Les excuses

Je me demande aujourd’hui quelles excuses je vais me trouver pour ne pas écrire. La vaisselle qui déborde du lavabo ? Le lavage encore défait ? La litière du chat ? La poussière qui roule sur le plancher ? Et pourquoi pas la température ? Foutu temps ensoleillé, s’il pleuvait j’écrirais sûrement ! Tiens … De la pluie.

Écrire vient avec des sacrifices, mais le sont-ils nécessairement ? Ne pourrais-je prévoir le coup ? J’ai demandé à ma co-auteure si elle se sentait coupable quand elle avait du temps, mais qu’elle n’écrivait pas. Elle m’a répondu : « J’essaie toujours d’écrire une phrase par jour. » Une phrase… Je ne suis donc pas capable de faire une toute petite phrase par jour ?

Je me suis donc levée, j’ai été me préparer un café. Pendant que l’eau chaude coulait de la cafetière imbibée de caféine, j’ai fait ma vaisselle et j’ai même balancé le linge dans la laveuse. J’ai flatté minou et j’ai nettoyé sa litière. Voilà, quinze plus minutes plus tard, rien n’obstruait mon désir d’écrire. Sauf, moi-même.

Quand je ne sens pas que j’ai la force d’écrire, je me lève et je vais dans mon bureau. C’est la seule façon de briser l’inertie. Même s’il fait chaud, j’ai mis le ventilateur. Je me se suis retrouvée ensuite devant un autre obstacle : Lequel de mes projets allais-je faire ? Je n’ai pas le goût d’aucun d’entre eux.

Quand ma tête décide de trop réfléchir, je me dis que c’est le bon moment pour un article pour mes blogues. Même une feuille blanche pour une écriture automatique fait l’affaire. Il faut juste faire. L’objectif est de commencer par écrire quelque chose. N’importe quoi ! Juste remettre en branle nos doigts et enclencher nos mécanismes d’artisan de l’écriture. Une fois assis, devant l’ordinateur c’est plus difficile après de prendre la fuite.

Mais après cet article, mon problème ne sera pas résolu. Lequel de mes projets vais-je avancer dans les prochaines heures ? Et s’il y avait un temps pour créer un autre pour corriger ? Faire la correction de ses manuscrits demande de la concentration, mais il vient chercher une autre partie du cerveau, plus logique, plus analytique. J’ai besoin de ça en ce samedi matin.

Alors je vais me plonger dans ce roman que j’ai écrit pendant deux ans alors que je change tranquillement les temps de verbe et je peaufine ma pépite d’or, il me viendra d’autres idées… Dont, la permission, aujourd’hui, d’écrire seulement une phrase sans m’en sentir coupable. Non seulement les excuses nous ralentissent, mais sabote notre vie à petit feu et d’un seul coup on réalise que les années ont passé et que nous n’avons rien réalisé.

Et vous, combattrez-vous vos mécanismes internes d’autosabotage pour vaincre l’inertie et accomplir votre destinée ?

Les images dans la tête

Dans mes débuts, j’avais de la difficulté à simplement dire ce que je pensais. Je voyais un paysage lumineux et je tentais par tous les moyens de le reproduire conformément. Toutefois, entre la pensée qui germe et l’action de mettre sur papier, il y a un monde. Un fossé. Une tension.

Qui tente a plus de chance que celui qui ne fait rien. Celui qui se salit les mains risquera gros au contraire de celui qui fabule sans cesse. En gros, ça revient toujours au même message que je tente de livrer: Prendre action. C’est-à-dire, même si l’image n’est pas exactement celle de votre esprit, essayez tout de même de la décrire. Ce n’est pas non plus tout ou rien. L’écriture c’est comme une pépite d’or, brute et sale. Il faut la retirer de la terre, la nettoyer, la polir… C’est la même procédure avec votre histoire et avec ses descriptions.

Faîtes des zooms, des gros plans ou des plus petits plans sur les descriptions. Tenter une façon différente de décrire la scène ( C’était au je alors je le met à une narration absente). Regardez une forêt, mais aussi ses arbres ( individuellement), la mousse qui couvre le sol, la lumière ou son absence, les sentiers, les animaux, etc.

