Ferme ta gueule

Nous attendions l’autobus depuis un moment déjà. En retard, comme toujours celle-là. Toutefois, j’ai souris au chauffeur et je suis allée m’asseoir. J’étais dans l’autobus ce soir-là dans un état de grande fatigue et de grand mécontentement de tout. Même mettre de la musique m’écoeurait! Puis, il y a eu cet homme qui semblait avoir passer une aussi mauvaise journée que la mienne qui a décidé de dire sa façon de pensée au conducteur… Alors cela à dégénérer et ce dernier à menacer d’appeler la police. Va s’y! criait l’homme qui avait passé cette pitoyable journée. Je vais les attendre icite! Alors je me suis dit… Pourquoi tu n’as pas juste souris gentiment au chauffeur plutôt que l’intimidé? Pourquoi ajouter à la fin de chacune de nos journées un sujet malheureux en plus? Pourquoi…. tu n’as pas juste fermer ta gueule?

Depuis quelques années, je développe la compensation et la patience pour moi tout d’abord qui m’amène, sans que j’ai à le simuler, à l’être aussi pour les autres. Ce n’est pas toujours facile et je faillis encore beaucoup…

Je ne soupire plus quand je suis exaspérée. Par exemple en souhaitant sincèrement que tu remarques mon manque d’intérêt ou de découragement à ton égard, un long soupire t’aurait rendu mal à l’aise. Je me refuse, plus ou moins bien, à te donner des conseils parce qu’au final je ne fais qu’aggraver ta situation. Plutôt je suis là et je t’écoutes si tu as besoin. Parle-moi avec sincérité et je vais t’accueillir. Ce n’est pas toujours facile de ne rien dire… ce n’est pas aisé de ne pas juger. Je me mêlais beaucoup de la vie des autres et tout ce que je récoltais était de la chicane. Maintenant, je ferme ma gueule. Ce n’est pas de la vengeance ou quoique ce soit de menaçant. Au final, pourquoi je perdrais de l’énergie à avancer des points, à parler de ci et ça, du méchant monsieur qui criait après le méchant chauffeur… Pourquoi je ne fermes juste pas ma bouche pour observer et leur envoyer à chacun tout l’amour du monde.

Dans ce même autobus, il y a une femme ivre qui a porter son dévolu sur un homme. Elle voulait des cigarettes ou je ne sais quoi. L’homme poliment l’a acceuillis et écouter le temps qu’elle voyageait avec nous. Quand elle est partit, une petite lumière s’est levé pour aller parler avec l’homme, pour aller insulter la femme qui venait de quitter. L’homme patient, un noir élégamment vêtu a dit: « elle a bu et avait juste besoin de parler». Notre petite lumière est allée se rasseoir. Et s’il avait fermer sa gueule lui-aussi? Oui c’était cocasse et la dame m’a fait bien rire, mais ce que j’avais surtout retenue c’était la gentillesse de l’homme à la peau foncée.

Je pourrais raconter une dizaine d’histoire similaire. Comment des gens pour, je ne sais quelle raison, ont voulu mettre tout le monde dans leur état en disant le mot ou la phrase de trop quand ils auraient pu simplement se taire. Nous avons cette liberté d’expression, se droit de parole et se droit de clamer haut et fort sans qu’on en soit coupable ( il y a des limites morales et éthiques évidemment). Toutefois, je clame le droit au silence. Le droit de refuser de parler quand nous pouvons blesser quelqu’un. Je ne dis pas de garder un secret au détriment des autres, mais dans l’espace intime comme publique, si notre pensée est limite offensante, manipulatrice ou inutile… FERME TA GUEULE!

Pourtant, il faut vivre

Je recommençais il y a quelques semaines un nouveau poste. Encore un apprentissage, un compte à rebours remit à zéro, refaire ses preuves, connaître de nouvelles personnes, je débute à la ligne du débutant… Le drapeau brandi m’indique l’heure du départ et je dois m’élancer sans attendre. Encore une fois en état de survie, mais ne serait-ce pas ça au final, l’histoire de ma vie?

Savoir se poser, véritablement, demande du courage. Je ne suis peut-être pas née avec cette capacité…vous non plus d’ailleurs, n’est-ce pas? Toujours déstabiliser quoiqu’il nous arrive. L’état d’urgence en permanence, l’argent, le ménage, l’épicerie, cuisiner, bouffer, ne pas se coucher tard, recommencer le lendemain. Une roue éternelle. Est-ce ça la vie? Est-ce ça que les humains en évoluant ont sincèrement désiré? Ou ne serait-ce pas la grosse maison, la grosse bagnole et les kids? Les champs ou la ville? La maison ou la cohabitation? Le chien ou le chat? Le beau ou le gentil? Je ne sais pas. En fait, je ne sais plus ce que je veux, mais ce que je peux vous garantir c’est que survivre ne m’intéresse plus.

« Je recommence encore.»

« Tu fais des choix qui sont bons pour toi.»

« Mais je ne sens pas que j’avance…»

« Nouveau poste, nouvel appart’ et maintenant tu vends ton auto pour vivre plus sainement et tu penses encore que tu n’as pas avancé?»

« J’ai peur.»

« Tant mieux.»

Avant je ne savais pas que je pouvais perdre plus précieux que tout le matériel qui m’attachait à mon malheur. Avant je ne savais pas ce que ça voulait dire s’éveiller au monde. Avant je ne savais pas ce qu’il fallait faire pour être heureuse. J’ai fait des choix durs. Des choix qui me font encore peur. Pas de voiture? Mais je vais faire quoi moi sans voiture? Comment aller ici et là? J’avais oublié mes jambes, mon corps et cette immense capacité de se déplacer par soi-même. J’ai oublié de regarder le paysage qui m’entoure. J’ai oublié que je pouvais me poser près du Fleuve. Oublier de respirer le printemps et sentir le vent sur mon visage. J’ai oublié de vivre… Nous avons en nous cette puissance immense du combat certes, mais de la résignation.  Pourtant, il faut arriver à vivre et ne plus être en état de survie. Il faut ralentir la cadence, se poser des questions et y répondre au risque de se tromper et d’arriver, un peu plus tardivement, à la vérité…

Comment je veux vivre? Qu’est-ce qui  me rend heureuse? Qu’est-ce que je dois faire aujourd’hui pour me choisir, moi? Est-ce que cette personne se préoccupe vraiment de mon bonheur ou veut-elle simplement quelqu’un à qui se comparer? Qu’est-ce qui est important pour moi aujourd’hui?

