Histoires d’un bloc # 12

Petit problème au bout du fil

D’un moment à l’autre j’attendais le technicien pour Internet. Je faisais les cent pas comme à mon habitude quand quelqu’un doit pénétrer dans mon appartement. C’est quelque chose que je tolère peu…mon espace…mon bunker…grrrr! Soudainement, il y a eu une odeur vraiment horrible à côté de moi. Je me lève et cherche l’origine de cette immonde odeur de m****! Est-ce que ça pouvait être…? Mais non! Pas lui! S’il vous plaît! Pas maintenant!

Pô se dandinait drôlement les fesses en s’approchant de moi. Je le soulève du sol et lui inspecte le popotin et …oui! Il était plein d’excréments. Au même moment que je me dirigeais vers la salle de bain, on cogne à la porte. Le technicien ! J’enferme Pô dans les toilettes et je vais ouvrir la porte! L’odeur est encore présente. Pauvre mec. Ça ne doit pas être facile d’aller poser Internet chez les gens. Ça doit sentir étrange partout!

Le chat hurle. Le technicien a pitié du chat. Ouvrez-lui la porte, mademoiselle!

Croyez-moi, vous ne voulez pas que je fasse ça.

Tornade dans le Bloc

Mon amie arrive du territoire de l’original avec sa petite famille ! Quelle joie! Elle a avec elle ses deux petites pestes de garçons. De beaux garçons, énergiques et gentils! Je l’invite elle et son plus vieux à dormir chez moi la fin de semaine. Le reste de son clan va dormir dans la famille. On prévoit des jeux, une sortie au Biodôme, du plaisir et de l’amour.

Le petit s’adopte super bien au chat et à l’environnement. Il court partout. Il court après le chat. Le chat après lui. Ils jouent à cache-cache. Deux bébés ensembles c’est tout simplement a-d-o-r-a-b-l-e.

Malheureusement, ce n’était pas le sentiment de tout le monde. Mes voisins…qui ont l’habitude de signaler toute obstruction à leur paisible vie en frappant dans mon plancher. Et c’est ce qu’ils font. Bang! Bang! Bang!  D’accord pour l’aspirateur à 9 :00 PM, mais ça ne passe pas avec un enfant qui a besoin de bouger! Alors je descends un étage et décide d’aller frapper à leur porte. Étrangement, le monsieur sortait son chien dehors au même moment… Je lui explique gentiment qu’il y a un enfant.

– Vous ne pourriez pas lui dire de se calmer ?

– Non.

C’est non négociable.

La tornade de mon amie est un garçon qui en a dedans. Il a couru toute la journée et une partie de la nuit ( genre ça veut dire toute la nuit) . Même les films ne l’endormirent pas… J’ai eu l’impression d’avoir été une mauvaise Tatie… impatiente, voire même intolérante. Mais le passage de ce garçon chez nous, même s’il a chamboulé ma vie de célibataire endurcie, aura permis au moins une chose positive ; des voisins qui apprécient le calme quotidien. Ainsi, ils ne frappent plus du tout dans mon plancher depuis le départ de la tornade et de sa maman.

Ma fierté

Je suis une femme. Une femme qui a tendance à s’appuyer sur les hommes de sa famille. Une femme qui tendance à délaissé certaine tâche à ces derniers. Je parle évidemment de l’air conditionné ! Mon père a eu la gentillesse de m’en acheter un lors de la semaine de canicule en août. Il l’a même installé! C’est le genre de chose que je n’aime pas faire ou du moins que je suis terrorisée à l’idée même de devoir m’en occuper! Cependant, mon orgueil m’oblige à dépendre de moins en moins en les gens. J’aimerais réussir par exemple d’ouvrir une bouteille de vin seule, d’arranger une armoire grinçante, laver mes toilettes… et même retirer mon air conditionné. Surtout que c’est uniquement un tuyau dans la fenêtre ce n’est pas du tout c’est gros cube lourd! Je peux y arriver! J’ai pris mon courage à deux mains, défiés les toiles d’araignées et j’ai défait l’installation. Un coup de balai, un peu de nettoyant à vitre et une bonne guenille plus tard j’avais enfin à le retirer! Quelle fierté ! Je devais la nettoyer maintenant et la rangée pour l’hiver.

Être une femme célibataire en appartement amène des défis. Depuis notre enfance, on accepte que la maintenance d’une maison suivant les saisons appartienne en général à l’homme. Sans leur enlever ce rôle qu’ils portent très bien, par intérêt ou autre raison, j’ai affronté la crainte de ne pas être suffisamment capable. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas si mal en fin de compte !

C’est avec confiance que je pense à ma prochaine étape : changer le pommeau de douche !

Histoires d’un bloc # 11

Coalition de Polices

Je dormais à point fermé. C’est la tête de Pô qui était installé dans la paume de ma main, en bougeant, qui m’a réveillé. J’ouvrais les yeux avec difficulté. Au plafond, des lumières bleue, rouge et jaune sautillaient. Puis, avant même que je ne saisis de quoi il s’agissait j’entendais dans un anglais impeccablement rauque crier quelqu’un.

Une fois les draps relevés, je me dirigeais à ma fenêtre. Écornifleuse ou juste inquiète? Je ne saurais le dire. Toutefois juste vis-à-vis mon immeuble, quatre voitures de police étaient stationnés avec leur phare allumé. La personne qui criait était une femme d’un certain âge très intoxiqué. Cette femme faisait souvent le party la fin de semaine. Elle promène ses deux huskys en parlant toute seule. Elle s’engueule souvent aussi avec son copain.