L’observation vient avant la création. C’est essentiel dans ce métier. Toutefois, je ne parle pas d’écrire une histoire en Australie et d’aller vous y installer pour six mois ( si vous avez les moyen, faîtes-le ! ). Il y a tout autour de vous un monde à découvrir et à capter. Prenez des photos, peignés ou utilisez tous les moyens pour alimenter votre imagination. Rapportez ces clichés à la maison, assoyez-vous et mettez-vous au travail.

À force de répéter ce genre d’exercice, vous trouverez la description plus aisée. Vous comprendrez plus facilement le processus de l’esprit au papier. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée. Foncez ! Acceptez que parfois ça ne rejoint pas votre cible et d’autre fois, vous êtes un pro. Le plus important, c’est de continuer et réessayer. Encore et encore. Jusqu’à ce que le résultat vous satisfait.

Tous les chemins mènent à l’écriture

Je tourne en rond. Voilà des heures que le même paysage défile. Je me sens perdue. Je le suis sûrement, mais je renonce à cette idée sinon je me condamne. Mes souliers usés par la traversée, c’est maintenant mes pieds qui touchent le sable brûlant. Ma chair rougis. Je retiens mes larmes pour ne pas m’effondrer. Chaque millilitre d’eau est précieux… et j’ai épuisée tout ce que j’avais amené avec moi. Et si je n’en sortais jamais ? Et si je mourrais là sous les rayons ardents du soleil ? Et si j’abandonnais, car inévitablement tout ça, c’est trop difficile ?

L’écriture n’est pas obligé d’être un parcours désertique.

Voilà c’est dit. L’écrivain souffre. L’écrivain vit des tensions. L’écrivain ne voit pas la fin. Cette impression de ne jamais y parvenir, c’est normal. En même temps, elle ne l’est pas.

Qui traverse un désert sans équipement ?

Qui traverse un désert sans plan ?

Qui traverse un désert avant même d’avoir décider de le faire ?

Venez ! Je vous ramène dans un lieu plus accueillant, lumineux dont le chemin est soigneusement élaboré.

Au début de mon aventure, j’aurai aimé qu’on me dise : « Hey, prends ton temps, ce n’est pas une course. » Avec l’économie qui décolle au quart de tour, on a peur d’être out. On se dit même parfois, qu’on atteindra jamais le succès avant même d’avoir poser un mot sur le papier. Et rien ne me rend plus triste qu’un manuscrit qui dort dans un tiroir.

Mais sachez une chose, vous n’êtes pas dépourvu. Vous avez une tête, un coeur, un âme, des expériences, des émotions et probablement une «chiasse» d’anecdotes à nous raconter. Vous allez vous débrouiller quoi qu’il arrive.

Prenez le temps de planifier et visualiser votre objectif.

Accepter que vous ne saurez pas tout dans l’immédiat.

Laissez-vous surprendre par votre chemin.

Peu importe la direction que vous prenez, vous rencontrerez votre imaginaire et votre capacité de créer. Cette faculté existe chez tous les êtres humains.

N’oubliez pas une bouteille d’eau, de bons souliers et de prendre des pauses. Ce n’est pas une course, mais un marathon.

Créer sous la pluie

J’entends les gens autour de moi, heureux que le soleil revient. C’est compréhensible après les mois froids de l’hiver, on ne désire que cela! Mais l’écrivain en herbe n’a que faire de la température. Tout est inspiration. Beau temps comme mauvais temps.

Vous connaissez le Jardin botanique de Montréal ? Non ! Courez vous acheter la carte membre des amis du jardin ( ou comme dans mon cas, les amis des bonsaïs et des penjing ). Pour 45 $ / l’année, vos sorties sont une pincée de sel dans votre budget. Donc, tous les dimanches, je vais y marcher. Cependant, cette fin de semaine, j’ai trimbalé mon carnet de notes et je suis allée m’asseoir dans les serres…

Pendant que l’eau de la pluie tombait en averse sur les fenêtres des serres et que le ventilateur tournait à plein régime pour souffler l’humidité, moi, j’observais la nature artificiellement agencée. Les couleurs et les parfums m’émerveillent ! Je prends des notes, je décris comment je me sens et je passe par les cinq sens.