Selon les bouddhistes, il y a deux façons d’aller vers le nirvana : par la souffrance ou par la joie. Et, il y a trop longtemps que je prenais l’option un quand j’aurais pu choisir le deuxième.

Alors l’idée que je suis en train de tout recommencer est fausse. Je suis dans le continuum de ma guérison. Je suis sur le chemin du rétablissement physique, psychologique et émotionnel. Ces trois axes dans ma vie qui sont difficile doivent avancer cote à cote sans préférence sans quoi la solution sera incomplète. Et les demi-mesures ne m’ont jamais rien apporté, je dois m’y investir totalement. Il y a certaines personnes, peut-être vous vous y reconnaitrez, doivent passer par mille chemins avant de trouver le bon ou du moins, le mieux pour le moment. Je suis de ces gens-là qui continuent d’essayer malgré les blessures. Je suis de celles qui espèrent et qui croient au bonheur. Si le bonheur était une secte, je serais adepte. Malgré mes feintes, malgré mes détours, malgré mes hésitations, je crois au plus profond de moi que j’ai le droit d’être heureuse. Et je poursuis ma quête. Pas que je ne peux abandonner et que je dois restée forte, mais bien parce que je me sens fragile et que l’abandon et moi on se connait bien. Et à force de connaitre mon ennemi, je serais en mesure de le vaincre.

Peu importe vos enfances, vos tristesses, vos échecs… Il n’est pas question de tourner la page ou d’oublier ou même pardonner… Mais de vous aimer. La véritable guérison, la véritable solution, la vérité du monde elle est là… aime-toi. Il n’est pas nécessaire de traverser le désert pour avoir soif. Alors, comprends qu’il n’est pas nécessaire d’acheter, de te faire accepter ou de faire des choses pour l’autre pour être aimé. L’amour est en toi déjà. Elle est là, l’unique vérité et le bonheur sa conséquence.

Les rencontres grâce à l’écriture

Depuis un moment, je vis des déceptions côté écriture, Depuis plusieurs semaines je me bats contre moi-même pour avoir de l’énergie que je ne trouve nulle part. Je me sens nulle dans tout. Nulle comme amie, nulle comme soeur, nulle comme écrivaine… ( Désolé de la surutilisation du mot nullité, mais ça l’a le principe d’être clair) Hier soir, au retour du travail, en entrant dans la zone wifi de mon appartement l’alarme de notification s’enclenche. Je reçois un message d’une amie auteure. Elle me disait qu’elle avait lu quelques articles de mon blogue et m’encourageait de poursuivre mon rêve malgré la peur. J’étais surprise. J’étais dans un mood qui fait en sorte que je ne veux même pas me fréquenter moi-même. J’ai réalisé alors qu’il en fallait parfois peu pour nous aider à continuer de grimper l’immense montagne de nos objectifs. Un mot, un compliment, une tape dans le dos… Brisé le cercle de la solitude qui accompagne souvent cette passion.

Je m’isole quand je me sens sans intérêt. Pourquoi mes amis(es) voudraient me voir de toute façon, je ne suis qu’une personne négative?!  Mais il faut s’extraire de cette impression et je luttais jour après jour pour m’en sortir. Et hier… Cette amie m’a donné le petit coup de pouce qu’il me manquait. Il suffisait d’un message à l’improviste pour me rendre le sourire. Alors j’ai décidé que cet article porterait un peu plus d’espoir en vous parlant des rencontres possibles grâce à l’écriture.

J’ai commencé à écrire très jeune et j’avais le droit aux moqueries des amis (es) de l’époque. C’était étrange une enfant qui aimait lire et écrire…  Alors je me cachais, mais au secondaire, mon droit à faire ce qui me plait est devenu très fort. Ma gang et moi avions décidé de partir un journal. Modeste certe, mais qui occupait nos journées. J’aimais écrire et cette passion envahissait toutes mes pensées. Une année, J’ai participé à un concours  que je n’ai pas gagné, mais ça ce n’est pas le plus important. Mon professeur de français qui me guidait était d’une douceur et d’une générosité. Je me souviens de son nom aujourd’hui et de ses encouragements. À la dernière année, dans le cadre d’un cours de français, on nous a demandé ce que nous aimerions être plus tard et de faire un exposé sur cette carrière. Je n’avais pas d’autre rêve que celui d’être écrivaine. Alors j’ai envoyé des messages à deux auteurs : Louise Gauthier et Mario Francis. Ils m’ont invités chez eux et dans un café. J’ai conservé leur lettre et je les ouvres encore maintenant quand je me sens essoufflée.

Au cégep, je continuais d’écrire, mais j’avais perdu mon chemin. J’avais perdu espoir d’un jour être capable de me considérer comme une vraie écrivaine. J’ai été dans des stages, j’ai été sur des blogues d’auteur, j’ai fait des exercices et j’ai rencontré Jean Barbe dans une activité. Une journée épuisante et essentiel à mon développement d’auteure. Arriver à l’université, j’ai accélérer le pas. Je me devais de faire un livre. Quel a été l’élément déclencheur? Je ne souviens plus trop, cependant sur mon chemin Anaël Verdier est arrivé. Un français dont je reçois tous les courriels chaque dimanche. À travers ses mots, j’ai reconnu ma vulnérabilité et l’inconfort que je vivais. Grâce à lui, je me suis prise en main, établie ma discipline, accepté de perdre et de gagner. J’ai aussi rencontré une amie auteure dans une de ses conférences. Une correspondante et une amie pour échanger sur l’écriture. Tranquillement, je me suis fait à l’idée que j’étais douée alors j’ai poussé plus loin. J’ai fait deux nouvelles (Acheri en décembre 2016 et le bateau fantôme en octobre 2017). J’ai ouvert un groupe d’écrivain amateur avec une amie aussi passionnée d’écriture. J’ai rencontré des jeunes hyper sympa et talentueux. J’ai aimé cette année auprès d’eux à tenter d’expliquer ma vision de l’écriture. J’espère les voir progresser sincèrement tous autant qu’ils sont dans le domaine du livre ou autre. Et j’ai eu la chance de connaître une auteure de genre lesbien. Nous avons beaucoup échangé et nous sommes désormais collaboratrice.

