La pulsion du début

Il est dit : « assis-toi et écris». Toutefois dans cette simple phrase, il y a un combat acharné qui nait en chacun des écrivains que nous sommes. Nous ne sommes pas idiots(es), on comprend le principe. Il n’y a pas de formule magique pour devenir écrivain (ou artiste); il suffit de prendre notre envie (aussi fofolle qu’elle est) et la mettre au bureau pour se mettre à l’ouvrage.  Alors, à l’intérieur de chacun de nous, commence la plus cruelle des batailles…

« Ce qui me pousse à écrire est avant tout l’idée qui germe et qui travaille dans la journée. Le plaisir de mettre en mot cette vision que je vois et revoie

JUDITH GAGNON-

            Je ne sais pas pour vous, mais à cet instant où j’ai le désir d’écrire tout se met à travers mon chemin : La vaisselle empilée dans le lavabo hurle de désespoir, la poussière roule sur le plancher, mon lit défait,  ma nuit houleuse et mon chat, comme à son habitude, il est dans mes pattes et réclame de l’attention. Je n’ai même pas encore  un pas à l’intérieur de mon coin dédié à l’écriture que je suis découragée, démotivée, épuisée et pire… je n’ai plus le goût aux mots. J’ai le devoir de m’occuper de mes tâches qui m’incombent.

Et si nous étions capables de mettre un petit point sur notre calendrier tous les jours que nous écrivons. Au bout d’un an, nous sommes en mesure de réaliser, même si ce n’était que de quinze minutes par jour, à quel point nous nous sommes dédié  à notre art.

«Ce qui me pousse à écrire chaque jour (bon, je saute des jours, mais j’essaie d’écrire le plus souvent possible!) c’est qu’à un moment donné, pendant que j’écrivais mon premier roman, j’ai découvert sur le blogue d’un auteur anglophone, Joel D Canfield, un article qui parlait de la Résistance… Je me suis rendu compte que c’était ça qui me ralentissait, qui sabotait un peu mon travail, et qui a fait que ça m’a pris 10 ans écrire ce livre… Pour faire face à la Résistance, il conseillait aux auteurs d’essayer de développer l’habitude d’écrire chaque jour, même si c’était seulement quelques minutes. Il disait que si s’asseoir à son bureau devenait une habitude, plutôt qu’un choix, c’était plus facile d’avancer dans son roman.

Si je n’écris pas pendant quelques jours de suite, quand je reviens, j’ai l’impression d’avoir perdu un peu le fil de mon histoire…»

 

MYRIAM PLANTE

L’art en lui-même est une extension de nos désirs, de nos émotions, de nos pensées. Nous bouillonnons avant même d’être entrés en contact avec notre histoire dans ce moment privilégié. Étant donné que nous ne pouvons retirer notre cerveau et le mettre dans un bocal ou même d’enlever notre cœur et le déposer sur le comptoir le temps d’une séance d’écriture, il nous faut trouver le moyen d’arriver à notre objectif quotidien. Surtout que nous avons besoin dans l’art de toutes nos parties, ce tout, notre tout, qui fait de nous ce que nous sommes.

Il s’agit plus de dresser votre mental à s’exécuter. À se mettre en action, en mouvement.  Tout se passe là, avant même d’avoir mis les pieds dans la pièce, dans cette petite étincelle qui nous fait dire oui, je vais écrire maintenant.

Personnellement, je passe souvent par une gamme de sentiment. Mon objectif est de sortir la tension dans mon corps et de ma tête. Je sais qu’une fois que j’ai écrit, je me sens mieux. Je me sens bien. Je me sens remplie d’énergie. J’ai le goût à la vie. Je sais que mon objectif final, ma montagne à gravir est d’être ce que j’ai toujours voulu être. Être écrivaine. Mais j’ai compris avec le temps que c’était énorme comme objectif. Et si j’essayais simplement d’écrire quelque chose aujourd’hui. Rien de plus. Juste ça. Quelque chose. Alors l’idée d’objectif devient, plutôt qu’une montagne, un simple pas qui se répète dans le temps.

Quel est la pensée, le mot ou la phrase qui vous attire dans votre lieu de création? Quel sentiment vous envahit avant de franchir le seuil de votre bureau?

 J’ai posé la question à un autre artiste…

«J’entre dans mon studio avec une toute petite tâche à accomplir.

Allumer mes machines. Ce qui demande beaucoup de courage, car il y a tellement de peur et de contre action : coût de l’électricité le stress des composantes électriques, le ménage, les choses à faire… En fait je vais simplement entendre une note, jouer un son, tourner un bouton… Ou ce qui marche le mieux pour moi est la quête d’une solution a un problème technique… et vlan je me fais avoir je mets a actionné un bouton et un autre puis je me pop un beat. Je perds alors la notion du temps et de l’espace. Pour moi rien n’est calculé, rien n’est planifié je ne suis pas un musicien je suis un explorateur/créateur de son. Pour moi l’important c’est d’avoir un studio toujours en ordre ready to REC»

-PIERRE VIENNEAU-

ALIAS

KEBATEK

La créativité ne se commande pas. Il ne suffit pas de se mettre à genoux et prier pour que vous vienne l’inspiration. L’état d’esprit avant d’entrer est fragile pour tout le monde. Qu’est-ce qui fera de vous un ambassadeur de votre œuvre aujourd’hui, plutôt de retourner vous asseoir devant la télévision à écouter star trek? Quelle pensée déclenchera votre désir et vous permettra de le suivre? Êtes-vous comme Kebatek à vous jouer le tour? Commencez par faire du ménage et vlan! Le piano se fait toucher et vous êtes roulé! La musique vous inonde et votre réalité laisse place à votre univers de rêve.

