J’ai raté ma carrière

Je discutais avec un collègue ce matin au sujet de mon site web et de mon envie de faire moi-même la couverture de mon prochain livre. Je me suis exclamée en rigolant que j’avais raté ma carrière parce que c’était ça au fond qui m’anime vraiment.

Que le boulot, le 9h à 17h, c’est en attendant.

Que c’est juste une imression d’être dans une petite boite, espérant qu’on ouvre le couvercle, pour me laisser respirer.

Et lui de me répondre : « Au contraire, tu es peut-être en train de la bâtir ta carrière. » Son discours expliquait qu’on ne sait jamais ce qui va nous servir plus tard. Un boulot c’est un boulot et à moins d’être de ceux qui aiment leur petit carré, on peut changer. Ce n’est pas figé dans le temps.

Ce genre de conversation est poignant. Du moins, pour moi. J’ai tellement peur que tout soit coulé dans le béton, que rien ne change, mais en même temps, je suis terrifiée par le changement. Puisque dans le changement, il y a nécessairement le sacrifice de quelque chose. Encore des preuves à fournir, encore des amis à se faire…

Je m’entends dire : « Ça serait vachement bien pareil d’être l’artiste que je désirs. Avoir mon horaire établi, mes tâches que je détermine, mon choix de client, aucune pression ne venant d’un patron… »

Une grande partie de moi rêve que de ça.

En même temps, j’ai la chance d’avoir un emploi payant, avec horaire flexible ( qui est mieux que rien), de pouvoir continuer d’aller aux études et d’avoir du temps pour mes projets. Je run deux carrières sans m’en rendre compte et je me demande pourquoi je suis toujours fatiguée.

Ce n’est pas le plus important toutefois.

Pas pour moi.

Et c’est au détour d’un placotage matinal que je le réalise.

C’est d’avancer et continuer de rêver.

Alors même si je fais des contrats de jour et que j’écris le soir, je suis sur mon chemin. Le mien. Celui que je décide tous les jours d’emprunter ou de rebrousser.

Utilisez les autres !

J’ai une rage d’apprendre. Je l’ai depuis toujours. Il y a toutefois toujours un mais en ce qui me concerne. Quand c’est un apprentissage, trop théorique, je perds rapidement la notion du temps puisque je tombe rapidement dans mes pensées. Je suis ainsi. Ça fait mon charme. Ça m’aide dans ma créativité. Par contre, faut que j’apprenne à me ramener et quand c’est fait, j’ai du plaisir !

Le titre ne sous-entend pas de prendre pour acquis les autres ou de faire parti d’un quelconque groupe de manipulateurs abject.

Utiliser les autres dans ce qu’ils sont bons, cela revient à dire, écoutez-les. Il y a des milliers de personnes qui aiment être conférencier, qui ont quelque chose à dire. Parfois, ils s’y prennent plus ou moins bien, mais il y a un message… Du moins, pour chacun de nous, à l’occasion des vérités puissantes et touchantes.

D’un doigt nous avons accès sur nos téléphones, nos tablettes… des univers par centaine. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, j’en raffole ! C’est gratuit ! On suit des personnalités avec intérêt, on apprend d’un blogueur, on a des astuces d’une blogueuse, sur la science, l’alimentation, le cosmos, la randonnée, sur comment entrainer son chat à donner la patte.

N’est-ce pas incroyable, pareil ?

On aperçoit tous nos savoirs humains qui se complètent et s’additionnent. À tous les niveaux. À toutes les sauces salées et sucrées, voire pimentées.

La curiosité ne vient pas juste du fait que nous sommes des écrivains / des artistes, mais qu’à l’intérieur de chacun de nous, il y a ce goût pour comprendre ce qui nous entoure. Pas besoin de toujours retourner sur les bancs d’étude, c’est là, à porter de main. ( Je ne condamne pas la scolarité non plus ! )

Foncez vers l’inconnu !

