Thirteen reasons why

J’avais entendu beaucoup de potins au sujet de cette série. De bonnes choses comme de moins belles choses. J’ai décidé d’en avoir le coeur net et de me faire ma propre opinion sur le sujet.

Évidemment, j’ai été choquée sur le sujet. J’ai été choquée des scènes sur le harcèlement, sur celle des viols et la fameuse scène de suicide. Oups! J’ai dit le mot vilain. Suicide… Oui, je suis comme tout le monde j’ai les poils qui se dressent sur mon bras quand je prononce le mot. Mais comment réussir à en parler sans dire le mot? Sans donner l’impact à ce mot comme il convient? Ce qui me choque le plus c’est l’hypocrisie des gens qui veulent en parler sans vraiment en parler. Je crois qu’une série comme celle-ci permet de défaire les non-dits et les illusions que nous avons sur l’acte de s’autotuer. Pourquoi quelqu’un veut-il se tuer? Pourquoi quelqu’un veut-il disparaître? Désirer ne plus exister? Aurons-nous une vie humaine pour comprendre?

Ce qui m’a troublé le plus est la finale. Tout le monde est coupable. Tout le monde y a ajouté son grain de sel. Tout le monde aurait pu attacher cette personne à la vie. Les intervenants, les enseignants, les directeurs, les parents, les amis… Mais chacun a laissé mourir l’espoir. Des pancartes le suicide n’est pas une option ont-elles vraiment leur impact quand la personne aux prises avec son côté le plus sombre d’elle-même ne prend même pas la peine de lever les yeux du plancher? Tous ces beaux discours va voir un médecin, un psy…eux comprennent, sont-ils justifiés? C’est juste moi ou j’ai un énorme malaise de confronter la réalité que sincèrement… peu de personnes peuvent aider quand on décide de mettre un terme à la souffrance.

Alors non…cette série ne vous montre pas comment faire. Si vous l’avez pris comme tel le message n’a pas eu d’écho en vous. Vous devriez peut-être la regarder de nouveau ou… vous questionner sur votre propre sensibilité. Que craignez-vous au juste?

Un sourire. Une bonne blague. Une caresse sur l’épaule. Un bonjour. Un intérêt sincère vers l’autre, sa vie, ses passions… c’est cela la véritable cure. Avec la patience comme alliée évidemment. Je ne prétends pas connaître la solution ultime, il n’y en a pas. Les gens font ce qu’ils font parce qu’ils sont malades et sont dans les ténèbres, mais il suffit… parfois… de remettre la lumière.

Pourquoi la série m’a affectée autant? Je ne peux m’empêcher de penser à un ami qui a osé le faire… Sans rentrer dans les détails pour protéger sa mémoire et celle de ses amis proches… car je ne le connaissais pas vraiment. Comme dans cette série, j’ai eu un rôle difficile. Celui de continuer à parler méchamment. Celui de ne pas accepter la personne totalement. Sa différence. Son unicité. Pourquoi? Loin de dire qu’on fait tous des erreurs, j’étais jeune et stupide et ma conception du monde et de sa diversité était une grande déficience. Par chance, j’ai grandi et j’ai appris. Mais ce n’est pas seulement ça qui m’a affecté. Je ne peux pas prendre  simplement l’histoire de quelqu’un d’autre et me l’approprier. Je pense aussi à un collègue de travail qui a sauté du sixième étage et a fait éclater sa tête au bas des escaliers. Chaque fois que je passe là, je retiens mon souffle. Je ne le connaissais pas, mais j’ai mal parce que le prochain je pourrais le connaître. Toutefois, si la série m’a affecté autant c’est sûrement parce que j’y ai pensé un jour…plusieurs jours. Pendant longtemps, disons. Même si ma vie a été différente des protagonistes, l’émotion est la même. Le sentiment de profonde solitude… Incurable, indéniable et fatale je la connais que trop bien.

J’ai trouvé à temps l’écriture. J’ai trouvé à temps ma chandelle qui m’éclairait dans les ténèbres. Je me suis tuée par l’intermédiaire de mes personnages plus d’une centaine de fois. Au fond, mes livres, c’est moi en entier ou en partiel, mais il s’agit toujours de moi.  Alors cette série originale de Netflix a fait ressortir de sous mon lit quelques monstres qui s’y cachaient depuis longtemps. Et si, on cesse de voir nos héros comme des personnes en cape avec de super pouvoirs, mais plutôt comme des personnes vulnérables et sensibles… peut-être…je dis bien peut-être on arriverait, du moins, dans l’art à éveiller quelques âmes, à sauver des gens qui nous sont chers. Je crois que 13 raisons devraient être écoutées en famille afin d’ouvrir la discussion. Simplement l’ouvrir afin de briser l’isolement, briser les doutes, briser les pensées qui se noircissent.