Mais cette nuit-là, je crois qu’elle avait poussé le bouchon un peu trop loin. C’était une vraie fiesta dans ma rue. Quatre automobiles de police, à deux polices par véhicule ça fait une méchante gang ! D’ailleurs, le groupe en autorité était nonchalant entrain de rire sur le bord du trottoir. Ils alternaient tour à tour pour aller voir la dame ( qui ne se calmait pas du tout). Il y a même un membre du corps policier qui a accidentellement tiré sa sonnerie. Et va savoir comment un tel accident est possible.

Puis, une bonne heure et demie plus tard je pouvais enfin me rendormir.

Le calme

Cette semaine j’ai travaillé 56 heures. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas eu grand-chose à l’horizon. Je me suis ennuyée de Pô et sûrement lui de moi ( en tout cas, il me donnait des caresses pour manger – on prend ce qui passe).

Ma réflexion est celle-ci, comment pouvons-nous profiter de notre caverne quand nous ne sommes jamais à la maison? Quand on sort tout le temps? Même quand on reçoit toujours un ami…on n’est jamais en symbiose avec notre environnement. On ne profite pas du calme momentanément pour être avec soi. Moi mon problème, c’est que je ne sors pas assez. C’est dur de m’extirper de mon trou! Comment arriver à un bon équilibre? Comment faîtes-vous ?

 

Internet

Deux mois. J’ai duré deux mois sans internet. Qui pourrait faire mieux n’est-ce pas? Je réalise que nous sommes tellement dépendants de ce service. Les programmes à la télévision ne me manquent pas. J’ai mes films et cela me suffit! Mais Internet! Juste pour mettre à jour mon blogue c’est d’une complexité. Et en plus que je ne veux pas sortir pour rien, pour que je prévois ma sortie internet (en général j’allais faire du lavage chez ma famille) !

Oh! Et tout le plaisir de choisir son nom de réseau. Moi ça sera la folle du logie. Ben quoi? Elle n’est pas très active faut bien que quelqu’un la remplace…et je crois avoir toutes les prédispositions pour cela. Je vis seule avec un chat…déjà c’est un bon départ non? Plus que trente autres et l’affaire est dans le sac!

Bref, j’ai Internet.

 

Histoires d’un Bloc # 10

 

Entre chaton et matou

Le mec était adossé à une automobile brune. Ça semblait être la sienne. Il fumait sa clope, nonchalant. Je revenais du Vétérinaire avec le chaton. Alors j’entends un miaulement étrange. Non ce n’était pas Pô. C’était le dude qui était relaxe sur la voiture.

Juste non. Tu ne miaules pas après une femme même si tu l’as trouve mignonne. Point barre.

La paresseuse de poches

Je dois avouer que ce qui me manque le plus en ce moment sont mes précieuses laveuses et sécheuses. Je les ai laissées seules chez mon grand frère. Je me demande si elles aussi s’ennuient de moi… En plus, cette semaine, j’avais laissé mon automobile chez lui. Donc j’avais deux choix : marcher jusqu’à ma voiture et revenir pour prendre mes sacs de linges sales ou marcher avec mes deux gros sacs de linges. Vu ma très grande paresse, je me suis dit que j’allais prendre l’option deux. Ainsi je n’aurai pas besoin de faire un aller inutile. Toutefois, j’avais sous-estimé la lourdeur de mon fardeau. Sans surprise que vous pouvez imaginer une fille en gougoune ( oui malgré le froid ! )trainant derrière elle deux grosses poches de linges (parce qu’évidemment je ne veux que faire un gros lavage ). Va s’y cocotte alors ! Et je te souhaite bien du plaisir !

P.S. Mon rendez-vous chez le chiropraticien est programmé.

Dormir dans le salon

Ce n’était pas cette semaine que j’avais cette habitude, mais bien la semaine d’automne très chaude que nous avons eue précédemment. J’avais installé mon matelas ( qui est super lourd) dans mon salon. L’air conditionné était à fond pour que je puisse passer une bonne nuit.

Et cette semaine, il faisait plus frais. Donc inutile d’utiliser la machine et je pouvais ramener mon matelas dans ma chambre. Mais…je ne l’ai pas fait ! J’avais la télévision juste à côté, mon chat pouvait dormir avec moi sans démolir ma chambre préalablement ( j’avais fermé la porte) et j’avais juste l’impression de faire du camping. J’ai ouvert la porte-fenêtre et l’air qui s’engouffrait était frais et bon. J’ai passé des nuits plus agréables encore que les quelques jours précédents.

Je soupais devant la télévision en pyjama et quand j’avais épuisé toutes mes batteries, j’éteignais et je me couchais. Hey ! J’économisais des pas et tout le fafouin de rangée le salon, préparer le chat pour le dodo, retirer les oreillers décoratives, sautée dans le lit, entendre miauler…J’étais déjà sur place !

Maintenant, tout a été correctement rangé. Mais c’est une expérience à recommencer ! Juste pour le plaisir !

Histoires d’un Bloc # 9

C’est exaltant et terrifiant tout à la fois être seule en appartement. Exaltant puisque je peux y faire ce que je veux : me promener nue, laisser traîner ma vaisselle, prendre toute l’eau chaude pour moi seule, manger ce que je veux, écouter les films que je veux et surtout posséder la télécommande !

