Mal-être

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Les journées raccourcissent. La lumière diminue. La froideur de l’hivers souffle sur l’été. Peut-être, vous aussi, vous sentez cette boule dans votre estomac. Mais cette angoisse ne vient pas du fait que tes vacances sont finis ou que l’été s’efface doucement. Non. C’est une sentiment qui te reste coller à la peau. Tu désespères sur la suite de ton histoire…

Aujourd’hui, on parle de sensibiliser les gens au suicide. On parle d’ouvrir notre coeur aux gens qui souffrent toujours.

Moi je te dis attends avant de faire l’inévitable.

Respire. 

Observe.

Je me souviens de mon adolescence. Elle n’était pas toujours rose.

Je me souviens des difficultés familiales. On dirait qu’il n’y en a pas une de parfaite après coup, mais…

Je me souviens de ces ruptures et de ces hurlements.

Je me souviens de tous ces choix que je devais faire et qui m’angoissait au plus au point.

Sache que je suis toujours avec une psychologue depuis mes 15 ans.

Sache que j’ai été dans des groupes anonymes pour avoir du soutient.

Sache que je suis allée à des conférences sur les familles dysfonctionnelles.

Pourquoi ?

J’étais en urgence d’arrêter de souffrir.

J’étais en urgence de me connaitre.

J’étais en urgence de savoir ce que je valais.

Si tu es malheureux (se) en ce moment, c’est le déclic pour te dire, qu’il y a mieux pour toi. Plus beau. Plus fort. Qui goûte bon ! Réparer sa route de vie et guérir pourra te paraître hasardeuse, mais un pas, c’est tout ce que tu auras à faire. 21 pouces.

Ce que l’on peut apprendre sur soi durant une marche


Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas très sportive. Je pourrais m’éterniser sur les raisons cependant je conclurai simplement que je n’ai jamais reçu le support constant et adéquat que j’ai toujours eu besoin. Toutefois avec le temps et la maturité, j’ai cette patience pour moi et ce goût de plus en plus prononcé de découvrir et m’aventurer. Seule et en confiance.

Après quelques années sur le banc de touche côté sexe (oups! J’ai  osé le dire !) J’ai eu besoin de me retrouver : Moi, simplement, en mouvement, en sueur et sentir mon coeur qui palpite. On dit bien que le sport c’est comme le sexe, non?  (j’ai encore dit le mot !) 

J’avais Aqua dans mes écouteurs. Il y a vraiment que cette  musique pop de mon enfance qui réussit à me remettre le sourire. Je faisais ma marche quand je me rendis compte d’une chose bouleversante…

Où je vis, c’est en face du fleuve St-Laurent. Je paye cher mon appartement, mais le vent qui traverse ma maison, la vue, l’odeur de l’eau en vaut la dépense assurément. Pendant ma marche, j’avais décidé de faire le carré de mon quartier. Un petit défi, rien d’extravagant. Juste pour se remettre en mouvement.  Plus je marchais plus je décidais de prolonger ma distance jusqu’a ce que je me retrouve sur le boulevard, entre une vue époustouflante et des maisons richissimes! Mais plutôt qu’admirer le cours d’eau indomptable depuis des siècles, je me surpris à admirer les demeures. Je devins maussade et ma vitesse de pas décéléra. 


Mes pensées calmes jusqu’à maintenant fusèrent chaotiquement et douloureusement harcelant ma tête. Qu’étais-je entrain de faire de cette balade seine? Je m’assommais de coups ! Je m’engloutissais de jalousie et de rage. Je constatais a quel point  je n’avais rien.

Et quand on débute dans cette voie, il est dur d’arrêter la déprime.

Par chance, j’ai alors tourné ma tête et je suis tombée sur la lune, pleine et étincelante, à côté du ciel encore bleuté.  Instantanément, elle a eu sur moi un effet calmant.

J’ai compris que la vie était une route qui se divisait entre ce que je peux avoir et ce que je ne peux pas, entre rêve et fantasme, entre harmonie et chaos… J’ai compris que ces pensées sont les miennes. Je n’ai pas le contrôle sur elle, mais j’ai le choix de les repousser avec force. J’ai le pouvoir de le faire. Je ne peux éviter ces gens qui ont plus que moi. Je ne peux changer de quartier simplement pour ne plus être confronté à cette douleur d’avoir moins.

J’ai compris aussi, dans cette simple marche, que la lune peut être observée de tout le monde, mais très peu lèveront les yeux vers le ciel. Moi, j’ai eu cette chance. Et je la comprends tout à fait.

