Être heureux

 

Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus.

 

Je m’interroge ces jours-ci (ok depuis un bon moment déjà) sur la signification du bonheur. Le fameux  j’suis-tu heureuse moé coudonc? Est-ce ça se compte en nombre de bébelles qu’on a? La piscine, la maison, le chien, l’auto et la copine/copain? Est-ce que c’est ça? Voyager et accumuler les souvenirs achetés à un Cubain? Et cette définition qui dit que le bonheur est un état de satisfaction COMPLÈTE. Complète? I’m fuck.  Je ne suis jamais complètement heureuse. L’un réussit mieux que moi. L’autre à plus d’amis. D’autres sont juste insignifiants et ont plus d’attention. Je ne peux même pas avoir une maison. Je ne peux même pas me payer un voyage. J’suis pauvre crisse. Alors…est-ce que je suis condamnée à être malheureuse toute ma vie?

J’ai cette impression d’insatiabilité tout le temps. J’en ai et j’en veux toujours plus. Je veux être chez nous dans mon sofa et quand j’y suis, je veux être dehors et voir le monde. C’est quoi mon problème? C’est quoi notre problème? Parce qu’évidemment, je ne suis pas toute seule dans cette situation ( on est une méchante gang inviter à ce party-là d’ailleurs).

Le bonheur, est-ce qu’il est dans la réussite? Le diplôme, l’emploi, les enfants bien éducationnés. Le bonheur est-ce qu’il est toujours bien ordonné, dans le contrôle le plus strict.

Non. Le bonheur est dans la complète non-maitrise de sa vie. Le bonheur c’est admettre qu’on ne contrôle rien, qu’on ne sait, qu’on fera juste de notre mieux ( et quel mieux les amis!!!). Le bonheur c’est justement ça…tout est à faire…tout est à créer. Je suis heureuse quand je crée. Mais pourquoi? Parce que les conventions sont loin derrière. Personne ne me dit quoi faire. Personne ne me juge. Personne n’existe sauf l’objet de ma création. Nous sommes des êtres divins, tous et toutes, qui vivent une pleine expérience humaine( Merci à Paul Régimbald pour m’avoir ouvert les yeux) . Qui vivons l’échec et notre humanité. C’est ça le bonheur. C’est être juste assez. C’est être ce que l’on veut. C’est ressentir ce que l’on veut. C’est être libre des conventions sociales et de ses obligations.

         Stabilité et sa durabilité. C’est ça le bonheur. Être pareil. Jusqu’à la fin. Temps et espace confondue. Karine demeure celle qu’elle est. Stable et durable. Pfff! Ceux qui me connaissent savent bien que je ne suis rien de tout ça! Ceux qui me connaissent savent que la seule chose que je désire, le plus profondément, pour être heureuse c’est de réussir un jour à m’aimer. Je m’aime, mais pas à tous les jours. On est encore une méchante gang ici dans ce cas. Et c’est ça notre apprentissage du bonheur les copains. C’est juste ça. Ressentir l’amour, la vivre, la transmettre et la partager. C’est tout. C’est simple. Ça nous en fait moins sur les épaules hein?

Je vais vous dire un truc que j’ai appris en prenant en témoin les milliards d’étoiles qui surplombent au-dessus de nos têtes : je ne suis pas seule. Je peux être tu-seule tu-seule sans âme qui vit autour de moi, mais je veux dire. Je suis ma meilleure présence. Ma meilleure amie. Ma meilleure mère. Mon meilleur père. Mon frère et ma sœur. Ma meilleure confidente. Parce que l’amour transcende. L’amour guérit. Parce que j’apprends à aimer celle que je suis et celle que je veux être. Chaque jour, un pas à la fois.

Et vous aussi, vous empruntez ce chemin. Je dis bien chemin, car ce n’est pas une destination. Ce n’est pas un but à atteindre. Le bonheur n’est pas un objectif de vie. C’est la vie.