Mon expérience chez les soeurs

J’avais besoin de silence et de solitude. J’avais deux semaines de vacances en octobre pour mon anniversaire. Je n’avais pas envie d’une fête, d’un restaurant ou des cadeaux. Il n’y a pas dix solutions. Sois je restais chez nous, mais je ne pouvais vivre la solitude et le silence ou sois je m’isolais.

Je suis allée deux semaines chez les recluses missionnaires. J’avais une chambre simplette. Un lit, un bureau et un fauteuil. Les murs étaient blancs, mais les couleurs de l’automne derrière la grande vite me suffisaient. Il y a un rythme particulier qu’il faut suivre dans le monastère. Bref, un horaire. Mon déjeuner, mon dîner et mon souper étaient programmés. Les soeurs y font bien à manger. Pour ça, je ne pouvais me plaindre. J’avais cinq minutes pour me servir et la porte de la cuisinette fermait. J’empilais la nourriture rapidement et le choc vint ensuite. Il y avait un silence de mort dans la salle à manger. N’avais-je souhaité ça? J’étais, pour la première fois, confrontée à mes pensées. C’était terrifiant. J’entendais les gens mastiqués, tousser, racler de la gorge et je ne me concentrais pas sur le repas. L’excellent repas! Les jours défilaient et j’avais réussi à m’habituer à cette ambiance. Je regardais mon plat, l’appréciait, remerciait de la générosité et l’accueil.

Le silence au dîner, puis au souper. Dans les couloirs. À l’église. Le silence en tout temps. J’avais le goût de hurler, de parler avec les soeurs, j’avais envie de quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Et ce je ne sais pas quoi me manquait. J’ai assisté à une messe dans ce petit hôtel simplet. Les soeurs avaient une belle voix et j’étais contente de vivre un moment puissant avec elles. Il y avait aussi un parc autour du monastère. J’ai été marcher souvent. Tous les jours calmement, saluer les passants, voire de nouveaux visages et les couleurs de la nature.

Toutefois, ce ne fut pas qu’une expérience belle et lumineuse. Elle fut froide et noire aussi. J’étais venu chercher la solitude et je le ressentais ce vide qui m’habitait. Mon manque profond de vitalité et de joie. Dormir dans un lieu comme celui-là quand dans notre enfance le noir nous a plus d’une fois terrifiés. Mais je ne savais pas que j’avais peur du noir et du silence. Alors toutes mes nuits se sont transformées en insomnies et en cauchemars éveillés. J’ai pris nombreux thé et café pour me ressaisir. Profiter de ces nuits d’ébullition mentale pour écrire. J’ai incapable d’écrire. Bloqué, voire même totalement paralyser. Qu’est-ce qui m’arrivait? Eh bien! Je vivais intensément ce moment privilégié avec moi.

J’avais appelé une amie et puis mon frère. J’ai pleuré comme une vraie enfant, perdue. Autant j’aurais tout donné pour partir à cette seconde autant j’avais besoin de rester et vivre l’expérience jusqu’au bout.

Après coup, ce fut une bonne chose pour moi de m’exclure momentanément de ma vie. C’était une pause nécessaire pour me permettre de mieux avancer. Mieux visualiser où je désirais m’enligner dans la vie. Déçue de ne pas avoir écrit, mais très heureuse d’avoir inscrit dans ma tête et mon coeur le courage que j’ai de me retrouver vis-à-vis moi-même.

Hospitalité monastique

Je ne vous souhaite pas bonne année

Le nouvel an me semble plus symbolique que Noël. Noël est une course interminable de consommation, de beuverie et de débauche alimentaire. Et quand la famille est éclatée, absente ou morte c’est plus lourd qu’une roche dans la rivière. Le nouvel an est le début du nouveau décompte pour que la terre fait un tour complet sur elle-même. Cette immense masse sur laquelle nous vivons continu son petit train-train annuel, mensuel et quotidien. Alors ne sommes-nous pas entrain de célébrer l’anniversaire de la terre? Après tout, elle a un an de plus.