Mais si je ne fais que vous parlez de mon aventure d’écrivaine, j’aime farfouillé la toile complexe d’internet pour apprendre mieux ce métier, me connaitre plus…

Pour essayer autrement

Pour faire des tests

Pour améliorer mon sort

Pour être heureuse

Et m’amuser

Alors je vous laisse les liens que je consulte régulièrement qui m’aident à poursuivre mes rêves. Peut-être ils vous aideront comme ils m’aident à tous les jours !

Ted- pour des idées et apprendre sur plein d’affaires

https://www.ted.com/

UNEQ- Voir les formations pour écrivain disponibles et les actualités dans le domaine

https://www.uneq.qc.ca/

Fourmiztory- Pour des conseils en auto-édition

https://www.fourmiztory.com/

Anaël Verdier- Pour devenir l’écrivain que vous rêvez d’être

https://anaelverdier.com/

Les astuces de Margaux- Prise de notes, productivité, bullet journal, végétarisme, cosmétique et bien plus !

http://www.lesastucesdemargaux.com/

Marie Kondo- Pour faire de la place à l’essentiel

https://konmari.com/

Partagez les vôtres !

Bilan 2019

Premier janvier 2020, l’heure des comptes. Je repousse le bilan. J’écarte la vérité avec force. Procrastination, pourquoi me suis-tu encore dans cette nouvelle année ?

En 2018, il me semble que je m’en étais mieux sortie. Tout n’était pas facile, mais j’avançais. Mes luttes étaient saines et je m’affranchissais de plusieurs peurs.  J’ai l’impression que j’avais progressé dans mes projets…

Par contre, pour 2019, j’angoisse à l’idée de défricher mes actions et mes attitudes. Pourquoi ? Pour un tas de raison. Les épreuves étaient plus difficiles, les projets aux ralenties, les émotions bondissantes, les mauvaises nouvelles qui s’accumulaient…

Si vous êtes comme moi, c’est d’autant plus primordial de regarder derrière son épaule une dernière fois pour 2019 et s’offrir toutes nos chances pour 2020.  Ce n’est pas la fin, mais une continuité.

Et ! Ce n’est probablement pas aussi pire que notre tête le croit… Qu’en pensez-vous ?

Résultats de recherche d'images pour « star trek gif black guy »

Donc mis à part que j’ai perdu en effet beaucoup de temps de ma vie sur Netflix a écouter Star Trek ( DS9 surtout… honte à moi ! ), voici le bilan de l’année qui vient de s’écouler.

Collaboration pour le blogue les trois inconnues avec Judith Gagnon et Myriam Plante

Ces deux filles sont extraordinaires ! Au détour d’une passion commune, on se trouve, se rencontre et on fini par travailler sur des projets ensembles. Trouver sa communauté d’entraide, pas juste pour l’écriture, c’est important. Pour ça, il faut s’ouvrir aux univers des autres et les laisser entrer dans le notre ( oui ça fait peur), mais si cela permettait quelque chose de plus beau d’en ressortir ?

Point de publication, mais un flot de mots

Je n’ai sorti aucun livre cette année. J’ai écrit. Tant bien que mal. Avec les hauts et les bas. Avec les départs et les arrêts. C’était difficile. Beaucoup de remises en question. Beaucoup d’interrogations et de doutes. Mais j’ai repris mes documents Word et j’ai osé regarder les statistiques et je réalise que je suis quand même fière. J’étais au finale en 2019 en écriture et le mot est faible. J’ai avancé plusieurs romans en parallèle.

  • Projet futuriste / psychologique : 18 223 mots
  • Projet romance FF : 18 784 mots
  • Projet conte FF : 58 214 mots
  • Projet trilogie fantastique : 171 998 mots

Je totalise donc 267 219 mots. Ouf ! Je suis épuisée juste à y penser ! Mon projet conte FF est en bêta-lecture (avec 3 collaborateurs géniaux !), mon projet fantastique est terminée, mais a un problème de temps de verbe (beaucoup de décisions à venir)  et avant de le publier, je veux écrire les trois tomes au complet ( donc on se revoit pour ce projet dans une couple d’années). Mes deux autres sont toujours en création ( et je suis encore très motivée à les mener à terme !)

