Et si j’écrivais à temps plein

Au Québec, si tu dis à tes proches que tu veux devenir écrivain, en général ils te donnent leurs condoléances. Ouais ! Ce n’est pas très payant. Il y a peu d’élus pour le nombre de passionnées. Peu de lecteur pour le nombre d’auteur ! Si je m’arrêtais à ça, je ne ferais pas grand-chose de ma vie. Vous non plus d’ailleurs. Nous avons une très grande capacité à s’autodétruire ou échouer avant même d’essayer. D’accord, pour faire de l’argent avec nos manuscrits, il faut bucher et piocher… encore et encore !

Conseil à venir ! Attention !

Si vous vous laissez envahir par une telle pensée, elle deviendra votre quotidien. Acceptez les conditions dans lesquelles vous êtes présentement, améliorez-les et cessez votre inertie.

Quand je suis au travail, je veux écrire. Quand je suis enfin chez moi, je n’écris pas. Si j’étais à temps plein dans l’écriture, j’aurai des romans et j’en ferais mon métier. Je veux vivre par mon écriture.

Dans la magie des mots de Julia Cameron, elle a fait résonner en moi cette pensée, de mettre le poids financier sur notre passion est dangereux et cruel. Il est là le véritable problème. À tenter d’espérer le tout ou le rien par l’écriture ne vous mènera à rien.

Regardez votre situation comme un gestionnaire. Analysez votre horaire. Détectez vos temps « morts », utilisez-les pour vous reposer ou pour travailler une partie de votre écriture. Selon vos moyens évidemment, prévoyez vos déplacements, vos pauses, vos journées off ou vos weekend avec séance d’écriture. Par exemple, j’ai réalisé que je passais une heure à deux heures dans le transport en commun. Je ne suis pas toujours assise, mais quand je le suis, je gaspille des minutes de mon forfait sur mon cellulaire. J’ai passé à l’acte et je me suis acheté un ordinateur portable tout riquiqui, le plus bas prix possible. Juste pour avancer des petits textes ici et là. Si c’était une phrase, c’était une phrase de plus à mon histoire ! Pas d’argent pour un ordinateur portable, un calepin et un crayon sont bon marché en général.

Oui l’argent. Oui le temps. Oui les enfants, la famille, les diners, les nids de poule, le trafic, la voiture, le voisin, le gazon, l’arrosage, la pluie, le collègue trop bavard… et j’en passe. Dans les excuses on a déjà compris que les humains sont experts, mais quand est-il de la prise de décision et de l’action ? Pourquoi attendre d’être à la retraite pour décider de vivre ? L’écriture, moi, j’en vis déjà en temps plein. Dans ma tête. Dans mes veines. Dans mon travail. Dans mes interactions sociales… En effet, il n’y a pas une seule seconde que je n’y pense pas.

Qu’est-ce qui vous empêche d’écrire ? Qu’est-ce que vous fabulez sans jamais dire « stop » ? Comment est votre horaire ? Avez-vous des plages réservées à votre passion ? Parlez- en ! Donnez vos trucs ! Parlez-moi de vos arrangements.

Où écrire

Crémazie est, et de loin, une station à l’opposée de ma destination normale. La ligne orange comme on la nomme pour le métro Montréal est pour moi un vaste territoire inexploré. J’émerge des tunnels et une brume opaque enveloppe l’autoroute. Je regarde à droite, puis à gauche en quête d’un refuge. J’avance timidement. Je trouve enfin un café hospitalié: Van houtte. C’est une franchise. Donc, fréquentation et hygiène convenable pour la non-aventurière que je suis. J’ai deux heures à tuer, ceci entraine cela, je commence à écrire…

Dans le café, il y a un doux clapotit d’une chutte d’eau. Les bruits des klaxons et l’odeur de la rue ne m’atteind plus. Je suis enfin en sécurité. Je laisse mon imagination me transporter là où bon lui semble. Il y a longtemps que j’ai perdu contre sa puissance enigmatique. Il y a cent histoires dans ce bassin qui me traverse:  des batailles de sireines, des pollueurs aliens et j’en passe. J’observe le vieux qui lit un journal et j’analyse ses mimiques. Je pense à ce caissier sympathique qui m’a rendu de bonne humeur ce matin. Une gorgée de café et mon esprit s’emballe de nouveau. Je croise des yeux une collègue, on se parle un moment. Elle repart et me souhaite une journée de formation agréable. Je replonge dans mon univers. Je continue de tapocher quelques mots. Et si l’écriture pouvait toujours croiser un lieu comme celui-là, il me semble que je serai bien… 

