Différente

Les deux amoureux étaient assis de biais à ma table. Ils parlaient un anglais parfait. La jeune femme buvait élégamment son thé pendant que son copain tendrement passait sa main contre sa cuisse. Je les regardais du coin de l’œil, incapable de me concentrer sur mon travail.  J’aurai bien aimé être cette jeune femme couverte de tendresse sous une table d’une maison de thé. J’aurai bien aimé être ce jeune homme qui écoutait attentivement son amoureuse entre deux gorgées. Lorsque des gens qui s’amourache devant vous et que vous, vous êtes célibataires depuis un bon moment, il vous vient plusieurs pensées étranges.

Ma première impression celle de l’envie c’était changer en une violente frustration. Je regardais à nouveau la fille et je l’enlaidis. Qu’avait-elle de plus que moi? N’était-ce pas un hasard que de tomber sur quelqu’un qui vous aime? En tout cas, après cinq minutes à la dévisager je le pensais. Puis est venue la tristesse. Un grand froid passa dans tout mon corps. J’étais seule. Seule et j’assistais avec impuissance à la plus simple tendresse entre un homme et une femme.

Mais ce n’était pas eux le problème c’était moi. Moi qui ai bien de la difficulté à tomber en amour. Moi qui n’ouvre plus son cœur. Moi qui pense à tous ses échecs passés et présents. J’étais rendue à haïr des étrangers! C’était un vrai délire. Je ne pouvais mesurer le fossé de différence qu’il y avait entre nous. Je ne parle pas en terme physique ou mental. Mais je n’étais pas elle  ni elle moi. Nous étions totalement opposés. Je ne parle pas de parole qu’elle aurait pu dire que moi j’étais trop gênée de dire. Il ne s’agissait pas non plus de la désolante réalité que j’étais seule et elle non.

Je constatai avec une grande frayeur que je ne croyais plus, au plus profond de moi que j’avais le droit d’être aimé à nouveau. Je ne pouvais pas imaginer que j’ai droit au bonheur. Je ne pouvais calculer mes statistiques et mes chances vu que je ne possédais ni un ni l’autre. J’étais fermée. Totalement recroqueviller vers l’intérieur sur mon potentiel séducteur.

Pendant que l’étrangère parlait sans cesse de tout et de rien. Elle parlait de son boulot emmerdant et que son mec la regardait avec désir, la rassurait et l’embrassait soudainement sur le coin de ses lèvres, je ne pouvais que frissonner. Que me fallait-il faire maintenant que je connaissais la vérité? À quoi devais-je m’appliquer désormais?

J’eus un sourire en coin. Je venais de trouver ma réponse.

Je devais commencer par apprendre à m’aimer.

Pièce détachée

Que cherches-tu? Un couple, un passe-temps ou un ami?

Après toutes ces années, je m’interroge toujours sur le bienfondé d’une nouvelle relation. Est-ce que c’est le bon? Vais-je devoir changer? Va-t-il me planter là quand il va voir qui je suis réellement? Plein de questions qui trouvent seulement leur réponse dans la noirceur et l’angoisse. Je conclus que je ne peux pas répondre à ça, car chaque individu est proprement différent. Dans une discussion animée avec mon meilleur ami, je lui demande si j’ai raison de poser toutes ses questions. Lui de me répondre tu peux poser toutes les questions que tu veux, mais qui dit que quand tu vas le voir, il ne va pas puer des pieds.

Alors, comment faire au juste pour faire le bon choix? S’assurer que le contrat soit respecté. Quel contrat? Eh bien celui de l’engagement éternel. Karine… Ça, c’est Disney. Ouais bon. Je rêve peut-être en couleur d’avoir la parfaite relation et je… Cela a raisonné. Avoir une parfaite relation. Je ne pense ni à l’unicité de la personne… je ne pense qu’au couple. Avoir un couple. Être en amour avec l’amour.

J’ai cette autre amie qui fait des pieds et des mains pour se changer physiquement. Le bien est pour elle évidemment et je ne peux qu’encourager mon entourage à faire de l’exercice, mais si c’est dans l’optique d’être plus attirant? Si c’est dans l’idée de recevoir plus d’amour d’autrui? Si c’est pour être en amour. N’est-ce pas à l’opposé de l’amour?

