Épilogue d’un rêve

Je vais me compromettre sans doute avec les affirmations suivantes, mais bon, quand on fait le choix de devenir écrivain on accepte de fouiller notre âme qu’elle soit noire ou blanche…et suite à une telle expérience le seul choix logique est d’écrire à ce sujet! Les confins de l’Homme dévoilés! C’est d’un plaisir fou! Comme la fois où j’ai vomi dans ma bouche en conduisant. Tout ce que je désirais était de prendre note de la sensation! (sans blague) Ceci est une autre histoire qu’éventuellement, je devrais écrire (peut-être pas finalement).

Je suis allée au Tam-Tam…là ou une foule de gens se ramasse et font le party…un party qui a certaines odeurs parfois douteuses…je suis allée là dans l’espoir d’y rencontrer des gens qui aimeraient bien acheter mon livre. Au final, je n’ai eu qu’une vente et c’est la jeune fille du kiosque à côté de moi qui l’a acheté. J’étais contente. Elle voulait pratiquer son français et elle aime bien l’idée d’un squelette. Pourquoi pas!

Toutefois, je me suis retrouvée devant l’immensité de mon échec. Se vendre. Être reconnue. Être accepté. Légitime.

Être écrivain, je le savais dès ce choix fait que cela ne serait pas facile. Oh! Je le savais! Percer un marché rempli de vautours qui vous prend vos droits en échange d’une tablette à rabais ou un marché dit libre où on vous pirate votre œuvre sans vergogne. Cependant, ce n’est pas ça qui m’attriste ce soir…

Je pense à moi, évidemment, mais à tout ceux et celles qui ont un rêve et personne pour les encourager. Tous ceux et celles qui ont été là pour d’autres et qui se ramassent seuls devant la lourdeur de la tâche de simplement exister. Je suis triste qui des gens comme moi qui à force de n’avoir personne derrière eux finissent par admettre qu’ils et qu’elles méritent d’être ainsi : seuls/es.

Je suis accrochée à l’écriture. Je m’y accroche les mains sanglantes comme à une corde d’acier. Je suis terrifiée d’exister. Je suis terrifiée de me tromper. Terrifiée de parler de moi, de me dévoiler, vulnérable devant un client qui au final lèvent les yeux sur mon œuvre comme si c’était moi. De perdre mon énergie et ma vie à courir derrière un rêve et ne jamais atteindre une seule destination. Je rêve et parfois je n’y crois plus. Et vous? Vous couchez-vous par terre en désirant ne plus vous relever? Ne plus essayer? D’abandonner et fermer votre cœur à tout espoir? À toute main qui pourrait, vous relever.

Sous ce grand vide rempli de tristesse, je bous. Je suis en feu! Je suis  en colère. Ma tête ne réfléchit plus. Mon esprit a quitté mon corps. Karine est un volcan prêt à faire trembler le sol et l’engloutir. Alors je me mets à me questionner…

Le livre n’a plus sa raison? Suis-je une mauvaise vendeuse? Suis-je si nulle qu’aucun de mes amis ne m’aide à partager, commenter, liker? Suis-je à ce point seul? Dois-je dépendre de Facebook et twitter et des Ondit et des Yvons croire que? Suis-je à ce point un être abominable? Vouloir que des abonnées pour sentir que je le mérite? suis-je entrain de me tromper? Suis-je entrain de rater ma vie? Pourquoi les grands profitent des petits? Pourquoi tout n’est que consommation? Tout est produit? Tout est vendable? L’art est un objet, un objet qu’on passe d’une main à une autre comme une balle de tennis. Oui même toi, toi qui rêve d’être sous les projecteurs, tu devras devenir une putain! Tu devras vendre qui tu es, ton âme pour faire parti d’une élite et survivre. Ne pouvons-nous pas faire autre chose que de vulgaires copies de nos ancêtres? N’avons-nous pas suffisamment d’imagination pour refaire toujours et à jamais les mêmes films et les mêmes histoires? Et celui qui désire bâtir son business l’engloutir sitôt sous les règles de fiscalités et les murs si hauts du réseau de contacts. Ce n’est pas ce que tu sais, mais qui tu connais…

Vraiment? Va s’y! Prostitue-toi artiste. C’est ça qui m’enrage! C’est ça qui me consume. 2 pour 20  puis 20 pour 2. Plutôt que s’aider, s’encourager, faire des œuvres de qualités, créer…on doit mâcher ce que les autres ont fait pour avoir droit au nectar des dieux!

 Ai-je le droit de rêver encore pour moi? Suis-je au prologue ou à l’épilogue d’un rêve? Combien de temps dois-je me débattre pour atteindre la grâce?

J’imagine qu’avoir le super beau rabais Ford employé devrait me remplir de joie. Après tout n’est-ce pas ça qu’on vend? Brand Power qui vous aide à mieux acheter votre moutarde? La technologie et tout parce que Sté on en veut toujours plus. Ou la voix…qui crée des héros, les mets sur un podium lumineux, sélection ne l’élu, l’exploite jusqu’à le publique cherche un nouveau joujou et abandonne tous les autres à leur sort. Et la lumière dans leurs yeux s’éteint. Tous les autres qui auraient autant de choses à dire meurent.  Ils ne sont rien.

Producteur d’artiste garanti un an. Noir et Indien condamné à jouer leur propre rôle à jamais dans les téléséries québécoises.

Ne t’attaque pas au Système, démode-le !

Alors que je croyais mon chemin sans issu voilà qu’un écrivain trace sur le sol comment m’enligner. Comment éclairer mon parcours si sombre. Un écrivain qui a compris dans quel système il joue. Et si cette fois, ce système je le démodais à plusieurs…et si vous artiste, tout comme moi nous prenions nos forces et les rallions avec ce que nous savons le mieux faire : Créer.

Cela ne demande ni gloire ni tribune…seulement d’être dans notre unicité et notre légitimité.

Moi avec ma plume.

Vous avec votre pinceau.

Vous avec votre poésie.

Vous et votre voix.

Vous et vos gestes.

 Vos expressions.

Votre jeu.

Il est temps que l’art ajoute du cœur à l’humain. Il est temps que l’artiste philosophe et peinture, écris et chante. Il est temps que l’acteur ne joue le rôle ni pour l’argent ni pour la carrière. Tout en profondeur. Tout en douceur. Tout en dureté. Qu’il soit le miroir de notre humanité et sa déchéance. Le vieux système corrompu par l’argent et la subvention accepte nos conditions, nous libère de toutes entraves. Il est temps que nous ne soyons plus l’esclave, mais prophète du changement.

Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.