Les rencontres grâce à l’écriture

Depuis un moment, je vis des déceptions côté écriture, Depuis plusieurs semaines je me bats contre moi-même pour avoir de l’énergie que je ne trouve nulle part. Je me sens nulle dans tout. Nulle comme amie, nulle comme soeur, nulle comme écrivaine… ( Désolé de la surutilisation du mot nullité, mais ça l’a le principe d’être clair) Hier soir, au retour du travail, en entrant dans la zone wifi de mon appartement l’alarme de notification s’enclenche. Je reçois un message d’une amie auteure. Elle me disait qu’elle avait lu quelques articles de mon blogue et m’encourageait de poursuivre mon rêve malgré la peur. J’étais surprise. J’étais dans un mood qui fait en sorte que je ne veux même pas me fréquenter moi-même. J’ai réalisé alors qu’il en fallait parfois peu pour nous aider à continuer de grimper l’immense montagne de nos objectifs. Un mot, un compliment, une tape dans le dos… Brisé le cercle de la solitude qui accompagne souvent cette passion.

Je m’isole quand je me sens sans intérêt. Pourquoi mes amis(es) voudraient me voir de toute façon, je ne suis qu’une personne négative?!  Mais il faut s’extraire de cette impression et je luttais jour après jour pour m’en sortir. Et hier… Cette amie m’a donné le petit coup de pouce qu’il me manquait. Il suffisait d’un message à l’improviste pour me rendre le sourire. Alors j’ai décidé que cet article porterait un peu plus d’espoir en vous parlant des rencontres possibles grâce à l’écriture.

J’ai commencé à écrire très jeune et j’avais le droit aux moqueries des amis (es) de l’époque. C’était étrange une enfant qui aimait lire et écrire…  Alors je me cachais, mais au secondaire, mon droit à faire ce qui me plait est devenu très fort. Ma gang et moi avions décidé de partir un journal. Modeste certe, mais qui occupait nos journées. J’aimais écrire et cette passion envahissait toutes mes pensées. Une année, J’ai participé à un concours  que je n’ai pas gagné, mais ça ce n’est pas le plus important. Mon professeur de français qui me guidait était d’une douceur et d’une générosité. Je me souviens de son nom aujourd’hui et de ses encouragements. À la dernière année, dans le cadre d’un cours de français, on nous a demandé ce que nous aimerions être plus tard et de faire un exposé sur cette carrière. Je n’avais pas d’autre rêve que celui d’être écrivaine. Alors j’ai envoyé des messages à deux auteurs : Louise Gauthier et Mario Francis. Ils m’ont invités chez eux et dans un café. J’ai conservé leur lettre et je les ouvres encore maintenant quand je me sens essoufflée.

Au cégep, je continuais d’écrire, mais j’avais perdu mon chemin. J’avais perdu espoir d’un jour être capable de me considérer comme une vraie écrivaine. J’ai été dans des stages, j’ai été sur des blogues d’auteur, j’ai fait des exercices et j’ai rencontré Jean Barbe dans une activité. Une journée épuisante et essentiel à mon développement d’auteure. Arriver à l’université, j’ai accélérer le pas. Je me devais de faire un livre. Quel a été l’élément déclencheur? Je ne souviens plus trop, cependant sur mon chemin Anaël Verdier est arrivé. Un français dont je reçois tous les courriels chaque dimanche. À travers ses mots, j’ai reconnu ma vulnérabilité et l’inconfort que je vivais. Grâce à lui, je me suis prise en main, établie ma discipline, accepté de perdre et de gagner. J’ai aussi rencontré une amie auteure dans une de ses conférences. Une correspondante et une amie pour échanger sur l’écriture. Tranquillement, je me suis fait à l’idée que j’étais douée alors j’ai poussé plus loin. J’ai fait deux nouvelles (Acheri en décembre 2016 et le bateau fantôme en octobre 2017). J’ai ouvert un groupe d’écrivain amateur avec une amie aussi passionnée d’écriture. J’ai rencontré des jeunes hyper sympa et talentueux. J’ai aimé cette année auprès d’eux à tenter d’expliquer ma vision de l’écriture. J’espère les voir progresser sincèrement tous autant qu’ils sont dans le domaine du livre ou autre. Et j’ai eu la chance de connaître une auteure de genre lesbien. Nous avons beaucoup échangé et nous sommes désormais collaboratrice.