Différente

Les deux amoureux étaient assis de biais à ma table. Ils parlaient un anglais parfait. La jeune femme buvait élégamment son thé pendant que son copain tendrement passait sa main contre sa cuisse. Je les regardais du coin de l’œil, incapable de me concentrer sur mon travail.  J’aurai bien aimé être cette jeune femme couverte de tendresse sous une table d’une maison de thé. J’aurai bien aimé être ce jeune homme qui écoutait attentivement son amoureuse entre deux gorgées. Lorsque des gens qui s’amourache devant vous et que vous, vous êtes célibataires depuis un bon moment, il vous vient plusieurs pensées étranges.

Ma première impression celle de l’envie c’était changer en une violente frustration. Je regardais à nouveau la fille et je l’enlaidis. Qu’avait-elle de plus que moi? N’était-ce pas un hasard que de tomber sur quelqu’un qui vous aime? En tout cas, après cinq minutes à la dévisager je le pensais. Puis est venue la tristesse. Un grand froid passa dans tout mon corps. J’étais seule. Seule et j’assistais avec impuissance à la plus simple tendresse entre un homme et une femme.

Mais ce n’était pas eux le problème c’était moi. Moi qui ai bien de la difficulté à tomber en amour. Moi qui n’ouvre plus son cœur. Moi qui pense à tous ses échecs passés et présents. J’étais rendue à haïr des étrangers! C’était un vrai délire. Je ne pouvais mesurer le fossé de différence qu’il y avait entre nous. Je ne parle pas en terme physique ou mental. Mais je n’étais pas elle  ni elle moi. Nous étions totalement opposés. Je ne parle pas de parole qu’elle aurait pu dire que moi j’étais trop gênée de dire. Il ne s’agissait pas non plus de la désolante réalité que j’étais seule et elle non.

Je constatai avec une grande frayeur que je ne croyais plus, au plus profond de moi que j’avais le droit d’être aimé à nouveau. Je ne pouvais pas imaginer que j’ai droit au bonheur. Je ne pouvais calculer mes statistiques et mes chances vu que je ne possédais ni un ni l’autre. J’étais fermée. Totalement recroqueviller vers l’intérieur sur mon potentiel séducteur.

Pendant que l’étrangère parlait sans cesse de tout et de rien. Elle parlait de son boulot emmerdant et que son mec la regardait avec désir, la rassurait et l’embrassait soudainement sur le coin de ses lèvres, je ne pouvais que frissonner. Que me fallait-il faire maintenant que je connaissais la vérité? À quoi devais-je m’appliquer désormais?

J’eus un sourire en coin. Je venais de trouver ma réponse.

Je devais commencer par apprendre à m’aimer.

Pièce détachée

Que cherches-tu? Un couple, un passe-temps ou un ami?

Après toutes ces années, je m’interroge toujours sur le bienfondé d’une nouvelle relation. Est-ce que c’est le bon? Vais-je devoir changer? Va-t-il me planter là quand il va voir qui je suis réellement? Plein de questions qui trouvent seulement leur réponse dans la noirceur et l’angoisse. Je conclus que je ne peux pas répondre à ça, car chaque individu est proprement différent. Dans une discussion animée avec mon meilleur ami, je lui demande si j’ai raison de poser toutes ses questions. Lui de me répondre tu peux poser toutes les questions que tu veux, mais qui dit que quand tu vas le voir, il ne va pas puer des pieds.

Alors, comment faire au juste pour faire le bon choix? S’assurer que le contrat soit respecté. Quel contrat? Eh bien celui de l’engagement éternel. Karine… Ça, c’est Disney. Ouais bon. Je rêve peut-être en couleur d’avoir la parfaite relation et je… Cela a raisonné. Avoir une parfaite relation. Je ne pense ni à l’unicité de la personne… je ne pense qu’au couple. Avoir un couple. Être en amour avec l’amour.

J’ai cette autre amie qui fait des pieds et des mains pour se changer physiquement. Le bien est pour elle évidemment et je ne peux qu’encourager mon entourage à faire de l’exercice, mais si c’est dans l’optique d’être plus attirant? Si c’est dans l’idée de recevoir plus d’amour d’autrui? Si c’est pour être en amour. N’est-ce pas à l’opposé de l’amour?

