Créer c’est apprendre à échouer et recommencer

J’ai entamé ce projet au mois de décembre 2017. J’avais eu un rêve étrange et plus j’y réfléchissais, plus me disais qu’il y avait peut-être matière à en faire un roman. J’ai commencé à écrire sans plan, puis l’inévitable cul-de-sac est arrivé. Je me dirigeais dans le noir, à tâtons sans trop savoir où était ma sortie. Si j’allais réussir quelque chose. Au final, 365 jours plus tard, 600 pages ont été écrites, déconstruites, arracher, brûlé, pleuré et ragé… J’ai tenu bon. J’ai réussi à faire quelque chose. Bon ou mauvais, je m’en fiche. J’ai créée. J’ai échoué. J’ai appris et j’ai continué de nouveau. C’est ça l’important.

Vous entendrez souvent par vos mentors qu’écrire c’est réécrire. C’est vrai. Pour savoir écrire, surtout, il faut commencer à le faire. Il faut débuté au point un qui est d’enligner les mots et les phrases. Tenter quelque chose. Tenter de le faire différemment. Tenter de le faire de mieux en mieux.  J’ajouterais aussi qu’écrire c’est vivre avec l’insécurité, la vulnérabilité et notre très grande tendance à l’échec. Du simple : « C’est ben nul ce passage là» à  «j’y arriverais jamais» ou «Mautadine! Faudra je scrap le chapitre au complet ça marche pas mon affaire» il y a une certitude évidente ; Vous allez échouer. L’écrivain qui accepte sa faillibilité tout de suite saura une fois arriver à ce moment horrible qu’il n’est pas si grave. Il faut juste essayer autrement ( phrase louangée et de loin par Anaël Verdier). Ce n’est donc pas, au final, un échec. C’est une tentative qui dans les circonstances ne sont pas les meilleurs. Alors, il faut approfondir un peu plus notre réflexion. Qu’est-ce que j’ai sauté? Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Ajouter un passage? Le retiré? Le recommencer? Tant de réponses multiples à un problème qui au fait relève de la chronologie, de la logique, de la description initiale des personnages ou voir de la cohérence.

Ce n’est pas grave! Parfois, oui, il est essentiel de s’arrêter, de reculer ou de recommencer. Mais au final, ce n’est pas la mort de votre projet. S’il vous tient à cœur et s’il vous parle autant, s’il arrive à vous dire, non ça ne marche pas, c’est que vous êtes au travail et vous écoutez la direction que prend le projet. Et ça c’est important. Écrire n’est pas juste écrire et puis bon, vite les séances de dédicaces. C’est une lutte acharnée contre soi-même, contre nos sabotages, contre les imprévus, contre le plan ou le non-plan. Écrire demande de la tête, du coeur et une sacrée pair de … Dents pour y mordre sans restriction. C’est une passion ou non?

J’écoutais Bob Russ l’autre jour et j’étais tout simplement fasciné par son calme et sa maîtrise. Je me suis tiens! Ça l’air tellement plus facile peindre qu’écrire. J’ai choisi la mauvaise passion! Mais non… Il dit dans un de ses vidéos… glisse le pinceau dans la joie, parce que c’est joyeux ce que nous faisons avec les couleurs. La peinture nous rend joyeux et nous devons faire ce qui nous remplis de joie. Sinon à quoi bon?

À quoi bon? Alors voici, s’accrocher à pleine dent. Installer notre putain de cul sur cette chaise, être prêt à ce que le projet dérape…. être prêt à lui permettre de nous questionner sur nos intentions. L’échec, oui, mais recommencer. Surtout apprendre à continuer malgré tout. Et vous allez vous rapprocher de votre montagne.