Terrifiant parce que pour la première fois de ma vie je me confronte à moi-même. Je suis seule. Je n’entends que ma voix et je ne vis que pour mes propres besoins. Mais quels sont-ils au juste ? Une fois que plus personne vous observe ou vous confronte que reste-t-il de vous ? Vraiment ?

En premier lieu, il y a un tout autre rythme qui s’installe. Plus lent ou plus vite selon votre personnalité. Moi j’ai remarqué que c’était plus lent. Je prenais mon déjeuner, en silence à ma table. J’observais dehors. Je me concentrais sur ce que je ressentais. Ma faim. Mon rassasiement.

En deuxième lieu, l’espace. On doit occuper l’espace. Évidemment ça passe par une prise matérielle des lieux. Mais encore ? Marcher, se déplacer, s’appuyer, dormir sur le divan plutôt que le lit, manger à terre plutôt que sur la table. J’occupais soudainement tout l’espace de mon quatre et demi. Il y avait de moi partout et parfois, je ne savais pas ou me mettre.

En troisième lieu, l’ambiance crée. Soudainement, je ne devais plus faire attention à telle ou telle chose. J’étais libre par exemple de mettre de l’encens, une sorte de musique, libre de vivre de mon silence et de mes pensées profondes. J’étais en choix de mettre une lumière tamisée, d’ouvrir les rideaux pour laisser entrer la lumière. J’étais en contrôle de mon atmosphère.

En quatrième et dernier lieu, je me goutais. Je pouvais apprécier mon contact. Je pouvais déguster ma compagnie. C’était au début étrange, mais au final ça goûtait bon. J’étais attentive à mes besoins, mes envies et surtout à mes ressentis. Je vivais avec moi comme on vit avec un amoureux ou un colloque. Doucement, tendrement et avec amour. Je me faisais de la place. Je m’écoutais. Je me mettais en priorité. J’avais ce nid sécuritaire que pour moi. J’avais mon territoire. Je me l’offrais.

Histoires d’un bloc – Semaine 8

J’avais le bras rempli de morsures de chaton. J’étais incapable de le calmer. Alors, je dus me résoudre à l’enfermer dans sa cage. Je l’entendais miauler à côté de moi et je me sentais misérable. Cinq mois et six mois sont les pires moments m’a-t-on dit. Mais ce n’était pas pour cela que je me sentais misérable. Étais-je capable de prendre soin d’un autre être vivant ? Je regardais en face la dure réalité : Le chat était un vrai monstre et j’étais si impatiente que je l’enfermais dans une cage ! Allais-je faire ainsi avec mes futurs enfants ? Allais-je les enfermer et ignorer leurs larmes ? Étais-je capable de ça ?

            Relativise Karine, voyons ! Un chat ce n’est pas un enfant. Un enfant tu peux lui parler, le regarder avec des gros yeux et travailler à lui faire comprendre le message plus doucement ! ( ou pas ? ) Un chat était un animal. Un fauve. Une bête apprivoisée ( pas tant finalement).

            Je me condamnais et avec raison ! Et les voisins ? Allaient-ils tolérer les pleurs de mon bébé chat toute la nuit ? Entendaient-ils ces miaulements ?

            Les professionnels en comportement félin m’avaient conseillé d’ignorer la bête. De le repousser gentiment et ne plus lui donner d’attention tant et aussi longtemps qu’il était perturbant. Cette petite boule de poils est si mignonne que c’est impensable de l’abandonner et l’ignorer ! Mais avais-je d’autres choix ? Voilà presque deux mois que Pô est avec moi. Il y a de superbes beaux moments, mais qui sont ruinés à cause de son comportement de m**** !

            Tant ne fait pas, il va pogner son Down ! me dit ma famille.

À un moment, le chaton devient un matou. Il se calme et devient un meuble de maison. En même temps je suis fière moi d’avoir un chat énergique, qui ramène la balle, qui me suit partout ou je vais dans mon appartement !

            J’ai lu qu’un chaton de son âge ne devrait pas être laissé plus de six heures seul. Et moi qui part pour huit heures, ne suis-je pas culotter d’avoir adopté tout de même cette bête ? Ne devrais-je pas le confier à quelqu’un qui serait plus présent ? (et plus patient).

Je ne sais pas. Le savons-nous vraiment ? Je veux dire, on passe notre temps à étudier et faire de belle théorie…mais est-ce qu’on est vraiment assuré de tout ça ? Les pros de la SPCA m’ont dit que les chats n’aimaient pas être pris dans les bras et pourtant Pô se calme aussitôt qu’il est dans nos bras.

Et je reviens à ma terrifiante réalité d’avoir un jour des enfants et de me confronter à tous les faits et les études reliées à l’éducation…arriverais-je à mis retrouver ? Ferais-je les bons choix ? Serais-je patiente ?

En conclusion, j’aime ce petit chaton. Et la réponse ne se trouve pas toujours dans les bons et beaux moments. Il faut parfois faire preuve de sévérité. Empêcher qu’il se blesse. Empêcher d’avoir de mauvais comportements. Promouvoir une bonne relation même si cela doit passer par le calmer dans une vilaine et méchante cage…

Histoires d’un bloc # 7

L’aspirateur tardif

Je suis très heureuse qu’aucun voisin ne se chamaille ni ne parle fort au téléphone ni regarde la télévision bruyamment la nuit ni que j’entends les complaintes d’hygiène et de vidange journalière humaine…Et je souhaite de tout coeur que je ne les dérange pas à mon tour. Toutefois je dois me confesser. Mardi soir, dans les alentours de 21heure Pô a fait la passe à l’herbe à chat ( non sérieux, elle était étalée dans tout le salon). Je suis un peu paranoïaque du ménage (pas qu’un peu) alors je regarde l’heure et je me suis dit ce n’est pas trop tard 21h00. Alors je branche l’aspirateur, démarre l’engin et me mets en quête de toute la terre étendue sur mon plancher.