Vous savez, pour être honnête, pour écrire cet article je suis venue m’asseoir dans à mon bureau. J’ai activé mon chronomètre et je me suis dit 15 minutes par jour Karine, fait ton blogue et cela sera terminé pour aujourd’hui. Sors la tension! Sors une idée sur l’écriture! N’importe laquelle! Va s’y! Lance-toi!

J’ai commencé par tourner en rond avec ma chaise et à me demander de quoi j’allais bien pouvoir parler… Je pensais à ce projet avec qui je jongle depuis un an, j’ai pensé au boulot et mon anxiété grandissant… Puis  je me suis posé une question toute simple : qu’est-ce qui allait faire qu’aujourd’hui, j’allais remplir mon quinze minutes tel que prescrit?

Alors que je tentais de répondre à cette question, je tenais mon sujet d’article. Quelle pensée me guide vers l’écriture? Quel mot me permet de me mettre à travailler? Qu’est-ce qui vient à l’esprit d’un artiste juste avant de s’exécuter réellement plutôt que procrastiner ou se donner des excuses.

Faites l’exercice : Lorsque vous prendrez contact avec votre art et que vous vous exécuterez, notez les pensées qui vous viennent à l’esprit. Notez celle qui vous motive qui vous donne de l’énergie. Celle qui vous fait sentir bien. Notez aussi, votre absence de pensée, notez vos gestes qui sont venus naturellement ou forcer votre travail. Répétez-les la journée suivante. Encore et encore. Remarquez votre résultat. Trouvez cette phrase ou ce geste qui vous porte ou vous soulève légèrement vers votre chaise d’artiste.

Anaël Verdier propose te tenir un journal d’écriture, notez vos pensées, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné. Notez ce que vous avez fait et ce qu’il vous reste à faire. Ou faites comme Myriam Plante, un point sur le calendrier et réjouissez-vous de les voir s’additionner quotidiennement. Gardez en vous, comme Judith la joie et le plaisir de voir votre projet évoluer…prendre des tournures inattendues!

Voilà comment vous calculerez votre progression. Enclenchez votre chronomètre pour quinze minutes et soyez surpris ensuite de voir que cela fait une foutue heure que vous êtes assis devant votre écran. Mais comprenez cette étincelle (qui au contraire de la pensée de sabotage) vous encourage à le faire maintenant et tout de suite.

J’entre dans mon bureau, admire ma décoration, je me réjouis des crayons multicouleurs et je caresse les couvertures des livres de ma bibliothèque. Cet endroit me fait sentir bien. C’est chez moi. C’est pour moi. Je regarde la fenêtre qui donne sur le fleuve St-Laurent. Je me sens en paix. Je me sens calme. Et si j’écrivais quelque chose aujourd’hui?

L’échec n’est pas si terrible

Sincèrement, je nous souhaite à tous d’échouer dans l’écriture et l’art voire même dans d’autres sphères de notre vie. Mais voyons Karine, serais-tu tombé sur la tête? Ne-non, je suis encore bien lucide. L’échec, il ne faut pas le voir comme… un échec. Au contraire, comme le moteur de notre apprentissage. Il faut le prendre, non personnellement, plutôt comme les centaines d’opportunités qui ont croisé notre route.

Quand je vous dis échec, moi je parle par exemple du fait que mes livres n’ont pas le succès que j’ai ambitionné. Je vous parle, un peu, de ma solitude que je vis avec cette passion. Je vous parle de ce vide quand je m’attends à des commentaires ou de l’argent qui n’est pas au rendez-vous. Pourtant l’échec c’est bien plus que tout cela!

L’échec comme le dit Edison c’est des centaines de moyens, des milliers de moyens, des milliards de chemin emprunté. C’est magnifique! Moi Karine, j’ai tout fait ça? J’ai osé autant de fois? J’ai réessayé malgré tout? J’ai profité de ma passion, envers et contre tous, encore? Ben oui!

J’écoutais un vidéo TED sur les 10 habitudes prises par les gens riches (financièrement, mais aussi ces gens dont tout semble leur réussir). Une des habitudes à prendre est justement de changer notre définition de l’échec. C’est voir les opportunités. C’est comprendre qu’à travers toutes nos tentatives, nous en connaissons un peu plus sur le sujet et sur nous-mêmes. C’est à dire, mon livre, mon projet, mon écriture, mon talent… je l’ai amené dans toutes ces directions opposées et je peux désormais te dire ce qui fonctionne ou non.

Ce n’est pas le fun! Je ne me sens pas bien!

C’est justement pour ça que l’échec devrait être un sentiment d’accomplissement. Une pulsion de motivation. L’échec devrait être obligatoire. Une émotion qui devrait être éprouvé. Car si tu ne sais pas qu’est-ce que ça fait quand tu t’érafles les genoux comment sauras-tu que tu es dans le succès? Je ne dis pas d’être maso… Si vous réussissez! Je suis super heureuse pour vous! Sachez cependant pourquoi vous réussissez pour le reproduire. Et sachez pourquoi vous échouez. Où ça ne marche pas.  La marche est longue, prenez de bons souliers alors (et un calepin).

Le succès c’est voir nos échecs, nous accueillir dans notre sentiment de perte ( solitude, culpabilité, honte…) et c’est se relever (différemment) et foncer de nouveau( parce que vous êtes passionnés et ce que vous faîtes vous remplis de joie)!

La grande déprime

Lisez! disent les écrivains aguerris en guise de conseil.

Pour ceux qui débutent sur ce chemin ardu, c’est un très bon point de départ. Lire nos auteurs préférés, analyser leur travail, tenter de le répéter, pratiquer et pratiquer. Il me semble que c’est la meilleure façon de comprendre l’écriture: par les chefs-d’œuvre de nos pairs qui nous ont précédés. Toutefois, est-ce que vous êtes comme moi après chaque lecture? C’est-à-dire qu’au moment de refermer le livre, j’ai les yeux remplis d’étoiles, sincèrement émerveillé par la splendeur de l’ouvrage, mais surtout totalement submergée, apeurée et déprimée.