Je continue d’apprendre, mais les relations sont importantes. L’écriture, la solitude, la discipline, oui certainement, ce sont des éléments essentiels. Toutefois, chaque fois que j’ai dû me compromettre, mettre ma tête à l’extérieur, parler de mon rêve avec des gens qui partageaient la même passion j’ai toujours été accueillis chaleureusement.

Pour terminer, j’aimerais remercier tous ceux qui ont croisé ma route dans cette aventure qu’est l’écriture.

Merci d’avoir été présents et de m’avoir permis de voir en vous la sagesse et l’apprentissage dont j’avais besoin.

Écrire fait peur

Je suis sur la correction d’un texte avec une coauteure. Un beau projet, mais qui demande de mettre son orgueil de côté et accepter les commentaires de la correctrice. Quand on se met en action par contre j’ai réalisé que cette frustration était justifiée. J’ai écrit et cru à tort que j’avais pondu la perfection. C’est rare la perfection. Dans le meilleur des cas, je fais de mon mieux et j’apprends. Cependant, en replongeant dans mon histoire j’ai ramené à la surface la peur.  Une peur qui explique pourquoi depuis plusieurs semaines je bouffe à m’en donner mal au ventre, je ne parle à personne et je me sauve en me jetant esprit et corps dans mon nouveau boulot. J’ai réalisé qu’écrire m’effrayait…

La peur du noir à longtemps suivit notre espèce. Il était normal de craindre cet élément qui nous empêchait de voir nos prédateurs. Les ténèbres, encore aujourd’hui, avec l’électricité nos lampadaires et nos cellulaires nous fait frissonner. Une peur sauvage, naturelle et normale. Ma peur qui a émergé de mon travail de correction est plus viscérale. Une peur que je sens m’alourdir tout le corps et qui au lieu de me tétaniser sur place m’encourage à poser des gestes rapidement. Je ne suis plus l’homme de Cro-Magnon qui se terre dans une caverne attendant le levée du soleil. C’est une peur que je dois rencontrer, comprendre et parler. Quelle est-elle?

Dans ma démarche d’écriture, j’ai toujours un doute sur ce que je fais. Je rencontre l’inconfort et je dois l’accepter. Je dois me rappeler ma légitimité, à tous les coups. Et cette peur se nourrit sans aucun doute de tous ces aspects, mais pas seulement. Écrire c’est me rapprocher de mon centre. Écrire c’est me découvrir. Accepter mes peurs de primate et mes peurs de mes traumatismes. Écrire c’est vivre et décrire ces peurs. Écrire c’est parler à ces peurs et les détailler pour en faire un texte unique et honnête.  Je me retrouve devant certaine phrase, certain paragraphe et je tremble. Elle est là, coucher sur la page en encre noire, ma peur qui s’agitait dans mon esprit un instant plus tôt.

Quand j’écris, ce n’est pas uniquement une série d’énumération de sensations et d’actions. Le personnage marche, je marche. Le personnage crie, je crie. Le personnage se fait violer… Enfin vous avez compris! Il y a une étroitesse qui dépasse l’intimité absolue. Ce n’est pas juste le rêve de voir un elfe dans ma réalité, mais de créer cet elfe aussi humain, aussi perceptible, aussi de chair et de souffrance que ma propre vie avec les mêmes dilemmes, les mêmes angoisses, les mêmes rêves…

Écrire me fait peur et c’est ainsi que cela doit être. Je disais inconfort plus tôt c’est exactement cela que je dois vivre. Je dois le sentir pour mieux l’expliquer dans mes histoires. Ne serait-ce pas mieux de parler de pinson et de fleurs des champs? Oui probablement, mais même le pinson et même les fleurs des champs vivent de la peur. La perception de l’écrivain a un devoir de la trouver et de la transmettre dans ses écrits.

Un auteur écrit avec son cœur, son âme, ses tripes et son cul. Il n’y a pas meilleure expression que celle-ci. Si le héros l’emporte toujours, il n’est qu’un gagnant à la loto. Si le méchant gagne jamais il n’est qu’un cliché qui sort tout droit d’une comédie. Dans la vraie vie, tout est plus nuancé. Rien n’est plus ambigu que nos sentiments. Je ne dis pas de se poignarder pour sentir ce que serait être un valeureux chevalier, mais fermez les yeux et prenez le temps de voir l’action dans votre tête, sentir les muscles se contractées, sentir la respiration saccadée, sentir votre esprit bouillonner et votre cœur taper dans votre poitrine prêt à rompre votre cage thoracique. Vous avez peur de ne pas sauver votre terre et vos habitants… Quand vous ouvrirez les yeux, la peur, vous la maitriserez et vous serez en mesure, comme écrivain, d’utiliser ce sentiment dans vos histoires comme l’ultime acte de libération.

Qui sommes-nous quand personne ne regarde

À aucun moment, cet homme à la peau foncée ne remarqua que je le dévisageais depuis dix minutes. Il avait ses écouteurs, trépignait du pied et envoyait son menton dans tous les sens. Je ne le dévisageais pas vraiment. J’étais intriguée. Obsédée même à comprendre pourquoi il se laissait s’exposer bizarrement aussi aisément en public. Moi la honte m’aurait pognée depuis longtemps. Je tapote un doigt discret sur ma cuisse et je regarde nerveusement autour de moi si je n’ai pas dérangé personne. Mais lui, comment faisait-il pour s’offrir cette liberté? S’offrir l’indifférence du regard d’autrui? Peut-être aimait-il ça, gênée, la mamie assise à côté de lui? Peut-être aimait-il ça, déranger? Pour moi, il était un inconfort et pas une gêne. J’aurai voulu être comme lui.