Écrire est avant tout, non une question de talent, mais une capacité d’arrêter le temps. L’endroit où vous êtes pourrait vous apprendre un tas de trucs si seulement vous acceptez de ralentir et de regarder autour. Comme cette gouttelette d’eau qui s’amasse sur cette feuille gigantesque qui coule doucement jusqu’à créer un chemin et pour plonger sans peur vers le sol.

Rien à voir avec la douce senteur des bégonias, mais quelle couleur vive ! Comment arriver à le définir dans une histoire ? Comment s’inspirer de la nature pour créer des mondes plus merveilleux les uns que les autres ?`Je repense à Jules Verne qui a du passé des heures devant des bassins et des aquariums pour saisir le Monde Aquatique. Je pense à J.K Rowling qui a eu suffisamment d’introspection pour faire naître le célèbre Harry Potter…

Vous êtes des écrivains amateurs ou peut-être même vous avez déjà vos gallons en la matière et se ressourcer est une étape fondamentale. Vivre l’ambiance, se donner le défie de créer sur un rien, de prendre le temps d’observer et de noter sur une roche ce que votre regard porte. Alimenter votre esprit de nouvelle découverte. Acceptez à nouveau d’être l’élève et non l’enseignant. Imprégnez-vous de vos sens.

L’écriture n’est pas une ligne droite, elle évolue en même temps que vous. Sortez de votre tour d’ivoire et aventurez-vous…

Ferme tout et va écrire

 

Un réveil brutal, mais nécessaire ce matin ! Huit heures sonne et je suis toujours bien emmitouflé dans mon lit. C’est samedi. On peut la prendre relaxe, non ? En fait, pas du tout. J’ai plusieurs projets en attente. Vous les entendez crier ? Moi oui… chaque fois que je m’éloigne un peu trop. Heureusement que l’appartement d’à côté reçoit les rénovateurs. Grâce à eux et leur habileté à faire plus de bruit que le bruit lui-même, j’ai ouvert les yeux.

J’ai passé sous la douche et j’ai pris ma première gorgée de café. Les fenêtres sont ouvertes pour laisser pénétrer un vent frais dans la maison. L’ordinateur est ouvert et je peux me lancer. Mon objectif est de trois chapitres aujourd’hui plus un article dans mon blogue.

Trois chapitres de la même histoire ? Pas du tout ! Je suis suffisamment folle pour faire trois histoires en même temps ! Ces manuscrits ne sont pas tous rendus à la même place, sinon je crois que je perdrais le pied rapidement.

Si vous êtes comme moi, vous avez toujours cette petite tension avant d’aller écrire. Parfois bonne, d’autre fois désagréable. Moi ça change. Aujourd’hui, j’ai le goût d’écrire, mais je dois arriver à me rendre à mon poste de travail. Alors tranquillement, je me donne le courage d’avancer jusqu’à mon bureau.

Mon chat a suffisamment de bouffe pour durer dix ans, j’ai mon café chaud et de l’eau. Je range le cellulaire (sans oublier de fermer la sonnerie), je ferme les onglets actifs qui se sont ouvertes par magie sur mon ordinateur ( Bref, facebook !) et je m’installe.

Ça, c’était le pire à affronter ! Cette longue allée de tentation et de facilité. Mais je ne cède pas ! Et vous non plus ! Que votre objectif soit d’une heure ou de vingt minutes dans votre univers, prenez-le ! Combattons en ce samedi grisâtre notre paresse trop souvent gagnante ! Écrivons !

 

 

Le fantasme, le rêve et la réalité

J’ai trouvé le titre de mon article et aussitôt, j’ai compris, que le sujet était sérieux. Il vous fera peut-être un peu mal, moi en tout cas, je ressens encore une douleur dans la poitrine. Oui, c’est mon coeur qui s’emballe.

À l’intérieur de chacun de nous, il y a une flamme. Un feu qu’on peut surnommé passion, amour, bonheur… Bref ! Ce petit quelque chose qui fait de vos journées, de vos nuits peut-être, de votre maison et de votre âme une place chaude et bien. Ça vous appartient. Personne ne peut vous l’enlevez. Par contre, parfois, souvent même, ont à tendance à oublier les faits. Et la réalité, cruelle soit, mais juste est là pour nous rappeler et nous ramener de nos élans de joie.