Lire veut surtout dire, tenter de le reproduire ensuite. Car simplement lire sans l’exercice dûment remplis par la suite, rend l’apprentissage superflu. Et voilà où le problème arrive. Malgré toute ma volonté à comprendre le métier par l’exemple des autres écrivains, je réalise que je n’arriverais jamais à ce niveau. Quand je referme le livre, je ressens tout le poids de ce que cela implique.

En me parlant à voix haute, je réalise toute l’ampleur de ma détresse. J’ai à prouver après avoir ce que j’ai, que je peux faire des efforts pour m’y rendre. Même si c’est l’œuvre de mon époque, même si c’est l’auteur parmi mes préférés, je m’investis du devoir d’essayer au moins… Regarde Karine! Il utilise ces mots. Fais-le. Regarde ici! Sa structure est originale. Est-ce que c’est suffisant souligner ce qui m’intéresse chez les auteurs pour être en mesure de le reproduire?

Je reprends l’expression suivante mettre à sa sauce les éléments rencontrés. Il n’est pas question de copier nos auteurs préférés ( au final, dans ce métier, on répète sans cesse les mêmes sujets, on s’entend) mais plutôt de s’enfoncer sur le chemin de l’écriture plus consciemment. Ne pas laisser à l’inspiration dicter notre processus créatif, mais plutôt ouvrir nos œillères sur comment essayer autrement.

Alors, cette grande déprime est quasiment normal. Le mieux est de vous accueillir quand vous le rencontrez. Parce que oui, il est apeurant de lire un livre ( ouvrage complet, relu, corrigé, publié et acheter en tablette) et de s’y comparer. C’est terriblement effrayant. Vous réalisez que vous évaluez votre travail en cours avec un manuscrit fini? C’est absurde quand on y pense. Vous vous dirigez vers là…

Le but n’est pas de se comparer, c’est apprendre une façon de faire ( une parmi une centaine d’autre voire plus). Vous y parviendrez. Croyez-moi. Peut-être pas instantanément (malheureusement), mais éventuellement. Le tout est de distinguer votre plaisir de la lecture et votre plaisir d’écrire. Vous croyez qu’ils se ressemblent, toutefois il s’agit de deux moments particuliers, uniques qui vous apportent une joie distincte. Ces joies vous rendront plus forts, sachez-leur donner leur pleine place à chacune.

Décore ton écriture

Où écrivez-vous et à quoi cela ressemble? Quel est le sentiment qui ressort quand vous êtes dans cette pièce?

L’importance de notre environnement d’écriture doit être ajoutée à notre liste des bonnes pratiques. Il est déjà ardu d’entamer le mouvement alors autant se donner les bons outils pour avoir du succès. Les petits espaces comme les grands, il y a une question réelle qui doit être posée, est-ce que ce lieu m’aide à créer? Suis-je en phase avec cette ambiance?

Lieu consacré

Je ne serai pas la seule à le dire, mais l’écrivain à besoin d’un ̎ Petit coin ̎ qui lui est donné. Délimiter le territoire surtout quand vous êtes plusieurs personnes dans la même demeure aura son importance. Elle dira aux membres de votre famille que lorsque vous y êtes, vous avez besoin de ce calme et de ce temps pour être avec vous-mêmes. Respectez-vous et ils le feront aussi. D’ailleurs, peu importe ce que nous faisons dans la vie, art ou autre, chaque individu dans une même maison\ appartement devrait avoir un endroit qui lui est consacré.

Prendre soin de son sanctuaire

Pendant mes séances de méditation, j’ai appris à entretenir mon sanctuaire. Plus grossièrement dit, chez les bouddhistes c’est logique de faire le ménage là où on doit méditer. L’extérieur reflètera votre état mental. L’ambiance dans laquelle vous allez écrire comment par ce qui vous entoure, votre environnement. Cet endroit vous est dédié et c’est votre lieu sacré.

Récemment, j’ai découvert la magie de Marie Kondo qui en fait n’en est pas vraiment… Marie Kondō est une essayiste japonaise spécialisée dans le rangement et le développement personnel. S’approprier un endroit propre et bien rangé, vous permettra de réaliser ce qui est réellement important pour vous. Comme votre sanctuaire vous permet de vous sentir bien et en sécurité, vous permet d’expérimenter, de vous recueillir, prenez en soin.

Aménagement

Ce lieu vous appartient. Ce sanctuaire est à votre image. Décorez votre écriture. Mettez des tableaux de lièges et accrochez vos souvenirs qui vous donnent de l’énergie. Mettez les photos qui vous inspirent. Accrochez des lumières de Noël pour une ambiance joviale et festive. Mettez vos figurines de Minecraft sur le beau, car c’est votre jeu préféré. Entourez du bien et du beau de votre vie. Mettez-y vos commodités. Suspendez des plantes. Cet endroit représente vos rêves, vos espoirs, votre vie. Prenez en charge cet endroit. Occupez l’espace. Rendez ce lieu à votre image.

Pourvu que j’écrive

Je suis assise à ma table de cuisine. J’entends le bacon qui grésile dans la poêle. Je devrais probablement être plus attentive à ce que je suis en train de faire ( ne pas foutre le feu à la maison par exemple). Mais je n’y peux rien! Ma nature me veut rêveuse, évasive, distante… Bref, dans ma tête.

Quatre jours de congé ont tendance à m’imposer un autre rythme de vie. Celui que j’aime. Le plus tranquille. En pyjama et enveloppé d’une couverture. Les fêtes sont toujours une source d’angoisse pour moi ( je vous épargne les détails ) pourtant cette année c’était bien! Calme! On a bien mangé! On a été en famille! Tranquillos. Sans chicane. Sans prise de bec. J’ai même réussi à me trouver du temps pour écrire. Et ça, c’est synonyme d’une vie équilibrée pour moi. Cela faisait un bon moment que j’essayais de me motiver à retourner à mon fastidieux travail.