Poste de technicienne aux achats

Même si l’écriture est au cœur de ma vie, j’ai une autre carrière qui prend doucement son envol. J’ai eu un nouveau poste et mon quotidien m’amène son lot de défis.

Réinscription à l’université

Bah oui ! J’ai encore fait cette erreur ! Deux cours pour la session d’hiver en gestion des opérations ! J’ai besoin d’apprendre. Ça me manquait.  Je veux finir mon BAC par cumul. À suivre…

Alors, qu’ai-je appris ?

Je suis plus patiente que je l’aurais cru, que j’arrive à me pardonner, que j’ai soif de connaissances et de projets d’auto-édition et d’indépendance. Aussi, que sans des gens attentionnés et accueillants à mes côtés, je me décourage. J’ai appris à mieux m’organiser, à me rendre des comptes (j’ai un beau calendrier mensuel qui traine sur mon bureau à la maison et j’indique ce que je fais quotidiennement. À la fin du mois, je suis réaliste sur ce que j’ai fait et ce que j’attends de moi. ) J’aime écouter les youtubeurs et lire des blogueurs. Que ça ne sert à rien de me sentir coupable. Que mes émotions sont mon arme de prédilection. Que je peux essayer autrement. Finalement, je sais que l’échec est une bonne chose.

Ce que je me souhaite pour 2020

Une paix d’esprit, une alimentation plus saine, du plaisir dans mes études, de nouvelles connaissances, de l’affirmation de soi et la conclusion de mes projets. Je veux m’offrir plus de temps de lecture ! Régulariser mon cheminement artistique. Sans oublier, plein de nouvelles collaborations artistiques !!!

Et si j’écrivais à temps plein

Au Québec, si tu dis à tes proches que tu veux devenir écrivain, en général ils te donnent leurs condoléances. Ouais ! Ce n’est pas très payant. Il y a peu d’élus pour le nombre de passionnées. Peu de lecteur pour le nombre d’auteur ! Si je m’arrêtais à ça, je ne ferais pas grand-chose de ma vie. Vous non plus d’ailleurs. Nous avons une très grande capacité à s’autodétruire ou échouer avant même d’essayer. D’accord, pour faire de l’argent avec nos manuscrits, il faut bucher et piocher… encore et encore !

Conseil à venir ! Attention !

Si vous vous laissez envahir par une telle pensée, elle deviendra votre quotidien. Acceptez les conditions dans lesquelles vous êtes présentement, améliorez-les et cessez votre inertie.

Quand je suis au travail, je veux écrire. Quand je suis enfin chez moi, je n’écris pas. Si j’étais à temps plein dans l’écriture, j’aurai des romans et j’en ferais mon métier. Je veux vivre par mon écriture.

Dans la magie des mots de Julia Cameron, elle a fait résonner en moi cette pensée, de mettre le poids financier sur notre passion est dangereux et cruel. Il est là le véritable problème. À tenter d’espérer le tout ou le rien par l’écriture ne vous mènera à rien.

Regardez votre situation comme un gestionnaire. Analysez votre horaire. Détectez vos temps « morts », utilisez-les pour vous reposer ou pour travailler une partie de votre écriture. Selon vos moyens évidemment, prévoyez vos déplacements, vos pauses, vos journées off ou vos weekend avec séance d’écriture. Par exemple, j’ai réalisé que je passais une heure à deux heures dans le transport en commun. Je ne suis pas toujours assise, mais quand je le suis, je gaspille des minutes de mon forfait sur mon cellulaire. J’ai passé à l’acte et je me suis acheté un ordinateur portable tout riquiqui, le plus bas prix possible. Juste pour avancer des petits textes ici et là. Si c’était une phrase, c’était une phrase de plus à mon histoire ! Pas d’argent pour un ordinateur portable, un calepin et un crayon sont bon marché en général.