Le nouvel an est symbolique pour une raison encore plus profonde. C’est un passage important pour faire un récapitulatif de notre année passée et nos souhaits pour la prochaine. Mais ce n’est pas une simple question d’embrasser mamie et souhaiter bonne année avec un bécot bien baveux. C’est plutôt une chose intérieure et propre à chacun. Un souhait intime et sincère que nous voulons protéger et travailler pendant la prochaine année. Ne me mentez-pas! Non. Mangez moins, maigrir ou faire plus d’argent ne sont pas des souhaits intimes.

La nouvelle année est un passage vers le mieux. Alors laissez-moi vous guidez. Prenez papier et crayon. Assoyez-vous dans cette pièce qui vous fait sentir bien. Une pièce dans votre maison idéalement. Prenez un temps pour revoir votre année. Les moments de joie et celles plus triste. Revoyez vos bons coups et vos moins bons coups. Puis, sur le papier commencer par je me remercie pour cette année 2017. Prenez chaque émotion que vous avez vécu triste comme joie et remerciez-vous de l’avoir vécu. Remerciez-vous d’avoir passer au travers, d’avoir su vaincre et échouer. Sans jugement. Sans solution. Sans promesse pour 2018. Sans anticipation. Simplement, acceptez de vous remerciez de cette belle expérience de la vie dans votre corps, votre coeur et votre esprit. Quand vous aurez terminez cet exercice, mettez sur papiers vos cinq priorités pour l’année 2018. Indiquez ensuite comment vous allez passer à l’acte. Soyez doux avec vous. Soyez aimant avec vous. Ce n’est pas une compétition et le count down ne finit pas en 2019. Soyez patient.

Il ne suffit pas simplement d’écrire je veux maigrir, mais plutôt, je veux donner à mon corps tendresse et amour. Comment?  Je vais préparer mieux ma liste d’épicerie et m’en tenir. Je vais prendre le temps de cuisiner avant de commander. Je vais manger en silence plutôt que devant la télévision. Je vais sentir ma faim et remercier pour mon repas. Vous voyez? Il n’est pas obligé de juste dire je vais pousser trois fois plus lourd au gym.

Pour le nouvel an, je me suis accrochée à cette idée qui dit de la fêter comme on voudrait que la prochaine année se présente à nous. Calme en famille devant un film? Entre amis à la discothèque? Entre amoureux sous la couette? Seul vous savez comment cela doit se passer. Ne soyez pas prisonnier des envies des autres ou d’une tradition que vous trouvez ennuyante.

Il ne s’agit pas de remettre le compteur à zéro. Non bien évidemment sinon cela serait très facile pour tout le monde. C’est prendre conscience de la réalité que vous pouvez être une meilleure personne pour vous-même et votre entourage. C’est un moment dans l’année, mondialement, qui rend grâce à qui nous sommes et qui nous permet de le réaliser, de le vivre, de le partager.

Pour terminer cette article je ne vais pas vous souhaitez bonne nouvelle année. Pas que je suis impolie, mais plutôt pour vous souhaitez une bonne continuité. Et peu importe ce que vous désirez accomplir en 2018, voici mon dernier conseil, car la route est longue jusqu’au succès; Nul ne peut progresser s’il n’ose faire un pas.

Un dernier hommage

Je ne suis pas très bonne pour dire au revoir aux personnes que j’aime. J’ai toujours un mélange de tristesse, de colère et un sentiment de lâcheté. J’aurai pu l’appeler plus souvent, j’aurai pu la voir plus souvent…

Je me souviens que dès mes premiers jours dans la compagnie tu as été une gentille dame. Toujours sourire, avec ton caractère intraitable évidemment. Tu étais droite et la vie a de nombreuses fois mis ton esprit et ton corps à l’épreuve.