La motivation

Pour vrai je m’amuse quand j’écris, mais c’est comme si je le comprends une fois que je suis assise devant mon texte et je me mets en branle. Étrange, non? Pourquoi suis-je si difficile à motiver? Il y a des moments où tout va à la perfection. Les mots s’enfilent avec poésie et raffinement. À un autre au moment, j’ai l’impression de retourner jouer sans but dans la bouette.

Outil pour écrire

J’ai découvert les conférences TED. Pendant quatre jours je ne vous cache pas, je regardais les vidéos une après l’autre. 3 clés pour ceci, 8 étapes pour cela et ainsi de suite. Je me levais motivé et j’étais porté par le vent comme si j’étais qu’une plume légère. J’ai compris tant de choses sur mon processus créatif en si peu de temps.

J’apprends

Il est bon d’aller voir les experts d’autres domaines. Pas juste lire et connaitre mes auteurs préférés, mais qu’est-ce qui fait qu’un individu a du succès, peu importe sa profession. Ouais! Bon! J’avais parfois l’impression qu’on me rappelait ce que je savais déjà, mais au final, je me demandais, est-ce que ça t’aide à mieux écrire? Oui! Parfait! Est-ce que tu l’appliques? Non. Non? Ben non! Je le sais, mais je ne l’applique pas. Ben voyons!

Prendre Action

Ne pas juste vouloir devenir une écrivaine. Juste désirer écrire quelque chose aujourd’hui. À plus tard, tout le travail de jugement. Tout ce que je dois faire en ce moment, à cette minute c’est m’asseoir devant mon texte. Abandonner mes peurs à la porte du bureau. Ma tâche n’est pas d’écrire la meilleure histoire, mais d’écrire cette histoire-là. Celle qui me torture depuis maintenant un an jour pour jour! Je veux écrire! Alors, écris, Karine. Arrête de penser et fait-le. Écœure-nous plus avec ça! Tu as une chose à faire et c’est de prendre le risque d’essayer ce quelque chose.

Quinze minutes

Je suis lente à motiver. J’ai compris que personne d’autre que moi peut mettre mon c** sur cette chaise et écrire. Je dois truquer mon cerveau. Jouer avec lui. Lui promettre un cadeau à la fin de cette souffrante épreuve. Quinze minutes par jour me faisait bien rire. Toutefois, c’est loin d’être drôle. Je me plains de n’avoir pas le temps. J’ai observé ce que je faisais de ma liberté et j’ai décidé que j’en avais assez de me sentir obliger et captive de ce manque de temps. De l’impossibilité de réaliser les choses qui m’animent, m’énergisent et me font me sentir bien avec cette pitoyable excuse que je ne suis que moi. Aujourd’hui, ma tâche est d’aller m’asseoir, 15 minutes et d’essayer d’écrire quelque chose.

Et vous, donnerez-vous du temps à vos rêves? À vos passions? Vous donnerez-vous du temps pour vous?

Pourquoi continuer

Pour moi, la recherche de la perfection est utopique. Parce que je me suis toujours trouver brouillon, irréfléchis voire même pas très intelligente. Naïve de croire que je faisais quelque chose de bon. Stupide d’avoir commencer ce quelque chose. Je soupirais devant mon travail, la tâche était trop grande pour moi et j’étais découragée. J’avais peut-être douze ans à l’époque et pourtant même à vingt-huit, je tourne dans ma tête toujours les mêmes questionnements. J’ai appris à mettre des mots sur mes sentiments, mais je suis toujours incertaine et surtout vulnérable. Suis-je légitime? Est-ce que c’est bon? Est-ce que j’arriverais à faire ma place? Est-ce que la passion va finir par me rendre folle?  Puis, éclaircissant mon sombre raisonnement éternel, la question tombe sans prévenir ; Pourquoi est-ce que je continus à écrire?

C’est vrai! Je m’embête, je me fâche, je pleure, je cherche des résultats, j’agite les mains, je travaille fort, je fainéante, je soupire et je me décourage plus d’une fois… Puis après je réclame la perfection, la gloire, LE sujet en sachant pertinemment que ce contrôle, cette tendance horrible à poser les mauvaises questions qui me rend malheureuse.

Alors, pourquoi je continus donc à faire ça? Pourquoi cette passion est le noeud au coeur de mon existence? Pourquoi je ne peux pas juste tout laisser tomber et passer à autre chose.

Du tricot par exemple. Je pourrais devenir experte du tricot. Au final, l’objet fini par apparaître concrètement entre nos mains. L’histoire, le produit c’est seulement quand un éditeur nous prend en charge ou qu’on dépense notre budget à la création du livre. C’est loin. C’est long. C’est tant de sacrifices personnelles, sociaux et mentaux! Alors… Pourquoi? Pourquoi je continus de me battre contre c’te patente-là qui est tellement difficile!

Mon explication

Je vais vous dire ceci, j’ai appris à me connaitre, à reconnaître mes cycles d’écriture, mes signaux d’alarmes pour sabotage et  j’ai compris ce que j’aimais de l’écriture et j’ai validé ma légitimité. Je sais que ce n’est pas facile. Je sais, novice ou expert, qu’il y aura toujours nos hésitations. Mais que fait un professionnel ( peu importe son domaine d’expertise)? Il regarde les causes et tente d’améliorer. Si nous ne pouvons améliorer par nous-mêmes, nous allons chercher d’autres experts pour nous soutenir. L’art ou l’écriture n’est pas bien différent.