Je ne crois pas que l’amour est inconditionnel. L’amour à ses limites. L’amour accepte et consent, pardonne et répare. L’amour est s’accepter suffisamment pour vivre avec les défauts de l’autre ou non, mais d’avoir le choix. Aimer ce n’est pas changer c’est évoluer. Ensemble. Vers des objectifs et vers une plus grande camaraderie. Aimer c’est accepter l’autre en entier. Le partenaire idéal ne vient pas dans une boîte à assembler. C’est un individu entier que nous embrassons. Pas des pièces détachées.

L’amour, la relation, le couple dans sa forme la plus pure et innocente est une expérience. Une expérience souffrante, car tous nous mettent à penser que nous ne serons pas à la hauteur ou que tôt ou tard on fera une connerie. Mais l’amour n’est pas seulement ça… c’est un sentiment. Un truc étrange et un sentiment au niveau du cœur et non de la tête. Peu le savent. Aimer c’est laisser ton enfant intérieur dans sa plus grande vulnérabilité rencontrer l’enfant de l’autre personne tout aussi vulnérable. Se toucher, se goûter, se regarder, s’intimer. On ne parle pas de sexualité! Lance un conférencier que je vais voir fréquemment. Intime. Intimus. Le plus près possible. Laisser l’autre voir nos couleurs. Pas évident, n’est-ce pas?

Je remarque que je regarde les différentes facettes de ma vie comme si j’avais différents tiroirs. J’ouvre celui de l’emploi et j’y ajoute des choses. Puis je le referme. J’ouvre le tiroir de l’amour, n’y vois que de vieux bas sales et le referme. Etc. Mais je ne viens pas en pièce détachée et cette vision de moi-même et de la vie est erronée. Je suis toujours moi, entière et vulnérable au travail. Je suis toujours moi entière et vulnérable en amour. La question, la première et la dernière que je me pose maintenant, vais-je leur laisser la chance de me voir? Vais-je me dévoiler? Dynamiter les murs dressés et accepter qu’on immigre sur mon île?

Rencontre avec un être illuminé

Je me sens inondée, de joie et de fierté.

Je me dis que demain, je serai bien mieux.

Je me vois déjà être, comme je voudrais.

Je me félicite, de tous mes progrès.

-Serge Cham, la petite louve blessée-

 

Lorsque je suis allé au salon à compte d’auteur de Gatineau le 15 octobre 2017, j’ai osé aller parler avec l’écrivain d’honneur de l’évènement : Serge Cham. Un écrivain Haïtien. C’est là que j’ai été attirée pour la deuxième fois vers un livre. La première fois quand je flânais entre les tables et la seconde en ayant pour objectif de parler avec lui, un écrivain accompli, sage et joyeux.

La petite Louve blessée est un conte thérapeutique ou une petite louve est victime d’inceste. C’est un petit livre qui se lit bien, qui raconte les choses telles qu’elles sont, qui dit du bien quand des choses mauvaises arrivent à de petits louveteaux. Cette histoire est un baume sur le cœur. Il est idéal pour ouvrir la question avec un enfant qui aurait vécu ce drame.

Cette histoire est tristement vraie. Serge m’a expliqué que cette histoire est celle d’une de ses élèves. Une histoire qu’il a composée avec elle sur plusieurs séances. Une enfant de dix ans victime de son papa. Mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler. C’est de lui. Serge Cham. Écrivain. Conteur. Enseignant. Guérisseur de l’âme.  Homme bon. Être illuminé.

Il porte en lui une grande lumière. Vive. Chaude. Joyeuse. C’est un homme qui a connu ou vu le mal. C’est un homme qui a trouvé en lui, sa vie et son mieux-être. Grâce à ses livres comme la petite louve blessée, il permet que la lumière soit transmise. Que plus d’enfants sont retrouvés. Enfant blessé(e), ce conte guérit et rend de la justesse à l’enfance volée.