Je me souviens des mélanges verts bizard que tu amenais toujours, de tes lunchs sans gluten, de tes blagues qui n’étaient vraiment pas drôles en général. Mais tu me faisais rire.

Je me souviens que nous avons parlé hommes et que tu étais une oreille sans jugement. Évidemment, tu m’as toujours donné le mot d’ordre: Prend quelqu’un de bien sinon laisse tomber.

Je me souviens que nous avons partagé des douleurs similaires, un passé qui nous retenait hors de la joie. On a parlé. Beaucoup.

Mais on travaillait aussi!! Tu avais toujours le mot juste, la gentille attention pour tes clientes. Tu étais près d’elle et ça se voyait…surtout qu’elle m’ignorait carrément et venait te voir directement. J’admirais ça. J’admirais que ton métier se fût soulevé en amitié.

Je me souviens que tu aimais le bleu. Tu portais souvent du bleu. Tu étais belle en robe. Coquette. Même à ton âge.

Je me souviens de ce jour ou tu as accepté de laisser tes cheveux gris pousser sur ta tête. Tu n’étais plus blonde (quoique tu étais belle aussi), mais je te trouvais encore plus belle. Plus toi. Plus sûre.

J’ai appris, un peu par hasard, dans le temps des fêtes, ton décès. Avec la frénésie du temps des fêtes, j’ai réussi à retenir mes larmes. Au fond, je sais que ton combat est terminé aujourd’hui. Que ta retraite tu l’as finalement prise.

Alors, permets-moi dans mon modeste blogue de te dire au revoir pour une dernière fois avec la musique que tu aimais beaucoup. Et j’espère qu’il y a une tonne de livres au paradis pour que tu continues dans ton plaisir à lire et dévorer ces histoires qui te passionnaient tant.

Repose en paix Denise.

De ton amie.

Minimaliste

4h30AM. Je ne dors pas. Comme pour la plupart des nuits, elles sont entrecoupées. Je ne peux accuser indéfiniment mon chaton (quoiqu’il est une cause indéniable de mon manque de sommeil). Je suis insomniaque. Je me réveille deux ou trois fois par nuit. J’ai bien essayé des médicaments pour dormir…ça marche, mais lorsque je m’extirpe du sommeil le lendemain j’ai cette étrange impression d’avoir été kidnappé par des extraterrestres. Non ce n’est pas cool. C’est flippant et très angoissant. Bref, j’ai toujours l’air de très mauvaise humeur. Une chance que le café a été inventé.

Donc très tôt, ce matin encore, je me levais. Je suis allée aux toilettes, pris un verre de lait, écouter de la musique, j’ai flâné sur internet et… une vidéo sur le minimaliste. J’ai tout de suite accroché à ces petits espaces blancs et sans objets. Quelques décorations de temps en temps, très simples et peu encombrantes. Une n’avait qu’une dizaine de vêtements. Dix? Comment fait-elle?

Alors j’ai regardé des vidéos toute la nuit jusqu’à 6H30AM et il m’est venu l’idée de faire du ménage dans mes garde-robes. Je me suis dit, loin d’être minimaliste, puis-je me départir de ce qui ne me sert pas? J’ai ouvert ma penderie à salle de bain et j’ai sorti tous mes paniers. Des vernis à ongles qui dataient des cavernes (ceci est un oxymore), des produits de beauté à moitié entamés et des tonnes, mais des tonnes de bijoux inutilisés. La folie m’a pris. J’allais dans mes tiroirs et je jetais chaque morceau de linge. Trois sacs de poubelles ont été remplis. Les cintres étaient empilés sur mon lit gisant comme les cadavres d’un meurtre sordide que j’avais opéré.