Le petit bâteau

Quand je me rends au boulot chaque jour, je traverse un parc. Exactement le même qui a accueilli mon enfance dans les camps d’été. Nombre de fois que j’ai joué ici et là, que j’ai grimpé à cet arbre (d’ailleurs il y a encore ma marque gravée) et que j’ai couru et inventer des histoires…

Je remarque ce bateau, cette construction en bois frêle et dénuée de décoration. Ce n’est qu’une plateforme en forme de bateau et un poteau simple en guise de mât. Il semblait si géant dans mon enfance !

Que sait-il passé ? Est-ce la maturité qui a soufflé mes impressions et ces centaines de combats contre les vilains pirates des mers troubles ? Est-ce que j’ai oublié tous ses sauvetages héroïque que j’ai faites ?

Alors je souris. Non, je n’ai rien oublié de ses histoires épiques ! Mais j’y vois désormais autre chose !

Mon imagination est intacte. Mes envies d’héroïsmes et de sauvetages périlleux m’accompagnent toujours. Je me revois ligoté au mât, attendant le prince pour me libérer des flammes… J’entends encore mon rire, faire écho dans ce  parc. Mais je vois aussi que mes épreuves, ce que je croyais à l’époque énorme, sont aujourd’hui, de si petites choses qu’elles me font m’esclaffer de plus belle.

Dans quelques semaines, je serai assise à un nouveau poste. Cela m’angoisse. Que va-t-il m’arriver ? Que vais-je vivre encore ? Quel échec vais-je devoir affronter ? Quand je regarde par-dessus mon épaule, je revois qu’hier autre chose me terrifiait. Désormais, mon attention se tourne ailleurs.

Alors si je repense à ce gigantesque bateau qui me parvient des souvenirs de mon enfance qui à présent est devenue cette  embarcation chétive par mon regard adulte, je réalise que ce qui me fait peur maintenant deviendra insignifiant demain.

Tout n’est que cette histoire lointaine, d’un très petit navire… Comme nos obstacles, nos échecs et nos angoisses.

Tous les vendredis

Voilà, mes vacances fractionnées sont entamées ! Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette chance de réduire vos jours de travail pendant l’été et d’être, tous les vendredis, en congé payé. Pour certains, ce serait un crime. Tu ne vas pas dans le sud ? Tu ne descends pas à la mer pendant quelques semaines ? Eh bien non ! Moi je me plais dans ma petite banlieue à voir l’été, au compte-goutte.

Avec raison, je ne suis pas fanatique de l’été. La chaleur, l’humidité, les insectes… pouah ! J’ai de la misère. Attention je ne suis pas une hater du soleil. J’aime, modérément. Dans tous les cas, pour moi, des vacances de rêves c’est l’automne (ce que j’ai préparé aussi tient !)

Le but recherché n’est pas innocent. Je me libère du temps évidemment pour me reposer, mais aussi pour écrire. Vendredi, j’embarque dans mon bureau à la première heure pour peaufiner mes projets en cours. J’ouvre la fenêtre, je pousse le ventilateur au maximum, un café froid sur la gauche et une bouteille d’eau sur la droite et boum ! On pénètre un univers merveilleux !

Tout ça me permet de tenir quelques heures. C’est une routine qui s’installe. C’est mon moment privilégié. Que moi, mes plantes et mon imagination.

Découragement

Étrangement, chaque lundi, je revis la même chose : Le sentiment de n’avoir rien accompli ( de suffisant) pour mon rêve ce week-end. Ou du moins, qu’on ne s’y est pas assez intéressé. À quoi servent toutes ses heures si personne ne lit ? À quoi servent tous les sacrifices si je demeure cette auteure inconnue ? Ce n’est pas nouveau, de se sentir dépassé. Ce n’est pas que moi qui a cette peur du vide, de la non-existence… Tous les artistes y sont confrontés d’une façon ou d’une autre. Le seul conseil que je peux vous donner c’est keep going.

Transforme ton tiraillement intérieur en moteur de recherche pour ta créativité. Prend un papier, un pinceau, ton instrument et met noir sur blanc cette boule angoissante qui te ronge. Laisse la musique raisonner. Il est trois heures du matin, va s’y, mets tes écouteurs et entre dans ton univers.

La meilleure façon de combattre le découragement c’est de vaincre l’inertie. Je te promet qu’il y aura des moments où la bataille finira par un KO pour toi. Mais le plus chouette dans tout ça c’est que tu as des chances illimitées (comme quand il y avait le mode invincible dans le jeu de James Bond au Nintendo).