Alors je réalise qu’il le peut et vous le pouvez aussi. Parfois on sent que nous n’avons pas notre petit coin à nous, entre notre partenaire et les enfants. La famille grouille trop et le calme ne s’impose jamais. Au contraire, peut-être le chaos et le bruit sont sources d’inspiration. En ce qui me concerne, j’ai travaillé très dur à construire cette place spéciale pour construire mes histoires et même là, je suis parfois incapable de le faire. Et voilà que je dois allée à X endroit, j’amène mon ordinateur portable « juste au cas où » et je me mets à écrire. Quels sont les factures qui ont influençé ma création ? L’endroit peut-il impacter considérablement ?

Je crois que cela dépend du moment, de nos moyens et de la façon dont ont voit l’écriture. Voulez-vous la voir comme une institution régide par exemple à  un bureau sans artifice avec une lumière tamisée ou à la chandelle et comme seul paysage un mur blanc ? Ou voulez-vous la voir indomptable, étourdissante et incohérente ?

L’important je crois c’est de rester attentif à vos réactions. Quel est l’environnement qui vous soulève jusqu’à l’écriture ? Quelles émotions apparaissent quand vous prenez votre crayon à X ou Y endroit ? Voyez-vous une différence avant, pendant et après ? Est-ce qu’il y a des éléments qui sont ressemblants ou différents d’une séance à l’autre ?

Vous penchez sur votre lieu d’écriture va vous permettre de mieux vous connaitre et mieux établir ce qui fonctionne pour vous. D’appliquer de fois en fois, vos critères qui déterminent une progression plutôt qu’une frustration.

Les excuses

Je me demande aujourd’hui quelles excuses je vais me trouver pour ne pas écrire. La vaisselle qui déborde du lavabo ? Le lavage encore défait ? La litière du chat ? La poussière qui roule sur le plancher ? Et pourquoi pas la température ? Foutu temps ensoleillé, s’il pleuvait j’écrirais sûrement ! Tiens … De la pluie.

Écrire vient avec des sacrifices, mais le sont-ils nécessairement ? Ne pourrais-je prévoir le coup ? J’ai demandé à ma co-auteure si elle se sentait coupable quand elle avait du temps, mais qu’elle n’écrivait pas. Elle m’a répondu : « J’essaie toujours d’écrire une phrase par jour. » Une phrase… Je ne suis donc pas capable de faire une toute petite phrase par jour ?

Je me suis donc levée, j’ai été me préparer un café. Pendant que l’eau chaude coulait de la cafetière imbibée de caféine, j’ai fait ma vaisselle et j’ai même balancé le linge dans la laveuse. J’ai flatté minou et j’ai nettoyé sa litière. Voilà, quinze plus minutes plus tard, rien n’obstruait mon désir d’écrire. Sauf, moi-même.

Quand je ne sens pas que j’ai la force d’écrire, je me lève et je vais dans mon bureau. C’est la seule façon de briser l’inertie. Même s’il fait chaud, j’ai mis le ventilateur. Je me se suis retrouvée ensuite devant un autre obstacle : Lequel de mes projets allais-je faire ? Je n’ai pas le goût d’aucun d’entre eux.

Quand ma tête décide de trop réfléchir, je me dis que c’est le bon moment pour un article pour mes blogues. Même une feuille blanche pour une écriture automatique fait l’affaire. Il faut juste faire. L’objectif est de commencer par écrire quelque chose. N’importe quoi ! Juste remettre en branle nos doigts et enclencher nos mécanismes d’artisan de l’écriture. Une fois assis, devant l’ordinateur c’est plus difficile après de prendre la fuite.

Mais après cet article, mon problème ne sera pas résolu. Lequel de mes projets vais-je avancer dans les prochaines heures ? Et s’il y avait un temps pour créer un autre pour corriger ? Faire la correction de ses manuscrits demande de la concentration, mais il vient chercher une autre partie du cerveau, plus logique, plus analytique. J’ai besoin de ça en ce samedi matin.