Je retournais une heure plus tard dans le salon, épuisé. Je buvais mon café. Regardant autour de moi, je ne ressentis pas un changement extraordinaire. Mon salon était déjà minimaliste. Ma télévision était tendance et mon sofa tout récemment acheté, mais il n’y avait rien de superflu. Un tapis. Des couvertures. Un rideau. Une lampe. Bon une chandelle et une bonne trentaine de films… toutefois, mon party de jetage ne me fit pas plus apprécié mon environnement, car il était déjà très simplet. Je me sentais cependant plus légère. Tout ce maquillage inutilisé. Tous ces vêtements achetés quand je travaillais dans les boutiques. Je ne pouvais imaginer quelle chaussure j’allais garder dans ma grosse boîte bleue. J’anticipais le désastre ou j’allais pleurer comme une madeleine en disant adieu. J’avais déjà fait un grand travail ce matin et la prochaine étape allait être difficile.

Pourquoi gardons-nous tant de choses? Nous sommes attachés aux objets, mais l’intériorité, la découverte du monde ne sont-elles pas plus essentielles? Garder autant de toutous et de jouets. Garder tant de vêtements qu’en une décennie nous n’aurons même pas mis. À quoi cela rythme-t-il? Je n’ai pas encore résolu la question. Je cherche encore une réponse adéquate. Pour le moment, je continue pièce par pièce à retirer les objets de ma vie pour la rendre plus légère. Accepter que ces choses ne me définissent plus.

Thirteen reasons why

J’avais entendu beaucoup de potins au sujet de cette série. De bonnes choses comme de moins belles choses. J’ai décidé d’en avoir le coeur net et de me faire ma propre opinion sur le sujet.

Évidemment, j’ai été choquée sur le sujet. J’ai été choquée des scènes sur le harcèlement, sur celle des viols et la fameuse scène de suicide. Oups! J’ai dit le mot vilain. Suicide… Oui, je suis comme tout le monde j’ai les poils qui se dressent sur mon bras quand je prononce le mot. Mais comment réussir à en parler sans dire le mot? Sans donner l’impact à ce mot comme il convient? Ce qui me choque le plus c’est l’hypocrisie des gens qui veulent en parler sans vraiment en parler. Je crois qu’une série comme celle-ci permet de défaire les non-dits et les illusions que nous avons sur l’acte de s’autotuer. Pourquoi quelqu’un veut-il se tuer? Pourquoi quelqu’un veut-il disparaître? Désirer ne plus exister? Aurons-nous une vie humaine pour comprendre?

Ce qui m’a troublé le plus est la finale. Tout le monde est coupable. Tout le monde y a ajouté son grain de sel. Tout le monde aurait pu attacher cette personne à la vie. Les intervenants, les enseignants, les directeurs, les parents, les amis… Mais chacun a laissé mourir l’espoir. Des pancartes le suicide n’est pas une option ont-elles vraiment leur impact quand la personne aux prises avec son côté le plus sombre d’elle-même ne prend même pas la peine de lever les yeux du plancher? Tous ces beaux discours va voir un médecin, un psy…eux comprennent, sont-ils justifiés? C’est juste moi ou j’ai un énorme malaise de confronter la réalité que sincèrement… peu de personnes peuvent aider quand on décide de mettre un terme à la souffrance.

Alors non…cette série ne vous montre pas comment faire. Si vous l’avez pris comme tel le message n’a pas eu d’écho en vous. Vous devriez peut-être la regarder de nouveau ou… vous questionner sur votre propre sensibilité. Que craignez-vous au juste?

Un sourire. Une bonne blague. Une caresse sur l’épaule. Un bonjour. Un intérêt sincère vers l’autre, sa vie, ses passions… c’est cela la véritable cure. Avec la patience comme alliée évidemment. Je ne prétends pas connaître la solution ultime, il n’y en a pas. Les gens font ce qu’ils font parce qu’ils sont malades et sont dans les ténèbres, mais il suffit… parfois… de remettre la lumière.