Je ne crois pas que l’amour est inconditionnel. L’amour à ses limites. L’amour accepte et consent, pardonne et répare. L’amour est s’accepter suffisamment pour vivre avec les défauts de l’autre ou non, mais d’avoir le choix. Aimer ce n’est pas changer c’est évoluer. Ensemble. Vers des objectifs et vers une plus grande camaraderie. Aimer c’est accepter l’autre en entier. Le partenaire idéal ne vient pas dans une boîte à assembler. C’est un individu entier que nous embrassons. Pas des pièces détachées.

L’amour, la relation, le couple dans sa forme la plus pure et innocente est une expérience. Une expérience souffrante, car tous nous mettent à penser que nous ne serons pas à la hauteur ou que tôt ou tard on fera une connerie. Mais l’amour n’est pas seulement ça… c’est un sentiment. Un truc étrange et un sentiment au niveau du cœur et non de la tête. Peu le savent. Aimer c’est laisser ton enfant intérieur dans sa plus grande vulnérabilité rencontrer l’enfant de l’autre personne tout aussi vulnérable. Se toucher, se goûter, se regarder, s’intimer. On ne parle pas de sexualité! Lance un conférencier que je vais voir fréquemment. Intime. Intimus. Le plus près possible. Laisser l’autre voir nos couleurs. Pas évident, n’est-ce pas?

Je remarque que je regarde les différentes facettes de ma vie comme si j’avais différents tiroirs. J’ouvre celui de l’emploi et j’y ajoute des choses. Puis je le referme. J’ouvre le tiroir de l’amour, n’y vois que de vieux bas sales et le referme. Etc. Mais je ne viens pas en pièce détachée et cette vision de moi-même et de la vie est erronée. Je suis toujours moi, entière et vulnérable au travail. Je suis toujours moi entière et vulnérable en amour. La question, la première et la dernière que je me pose maintenant, vais-je leur laisser la chance de me voir? Vais-je me dévoiler? Dynamiter les murs dressés et accepter qu’on immigre sur mon île?

Abonnement Aquadôme

Ne fait pas ci. Ne fait pas ça. Est-ce moi ou tout est de plus en plus contraignant?

Voilà les faits : Tous les jeudis, depuis déjà quelques semaines, je vais m’entrainer avec mon grand frère à la piscine de l’Aquadôme. Nous faisons de l’aquaforme que nous avons gentiment resurnommé aqua-sploush-sploush. On ne fait pas que barboter on bouge et on s’éclabousse. Je dois me confesser. Nous avons pris l’habitude d’arriver trente minutes d’avance que je vais vous expliquez comment ce temps est répartit. Le premier quinze je vais enfilée mon maillot (sincèrement, si vous n’avez jamais vu une fille – ou été -un peu enrobée mettre ce truc-là c’est un sport en lui-même). Ensuite, j’allais du côté pataugeoire pour aller me réchauffer pour les quinze minutes restantes. Cependant, jeudi dernier, pendant que nous nous régalions de l’eau chaude avant notre cours dans l’eau froide, une employée est venue nous informer que nous n’avions pas le droit que si nous voulions entrer dans cette piscine, il nous fallait payer 3,00 $ supplémentaire à chaque entrée. En plus de notre abonnement déjà défrayé? Oui Madame. Même pour 15 minutes? Oui Madame. Même pour 5 minutes? Oui Madame et vous ne pouvez entrer que dix minutes avant le cours à l’intérieur des vestiaires. Je ne fus pas la seule surprise six personnes de notre groupe de peut-être douze ont été aussi mis au parfum.

Donc, si je résume, je paye un abonnement, je dois entrée dix minutes en avance, me débattre rapidement avec mon maillot, prendre ma douche et aller m’asseoir sur un banc et geler jusqu’à tant que le cours débute. Et la chaîne stéréo n’est pas toujours mise et les objets pour le cours pas toujours avancée…alors on commence toujours un peu plus tard que l’heure indiquée. Alors, finalement, j’y perds au change?  L’esprit communautaire de cette institution est de la vraie foutaise, non?