Alors je vais me plonger dans ce roman que j’ai écrit pendant deux ans alors que je change tranquillement les temps de verbe et je peaufine ma pépite d’or, il me viendra d’autres idées… Dont, la permission, aujourd’hui, d’écrire seulement une phrase sans m’en sentir coupable. Non seulement les excuses nous ralentissent, mais sabote notre vie à petit feu et d’un seul coup on réalise que les années ont passé et que nous n’avons rien réalisé.

Et vous, combattrez-vous vos mécanismes internes d’autosabotage pour vaincre l’inertie et accomplir votre destinée ?

Les images dans la tête

Dans mes débuts, j’avais de la difficulté à simplement dire ce que je pensais. Je voyais un paysage lumineux et je tentais par tous les moyens de le reproduire conformément. Toutefois, entre la pensée qui germe et l’action de mettre sur papier, il y a un monde. Un fossé. Une tension.

Qui tente a plus de chance que celui qui ne fait rien. Celui qui se salit les mains risquera gros au contraire de celui qui fabule sans cesse. En gros, ça revient toujours au même message que je tente de livrer: Prendre action. C’est-à-dire, même si l’image n’est pas exactement celle de votre esprit, essayez tout de même de la décrire. Ce n’est pas non plus tout ou rien. L’écriture c’est comme une pépite d’or, brute et sale. Il faut la retirer de la terre, la nettoyer, la polir… C’est la même procédure avec votre histoire et avec ses descriptions.

Faîtes des zooms, des gros plans ou des plus petits plans sur les descriptions. Tenter une façon différente de décrire la scène ( C’était au je alors je le met à une narration absente). Regardez une forêt, mais aussi ses arbres ( individuellement), la mousse qui couvre le sol, la lumière ou son absence, les sentiers, les animaux, etc.

L’observation vient avant la création. C’est essentiel dans ce métier. Toutefois, je ne parle pas d’écrire une histoire en Australie et d’aller vous y installer pour six mois ( si vous avez les moyen, faîtes-le ! ). Il y a tout autour de vous un monde à découvrir et à capter. Prenez des photos, peignés ou utilisez tous les moyens pour alimenter votre imagination. Rapportez ces clichés à la maison, assoyez-vous et mettez-vous au travail.

À force de répéter ce genre d’exercice, vous trouverez la description plus aisée. Vous comprendrez plus facilement le processus de l’esprit au papier. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée. Foncez ! Acceptez que parfois ça ne rejoint pas votre cible et d’autre fois, vous êtes un pro. Le plus important, c’est de continuer et réessayer. Encore et encore. Jusqu’à ce que le résultat vous satisfait.

Tous les chemins mènent à l’écriture

Je tourne en rond. Voilà des heures que le même paysage défile. Je me sens perdue. Je le suis sûrement, mais je renonce à cette idée sinon je me condamne. Mes souliers usés par la traversée, c’est maintenant mes pieds qui touchent le sable brûlant. Ma chair rougis. Je retiens mes larmes pour ne pas m’effondrer. Chaque millilitre d’eau est précieux… et j’ai épuisée tout ce que j’avais amené avec moi. Et si je n’en sortais jamais ? Et si je mourrais là sous les rayons ardents du soleil ? Et si j’abandonnais, car inévitablement tout ça, c’est trop difficile ?

L’écriture n’est pas obligé d’être un parcours désertique.

Voilà c’est dit. L’écrivain souffre. L’écrivain vit des tensions. L’écrivain ne voit pas la fin. Cette impression de ne jamais y parvenir, c’est normal. En même temps, elle ne l’est pas.

Qui traverse un désert sans équipement ?

Qui traverse un désert sans plan ?

Qui traverse un désert avant même d’avoir décider de le faire ?

Venez ! Je vous ramène dans un lieu plus accueillant, lumineux dont le chemin est soigneusement élaboré.

Au début de mon aventure, j’aurai aimé qu’on me dise : « Hey, prends ton temps, ce n’est pas une course. » Avec l’économie qui décolle au quart de tour, on a peur d’être out. On se dit même parfois, qu’on atteindra jamais le succès avant même d’avoir poser un mot sur le papier. Et rien ne me rend plus triste qu’un manuscrit qui dort dans un tiroir.