Oui l’argent. Oui le temps. Oui les enfants, la famille, les diners, les nids de poule, le trafic, la voiture, le voisin, le gazon, l’arrosage, la pluie, le collègue trop bavard… et j’en passe. Dans les excuses on a déjà compris que les humains sont experts, mais quand est-il de la prise de décision et de l’action ? Pourquoi attendre d’être à la retraite pour décider de vivre ? L’écriture, moi, j’en vis déjà en temps plein. Dans ma tête. Dans mes veines. Dans mon travail. Dans mes interactions sociales… En effet, il n’y a pas une seule seconde que je n’y pense pas.

Qu’est-ce qui vous empêche d’écrire ? Qu’est-ce que vous fabulez sans jamais dire « stop » ? Comment est votre horaire ? Avez-vous des plages réservées à votre passion ? Parlez- en ! Donnez vos trucs ! Parlez-moi de vos arrangements.

Où écrire

Crémazie est, et de loin, une station à l’opposée de ma destination normale. La ligne orange comme on la nomme pour le métro Montréal est pour moi un vaste territoire inexploré. J’émerge des tunnels et une brume opaque enveloppe l’autoroute. Je regarde à droite, puis à gauche en quête d’un refuge. J’avance timidement. Je trouve enfin un café hospitalié: Van houtte. C’est une franchise. Donc, fréquentation et hygiène convenable pour la non-aventurière que je suis. J’ai deux heures à tuer, ceci entraine cela, je commence à écrire…

Dans le café, il y a un doux clapotit d’une chutte d’eau. Les bruits des klaxons et l’odeur de la rue ne m’atteind plus. Je suis enfin en sécurité. Je laisse mon imagination me transporter là où bon lui semble. Il y a longtemps que j’ai perdu contre sa puissance enigmatique. Il y a cent histoires dans ce bassin qui me traverse:  des batailles de sireines, des pollueurs aliens et j’en passe. J’observe le vieux qui lit un journal et j’analyse ses mimiques. Je pense à ce caissier sympathique qui m’a rendu de bonne humeur ce matin. Une gorgée de café et mon esprit s’emballe de nouveau. Je croise des yeux une collègue, on se parle un moment. Elle repart et me souhaite une journée de formation agréable. Je replonge dans mon univers. Je continue de tapocher quelques mots. Et si l’écriture pouvait toujours croiser un lieu comme celui-là, il me semble que je serai bien… 

Alors je réalise qu’il le peut et vous le pouvez aussi. Parfois on sent que nous n’avons pas notre petit coin à nous, entre notre partenaire et les enfants. La famille grouille trop et le calme ne s’impose jamais. Au contraire, peut-être le chaos et le bruit sont sources d’inspiration. En ce qui me concerne, j’ai travaillé très dur à construire cette place spéciale pour construire mes histoires et même là, je suis parfois incapable de le faire. Et voilà que je dois allée à X endroit, j’amène mon ordinateur portable « juste au cas où » et je me mets à écrire. Quels sont les facteurs qui ont influençé ma création ? L’endroit peut-il impacter considérablement ?

Je crois que cela dépend du moment, de nos moyens et de la façon dont ont voit l’écriture. Voulez-vous la voir comme une institution régide par exemple à  un bureau sans artifice avec une lumière tamisée ou à la chandelle et comme seul paysage un mur blanc ? Ou voulez-vous la voir indomptable, étourdissante et incohérente ?

L’important je crois c’est de rester attentif à vos réactions. Quel est l’environnement qui vous soulève jusqu’à l’écriture ? Quelles émotions apparaissent quand vous prenez votre crayon à X ou Y endroit ? Voyez-vous une différence avant, pendant et après ? Est-ce qu’il y a des éléments qui sont ressemblants ou différents d’une séance à l’autre ?