J’apprends à me connaitre

Nous portons en nous des thèmes, des souvenirs, des émotions, des injustices et des rêves. Nous avons tous et toutes la capacité de les exprimer. Il faut d’abord les reconnaître, les comprendre puis les traduire ou les transposer dans notre art.

Pour se connaitre, il n’y a pas cent solutions possibles, sortez, regardez-vous aller ici et là, voyez vos agissements, analysez vos conversations ( pourquoi lui ai-je dit ceci? À oui, je suis une contrôle freak). Votre vie, votre expérience de la vie, vos cicatrices et vos bons coups sont les moteurs ( les muses) à votre créativité.

Je reconnais mes cycles d’écriture

Matin ou soir? Oiseau de nuit ou petit pinson de jour?

Est-ce que je suis une technique? Est-ce que j’ai une méthodologie? Est-ce que ma structure de roman, m’aide à traverser la tempête lorsque je la rencontre?

Est-ce que je respecte mes heures de repos? Ou au contraire, ma fatigue, mon énervement me rend plus productif? Est-ce que je brûle la chandelle par les deux bouts?

Est-ce que je prends le temps d’observer un thème, de le comprendre, de lui poser des questions, d’aller chercher des experts?

Est-ce que je sais où je suis en ce moment? Est-ce que j’ai sauté une étape? Est-ce que j’ai des étapes?

Mes signaux d’alarme de sabotages

Je n’ai pas manger ni bu. Je m’effondre sur mon clavier et je mets à pleurer. Voilà trois heures que je tente de faire quelque chose de décent avec ce paragraphe. 

Ma méthode est-elle la bonne?

Est-ce que je me suis flagellé mentalement pendant le temps que j’essayais? Ex: je ne peux pas écrire ça! Je suis ben stupide! C’est ben nul! Je suis nul(le)!

Est-ce que j’ai fait taire mon critique mental en lui disant qu’il pourra réagir quand je le déciderais?

Est-ce que j’ai été à l’écoute de mon corps et de ses besoins?

Est-ce que je suis à l’écoute de mon histoire?

Suis-je consciente des pas que je fais?

Quand je sais où je suis et vers où je vais, je sais que j’ai plus de chance de trouver mon chemin.

Est-ce que je sais quand je dérive de ma route? Est-ce que j’en connais la cause?

Ce que j’aime de l’écriture

 

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Ma légitimité

Il est dur d’accepter que nous avons notre place. Peu importe ce que vous faîtes, peu importe ce que vous voulez faire, il faut travailler sur votre être. Sur votre actuel présence sur cette terre et votre droit à vivre, votre droit d’essayer, votre choix d’habiter votre corps.

Voici un exercice très simple.

Parler à voix haute et dîtes ces mots : « Je suis légitime »

Répétez à chaque fois que vous sentirez le besoin ou du moins, chaque fois que vous pensez que votre place n’y est pas.

En conclusion…

Avoir cette passion c’est pareil à marcher dans un boisée dense. On sait qu’il y aura un moment où la route sera belle et éclairée. Nous savons aussi qu’il y aura de l’ombre, des passages plus abruptes et possiblement des bébittes fatiguantes qui sont attirer par notre sueur.

Il y a les randonneurs de groupe et les solitaires.

Nous savons qu’il faut s’amener de l’eau, s’équiper avec un bon sac à dos et y insérer tous nos outils pour faire face aux situations de la montagne.

Nous savons aussi que nous avons un but. Allez devant. Là. Sur la pointe. Au-dessus de la montagne.

Nous savons aussi qu’on ne devient pas un sportif du jour au lendemain. Que cela demande du temps, des efforts et de l’énergie.

Nous comprenons l’enjeu.

Nous aimons joué.

Et nous avons décidé de persévérer et de faire de notre mieux.

Créer c’est apprendre à échouer et recommencer

J’ai entamé ce projet au mois de décembre 2017. J’avais eu un rêve étrange et plus j’y réfléchissais, plus me disais qu’il y avait peut-être matière à en faire un roman. J’ai commencé à écrire sans plan, puis l’inévitable cul-de-sac est arrivé. Je me dirigeais dans le noir, à tâtons sans trop savoir où était ma sortie. Si j’allais réussir quelque chose. Au final, 365 jours plus tard, 600 pages ont été écrites, déconstruites, arracher, brûlé, pleuré et ragé… J’ai tenu bon. J’ai réussi à faire quelque chose. Bon ou mauvais, je m’en fiche. J’ai créée. J’ai échoué. J’ai appris et j’ai continué de nouveau. C’est ça l’important.

Vous entendrez souvent par vos mentors qu’écrire c’est réécrire. C’est vrai. Pour savoir écrire, surtout, il faut commencer à le faire. Il faut débuté au point un qui est d’enligner les mots et les phrases. Tenter quelque chose. Tenter de le faire différemment. Tenter de le faire de mieux en mieux.  J’ajouterais aussi qu’écrire c’est vivre avec l’insécurité, la vulnérabilité et notre très grande tendance à l’échec. Du simple : « C’est ben nul ce passage là» à  «j’y arriverais jamais» ou «Mautadine! Faudra je scrap le chapitre au complet ça marche pas mon affaire» il y a une certitude évidente ; Vous allez échouer. L’écrivain qui accepte sa faillibilité tout de suite saura une fois arriver à ce moment horrible qu’il n’est pas si grave. Il faut juste essayer autrement ( phrase louangée et de loin par Anaël Verdier). Ce n’est donc pas, au final, un échec. C’est une tentative qui dans les circonstances ne sont pas les meilleurs. Alors, il faut approfondir un peu plus notre réflexion. Qu’est-ce que j’ai sauté? Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Ajouter un passage? Le retiré? Le recommencer? Tant de réponses multiples à un problème qui au fait relève de la chronologie, de la logique, de la description initiale des personnages ou voir de la cohérence.