Serge Cham vous parle avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester de glace. Il parle de son conte, le décrit, mais pas seulement. Il parle de lui, de son expérience, de ses yeux d’adulte et de son cœur d’enfant quand il rencontre le doute, la peur, la malveillance. Il exprime avec des mots justes les blessures internes. Il est fin psychologue et un humaniste accompli.

Que vous soyez enseignant, parent ou enfant blessé ( e), la douceur dans laquelle nous plonge l’écrivain est un pas de géant vers le progrès, la guérison. Serge Cham est un auteur à compte- d’auteur à découvrir! Les perles littéraires ne se retrouvent pas toujours en magasin…et Cham en est la preuve!

 

Mon enfant intérieur

Pour les gens qui  me sont intimes, vous connaissez ma vie, mon vécu, mes peurs et mes douleurs. Du moins, une partie. L’article d’aujourd’hui va parler d’une chose que je chéris et protège. Une chose que tous à en lui et qu’il ignore ou plutôt tait ; notre enfant intérieur est et demeure la chose la plus précieuse que nous possédons. Qui nous appartient, que personne ne peut voler ou salir.

Malheureusement, il n’en a pas toujours été ainsi. Vivre avec son enfant intérieur, qu’est-ce que c’est? Ne pas l’entraver, ne pas le blesser, ne pas le confronter à des situations dangereuses…comment au juste y arriver?

            Partons du début ! Nous avons tous été quelqu’un dans notre enfance. Nous avons tous eu une famille. Parfois, souvent, trop souvent certaines familles se sont avérées violentes, méchantes, insécurisantes, abandonnantes. Nous avons peut-être été retirés de nos familles pour maltraitance. L’enfant qui aurait dû naître dans un milieu sain avec plénitude et amour a été au contraire confronté à toutes sortes d’émotions et de situation hors de son contrôle qui a eu pour conséquence mille et une plaies. Ces plaies : le manque d’estime, la peur, l’anxiété, le mensonge, la dépendance affective et autre, l’indifférence, la colère continuelle…Des cicatrices qui marquent longtemps. Si nous avons eu une belle enfance, nous serons des adultes accomplies. Des adultes sans trop de peur, qui s’épanouit qui relève les défie de la vie sans trop de difficulté. Mais des enfances malmenées et blessantes cela donne des adultes incertains, inquiets, mal adaptés, hyper vigilants, paniqués…nous avons été des enfants adultes et nous sommes désormais des adultes enfants. Trouver l’erreur? Nous avons eu des responsabilités, nous avons été plus matures que notre âge le demandait, nous avons été des enfants surdoués.

 Partant de ça comment arrive-t-on alors à bien vivre une fois adulte? Parfois sans problème, parfois avec difficulté, très souvent dans le déni.

 « Ils nous ont aimés à leur façon ». Ce sera à vous de refaire votre procès. À vous de contacter vos peurs. À vous de regarder l’impact que cela à eu sur votre vie. À vous de retrouver cet enfant, l’accueillir, l’aimer et lui donner ce qui est bon, désormais, pour lui/ elle.

Je vous dis tout ça parce que j’ai eu quelques jours rocambolesques. J’ai été dans le désarroi et dans une grande tristesse. Mais j’ai appris beaucoup sur moi et sur mes limites en peu de temps. J’ai fait des promesses et donner sans savoir ce que j’offrais à quelqu’un. J’ai réalisé mon incompétence à prendre soin d’autrui. Pourquoi? Parce que je ne sais pas encore prendre soin de moi. J’ai réalisé mon malaise quand quelqu’un vient débalancé ma routine, mon air de jeu, mon antre. Ne faites pas des airs tristes. N’ayez pas pitié. Merci bien, je me passe de ça. J’ai donné sans savoir ce que je donnais. Mais j’ai réalisé un paquet de choses! Vous voulez savoir ce que j’ai réalisé ? Eh bien, voilà! Ma vie, mon corps,  mon esprit, ma sérénité et mon environnement ne sont plus à donner. N’est plus à troquer contre de l’amour (parce qu’au final la blessure n’est qu’une blessure d’amour pour tous). Mon enfant intérieure…celui-là même que j’ai décrit plus haut était apeuré, mortifié, tremblant.  Je ne lui ai pas donné ce dont il avait besoin. Je l’ai fait taire et joué à l’adulte que je n’arrive pas à être. Aujourd’hui j’ai repris conscience de qui il est, de ce qu’il a besoin, de ce qui est bon pour lui, de ce que je vais faire pour lui dans le futur.