L’art n’est pas une ligne droite. Du moins c’est ce que je me suis convaincue à la longue. Il y a des étapes qui prennent plus de temps, comme celle de créer un réseau. C’est normal. Que ferais-tu si tu avais du jour au lendemain toute l’attention sur ton oeuvre que tu désirs ? Es-tu prêt (e) à l’assumer ? La seule chose à faire en ce moment c’est de continuer. Pose tes pieds, un après l’autre, regarde ce que tu fais, aime ton chemin… L’écriture a tellement de facette à explorer alors continue tes recherches. Prend de l’expérience. Écris. Tous les jours. Parle de tes livres. Tous les jours. Accepte qu’aujourd’hui cela ne va pas aussi vite que tu le voudrais et accepte de prendre cette énergie pour essayer autrement plutôt que de te rabaisser et broyer du noir.

Prend un morceau de papier si c’est nécessaire et provoque une conversation entre ton toi découragé et ton toi motivé. Sors de cette inertie avec créativité et humour.

« Tu soupires encore » lance Motivé.

« Personne ne m’aime » pleurniche Découragé.

« Viens là, tu as besoin d’un gros câlin. »

Découragé croise les bras. Il s’obstine à refuser l’offre de Motivé. Cette fois il ne m’aura pas, pense-t-il intérieurement.

Motivé a appris avec les années à être patient avec ce dernier, car il sait que Découragé a juste besoin qu’on attire son attention ailleurs pour réussir à lui remettre un sourire sur le visage.

Un rapport lourd et nécessaire

Nous assistons, j’ai espoir, à un changement de cap pour les victimes et les familles des victimes. Ce rapport, qui fait plus de 800 pages, met noir sur blanc les conditions et la vie de nos compatriotes autochtones au Canada, Terre supposément d’accueil, Territoire théoriquement ouvert, place où on annonce qu’il fait bon vivre… Plus de 800 pages, de mots, de paroles, de faits, d’histoires, de drames, de larmes, de colère… Cela souligne en gros et en grand toutes les conséquences qu’à eu le régime coloniale sur ces peuples. Enfin, les autochtones parleront en leur nom. Enfin, elles pourront s’exprimer sur le racisme, l’homophobie et toutes les autres causes systémiques que détaillent ce rapport.

Mais mon coeur est lourd.

Et mes pensées dispersées.

Le rapport, je n’ai l’es pas encore lu. Voyez-vous, j’ai débuté et j’ai refermé. C’était difficile. Je suis peut-être trop sensible ? Ou peut-être c’est justement grâce à mon humanisme que j’arriverais à franchir cette épreuve. Je le dois. Je LEUR dois, à elles. Ces femmes… ces centaines de filles enlevées…assassinées. Je le dois à tous ses enfants que les gouvernements ont oubliés. C’est après tout aussi mes gouvernements (selon mon histoire québécois – canadienne).

Je suis triste de ce rapport avant même d’avoir réussi franchir la deuxième phrase, puisque je connais la politique. On l’a connais. Elle donne le droit à cette commission, à ouvrir le dialogue, mais elle remet entre les mets des victimes le fardeau de la preuve ( et dans un temps record, soulignons-le). Soit ! Les commissaires ce sont retournés de bord et ont fait leur boulot. Ils /elles s’en sont montrés dignes. Parler pour autrui, apprendre sur autrui, partager le vécu… sont des tâches difficiles ! Vous savez quoi ? Plus de 200 recommandations plus tard et ça se titille encore sur le mot génocide dans les médias.

Vous savez, les québécois, les francophones… ont subis la même chose. Nous pères ont été violés par les prêtes, nos mères et nos grands-mères sont devenus des usines à bébé au nom de la religion ( ou plutôt la pension du curé), la femme avait son rôle de domestique, le droit vote, les habits restreints, l’égalité homme-femme… Vous vous rappelez nos patriotes ? Vous vous rappelez notre besoin d’indépendance ? Pourquoi ? Rappelez-les moi cette idée folle que nous avions ? Avez-vous oublié notre combat contre le colonialisme anglais ?  Pour notre langue française ? L’abandon de la France ? La grande déportation… Ouais… Notre histoire Canadienne n’est pas aussi jolie qu’on tente de se convaincre. Le Canada a finalement des… coquilles à son dossier. ( c’est du sarcasme, évidemment).

Et quand je regarde ça de mes yeux de  femme canadienne (québécoise) francophone et blanche, je suis terrorisée. J’ai peur de la suite. J’ai peur de  »perdre » mon confort parce que je suis choyée parce que je suis née du bon côté de la clôture. Et beaucoup de gens doivent se senti exactement pareil. Nous avons peur. Nous sommes dépourvues. Nous ne savons pas quoi faire, quoi dire, quoi risquer, quoi entreprendre. ON se sent coupable. Mais c’est tout le contraire qu’il faut ressentir. Elles ne parlent pas de culpabilité, elles réclament la justice. Alors rappelez-vous ceci :

LE gouvernement a échoué.

LE gouvernement a abandonné les humains.

LE gouvernement n’a pas protégé.

