Courage

Comme tous les matins, je prends l’autobus pendant une vingtaine de minute, c’est long et je suis en sardine avec les autres usagers. J’entre ensuite dans le métro sombre, je me fais brassée, toujours entassé, je change de ligne, je débouche à ma station et… Ce matin toutefois, je suis accueillis par une musique vraiment sublime. Plus j’avance dans le sous-sol, plus le rythme est audible. Puis, je suis confronté à un jeune musicien. Systématiquement, sans réfléchir, sans me poser de question, je prends ma bourse et va y déposer un peu de monnaie dans son chapeau. C’était la première fois que je me sentais vibrée. Le mec était là à 7h00 du matin, à gratter sa guitare, tout sourire et avec talent! Alors j’ai pensé en mon for intérieur, il faut avoir un sacré courage pour choisir l’artiste en nous.

Vous a-t-on déjà décourager à écrire? Vous a-t-on poser des regards d’incompréhensions? Pourquoi tu fais ceci ou cela? Lorsque tu ose présenter un projet, à peine clair pour toi-même, chaque commentaire est similaire à des coups de poignards, n’est-ce pas? Que dire de ceux qui n’y accorde même pas un regard… Ces personnes qui comptent dans notre entourage et disons-nous le, s’en foutre carrément! C’est souffrant n’est-ce pas? Je vous transmets alors cette perle de sagesse que j’ai lu dans le livre de Anaël Verdier ( Bah! Oui! Encore lui!).

« Les autres ne comprendront pas toujours ta route. Ça ne fait rien, ça n’est pas la leur. »

Jour après jour, je me bats contre mes mécanismes de défense et de sabotage pour continuer l’écriture. Continuer mon rêve. La seule différence maintenant, c’est que je ne quémande plus. Je n’attends plus rien de personne sauf de moi-même. La phrase ci-haut le dit bien… c’est ma route. C’est votre chemin artistique. Le nôtre, pas celui de notre famille, de nos amis, de nos collègues, de tous ces inconnus qui soulèvent le nez sur vos œuvres. Il faut du courage pour se dire, je le fais pour moi avant-tout quoiqu’on en dis!

Il faut aussi une très bonne dose d’esprit combatif de vivre avec les échecs répétées. Nous avons espoir d’être un auteur de renom, d’être accepter dans ce cercle privilégier, d’être KEKUN, d’être artiste, d’être reconnu oui, mais vu et écouter… Et quand on commence à faire de l’art, on apprend vite qu’il y a plus d’une sphère à contrôler ( émotionnel, spirituel, physique…). On a des visions toutes différentes, nous les confrontons et nous croyons à tort que notre différence est mal vu, mais au contraire, c’est notre vérité qui fait de nous l’artiste, l’écrivain que nous sommes. Et ça, pour le reconnaître et vivre avec notre authenticité, il faut du courage.

Notre route est parsemée de doute, d’embûche, de blocage, de désespoir… Mais nous relevons la tête, nous acceptons notre vulnérabilité. Nous acceptons que nous devons jouer entre le contrôle et le chaos de la créativité. Nous acceptons nos angles morts et nous apprenons avec humilité à nous dépasser. Et nous continuons. Ça encore, ça s’appel le courage…

L’art est comme une grotte sombre où on s’aventure seul et parfois… on a oublier les allumettes et la torche… Mais on y pénètre tout de même. Parce que nous sommes courageux, nous, artistes et artisans… C’est notre terrain de jeu. Vierge. Sans balise. Même si un chemin cent fois utilisé nous est proposer, on a l’audace et le courage de s’en frayer un nouveau.