Durant tout le trajet à le fixer impoliment, mes pensées continuaient d’évoluer. Qui étions-nous vraiment sans le regard des autres? L’image clichée d’un chanteur amateur et aux fausses notes sous la douche par exemple. Sans avoir la possibilité d’aller faire un sondage sous les douches de tout le monde… quoique ça serait soit effrayant soit hyper excitant, mais passons… Quand je marche dans mon quartier et que je vois les lumières d’une maison allumées et que par chance aucun rideau n’est tiré, je glisse mon regard sur le quotidien des gens. Pour la plupart, avec déception, ils sont écrasés devant la télévision. J’ai commencé à travailler cinq jours semaine depuis peu et je vous avoue avoir longtemps jugés ceux qui étaient fatigués après le boulot, mais aujourd’hui mon regard est différent. Je suis moi-même crevée et quand mon sofa ouvre grand ses bras… Je ne peux résister.

Je croise des fois des gens qui font une balade. Des couples, main dans la main ou un coureur qui respire très fort. Alors je les juge d’une façon plus positives. On n’y peut rien, personne n’aime les patates de sofa (même ceux qui en sont eux-mêmes).

Il y a ceux qui tranquillos chez eux cuisine un repas qui prend trois heures, ceux qui écoutent des conférenciers à la radio en bidouillant deux trois trucs mécaniques ou électroniques, ceux qui sont sous leurs automobiles le visage rempli de graisse, ceux qui font leur devoir, qui s’en ramène du boulot, ceux qui vont aux restaurent prendre l’apéro… Il y a un tas de gens qui font un tas de choses. Et qui sont tous correct au final. Mais moi… Moi qui suis-je quand personne ne me regarde?

Je cours après mon chat, je fais ma vaisselle, un film ici et là (patate un jour patate toujours), je lis et j’écris. Je m’assis et je regarde à travers la vitre de ma fenêtre. Je rêvasse et j’ai l’impression sans cesse de perdre mon temps. Le temps m’échappe. Le temps coule entre les doigts comme de l’eau. Et j’aimerais le retenir. Me sentir un petit peu utile. Alors je réalise que je pense beaucoup trop à ce que le monde pourrait penser ou à ce que je pense de moi entrain de penser à ce que je suis quand personne ne regarde en doutant précisément qu’un jour cette intimité existe réellement au fond de moi.

Quand je réalise enfin que mon danseur anonyme n’est plus là et que mamie me dévisage à mon tour. Je dois avoir un petit filet de bave sûrement. Trop penser des fois… Alors je réalise que je peux y arriver. Être celle que je garde distraitement à la maison et la mettre sous les projecteurs. Je souris à la mamie d’un autre siècle. Elle se choque. On ne sourit pas à des étrangers. Et bien, moi si. Même seule dans mon salon en fixant le mur blanc. Et vous, quand plus personne ne regarde qui êtes-vous?

La malédiction d’une artiste

C’est difficile. Oui c’est difficile. J’ai une passe en ce moment incertaine. Mon esprit est embrouillé et les solutions n’apparaissent plus aussi limpidement. C’est comme ci je marchais dans une ruelle très étroite et longue. Une brume opaque bloque l’issu de cette ruelle. Je marche, m’éraflant les bras et les jambes sur le mur en brique. Je n’ai pas perdu l’espoir, mais bientôt je le sens au fond de moi une force étrange, malfaisante, qui a envie que je plie l’échine.

Je sais que peu importe ce que vous avez à affronter en ce moment, plusieurs ressentent la même chose que moi. Peut-être que vous vous avez le parfait copain, la maison, l’emploi de rêve ou je ne-sais quoi encore, mais vous ressentez ce doute aussi, au plus profond de vos tripes. À la fois qui engourdie vos sens et à la fois qui vous donne une grande lassitude à l’impulsivité. Avez-vous mis votre main sur votre poitrine à essayer de sentir votre cœur battre? Le mien est desséché et il a besoin d’un voltage.

Je vous dis tout ça parce quand on croit pendant très longtemps à un rêve et que tous les jours c’est un combat de se lever et de le continuer c’est normal après un certain temps d’éprouver cette grande fatigue. J’ai essayé d’émerveiller les gens près de moi. J’ai essayé de leur dire Hey! Regarde ma création! Regarde comme je suis allée au fond de moi! Regarde comme j’existe! Mais non… aucun éveil. Aucune empathie. Aucun intérêt. Le coup de grâce a été mes livres retirés sur tablette. Find! C’est le jeu! Même si je ne crois pas que ce jeu soit équitable.

J’ai quitté facebook. Je réalisais que je perdais des heures voire des journées entières à me comparer, à espérer et à souffrir. J’ai réalisé que même si je lançais dans la mer virtuelle un ballon, il calerait au fond. Au final pour comprendre que je perdais mon temps et j’avais cessé de rêver.

Une amie est venue dernièrement chez moi et même si j’en parle ici, elle ne me lit pas de toute façon. Ce n’est pas son genre de lecture. Surtout je ne veux pas que ce soit interprété comme une vengeance personnelle. Jamais mes écrits ne me vengeraient … Cependant une chose que l’art fait c’est de dénoncer! Alors je dénonce mes sentiments ou plutôt j’ose les rendre visibles comme un drapeau blanc, une chance d’avoir une ultime bouée. Donc, cette amie qui est venue à la maison. Elle a passé toute la soirée à me parler de son nouvel amoureux. Je l’ai écouté attentivement. Je lui ai donné tout l’espace. Le bonheur quelle merveilleuse chose a partagée. Elle inonde tout le monde autour de nous. Oui, inonde. Son bonheur me noyait. J’ai parlé que je n’allais pas très bien. J’ai osé dire que les gens… les gens ne m’apportaient plus aucun réconfort. Elle m’a demandé alors si je voulais rester amie avec elle. Je ne savais pas quoi répondre. Sur le coup, non je ne voulais plus être son amie. Elle ne venait que pour m’annoncer ce qui se passait de beau et bon dans sa vie. Moi j’ai toujours été une amie qui venait quand ça n’allait pas. Eh oui, je suis comme ça. J’aime voir la souffrance chez l’autre parce que je réalise que c’est le seul moment d’honnêteté. La souffrance c’est beau quand elle nous permet de grandir. Alors je lui ai dit que j’étais perdu, je lui ai dit que pour moi l’écriture était ma vie… oui…je ne sais pas ce que je ferais d’autre sinon! Et… il me semble que j’ai un certain talent! Alors nous avons continué de parler d’elle et de son bonheur. Et j’ai, de plus en plus, de la misère à croire en l’autre. J’ai de la misère à faire confiance, car chaque fois que mes émotions étaient sur la table on l’y a planté un couteau pour l’engloutir tout entier, comme mon ballon dans la mer, je glisse dans les abymes et disparais à jamais.