Je continue d’apprendre, mais les relations sont importantes. L’écriture, la solitude, la discipline, oui certainement, ce sont des éléments essentiels. Toutefois, chaque fois que j’ai dû me compromettre, mettre ma tête à l’extérieur, parler de mon rêve avec des gens qui partageaient la même passion j’ai toujours été accueillis chaleureusement.

Pour terminer, j’aimerais remercier tous ceux qui ont croisé ma route dans cette aventure qu’est l’écriture.

Merci d’avoir été présents et de m’avoir permis de voir en vous la sagesse et l’apprentissage dont j’avais besoin.

Écrire fait peur

Je suis sur la correction d’un texte avec une coauteure. Un beau projet, mais qui demande de mettre son orgueil de côté et accepter les commentaires de la correctrice. Quand on se met en action par contre j’ai réalisé que cette frustration était justifiée. J’ai écrit et cru à tort que j’avais pondu la perfection. C’est rare la perfection. Dans le meilleur des cas, je fais de mon mieux et j’apprends. Cependant, en replongeant dans mon histoire j’ai ramené à la surface la peur.  Une peur qui explique pourquoi depuis plusieurs semaines je bouffe à m’en donner mal au ventre, je ne parle à personne et je me sauve en me jetant esprit et corps dans mon nouveau boulot. J’ai réalisé qu’écrire m’effrayait…

La peur du noir à longtemps suivit notre espèce. Il était normal de craindre cet élément qui nous empêchait de voir nos prédateurs. Les ténèbres, encore aujourd’hui, avec l’électricité nos lampadaires et nos cellulaires nous fait frissonner. Une peur sauvage, naturelle et normale. Ma peur qui a émergé de mon travail de correction est plus viscérale. Une peur que je sens m’alourdir tout le corps et qui au lieu de me tétaniser sur place m’encourage à poser des gestes rapidement. Je ne suis plus l’homme de Cro-Magnon qui se terre dans une caverne attendant le levée du soleil. C’est une peur que je dois rencontrer, comprendre et parler. Quelle est-elle?

Dans ma démarche d’écriture, j’ai toujours un doute sur ce que je fais. Je rencontre l’inconfort et je dois l’accepter. Je dois me rappeler ma légitimité, à tous les coups. Et cette peur se nourrit sans aucun doute de tous ces aspects, mais pas seulement. Écrire c’est me rapprocher de mon centre. Écrire c’est me découvrir. Accepter mes peurs de primate et mes peurs de mes traumatismes. Écrire c’est vivre et décrire ces peurs. Écrire c’est parler à ces peurs et les détailler pour en faire un texte unique et honnête.  Je me retrouve devant certaine phrase, certain paragraphe et je tremble. Elle est là, coucher sur la page en encre noire, ma peur qui s’agitait dans mon esprit un instant plus tôt.

Quand j’écris, ce n’est pas uniquement une série d’énumération de sensations et d’actions. Le personnage marche, je marche. Le personnage crie, je crie. Le personnage se fait violer… Enfin vous avez compris! Il y a une étroitesse qui dépasse l’intimité absolue. Ce n’est pas juste le rêve de voir un elfe dans ma réalité, mais de créer cet elfe aussi humain, aussi perceptible, aussi de chair et de souffrance que ma propre vie avec les mêmes dilemmes, les mêmes angoisses, les mêmes rêves…

Écrire me fait peur et c’est ainsi que cela doit être. Je disais inconfort plus tôt c’est exactement cela que je dois vivre. Je dois le sentir pour mieux l’expliquer dans mes histoires. Ne serait-ce pas mieux de parler de pinson et de fleurs des champs? Oui probablement, mais même le pinson et même les fleurs des champs vivent de la peur. La perception de l’écrivain a un devoir de la trouver et de la transmettre dans ses écrits.

