Ce que l’on peut apprendre sur soi durant une marche


Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas très sportive. Je pourrais m’éterniser sur les raisons cependant je conclurai simplement que je n’ai jamais reçu le support constant et adéquat que j’ai toujours eu besoin. Toutefois avec le temps et la maturité, j’ai cette patience pour moi et ce goût de plus en plus prononcé de découvrir et m’aventurer. Seule et en confiance.

Après quelques années sur le banc de touche côté sexe (oups! J’ai  osé le dire !) J’ai eu besoin de me retrouver : Moi, simplement, en mouvement, en sueur et sentir mon coeur qui palpite. On dit bien que le sport c’est comme le sexe, non?  (j’ai encore dit le mot !) 

J’avais Aqua dans mes écouteurs. Il y a vraiment que cette  musique pop de mon enfance qui réussit à me remettre le sourire. Je faisais ma marche quand je me rendis compte d’une chose bouleversante…

Où je vis, c’est en face du fleuve St-Laurent. Je paye cher mon appartement, mais le vent qui traverse ma maison, la vue, l’odeur de l’eau en vaut la dépense assurément. Pendant ma marche, j’avais décidé de faire le carré de mon quartier. Un petit défi, rien d’extravagant. Juste pour se remettre en mouvement.  Plus je marchais plus je décidais de prolonger ma distance jusqu’a ce que je me retrouve sur le boulevard, entre une vue époustouflante et des maisons richissimes! Mais plutôt qu’admirer le cours d’eau indomptable depuis des siècles, je me surpris à admirer les demeures. Je devins maussade et ma vitesse de pas décéléra. 


Mes pensées calmes jusqu’à maintenant fusèrent chaotiquement et douloureusement harcelant ma tête. Qu’étais-je entrain de faire de cette balade seine? Je m’assommais de coups ! Je m’engloutissais de jalousie et de rage. Je constatais a quel point  je n’avais rien.

Et quand on débute dans cette voie, il est dur d’arrêter la déprime.

Par chance, j’ai alors tourné ma tête et je suis tombée sur la lune, pleine et étincelante, à côté du ciel encore bleuté.  Instantanément, elle a eu sur moi un effet calmant.

J’ai compris que la vie était une route qui se divisait entre ce que je peux avoir et ce que je ne peux pas, entre rêve et fantasme, entre harmonie et chaos… J’ai compris que ces pensées sont les miennes. Je n’ai pas le contrôle sur elle, mais j’ai le choix de les repousser avec force. J’ai le pouvoir de le faire. Je ne peux éviter ces gens qui ont plus que moi. Je ne peux changer de quartier simplement pour ne plus être confronté à cette douleur d’avoir moins.

J’ai compris aussi, dans cette simple marche, que la lune peut être observée de tout le monde, mais très peu lèveront les yeux vers le ciel. Moi, j’ai eu cette chance. Et je la comprends tout à fait.

Boulot- Dodo- Really ?

Lundi matin, je snooze jusqu’à six heures. C’est dangereux, je suis sensée sortir gros max dans trente minutes. Et si je veux pas avoir l’air ( encore) de la chienne à Jacques, faudrait bien que je m’active, que je me peigne, que je cache mes cernes…. Heureusement, j’ai l’auto de mon père, donc je me permets d’être fainéante un peu.

Ça ne me tente pas. Vraiment pas. Comme plusieurs autres réveils dans la semaine, j’angoisse à l’idée d’aller travailler. Pourtant, ce n’est pas un boulot stressant. Financièrement c’est convenable ( ça pourrait toujours être mieux, hein !) et mes collègues sont sympathiques. Non c’est plutôt l’idée d’aller m’asseoir pendant 8 heures, de répondre à des courriels, sentir au fil de la journée la douleur dans mes poignets augmenter, de répondre aux clients internes qui se demandent pourquoi y’ont pas de nouvelle de leur commande ( c’est lundi pour eux aussi, mais ça justifie pas l’agressivité ), de regarder par la fenêtre et voir la journée défiler sous mes yeux.

Donc je suis là, dans mon lit, fixant le plafond et je fais une liste dans ma tête de tout ce que j’ai négligé vendredi, de tout ce qui peut potentiellement me tomber dessus tantôt et ça me tente vraiment pas. Sté! Quand on parle d’être sur son X. Est-ce que j’y suis ? Est-ce que je m’en approche ? Je sais que c’est juste une expression. Je sais que c’est juste un travail. La vrai vie se passe après. Je le sais bien ! Mais c’est drôle, je vis quand même cette tension dans mon corps ( vous devriez me voir le dimanche soir ! ) parce que, coudonc je suis-tu à bonne place moé-là ? Est-ce que c’est ça que je veux faire de ma vie ? Pour le restant qui me reste ?

« Démarrer la machine va me prendre quatre jours pis boum ! C’est vendredi !» lance un collègue. C’est pas faux ce qu’il dit ! Pas du tout ! L’humain est-il fait pour être entre quatre murs, respirer l’air conditionné ou l’air recyclé pendant des heures ? Est-ce que nous sommes constitués à répéter les mêmes gestes, jours après jours, dans l’espoir de la surprise, du jeu ou de moment émouvant ? Le travail est venu par nécessité. Mais entre des courriels et courir après Miminne la Poule qui s’est sauvé encore pendant que tu nourrissais le clan des volailles, me semble, qu’il y a un méchant step?

Je me sens toute drôle aussi parce que j’ai fait un tas de trucs intéressants pendant ma fin de semaine ! J’ai fait du ménage en écoutant Netflix, j’ai pris beaucoup trop de cafés, j’ai lu, j’ai écris, j’ai pris de longgggg bain, j’ai clavardé avec des gens super intéressants, pris mon temps ! Ce n’est pas assez deux jours !

Je me sens captive. Je me sens prisonnière même si j’aime ma job ! J’ai commencé à ramené des plantes pour donner une énergie nouvelle à mon petit bureau de fonctionnaire. Depuis que la petite touche de vert est installée, je me sens déjà plus apaisée. Plus en sécurité. Il y a quelque chose de bon dans la nature. Même installer en fragment sur le bord de la fenêtre. Il y a quelque chose de bien en permettant de personnalisé son espace des choses qui nous rendent heureuses. Amener cette joie du jardinage par exemple aux heures salariées.

Vous connaissez le boulot-manger-dodo vous aussi ? Pendant longtemps j’arrivais chez nous épuisée, incapable de bouger du sofa de la soirée. Il y a des personnes qui n’ont pas cette énergie inépuisable. Y’en a qui ne son pas fait pour donner 110% à tous les jours. Je suis de ces gens-là. Je ne veux plus de lundi déprimant. Je ne veux plus de dimanche angoissant. Je ne veux plus m’asseoir à mon bureau et me dire qu’il reste 7 heures à partir de maintenant. Je n’en veux plus. Et vous ?

J’accepte de ralentir pour aujourd’hui. J’accepte de regarder mes plantes et de délaissé un ou deux courriels. J’accepte de me lever et m’étirer. De marcher. D’aller me prendre un café ou un thé. Je prends un temps pour m’asseoir dans le bureau d’une collègue pour papoter., compter mes réalisations de la fin de semaine, mes joies… Je me donne le droit de ne pas m’en faire. Je fais de mon mieux, pour aujourd’hui.

Et demain, je recommencerais, là où je me suis arrêté la veille.