Bang! Bang!

J’arrête l’aspirateur. J’ai bouffé le chat par le tuyau ou quoi?

Je redémarre

Bang! Bang!

Ah! Non! C’est juste le voisin qui poliment me dit d’arrêter de passer l’aspirateur. Sorry! Mais j’y vais d’un prolongement ( oh! Combien très volontaire de ma part) de ma séance de ménage.

Tu me cherches dude, tu vas me trouver.

P.s. Est-ce vraiment trop tard 21heure? Vraiment?

P.s.2. L’idée merveilleuse d’avoir une maison et de pouvoir astiquer ma vaisselle jusqu’à 1heure du mat’ si cela me dit serait bien. Et d’y passer l’aspirateur tous les soirs à 21heures…hmmm. Quel doux songe les amis.

P.s3 toi pis ton sale chien qui jappe chaque fois qu’il voit son ombre, trois minutes d’aspirateur pour éviter la vermine…

P.s4 ouin ce n’est pas si tranquille que ça finalement ici.

Le russe et la toutoune en pyjama

Les yeux bleus, le regard dur, le menton carré, la posture droite, blond et un petit look rebelle…voilà ce qui m’attire chez les Russes. Oh! Et leur accent! J’ai été quatre ans tout juste avec un Russe. Et je bave encore devant tout homme de cette nationalité ou apparenté à.

Par le plus grand des hasards, il se trouve justement que dans mon immeuble il y a plusieurs Russes. Dont un…sur mon étage. C’est mon frère qui m’a informé quand il est allé chercher mon évadé dans le couloir. Pô s’était arrêté devant lui et le russe était déjà tombé sous le charme de la petite bête à ce qu’il paraîtrait . Malheureusement, je n’avais encore jamais croisé depuis le 1er août ce soi-disant russe. Croyez-moi je ne faisais pas tout non plus pour le coincer dans un coin. (Quoique…)

Mais voilà, il y a eu cette soirée. Il était dix heures. J’étais en pyjama. Je venais de faire la vaisselle ( donc éclabousser d’eau partout). J’avais un chignon de cheveux sur la tête, démaquiller et je venais de faire la litière de Pô. En gougoune, je me trémoussais avec mon sac de caca jusqu’à la chute à vidange quand en tournant le coin je tombe face à face avec ce mec ( mais quel mec!). Il était entrain de barrer sa porte. Il sourit. Je souris et m’enfouis dans le trou de vidanges articulant ( si on peut appeler ça articuler) un timide bonsoir. Je décide de rester caché jusqu’à tant que je l’entende tourner la clé dans sa porte (il faut avoir été une fois là-dedans pour vous promettre de ne plus jamais y aller sans masque à gaz ). Il part par les escaliers…Bon! Je sors et je vais me réfugier dans ma caverne, affreuse et honteuse! promettant d’entraîner mon chat à aller porter sa merde seul!

On souhaite toujours être à notre meilleure quand on rencontre un mec qui nous plait. On ne veut surtout pas qu’il nous connaisse en habit de soir juste après notre vaisselle, pyjama décousu de célibataire et le paquet surprise malodorant de Monsieur minou à la main…Mais bon! On est sublime pareil les filles! (épeurante certes, mais sublime).

Pô, Pô et encore Pô

J’étais installée dans mon salon, la petite table juste parfaitement à la hauteur de mes bras, je corrigeais un texte d’un auteur et Vlam! L’écran de mon ordinateur se referme. Deux pattes blanches sur le couvercle et une petite tête aux yeux globuleux me regarde. Non! Chicanais-je le chaton en le remettant calmement sur le tapis.

Je rabats le couvercle, mais à peine eut-je le temps de me concentrer de nouveau que le chat saute et atterrit sur le clavier créant des printscreens non désirés et autres anomalies dans le texte. Je prends le chat et la balance le plus soin possible. Mais il revient.En force, énervé et il veut joué! Il s’attaque à mes pieds! Je le repousse! Saute à nouveau sur les touches du clavier. Je le renvoie au tapis. Et là il prend son élan pour aller gruger mon fils et mon chargeur.

J’en ai marre. Je prends mon ordinateur. Va dans mon studio et ferme la porte sachant les conséquences à venir.

Le chaton pleure de désespoir. Gratte la porte. Je veux entrer, hurle-t-il, je ne veux pas être seul!

Je mets de la musique.

Le chat miaule de plus belle.

J’augmente le volume.

Le chaton s’époumone.

Je suis une cruelle propriétaire de chaton. Je l’abandonne en ayant promis de le protéger, le nourrir et l’aimer.

Mais la vétérinaire a dit de ne pas répondre à ses appels pour qu’il apprenne.

Consciente des répercussions dans l’avenir, je ferme mon ordinateur et va ouvrir la porte.

Un ronronnement de reconnaissance m’assaillit. Deux trois minouches sur les jambes avant de bondir dans mes rideaux…et le manège recommence!

Pô ! Non!

P.s. Maintenant je m’enfuis le soir chez mon frère pour travailler. Ouais…je me sauve du chaton. Ah! Ah ! Ah! J’aimerais bien vous y voir aussi.

 

Histoires d’un bloc # 6

Au feu !