LE gouvernement n’a pas rendu justice.

LE gouvernement a volé les terres, les droits, la culture, les langues et les vies des premiers peuples.

Ce gouvernement passé et cette religion a eu tort ! Maintenant qu’ils se sont engraissé et qu’ils ont commis l’irréprochable, c’est le temps d’appeler un chat un chat. Vous me voyez venir ? Oui, lorsqu’on déplace des gens sans leur accord, qu’on les viole, qu’on les séquestre et qu’ils disparaissent ça s’appel un meurtre, un crime… Et quand ces actions sont posées sur un peuple particulier et que sur des années la tentative est d’assimiler… c’est un génocide.

Combien d’entre-vous accepterait que vos enfants soient retirés de la maison, mit dans un institution (gouvernementale et religieuse) de force, qu’il y est des restrictions pour voir et parler à son enfant et que du jour au lendemain on vous annonce qu’il est mort ?! Sans oublier qu’aucune enquête, ni tombe, ni lieu de son corps est disponible ? Combien d’entre-vous accepterait cette réalité ?

Au final, ce que je veux dire c’est que ces gens-là, les premières nations, les peuples de l’Est, de l’ouest, du nord et du sud… Tout ce qu’on peut faire, c’est de faire pression sur LE gouvernement présent, car IL est tributaire des actions de ces précédents. Ce n’est plus blanc ou bleu, rouge ou noir…. C’est l’entité, c’est l’État, c’est LE REPRÉSENTANT des peuples vivants sur le territoire canadien. Et SON DEVOIR est de rétablir la vérité. Et s’IL refuse, les PEUPLES se feront de plus en plus entendre.

Rejetons cette culpabilité et cette peur qui nous tiennent et permettons qu’elles et qu’ils soient entendus. Si vous avez du pouvoir, utilisez-le. Partagez, témoignez et échangez !

Mon apport est mince sur ce blogue. Mon pouvoir est petit. Mais je sais prendre les mots. Alors pour ces gens qui me lisent, un rapport partager, est un pas dans la voie du changement. C’est la vérité qui progresse.

Alors je demande à ceux qui me suivent ( je vous aimes tellement et je suis heureuse que vous me suiviez !) mais, Ne partagez pas mon article, mais le lien de l’enquête national.

L’histoire, NOTRE futur est entre les mains de tous et toutes maintenant.

Il n’y a plus de voile.

Il n’y a plus de mensonges.

Juste la vérité, la réconciliation, la ré-attribution et la paix.

***

Espaces autochtones, facebook.

Télé-journal

Pour lire le rapport c’est par ici.

Droits image: Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtone: disparues et assassinées.

Boulot- Dodo- Really ?

Lundi matin, je snooze jusqu’à six heures. C’est dangereux, je suis sensée sortir gros max dans trente minutes. Et si je veux pas avoir l’air ( encore) de la chienne à Jacques, faudrait bien que je m’active, que je me peigne, que je cache mes cernes…. Heureusement, j’ai l’auto de mon père, donc je me permets d’être fainéante un peu.

Ça ne me tente pas. Vraiment pas. Comme plusieurs autres réveils dans la semaine, j’angoisse à l’idée d’aller travailler. Pourtant, ce n’est pas un boulot stressant. Financièrement c’est convenable ( ça pourrait toujours être mieux, hein !) et mes collègues sont sympathiques. Non c’est plutôt l’idée d’aller m’asseoir pendant 8 heures, de répondre à des courriels, sentir au fil de la journée la douleur dans mes poignets augmenter, de répondre aux clients internes qui se demandent pourquoi y’ont pas de nouvelle de leur commande ( c’est lundi pour eux aussi, mais ça justifie pas l’agressivité ), de regarder par la fenêtre et voir la journée défiler sous mes yeux.

Donc je suis là, dans mon lit, fixant le plafond et je fais une liste dans ma tête de tout ce que j’ai négligé vendredi, de tout ce qui peut potentiellement me tomber dessus tantôt et ça me tente vraiment pas. Sté! Quand on parle d’être sur son X. Est-ce que j’y suis ? Est-ce que je m’en approche ? Je sais que c’est juste une expression. Je sais que c’est juste un travail. La vrai vie se passe après. Je le sais bien ! Mais c’est drôle, je vis quand même cette tension dans mon corps ( vous devriez me voir le dimanche soir ! ) parce que, coudonc je suis-tu à bonne place moé-là ? Est-ce que c’est ça que je veux faire de ma vie ? Pour le restant qui me reste ?