Mis à par la contraignante, la loi et la tarification double( abonnement + droit d’entrée) de notre piscine municipale intérieure j’aimerais vous sensibilisé à autre chose. Nous sommes une société, dans un endroit dit communautaire, à but non lucratif, est-ce que laissé apprécier l’avant-cours dans l’eau chaude de tes clients – participants- membres- abonnés (whatever comment vous voulez nous appeler) est-ce vraiment une perte d’argent? Un abus de notre part? Une cause essentielle pour que votre administration de se batte ? Et si j’essayais de vous faire changer d’avis…et si je vous parlais avec mon cœur et la tristesse que j’ai éprouvée? Ça vous dit? Alors Go! Je me lance!

Je pense à la petite dame recourbée à la tête grisonnante qui attendrait sur un banc en gougoune, dégoulinante d’eau et essayant de se réchauffer par sa petite serviette. Je pense à notre plaisir de socialiser notre groupe dans ce petit quinze minutes. Je pense à moi, une toutoune, qui lui prends tout son petit change pour me montrer en maillot de bain devant les étrangers. Je pense à mon frère qui a trouvé enfin un sport ou on ne l’écœurait pas par son poids ou sa vision. Vous savez, aller dans un gym c’est dur pour plusieurs. Avoir un entraineur c’est dispendieux. Courir, parfois certain ne peuvent pas parce qu’ils font 300 ou 400 livres. Alors que nous reste-t-il au lieu de faire débourser à la société un anneau gastrique ? La piscine c’est doux. C’est agréable. On bouge. Tranquillement à notre rythme. Alors…ce 3,00$ de plus dans ta caisse pour nos quinze minutes de bien-être, est-ce que ça en vaut la peine? Vraiment?

Mon grand frère s’est réabonné pour novembre. Il était heureux de le faire. Heureux de faire le baleineau dans l’eau. Prendre ça relaxe, enfin! Un endroit qui lui plait, ici, dans notre ville à nous. Jeune Lasalleois qui aime sa ville et ses activités. Maintenant, il a un goût amer dans la bouche. Il a son cœur d’enfant tant blessé qui est triste à nouveau.

Oui, la prochaine fois, on va payer 3,00$. Pour quinze minutes, pour payer pour se déshabiller dans le vestiaire. On va payer 3, 00$ et ne va plus jamais revenir ensuite pour s’offrir un abonnement. Parce que juste ça, juste cette contraigne supplémentaire, quand il y a quelques années cette question ne se posait même pas…juste ça…nous fait aimer moins la gestion mise en place dans ce lieu qui m’appartient, qui appartient à mon frère, à cette petite vieille, à nous et à vous…Alors que décidons-nous?  On reste sur le banc ou on va jaser dans l’eau ?

 

Rencontre avec un être illuminé

Je me sens inondée, de joie et de fierté.

Je me dis que demain, je serai bien mieux.

Je me vois déjà être, comme je voudrais.

Je me félicite, de tous mes progrès.

-Serge Cham, la petite louve blessée-

 

Lorsque je suis allé au salon à compte d’auteur de Gatineau le 15 octobre 2017, j’ai osé aller parler avec l’écrivain d’honneur de l’évènement : Serge Cham. Un écrivain Haïtien. C’est là que j’ai été attirée pour la deuxième fois vers un livre. La première fois quand je flânais entre les tables et la seconde en ayant pour objectif de parler avec lui, un écrivain accompli, sage et joyeux.

La petite Louve blessée est un conte thérapeutique ou une petite louve est victime d’inceste. C’est un petit livre qui se lit bien, qui raconte les choses telles qu’elles sont, qui dit du bien quand des choses mauvaises arrivent à de petits louveteaux. Cette histoire est un baume sur le cœur. Il est idéal pour ouvrir la question avec un enfant qui aurait vécu ce drame.

Cette histoire est tristement vraie. Serge m’a expliqué que cette histoire est celle d’une de ses élèves. Une histoire qu’il a composée avec elle sur plusieurs séances. Une enfant de dix ans victime de son papa. Mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. C’est de lui. Serge Cham. Écrivain. Conteur. Enseignant. Guérisseur de l’âme.  Homme bon. Être illuminé.

Il porte en lui une grande lumière. Vive. Chaude. Joyeuse. C’est un homme qui a connu ou vu le mal. C’est un homme qui a trouvé en lui, sa vie et son mieux-être. Grâce à ses livres comme la petite louve blessée, il permet que la lumière soit transmise. Que plus d’enfants sont retrouvés. Enfant blessé(e), ce conte guérit et rend de la justesse à l’enfance volée.