Maltraités ou non, un enfant intérieur nous en avons tous un. Qui a besoin d’amour et d’attention. Qui a besoin de jouer et de bébelles. Qui a besoin de regard et de contact. Savoir s’écouter, s’offrir de la tendresse et de l’amour, être doux avec soit ne s’apprend pas aussi aisément. La patience et votre conscience sont vos meilleures alliées.

Maintenant que vous prenez conscience de cette grande force qui sommeille en vous, comment en prendrez-vous soin aujourd’hui ? À cette minute près?

Le sans-abri

J’avais rendez-vous au Café chez l’éditeur de Québec Amérique avec une amie et graphiste officielle de mes deux livres. Je débarquais du métro Jean-Talon et j’entamais la grande progression vers la sortie.

On croise très souvent des sans-abris ou des artistes avec plein d’espoir dans les yeux d’avoir un petit un ou un petit deux. En ce qui me concerne, il y avait un monsieur, assis au sol, un gueux de la ville, un peu sale. Oui malheureusement, un peu repoussant. Son gobelet Tim Horton prêt à recevoir des dons. Je le regardais, car lui ne regardait pas les passants. C’est moins gênant alors d’observer la misère et la pauvreté. On se sent moins coupable lorsqu’on ne croise pas leur regard. Donc il ne regardait personne. Il avait la tête penchée au-dessus d’un livre. Un gros livre. C’était Don Quichotte.

Je passais devant et j’étais stupéfaite de voir un sans-abri cultivé! Hey! il lisait c’est cool pareil, non? Au final, je pensais qu’il faisait peut-être semblant pour avoir un peu d’argent libre d’impôt.

Sur moi j’avais mes deux nouvelles. Une désirant la mettre dans le café librairie pour y faire un peu ma place et l’autre étaient destiné à mon amie. Mais c’est alors que je m’arrêtais de marcher. Une chaleur immense m’envahissait. J’étais un peu déboussolée et l’idée avait germé dans ma tête sans prétention…

Alors je fis volte-face et revenais sur mes pas. Je m’arrêtais devant le sans-abri et m’excusais de le déranger.

-Vous lisez en français?

-Oui, qu’il me répondit.

Je sortis Acheri – la légende de l’enfant-squelette  de mon sac et lui tendit.

-Je suis auteure. Je me demandais si vous aimeriez avoir un exemplaire.

Le sans-abri était content. L’homme était un grand lettré. Il me parlait de Don Quichotte et de la bible qu’il avait analysée de fond en comble. Il me parlait de Dieu, de Jésus, mais pas comme on peut se le représenter par un fanatique ou un illuminé. Il voyait en la bible un livre, avec son intrigue, ses secrets et ses personnages. C’était bon et rafraichissant. Je prenais contact avec un être humain. Un être humain qui avait fait des choix de société soit d’être pauvre et retiré. Mais ce n’était pas un être appauvri. Vous voyez la différence? Il était bon et gentil. Je dû l’arrêté de parler au bout de plusieurs minutes incroyables parce que mon amie m’attendait là-bas au café.

D’ailleurs le café ne prenait pas des livres autoédités…c’est comme si j’avais pressenti ce qu’il allait arriver. Que j’allais être rejeté plus tard! Mais que grâce à je ne sais quel instinct j’avais finalement réussi à trouver mon chemin. Trouver un lecteur. Cette histoire est vraie et incroyablement belle. Simple et unique. Un échange purement intellectuel entre deux esprits libres et uniques.

Ainsi, je venais de rencontrer le sans-abri qui lisait Don Quichotte…

 

J’ai 27 ans

Vendredi 13 octobre, jour de malchance pour certains bonheur incroyable pour moi. Non le vendredi 13 octobre n’est pas un jour à être superstitieuse. J’ai 27 ans. Je suis un peu plus sage maintenant. Vieille? Pas du tout! Je suis un cœur jeune, je suis un esprit jeune dans un corps un peu plus vieux, voilà tout!