« Démarrer la machine va me prendre quatre jours pis boum ! C’est vendredi !» lance un collègue. C’est pas faux ce qu’il dit ! Pas du tout ! L’humain est-il fait pour être entre quatre murs, respirer l’air conditionné ou l’air recyclé pendant des heures ? Est-ce que nous sommes constitués à répéter les mêmes gestes, jours après jours, dans l’espoir de la surprise, du jeu ou de moment émouvant ? Le travail est venu par nécessité. Mais entre des courriels et courir après Miminne la Poule qui s’est sauvé encore pendant que tu nourrissais le clan des volailles, me semble, qu’il y a un méchant step?

Je me sens toute drôle aussi parce que j’ai fait un tas de trucs intéressants pendant ma fin de semaine ! J’ai fait du ménage en écoutant Netflix, j’ai pris beaucoup trop de cafés, j’ai lu, j’ai écris, j’ai pris de longgggg bain, j’ai clavardé avec des gens super intéressants, pris mon temps ! Ce n’est pas assez deux jours !

Je me sens captive. Je me sens prisonnière même si j’aime ma job ! J’ai commencé à ramené des plantes pour donner une énergie nouvelle à mon petit bureau de fonctionnaire. Depuis que la petite touche de vert est installée, je me sens déjà plus apaisée. Plus en sécurité. Il y a quelque chose de bon dans la nature. Même installer en fragment sur le bord de la fenêtre. Il y a quelque chose de bien en permettant de personnalisé son espace des choses qui nous rendent heureuses. Amener cette joie du jardinage par exemple aux heures salariées.

Vous connaissez le boulot-manger-dodo vous aussi ? Pendant longtemps j’arrivais chez nous épuisée, incapable de bouger du sofa de la soirée. Il y a des personnes qui n’ont pas cette énergie inépuisable. Y’en a qui ne son pas fait pour donner 110% à tous les jours. Je suis de ces gens-là. Je ne veux plus de lundi déprimant. Je ne veux plus de dimanche angoissant. Je ne veux plus m’asseoir à mon bureau et me dire qu’il reste 7 heures à partir de maintenant. Je n’en veux plus. Et vous ?

J’accepte de ralentir pour aujourd’hui. J’accepte de regarder mes plantes et de délaissé un ou deux courriels. J’accepte de me lever et m’étirer. De marcher. D’aller me prendre un café ou un thé. Je prends un temps pour m’asseoir dans le bureau d’une collègue pour papoter., compter mes réalisations de la fin de semaine, mes joies… Je me donne le droit de ne pas m’en faire. Je fais de mon mieux, pour aujourd’hui.

Et demain, je recommencerais, là où je me suis arrêté la veille.

Dix questions pour maman Safran

Une part de nous-mêmes est mise dans chacune de nos histoires. En tant qu’écrivaine, je suis amenée à me poser un tas de questions ! À trouver aussi, des solutions appropriées ( et crédibles). Je joue la gentille, la méchante, l’amoureuse, l’amoureux, l’énervée, le colérique… Bref, un tas d’individus parfois héroïque et d’autre fois plutôt louche.

Toutefois, il est faux de croire qu’il n’y a que moi et ma caboche qui influencent mes manuscrits. Il y a toutes ces personnes qui croisent mon chemin. Certain passe dans la rue et je capte au passage, un moment magique, voire extraordinaire. Mais cela demeure des inconnus…

Je dois avouer que j’aime surtout vibrer avec ces personnes qui font de ma vie, une place meilleure.

L’histoire que je suis en train d’écrire touche mon pays et mon propre vécu. Un évènement Québécois qui met en relief nos valeurs de partage, d’amour et d’entraide… Je ne vous en dis pas plus ! En préparant mon plan toutefois, j’ai dû me poser la question sur quel genre de personnage j’allais mettre en action, de qui j’allais les influencer et les teinter ? Naturellement, me tournant vers mes proches, j’ai trouvé  l’unique et le beau que je cherchais ; l’âme de mon histoire.

Comme m’a dit Safran, il y a quelques jours en débarquant à Montréal (qui voyage depuis Val-d’Or; chiens de traineau, de caribous et une vie digne des années 1900 – Bref, là où la terre prend inévitablement fin ainsi que tout ce qui constitue la civilisation selon plusieurs), notre relation est sur le point d’avoir son premier char (16 ans d’amitié).

Sur ces sages paroles, je veux vous présenter, à travers cette entrevue, mon amie et sa famille. En fait, honoré convenablement, en ce 12 mai, la fête des Mères! 

Bonne fête des mamans à toi Safran et merci encore pour la générosité dans tes réponses.

1. Trois mots qui te viennent immédiatement en tête quand tu penses à ta famille ?

Je dirais amour, rires et complexité. Mais pas complexité par rapport aux problèmes qu’on peut avoir à affronter, plutôt complexité dans la mesure où chaque membre de notre famille est unique et que ça en fait un tout multidimensionnel. Je ne suis pas certaine d’être très claire, c’est difficile à expliquer quand on ne vie pas avec des gens ayant des particularités neurodéveloppementales.