Pourquoi la série m’a affectée autant? Je ne peux m’empêcher de penser à un ami qui a osé le faire… Sans rentrer dans les détails pour protéger sa mémoire et celle de ses amis proches… car je ne le connaissais pas vraiment. Comme dans cette série, j’ai eu un rôle difficile. Celui de continuer à parler méchamment. Celui de ne pas accepter la personne totalement. Sa différence. Son unicité. Pourquoi? Loin de dire qu’on fait tous des erreurs, j’étais jeune et stupide et ma conception du monde et de sa diversité était une grande déficience. Par chance, j’ai grandi et j’ai appris. Mais ce n’est pas seulement ça qui m’a affecté. Je ne peux pas prendre  simplement l’histoire de quelqu’un d’autre et me l’approprier. Je pense aussi à un collègue de travail qui a sauté du sixième étage et a fait éclater sa tête au bas des escaliers. Chaque fois que je passe là, je retiens mon souffle. Je ne le connaissais pas, mais j’ai mal parce que le prochain je pourrais le connaître. Toutefois, si la série m’a affecté autant c’est sûrement parce que j’y ai pensé un jour…plusieurs jours. Pendant longtemps, disons. Même si ma vie a été différente des protagonistes, l’émotion est la même. Le sentiment de profonde solitude… Incurable, indéniable et fatale je la connais que trop bien.

J’ai trouvé à temps l’écriture. J’ai trouvé à temps ma chandelle qui m’éclairait dans les ténèbres. Je me suis tuée par l’intermédiaire de mes personnages plus d’une centaine de fois. Au fond, mes livres, c’est moi en entier ou en partiel, mais il s’agit toujours de moi.  Alors cette série originale de Netflix a fait ressortir de sous mon lit quelques monstres qui s’y cachaient depuis longtemps. Et si, on cesse de voir nos héros comme des personnes en cape avec de super pouvoirs, mais plutôt comme des personnes vulnérables et sensibles… peut-être…je dis bien peut-être on arriverait, du moins, dans l’art à éveiller quelques âmes, à sauver des gens qui nous sont chers. Je crois que 13 raisons devraient être écoutées en famille afin d’ouvrir la discussion. Simplement l’ouvrir afin de briser l’isolement, briser les doutes, briser les pensées qui se noircissent.

Différente

Les deux amoureux étaient assis de biais à ma table. Ils parlaient un anglais parfait. La jeune femme buvait élégamment son thé pendant que son copain tendrement passait sa main contre sa cuisse. Je les regardais du coin de l’œil, incapable de me concentrer sur mon travail.  J’aurai bien aimé être cette jeune femme couverte de tendresse sous une table d’une maison de thé. J’aurai bien aimé être ce jeune homme qui écoutait attentivement son amoureuse entre deux gorgées. Lorsque des gens qui s’amourache devant vous et que vous, vous êtes célibataires depuis un bon moment, il vous vient plusieurs pensées étranges.

Ma première impression celle de l’envie c’était changer en une violente frustration. Je regardais à nouveau la fille et je l’enlaidis. Qu’avait-elle de plus que moi? N’était-ce pas un hasard que de tomber sur quelqu’un qui vous aime? En tout cas, après cinq minutes à la dévisager je le pensais. Puis est venue la tristesse. Un grand froid passa dans tout mon corps. J’étais seule. Seule et j’assistais avec impuissance à la plus simple tendresse entre un homme et une femme.

Mais ce n’était pas eux le problème c’était moi. Moi qui ai bien de la difficulté à tomber en amour. Moi qui n’ouvre plus son cœur. Moi qui pense à tous ses échecs passés et présents. J’étais rendue à haïr des étrangers! C’était un vrai délire. Je ne pouvais mesurer le fossé de différence qu’il y avait entre nous. Je ne parle pas en terme physique ou mental. Mais je n’étais pas elle  ni elle moi. Nous étions totalement opposés. Je ne parle pas de parole qu’elle aurait pu dire que moi j’étais trop gênée de dire. Il ne s’agissait pas non plus de la désolante réalité que j’étais seule et elle non.