Je repense à tout ce que j’ai fait durant toutes ces années. Ai-je été une bonne personne? Me suis-je écouté? Ai-je accompli quelque chose qui a eu un impact significatif dans ma vie?

Pour la première question est sans aucun doute je fais de mon mieux à tous les jours. Pour la deuxième, je continue de le travailler. En ce qui concerne la troisième question c’est là que tout ce corse.

Anecdote!

 Mon frère ce matin me disait  « hey! Tu vas chercher ton deuxième livre aujourd’hui.  »

Je me remets encore de mon émotion du moment. J’ai publié deux livres. Noircie un peu par tout le côté péjoratif qu’on attribue à l’auto-édition ( et pourtant!). Mais…les faits sont là : J’ai publié deux livres et je vais chercher ma deuxième nouvelle tantôt à l’imprimerie. Ce n’est pas mal comme réalisation, non? Pendant que certains se demandent encore s’ils ont le droit d’écrire, moi, je suis rendue à deux. 27 ans et deux livres. Pas parfait. Part incroyablement glorifiée ( mis à part par moi ).

Ainsi devrait ressembler nos anniversaires de rêve. Prendre un moment et s’arrêter. Regarder nos accomplissements, regarder nos ambitions, regarder par nos moments durs et se dire que nous avons encore réussi à survivre. C’est le temps de se repositionner. C’est le temps d’inspirer profondément et se dire : je suis en vie et je peux réaliser tout ce que je veux.

Non! Arrêtez! Ne pensez pas à comment vous allez faire pour réaliser vos rêves. Ne regardez pas tous ce qui vous bloque dans l’immédiat. Regardez au fond de vous, laissez parler votre cœur et écoutez. Un anniversaire avec des gens que l’on aime. Au diable le gâteau et les cadeaux. Juste vivre. Ressentir la vie dans chacun de vos gestes. Dans chacune de vos respirations. Soyez fier d’être et de continuer à rêver, d’être ambitieux, de construire, de protéger et aimer votre famille.

Un anniversaire vous permet de faire un vœu. Si ce vœu est sincère. Si ce vœu n’est pas juste une question de désir. Si ce vœu vous porte vers la lumière. Ce vœu va s’envoler vers le firmament et vous remplira d’un amour incroyable.

Quant à moi, en ce vendredi 13 octobre, du haut de mes 27 ans, mon vœu est celui de continuer à rêver quitte à perdre la tête et paraître bête.

 

Ma cicatrice

Décembre 2016 je me faisais opérée à l’index pour un enchondrome. J’ai passé par l’ergothérapie, les médicaments, la douleur. J’ai un Z sur le dessus de mon doigt. Un Z un peu à la Harry Potter ( mais non je ne suis pas l’élue). Il en est fallu de peu avant que je ne perdre la mobilité de ce doigt…après coup j’ai bien appris. Sur moi, ma volonté, mon humilité, ma force.

Nous avons tous une cicatrice. Visible ou non. Elle témoigne de notre passé, de ce que nous nous sommes fait, de ce que nous avons subi. Une cicatrice est là pour nous rappeler que nous avons survécu. Il ne faut pas avoir honte de cette trace sur notre corps. Il faut en éprouver une grande fierté. Nous sommes marqués à vie et nous avons en nous une force incroyable.

Pendant longtemps j’avais voulu me tatouer un petit cœur sur le pouce. Discret et noir. Sans artifice. Chaque fois que j’allais poser mon regard sur le cœur je me serais fait un automatique de me dire que je m’aimais. Cependant, le cœur a été remplacé par ma cicatrice. Elle n’est pourtant pas jolie, pas discrète et ce n’est pas une forme avec un fort symbolisme. À la limite, c’est repoussant. Quand je regarde mon entaille dans ma chair, je ressens un grand amour envers moi. J’ai fait ce que je devais. J’ai été balancé d’un professionnel de la santé à l’autre, je suis une rescapée, j’ai été mutilée par la médecine, j’ai été dans une salle d’opération et j’ai paniqué. Je me fous de ceux qui disent que ce n’était qu’une toute petite opération. Pendant deux heures, mon corps appartenait à un étranger avec un bout de papier selon laquelle on lui donne toute la crédibilité du monde ( le temps que la mode médicale change à nouveau).