J’aime écrire. Depuis que je suis toute petite, je ne pense et je ne vis que dans le but d’écrire plus et mieux. Je me voyais une grande écrivaine. Je me voyais poète. Je me voyais créer tout plein d’histoire et de monde magique. Je suis allée chercher des conseils. J’ai parlé à mon entourage. J’ai lu et relu. Très tôt, on m’a dit : « Petite ! C’est bien beau vouloir écrire, mais faut savoir écrire. »

Savoir écrire ? D’accord ! J’accepte le défie. Et je vais bossée sur le sujet aussi souvent et longtemps que je le peux. Pendant des années s’il le faut. Pendant le jour et la nuit. Pendant les pauses, pendant le travail (chute! ). L’important c’est que j’en vis. Ça coule dans mes veines, jour après jour. Quand je n’écris pas, je ne me sens pas bien. Je vais donner la place à mon rêve. Je vais m’extraire du fantasme , du flou, du romantisme d’écrire, de ma frustration de ne pas voir arriver rapidement les résultats. Je vais y mettre mon énergie, mon temps et des efforts. J’accepte ! Tout ! Où dois-je signer le contrat ?

Qu’est-ce qu’un artiste frustré ? C’est un artiste qui reste dans le cercle néfaste de « je ne vais pas y arriver », « je n’ai pas le temps », « on sait bien, lui, sa famille est dans l’édition », « il n’a pas de talent celui-là ». Il y a aussi, ceux qui ont été étudier en littérature, mais qui attendent qu’on leur donne un devoir. Lorsqu’ils vont se ramassé seuls avec eux et la plume, j’aurai pitié. Comme j’ai eu pitié de moi, sans culture, sans technique, sans personne et que j’ai dû défriché beaucoup de mauvaises herbes pour comprendre ce que je fais. Et encore, est-ce que je le sais plus aujourd’hui? J’ai tendance à croire que j’ai sans cesse besoin de renouveler mon savoir.

Sortir du fantasme est essentiel. Coco n’y arrivera pas s’il croit qu’on lui doit quelque chose. Coco n’y arrivera pas s’il ne voit que le « Romantisme de l’écriture » . C’est beau écrire. C’est beau ce métier. C’est de la lumière et de la joie. Mais c’est surtout, surtout et surtout, un boulot. Alors, merdouille! Faudra bosser Coco!

Le rêve. Ce rêve. MON RÊVE. Est un objectif. Est un chemin. C’est par là ou par ici que je vais y arriver. Voilà ma montagne. Où je dois gravir ? Comment puis-je m’équiper ? Le rêve n’est pas inatteignable. Il demande de l’énergie, du temps et des efforts.

La réalité. Vilaine et grossière. Violente et saignante. Celle-là on n’y échappe pas. Elle me suit sans cesse. Elle me ramène à l’ordre. Elle me compare. Elle m’explique mes échecs. Mais elle est surtout honnête. Précieuse. Inévitable. Si je veux, je dois travailler. Si j’ai besoin, je cherche. Si je crois en moi, elle est là et me pousse à me surpasser. Toutefois, ne lui ment pas. Ne retourne pas voir sa soeur Fantasme, elle te le reprochera. Soi assurez, que Réalité, le saura et te le dira.

Chacun son rythme. Relaxe. Ne t’essouffle pas pour rien. On ne gravit pas une montagne en courant, n’est-ce pas ? Prend le temps. Aime ton chemin. Chérie-le. C’est TON chemin. Profite de chaque moment, de chaque doute, de chaque victoire. Aussi des échecs, car ce sont de puissants maîtres. Bien sûr, tu trouveras toujours mieux et plus rapide voire plus talentueux que toi, mais il demeure que ces derniers, ne sont pas toi. Et tu es précieux. Tu es unique. Tu as quelque chose à dire, alors fonce ! Élance-toi ! Ne t’attarde pas dans le fantasme, car ce dernier paralyse et frustre. Souris à ton rêve et prend la réalité main dans la main, car ce n’est pas ton ennemie.