Un auteur écrit avec son cœur, son âme, ses tripes et son cul. Il n’y a pas meilleure expression que celle-ci. Si le héros l’emporte toujours, il n’est qu’un gagnant à la loto. Si le méchant gagne jamais il n’est qu’un cliché qui sort tout droit d’une comédie. Dans la vraie vie, tout est plus nuancé. Rien n’est plus ambigu que nos sentiments. Je ne dis pas de se poignarder pour sentir ce que serait être un valeureux chevalier, mais fermez les yeux et prenez le temps de voir l’action dans votre tête, sentir les muscles se contractées, sentir la respiration saccadée, sentir votre esprit bouillonner et votre cœur taper dans votre poitrine prêt à rompre votre cage thoracique. Vous avez peur de ne pas sauver votre terre et vos habitants… Quand vous ouvrirez les yeux, la peur, vous la maitriserez et vous serez en mesure, comme écrivain, d’utiliser ce sentiment dans vos histoires comme l’ultime acte de libération.

Qui sommes-nous quand personne ne regarde

À aucun moment, cet homme à la peau foncée ne remarqua que je le dévisageais depuis dix minutes. Il avait ses écouteurs, trépignait du pied et envoyait son menton dans tous les sens. Je ne le dévisageais pas vraiment. J’étais intriguée. Obsédée même à comprendre pourquoi il se laissait s’exposer bizarrement aussi aisément en public. Moi la honte m’aurait pognée depuis longtemps. Je tapote un doigt discret sur ma cuisse et je regarde nerveusement autour de moi si je n’ai pas dérangé personne. Mais lui, comment faisait-il pour s’offrir cette liberté? S’offrir l’indifférence du regard d’autrui? Peut-être aimait-il ça, gênée, la mamie assise à côté de lui? Peut-être aimait-il ça, déranger? Pour moi, il était un inconfort et pas une gêne. J’aurai voulu être comme lui.

Durant tout le trajet à le fixer impoliment, mes pensées continuaient d’évoluer. Qui étions-nous vraiment sans le regard des autres? L’image clichée d’un chanteur amateur et aux fausses notes sous la douche par exemple. Sans avoir la possibilité d’aller faire un sondage sous les douches de tout le monde… quoique ça serait soit effrayant soit hyper excitant, mais passons… Quand je marche dans mon quartier et que je vois les lumières d’une maison allumées et que par chance aucun rideau n’est tiré, je glisse mon regard sur le quotidien des gens. Pour la plupart, avec déception, ils sont écrasés devant la télévision. J’ai commencé à travailler cinq jours semaine depuis peu et je vous avoue avoir longtemps jugés ceux qui étaient fatigués après le boulot, mais aujourd’hui mon regard est différent. Je suis moi-même crevée et quand mon sofa ouvre grand ses bras… Je ne peux résister.

Je croise des fois des gens qui font une balade. Des couples, main dans la main ou un coureur qui respire très fort. Alors je les juge d’une façon plus positives. On n’y peut rien, personne n’aime les patates de sofa (même ceux qui en sont eux-mêmes).

Il y a ceux qui tranquillos chez eux cuisine un repas qui prend trois heures, ceux qui écoutent des conférenciers à la radio en bidouillant deux trois trucs mécaniques ou électroniques, ceux qui sont sous leurs automobiles le visage rempli de graisse, ceux qui font leur devoir, qui s’en ramène du boulot, ceux qui vont aux restaurent prendre l’apéro… Il y a un tas de gens qui font un tas de choses. Et qui sont tous correct au final. Mais moi… Moi qui suis-je quand personne ne me regarde?

Je cours après mon chat, je fais ma vaisselle, un film ici et là (patate un jour patate toujours), je lis et j’écris. Je m’assis et je regarde à travers la vitre de ma fenêtre. Je rêvasse et j’ai l’impression sans cesse de perdre mon temps. Le temps m’échappe. Le temps coule entre les doigts comme de l’eau. Et j’aimerais le retenir. Me sentir un petit peu utile. Alors je réalise que je pense beaucoup trop à ce que le monde pourrait penser ou à ce que je pense de moi entrain de penser à ce que je suis quand personne ne regarde en doutant précisément qu’un jour cette intimité existe réellement au fond de moi.