Vous penchez sur votre lieu d’écriture va vous permettre de mieux vous connaitre et mieux établir ce qui fonctionne pour vous. D’appliquer de fois en fois, vos critères qui déterminent une progression plutôt qu’une frustration.

Ce que l’on peut apprendre sur soi durant une marche


Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas très sportive. Je pourrais m’éterniser sur les raisons cependant je conclurai simplement que je n’ai jamais reçu le support constant et adéquat que j’ai toujours eu besoin. Toutefois avec le temps et la maturité, j’ai cette patience pour moi et ce goût de plus en plus prononcé de découvrir et m’aventurer. Seule et en confiance.

Après quelques années sur le banc de touche côté sexe (oups! J’ai  osé le dire !) J’ai eu besoin de me retrouver : Moi, simplement, en mouvement, en sueur et sentir mon coeur qui palpite. On dit bien que le sport c’est comme le sexe, non?  (j’ai encore dit le mot !) 

J’avais Aqua dans mes écouteurs. Il y a vraiment que cette  musique pop de mon enfance qui réussit à me remettre le sourire. Je faisais ma marche quand je me rendis compte d’une chose bouleversante…

Où je vis, c’est en face du fleuve St-Laurent. Je paye cher mon appartement, mais le vent qui traverse ma maison, la vue, l’odeur de l’eau en vaut la dépense assurément. Pendant ma marche, j’avais décidé de faire le carré de mon quartier. Un petit défi, rien d’extravagant. Juste pour se remettre en mouvement.  Plus je marchais plus je décidais de prolonger ma distance jusqu’a ce que je me retrouve sur le boulevard, entre une vue époustouflante et des maisons richissimes! Mais plutôt qu’admirer le cours d’eau indomptable depuis des siècles, je me surpris à admirer les demeures. Je devins maussade et ma vitesse de pas décéléra. 


Mes pensées calmes jusqu’à maintenant fusèrent chaotiquement et douloureusement harcelant ma tête. Qu’étais-je entrain de faire de cette balade seine? Je m’assommais de coups ! Je m’engloutissais de jalousie et de rage. Je constatais a quel point  je n’avais rien.

Et quand on débute dans cette voie, il est dur d’arrêter la déprime.

Par chance, j’ai alors tourné ma tête et je suis tombée sur la lune, pleine et étincelante, à côté du ciel encore bleuté.  Instantanément, elle a eu sur moi un effet calmant.

J’ai compris que la vie était une route qui se divisait entre ce que je peux avoir et ce que je ne peux pas, entre rêve et fantasme, entre harmonie et chaos… J’ai compris que ces pensées sont les miennes. Je n’ai pas le contrôle sur elle, mais j’ai le choix de les repousser avec force. J’ai le pouvoir de le faire. Je ne peux éviter ces gens qui ont plus que moi. Je ne peux changer de quartier simplement pour ne plus être confronté à cette douleur d’avoir moins.

J’ai compris aussi, dans cette simple marche, que la lune peut être observée de tout le monde, mais très peu lèveront les yeux vers le ciel. Moi, j’ai eu cette chance. Et je la comprends tout à fait.

Le petit bâteau

Quand je me rends au boulot chaque jour, je traverse un parc. Exactement le même qui a accueilli mon enfance dans les camps d’été. Nombre de fois que j’ai joué ici et là, que j’ai grimpé à cet arbre (d’ailleurs il y a encore ma marque gravée) et que j’ai couru et inventer des histoires…

Je remarque ce bateau, cette construction en bois frêle et dénuée de décoration. Ce n’est qu’une plateforme en forme de bateau et un poteau simple en guise de mât. Il semblait si géant dans mon enfance !

