maman.

Ma fierté

Je suis une femme. Une femme qui a tendance à s’appuyer sur les hommes de sa famille. Une femme qui tendance à délaissé certaine tâche à ces derniers. Je parle évidemment de l’air conditionné ! Mon père a eu la gentillesse de m’en acheter un lors de la semaine de canicule en août. Il l’a même installé! C’est le genre de chose que je n’aime pas faire ou du moins que je suis terrorisée à l’idée même de devoir m’en occuper! Cependant, mon orgueil m’oblige à dépendre de moins en moins en les gens. J’aimerais réussir par exemple d’ouvrir une bouteille de vin seule, d’arranger une armoire grinçante, laver mes toilettes… et même retirer mon air conditionné. Surtout que c’est uniquement un tuyau dans la fenêtre ce n’est pas du tout c’est gros cube lourd! Je peux y arriver! J’ai pris mon courage à deux mains, défiés les toiles d’araignées et j’ai défait l’installation. Un coup de balai, un peu de nettoyant à vitre et une bonne guenille plus tard j’avais enfin à le retirer! Quelle fierté ! Je devais la nettoyer maintenant et la rangée pour l’hiver.

Être une femme célibataire en appartement amène des défis. Depuis notre enfance, on accepte que la maintenance d’une maison suivant les saisons appartienne en général à l’homme. Sans leur enlever ce rôle qu’ils portent très bien, par intérêt ou autre raison, j’ai affronté la crainte de ne pas être suffisamment capable. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas si mal en fin de compte !

C’est avec confiance que je pense à ma prochaine étape : changer le pommeau de douche !