Quand je réalise enfin que mon danseur anonyme n’est plus là et que mamie me dévisage à mon tour. Je dois avoir un petit filet de bave sûrement. Trop penser des fois… Alors je réalise que je peux y arriver. Être celle que je garde distraitement à la maison et la mettre sous les projecteurs. Je souris à la mamie d’un autre siècle. Elle se choque. On ne sourit pas à des étrangers. Et bien, moi si. Même seule dans mon salon en fixant le mur blanc. Et vous, quand plus personne ne regarde qui êtes-vous?

La malédiction d’une artiste

C’est difficile. Oui c’est difficile. J’ai une passe en ce moment incertaine. Mon esprit est embrouillé et les solutions n’apparaissent plus aussi limpidement. C’est comme ci je marchais dans une ruelle très étroite et longue. Une brume opaque bloque l’issu de cette ruelle. Je marche, m’éraflant les bras et les jambes sur le mur en brique. Je n’ai pas perdu l’espoir, mais bientôt je le sens au fond de moi une force étrange, malfaisante, qui a envie que je plie l’échine.

Je sais que peu importe ce que vous avez à affronter en ce moment, plusieurs ressentent la même chose que moi. Peut-être que vous vous avez le parfait copain, la maison, l’emploi de rêve ou je ne-sais quoi encore, mais vous ressentez ce doute aussi, au plus profond de vos tripes. À la fois qui engourdie vos sens et à la fois qui vous donne une grande lassitude à l’impulsivité. Avez-vous mis votre main sur votre poitrine à essayer de sentir votre cœur battre? Le mien est desséché et il a besoin d’un voltage.

Je vous dis tout ça parce quand on croit pendant très longtemps à un rêve et que tous les jours c’est un combat de se lever et de le continuer c’est normal après un certain temps d’éprouver cette grande fatigue. J’ai essayé d’émerveiller les gens près de moi. J’ai essayé de leur dire Hey! Regarde ma création! Regarde comme je suis allée au fond de moi! Regarde comme j’existe! Mais non… aucun éveil. Aucune empathie. Aucun intérêt. Le coup de grâce a été mes livres retirés sur tablette. Find! C’est le jeu! Même si je ne crois pas que ce jeu soit équitable.

J’ai quitté facebook. Je réalisais que je perdais des heures voire des journées entières à me comparer, à espérer et à souffrir. J’ai réalisé que même si je lançais dans la mer virtuelle un ballon, il calerait au fond. Au final pour comprendre que je perdais mon temps et j’avais cessé de rêver.

Une amie est venue dernièrement chez moi et même si j’en parle ici, elle ne me lit pas de toute façon. Ce n’est pas son genre de lecture. Surtout je ne veux pas que ce soit interprété comme une vengeance personnelle. Jamais mes écrits ne me vengeraient … Cependant une chose que l’art fait c’est de dénoncer! Alors je dénonce mes sentiments ou plutôt j’ose les rendre visibles comme un drapeau blanc, une chance d’avoir une ultime bouée. Donc, cette amie qui est venue à la maison. Elle a passé toute la soirée à me parler de son nouvel amoureux. Je l’ai écouté attentivement. Je lui ai donné tout l’espace. Le bonheur quelle merveilleuse chose a partagée. Elle inonde tout le monde autour de nous. Oui, inonde. Son bonheur me noyait. J’ai parlé que je n’allais pas très bien. J’ai osé dire que les gens… les gens ne m’apportaient plus aucun réconfort. Elle m’a demandé alors si je voulais rester amie avec elle. Je ne savais pas quoi répondre. Sur le coup, non je ne voulais plus être son amie. Elle ne venait que pour m’annoncer ce qui se passait de beau et bon dans sa vie. Moi j’ai toujours été une amie qui venait quand ça n’allait pas. Eh oui, je suis comme ça. J’aime voir la souffrance chez l’autre parce que je réalise que c’est le seul moment d’honnêteté. La souffrance c’est beau quand elle nous permet de grandir. Alors je lui ai dit que j’étais perdu, je lui ai dit que pour moi l’écriture était ma vie… oui…je ne sais pas ce que je ferais d’autre sinon! Et… il me semble que j’ai un certain talent! Alors nous avons continué de parler d’elle et de son bonheur. Et j’ai, de plus en plus, de la misère à croire en l’autre. J’ai de la misère à faire confiance, car chaque fois que mes émotions étaient sur la table on l’y a planté un couteau pour l’engloutir tout entier, comme mon ballon dans la mer, je glisse dans les abymes et disparais à jamais.