2. Parle-nous de chacun des membres de ton clan.

Raphaël, mon aîné (6 ans) a un trouble du spectre de l’autisme (tsa). C’est malgré tout un enfant très intelligent mais qui est davantage dans sa tête que les autres enfants. Il n’a pas un tsa qui le limite beaucoup comparativement aux enfants neurotypiques, fort heureusement, alors il arrive assez bien à se fondre dans un groupe. Son plus gros défi est de faire attention à ce que les autres peuvent ressentir, parce que même si son but n’est jamais de faire du mal, il a de la difficulté à lire les émotions des gens autour de lui. Ça donne l’impression que c’est un enfant immature alors qu’en réalité, c’est seulement son côté émotif et social qui en souffrent. Il a commencé très jeune à être capable de se débrouiller seul… Par exemple, je me suis déjà endormie suite à une nuit particulièrement difficile avec son frère et lorsque je me suis réveillée, Raphaël s’était fait une tartine et jouait tranquillement en attendant que je me réveille. Il avait tout juste 2 ans. C’est ce genre de choses qui fait de lui un enfant particulier.

Mathis, mon cadet (5 ans), a un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. Je mettrais même un H majuscule à hyperactivité, dans son cas. Contrairement à son frère, il a toujours besoin que tout aille vite, comme beaucoup d’hyperactifs. Mais c’est un enfant extrêmement attachant, tourné vers les autres et qui a une belle capacité à offrir son affection. C’est aussi un enfant sensible à ce que les autres ressentent. Il aime voir que tout le monde rit et se désole de voir que quelqu’un est triste. Malheureusement pour lui, il a parfois fait peur à certains enfants parce qu’il est grand et costaud, bouge vite et est parfois impulsif. J’ai pris du temps avant d’essayer la médication parce que j’avais des réserves lorsque l’on m’en parlait, mais je vois aujourd’hui qu’il fait d’immenses progrès grâce à elle et la demande lui-même quand il se sent hors de contrôle.

Michaël, mon conjoint (33 ans) a un tdah et un tsa qui lui a été diagnostiqué il y a 3 ans. Il avait déjà un doute, son petit frère ayant été diagnostiqué plus jeune, mais n’avait jamais fait suite. C’est quelqu’un de très intelligent et qui aime partager ses connaissances, même s’il faut parfois lui demander d’arrêter parce que le sujet devient trop complexe ou inintéressant (tout le monde ne partage pas son amour pour les statistiques ou la géopolitique) parce qu’il comprend mal la subtilité. Heureusement, il se connait bien et n’est pas du tout susceptible lorsqu’on lui dit gentiment qu’on a atteint un point de non-retour dans la conversation. Il a aussi un humour particulier qui n’applique pas les conventions. Sa façon différente de voir les choses et ses grandes connaissances sont ce qui m’ont intriguée chez lui de prime abord.

3. Être maman, qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?

C’est une bonne question. Je pense que je ne me suis pas tellement posé la question quand j’ai décidé de commencer à avoir des enfants. J’étais jeune quand j’ai pris cette décision avec Michaël (20 ans, lui 25) et je n’avais pas vraiment envisagé d’avoir des enfants à besoins spéciaux. Aujourd’hui, je dirais que c’est le rôle le plus beau et le plus complexe que j’ai à tenir, mais je ne crois pas que ce soit en lien avec leurs particularités; s’occuper d’un petit humain, ça demande beaucoup de dévotion, peu importe le nombre d’enfants et s’ils sont neurotypiques ou non.

4. Ton plus beau souvenir en famille c’est quoi ?

J’ai beaucoup de bons souvenirs! Un des plus beau est le moment où Raphaël a vu Mathis pour la première fois. Mathis a eu un problème aux poumons à la naissance et a dû être transféré dans une autre ville. Raphaël n’a pu le voir que le jour où nous l’avoir ramené à la maison. Mathis avait une semaine de vie, et Raphaël, presque 15 mois. C’était encore un bébé mais quand je lui ai présenté, ses yeux se sont illuminés et il a offert un grand sourire à son frère. Il a eu peur de le toucher, au début, mais quelques jours plus tard il lui donnait le biberon et le couvrait avec une couverture quand il dormait. Je pense que c’est un des souvenirs que je chéri le plus.

5. Le plus  « puiche » moment que t’aimerais balancer au bout de tes bras?

Probablement le moment où Raphaël a dû passer une prise de sang à quelques jours de vie. Il avait la jaunisse et c’était pour son bien, mais voir mon si petit bébé se faire prendre du sang (dans le pied, parce que c’est difficile de trouver une veine à cet âge et qu’en plus, il était plutôt petit) et se débattre m’a fait me sentir vraiment impuissante. Heureusement, les infirmiers et infirmières étaient très gentils et rassurants.