Que sait-il passé ? Est-ce la maturité qui a soufflé mes impressions et ces centaines de combats contre les vilains pirates des mers troubles ? Est-ce que j’ai oublié tous ses sauvetages héroïque que j’ai faites ?

Alors je souris. Non, je n’ai rien oublié de ses histoires épiques ! Mais j’y vois désormais autre chose !

Mon imagination est intacte. Mes envies d’héroïsmes et de sauvetages périlleux m’accompagnent toujours. Je me revois ligoté au mât, attendant le prince pour me libérer des flammes… J’entends encore mon rire, faire écho dans ce  parc. Mais je vois aussi que mes épreuves, ce que je croyais à l’époque énorme, sont aujourd’hui, de si petites choses qu’elles me font m’esclaffer de plus belle.

Dans quelques semaines, je serai assise à un nouveau poste. Cela m’angoisse. Que va-t-il m’arriver ? Que vais-je vivre encore ? Quel échec vais-je devoir affronter ? Quand je regarde par-dessus mon épaule, je revois qu’hier autre chose me terrifiait. Désormais, mon attention se tourne ailleurs.

Alors si je repense à ce gigantesque bateau qui me parvient des souvenirs de mon enfance qui à présent est devenue cette  embarcation chétive par mon regard adulte, je réalise que ce qui me fait peur maintenant deviendra insignifiant demain.

Tout n’est que cette histoire lointaine, d’un très petit navire… Comme nos obstacles, nos échecs et nos angoisses.

Tous les vendredis

Voilà, mes vacances fractionnées sont entamées ! Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette chance de réduire vos jours de travail pendant l’été et d’être, tous les vendredis, en congé payé. Pour certains, ce serait un crime. Tu ne vas pas dans le sud ? Tu ne descends pas à la mer pendant quelques semaines ? Eh bien non ! Moi je me plais dans ma petite banlieue à voir l’été, au compte-goutte.

Avec raison, je ne suis pas fanatique de l’été. La chaleur, l’humidité, les insectes… pouah ! J’ai de la misère. Attention je ne suis pas une hater du soleil. J’aime, modérément. Dans tous les cas, pour moi, des vacances de rêves c’est l’automne (ce que j’ai préparé aussi tient !)

Le but recherché n’est pas innocent. Je me libère du temps évidemment pour me reposer, mais aussi pour écrire. Vendredi, j’embarque dans mon bureau à la première heure pour peaufiner mes projets en cours. J’ouvre la fenêtre, je pousse le ventilateur au maximum, un café froid sur la gauche et une bouteille d’eau sur la droite et boum ! On pénètre un univers merveilleux !

Tout ça me permet de tenir quelques heures. C’est une routine qui s’installe. C’est mon moment privilégié. Que moi, mes plantes et mon imagination.

Découragement

Étrangement, chaque lundi, je revis la même chose : Le sentiment de n’avoir rien accompli ( de suffisant) pour mon rêve ce week-end. Ou du moins, qu’on ne s’y est pas assez intéressé. À quoi servent toutes ses heures si personne ne lit ? À quoi servent tous les sacrifices si je demeure cette auteure inconnue ? Ce n’est pas nouveau, de se sentir dépassé. Ce n’est pas que moi qui a cette peur du vide, de la non-existence… Tous les artistes y sont confrontés d’une façon ou d’une autre. Le seul conseil que je peux vous donner c’est keep going.

Transforme ton tiraillement intérieur en moteur de recherche pour ta créativité. Prend un papier, un pinceau, ton instrument et met noir sur blanc cette boule angoissante qui te ronge. Laisse la musique raisonner. Il est trois heures du matin, va s’y, mets tes écouteurs et entre dans ton univers.

La meilleure façon de combattre le découragement c’est de vaincre l’inertie. Je te promet qu’il y aura des moments où la bataille finira par un KO pour toi. Mais le plus chouette dans tout ça c’est que tu as des chances illimitées (comme quand il y avait le mode invincible dans le jeu de James Bond au Nintendo).