Comment on survit au manque d’intérêt de votre famille et de vos amis? Comment on arrive à s’enthousiasmer devant les projets des autres quand ils n’ont jamais osé porter un regard sur vous? Comme puis-je aider mes parents dans leur rêve quand ils sont incapables de venir chez moi, s’asseoir et me dire Hey fille comment tu fais ça écrire un livre?

Il y a peu de chance que quelqu’un lit cet article, mais les mots sont devenus ma seule expression. Je suis incapable d’aller vers quelqu’un et exiger qu’on m’écoute. Je suis incapable de couper une conversation et dire ça suffit on parle de moi maintenant! Je bloque. Je paralyse. Parce que je ne sais plus comment on fait parler de soi-même à quelqu’un qui s’en fiche. Je suis incapable de ça parce qu’à la base vous êtes tous plus merveilleux que moi.

Même connecter avec des artistes c’est difficile. S’ils sont le moindrement comme moi, ils n’oseront pas parler. Ils préfèreront créer en solitaire. Ainsi une vitre sera créée entre leur émotion et les autres. Entre nous qui aurait pu se comprendre. Nous devons les protéger nos émotions, ils sont le moteur de notre création, mais au final notre talon d’achille. Comment ne pas prendre difficilement quelqu’un qui regarde votre table de vente et s’écrit ARK! Comment? Parce que je connais quelqu’un à qui c’est arriver et à par en rire et trouver stupide cette humaine, je ne sais pas quoi dire pour consoler cet ami qui au final à juste essayer d’exister dans ce monde.

J’ai accroché, il y a longtemps, un dessin dont j’étais fière sur le réfrigérateur familial et ce même dessin je le retrouvais dans le recyclage peu de temps après. Aujourd’hui je vis jour après jour cette même scène auprès de gens qui prétendument m’aiment.

Cette poisse! Cette malédiction que les artistes ressentent. Ce grand vide intérieur qu’ils essayent de remplir par le jeu de rôle, par les fraternités, par le dessin ou une histoire qui parle d’espoir ne nous quitte pas. Jamais. Chaque nouvelle création est une arme contre la morosité et le dessèchement émotif. La solitude dans laquelle nous devons plonger pour créer elle doit être temporaire. Mais je réalise que même quand j’émerge de mon monde, il n’y a toujours personne autour de moi. Le plus terrifiant est que si on regarde les contes où malédictions s’arriment, il est rare de voir nos héros s’en sortir seuls. À la seconde où il décide d’être en solo, il échoue.

Graphiste et écrivain: Comment bien travailler ensemble?

Présentation de ma graphiste MarieB

             Nul n’est sans savoir que l’autoédition on doit s’occuper de tout. Comment on fait exactement si dans l’un des domaines qui entourent la création du livre on n’est pas doué? Dans mon cas, tout ce qui est conception visuelle du livre j’avais énormément d’appréhension. Qui choisir? Combien ça coûte? Comment transmettre nos idées? C’est un avantage contrairement à la maison d’édition de pouvoir être libre de décider ce que je voulais comme page couverture pour mon livre. Mais cela peut être à double tranchant cette liberté. Dans un prochain article, je vais mieux détailler mon raisonnement, mes choix, le pourquoi du comment… mais pour l’instant j’ai voulu mettre sous les feux des projecteurs ma collaboratrice.

À deux occasions, j’ai eu la chance de travailler avec Marie-Ève B. Elle est proactive, talentueuse et sans conteste passionnée par ce qu’elle fait. La page couverture est d’une si grande importance pour que le livre intéresse les lecteurs tellement que la pression peut être plus grande à cette étape (la vente) pour la graphiste que l’écrivain-e. Ça passe ou ça casse. L’écrivain et le graphiste ont-ils réussi à bien collaborer ensemble pour représenter adéquatement, le livre, l’histoire, la vision et leurs pensées?

Ainsi je me suis permise de poser quelques questions à ma graphiste pour avoir son point de vue. 