Je constatai avec une grande frayeur que je ne croyais plus, au plus profond de moi que j’avais le droit d’être aimé à nouveau. Je ne pouvais pas imaginer que j’ai droit au bonheur. Je ne pouvais calculer mes statistiques et mes chances vu que je ne possédais ni un ni l’autre. J’étais fermée. Totalement recroqueviller vers l’intérieur sur mon potentiel séducteur.

Pendant que l’étrangère parlait sans cesse de tout et de rien. Elle parlait de son boulot emmerdant et que son mec la regardait avec désir, la rassurait et l’embrassait soudainement sur le coin de ses lèvres, je ne pouvais que frissonner. Que me fallait-il faire maintenant que je connaissais la vérité? À quoi devais-je m’appliquer désormais?

J’eus un sourire en coin. Je venais de trouver ma réponse.

Je devais commencer par apprendre à m’aimer.

Pièce détachée

Que cherches-tu? Un couple, un passe-temps ou un ami?

Après toutes ces années, je m’interroge toujours sur le bienfondé d’une nouvelle relation. Est-ce que c’est le bon? Vais-je devoir changer? Va-t-il me planter là quand il va voir qui je suis réellement? Plein de questions qui trouvent seulement leur réponse dans la noirceur et l’angoisse. Je conclus que je ne peux pas répondre à ça, car chaque individu est proprement différent. Dans une discussion animée avec mon meilleur ami, je lui demande si j’ai raison de poser toutes ses questions. Lui de me répondre tu peux poser toutes les questions que tu veux, mais qui dit que quand tu vas le voir, il ne va pas puer des pieds.

Alors, comment faire au juste pour faire le bon choix? S’assurer que le contrat soit respecté. Quel contrat? Eh bien celui de l’engagement éternel. Karine… Ça, c’est Disney. Ouais bon. Je rêve peut-être en couleur d’avoir la parfaite relation et je… Cela a raisonné. Avoir une parfaite relation. Je ne pense ni à l’unicité de la personne… je ne pense qu’au couple. Avoir un couple. Être en amour avec l’amour.

J’ai cette autre amie qui fait des pieds et des mains pour se changer physiquement. Le bien est pour elle évidemment et je ne peux qu’encourager mon entourage à faire de l’exercice, mais si c’est dans l’optique d’être plus attirant? Si c’est dans l’idée de recevoir plus d’amour d’autrui? Si c’est pour être en amour. N’est-ce pas à l’opposé de l’amour?

Je ne crois pas que l’amour est inconditionnel. L’amour à ses limites. L’amour accepte et consent, pardonne et répare. L’amour est s’accepter suffisamment pour vivre avec les défauts de l’autre ou non, mais d’avoir le choix. Aimer ce n’est pas changer c’est évoluer. Ensemble. Vers des objectifs et vers une plus grande camaraderie. Aimer c’est accepter l’autre en entier. Le partenaire idéal ne vient pas dans une boîte à assembler. C’est un individu entier que nous embrassons. Pas des pièces détachées.

L’amour, la relation, le couple dans sa forme la plus pure et innocente est une expérience. Une expérience souffrante, car tous nous mettent à penser que nous ne serons pas à la hauteur ou que tôt ou tard on fera une connerie. Mais l’amour n’est pas seulement ça… c’est un sentiment. Un truc étrange et un sentiment au niveau du cœur et non de la tête. Peu le savent. Aimer c’est laisser ton enfant intérieur dans sa plus grande vulnérabilité rencontrer l’enfant de l’autre personne tout aussi vulnérable. Se toucher, se goûter, se regarder, s’intimer. On ne parle pas de sexualité! Lance un conférencier que je vais voir fréquemment. Intime. Intimus. Le plus près possible. Laisser l’autre voir nos couleurs. Pas évident, n’est-ce pas?