Comment on survit au manque d’intérêt de votre famille et de vos amis? Comment on arrive à s’enthousiasmer devant les projets des autres quand ils n’ont jamais osé porter un regard sur vous? Comme puis-je aider mes parents dans leur rêve quand ils sont incapables de venir chez moi, s’asseoir et me dire Hey fille comment tu fais ça écrire un livre?

Il y a peu de chance que quelqu’un lit cet article, mais les mots sont devenus ma seule expression. Je suis incapable d’aller vers quelqu’un et exiger qu’on m’écoute. Je suis incapable de couper une conversation et dire ça suffit on parle de moi maintenant! Je bloque. Je paralyse. Parce que je ne sais plus comment on fait parler de soi-même à quelqu’un qui s’en fiche. Je suis incapable de ça parce qu’à la base vous êtes tous plus merveilleux que moi.

Même connecter avec des artistes c’est difficile. S’ils sont le moindrement comme moi, ils n’oseront pas parler. Ils préfèreront créer en solitaire. Ainsi une vitre sera créée entre leur émotion et les autres. Entre nous qui aurait pu se comprendre. Nous devons les protéger nos émotions, ils sont le moteur de notre création, mais au final notre talon d’achille. Comment ne pas prendre difficilement quelqu’un qui regarde votre table de vente et s’écrit ARK! Comment? Parce que je connais quelqu’un à qui c’est arriver et à par en rire et trouver stupide cette humaine, je ne sais pas quoi dire pour consoler cet ami qui au final à juste essayer d’exister dans ce monde.

J’ai accroché, il y a longtemps, un dessin dont j’étais fière sur le réfrigérateur familial et ce même dessin je le retrouvais dans le recyclage peu de temps après. Aujourd’hui je vis jour après jour cette même scène auprès de gens qui prétendument m’aiment.

Cette poisse! Cette malédiction que les artistes ressentent. Ce grand vide intérieur qu’ils essayent de remplir par le jeu de rôle, par les fraternités, par le dessin ou une histoire qui parle d’espoir ne nous quitte pas. Jamais. Chaque nouvelle création est une arme contre la morosité et le dessèchement émotif. La solitude dans laquelle nous devons plonger pour créer elle doit être temporaire. Mais je réalise que même quand j’émerge de mon monde, il n’y a toujours personne autour de moi. Le plus terrifiant est que si on regarde les contes où malédictions s’arriment, il est rare de voir nos héros s’en sortir seuls. À la seconde où il décide d’être en solo, il échoue.

Graphiste et écrivain: Comment bien travailler ensemble?

Présentation de ma graphiste MarieB

             Nul n’est sans savoir que l’autoédition on doit s’occuper de tout. Comment on fait exactement si dans l’un des domaines qui entourent la création du livre on n’est pas doué? Dans mon cas, tout ce qui est conception visuelle du livre j’avais énormément d’appréhension. Qui choisir? Combien ça coûte? Comment transmettre nos idées? C’est un avantage contrairement à la maison d’édition de pouvoir être libre de décider ce que je voulais comme page couverture pour mon livre. Mais cela peut être à double tranchant cette liberté. Dans un prochain article, je vais mieux détailler mon raisonnement, mes choix, le pourquoi du comment… mais pour l’instant j’ai voulu mettre sous les feux des projecteurs ma collaboratrice.

À deux occasions, j’ai eu la chance de travailler avec Marie-Ève B. Elle est proactive, talentueuse et sans conteste passionnée par ce qu’elle fait. La page couverture est d’une si grande importance pour que le livre intéresse les lecteurs tellement que la pression peut être plus grande à cette étape (la vente) pour la graphiste que l’écrivain-e. Ça passe ou ça casse. L’écrivain et le graphiste ont-ils réussi à bien collaborer ensemble pour représenter adéquatement, le livre, l’histoire, la vision et leurs pensées?

Ainsi je me suis permise de poser quelques questions à ma graphiste pour avoir son point de vue. 

Pour commencer, commençons par introduire le commencement:

Quel est ton parcours?

J’ai d’abord suivi une formation en graphisme au Cégep Marie-Victorin. Suite à cela, j’ai choisi de me lancer dans une aventure pour suivre un rêve: celui de réaliser des films d’animation. J’ai donc été étudier à Matane l’animation 3D. Au courant de ce DÉC, je me suis aperçue que je préférais élaborer des histoires, développer des concepts et surtout dessiner. Bien que que j’aie développé une aisance avec l’animation en tant que telle, le monde de la 3D me semblait contraint par le côté technique. (Ce qui me faisait un peu trop souvent rager contre les logiciels!) Je me sentais un peu restreinte par le côté technique de la 3D; d’un point de vue personnel, il me manquait une certaine liberté artistique que je retrouvais plus dans les logiciels de dessin.

Qu’est-ce qui/quoi te fait choisir cette vocation?

 

Ma passion pour les histoires, les images et leur puissance pour faire vivre des émotions et communiquer un message. J’ai tant souvent eu l’envie de lire un bouquin que par l’attrait de la couverture de page!

Tes objectifs de faire cet article?