Serge Cham vous parle avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester de glace. Il parle de son conte, le décrit, mais pas seulement. Il parle de lui, de son expérience, de ses yeux d’adulte et de son cœur d’enfant quand il rencontre le doute, la peur, la malveillance. Il exprime avec des mots justes les blessures internes. Il est fin psychologue et un humaniste accompli.

Que vous soyez enseignant, parent ou enfant blessé ( e), la douceur dans laquelle nous plonge l’écrivain est un pas de géant vers le progrès, la guérison. Serge Cham est un auteur à compte- d’auteur à découvrir! Les perles littéraires ne se retrouvent pas toujours en magasin…et Cham en est la preuve!

 

Mon enfant intérieur

Pour les gens qui  me sont intimes, vous connaissez ma vie, mon vécu, mes peurs et mes douleurs. Du moins, une partie. L’article d’aujourd’hui va parler d’une chose que je chéris et protège. Une chose que tous à en lui et qu’il ignore ou plutôt tait ; notre enfant intérieur est et demeure la chose la plus précieuse que nous possédons. Qui nous appartient, que personne ne peut voler ou salir.

Malheureusement, il n’en a pas toujours été ainsi. Vivre avec son enfant intérieur, qu’est-ce que c’est? Ne pas l’entraver, ne pas le blesser, ne pas le confronter à des situations dangereuses…comment au juste y arriver?

            Partons du début ! Nous avons tous été quelqu’un dans notre enfance. Nous avons tous eu une famille. Parfois, souvent, trop souvent certaines familles se sont avérées violentes, méchantes, insécurisantes, abandonnantes. Nous avons peut-être été retirés de nos familles pour maltraitance. L’enfant qui aurait dû naître dans un milieu sain avec plénitude et amour a été au contraire confronté à toutes sortes d’émotions et de situation hors de son contrôle qui a eu pour conséquence mille et une plaies. Ces plaies : le manque d’estime, la peur, l’anxiété, le mensonge, la dépendance affective et autre, l’indifférence, la colère continuelle…Des cicatrices qui marquent longtemps. Si nous avons eu une belle enfance, nous serons des adultes accomplies. Des adultes sans trop de peur, qui s’épanouit qui relève les défie de la vie sans trop de difficulté. Mais des enfances malmenées et blessantes cela donne des adultes incertains, inquiets, mal adaptés, hyper vigilants, paniqués…nous avons été des enfants adultes et nous sommes désormais des adultes enfants. Trouver l’erreur? Nous avons eu des responsabilités, nous avons été plus matures que notre âge le demandait, nous avons été des enfants surdoués.

 Partant de ça comment arrive-t-on alors à bien vivre une fois adulte? Parfois sans problème, parfois avec difficulté, très souvent dans le déni.

 « Ils nous ont aimés à leur façon ». Ce sera à vous de refaire votre procès. À vous de contacter vos peurs. À vous de regarder l’impact que cela à eu sur votre vie. À vous de retrouver cet enfant, l’accueillir, l’aimer et lui donner ce qui est bon, désormais, pour lui/ elle.

Je vous dis tout ça parce que j’ai eu quelques jours rocambolesques. J’ai été dans le désarroi et dans une grande tristesse. Mais j’ai appris beaucoup sur moi et sur mes limites en peu de temps. J’ai fait des promesses et donner sans savoir ce que j’offrais à quelqu’un. J’ai réalisé mon incompétence à prendre soin d’autrui. Pourquoi? Parce que je ne sais pas encore prendre soin de moi. J’ai réalisé mon malaise quand quelqu’un vient débalancé ma routine, mon air de jeu, mon antre. Ne faites pas des airs tristes. N’ayez pas pitié. Merci bien, je me passe de ça. J’ai donné sans savoir ce que je donnais. Mais j’ai réalisé un paquet de choses! Vous voulez savoir ce que j’ai réalisé ? Eh bien, voilà! Ma vie, mon corps,  mon esprit, ma sérénité et mon environnement ne sont plus à donner. N’est plus à troquer contre de l’amour (parce qu’au final la blessure n’est qu’une blessure d’amour pour tous). Mon enfant intérieure…celui-là même que j’ai décrit plus haut était apeuré, mortifié, tremblant.  Je ne lui ai pas donné ce dont il avait besoin. Je l’ai fait taire et joué à l’adulte que je n’arrive pas à être. Aujourd’hui j’ai repris conscience de qui il est, de ce qu’il a besoin, de ce qui est bon pour lui, de ce que je vais faire pour lui dans le futur.