L’art n’est pas une ligne droite. Du moins c’est ce que je me suis convaincue à la longue. Il y a des étapes qui prennent plus de temps, comme celle de créer un réseau. C’est normal. Que ferais-tu si tu avais du jour au lendemain toute l’attention sur ton oeuvre que tu désirs ? Es-tu prêt (e) à l’assumer ? La seule chose à faire en ce moment c’est de continuer. Pose tes pieds, un après l’autre, regarde ce que tu fais, aime ton chemin… L’écriture a tellement de facette à explorer alors continue tes recherches. Prend de l’expérience. Écris. Tous les jours. Parle de tes livres. Tous les jours. Accepte qu’aujourd’hui cela ne va pas aussi vite que tu le voudrais et accepte de prendre cette énergie pour essayer autrement plutôt que de te rabaisser et broyer du noir.

Prend un morceau de papier si c’est nécessaire et provoque une conversation entre ton toi découragé et ton toi motivé. Sors de cette inertie avec créativité et humour.

« Tu soupires encore » lance Motivé.

« Personne ne m’aime » pleurniche Découragé.

« Viens là, tu as besoin d’un gros câlin. »

Découragé croise les bras. Il s’obstine à refuser l’offre de Motivé. Cette fois il ne m’aura pas, pense-t-il intérieurement.

Motivé a appris avec les années à être patient avec ce dernier, car il sait que Découragé a juste besoin qu’on attire son attention ailleurs pour réussir à lui remettre un sourire sur le visage.

Un rapport lourd et nécessaire

Nous assistons, j’ai espoir, à un changement de cap pour les victimes et les familles des victimes. Ce rapport, qui fait plus de 800 pages, met noir sur blanc les conditions et la vie de nos compatriotes autochtones au Canada, Terre supposément d’accueil, Territoire théoriquement ouvert, place où on annonce qu’il fait bon vivre… Plus de 800 pages, de mots, de paroles, de faits, d’histoires, de drames, de larmes, de colère… Cela souligne en gros et en grand toutes les conséquences qu’à eu le régime coloniale sur ces peuples. Enfin, les autochtones parleront en leur nom. Enfin, elles pourront s’exprimer sur le racisme, l’homophobie et toutes les autres causes systémiques que détaillent ce rapport.

Mais mon coeur est lourd.

Et mes pensées dispersées.

Le rapport, je n’ai l’es pas encore lu. Voyez-vous, j’ai débuté et j’ai refermé. C’était difficile. Je suis peut-être trop sensible ? Ou peut-être c’est justement grâce à mon humanisme que j’arriverais à franchir cette épreuve. Je le dois. Je LEUR dois, à elles. Ces femmes… ces centaines de filles enlevées…assassinées. Je le dois à tous ses enfants que les gouvernements ont oubliés. C’est après tout aussi mes gouvernements (selon mon histoire québécois – canadienne).

Je suis triste de ce rapport avant même d’avoir réussi franchir la deuxième phrase, puisque je connais la politique. On l’a connais. Elle donne le droit à cette commission, à ouvrir le dialogue, mais elle remet entre les mets des victimes le fardeau de la preuve ( et dans un temps record, soulignons-le). Soit ! Les commissaires ce sont retournés de bord et ont fait leur boulot. Ils /elles s’en sont montrés dignes. Parler pour autrui, apprendre sur autrui, partager le vécu… sont des tâches difficiles ! Vous savez quoi ? Plus de 200 recommandations plus tard et ça se titille encore sur le mot génocide dans les médias.

