Une toupie sur 4 pattes

Un chat c’est un chat. Je pouvais m’imaginer qu’il soit disponible aux caresses quand je le souhaitais. Je pouvais l’imaginer dormir paisiblement contre ma poitrine toutes les nuits. Je pouvais imaginer, mais la réalité était bien différente.

Tous les jours, nous, maman par intérim, suivons pas à pas l’évolution de notre chaton. Les visites chez le vétérinaire sont programmées. On a tout ce qu’il faut : litière, bonne nourriture, jouets en abondance, griffoire, grimpoire et table de cuisine essentielle au bon développement. On est de bonne maman. On a regardé plusieurs dizaines de vidéos sur des enseignements félins et on a positionné un panier différent dans chaque pièce de la maison afin que notre bête s’y sente bien chez elle. Dès les premiers pas, Pô est à l’aise. Il fouine son nez partout, explore, saute, gratte, va dans la litière et c’est un petit chaton très propre. Il mange goulûment, mais n’est pas vorace au point de manger le bol. C’est les plus moments, car il y a l’espoir que notre chaton soit le plus merveilleux de tous les chatons. On apprend sa personnalité et lui, défie doucement la nôtre.

Un chat demeure un animal nocturne. Le mien a bien compris ce principe naturel qui le lit à tous ses ancêtres minou. Il m’appelle littéralement pour le jeu. Pendant des minutes impossibles. Il grimpe dans mon lit, apporte Monsieur Souris. Gling! Gling! Monsieur Souris a envie de jouer. Je cache le jouet. Moi, je ne veux pas jouer. Le chat saute du lit. Dans un bond puissant, mais surtout très bruyant. Il est un chasseur, mais sans discrétion. Il revient quelques secondes plus tard. Monsieur Pieuvre nous a rejoints. Ce jouet est tellement laid que je me demande pourquoi je l’ai acheté. Il a les pattes qui ont un plastique qui craque à l’intérieur et sa tête à de petites clochettes. Le jouet est rose. Il est laid. Mais nous sommes maintenant quatre dans le lit et Pô veut toujours jouer. Je me lève et je collabore. Dix minutes. Vingt minutes… Une heure plus tard, il court encore partout. Il a la bouche grande ouverte et respire bruyamment. C’est le temps de se reposer, il est minuit passé. Eh bien non, Pô pourchasse mes pieds jusque dans mon lit.

On m’a raconté que Pô avait été délaissé parce que la petite fille qui le possédait était devenue allergique. Toutefois, c’est un mensonge. Comme tout chaton, il est excité. Trop excité. Il est même agressif à l’occasion. Il mord beaucoup et saute sur moi. Alors je crois qu’il a été laissé pour cette raison. Mais comme tout matou, il vit la nuit. Il veut jouer et  entre minuit et cinq heures du matin ça arrive qu’il veuille jouer. C’est normal. Mais Pô est un monstre nocturne. Une furie. Il bondit, miaule, à des yeux globuleux et attaque tout ce qui passe sous son nez. Malgré mes essais de jouer avec lui, de lui créer un horaire, de lui donner plusieurs jouets, de l’entraîner, donner de l’herbe à chat… Il est insatiable. Ma vétérinaire m’a dit qu’il va se calmer. Il approche dix mois et je vous jure… que je commence à douter!

Bref, je me croyais excessif jusqu’à tant que ma boule de poils me prouve le contraire!

Le jour de l’adoption

Je déménageais le 28 juillet et le 1er août j’étais dans une animalerie pour trouver mon futur petit et mignon compagnon. J’avais fait la SPCA et un autre refuge à proximité. C’était des chats pour adoption humanitaire. J’en aurais pris volontiers, mais il faut considérer les coûts. Et si on n’a pas l’argent pour les soigner on est aussi pire que les propriétaires qui les ont mis dans cette situation.

J’ai donc atterri à l’animalerie Nature. Je me faisais un point d’honneur de refuser d’aller mettre mon argent dans les usines à animaux, mais au final, n’est-ce pas là aussi une adoption humanitaire ? Les sortir, ces pauvres bêtes, de leur enclot de verre. Ils font les fanfarons ou s’étouffent…Moi entre SPCA il n’y a qu’une petite marge, qui s’appelle profit, mais les deux sont aussi pires l’un que l’autre. Les deux découlent de l’irresponsabilité de l’humain. De son goût pour la cutinerie et de l’abandon systématique dès que ça commence à demander trop.

Alors j’entre, ne tenant plus sur mes jambes. Je gambade jusqu’au show à poils. J’avais mes critères. Roux, femelle, mignonne et enjouée. C’était ça et rien d’autre. Point barre. Toutefois, rien ne s’est passé comme prévu vous pouviez vous en douter? Je vois deux petites oreilles dépassées d’une cage. Des oreilles noires comme la nuit. Tiens! Un petit museau apparait. Ces énormes yeux ronds me fixent. Il est assis. Alors tout prend son sens et je ne remarque pas du tout les deux petites chattes rousses dans la cage sur ma droite. Il n’y a que lui. Cette petite chose si minuscule. Il ressemble à un tableau de Picasso avec son blanc qui traverse tout croche son petit visage.

Mâle. Noir et blanc. Espiègle comme cent. Je suis loin du compte.

Alors j’essaye le chat. Voir si sa personnalité me convient. Voir s’il m’aime bien. S’il ne se sauve pas. C’est vexant quand le chat ne veut pas rester dans tes bras. Mais c’est comme les baguettes d’olivander ; c’est le chaton qui choisit son maître. Maintenant que j’ai cette chose et qu’elle me grignote les doigts gentiment, je regarde les autres chatons. Oui ils sont mignons. Mais non, il est dans mes bras et on s’aime déjà. Il a les yeux ronds ( il l’est a toujours d’ailleurs ) Il a l’air d’un chat sur l’herbe en permanence. Il est pour moi. Je suis pour lui.

Pô. Quel drôle de nom! J’adore Kung Fu panda. Je crois que c’est le meilleur film d’animation à vie que j’ai écouté. Je le regarde en moyenne une fois semaine ( un peu accroe la fille). Ne pas se fier aux apparences. Se pacifier. Croire en soi.  Et ! Le Kung Fu c’est super écoeurant ! Po c’est un beau personnage. Et mon chaton, noir et blanc  ( comme un panda ! ) il est doux, il rebondit, il sautille, court partout, il est mongol. C’est le nom parfait.

Ainsi, après les formalités administratives, je ramène ma bête à la maison et je passe ma première nuit blanche… qui sera juste un avant-goût de ce que peut être mon petit Pô. Son gentil surnom est Pô-La-furie-Nocturne ( oui un autre film d’animation que j’apprécie énormément), mais ça, c’est une autre histoire…

Le préambule d’un chat qui se nomme Pô

Et si je vous racontais son histoire? Notre histoire a tous les deux? Précisément celle-ci qui parle d’un coup de foudre entre un chaton et une femme un peu seule. Notre rencontre, son adoption, son premier jour chez le vétérinaire, sa première journée dans son nouveau foyer. Et si je vous parlais de comment je me suis sentis, mes peurs et mes découragements? Adopter un chaton ce n’est pas une tâche légère. Il y a tant de choses à penser…tant de choses à s’occuper…

Ici, c’est l’histoire à Pô la furie nocturne. Ces bons côtés comme ces moments de folie. Venez rire avec moi et de moi, car adopter un chat c’était ma première fois…