Il est 3h00 du matin. Je me réveille brusquement. Qu’est-ce que c’est ? Pô miaule à s’en briser les cordes vocales. J’ouvre les yeux. Plutôt je décolle mes paupières…et je constate de la fumée. Partout. C’est opaque. Je ne vois rien. Le chat miaule toujours. Atrocement. Désespérément. Je ne comprends pas d’instinct, mais je ne feel pas bien. Je tousse. Mes poumons brûlent. J’ai de la difficulté à inspirer.

Là, le flash se fait dans ma tête. Merde. Il y a le feu. Il y a le feu dans mon appartement. Je repense à tout ce que j’ai fait cuire. Ai-je oublié quelque chose sur le rond? Non, c’est sûrement cette foutue prise lousse qui à eu un court circuit ou j’sais pas quoi! L’alarme d’incendie n’est pas partie. Pourquoi? J’avais vérifié les piles pourtant!

Ma tête bourdonne et je ne fais rien pour m’extirper. Je cherche mon erreur. Alors je réalise que je vais finir brûlée vive! En espérant que je ne survive pas! Vivre brûler, la peau noircie, le visage fondu…quel sort atroce! Quel supplice pitoyable. Mais Pô? Je ne peux pas l’abandonner? Cette petite bête-là j’ai promis d’en prendre soin. Quatre mois et finir dans un brasier…pauvre créature!

Alors je l’entends grimper dans mon lit. Il a cessé de pleurer. Il se colle à moi. Pose sa tête sur mon bras. Je le prends. Le sers contre moi. Viens minou on va se sauver la peau. Je pose mes pieds sur le sol…calvaire! Ça brûle! Je suis incapable. Le feu vient de sous mon appartement. Mon plancher est un sentier de magma! Je suis condamnée. Je sers mon petit chat dans mes bras et je mets à pleurer. Je m’excuse mon petit panda. Je m’excuse tellement.

Note : Cette histoire n’est pas arrivée pour de vrai. Évidemment…J’serais morte! À moins que je le suis…bon en tout cas! J’ai inventé tout. Cool hein? Non…ok. Mais juste vous dire que j’ai une peur bleue de finir comme ça. Quand j’étais enfant, le gros bloc à mes grands-parents ont passé au feu. Quelque chose d’énorme et de très destructeur. Tous les locataires ont tout perdu. J’ai été traumatisée et pendant longtemps je préparais le soir un sac à dos avec mes toutous et mes jouets préférés. Je me préparais à brûler…c’est fou hein?!

Les bebittes

Inspection ! Inspection ! Quoi ! Ark ! y’a des bebittes chez nous ? Ben non c’est juste en prévention. Ouf !

Mais le chat ?

Quoi le chat ?

Je ne peux pas me libérer. La concierge va entrée et je ne serai pas là ( ouais je travaille de jour pour payer mon loyer ça l’air) alors le chat, quand la porte va ouvrir il va décoller. Je la vois bien courir après. Va s’y ma vieille ! Va s’y ! Cours après le chaton et il est mieux de toujours être noir et blanc quand je vais revenir.

Note 1 : Papa d’amour a été là de 11h00 à 13h00 pour garder mon Pô. Et la concierge et l’inspecteur se sont pointés à 13h30. Superbe hein ? Merci papounet. T’es le plus meilleur du monde.

Note 2: La seule bébitte autorisée même en photo sur mon blogue c’est une coccinelle et encore!

Un blé d’Inde pour emporter

J’étais descendue avec mon amie dans la balançoire. On a un genre de gros terrain avec la piscine, des tables, des balançoires ( j’ai vraiment l’impression d’être dans un énorme camping au fait) et là…au moment de partir, une dame m’accoste. Sa gang de vieux était tout pénard avec leur bouteille de vin et leur grande bouffe du soir. Riant et buvant légèrement.

– Hey mademoiselle ! Vous voulez du blé d’Inde ? Y’en reste quatre.

Faque c’est ça. Je vais manger du blé d’Inde.

#bléd’inde #voisinsTop #jevaisrevenirplussouvent

Histoires d’un bloc # 5

Le chat qui passe proche de se faire empailler

Pô dort sur ma commode, mais pas avec moi. Je me suis dit bon…au moins là il est tranquille. Il ne dit pas un mot et mes orteils sont tranquilles pour la nuit. Je me vente à qui veut l’entendre que Pô a élu son dodo place là et même si j’aimais qu’il dort coller…on fait avec, c’est lui le boss. Toutefois, après quelques jours je remarque quelques petits morceaux blancs sur ma commode…et c’est la que l’inévitable m’enlève les mots de la bouche. Pô grugeait les coins de ma commode! Ah le p’tit Tbank! Vite le vaporisateur éloigne minou. Un goût de citronnelle plus tard et une porte fermée, le chat devrait bien se calmer ? Eh bien non! Je dépose trois secondes mon livre que je dois lire et là, sous mes yeux, les minis dents de mon bébé chat sur le coin du livre. Et je vous jure, je me suis mise à pleurer. Moi qui ne prête jamais un livre. Moi qui a horreur du coin replié. Moi qui serais la première à faire une fondation pour livre martyrisée…La mon espèce de bête poilue à passer proche d’être empaillé.

J’ai essuyé mes larmes, remis mon livre dans ma bibliothèque dégoutée. Le temps va passer et peut-être, je dis bien peut-être je vais réussir à le lire et passer par dessus de cet ÉNORME TRAUMATISTE.