Maltraités ou non, un enfant intérieur nous en avons tous un. Qui a besoin d’amour et d’attention. Qui a besoin de jouer et de bébelles. Qui a besoin de regard et de contact. Savoir s’écouter, s’offrir de la tendresse et de l’amour, être doux avec soit ne s’apprend pas aussi aisément. La patience et votre conscience sont vos meilleures alliées.

Maintenant que vous prenez conscience de cette grande force qui sommeille en vous, comment en prendrez-vous soin aujourd’hui ? À cette minute près?

Un rêve qui devint passion

 

« Avez vous déjà fait un rêve, et au réveil vous vous êtes dit hey méchante histoire à écrire? » demandait une amie écrivaine.

 

Dès que vous mettez votre foi dans les mots, vous comprenez rapidement que l’inspiration peut venir de partout. Votre enfance, vos sentiments, vos actions, vos valeurs, un ami un peu bizarroïde, un film, nos passions, etc. Aussi, eh oui! Pourquoi pas de la plus profonde des abîmes de notre être, de notre inconscient : Le rêve.

Mon histoire, ma passion et ce que je suis devenue aujourd’hui partent d’un rêve. J’avais  onze ans ou douze ans, je commençais à peine le secondaire. J’explorais de nouveaux horizons, lisais de nouveaux romans, je nageais désormais dans un Nouveau Monde, celui de l’adolescence. Et il faut avouer que cette transition peut en troubler plus qu’un. On rencontre de bonnes personnes. On rencontre aussi de mauvaises personnes. Nos actions engendrent et renforcent notre personnalité. On devient Quekun.

Avant d’en venir au sujet qui nous préoccupe, je dois faire un saut important dans ma mémoire. Pour ma cohérence, pour la vôtre. Alors, moi, j’étais qui à l’adolescence?

J’étais une enfant qui avait de la difficulté à être une adulte. Difficile de jouer ce jeu de grande personne. Je sortis d’un primaire qui possédait une pensée de pauvre. Peu de budgets, peu d’innovation, peu de témoignages affectifs avec les élèves.  Une vieille époque me direz-vous, mais sûrement pas la pire.  J’avais vécu beaucoup de harcèlement et de violence physique de la part de personne que j’appelais autrefois, amis. Les luttes pour la popularité étaient cruelles et ne se terminaient pas, à mon plus grand regret au secondaire.

Mais un choix s’imposait certainement. Rester ou non dans la vieille gang ? Par habitude, je crois, par peur, très assurément, je suis restée avec de vieux amis pendant la première année. J’étais silencieuse, gênée, rougissante, intimidée et j’étais convaincu d’être d’une nullité incroyable dans toute matière.

J’ai cependant trouvé de bonnes personnes qui m’ont fait m’épanouir. Je pense en premier à Nafrounette, à Jaz, Cri-Cri, Vinchoupichounet et Nini. C’est avec maladresse que certaine relation était rocambolesque ou  était un mélange de amour-haine qui recouvrait une couche énorme de jalousie  ou plutôt maintenant je comprends de très grande admiration. Je pense à Nini une bagarreuse sucrée, maladroite et intelligente. Je pense à Nafrounette la femme forte qui se lève debout pour ses convictions et qui sait faire asseoir les p’tits crétins comme nulle autre, mais qui est d’une tendresse sans borne que je pourrais surnommée Madame Chef Câlinours. Je pense à Vinchoupichounet qui est le plus fou des fous, le créateur de bulles mentales dont je crois être le plus sincère et le plus lucide de tous mes amis ( Oui! Oui! Même dans sa folie). Je pense à Cri-Cri, une amie loyale, gentille et patiente. Et je pense à ma Jaz, tourbillonnante lumière qu’on pourrait resurnommée Petit Photon. Petit Photon? Oui parce qu’elle mérite tout ce qui est lumineux dans sa vie. Ces amitiés m’ont modelé. Elles m’ont appris. Elles m’ont donné de l’amour incroyable.

Avant de les connaitre, cette bande-là, comme je le disais j’avais eu un primaire plus ou moins agréable. Il y avait une terreur en particulier qu’une fois au secondaire je continuais à m’y accrocher…par peur ou habitude? Je serais sûrement en mesure de vous le dire dans quelques années…Mais le miracle s’est produit. Et ce fut un rêve qui me sauva et qui créa tout mon univers d’écrivaine par la suite.

