Frustration

Un blocage que je rencontre souvent: la frustration. Cette dernière s’accompagne souvent de son ami Désespéré. Quand je sens qu’un chapitre n’avance pas, que les personnages se rebellent contre moi, que le projet est loin d’être fini, que la correction s’alourdit, que les maisons d’édition refusent toujours mon texte… Qu’est-ce que je suis sensée faire?

La frustration me limite et m’empêche de progresser. Elle me scie les deux jambes et je tombe durement sur le sol. Je ne vois pas de solution. Je broie du noir. Et je me demande si j’ai eu raison de poursuivre mon rêve d’écriture.

J’ai réalisé que la solution vient avec la frustration à tout coup. Regarde dont la de plus près. Que nous dit-elle? Nous bloquons. Nous sommes engorgés dans notre écriture et physiquement les symptômes semblent être similaire : agitation, épuisement, aveuglement. J’ai beau me lever et faire les cent pas, cela ne marche pas. On peut bien me dire de me calmer, cela ne marche pas. Alors que suis-je sensée faire? Fermer l’ordinateur et passer à un autre rêve? Non. Je vis ma frustration. Je prends un papier et un crayon. J’expulse ma colère. Je sors mes contradictions. Je dois sortir du blocage, me remettre en mouvement, mais surtout, ne pas camoufler l’émotion. Car celle-ci reviendra davantage plus forte.

Il m’arrive de parler à mon chapitre et à mon personnage. Qu’essayez-vous de me dire? Qu’est-ce qui ne marche pas? Où? Comment y remédiez?

Hier, je finissais la dernière ligne droite de la correction d’un super projet qui sera en maison d’édition. Après avoir reçu le mauvais fichier ( une vieille version) et avoir réaliser une heure plus tard que je corrigeais pour rien… La frustration s’est emparée de moi. J’avais tellement bûché sur ce texte et je réalisais que ça ne se terminait pas encore! Maudit j’avais hâte d’en finir! Je ne supportais plus l’idée même de cette histoire. Je revivais des moments désagréables de mon expérience. J’ai dû faire le point. Allez manger un peu. Boire beaucoup d’eau et revenir cette fois avec le bon texte. Pourquoi j’étais frustrée au final? D’accord, j’ai perdu une heure. D’accord la correction a été dure depuis le début de ce projet… Mais bordel que j’ai appris! Ce n’est pas mon texte chouchou, mais cette expérience me reste coller à la peau. J’ai dû modifier mon sentiment de frustration en fierté. Car il faut se l’avouer on est bon pour se casser la tête sans jamais s’autoriser à avoir du succès ( même le plus infime). Je me suis rassis et j’ai parlé à mon texte:

Voilà ce qu’on va faire! Je sais que c’est la millième fois que je te corrige ( hyperbole), mais c’est l’étape la plus cruciale. Sans ça, mon petit, tu vas être difficile à digérer pour tout le monde. Faque s’te plait, coopère un peu et j’arrête de chialer!

Tout en corrigeant avec l’aide de ma coauteure, j’ai laissé la place à l’humour et à la joie innocente. Un effort joyeux malgré la tâche interminable. La frustration, il faut la voir comme un épouvantard ( Harry Potter). Elle pourra prendre plusieurs formes et même celle de vos peurs les plus profondes. Cependant, le rire pourra rendre la chose/situation ridicule.

 

Je sais que ce n’est pas toujours facile. La frustration non seulement est désagréable à vivre, mais elle nous fige sur place. Elle nous détourne de notre premier objectif: Essayer de faire une histoire.

Détectez-là.

Criez un bon coup.

Puis, laissez la joie vous inonder.

Retrouvez l’essence même de ce qui fait qu’écrire pour vous est un bien-être. Reprenez vos objectifs. Penchez -vous sur une autre partie si cela n’avance vraiment pas. Mais surtout, ne la laissez pas gagner cette frustration. Pas aujourd’hui.