La pulsion du début

Il est dit : « assis-toi et écris». Toutefois dans cette simple phrase, il y a un combat acharné qui nait en chacun des écrivains que nous sommes. Nous ne sommes pas idiots(es), on comprend le principe. Il n’y a pas de formule magique pour devenir écrivain (ou artiste); il suffit de prendre notre envie (aussi fofolle qu’elle est) et la mettre au bureau pour se mettre à l’ouvrage.  Alors, à l’intérieur de chacun de nous, commence la plus cruelle des batailles…

« Ce qui me pousse à écrire est avant tout l’idée qui germe et qui travaille dans la journée. Le plaisir de mettre en mot cette vision que je vois et revoie

JUDITH GAGNON-

            Je ne sais pas pour vous, mais à cet instant où j’ai le désir d’écrire tout se met à travers mon chemin : La vaisselle empilée dans le lavabo hurle de désespoir, la poussière roule sur le plancher, mon lit défait,  ma nuit houleuse et mon chat, comme à son habitude, il est dans mes pattes et réclame de l’attention. Je n’ai même pas encore  un pas à l’intérieur de mon coin dédié à l’écriture que je suis découragée, démotivée, épuisée et pire… je n’ai plus le goût aux mots. J’ai le devoir de m’occuper de mes tâches qui m’incombent.

Et si nous étions capables de mettre un petit point sur notre calendrier tous les jours que nous écrivons. Au bout d’un an, nous sommes en mesure de réaliser, même si ce n’était que de quinze minutes par jour, à quel point nous nous sommes dédié  à notre art.

«Ce qui me pousse à écrire chaque jour (bon, je saute des jours, mais j’essaie d’écrire le plus souvent possible!) c’est qu’à un moment donné, pendant que j’écrivais mon premier roman, j’ai découvert sur le blogue d’un auteur anglophone, Joel D Canfield, un article qui parlait de la Résistance… Je me suis rendu compte que c’était ça qui me ralentissait, qui sabotait un peu mon travail, et qui a fait que ça m’a pris 10 ans écrire ce livre… Pour faire face à la Résistance, il conseillait aux auteurs d’essayer de développer l’habitude d’écrire chaque jour, même si c’était seulement quelques minutes. Il disait que si s’asseoir à son bureau devenait une habitude, plutôt qu’un choix, c’était plus facile d’avancer dans son roman.

Si je n’écris pas pendant quelques jours de suite, quand je reviens, j’ai l’impression d’avoir perdu un peu le fil de mon histoire…»

 

MYRIAM PLANTE

L’art en lui-même est une extension de nos désirs, de nos émotions, de nos pensées. Nous bouillonnons avant même d’être entrés en contact avec notre histoire dans ce moment privilégié. Étant donné que nous ne pouvons retirer notre cerveau et le mettre dans un bocal ou même d’enlever notre cœur et le déposer sur le comptoir le temps d’une séance d’écriture, il nous faut trouver le moyen d’arriver à notre objectif quotidien. Surtout que nous avons besoin dans l’art de toutes nos parties, ce tout, notre tout, qui fait de nous ce que nous sommes.

Il s’agit plus de dresser votre mental à s’exécuter. À se mettre en action, en mouvement.  Tout se passe là, avant même d’avoir mis les pieds dans la pièce, dans cette petite étincelle qui nous fait dire oui, je vais écrire maintenant.

Personnellement, je passe souvent par une gamme de sentiment. Mon objectif est de sortir la tension dans mon corps et de ma tête. Je sais qu’une fois que j’ai écrit, je me sens mieux. Je me sens bien. Je me sens remplie d’énergie. J’ai le goût à la vie. Je sais que mon objectif final, ma montagne à gravir est d’être ce que j’ai toujours voulu être. Être écrivaine. Mais j’ai compris avec le temps que c’était énorme comme objectif. Et si j’essayais simplement d’écrire quelque chose aujourd’hui. Rien de plus. Juste ça. Quelque chose. Alors l’idée d’objectif devient, plutôt qu’une montagne, un simple pas qui se répète dans le temps.

Quel est la pensée, le mot ou la phrase qui vous attire dans votre lieu de création? Quel sentiment vous envahit avant de franchir le seuil de votre bureau?