Donnez un aperçu des coulisses de la production de projet graphique, dans ce cadre-ci, d’illustrer un livre. Faire part des leçons que j’ai apprises en partageant mon expérience pour épargner des erreurs à d’autres.

Les qualités qu’une graphiste doit avoir avec un écrivain?

Un intérêt réel pour le projet afin de s’y vouer entièrement et de lui apporter un concept unique qui saura représenter l’essence même du récit.

La ponctualité est un indispensable, un signe de respect dans la vie en général à mon avis!

Des qualités qu’un écrivain doit avoir avec un graphiste?

Une clarté dans la définition de ses attentes: avoir carte blanche pour une interprétation personnelle est une chose, mais une ligne directrice permet de cadrer mieux la vision de l’écrivain. Un client qui sait ce qu’il veut sans ambiguïté permet de sauver du temps pour les 2 parties : cela évite malentendus ou oublis et donc épargne des ajustements plus tard. 

Une franchise pour donner des commentaires sur le concept, le look, les croquis et esquisses qui lui sont présentés. On veut un client plus que satisfait, enfin je crois que c’est une valeur importante aux yeux de notre profession.

La prise de contact:

Comment un graphiste reçoit un écrivain? Comment l’attirer?

 

En démontrant une compréhension de la nature du projet, en ayant lu le livre entre autres. Avec un esprit ouvert et créatif: il faut savoir écouter et proposer les idées.

Comment on choisit un projet de couverture de livre? (Les critères à prendre en considération pour embarquer dans le projet)

Le temps, l’argent et les bénéfices divers. En début de carrière, on pourrait être tenté d’accepter tout ce qui passe. La meilleure stratégie consiste à évaluer les gains du projet. Si ce dernier représente une grande consommation de temps et d’efforts, ainsi qu’un budget très limité, mais que les délais sont fort raisonnables et que le projet est une opportunité unique pour beaucoup de visibilité pour obtenir de futurs contrats: cela peut valoir l’investissement.

Il ne faut toutefois pas tomber dans le piège de l’exploitation : « Puisque tu es un junior, tu dois te contenter d’accepter n’importe quel prix. » Au nom de tous les professionnels, on ne doit pas rabaisser la valeur de notre travail.

L’entente réciproque:

Le paiement comment ça se passe ? Es-tu gênée de parler argent?

En début de carrière je dirais que oui, c’est un sujet délicat. (Ce l’est dans la vie en générale, peu importe la profession d’ailleurs, cela dépend des gens.) Toutefois, avec le temps et l’expérience qui s’accumule, je sais mieux évaluer la valeur de mon travail et je peux ainsi mieux assumer et surtout expliquer mon tarif. D’ailleurs, je me sens plus à l’aise de discuter du paiement avec le client en faisant preuve d’une ouverture d’esprit à négocier pour trouver une entente juste.

Les responsabilités et les obligations

Une communication claire. Personne ne veut d’entourloupes : de frais supplémentaires pour une tâche additionnelle ou bien de mauvaises compréhensions sur la nature du projet qui se révèle tout autre. Exemple:

Écrivain: « Je veux une simple pomme. »

Graphiste:  » Voici votre pomme, simple, mais qui se démarque de vos concurrents. »

Écrivain: « Mais je voulais une simple pomme dans un panier avec d’autres fruits. « 

Aucune mention du panier au départ, donc temps supplémentaire.

Mettre au clair ce qui est demandé comment le fais-tu?

Par le biais d’images voyons! (rires) blague à part, en posant plus de questions et en demandant confirmation de la compréhension du sujet à l’aide de croquis rapides.

Comment graphiste et écrivain peuvent bien travailler ensemble:

Cerner les besoins de son client

 

Il est primordial de connaître le public cible, car l’auteur peut avoir ses requêtes et sa vision cependant, en bout de compte, c’est du lecteur qu’il s’agit d’attirer.

Les modifications

Parfois je les sous-estime en matière de temps; il y a toujours des surprises qu’on ne peut prévoir et d’autres auxquelles on n’a tout simplement pas pensé. Quand il s’agit de mon erreur ou de ressources hors de notre contrôle (exemple panne d’électricité, donc délais), je ne charge pas de suppléments.

Dans le contrat, il est mentionné qu’il y a approbation à avoir sur les maquettes avant de passer à l’étape suivante. Il y a un temps alloué aux modifications suite aux commentaires, puis à nouvelle présentation de maquette(s) avec les corrections. Si nous sommes dans les temps prévus au contrat et qu’il y a d’avantages de modifications à apporter, j’effectue un 2ème tour de retouches. Après cela, l’écrivain doit payer des heures supplémentaires.

Je n’aime pas ma couverture! Qu’est-ce que je fais?

Si on en arrive à ce point, il n’y a pas eu suffisamment de suivis. Selon les clauses du contrat signé, il se peut que cela rentre dans la catégorie heures supplémentaires et que le tarif augmente alors. C’est pour éviter ce genre de situations que le graphiste présente ses concepts et ses maquettes avant de passer à la réalisation de la couverture finale et qu’il est primordial que l’écrivain soit transparent dans son opinion.

Concrètement ça demande combien d’énergie, d’analyse, de remue-méninges pour un  X projet?

Tout dépend de la nature du projet, chacun est unique. La plupart du temps, la partie brainstorming et croquis est bien plus longue que la réalisation de la version finale, car tout part d’un concept fort, réfléchi. Dans mon cas, je répartis mon temps plus ou moins comme ceci en général: 40% brainstorming & croquis, 35% esquisses & maquettes, puis 25% le final.

Et après…

Après le contrat qu’est-ce qu’on fait?

De mon côté, je m’informe d’abord des ventes du livre et des commentaires que la couverture reçoit. Je laisse savoir à l’écrivain que je reste à disposition pour l’aider dans la publicité. J’offre toujours un « service après-vente » pour des trucs mineurs, comme par exemple convertir les fichiers en divers formats pour des applications diverses (Instagram, Facebook, PDF. en taille différente que le fichier de livraison, etc.) ou un changement/ajout de texte sur l’affiche commandée avec la couverture de livre.