 

Ti-couli p’tit peu dégoutant

Commençons cette histoire depuis le début. Et ça commence avec Pô (évidemment! Tout commence à cause d’un chat) Pô a une petite balle qui fait schroutch schroutch et elle s’est prise sous le four. De ma bonté d’âme, je décide de me pencher pour aller la récupérer( surtout qu’il miaulait à qui voulait l’entendre que la balle était sous le four) mais même avec une perche je n’arrive pas à l’atteindre.  Alors je décide de tout déplacer pour aller la récupérer. Mais au moment de tasser l’énorme four, j’en oublie de débrancher ma bouilloire. La bouilloire tombe, elle éclabousse Pô et moi, mais ne vous en faites pas la petite balle était saine et sauve.

Le capot de ma bouilloire étant brisé, un grand nuage de vapeur sort de cette dernière quand vient le temps du thé. Ma bouilloire sur le comptoir sous les armoires de la cuisine m’offre cependant un spectacle des plus dégoutants. À cause de la vapeur, les armoires du dessus se sont mises à dégouliner…d’un liquide jaune écoeurant! Pour un appartement rénové et frais peint…on repassera!

La laveuse de la colère

Il y a bien une chose dont j’ai un peu de la misère à m’organiser. Un peu? Non. Je vais être sérieuse. J’ai beaucoup de misère à m’organiser pour cette chose-là. Le lavage! Dans mon ancien appartement, j’avais une laveuse et une sécheuse. Un petit duo de machines acheté de ma poche. Toufois, là ou j’ai déménagé il n’y a pas de tuyaux disponibles pour cet usage. Fini les lavages rapides dans la pièce adjacente. Désormais, je dois descendre au sous-sol, mettre de l’argent sur une carte et amener ma besace lourde et puante de la semaine.

Je me suis acheté un petit panier sur roulette IKEA. Très pratique, mais peu solide et bruyant. Alors j’ai tenté des poches de linges…Mieux, mais lourds. De plus, avec les poches en tissus j’ai l’impression de faire moins p’tite vieille qui a mal dans le dos et qui va faire son lavage le lundi matin ( image déprimante je m’en excuse).

Mais voilà ce qui s’est passé cette semaine. J’ai sorti de mon appartement les poches sous les bras, ma carte dans la bouche et mon trousseau de clés de secours dans un doigt. J’arrive en bas. Défais le cadenas de ma case. Débouche l’eau de javel et le savon à vaisselle dans une acrobatie digne des Olympiques. Installent mon foutoir dans les laveuses et gosse plus ou moins trois minutes avec la carte magnétique que je ne saisis toujours pas l’utilisation.

Pas assez de fond.

Merde. Je sors de la place , va à l’ascenseur, retourne au troisième étage pour aller chercher ma carte de crédit. Descends en bas et je me dirige vers la machine pour booster la carte magnétique.

Erreur.

Je recommence.

Erreur.

Aie! J’ai de l’argent sur ma carte ciboire

Erreur.

Je retire ma carte, retourne à l’ascenseur, va au 3e étage, rattrape Pô qui s’évade dans le couloir, prend ma carte débit, redescend en bas, retourne à la machine.

Erreur.

AHHHHH!

Erreur.

Reboot la machine.

Attends.

Patiente.

Patiente pu.

Recommence.

Erreur.

Je fou mes cartes dans mes poches, remets mon cadenas sur ma case et retire mes vêtements humides pour les retourner dans les poches de lavages. Je prends la ferme intention de marcher jusqu’à mon ancien appartement pour profiter de ma laveuse et de ma sécheuse. En plus, 5$ le lavage ça commence à couter cher!

 

Histoires d’un bloc # 4

Où est Charlie?

Elle était là sous mon nez, cette chose puante et indésirable de mon quotidien. Dans son contenant de plastique gris riant de moi et de ma tête matinale. Je la prenais d’une seule volée et m’en débarrassais dans le sac prévu à cet effet. M’en débarrasser?! C’est tout ce que je souhaitais. L’odeur nauséabonde qui restait à jamais gravée dans mes plus atroces cauchemars. Je marchais avec le petit sac rempli jusqu’à la fente tout aussi dégoutante. J’ouvris la minuscule porte et c’est dans un trou noir que j’abandonnais le sac de crottins de Pô.

Il est possible de faire de la poésie avec de la crotte de chat? Il est possible de pleurer aussi devant notre quotidien de propriétaire d’animal. Mais, une chose à laquelle nous ne pouvons échapper, laisser la crotte dans son bac gris. Un chat contrairement à un chien, est très propre. Il apprend très vite, à l’exception de quelques jeunots retirés trop vite de maman, à s’occuper de ses besoins vitaux. En plus d’être très propre, Minet est aussi un invité de marque. Il n’apprécia guerre que la litière n’est pas changer sinon gare à vous serviteur humain j’irai faire ma crotte sur votre beau tapis.

Ainsi, jour après jour, au matin entre mon café et mon brossage de dents je vais faire la boîte à poupou de Pô. Ce matin, étrangement, l’archéologie dans la litière agglomérant me fit rire. ( Bon disons plus de la spéléologie sauf qu’il me manquait le masque et le tuba ) Je cherchais littéralement de la crotte ou les amas d’urine. Avec comme seul équipement ma petite pelte qui faisait office d’un tamis pour récolter le plus de gros caca possible, j’étais à la recherche de l’estimable besoin de ma bête.  Je faisais chaque coin, centimètre par centimètre. Je grattais en diagonale, faisais chaque rebord minutieusement. Et cela me rappela la légendaire bande dessinée qui me frustrait lorsque je fus plus jeune. Nous avions tous des trucs pour trouver Charlie, le bonhomme sans goût vestimentaire. C’est perturbé et avec une pointe d’humour que je m’y prenais de la même façon. Faut croire que les institutrices avaient tort, les bandes dessinées nous offrent une grande culture générale…

 

De bruits et de silences

Dès la première nuit dans notre tout nouveau chez soi, nous aurons à affronter le même ennemi: Le bruit/ Le silence. Fort à parier que cette toute première aventure vous laissera des séquelles. Cependant, après plusieurs tentatives, la fatigue aura raison de votre intellect débordant d’imagination et vous tomberez endormi durement à l’endroit où vous serez posté en guet.