Mais sachez une chose, vous n’êtes pas dépourvu. Vous avez une tête, un coeur, un âme, des expériences, des émotions et probablement une «chiasse» d’anecdotes à nous raconter. Vous allez vous débrouiller quoi qu’il arrive.

Prenez le temps de planifier et visualiser votre objectif.

Accepter que vous ne saurez pas tout dans l’immédiat.

Laissez-vous surprendre par votre chemin.

Peu importe la direction que vous prenez, vous rencontrerez votre imaginaire et votre capacité de créer. Cette faculté existe chez tous les êtres humains.

N’oubliez pas une bouteille d’eau, de bons souliers et de prendre des pauses. Ce n’est pas une course, mais un marathon.

Créer sous la pluie

J’entends les gens autour de moi, heureux que le soleil revient. C’est compréhensible après les mois froids de l’hiver, on ne désire que cela! Mais l’écrivain en herbe n’a que faire de la température. Tout est inspiration. Beau temps comme mauvais temps.

Vous connaissez le Jardin botanique de Montréal ? Non ! Courez vous acheter la carte membre des amis du jardin ( ou comme dans mon cas, les amis des bonsaïs et des penjing ). Pour 45 $ / l’année, vos sorties sont une pincée de sel dans votre budget. Donc, tous les dimanches, je vais y marcher. Cependant, cette fin de semaine, j’ai trimbalé mon carnet de notes et je suis allée m’asseoir dans les serres…

Pendant que l’eau de la pluie tombait en averse sur les fenêtres des serres et que le ventilateur tournait à plein régime pour souffler l’humidité, moi, j’observais la nature artificiellement agencée. Les couleurs et les parfums m’émerveillent ! Je prends des notes, je décris comment je me sens et je passe par les cinq sens.

Écrire est avant tout, non une question de talent, mais une capacité d’arrêter le temps. L’endroit où vous êtes pourrait vous apprendre un tas de trucs si seulement vous acceptez de ralentir et de regarder autour. Comme cette gouttelette d’eau qui s’amasse sur cette feuille gigantesque qui coule doucement jusqu’à créer un chemin et pour plonger sans peur vers le sol.

Rien à voir avec la douce senteur des bégonias, mais quelle couleur vive ! Comment arriver à le définir dans une histoire ? Comment s’inspirer de la nature pour créer des mondes plus merveilleux les uns que les autres ?`Je repense à Jules Verne qui a du passé des heures devant des bassins et des aquariums pour saisir le Monde Aquatique. Je pense à J.K Rowling qui a eu suffisamment d’introspection pour faire naître le célèbre Harry Potter…

Vous êtes des écrivains amateurs ou peut-être même vous avez déjà vos gallons en la matière et se ressourcer est une étape fondamentale. Vivre l’ambiance, se donner le défie de créer sur un rien, de prendre le temps d’observer et de noter sur une roche ce que votre regard porte. Alimenter votre esprit de nouvelle découverte. Acceptez à nouveau d’être l’élève et non l’enseignant. Imprégnez-vous de vos sens.

L’écriture n’est pas une ligne droite, elle évolue en même temps que vous. Sortez de votre tour d’ivoire et aventurez-vous…

Ferme tout et va écrire

 

Un réveil brutal, mais nécessaire ce matin ! Huit heures sonne et je suis toujours bien emmitouflé dans mon lit. C’est samedi. On peut la prendre relaxe, non ? En fait, pas du tout. J’ai plusieurs projets en attente. Vous les entendez crier ? Moi oui… chaque fois que je m’éloigne un peu trop. Heureusement que l’appartement d’à côté reçoit les rénovateurs. Grâce à eux et leur habileté à faire plus de bruit que le bruit lui-même, j’ai ouvert les yeux.

J’ai passé sous la douche et j’ai pris ma première gorgée de café. Les fenêtres sont ouvertes pour laisser pénétrer un vent frais dans la maison. L’ordinateur est ouvert et je peux me lancer. Mon objectif est de trois chapitres aujourd’hui plus un article dans mon blogue.

Trois chapitres de la même histoire ? Pas du tout ! Je suis suffisamment folle pour faire trois histoires en même temps ! Ces manuscrits ne sont pas tous rendus à la même place, sinon je crois que je perdrais le pied rapidement.