 J’ai posé la question à un autre artiste…

«J’entre dans mon studio avec une toute petite tâche à accomplir.

Allumer mes machines. Ce qui demande beaucoup de courage, car il y a tellement de peur et de contre action : coût de l’électricité le stress des composantes électriques, le ménage, les choses à faire… En fait je vais simplement entendre une note, jouer un son, tourner un bouton… Ou ce qui marche le mieux pour moi est la quête d’une solution a un problème technique… et vlan je me fais avoir je mets a actionné un bouton et un autre puis je me pop un beat. Je perds alors la notion du temps et de l’espace. Pour moi rien n’est calculé, rien n’est planifié je ne suis pas un musicien je suis un explorateur/créateur de son. Pour moi l’important c’est d’avoir un studio toujours en ordre ready to REC»

-PIERRE VIENNEAU-

ALIAS

KEBATEK

La créativité ne se commande pas. Il ne suffit pas de se mettre à genoux et prier pour que vous vienne l’inspiration. L’état d’esprit avant d’entrer est fragile pour tout le monde. Qu’est-ce qui fera de vous un ambassadeur de votre œuvre aujourd’hui, plutôt de retourner vous asseoir devant la télévision à écouter star trek? Quelle pensée déclenchera votre désir et vous permettra de le suivre? Êtes-vous comme Kebatek à vous jouer le tour? Commencez par faire du ménage et vlan! Le piano se fait toucher et vous êtes roulé! La musique vous inonde et votre réalité laisse place à votre univers de rêve.

Vous savez, pour être honnête, pour écrire cet article je suis venue m’asseoir dans à mon bureau. J’ai activé mon chronomètre et je me suis dit 15 minutes par jour Karine, fait ton blogue et cela sera terminé pour aujourd’hui. Sors la tension! Sors une idée sur l’écriture! N’importe laquelle! Va s’y! Lance-toi!

J’ai commencé par tourner en rond avec ma chaise et à me demander de quoi j’allais bien pouvoir parler… Je pensais à ce projet avec qui je jongle depuis un an, j’ai pensé au boulot et mon anxiété grandissant… Puis  je me suis posé une question toute simple : qu’est-ce qui allait faire qu’aujourd’hui, j’allais remplir mon quinze minutes tel que prescrit?

Alors que je tentais de répondre à cette question, je tenais mon sujet d’article. Quelle pensée me guide vers l’écriture? Quel mot me permet de me mettre à travailler? Qu’est-ce qui vient à l’esprit d’un artiste juste avant de s’exécuter réellement plutôt que procrastiner ou se donner des excuses.

Faites l’exercice : Lorsque vous prendrez contact avec votre art et que vous vous exécuterez, notez les pensées qui vous viennent à l’esprit. Notez celle qui vous motive qui vous donne de l’énergie. Celle qui vous fait sentir bien. Notez aussi, votre absence de pensée, notez vos gestes qui sont venus naturellement ou forcer votre travail. Répétez-les la journée suivante. Encore et encore. Remarquez votre résultat. Trouvez cette phrase ou ce geste qui vous porte ou vous soulève légèrement vers votre chaise d’artiste.

Anaël Verdier propose te tenir un journal d’écriture, notez vos pensées, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné. Notez ce que vous avez fait et ce qu’il vous reste à faire. Ou faites comme Myriam Plante, un point sur le calendrier et réjouissez-vous de les voir s’additionner quotidiennement. Gardez en vous, comme Judith la joie et le plaisir de voir votre projet évoluer…prendre des tournures inattendues!

Voilà comment vous calculerez votre progression. Enclenchez votre chronomètre pour quinze minutes et soyez surpris ensuite de voir que cela fait une foutue heure que vous êtes assis devant votre écran. Mais comprenez cette étincelle (qui au contraire de la pensée de sabotage) vous encourage à le faire maintenant et tout de suite.

J’entre dans mon bureau, admire ma décoration, je me réjouis des crayons multicouleurs et je caresse les couvertures des livres de ma bibliothèque. Cet endroit me fait sentir bien. C’est chez moi. C’est pour moi. Je regarde la fenêtre qui donne sur le fleuve St-Laurent. Je me sens en paix. Je me sens calme. Et si j’écrivais quelque chose aujourd’hui?