J’étais dans une grotte. Du moins, c’est ce qui semblait. J’étais amenée par des prêtes encapuchonné et vêtu de noir. Eux, c’étaient les méchants. Et la reine qui les commandait était cette amie du primaire. Une enfant méchante, égoïste, ensorcelante.  Une femme que je m’étais habituée d’aimer pour les mauvaises raisons au risque de la craindre et d’en mourir.

Les prêtes m’amenaient profondément dans la grotte. Plus j’avançais, plus il faisait chaud. Bouillonnant. J’étouffais. Je suais. On me mena devant un gouffre rempli de lave. J’étais au cœur d’un volcan.

J’étais consciente que je dormais. J’étais consciente de ma mort évidente dans ce cauchemar. Et je refusais. Je refusais de toutes mes forces à cette fin. Alors, j’expérimentai le rêve conscient. Je me mis à penser à des pouvoirs magiques ( je suis la génération Harry Potter ).D’un coup, mes ennemis brûlaient devant mes yeux. Je détachais mes liens et me mit à courir jusqu’à l’extérieur. Mais la méchante petite fille me poursuivait. Elle me lançait des sorts. Elle me faisait mal.

Et si je pouvais me protéger de ça? Et si mon cauchemar pouvait ne pas en être un? Et si je transformais l’histoire?

Alors je m’assis sur un sol dur et j’imaginais une grande bulle qui me protégeait. Pendant que la méchante petite fille de mon rêve et de ma réalité d’enfant battait la bulle magique, je fis passer un grand souffle de bonté à l’extérieur. La petite fille méchante s’évanouit et je finis par me réveiller.

Cette grotte, ce personnage, la lave, la montagne sont devenue le cœur de mon histoire fantastique que je travaille depuis aujourd’hui. J’étais si bouleversée de ma capacité aux rêves conscients que je me dis, malgré mon jeune âge, que je devais garder trace de tout ça. Mais j’écrivais mal, je faisais plein de fautes et je ne me croyais pas capable d’écrire. Je ne connaissais pas ça moi écrire pour le plaisir. Mais on m’encouragea à le faire et je pris la machine à écrire de ma mère. Je tapai ce rêve moult et moult fois. Je le tapai sur l’ordinateur dont je perdu les fichiers par manque d’expérience de cette technologie. Mais je réécris cette histoire. Plus d’une fois. Elle était vitale. Elle me tenait en vie. J’ai grandi avec mes personnages. J’ai grandi grâce à ce rêve et sans le savoir, je découvrais ma future et merveilleuse passion soit celle d’écrire!

Entre temps,  j’ai mis cette histoire de côté. J’ai travaillé ma technique. J’ai pris des gallons. Je m’améliorais de jour en jour. L’idée de la petite magicienne dans sa bulle qui rend le monde meilleur est toujours en travail. Toujours dans ma tête, sur papier et sur mon ordinateur. Dans mon cœur.

Ainsi, d’un simple rêve, j’ai créé une série fantastique qui me rend fière. Et si mes amis(es) me lisent, je vous dis ceci : Je suis aussi folle que chacun de vous, mais le terme politico-correct c’est être une fille charmante.

Et je signerais cet article de mon nom véritable. Mon vrai de vrai.

Crevette Mauve.

Le sans-abri

J’avais rendez-vous au Café chez l’éditeur de Québec Amérique avec une amie et graphiste officielle de mes deux livres. Je débarquais du métro Jean-Talon et j’entamais la grande progression vers la sortie.

On croise très souvent des sans-abris ou des artistes avec plein d’espoir dans les yeux d’avoir un petit un ou un petit deux. En ce qui me concerne, il y avait un monsieur, assis au sol, un gueux de la ville, un peu sale. Oui malheureusement, un peu repoussant. Son gobelet Tim Horton prêt à recevoir des dons. Je le regardais, car lui ne regardait pas les passants. C’est moins gênant alors d’observer la misère et la pauvreté. On se sent moins coupable lorsqu’on ne croise pas leur regard. Donc il ne regardait personne. Il avait la tête penchée au-dessus d’un livre. Un gros livre. C’était Don Quichotte.

Je passais devant et j’étais stupéfaite de voir un sans-abri cultivé! Hey! il lisait c’est cool pareil, non? Au final, je pensais qu’il faisait peut-être semblant pour avoir un peu d’argent libre d’impôt.

Sur moi j’avais mes deux nouvelles. Une désirant la mettre dans le café librairie pour y faire un peu ma place et l’autre étaient destiné à mon amie. Mais c’est alors que je m’arrêtais de marcher. Une chaleur immense m’envahissait. J’étais un peu déboussolée et l’idée avait germé dans ma tête sans prétention…

Alors je fis volte-face et revenais sur mes pas. Je m’arrêtais devant le sans-abri et m’excusais de le déranger.