En repensant à mon premier dodo dans l’appartement, je ne suis pas du tout surprise de mes réactions. Comprenez-moi je suis de nature très insomniaque. Alors, me retrouver dans un endroit inconnu et aux nouveaux bruits…Tous les éléments sont réunis pour un sommeil plus que très léger.

J’étais installée dans le salon, le matelas gisait sans grâce au beau milieu de la pièce. J’avais une lampe qui trainait sur le sol. Si cette dernière n’avait pas été aussi forte, je l’aurais gardée allumée toute la nuit! Mais telle ne fut pas le cas. J’observais à la place la lumière ambiante de la rue. Des lampadaires dignes des plus belles scènes de meurtres. Je tournais sur mon lit improvisé aux augets des moindres bruits. Une automobile. Une clé dans une serrure. Le bruit de la manne qui se fracasse le bout du nez sur la vitre…Je n’entendais plus mon ancienne locataire gonflée et j’étais déboussolée. Plutôt le grincement du plancher dans le couloir. Des voisins revenaient de faire la fiesta et cela me confirma du même coup que ce n’était pas uniquement un bloc soixante ans et plus.

Les yeux grands ouverts dans la pénombre et un cerveau en ébullition j’imaginais des plans terribles contre mon endroit. La concierge était peut-être une vilaine trafiquante d’organe ou pire des voisins cleptomanes! Je devais cacher mes objets précieux. Mais entre un matelas, une lampe et une spatule, le choix n’était pas reluisant pour un voleur.

Comment j’allais survivre à la première nuit? Et si chaque nuit, j’écoutais les bruits dans cet endroit et que je ne trouve jamais le sommeil? ( question existentielle d’une insomniaque), Mais plus je réfléchissais plus j’étais obsédée de trouver d’autres bruits. De trouver tous les troubles sonores qui allaient me convaincre que je ne serais jamais chez moi ici. J’avais peur. J’avais peur de la noirceur et des bruits qui s’y camouflaient.

Je me souvenais alors de cet évènement à la garderie. Avec une jeune amie, nous avions trouvé amusant d’aller dans une armoire. Elle avait refermé la porte, mais étrangement les trous en métal qui servait d’ouvrir celle-ci était absents à l’intérieur. La panique je ne vous dis pas! Il faisait noir. Le son était dans les bases fréquentes et mes oreilles bouillonnaient. Il faisait chaud et j’avais cru crever. Heureusement, la gardienne avait vite repéré notre escapade dans le meuble et nous avait secourus.

C’était cette impression-là que j’avais dans ce logement. Et j’attendais ma gardienne qui vient me retrouver pour me secourir de ma prison. Mais elle ne venait pas. J’étais une adulte aujourd’hui et je devais affronter mes peurs. Puis, sans s’y attendre, entre le dixième et le cinquantième scénario d’horreur mes yeux se fermèrent. Probablement que je ronflai toute la nuit. Le lendemain matin, reposé, mais cernée, mon frère me questionna sur ma première nuit. Tout ce que je réussis à dire c’est que j’avais survécu. Je pouvais désormais barrer sur ma liste de chose à faire : survivre à ma première nuit. Ensuite, les nuits furent plutôt calmes. Jusqu’à l’arrivée de mon petit panda; Pô-La-terreur-Nocturne.

Histoires d’un bloc # 3

19h28. Un jeudi banal. Je suis installée dans ma voiture. DeadMouse dans mes speaker. Le volume est fort. Il ya des moments quand notre esprit surchauffe, que la semaine a été merdique et que la seule façon de décrocher c’est de se stationner quelque part, mettre de la musique dans le tapis et regarder les gens passer (pas trop longtemps et pas trop fixement hein? Sinon ils préviennent la police).

C’est mortel au boulot ces temps-ci. Aucun contrat ne rentre, la machine à plaque brise…je tourne en rond. J’ai des pauses prolongées. Je finis la métaphysique des tubes de Northomb. Puis plus rien. Le vide.

Je n’ai pas l’énergie d’avancer mes projets. Je ne suis pas chez moi, dans mon bureau ou devrais-je dire dans ma grotte. C’est normal après tout. J’écris qu’à des endroits spécifiques qui me permettent de bien former ma bulle.

Et là je me mets à réfléchir à qu’est-ce que je pourrais bien vous dire cette semaine au sujet des histoires d’un bloc. Ma télévision a été installée cette semaine (j’ai enfin su comment ça marchait cette patente-là), j’ai lavé les murs à grand coup de mope et d’eau de javel (ancien fumeur et l’odeur est coriace. BEURK)…Il me reste toujours à trouver des pôles de rideaux pour mes fenêtres, mais je commence à être cassé. Un déménagement, ça coûte cher. Faque les voisins auront une chance limitée de me reluquer sans gêne. Enfin…au troisième étage j’ai quand même de la chance.