On reste en contact?

Absolument. À moins que l’expérience fût mauvaise, ce qui ne m’est pas encore arrivé.

On relance s’il y a un nouveau projet?

Si l’écrivain a été parfaitement satisfait du résultat et de l’expérience, je crois qu’il est logique qu’il retourne avec le même illustrateur. Le style graphique peut varier d’un livre l’autre selon le genre littéraire et le groupe d’âge visé, mais je pense qu’il est bien d’associer une certaine signature visuelle de l’artiste à l’écrivain pour le public.

Service après-vente comment ça marche?

Les conditions sont énumérées, voire listées, au début du projet, lors de la signature du contrat. S’il s’agit de petites modifications, je ne charge pas. Au contraire, je souhaite offrir plus au client que ce à quoi il s’attend. Toutefois, je n’irai pas jusqu’à me permettre de passer une journée entière de boulot sans charger un minimum. À ce moment, j’offrirai diverses options et discuterai d’un prix spécial qui conviendrait à l’écrivain.

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Adieu CHSLD et autres conneries

Trois ans que je jonglais sur la liste de rappel entre centres d’hébergement, hôpital, CLSC, RI et autres conneries pour me faire à croire que j’avais un vrai emploi. Bon! Je suis peut-être dure. Il s’agissait d’un emploi, un vrai, rémunéré. J’ai réussi en me faufilant entre plusieurs affichages à avoir quatre jours semaines depuis février 2016. C’était stable plus ou moins. Une fin de semaine sur deux de libre. J’étais réceptionniste et coupeuse de papier. Non vraiment? Oui vraiment! J’ai été à l’université pour coller des tablettes et couper du papier. Pourtant c’était une belle expérience. J’ai compris d’autres départements que le front du réseau de la santé. J’ai vu des cancéreux, des p’tits vieux, des médecins, des infirmières et un tas de connerie. J’ai vu des sourires et des airs bêtes. J’ai vu des dangereux et des professionnels à tous les niveaux. Des gens crasses. Des gens pour lesquels je me battrais pour eux sans une once d’hésitation. Ce qu’on nous montre dans les médias est faux. Faux. Faux. Faux. Le burnout ne m’en parlez-pas! Le manque de staff non plus. Les coupures… Merci M. Barrette et votre équipe.

Il n’y a pas de recettes pour survivre dans le réseau de la santé. Il suffit d’être vous, refuser ce qui ne vous convient pas. Malgré la lourdeur administrative, la plaie bureaucratique et les êtres humains qui ont perdu le feu sacré, il y a eu de bonnes choses. Des fous rires sincères. Des amitiés guérissantes. Des prises de bec essentielles.

Je reste ou je pars? Voilà la question que je me suis posée pendant trois ans. Ne serais-je pas mieux dans le privé? Dans une PME? Si je reste, on me promet un poste complet, d’être vraiment considérer d’ici cinq ans. Suis-je prête à continuer d’être rabaissée par des collègues de travail? Suis-je prête d’être dans un milieu auquel eh oui! Je n’ai pas toutes les compétences pour en saisir la totalité ( médecine). Est-ce que si je reste, il y aurait quelque part une petite place pour la petite Karine?

En trois ans j’ai géré  des cas lourds en CHSLD. Des gens violents, fugueurs, insultants et tout simplement des connards. Je ne parle pas juste des résidents ici ( hé hé hé). J’ai appris la patience. J’ai appris à me protéger. Je me suis endurcie. Je sais ce que je vaux. Plus personne ne va appuyer sur le bouton panique inutilement. Quand on reçoit un code de violence et que les procédures doivent s’enclencher à travers vous, en sachant pertinemment que si tu ne réagis pas suffisamment vite, un collègue de travail va se faire casser le nez par un résident… Le stresse plus jamais. (OK peut-être un peu de temps en temps).

Vendredi dernier j’étais chez IKEA et je mangeais mon poulet au beurre quand les  ressources humaines m’appellent. Bonjour, Karine, je veux valider quelques postes avec vous. À ce moment-là j’avais déjà accepté d’aller dans le département des achats. Plus tôt dans la journée j’étais allé rencontrer ma nouvelle boss. Elle était géniale et j’avais l’impression de flotter sur un petit nuage. J’allais être entouré de gens compétents. Les vieux de la veille et j’allais connaître leur secret. Je ne vous mens pas quand je dis qu’au téléphone, j’ai fait le suivi avec la technicienne en RH de onze postes. J’ai refusé en cinq minutes onze postes. Dans les affichages, la liste de nom était rendue à moi. C’est quand on m’a dit X centres, acceptes-tu ou tu refuses? C’était le centre que je travaillais depuis trois ans. C’était MON CENTRE. C’est là que j’ai compris que j’avais officiellement passé à autre chose. En février, j’allais commencer à l’IUGM. En février, j’allais devenir une professionnelle dans le réseau de la santé. Je n’étais plus elle qui boucherait les trous à droite et à gauche. Tout de même, il fallait le faire : onze postes refusées! J’avais tant espéré ça il y a trois ans!

J’ai peur de ce nouveau défi. C’est effrayant l’inconnu. Sincèrement. Je ne me réjouis pas de tout recommencer. Mais je sais que j’ai des bases solides que les nombreux départements que j’ai faits m’ont apprises leur spécialité, leur unicité et ça je le trimballe avec moi. Je sais qu’il  n’y aura pas des jours faciles. C’est à espérer sinon qu’est-ce qu’on apprendrait dans la vie sans? Je sais aussi que je passe officiellement à du temps plein. Depuis que j’ai commencé à travailler, je n’ai qu’accumulé quelques heures ici et là. Je vais être dépaysé. Je vais sans doute être épuisée. Toutefois, regarder bien mon sourire. Il ne flanchera pas tout de suite!

Je mets enfin le point final sur mes anciennes vies et je commence ma nouvelle. Plus libre. Plus fière. Plus indépendante. 2018 aura au moins la pertinence d’avoir bien commencé.