-Vous lisez en français?

-Oui, qu’il me répondit.

Je sortis Acheri – la légende de l’enfant-squelette  de mon sac et lui tendit.

-Je suis auteure. Je me demandais si vous aimeriez avoir un exemplaire.

Le sans-abri était content. L’homme était un grand lettré. Il me parlait de Don Quichotte et de la bible qu’il avait analysée de fond en comble. Il me parlait de Dieu, de Jésus, mais pas comme on peut se le représenter par un fanatique ou un illuminé. Il voyait en la bible un livre, avec son intrigue, ses secrets et ses personnages. C’était bon et rafraichissant. Je prenais contact avec un être humain. Un être humain qui avait fait des choix de société soit d’être pauvre et retiré. Mais ce n’était pas un être appauvri. Vous voyez la différence? Il était bon et gentil. Je dû l’arrêté de parler au bout de plusieurs minutes incroyables parce que mon amie m’attendait là-bas au café.

D’ailleurs le café ne prenait pas des livres autoédités…c’est comme si j’avais pressenti ce qu’il allait arriver. Que j’allais être rejeté plus tard! Mais que grâce à je ne sais quel instinct j’avais finalement réussi à trouver mon chemin. Trouver un lecteur. Cette histoire est vraie et incroyablement belle. Simple et unique. Un échange purement intellectuel entre deux esprits libres et uniques.

Ainsi, je venais de rencontrer le sans-abri qui lisait Don Quichotte…

 

J’ai 27 ans

Vendredi 13 octobre, jour de malchance pour certains bonheur incroyable pour moi. Non le vendredi 13 octobre n’est pas un jour à être superstitieuse. J’ai 27 ans. Je suis un peu plus sage maintenant. Vieille? Pas du tout! Je suis un cœur jeune, je suis un esprit jeune dans un corps un peu plus vieux, voilà tout!

Je repense à tout ce que j’ai fait durant toutes ces années. Ai-je été une bonne personne? Me suis-je écouté? Ai-je accompli quelque chose qui a eu un impact significatif dans ma vie?

Pour la première question est sans aucun doute je fais de mon mieux à tous les jours. Pour la deuxième, je continue de le travailler. En ce qui concerne la troisième question c’est là que tout ce corse.

Anecdote!

 Mon frère ce matin me disait  « hey! Tu vas chercher ton deuxième livre aujourd’hui.  »

Je me remets encore de mon émotion du moment. J’ai publié deux livres. Noircie un peu par tout le côté péjoratif qu’on attribue à l’auto-édition ( et pourtant!). Mais…les faits sont là : J’ai publié deux livres et je vais chercher ma deuxième nouvelle tantôt à l’imprimerie. Ce n’est pas mal comme réalisation, non? Pendant que certains se demandent encore s’ils ont le droit d’écrire, moi, je suis rendue à deux. 27 ans et deux livres. Pas parfait. Part incroyablement glorifiée ( mis à part par moi ).

Ainsi devrait ressembler nos anniversaires de rêve. Prendre un moment et s’arrêter. Regarder nos accomplissements, regarder nos ambitions, regarder par nos moments durs et se dire que nous avons encore réussi à survivre. C’est le temps de se repositionner. C’est le temps d’inspirer profondément et se dire : je suis en vie et je peux réaliser tout ce que je veux.

Non! Arrêtez! Ne pensez pas à comment vous allez faire pour réaliser vos rêves. Ne regardez pas tous ce qui vous bloque dans l’immédiat. Regardez au fond de vous, laissez parler votre cœur et écoutez. Un anniversaire avec des gens que l’on aime. Au diable le gâteau et les cadeaux. Juste vivre. Ressentir la vie dans chacun de vos gestes. Dans chacune de vos respirations. Soyez fier d’être et de continuer à rêver, d’être ambitieux, de construire, de protéger et aimer votre famille.

Un anniversaire vous permet de faire un vœu. Si ce vœu est sincère. Si ce vœu n’est pas juste une question de désir. Si ce vœu vous porte vers la lumière. Ce vœu va s’envoler vers le firmament et vous remplira d’un amour incroyable.

Quant à moi, en ce vendredi 13 octobre, du haut de mes 27 ans, mon vœu est celui de continuer à rêver quitte à perdre la tête et paraître bête.