Je remarque que je regarde les différentes facettes de ma vie comme si j’avais différents tiroirs. J’ouvre celui de l’emploi et j’y ajoute des choses. Puis je le referme. J’ouvre le tiroir de l’amour, n’y vois que de vieux bas sales et le referme. Etc. Mais je ne viens pas en pièce détachée et cette vision de moi-même et de la vie est erronée. Je suis toujours moi, entière et vulnérable au travail. Je suis toujours moi entière et vulnérable en amour. La question, la première et la dernière que je me pose maintenant, vais-je leur laisser la chance de me voir? Vais-je me dévoiler? Dynamiter les murs dressés et accepter qu’on immigre sur mon île?

Abonnement Aquadôme

Ne fait pas ci. Ne fait pas ça. Est-ce moi ou tout est de plus en plus contraignant?

Voilà les faits : Tous les jeudis, depuis déjà quelques semaines, je vais m’entrainer avec mon grand frère à la piscine de l’Aquadôme. Nous faisons de l’aquaforme que nous avons gentiment resurnommé aqua-sploush-sploush. On ne fait pas que barboter on bouge et on s’éclabousse. Je dois me confesser. Nous avons pris l’habitude d’arriver trente minutes d’avance que je vais vous expliquez comment ce temps est répartit. Le premier quinze je vais enfilée mon maillot (sincèrement, si vous n’avez jamais vu une fille – ou été -un peu enrobée mettre ce truc-là c’est un sport en lui-même). Ensuite, j’allais du côté pataugeoire pour aller me réchauffer pour les quinze minutes restantes. Cependant, jeudi dernier, pendant que nous nous régalions de l’eau chaude avant notre cours dans l’eau froide, une employée est venue nous informer que nous n’avions pas le droit que si nous voulions entrer dans cette piscine, il nous fallait payer 3,00 $ supplémentaire à chaque entrée. En plus de notre abonnement déjà défrayé? Oui Madame. Même pour 15 minutes? Oui Madame. Même pour 5 minutes? Oui Madame et vous ne pouvez entrer que dix minutes avant le cours à l’intérieur des vestiaires. Je ne fus pas la seule surprise six personnes de notre groupe de peut-être douze ont été aussi mis au parfum.

Donc, si je résume, je paye un abonnement, je dois entrée dix minutes en avance, me débattre rapidement avec mon maillot, prendre ma douche et aller m’asseoir sur un banc et geler jusqu’à tant que le cours débute. Et la chaîne stéréo n’est pas toujours mise et les objets pour le cours pas toujours avancée…alors on commence toujours un peu plus tard que l’heure indiquée. Alors, finalement, j’y perds au change?  L’esprit communautaire de cette institution est de la vraie foutaise, non?

Mis à par la contraignante, la loi et la tarification double( abonnement + droit d’entrée) de notre piscine municipale intérieure j’aimerais vous sensibilisé à autre chose. Nous sommes une société, dans un endroit dit communautaire, à but non lucratif, est-ce que laissé apprécier l’avant-cours dans l’eau chaude de tes clients – participants- membres- abonnés (whatever comment vous voulez nous appeler) est-ce vraiment une perte d’argent? Un abus de notre part? Une cause essentielle pour que votre administration de se batte ? Et si j’essayais de vous faire changer d’avis…et si je vous parlais avec mon cœur et la tristesse que j’ai éprouvée? Ça vous dit? Alors Go! Je me lance!

Je pense à la petite dame recourbée à la tête grisonnante qui attendrait sur un banc en gougoune, dégoulinante d’eau et essayant de se réchauffer par sa petite serviette. Je pense à notre plaisir de socialiser notre groupe dans ce petit quinze minutes. Je pense à moi, une toutoune, qui lui prends tout son petit change pour me montrer en maillot de bain devant les étrangers. Je pense à mon frère qui a trouvé enfin un sport ou on ne l’écœurait pas par son poids ou sa vision. Vous savez, aller dans un gym c’est dur pour plusieurs. Avoir un entraineur c’est dispendieux. Courir, parfois certain ne peuvent pas parce qu’ils font 300 ou 400 livres. Alors que nous reste-t-il au lieu de faire débourser à la société un anneau gastrique ? La piscine c’est doux. C’est agréable. On bouge. Tranquillement à notre rythme. Alors…ce 3,00$ de plus dans ta caisse pour nos quinze minutes de bien-être, est-ce que ça en vaut la peine? Vraiment?