Je ne vous souhaite pas bonne année

Le nouvel an me semble plus symbolique que Noël. Noël est une course interminable de consommation, de beuverie et de débauche alimentaire. Et quand la famille est éclatée, absente ou morte c’est plus lourd qu’une roche dans la rivière. Le nouvel an est le début du nouveau décompte pour que la terre fait un tour complet sur elle-même. Cette immense masse sur laquelle nous vivons continu son petit train-train annuel, mensuel et quotidien. Alors ne sommes-nous pas entrain de célébrer l’anniversaire de la terre? Après tout, elle a un an de plus.

Le nouvel an est symbolique pour une raison encore plus profonde. C’est un passage important pour faire un récapitulatif de notre année passée et nos souhaits pour la prochaine. Mais ce n’est pas une simple question d’embrasser mamie et souhaiter bonne année avec un bécot bien baveux. C’est plutôt une chose intérieure et propre à chacun. Un souhait intime et sincère que nous voulons protéger et travailler pendant la prochaine année. Ne me mentez-pas! Non. Mangez moins, maigrir ou faire plus d’argent ne sont pas des souhaits intimes.

La nouvelle année est un passage vers le mieux. Alors laissez-moi vous guidez. Prenez papier et crayon. Assoyez-vous dans cette pièce qui vous fait sentir bien. Une pièce dans votre maison idéalement. Prenez un temps pour revoir votre année. Les moments de joie et celles plus triste. Revoyez vos bons coups et vos moins bons coups. Puis, sur le papier commencer par je me remercie pour cette année 2017. Prenez chaque émotion que vous avez vécu triste comme joie et remerciez-vous de l’avoir vécu. Remerciez-vous d’avoir passer au travers, d’avoir su vaincre et échouer. Sans jugement. Sans solution. Sans promesse pour 2018. Sans anticipation. Simplement, acceptez de vous remerciez de cette belle expérience de la vie dans votre corps, votre coeur et votre esprit. Quand vous aurez terminez cet exercice, mettez sur papiers vos cinq priorités pour l’année 2018. Indiquez ensuite comment vous allez passer à l’acte. Soyez doux avec vous. Soyez aimant avec vous. Ce n’est pas une compétition et le count down ne finit pas en 2019. Soyez patient.

Il ne suffit pas simplement d’écrire je veux maigrir, mais plutôt, je veux donner à mon corps tendresse et amour. Comment?  Je vais préparer mieux ma liste d’épicerie et m’en tenir. Je vais prendre le temps de cuisiner avant de commander. Je vais manger en silence plutôt que devant la télévision. Je vais sentir ma faim et remercier pour mon repas. Vous voyez? Il n’est pas obligé de juste dire je vais pousser trois fois plus lourd au gym.

Pour le nouvel an, je me suis accrochée à cette idée qui dit de la fêter comme on voudrait que la prochaine année se présente à nous. Calme en famille devant un film? Entre amis à la discothèque? Entre amoureux sous la couette? Seul vous savez comment cela doit se passer. Ne soyez pas prisonnier des envies des autres ou d’une tradition que vous trouvez ennuyante.

Il ne s’agit pas de remettre le compteur à zéro. Non bien évidemment sinon cela serait très facile pour tout le monde. C’est prendre conscience de la réalité que vous pouvez être une meilleure personne pour vous-même et votre entourage. C’est un moment dans l’année, mondialement, qui rend grâce à qui nous sommes et qui nous permet de le réaliser, de le vivre, de le partager.

Pour terminer cette article je ne vais pas vous souhaitez bonne nouvelle année. Pas que je suis impolie, mais plutôt pour vous souhaitez une bonne continuité. Et peu importe ce que vous désirez accomplir en 2018, voici mon dernier conseil, car la route est longue jusqu’au succès; Nul ne peut progresser s’il n’ose faire un pas.

Un dernier hommage

Je ne suis pas très bonne pour dire au revoir aux personnes que j’aime. J’ai toujours un mélange de tristesse, de colère et un sentiment de lâcheté. J’aurai pu l’appeler plus souvent, j’aurai pu la voir plus souvent…

Je me souviens que dès mes premiers jours dans la compagnie tu as été une gentille dame. Toujours sourire, avec ton caractère intraitable évidemment. Tu étais droite et la vie a de nombreuses fois mis ton esprit et ton corps à l’épreuve.

Je me souviens des mélanges verts bizard que tu amenais toujours, de tes lunchs sans gluten, de tes blagues qui n’étaient vraiment pas drôles en général. Mais tu me faisais rire.

Je me souviens que nous avons parlé hommes et que tu étais une oreille sans jugement. Évidemment, tu m’as toujours donné le mot d’ordre: Prend quelqu’un de bien sinon laisse tomber.

Je me souviens que nous avons partagé des douleurs similaires, un passé qui nous retenait hors de la joie. On a parlé. Beaucoup.

Mais on travaillait aussi!! Tu avais toujours le mot juste, la gentille attention pour tes clientes. Tu étais près d’elle et ça se voyait…surtout qu’elle m’ignorait carrément et venait te voir directement. J’admirais ça. J’admirais que ton métier se fût soulevé en amitié.

Je me souviens que tu aimais le bleu. Tu portais souvent du bleu. Tu étais belle en robe. Coquette. Même à ton âge.

Je me souviens de ce jour ou tu as accepté de laisser tes cheveux gris pousser sur ta tête. Tu n’étais plus blonde (quoique tu étais belle aussi), mais je te trouvais encore plus belle. Plus toi. Plus sûre.

J’ai appris, un peu par hasard, dans le temps des fêtes, ton décès. Avec la frénésie du temps des fêtes, j’ai réussi à retenir mes larmes. Au fond, je sais que ton combat est terminé aujourd’hui. Que ta retraite tu l’as finalement prise.

Alors, permets-moi dans mon modeste blogue de te dire au revoir pour une dernière fois avec la musique que tu aimais beaucoup. Et j’espère qu’il y a une tonne de livres au paradis pour que tu continues dans ton plaisir à lire et dévorer ces histoires qui te passionnaient tant.

Repose en paix Denise.

De ton amie.