Vous savez, les québécois, les francophones… ont subis la même chose. Nous pères ont été violés par les prêtes, nos mères et nos grands-mères sont devenus des usines à bébé au nom de la religion ( ou plutôt la pension du curé), la femme avait son rôle de domestique, le droit vote, les habits restreints, l’égalité homme-femme… Vous vous rappelez nos patriotes ? Vous vous rappelez notre besoin d’indépendance ? Pourquoi ? Rappelez-les moi cette idée folle que nous avions ? Avez-vous oublié notre combat contre le colonialisme anglais ?  Pour notre langue française ? L’abandon de la France ? La grande déportation… Ouais… Notre histoire Canadienne n’est pas aussi jolie qu’on tente de se convaincre. Le Canada a finalement des… coquilles à son dossier. ( c’est du sarcasme, évidemment).

Et quand je regarde ça de mes yeux de  femme canadienne (québécoise) francophone et blanche, je suis terrorisée. J’ai peur de la suite. J’ai peur de  »perdre » mon confort parce que je suis choyée parce que je suis née du bon côté de la clôture. Et beaucoup de gens doivent se senti exactement pareil. Nous avons peur. Nous sommes dépourvues. Nous ne savons pas quoi faire, quoi dire, quoi risquer, quoi entreprendre. ON se sent coupable. Mais c’est tout le contraire qu’il faut ressentir. Elles ne parlent pas de culpabilité, elles réclament la justice. Alors rappelez-vous ceci :

LE gouvernement a échoué.

LE gouvernement a abandonné les humains.

LE gouvernement n’a pas protégé.

LE gouvernement n’a pas rendu justice.

LE gouvernement a volé les terres, les droits, la culture, les langues et les vies des premiers peuples.

Ce gouvernement passé et cette religion a eu tort ! Maintenant qu’ils se sont engraissé et qu’ils ont commis l’irréprochable, c’est le temps d’appeler un chat un chat. Vous me voyez venir ? Oui, lorsqu’on déplace des gens sans leur accord, qu’on les viole, qu’on les séquestre et qu’ils disparaissent ça s’appel un meurtre, un crime… Et quand ces actions sont posées sur un peuple particulier et que sur des années la tentative est d’assimiler… c’est un génocide.

Combien d’entre-vous accepterait que vos enfants soient retirés de la maison, mit dans un institution (gouvernementale et religieuse) de force, qu’il y est des restrictions pour voir et parler à son enfant et que du jour au lendemain on vous annonce qu’il est mort ?! Sans oublier qu’aucune enquête, ni tombe, ni lieu de son corps est disponible ? Combien d’entre-vous accepterait cette réalité ?

Au final, ce que je veux dire c’est que ces gens-là, les premières nations, les peuples de l’Est, de l’ouest, du nord et du sud… Tout ce qu’on peut faire, c’est de faire pression sur LE gouvernement présent, car IL est tributaire des actions de ces précédents. Ce n’est plus blanc ou bleu, rouge ou noir…. C’est l’entité, c’est l’État, c’est LE REPRÉSENTANT des peuples vivants sur le territoire canadien. Et SON DEVOIR est de rétablir la vérité. Et s’IL refuse, les PEUPLES se feront de plus en plus entendre.

Rejetons cette culpabilité et cette peur qui nous tiennent et permettons qu’elles et qu’ils soient entendus. Si vous avez du pouvoir, utilisez-le. Partagez, témoignez et échangez !

Mon apport est mince sur ce blogue. Mon pouvoir est petit. Mais je sais prendre les mots. Alors pour ces gens qui me lisent, un rapport partager, est un pas dans la voie du changement. C’est la vérité qui progresse.

Alors je demande à ceux qui me suivent ( je vous aimes tellement et je suis heureuse que vous me suiviez !) mais, Ne partagez pas mon article, mais le lien de l’enquête national.

L’histoire, NOTRE futur est entre les mains de tous et toutes maintenant.

Il n’y a plus de voile.

Il n’y a plus de mensonges.

Juste la vérité, la réconciliation, la ré-attribution et la paix.

***

Espaces autochtones, facebook.

Télé-journal

Pour lire le rapport c’est par ici.

Droits image: Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtone: disparues et assassinées.