Ce n’est pas grave! Parfois, oui, il est essentiel de s’arrêter, de reculer ou de recommencer. Mais au final, ce n’est pas la mort de votre projet. S’il vous tient à cœur et s’il vous parle autant, s’il arrive à vous dire, non ça ne marche pas, c’est que vous êtes au travail et vous écoutez la direction que prend le projet. Et ça c’est important. Écrire n’est pas juste écrire et puis bon, vite les séances de dédicaces. C’est une lutte acharnée contre soi-même, contre nos sabotages, contre les imprévus, contre le plan ou le non-plan. Écrire demande de la tête, du coeur et une sacrée pair de … Dents pour y mordre sans restriction. C’est une passion ou non?

J’écoutais Bob Russ l’autre jour et j’étais tout simplement fasciné par son calme et sa maîtrise. Je me suis tiens! Ça l’air tellement plus facile peindre qu’écrire. J’ai choisi la mauvaise passion! Mais non… Il dit dans un de ses vidéos… glisse le pinceau dans la joie, parce que c’est joyeux ce que nous faisons avec les couleurs. La peinture nous rend joyeux et nous devons faire ce qui nous remplis de joie. Sinon à quoi bon?

À quoi bon? Alors voici, s’accrocher à pleine dent. Installer notre putain de cul sur cette chaise, être prêt à ce que le projet dérape…. être prêt à lui permettre de nous questionner sur nos intentions. L’échec, oui, mais recommencer. Surtout apprendre à continuer malgré tout. Et vous allez vous rapprocher de votre montagne.

Courage

Comme tous les matins, je prends l’autobus pendant une vingtaine de minute, c’est long et je suis en sardine avec les autres usagers. J’entre ensuite dans le métro sombre, je me fais brassée, toujours entassé, je change de ligne, je débouche à ma station et… Ce matin toutefois, je suis accueillis par une musique vraiment sublime. Plus j’avance dans le sous-sol, plus le rythme est audible. Puis, je suis confronté à un jeune musicien. Systématiquement, sans réfléchir, sans me poser de question, je prends ma bourse et va y déposer un peu de monnaie dans son chapeau. C’était la première fois que je me sentais vibrée. Le mec était là à 7h00 du matin, à gratter sa guitare, tout sourire et avec talent! Alors j’ai pensé en mon for intérieur, il faut avoir un sacré courage pour choisir l’artiste en nous.

Vous a-t-on déjà décourager à écrire? Vous a-t-on poser des regards d’incompréhensions? Pourquoi tu fais ceci ou cela? Lorsque tu ose présenter un projet, à peine clair pour toi-même, chaque commentaire est similaire à des coups de poignards, n’est-ce pas? Que dire de ceux qui n’y accorde même pas un regard… Ces personnes qui comptent dans notre entourage et disons-nous le, s’en foutre carrément! C’est souffrant n’est-ce pas? Je vous transmets alors cette perle de sagesse que j’ai lu dans le livre de Anaël Verdier ( Bah! Oui! Encore lui!).

« Les autres ne comprendront pas toujours ta route. Ça ne fait rien, ça n’est pas la leur. »

Jour après jour, je me bats contre mes mécanismes de défense et de sabotage pour continuer l’écriture. Continuer mon rêve. La seule différence maintenant, c’est que je ne quémande plus. Je n’attends plus rien de personne sauf de moi-même. La phrase ci-haut le dit bien… c’est ma route. C’est votre chemin artistique. Le nôtre, pas celui de notre famille, de nos amis, de nos collègues, de tous ces inconnus qui soulèvent le nez sur vos œuvres. Il faut du courage pour se dire, je le fais pour moi avant-tout quoiqu’on en dis!

Il faut aussi une très bonne dose d’esprit combatif de vivre avec les échecs répétées. Nous avons espoir d’être un auteur de renom, d’être accepter dans ce cercle privilégier, d’être KEKUN, d’être artiste, d’être reconnu oui, mais vu et écouter… Et quand on commence à faire de l’art, on apprend vite qu’il y a plus d’une sphère à contrôler ( émotionnel, spirituel, physique…). On a des visions toutes différentes, nous les confrontons et nous croyons à tort que notre différence est mal vu, mais au contraire, c’est notre vérité qui fait de nous l’artiste, l’écrivain que nous sommes. Et ça, pour le reconnaître et vivre avec notre authenticité, il faut du courage.

Notre route est parsemée de doute, d’embûche, de blocage, de désespoir… Mais nous relevons la tête, nous acceptons notre vulnérabilité. Nous acceptons que nous devons jouer entre le contrôle et le chaos de la créativité. Nous acceptons nos angles morts et nous apprenons avec humilité à nous dépasser. Et nous continuons. Ça encore, ça s’appel le courage…

L’art est comme une grotte sombre où on s’aventure seul et parfois… on a oublier les allumettes et la torche… Mais on y pénètre tout de même. Parce que nous sommes courageux, nous, artistes et artisans… C’est notre terrain de jeu. Vierge. Sans balise. Même si un chemin cent fois utilisé nous est proposer, on a l’audace et le courage de s’en frayer un nouveau.

Où écrire

De mon salon, le paysage est sublime! Je me suis payé un appartement qui a la vue sur le fleuve st-Laurent. J’étais convaincu que cela allait me rééquilibrer, m’adoucir et m’offrir l’esprit méditatif tant espéré et pacifié. Après quelque mois, je ressens encore une grande fierté d’avoir fait ce choix. Chaque fois que j’ouvre une fenêtre, un vent frais et puissant souffle à l’intérieur. Je respire enfin. L’hiver est à ma porte et les arbres se dégarnissent de leurs feuilles encombrantes et je peux plonger encore plus loin mon regard sur l’eau et la rive. À part quelques automobiles qui circulent, cet endroit est très calme! Et c’est ce dont j’avais besoin… J’imagine souvent ma maison de rêve et elle est souvent perchée à la cime d’un arbre en contrebas, une rivière calme qui passent ça travers la forêt. Mais ce lieu, ma maison, mon repaire loin d’être l’exacte réplique de mon rêve est une cabane moderne plutôt bien foutue dans la ville. À savoir maintenant, est-ce que cela influence l’écriture?