Mon grand frère s’est réabonné pour novembre. Il était heureux de le faire. Heureux de faire le baleineau dans l’eau. Prendre ça relaxe, enfin! Un endroit qui lui plait, ici, dans notre ville à nous. Jeune Lasalleois qui aime sa ville et ses activités. Maintenant, il a un goût amer dans la bouche. Il a son cœur d’enfant tant blessé qui est triste à nouveau.

Oui, la prochaine fois, on va payer 3,00$. Pour quinze minutes, pour payer pour se déshabiller dans le vestiaire. On va payer 3, 00$ et ne va plus jamais revenir ensuite pour s’offrir un abonnement. Parce que juste ça, juste cette contraigne supplémentaire, quand il y a quelques années cette question ne se posait même pas…juste ça…nous fait aimer moins la gestion mise en place dans ce lieu qui m’appartient, qui appartient à mon frère, à cette petite vieille, à nous et à vous…Alors que décidons-nous?  On reste sur le banc ou on va jaser dans l’eau ?

 

Rencontre avec un être illuminé

Je me sens inondée, de joie et de fierté.

Je me dis que demain, je serai bien mieux.

Je me vois déjà être, comme je voudrais.

Je me félicite, de tous mes progrès.

-Serge Cham, la petite louve blessée-

 

Lorsque je suis allé au salon à compte d’auteur de Gatineau le 15 octobre 2017, j’ai osé aller parler avec l’écrivain d’honneur de l’évènement : Serge Cham. Un écrivain Haïtien. C’est là que j’ai été attirée pour la deuxième fois vers un livre. La première fois quand je flânais entre les tables et la seconde en ayant pour objectif de parler avec lui, un écrivain accompli, sage et joyeux.

La petite Louve blessée est un conte thérapeutique ou une petite louve est victime d’inceste. C’est un petit livre qui se lit bien, qui raconte les choses telles qu’elles sont, qui dit du bien quand des choses mauvaises arrivent à de petits louveteaux. Cette histoire est un baume sur le cœur. Il est idéal pour ouvrir la question avec un enfant qui aurait vécu ce drame.

Cette histoire est tristement vraie. Serge m’a expliqué que cette histoire est celle d’une de ses élèves. Une histoire qu’il a composée avec elle sur plusieurs séances. Une enfant de dix ans victime de son papa. Mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. C’est de lui. Serge Cham. Écrivain. Conteur. Enseignant. Guérisseur de l’âme.  Homme bon. Être illuminé.

Il porte en lui une grande lumière. Vive. Chaude. Joyeuse. C’est un homme qui a connu ou vu le mal. C’est un homme qui a trouvé en lui, sa vie et son mieux-être. Grâce à ses livres comme la petite louve blessée, il permet que la lumière soit transmise. Que plus d’enfants sont retrouvés. Enfant blessé(e), ce conte guérit et rend de la justesse à l’enfance volée.

Serge Cham vous parle avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester de glace. Il parle de son conte, le décrit, mais pas seulement. Il parle de lui, de son expérience, de ses yeux d’adulte et de son cœur d’enfant quand il rencontre le doute, la peur, la malveillance. Il exprime avec des mots justes les blessures internes. Il est fin psychologue et un humaniste accompli.

Que vous soyez enseignant, parent ou enfant blessé ( e), la douceur dans laquelle nous plonge l’écrivain est un pas de géant vers le progrès, la guérison. Serge Cham est un auteur à compte- d’auteur à découvrir! Les perles littéraires ne se retrouvent pas toujours en magasin…et Cham en est la preuve!