Si vous êtes comme moi, vous avez toujours cette petite tension avant d’aller écrire. Parfois bonne, d’autre fois désagréable. Moi ça change. Aujourd’hui, j’ai le goût d’écrire, mais je dois arriver à me rendre à mon poste de travail. Alors tranquillement, je me donne le courage d’avancer jusqu’à mon bureau.

Mon chat a suffisamment de bouffe pour durer dix ans, j’ai mon café chaud et de l’eau. Je range le cellulaire (sans oublier de fermer la sonnerie), je ferme les onglets actifs qui se sont ouvertes par magie sur mon ordinateur ( Bref, facebook !) et je m’installe.

Ça, c’était le pire à affronter ! Cette longue allée de tentation et de facilité. Mais je ne cède pas ! Et vous non plus ! Que votre objectif soit d’une heure ou de vingt minutes dans votre univers, prenez-le ! Combattons en ce samedi grisâtre notre paresse trop souvent gagnante ! Écrivons !

 

 

Le fantasme, le rêve et la réalité

J’ai trouvé le titre de mon article et aussitôt, j’ai compris, que le sujet était sérieux. Il vous fera peut-être un peu mal, moi en tout cas, je ressens encore une douleur dans la poitrine. Oui, c’est mon coeur qui s’emballe.

À l’intérieur de chacun de nous, il y a une flamme. Un feu qu’on peut surnommé passion, amour, bonheur… Bref ! Ce petit quelque chose qui fait de vos journées, de vos nuits peut-être, de votre maison et de votre âme une place chaude et bien. Ça vous appartient. Personne ne peut vous l’enlevez. Par contre, parfois, souvent même, ont à tendance à oublier les faits. Et la réalité, cruelle soit, mais juste est là pour nous rappeler et nous ramener de nos élans de joie.

J’aime écrire. Depuis que je suis toute petite, je ne pense et je ne vis que dans le but d’écrire plus et mieux. Je me voyais une grande écrivaine. Je me voyais poète. Je me voyais créer tout plein d’histoire et de monde magique. Je suis allée chercher des conseils. J’ai parlé à mon entourage. J’ai lu et relu. Très tôt, on m’a dit : « Petite ! C’est bien beau vouloir écrire, mais faut savoir écrire. »

Savoir écrire ? D’accord ! J’accepte le défie. Et je vais bossée sur le sujet aussi souvent et longtemps que je le peux. Pendant des années s’il le faut. Pendant le jour et la nuit. Pendant les pauses, pendant le travail (chute! ). L’important c’est que j’en vis. Ça coule dans mes veines, jour après jour. Quand je n’écris pas, je ne me sens pas bien. Je vais donner la place à mon rêve. Je vais m’extraire du fantasme , du flou, du romantisme d’écrire, de ma frustration de ne pas voir arriver rapidement les résultats. Je vais y mettre mon énergie, mon temps et des efforts. J’accepte ! Tout ! Où dois-je signer le contrat ?

Qu’est-ce qu’un artiste frustré ? C’est un artiste qui reste dans le cercle néfaste de « je ne vais pas y arriver », « je n’ai pas le temps », « on sait bien, lui, sa famille est dans l’édition », « il n’a pas de talent celui-là ». Il y a aussi, ceux qui ont été étudier en littérature, mais qui attendent qu’on leur donne un devoir. Lorsqu’ils vont se ramassé seuls avec eux et la plume, j’aurai pitié. Comme j’ai eu pitié de moi, sans culture, sans technique, sans personne et que j’ai dû défriché beaucoup de mauvaises herbes pour comprendre ce que je fais. Et encore, est-ce que je le sais plus aujourd’hui? J’ai tendance à croire que j’ai sans cesse besoin de renouveler mon savoir.

Sortir du fantasme est essentiel. Coco n’y arrivera pas s’il croit qu’on lui doit quelque chose. Coco n’y arrivera pas s’il ne voit que le « Romantisme de l’écriture » . C’est beau écrire. C’est beau ce métier. C’est de la lumière et de la joie. Mais c’est surtout, surtout et surtout, un boulot. Alors, merdouille! Faudra bosser Coco!