Tous les soirs  de la semaine, je rentrais chez moi, mangeais un truc vite et je m’installais devant Sex and the city jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls. Platonique vous dîtes? Non. Emmerdant dans le sens le moins propre qui existe!

Alors quoi vous racontez pour le numéro trois? Ma vie dénuée de sens…Mais c’est une chance pour vous. Je suis écrivaine. Et les écrivains aiment ce qui est banal afin de le rendre attrayant.

Un sofa qui viole ton intimité

Je recevais vendredi mon nouveau divan. Un grand trois places gris et un fauteuil agencé. Je veux vous parler de mon rapport ( malsain ou pas) avec les étrangers qui pénètrent dans mon salon. C’est simple. Je n’aime pas les inconnus chez nous. Même si c’est un ami d’un ami et encore moins un livreur. Pire deux livreurs. Ils entrent chez toi avec leur soulier sale, s’installent à ta table comme si rien n’était, pousse tes trucs, regardent et commentent les lieux.

Amène le divan, arrange-le et va-t’en! Je suis dure. Je le sais. Mais ce petit nid intime que j’ai construit ne doit pas être souillé d’une quelconque façon.

En plus, des livreurs qui te charment. Pardon, qui tente de te charmer. En temps normal, tu ne serais jamais monté ici, avec moi, dans ce salon et sur ce sofa. Alors, reste professionnel et évite les sous-entendus. Tu n’es pas le bienvenu. Si j’avais pu, je l’aurais hissé moi-même jusqu’au troisième étage. Mais à ce prix-là, on aime bien que la livraison soit incluse.

Un malaise? Pourquoi ce malaise? Êtes-vous comme moi? Appréciez-vous les livreurs mettent les pieds sur le paillasson de votre entrée de maison? Les laisseriez-vous sans grincer des dents dans votre salon? Moi en tout cas, c’est clair!

Quand la poussière retombe

Une semaine passe, puis deux et maintenant trois. Est-ce que le quotidien revient rapidement? Est-ce qu’on se sent chez soi? Fier et accompli dans ce nouveau lieu? Sommes-nous au contraire perdus, désorienter et déprimer? Quand le Jet Lag termine ses effets, qu’est-ce qu’on est censé ressentir?

Trois semaines ont passé. Oui la poussière est retombée. Mais je sens toujours l’excitation du début. Je tourne et tout a été soigneusement choisi par moi. Les rideaux, les meubles, le divan, le tapis…tout! Je me sens chez moi. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. Ici ce sont mes règles. J’y fais ce qui me plait. J’invite qui me plait. Sans être jugé. Je ne suis ni chez papa ou maman ni chez frérot. Ni dans le sous-sol d’une Italienne. Et je le vis seule.

                Je crois que cette expérience n’aurait pas été un aussi grand succès (du moins pour ce que j’en vis pour le moment) si j’avais emménagé avec quelqu’un. La solitude. L’incroyable frousse d’être seul. Vide. Inutile. Dans un grand appartement, cette sensation peut paraitre insurmontable. Toutefois, je du m’adapter à ce vide. Peu importe ou je regarde…il n’y a en effet que moi. Autant apprécier ma présence tout de suite et passer à autre chose n’est-ce pas?

                Pour ceux qui ne l’ont encore que peu ou pas du tout expérimenter, il n’y a pas mille et un trucs pour passer au travers de cette épreuve. Le temps fait bien les choses. Tenez-vous occupée. Décorez! Adoptez une petite bête à poil pour de la chaleur au retour du boulot.

En plus, vous ne vous ennuyiez pas puisque si vous êtes un peu comme moi, tout est à apprendre. Je n’aime pas cuisiner. Bien là je le dois parce que la poutine c’est bon, mais ça finit par faire de grosses fesses. Explorez votre bloc ! Le ménage! Le lavage! Marcher le tour de votre immeuble. Trouvez-vous de nouveaux endroits préférés. Sentez la brise du vent sur votre balcon ou la sécheresse aride du désert!  Il y a tant à faire  et tant à découvrir dans ce nouveau chez soi. Moi j’y ai trouvé mon coin sécuritaire, confortable et rempli d’amour. L’important c’est de s’y sentir bien que vous soyez comme moi au troisième ou au centième étage.

Des nouvelles de Pô…

Je ne peux passer outre de vous en dire un petit peu quand même!? Sinon je ne serais pas une vraie célibataire! La petite Furie continue de me réveiller à 5am. Manger, jouer ou juste signifier sa présence. Il grimpe sur mes nouveaux meubles ( ah? Un chat, ça escalade les divans??), il vole mes bas pis sacrément vite à part de ça et il…rapporte la balle. Non, mais sérieux. Je lance. Il l’a ramené. Je lance. Il l’a ramené. Ça dur des dizaines de minutes ainsi!

Oh! Et! J’ai fait ses griffes!! La chose la plus terrible de ma vie. Tu ne le touches pas encore, mais il hurle à la mort comme ce n’est pas possible. Mon frère m’a aidé en l’enroulant dans une serviette ( c’est qu’il mord le petit coquin). Le gentil frérot en tant que bon électronicien, il m’a même confié l’art d’utiliser ce genre de coupe-ongle. Il semblerait que c’est plutôt similaire à ce qu’il utilise pour faire des câbles électriques…( Ben coudonc! On prend toutes les infos !). J’espère m’améliorer dans les prochaines semaines… et en ce moment, je vois mes divans trembler beaucoup moins à l’approche de mon petit Panda.