Alors, soyons fiers de nos marques. Soyons fiers d’avoir des vergetures. Soyons fiers d’avoir des taches de naissance qui nous barre le visage. Soyons fiers d’un doigt manquant. Soyons fiers de nos cicatrices après opérations. Ceci nous rappelle de faire attention à soi et de nous aimer.

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PERMETS QUE JE CHEMINE DANS LA BEAUTÉ

Ô Grand Esprit,
dont j’entends la voix dans les vents
et dont le souffle donne vie au monde entier,
écoute-moi.
Je suis petit et faible.
J’ai besoin de ta force et ta sagesse.

Permets que je chemine dans la beauté
et que mes yeux restent fixés sur les feux rouges
et pourpres du soleil couchant.
Donne à mes mains le respect des choses que tu as créées
et à mes oreilles une plus grande sensibilité au son de ta voix.

Donne-moi la sagesse,
afin que je puisse comprendre les choses que tu as enseignées à mon peuple.
Permets que j’apprenne les leçons que tu as cachées
dans chaque feuille et chaque pierre.

J’aspire à être fort, non pour surpasser mon frère ou ma sœur,
mais pour lutter contre mon pire ennemi, moi-même.
Permets que je sois toujours prêt à venir à toi
avec les mains propres et l’œil clair,
de manière qu’au moment où ma vie déclinera comme le soleil au couchant,
mon esprit puisse venir à toi sans aucune honte.

Grand Esprit d’amour,
viens à moi avec la puissance du nord.
Donne-moi le courage d’affronter les vents froids
de la vie lorsqu’ils s’abattent sur moi. […]

Esprit qui te lève à l’est,
viens à moi avec la puissance du soleil levant.
Permets que la lumière soit dans mes paroles,
permets que la lumière soit sur la voie que j’ai empruntée. […]

Grand Esprit de la création,
envoie-moi la chaleur apaisante des vents du sud.
Réconforte-moi et caresse-moi
lorsque je suis las et glacé.
Étreins-moi comme tes douces brises
étreignent les feuilles sur les arbres. […]

Grand Esprit qui donne la vie,
je me tiens face à l’Ouest,
dans la direction du soleil couchant.
Permets que je me rappelle chaque jour
qu’un moment viendra où mon soleil se couchera.

Ne permets jamais que j’oublie que je suis voué à me fondre en toi.
Donne-moi une belle couleur,
donne-moi un magnifique ciel au couchant,
et quand viendra le temps de te rencontrer,
je viendrai à toi dans la gloire.

Et Toi qui es la source de toute vie,
je te prie sur cette terre
de m’aider à me souvenir tout au long de mon séjour sur terre
que je suis petit et que j’ai besoin de ta pitié.

Aide-moi à t’être reconnaissant de m’avoir fait don de la Terre
et à ne jamais y cheminer
en portant préjudice au monde.
Accorde-moi d’aimer ce qui provient de notre mère la terre,
et apprends-moi à aimer ses présents.

Grand Esprit des cieux,
élève-moi jusqu’à toi,
que mon cœur puisse t’adorer et venir à toi dans la gloire.
Rappelle à ma mémoire que tu es mon Créateur,
plus grand que je ne suis,
désireux de m’offrir une bonne existence.

Permets que tout ce qui existe dans le monde
élève mon esprit, et mon cœur, et ma vie vers toi
afin que nous puissions toujours venir à toi
dans la vérité et la sincérité.

Eknath Easwaran, Les grands textes spirituels du monde entier,
Fides, 1997, p. 175-178.

 

Désobéissance

 Obéir: Se soumettre à quelqu’un ou quelque chose.