Le rêve. Ce rêve. MON RÊVE. Est un objectif. Est un chemin. C’est par là ou par ici que je vais y arriver. Voilà ma montagne. Où je dois gravir ? Comment puis-je m’équiper ? Le rêve n’est pas inatteignable. Il demande de l’énergie, du temps et des efforts.

La réalité. Vilaine et grossière. Violente et saignante. Celle-là on n’y échappe pas. Elle me suit sans cesse. Elle me ramène à l’ordre. Elle me compare. Elle m’explique mes échecs. Mais elle est surtout honnête. Précieuse. Inévitable. Si je veux, je dois travailler. Si j’ai besoin, je cherche. Si je crois en moi, elle est là et me pousse à me surpasser. Toutefois, ne lui ment pas. Ne retourne pas voir sa soeur Fantasme, elle te le reprochera. Soi assurez, que Réalité, le saura et te le dira.

Chacun son rythme. Relaxe. Ne t’essouffle pas pour rien. On ne gravit pas une montagne en courant, n’est-ce pas ? Prend le temps. Aime ton chemin. Chérie-le. C’est TON chemin. Profite de chaque moment, de chaque doute, de chaque victoire. Aussi des échecs, car ce sont de puissants maîtres. Bien sûr, tu trouveras toujours mieux et plus rapide voire plus talentueux que toi, mais il demeure que ces derniers, ne sont pas toi. Et tu es précieux. Tu es unique. Tu as quelque chose à dire, alors fonce ! Élance-toi ! Ne t’attarde pas dans le fantasme, car ce dernier paralyse et frustre. Souris à ton rêve et prend la réalité main dans la main, car ce n’est pas ton ennemie.

La pulsion du début

Il est dit : « assis-toi et écris». Toutefois dans cette simple phrase, il y a un combat acharné qui nait en chacun des écrivains que nous sommes. Nous ne sommes pas idiots(es), on comprend le principe. Il n’y a pas de formule magique pour devenir écrivain (ou artiste); il suffit de prendre notre envie (aussi fofolle qu’elle est) et la mettre au bureau pour se mettre à l’ouvrage.  Alors, à l’intérieur de chacun de nous, commence la plus cruelle des batailles…

« Ce qui me pousse à écrire est avant tout l’idée qui germe et qui travaille dans la journée. Le plaisir de mettre en mot cette vision que je vois et revoie

JUDITH GAGNON-

            Je ne sais pas pour vous, mais à cet instant où j’ai le désir d’écrire tout se met à travers mon chemin : La vaisselle empilée dans le lavabo hurle de désespoir, la poussière roule sur le plancher, mon lit défait,  ma nuit houleuse et mon chat, comme à son habitude, il est dans mes pattes et réclame de l’attention. Je n’ai même pas encore  un pas à l’intérieur de mon coin dédié à l’écriture que je suis découragée, démotivée, épuisée et pire… je n’ai plus le goût aux mots. J’ai le devoir de m’occuper de mes tâches qui m’incombent.

Et si nous étions capables de mettre un petit point sur notre calendrier tous les jours que nous écrivons. Au bout d’un an, nous sommes en mesure de réaliser, même si ce n’était que de quinze minutes par jour, à quel point nous nous sommes dédié  à notre art.

«Ce qui me pousse à écrire chaque jour (bon, je saute des jours, mais j’essaie d’écrire le plus souvent possible!) c’est qu’à un moment donné, pendant que j’écrivais mon premier roman, j’ai découvert sur le blogue d’un auteur anglophone, Joel D Canfield, un article qui parlait de la Résistance… Je me suis rendu compte que c’était ça qui me ralentissait, qui sabotait un peu mon travail, et qui a fait que ça m’a pris 10 ans écrire ce livre… Pour faire face à la Résistance, il conseillait aux auteurs d’essayer de développer l’habitude d’écrire chaque jour, même si c’était seulement quelques minutes. Il disait que si s’asseoir à son bureau devenait une habitude, plutôt qu’un choix, c’était plus facile d’avancer dans son roman.