 Pour moi, oui, certainement!  Cela influence l’écriture au point souvent de le déranger. Mais pour vous, peut-être est-ce autrement? J’ai besoin de calme, vous, peut-être d’écrire pendant qu’il y a de la musique et des gens autour de vous. Moi, j’ai besoin d’espace, pouvoir marcher et m’étirer, mimer des scènes. Vous, peut-être un endroit confiné, loin de toute distraction pour connecter avec votre esprit créatif. L’idée derrière ça, c’est d’apprendre à vous connaitre et meubler votre séance d’écrire comme vous l’entendez : personnalisé, sacré et intime. Et si mon lieu idéal est dans une maison sur une très haute montagne? Je n’ai pas les moyens…

Un lieu d’écriture n’est pas à meubler proprement parler. Oui il est clair que quelques dépenses sont nécessaires. On ne peut prétendre toutefois que d’acheter le bureau numéro un vous assura les idées du siècle. Vous auriez tout aussi bien pu l’acheter à une dizaine de dollars dans une brocante. Meubler son espace est plus intellectuel qu’autre chose. Qu’est-ce qui vous met en disposition et vous donne envie d’écrire? Qu’est-ce qui influence votre écriture? Est-ce que c’est ces figurines de Minecraft? Est-ce que c’est des rideaux légers et colorés? Est-ce que c’est dans votre salon, entouré du mari et des enfants qui jouent tranquillement? Je ne peux répondre à votre place! Et je ne peux prétendre que mon endroit d’écriture doit être comme le vôtre.

J’ai prétendu que changer d’appartement a changé mon écriture… En fait, il n’a pas influencé mon écriture, il m’a influencé moi. Moi à tous les jours. Moi qui reviens du travail. Moi qui avais envie de prendre ses ailes et vivre ailleurs que dans un immeuble à plusieurs. Il ne faut pas focaliser sur le fantasme du lieu idéal pour écrire, mais il faut statuer ce qui est bon pour-soi dans l’immédiat lié à toutes les autres sphères de notre vie. S’il vous faut un endroit tranquille, alors qu’il est de quelques pieds dans le salon, faites-le. Si vous avez une chambre à débarras qui ne sert à rien, emménagez là. S’il vous est insupportable d’écrire à la maison, sortez. Permettez à vos rendez-vous d’écriture d’être sacré et personnalité. Intime, parce que vous l’aurez décidé pour vous et vous seul.

 Par exemple, je n’écris pas mon blogue au même endroit que j’avance mes projets d’écriture dans la maison. Le blogue c’est le salon. Les projets au bureau. Le blogue je suis assise dans mon sofa, une couverture sur les cuisses et une vue incroyable pour me laisser envahir par la poésie et les mots que l’eau qui continu son cours fait vibrer en moi. Je suis aussi attaquée par mon chat quand je suis dans le salon. Tandis que mes projets, dans mon bureau, tout le confort y est ; livre, haut-parleurs, plantes, lumières différentes selon mon humeur, j’ai de l’espace et je suis bien. Je ne ressors que de ce bureau quand mon objectif est atteint. Tandis que dans le salon avec mon blogue, je me laisse déraper et déranger. Il y a un projet particulier que je fais à mes pauses au travail parce qu’il a besoin de bruit et de ma frustration quotidienne que j’obtiens là-bas.

Il y a tant de possibilités et ce que je vous dis là est une infime partie de ce qui m’appartient. Et si maintenant c’était à votre tour de déterminer l’endroit qui vous fait vous sentir bien? Et si c’était à vous de meubler vos séances d’écriture?

La constance de revenir vers soi

Un homme très sage m’a dit un jour « dix-huit pouces à la fois ». Dix-huit pouces c’est un pas. Un pas à la fois. Il faut savoir son rythme, mais au final, un pied se dépose après l’autre. Dans toutes les sphères de notre vie, nous n’avons qu’à faire un pas, puis un autre…

Je me questionnais pourquoi les gens retournaient irrémédiablement vers les gens qui leur faisait du tord. Pourquoi voulais-je à tout prix me faire reconnaitre par un groupe ou un tel? Pourquoi l’importance que j’accorde à cette personne est si grande au contraire de l’importance qui m’est accordée en retour? Pourquoi un enfant arrive à pardonner à un père\ une mère une violence quelconque à son endroit? Non seulement je me questionnais pour suivre l’évolution de ma quête personnelle, mais aussi pour apprendre à dépasser mes obstacles pour devenir une meilleure écrivaine. Certainement, les deux sont liés. Assurément, ils se complèteront et s’influenceront. La vie personnelle est le moteur, la muse, l’éclat qui fera vibrer notre art. Nous transposons tellement de choses! Notre vie quotidienne menacera (du moins c’est ce que je pense) notre attitude, mais aussi notre aptitude à faire de l’art!

Cependant, voilà quelque jour, il était difficile de juste m’asseoir à mon bureau (parfaitement aménager pour l’écriture), devant mon portable (finement personnalisé) et avec un café (fait avoir amour par mes soins). Pourquoi en étais-je incapable? Pourquoi sans cesse la honte, la peur, la fatigue et le découragement venaient systématiquement s’asseoir avec moi!?!! Et la réponse la voici aussi cruelle qu’elle puisse être : Parce que la honte, la peur, la fatigue et le découragement m’accompagnent tous les jours où que j’aille! Cela veut dire au boulot, dans mes rapports avec les autres, dans mes projets… dans mon écriture! Chaque jour, je me bats avant d’écrire le moindre mot avec tous mes démons et je dois valider ma légitimité.  Tous les jours, je dois valider auprès de ma famille et mes amis que je suis digne d’être aimé par eux. Et ça, vous le savez, c’est foutrement épuisant!

