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Graphiste et écrivain: Comment bien travailler ensemble?

Présentation de ma graphiste MarieB

             Nul n’est sans savoir que l’autoédition on doit s’occuper de tout. Comment on fait exactement si dans l’un des domaines qui entourent la création du livre on n’est pas doué? Dans mon cas, tout ce qui est conception visuelle du livre j’avais énormément d’appréhension. Qui choisir? Combien ça coûte? Comment transmettre nos idées? C’est un avantage contrairement à la maison d’édition de pouvoir être libre de décider ce que je voulais comme page couverture pour mon livre. Mais cela peut être à double tranchant cette liberté. Dans un prochain article, je vais mieux détailler mon raisonnement, mes choix, le pourquoi du comment… mais pour l’instant j’ai voulu mettre sous les feux des projecteurs ma collaboratrice.

À deux occasions, j’ai eu la chance de travailler avec Marie-Ève B. Elle est proactive, talentueuse et sans conteste passionnée par ce qu’elle fait. La page couverture est d’une si grande importance pour que le livre intéresse les lecteurs tellement que la pression peut être plus grande à cette étape (la vente) pour la graphiste que l’écrivain-e. Ça passe ou ça casse. L’écrivain et le graphiste ont-ils réussi à bien collaborer ensemble pour représenter adéquatement, le livre, l’histoire, la vision et leurs pensées?

Ainsi je me suis permise de poser quelques questions à ma graphiste pour avoir son point de vue. 

Pour commencer, commençons par introduire le commencement:

Quel est ton parcours?

J’ai d’abord suivi une formation en graphisme au Cégep Marie-Victorin. Suite à cela, j’ai choisi de me lancer dans une aventure pour suivre un rêve: celui de réaliser des films d’animation. J’ai donc été étudier à Matane l’animation 3D. Au courant de ce DÉC, je me suis aperçue que je préférais élaborer des histoires, développer des concepts et surtout dessiner. Bien que que j’aie développé une aisance avec l’animation en tant que telle, le monde de la 3D me semblait contraint par le côté technique. (Ce qui me faisait un peu trop souvent rager contre les logiciels!) Je me sentais un peu restreinte par le côté technique de la 3D; d’un point de vue personnel, il me manquait une certaine liberté artistique que je retrouvais plus dans les logiciels de dessin.

Qu’est-ce qui/quoi te fait choisir cette vocation?

 

Ma passion pour les histoires, les images et leur puissance pour faire vivre des émotions et communiquer un message. J’ai tant souvent eu l’envie de lire un bouquin que par l’attrait de la couverture de page!

Tes objectifs de faire cet article?

Donnez un aperçu des coulisses de la production de projet graphique, dans ce cadre-ci, d’illustrer un livre. Faire part des leçons que j’ai apprises en partageant mon expérience pour épargner des erreurs à d’autres.

Les qualités qu’une graphiste doit avoir avec un écrivain?

Un intérêt réel pour le projet afin de s’y vouer entièrement et de lui apporter un concept unique qui saura représenter l’essence même du récit.

La ponctualité est un indispensable, un signe de respect dans la vie en général à mon avis!

Des qualités qu’un écrivain doit avoir avec un graphiste?

Une clarté dans la définition de ses attentes: avoir carte blanche pour une interprétation personnelle est une chose, mais une ligne directrice permet de cadrer mieux la vision de l’écrivain. Un client qui sait ce qu’il veut sans ambiguïté permet de sauver du temps pour les 2 parties : cela évite malentendus ou oublis et donc épargne des ajustements plus tard. 

Une franchise pour donner des commentaires sur le concept, le look, les croquis et esquisses qui lui sont présentés. On veut un client plus que satisfait, enfin je crois que c’est une valeur importante aux yeux de notre profession.

La prise de contact:

Comment un graphiste reçoit un écrivain? Comment l’attirer?

 

En démontrant une compréhension de la nature du projet, en ayant lu le livre entre autres. Avec un esprit ouvert et créatif: il faut savoir écouter et proposer les idées.

Comment on choisit un projet de couverture de livre? (Les critères à prendre en considération pour embarquer dans le projet)

Le temps, l’argent et les bénéfices divers. En début de carrière, on pourrait être tenté d’accepter tout ce qui passe. La meilleure stratégie consiste à évaluer les gains du projet. Si ce dernier représente une grande consommation de temps et d’efforts, ainsi qu’un budget très limité, mais que les délais sont fort raisonnables et que le projet est une opportunité unique pour beaucoup de visibilité pour obtenir de futurs contrats: cela peut valoir l’investissement.

Il ne faut toutefois pas tomber dans le piège de l’exploitation : « Puisque tu es un junior, tu dois te contenter d’accepter n’importe quel prix. » Au nom de tous les professionnels, on ne doit pas rabaisser la valeur de notre travail.

L’entente réciproque:

Le paiement comment ça se passe ? Es-tu gênée de parler argent?