L’échec n’est pas si terrible

Sincèrement, je nous souhaite à tous d’échouer dans l’écriture et l’art voire même dans d’autres sphères de notre vie. Mais voyons Karine, serais-tu tombé sur la tête? Ne-non, je suis encore bien lucide. L’échec, il ne faut pas le voir comme… un échec. Au contraire, comme le moteur de notre apprentissage. Il faut le prendre, non personnellement, plutôt comme les centaines d’opportunités qui ont croisé notre route.

Quand je vous dis échec, moi je parle par exemple du fait que mes livres n’ont pas le succès que j’ai ambitionné. Je vous parle, un peu, de ma solitude que je vis avec cette passion. Je vous parle de ce vide quand je m’attends à des commentaires ou de l’argent qui n’est pas au rendez-vous. Pourtant l’échec c’est bien plus que tout cela!

L’échec comme le dit Edison c’est des centaines de moyens, des milliers de moyens, des milliards de chemin emprunté. C’est magnifique! Moi Karine, j’ai tout fait ça? J’ai osé autant de fois? J’ai réessayé malgré tout? J’ai profité de ma passion, envers et contre tous, encore? Ben oui!

J’écoutais un vidéo TED sur les 10 habitudes prises par les gens riches (financièrement, mais aussi ces gens dont tout semble leur réussir). Une des habitudes à prendre est justement de changer notre définition de l’échec. C’est voir les opportunités. C’est comprendre qu’à travers toutes nos tentatives, nous en connaissons un peu plus sur le sujet et sur nous-mêmes. C’est à dire, mon livre, mon projet, mon écriture, mon talent… je l’ai amené dans toutes ces directions opposées et je peux désormais te dire ce qui fonctionne ou non.

Ce n’est pas le fun! Je ne me sens pas bien!

C’est justement pour ça que l’échec devrait être un sentiment d’accomplissement. Une pulsion de motivation. L’échec devrait être obligatoire. Une émotion qui devrait être éprouvé. Car si tu ne sais pas qu’est-ce que ça fait quand tu t’érafles les genoux comment sauras-tu que tu es dans le succès? Je ne dis pas d’être maso… Si vous réussissez! Je suis super heureuse pour vous! Sachez cependant pourquoi vous réussissez pour le reproduire. Et sachez pourquoi vous échouez. Où ça ne marche pas.  La marche est longue, prenez de bons souliers alors (et un calepin).

Le succès c’est voir nos échecs, nous accueillir dans notre sentiment de perte ( solitude, culpabilité, honte…) et c’est se relever (différemment) et foncer de nouveau( parce que vous êtes passionnés et ce que vous faîtes vous remplis de joie)!

La grande déprime

Lisez! disent les écrivains aguerris en guise de conseil.

Pour ceux qui débutent sur ce chemin ardu, c’est un très bon point de départ. Lire nos auteurs préférés, analyser leur travail, tenter de le répéter, pratiquer et pratiquer. Il me semble que c’est la meilleure façon de comprendre l’écriture: par les chefs-d’œuvre de nos pairs qui nous ont précédés. Toutefois, est-ce que vous êtes comme moi après chaque lecture? C’est-à-dire qu’au moment de refermer le livre, j’ai les yeux remplis d’étoiles, sincèrement émerveillé par la splendeur de l’ouvrage, mais surtout totalement submergée, apeurée et déprimée.

Lire veut surtout dire, tenter de le reproduire ensuite. Car simplement lire sans l’exercice dûment remplis par la suite, rend l’apprentissage superflu. Et voilà où le problème arrive. Malgré toute ma volonté à comprendre le métier par l’exemple des autres écrivains, je réalise que je n’arriverais jamais à ce niveau. Quand je referme le livre, je ressens tout le poids de ce que cela implique.

En me parlant à voix haute, je réalise toute l’ampleur de ma détresse. J’ai à prouver après avoir ce que j’ai, que je peux faire des efforts pour m’y rendre. Même si c’est l’œuvre de mon époque, même si c’est l’auteur parmi mes préférés, je m’investis du devoir d’essayer au moins… Regarde Karine! Il utilise ces mots. Fais-le. Regarde ici! Sa structure est originale. Est-ce que c’est suffisant souligner ce qui m’intéresse chez les auteurs pour être en mesure de le reproduire?