 

Il vient un temps, peu importe notre âge, qu’une loi ou un règlement voire un ordre nous met mal à l’aise. Nous sommes irrémédiablement pris d’une crise d’urticaire quand il vient le moment d’obéir ou non…Et vous, pensez-vous qu’il faut obéir en tout lieu et toute circonstance à ceux qui édictent la loi? Où seriez-vous, tout comme moi, pris d’une irrésistible envie de désobéir et de fonder vos décisions sur votre conscience?

Voilà près d’un an que je suis un conférencier superbe sur le développement personnel. Son mot d’ordre: désobéissez! Ce mot est troublant! Ce mot m’indispose!! Moi qui suis une parfaite petite fille et qui suis une femme tout aussi obéissante que juste. Moi désobéir? Voyons! Toutefois en vieillissant nous avons de nombreuses occasions d’éprouver ce nouveau paradigme. Des situations ou révoltées nous refusons d’obtempérer à l’ordre établi. Printemps érable et autres manifestions sociales prouvant bien notre besoin humain de se rassembler, marcher dans les rues et scander des slogans crus, authentiques et révélateurs. D’accord. Une marche pour la fierté gaie ça se « tolère »ou une marche pour les conditions de travail ça «défoule », mais dans la vie de tous les jours, désobéissons-nous? Est-ce que nous devons afficher qui nous sommes, dans notre être, une fois par année dans une parade contrôlée? Je ne critique pas ce geste et ça force et son utilité, mais est-ce suffisant? Ne devrais-je pas voir ces manifestations tout au long de l’année? Est-ce que désobéir veut dire peser sur la pédale d’accélaration et d’envoyer promener le policier qui donne la contravention?

Vous pouvez le faire évidemment et vivre les conséquences. Toutefois je me fais une autre idée de la désobéissance. Je ne parle pas de la désobéissance civile, politique ou morale, mais bien d’une désobéissance personnelle et libératrice. C’est-à-dire vous envers vous. Vous avez vos goûts, vos valeurs et votre conscience. Par exemple, dois-je accepter toute convention sociale ou religieuse( le sapin de Noël, les cadeaux, etc) ? Non! Je peux décider de ne rien faire de cela parce qu’elle ne m’apporte rien. Encore plus loin, puis-je accepter de vivre une vie en couple, mais seule? Bien sûre, je peux avoir mon logement et lui le sien. Créer une vie entre les deux logements.

Je me suis demandé si je pouvais désobéir à l’éducation de mes parents. Si je pouvais me créer un monde à moi? Prendre soin de moi comme je l’entends ou je l’entends? Remettre son éducation et sa socialisation familiale en question est une grande épreuve. Surtout un grand saut. On le remet rarement en question cette partie-là. Par exemple, un ami me disait l’autre jour que lorsqu’il revenait de travailleur il était toujours fatigué. Mais il devait préparer le repas et faire une activité jusqu’à huit ou neuf heures ou il tombait des clous sur son divan. Et ce même ami mets revenus en me disant qu’il allait dormir dès qu’il arriverait à la maison jusqu’à six heures et qu’après il mangerait et ferait ses trucs.

– Super! C’est une bonne idée.

– Mais je me sens mal.

Pourquoi se sentir mal? Parce qu’à travers son éducation, il faut tout de suite enchainer le souper et les activités du soir en arrivant de travailleur. De cette façon, il ne pensait pas  »perdre sa soirée » à dormir. Le lendemain, mon ami m’a dit qu’il avait travaillé sur ses projets jusqu’à 23heures. Qu’il avait de l’énergie et qu’il était heureux le lendemain parce qu’il avait l’impression d’avoir réalisé quelque chose. Pourtant, il s’était couché de 16h30 à 18hoo. Simplement banal?Hum…Je ne crois pas!

Désobéir ne veut pas dire transgresser une loi, mais d’écouter notre conscience et notre bien-être. Ne pas suivre le troupeau et de faire ce qu’il nous plaît, quand cela nous plait, de la façon qui nous plait. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler du lundi au vendredi et de s’amuser le weekend. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler de jour quand on n’est pas des lèves tôt. Désobéir ce n’est pas faire comme tout le monde. Désobéir s’est l’obligation d’obéir à une seule et unique loi: nous-mêmes.