6. Si une amie t’annonçait qu’elle était enceinte,  qu’est-ce que tu lui dirais?

Je lui dirais comme j’ai déjà dit à celles qui m’ont annoncé leurs grossesses; que je suis là peu importe ce qui arrive et qu’elle peut me parler quand elle veut, des bons comme des mauvais moments.

Ça peut parfois être difficile de trouver une oreille attentive parce que les mauvais moments ne nous montrent évidemment pas sur notre meilleur jour, vu qu’on est tous humains, alors que les meilleurs nous donnent parfois l’impression que notre coeur va exploser d’amour et de joie… Et ces deux moments peuvent se succéder!

7. Quand tu regardes tes enfants rirent aux éclats, quelle est ta  première pensée qui te vient? Et pourquoi ?

Ah, c’est tellement candide, les enfants! Quand je les entends rire, je me dis que ce sont de vrais petits rayons de soleil. C’est difficile d’être de mauvaise humeur quand on entend un enfant rire, je trouve, même si des fois, il faut quand même faire de la discipline ou donner des leçons. 

8. Les trois règles d’or de maman Safran sont (dans le contexte que si ont on ne les respecte pas, il y a une conséquence- le copain inclut- rire !

Je pense que ce quand on cotoies des enfants, il faut de l’humilité et savoir prendre du recul sur soi. Je les met ensemble parce que je trouve que l’un ne va pas sans l’autre, surtout quand les enfants sont très jeunes. On a tous nos petites manies ou habitudes et quand ils ont 2-3-4 ans, et même plus jeunes, les enfants ont tendance à les imiter.


Il faut aussi être constant, mais ça, je pense que la plupart des parents seront d’accord avec moi. Une règle qui change selon l’humeur du parent n’est jamais très sécurisant pour l’enfant, alors si on change une règle pour une occasion spéciale, je pense qu’il faut savoir l’expliquer.


Aussi, je pense que la confiance est ce qu’il y a de plus important dans la relation que j’ai avec mes enfants. Que ce soit de répondre honnêtement aux questions qu’ils me posent ou de les laisser faire leurs expériences en intervenant le moins possible (sans pour autant être absente), je trouve que c’est ce qui est le plus difficile mais qui rapporte le plus de bénéfices. Même si j’ai parfois envie de leur dire de ne pas faire quelque chose ou de leur mettre un casque à chacune de leurs missions périeuses.

9. S’il y avait une panne d’électricité, comment tu occuperais la famille ? Est-ce que ce serait la catastrophe ?

On a déjà manqué d’électricité, en fait. Avoir un père qui travaille en électroméchanique a aidé un peu, mais sortir et voir que toute la rue était dans le même cas a aussi fonctionné. On a marché un peu, regardé les autos passer, etc. Je pense que si on en avait manqué plus tôt, on aurait certainement joué à des jeux de société pour passer le temps, on en a plusieurs. Le plus important a été qu’on a pas paniqué, ça a beaucoup rassuré les enfants.

10. Si tu avais un message à faire passer sur le rôle de mère \ sur ton rôle ce serait quoi ? Explique-nous.

De se faire confiance. C’est difficile à faire on ne peut pas faire plus que notre mieux.


D’aller chercher de l’aide, aussi, si on en a besoin. Le CLSC offre de bons programmes et quand ils ne peuvent pas donner d’aide, ils ont au moins la capacité de référer les gens qui en ont besoin. Il n’y a pas de honte à se sentir perdu dans son rôle de parent ou d’avoir besoin de soins.

Il ne faut pas attendre de craquer si on sent que c’est une possibilité; personne ne va rire. La santé mentale est quelque chose de particulièrement important, surtout quand on a des petits êtres qui dépendent de nous.

LGBT

Cette année, j’ai co-publié chez l‘éditeur Homoromance pour Douce Romance à Pompéi. Ce qui en ressort c’est : ce n’est pas facile publier. Bien sûre, j’ai eu un aperçu dans l’auto-édition. J’ai vite reconnu mes forces et accepté mes points faibles. Ce n’est ni dans l’un ni dans l’autre qu’on peut se tourner les pouces! Il faut foncer, travailler et suer! 

Quand j’ai décidé d’être écrivaine, mon but était d’écrire. Mais je voulais surtout être témoin de l’humanité, de ses changements, de ses peurs, de ses angoisses et de ses plus grands moments. Comme la littérature qui met l’accent sur les autochtones, je suis attirée vers cette compréhension de l’univers LGBT qui est encore trop sous-estimé. En tant qu’écrivaine, j’y trouve le plaisir de la découverte, la joie des nouvelles rencontres et le choc des pensées. 