En début de carrière je dirais que oui, c’est un sujet délicat. (Ce l’est dans la vie en générale, peu importe la profession d’ailleurs, cela dépend des gens.) Toutefois, avec le temps et l’expérience qui s’accumule, je sais mieux évaluer la valeur de mon travail et je peux ainsi mieux assumer et surtout expliquer mon tarif. D’ailleurs, je me sens plus à l’aise de discuter du paiement avec le client en faisant preuve d’une ouverture d’esprit à négocier pour trouver une entente juste.

Les responsabilités et les obligations

Une communication claire. Personne ne veut d’entourloupes : de frais supplémentaires pour une tâche additionnelle ou bien de mauvaises compréhensions sur la nature du projet qui se révèle tout autre. Exemple:

Écrivain: « Je veux une simple pomme. »

Graphiste:  » Voici votre pomme, simple, mais qui se démarque de vos concurrents. »

Écrivain: « Mais je voulais une simple pomme dans un panier avec d’autres fruits. « 

Aucune mention du panier au départ, donc temps supplémentaire.

Mettre au clair ce qui est demandé comment le fais-tu?

Par le biais d’images voyons! (rires) blague à part, en posant plus de questions et en demandant confirmation de la compréhension du sujet à l’aide de croquis rapides.

Comment graphiste et écrivain peuvent bien travailler ensemble:

Cerner les besoins de son client

 

Il est primordial de connaître le public cible, car l’auteur peut avoir ses requêtes et sa vision cependant, en bout de compte, c’est du lecteur qu’il s’agit d’attirer.

Les modifications

Parfois je les sous-estime en matière de temps; il y a toujours des surprises qu’on ne peut prévoir et d’autres auxquelles on n’a tout simplement pas pensé. Quand il s’agit de mon erreur ou de ressources hors de notre contrôle (exemple panne d’électricité, donc délais), je ne charge pas de suppléments.

Dans le contrat, il est mentionné qu’il y a approbation à avoir sur les maquettes avant de passer à l’étape suivante. Il y a un temps alloué aux modifications suite aux commentaires, puis à nouvelle présentation de maquette(s) avec les corrections. Si nous sommes dans les temps prévus au contrat et qu’il y a d’avantages de modifications à apporter, j’effectue un 2ème tour de retouches. Après cela, l’écrivain doit payer des heures supplémentaires.

Je n’aime pas ma couverture! Qu’est-ce que je fais?

Si on en arrive à ce point, il n’y a pas eu suffisamment de suivis. Selon les clauses du contrat signé, il se peut que cela rentre dans la catégorie heures supplémentaires et que le tarif augmente alors. C’est pour éviter ce genre de situations que le graphiste présente ses concepts et ses maquettes avant de passer à la réalisation de la couverture finale et qu’il est primordial que l’écrivain soit transparent dans son opinion.

Concrètement ça demande combien d’énergie, d’analyse, de remue-méninges pour un  X projet?

Tout dépend de la nature du projet, chacun est unique. La plupart du temps, la partie brainstorming et croquis est bien plus longue que la réalisation de la version finale, car tout part d’un concept fort, réfléchi. Dans mon cas, je répartis mon temps plus ou moins comme ceci en général: 40% brainstorming & croquis, 35% esquisses & maquettes, puis 25% le final.

Et après…

Après le contrat qu’est-ce qu’on fait?

De mon côté, je m’informe d’abord des ventes du livre et des commentaires que la couverture reçoit. Je laisse savoir à l’écrivain que je reste à disposition pour l’aider dans la publicité. J’offre toujours un « service après-vente » pour des trucs mineurs, comme par exemple convertir les fichiers en divers formats pour des applications diverses (Instagram, Facebook, PDF. en taille différente que le fichier de livraison, etc.) ou un changement/ajout de texte sur l’affiche commandée avec la couverture de livre.

On reste en contact?

Absolument. À moins que l’expérience fût mauvaise, ce qui ne m’est pas encore arrivé.

On relance s’il y a un nouveau projet?

Si l’écrivain a été parfaitement satisfait du résultat et de l’expérience, je crois qu’il est logique qu’il retourne avec le même illustrateur. Le style graphique peut varier d’un livre l’autre selon le genre littéraire et le groupe d’âge visé, mais je pense qu’il est bien d’associer une certaine signature visuelle de l’artiste à l’écrivain pour le public.

Service après-vente comment ça marche?

Les conditions sont énumérées, voire listées, au début du projet, lors de la signature du contrat. S’il s’agit de petites modifications, je ne charge pas. Au contraire, je souhaite offrir plus au client que ce à quoi il s’attend. Toutefois, je n’irai pas jusqu’à me permettre de passer une journée entière de boulot sans charger un minimum. À ce moment, j’offrirai diverses options et discuterai d’un prix spécial qui conviendrait à l’écrivain.

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