Si je n’écris pas pendant quelques jours de suite, quand je reviens, j’ai l’impression d’avoir perdu un peu le fil de mon histoire…»

 

MYRIAM PLANTE

L’art en lui-même est une extension de nos désirs, de nos émotions, de nos pensées. Nous bouillonnons avant même d’être entrés en contact avec notre histoire dans ce moment privilégié. Étant donné que nous ne pouvons retirer notre cerveau et le mettre dans un bocal ou même d’enlever notre cœur et le déposer sur le comptoir le temps d’une séance d’écriture, il nous faut trouver le moyen d’arriver à notre objectif quotidien. Surtout que nous avons besoin dans l’art de toutes nos parties, ce tout, notre tout, qui fait de nous ce que nous sommes.

Il s’agit plus de dresser votre mental à s’exécuter. À se mettre en action, en mouvement.  Tout se passe là, avant même d’avoir mis les pieds dans la pièce, dans cette petite étincelle qui nous fait dire oui, je vais écrire maintenant.

Personnellement, je passe souvent par une gamme de sentiment. Mon objectif est de sortir la tension dans mon corps et de ma tête. Je sais qu’une fois que j’ai écrit, je me sens mieux. Je me sens bien. Je me sens remplie d’énergie. J’ai le goût à la vie. Je sais que mon objectif final, ma montagne à gravir est d’être ce que j’ai toujours voulu être. Être écrivaine. Mais j’ai compris avec le temps que c’était énorme comme objectif. Et si j’essayais simplement d’écrire quelque chose aujourd’hui. Rien de plus. Juste ça. Quelque chose. Alors l’idée d’objectif devient, plutôt qu’une montagne, un simple pas qui se répète dans le temps.

Quel est la pensée, le mot ou la phrase qui vous attire dans votre lieu de création? Quel sentiment vous envahit avant de franchir le seuil de votre bureau?

 J’ai posé la question à un autre artiste…

«J’entre dans mon studio avec une toute petite tâche à accomplir.

Allumer mes machines. Ce qui demande beaucoup de courage, car il y a tellement de peur et de contre action : coût de l’électricité le stress des composantes électriques, le ménage, les choses à faire… En fait je vais simplement entendre une note, jouer un son, tourner un bouton… Ou ce qui marche le mieux pour moi est la quête d’une solution a un problème technique… et vlan je me fais avoir je mets a actionné un bouton et un autre puis je me pop un beat. Je perds alors la notion du temps et de l’espace. Pour moi rien n’est calculé, rien n’est planifié je ne suis pas un musicien je suis un explorateur/créateur de son. Pour moi l’important c’est d’avoir un studio toujours en ordre ready to REC»

-PIERRE VIENNEAU-

ALIAS

KEBATEK

La créativité ne se commande pas. Il ne suffit pas de se mettre à genoux et prier pour que vous vienne l’inspiration. L’état d’esprit avant d’entrer est fragile pour tout le monde. Qu’est-ce qui fera de vous un ambassadeur de votre œuvre aujourd’hui, plutôt de retourner vous asseoir devant la télévision à écouter star trek? Quelle pensée déclenchera votre désir et vous permettra de le suivre? Êtes-vous comme Kebatek à vous jouer le tour? Commencez par faire du ménage et vlan! Le piano se fait toucher et vous êtes roulé! La musique vous inonde et votre réalité laisse place à votre univers de rêve.

Vous savez, pour être honnête, pour écrire cet article je suis venue m’asseoir dans à mon bureau. J’ai activé mon chronomètre et je me suis dit 15 minutes par jour Karine, fait ton blogue et cela sera terminé pour aujourd’hui. Sors la tension! Sors une idée sur l’écriture! N’importe laquelle! Va s’y! Lance-toi!

J’ai commencé par tourner en rond avec ma chaise et à me demander de quoi j’allais bien pouvoir parler… Je pensais à ce projet avec qui je jongle depuis un an, j’ai pensé au boulot et mon anxiété grandissant… Puis  je me suis posé une question toute simple : qu’est-ce qui allait faire qu’aujourd’hui, j’allais remplir mon quinze minutes tel que prescrit?

Alors que je tentais de répondre à cette question, je tenais mon sujet d’article. Quelle pensée me guide vers l’écriture? Quel mot me permet de me mettre à travailler? Qu’est-ce qui vient à l’esprit d’un artiste juste avant de s’exécuter réellement plutôt que procrastiner ou se donner des excuses.