Toutefois, entrer dans une communauté n’est pas aisé. On ne se dit pas du jour au lendemain « Tiens! Je vais essayer ça! » Ou peut-être que si finalement… Il faut accepté au début d’écouter. Il y a tout un monde et toute une dynamique que je ne connaissais pas avant. Je n’ai jamais sentis de fossé comme telle, mais de savoir qu’est-ce que je cherchais exactement à prouver dans ce monde qui n’était pas le mien? Dois-je aimé les femmes pour écrire une romance sur deux femmes? Dois-je avoir eu une expérience? Au-delà de la romance et de la sexualité dont on retourne dans tous les sens partout, que veux dire être LGBT? En 2019, en 2020, pour 2030? Est-ce à moi de répondre ou  au contraire, de poser les questions?

Je comprenais dans la mesure où j’étais simple observatrice, leur revendication, leurs valeurs, leurs intérêts et notre passion commune du livre. Les personnes LGBT sont des personnes. Tout simplement. Ils aiment. Ils rient. Ils pleurent. Ils se dépassent. Pourquoi je dis ça? Parce que je croyais sincèrement ne pas devoir l’écrire un jour. J’étais persuadée que le Monde extérieur au mien comprenait la subtilité de chaque être vivant et que tout ça, et bien! C’était ben correct!

Voilà le premier coup que j’ai reçu qui a ébranlé mon optimisme. Avec des sujets qui touchent de près des personnes LGBT voire même autochtones, il y a des gens méchants. Des gens méchants qui ne comprennent pas la liberté. Des gens qui sont encabanées à double tour dans leurs préjugés. Je disais souvent, ça ne doit pas être si terrible… Mais j’ai déchanté. Écrire du LGBT m’exposait à la critique, au jugement, à la précarité de mon âme ( oui sérieux… sortez de ma vie les fanatiques religieux!) Vrai Karine? Oui.

Par contre, c’est exactement là où je veux être. Je veux flirter avec ces sujets «dangereux» et « exposé ». Je veux augmenté la visibilité des gens  « différents » dans la littérature. Je ne veux plus qu’un enfant, un adolescent et un adulte peu importe son genre, son origine, ses valeurs soient mis à part. Je me refuse à l’idée que personne ne peut comprendre tes sentiments et ce que tu vis parce que tu ressens au fond de toi que tu n’es pas comme le voisin. Je veux te rendre unique, oui, mais imparfaitement unique. Comme tout le monde, mais avec tout ton paradoxe qui t’es propre. 

Je veux, du moins, j’essayes, de me diriger vers ce chemin, permettre à des personnages forts d’émerger ; Les humains de toutes les horizons. Parfois, il suffit juste d’observer autrement pour réussir à changer notre petit monde à nous. Et tout cela est ben correct. 

Mon souhait pour 2019

Le décompte de mes vœux pour l’année 2018 est terminé. Je réalise que j’ai accompli en partie ces objectifs de bien-être et de centrer mon énergie au bon endroit.  J’ai continué à écrire et j’ai achevé des projets. J’ai trouvé un poste temps plein. J’ai déménagé dans un endroit qui me faisait sentir bien et en sécurité. Je peux me dire, mission accomplie.

Toutefois, il ne s’agit pas de recommencer à zéro, mais continuer sur ma lancée. Continuer à vivre, à toucher le bonheur, à sentir, à écrire, à m’émerveiller, à rêver. Continuer de prendre soin de moi. Continuer de faire des choix bons et de moins bons pour apprendre et mûrir. Et c’est mon souhait pour la prochaine année.

Je vais continuer d’écrire sur un petit bout de papier mes succès et mes accomplissements. Je vais les mettre dans ce pot maçon et les voir doubler jour après jour pour me dire au bout de 365 jours, voici tout ce qui m’a rendue fière et heureuse cette année. Voici toutes ces fois où je me suis accueilli, aimé et respecté. Car pour moi, il n’est pas question d’atteindre un objectif, mais plutôt vivre et accepter ce sentiment de grande liberté et de grand bien-être intérieur. Mais surtout, réussir à comprendre qui je suis et qu’est-ce que je deviens.

Pour 2019, évidemment que je vous souhaite la santé et de l’amour. Je vous propose aussi du temps pour vous, pour ce qui vous rend heureux. Je vous offre aussi des projets, des quêtes, des succès. Mais aussi des échecs et de la grandeur. De la candeur et le rêve. Je vous souhaite la paix et le respect.

Mon vœu est de voir plus de bonté, d’étincelle divine à l’intérieur de chacun de vous, d’accueil et de connaissance. Et tout ça, dans la patience et l’amour.