Nous arrivons donc à la même conclusion : pour m’épanouir dans mon écriture, suis-je censé m’épanouir dans ma vie de tous les jours? La réponse est oui! Du moins, si vous voulez accéder à votre vous profond, artistique, imaginatif, libre et transcendant plus rapidement. Je m’explique. Si toutes les fois que le désir d’écrire me prend, il est logique de penser que je me lève, me prépare un café, va m’asseoir au bureau, ouvre l’ordinateur, ouvre le fichier entamé de mon roman et enclenche l’écriture. C’est facile dit de cette façon, n’est-ce pas? C’est le planning qu’on a tous prévu évidemment, mais la réalité est tout autre. Voici la réalité :

J’ai le désir d’écrire qui germe dans mon esprit. Quand je dois me lever je me rappels le ménage que j’ai à faire, je me rappelle la méchanceté d’une collègue au boulot et j’entends les enfants qui crient dans la chambre voisine. Je me dis que je ne serais pas tranquille tant et aussi longtemps qu’ils ne seront pas couchés. Une fois que ceux-ci le sont, toutefois, je sens une énorme fatigue. Alors je décide d’écouter un épisode de ma série télévisée juste pour me détendre avant d’écrire. Toutefois quand j’en ai passé trois de suite, je suis toujours fatiguée et il se fait tard.  Je décide d’aller me coucher, ce soir, je n’ai pas eu le temps d’écrire. Le lendemain, le même scénario se produit… J’ai mal cette fois aux mains et au final je me dis à quoi bon? Même ma mère ne me lit pas. Les derniers commentaires de mes amis ont été horribles et j’ai honte de leur présenter quelque chose de nouveau. Ça, c’est quand ils me demandent comment vont mes projets. En général, ils s’en foutent. Leur vie est tellement plus intéressante que la mienne.

Le pire dans tout ça c’est que je pourrais décrire mille réalités et elles reviendraient toutes au même résultat : j’ai honte, j’ai peur, je suis nulle, je n’ai pas le temps, tout le monde s’en fout, je suis désespéré, je n’ai pas de talent… Alors on se déconnecte de notre désir parce que cela fait moins mal. Mais cela vient de tellement plus profondément en nous que ce simple texte que vous avez OSÉ présenter à une personne. Tous ses sentiments viennent de votre vécu, de votre expérience, de votre enfance… Des choses qu’on vous a dites ou qu’on ne vous a pas dit. Elles vous suivent et construisent cet égo que vous trainez comme un boulet vers votre passion.

Je me souviens de mon enseignante de théâtre qui nous obligeait à jeter nos gommes avant d’entrer dans le théâtre. Pourquoi? Parce que le sucre épaissit la salive et ça va mal ensuite pour dire son texte! Et vous savez quoi? Ces obstacles sont pareils! Il faut les jeter à l’entrer de votre bureau, faut les balancer par la fenêtre avant de faire de la musique, il faut les effacer avant de peindre. Par quoi sommes-nous sensés alors le remplacer alors? Parce que oui, votre peur, votre désespoir sont des éléments qui peuvent vous stimuler dans la créativité. Si vous vivez du harcèlement, écrire sur le harcèlement peut être libérateur, certes! Mais il ne faut pas que ce sentiment négatif vous contrôle. Il faut qu’il devienne extérieur à vous, comme un objet d’étude autonome à votre volonté. Et vous avez à vous pacifiez, être vous, tout simplement, et nu devant votre art.

Non les cocos! Habillez-vous! Nu veut dire vulnérable. Accepter d’être ce que vous êtes aujourd’hui sans vouloir changer pour plaire, sans vouloir être parfait dès les trois premiers mots. L’idée est de vous remplir de votre essence, de vos rêves et de vos pensées. Écrire tous les jours en sachant pertinemment que c’est un retour sans cesse sur soi. Avoir une méthode de travail, oui, mais une méthode de retour vers soi aussi. Jetez votre détresse à la grande poubelle cosmique et accueillez-vous avec bienveillance. L’art vous permet de vous toucher, vous, intimement. Il vous faut alors accepter votre être dans sa globalité et l’embrasser!

La constance de revenir vers soi, comment le faire au quotidien au juste?

Parlez-vous! Consolez-vous! Accueillez-vous! Aimez-vous! Groundez-vous! En ce qui me concerne avec mon cheminement personnel, j’ai appris à distinguer deux personnages en moi. La grande Karine et la petite Karine. La grande Karine porte la force, la fierté, l’adulte, la confiance, les conseils et la bienveillance en moi. La petite Karine, qui est toute aussi importante porte mes peurs, mes blessures, mes doutes, ma naïveté et mes réactions impulsives. C’est la petite Karine qui amène les obstacles de l’écriture dans le bureau. Toutefois, c’est la grande Karine qui lui dit : « Hey, je suis là. Ça va bien aller. Laisse Peur et Honte à la porte, il y a fierté et joueur qui nous attend. Tu viens on va aller s’amuser ensemble?» Je ne le fais pas toutes les fois, mais j’ai consciemment besoin de me parler, quand Peur, Honte et compagnies amènent le bout de nez dans les parages. C’est drôle, chaque fois que je veux écrire… Alors, je dois constamment revenir vers moi. Je dois me rappeler que si je veux un roman, je dois, m’asseoir tous les jours et écrire. Je dois, pour vivre une vie épanouie, constamment me demander si cela aide à me nourrir ou cela me détruit. Je dois, pour me pacifier, constamment revenir vers moi, pour m’accueillir avec bienveillance. Et ça les cocos, ça se fait dix-huit pouces à la fois.