Faites l’exercice : Lorsque vous prendrez contact avec votre art et que vous vous exécuterez, notez les pensées qui vous viennent à l’esprit. Notez celle qui vous motive qui vous donne de l’énergie. Celle qui vous fait sentir bien. Notez aussi, votre absence de pensée, notez vos gestes qui sont venus naturellement ou forcer votre travail. Répétez-les la journée suivante. Encore et encore. Remarquez votre résultat. Trouvez cette phrase ou ce geste qui vous porte ou vous soulève légèrement vers votre chaise d’artiste.

Anaël Verdier propose te tenir un journal d’écriture, notez vos pensées, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné. Notez ce que vous avez fait et ce qu’il vous reste à faire. Ou faites comme Myriam Plante, un point sur le calendrier et réjouissez-vous de les voir s’additionner quotidiennement. Gardez en vous, comme Judith la joie et le plaisir de voir votre projet évoluer…prendre des tournures inattendues!

Voilà comment vous calculerez votre progression. Enclenchez votre chronomètre pour quinze minutes et soyez surpris ensuite de voir que cela fait une foutue heure que vous êtes assis devant votre écran. Mais comprenez cette étincelle (qui au contraire de la pensée de sabotage) vous encourage à le faire maintenant et tout de suite.

J’entre dans mon bureau, admire ma décoration, je me réjouis des crayons multicouleurs et je caresse les couvertures des livres de ma bibliothèque. Cet endroit me fait sentir bien. C’est chez moi. C’est pour moi. Je regarde la fenêtre qui donne sur le fleuve St-Laurent. Je me sens en paix. Je me sens calme. Et si j’écrivais quelque chose aujourd’hui?

L’échec n’est pas si terrible

Sincèrement, je nous souhaite à tous d’échouer dans l’écriture et l’art voire même dans d’autres sphères de notre vie. Mais voyons Karine, serais-tu tombé sur la tête? Ne-non, je suis encore bien lucide. L’échec, il ne faut pas le voir comme… un échec. Au contraire, comme le moteur de notre apprentissage. Il faut le prendre, non personnellement, plutôt comme les centaines d’opportunités qui ont croisé notre route.

Quand je vous dis échec, moi je parle par exemple du fait que mes livres n’ont pas le succès que j’ai ambitionné. Je vous parle, un peu, de ma solitude que je vis avec cette passion. Je vous parle de ce vide quand je m’attends à des commentaires ou de l’argent qui n’est pas au rendez-vous. Pourtant l’échec c’est bien plus que tout cela!

L’échec comme le dit Edison c’est des centaines de moyens, des milliers de moyens, des milliards de chemin emprunté. C’est magnifique! Moi Karine, j’ai tout fait ça? J’ai osé autant de fois? J’ai réessayé malgré tout? J’ai profité de ma passion, envers et contre tous, encore? Ben oui!

J’écoutais un vidéo TED sur les 10 habitudes prises par les gens riches (financièrement, mais aussi ces gens dont tout semble leur réussir). Une des habitudes à prendre est justement de changer notre définition de l’échec. C’est voir les opportunités. C’est comprendre qu’à travers toutes nos tentatives, nous en connaissons un peu plus sur le sujet et sur nous-mêmes. C’est à dire, mon livre, mon projet, mon écriture, mon talent… je l’ai amené dans toutes ces directions opposées et je peux désormais te dire ce qui fonctionne ou non.

Ce n’est pas le fun! Je ne me sens pas bien!

C’est justement pour ça que l’échec devrait être un sentiment d’accomplissement. Une pulsion de motivation. L’échec devrait être obligatoire. Une émotion qui devrait être éprouvé. Car si tu ne sais pas qu’est-ce que ça fait quand tu t’érafles les genoux comment sauras-tu que tu es dans le succès? Je ne dis pas d’être maso… Si vous réussissez! Je suis super heureuse pour vous! Sachez cependant pourquoi vous réussissez pour le reproduire. Et sachez pourquoi vous échouez. Où ça ne marche pas.  La marche est longue, prenez de bons souliers alors (et un calepin).

Le succès c’est voir nos échecs, nous accueillir dans notre sentiment de perte ( solitude, culpabilité, honte…) et c’est se relever (différemment) et foncer de nouveau( parce que vous êtes passionnés et ce que vous faîtes vous remplis de joie)!