Je reprends l’expression suivante mettre à sa sauce les éléments rencontrés. Il n’est pas question de copier nos auteurs préférés ( au final, dans ce métier, on répète sans cesse les mêmes sujets, on s’entend) mais plutôt de s’enfoncer sur le chemin de l’écriture plus consciemment. Ne pas laisser à l’inspiration dicter notre processus créatif, mais plutôt ouvrir nos œillères sur comment essayer autrement.

Alors, cette grande déprime est quasiment normal. Le mieux est de vous accueillir quand vous le rencontrez. Parce que oui, il est apeurant de lire un livre ( ouvrage complet, relu, corrigé, publié et acheter en tablette) et de s’y comparer. C’est terriblement effrayant. Vous réalisez que vous évaluez votre travail en cours avec un manuscrit fini? C’est absurde quand on y pense. Vous vous dirigez vers là…

Le but n’est pas de se comparer, c’est apprendre une façon de faire ( une parmi une centaine d’autre voire plus). Vous y parviendrez. Croyez-moi. Peut-être pas instantanément (malheureusement), mais éventuellement. Le tout est de distinguer votre plaisir de la lecture et votre plaisir d’écrire. Vous croyez qu’ils se ressemblent, toutefois il s’agit de deux moments particuliers, uniques qui vous apportent une joie distincte. Ces joies vous rendront plus forts, sachez-leur donner leur pleine place à chacune.

Décore ton écriture

Où écrivez-vous et à quoi cela ressemble? Quel est le sentiment qui ressort quand vous êtes dans cette pièce?

L’importance de notre environnement d’écriture doit être ajoutée à notre liste des bonnes pratiques. Il est déjà ardu d’entamer le mouvement alors autant se donner les bons outils pour avoir du succès. Les petits espaces comme les grands, il y a une question réelle qui doit être posée, est-ce que ce lieu m’aide à créer? Suis-je en phase avec cette ambiance?

Lieu consacré

Je ne serai pas la seule à le dire, mais l’écrivain à besoin d’un ̎ Petit coin ̎ qui lui est donné. Délimiter le territoire surtout quand vous êtes plusieurs personnes dans la même demeure aura son importance. Elle dira aux membres de votre famille que lorsque vous y êtes, vous avez besoin de ce calme et de ce temps pour être avec vous-mêmes. Respectez-vous et ils le feront aussi. D’ailleurs, peu importe ce que nous faisons dans la vie, art ou autre, chaque individu dans une même maison\ appartement devrait avoir un endroit qui lui est consacré.

Prendre soin de son sanctuaire

Pendant mes séances de méditation, j’ai appris à entretenir mon sanctuaire. Plus grossièrement dit, chez les bouddhistes c’est logique de faire le ménage là où on doit méditer. L’extérieur reflètera votre état mental. L’ambiance dans laquelle vous allez écrire comment par ce qui vous entoure, votre environnement. Cet endroit vous est dédié et c’est votre lieu sacré.

Récemment, j’ai découvert la magie de Marie Kondo qui en fait n’en est pas vraiment… Marie Kondō est une essayiste japonaise spécialisée dans le rangement et le développement personnel. S’approprier un endroit propre et bien rangé, vous permettra de réaliser ce qui est réellement important pour vous. Comme votre sanctuaire vous permet de vous sentir bien et en sécurité, vous permet d’expérimenter, de vous recueillir, prenez en soin.

Aménagement

Ce lieu vous appartient. Ce sanctuaire est à votre image. Décorez votre écriture. Mettez des tableaux de lièges et accrochez vos souvenirs qui vous donnent de l’énergie. Mettez les photos qui vous inspirent. Accrochez des lumières de Noël pour une ambiance joviale et festive. Mettez vos figurines de Minecraft sur le beau, car c’est votre jeu préféré. Entourez du bien et du beau de votre vie. Mettez-y vos commodités. Suspendez des plantes. Cet endroit représente vos rêves, vos espoirs, votre vie. Prenez en charge cet endroit. Occupez l’espace. Rendez ce lieu à votre image.