Pour commencer, commençons par introduire le commencement:

Quel est ton parcours?

J’ai d’abord suivi une formation en graphisme au Cégep Marie-Victorin. Suite à cela, j’ai choisi de me lancer dans une aventure pour suivre un rêve: celui de réaliser des films d’animation. J’ai donc été étudier à Matane l’animation 3D. Au courant de ce DÉC, je me suis aperçue que je préférais élaborer des histoires, développer des concepts et surtout dessiner. Bien que que j’aie développé une aisance avec l’animation en tant que telle, le monde de la 3D me semblait contraint par le côté technique. (Ce qui me faisait un peu trop souvent rager contre les logiciels!) Je me sentais un peu restreinte par le côté technique de la 3D; d’un point de vue personnel, il me manquait une certaine liberté artistique que je retrouvais plus dans les logiciels de dessin.

Qu’est-ce qui/quoi te fait choisir cette vocation?

 

Ma passion pour les histoires, les images et leur puissance pour faire vivre des émotions et communiquer un message. J’ai tant souvent eu l’envie de lire un bouquin que par l’attrait de la couverture de page!

Tes objectifs de faire cet article?

Donnez un aperçu des coulisses de la production de projet graphique, dans ce cadre-ci, d’illustrer un livre. Faire part des leçons que j’ai apprises en partageant mon expérience pour épargner des erreurs à d’autres.

Les qualités qu’une graphiste doit avoir avec un écrivain?

Un intérêt réel pour le projet afin de s’y vouer entièrement et de lui apporter un concept unique qui saura représenter l’essence même du récit.

La ponctualité est un indispensable, un signe de respect dans la vie en général à mon avis!

Des qualités qu’un écrivain doit avoir avec un graphiste?

Une clarté dans la définition de ses attentes: avoir carte blanche pour une interprétation personnelle est une chose, mais une ligne directrice permet de cadrer mieux la vision de l’écrivain. Un client qui sait ce qu’il veut sans ambiguïté permet de sauver du temps pour les 2 parties : cela évite malentendus ou oublis et donc épargne des ajustements plus tard. 

Une franchise pour donner des commentaires sur le concept, le look, les croquis et esquisses qui lui sont présentés. On veut un client plus que satisfait, enfin je crois que c’est une valeur importante aux yeux de notre profession.

La prise de contact:

Comment un graphiste reçoit un écrivain? Comment l’attirer?

 

En démontrant une compréhension de la nature du projet, en ayant lu le livre entre autres. Avec un esprit ouvert et créatif: il faut savoir écouter et proposer les idées.

Comment on choisit un projet de couverture de livre? (Les critères à prendre en considération pour embarquer dans le projet)

Le temps, l’argent et les bénéfices divers. En début de carrière, on pourrait être tenté d’accepter tout ce qui passe. La meilleure stratégie consiste à évaluer les gains du projet. Si ce dernier représente une grande consommation de temps et d’efforts, ainsi qu’un budget très limité, mais que les délais sont fort raisonnables et que le projet est une opportunité unique pour beaucoup de visibilité pour obtenir de futurs contrats: cela peut valoir l’investissement.

Il ne faut toutefois pas tomber dans le piège de l’exploitation : « Puisque tu es un junior, tu dois te contenter d’accepter n’importe quel prix. » Au nom de tous les professionnels, on ne doit pas rabaisser la valeur de notre travail.

L’entente réciproque:

Le paiement comment ça se passe ? Es-tu gênée de parler argent?

En début de carrière je dirais que oui, c’est un sujet délicat. (Ce l’est dans la vie en générale, peu importe la profession d’ailleurs, cela dépend des gens.) Toutefois, avec le temps et l’expérience qui s’accumule, je sais mieux évaluer la valeur de mon travail et je peux ainsi mieux assumer et surtout expliquer mon tarif. D’ailleurs, je me sens plus à l’aise de discuter du paiement avec le client en faisant preuve d’une ouverture d’esprit à négocier pour trouver une entente juste.

Les responsabilités et les obligations

Une communication claire. Personne ne veut d’entourloupes : de frais supplémentaires pour une tâche additionnelle ou bien de mauvaises compréhensions sur la nature du projet qui se révèle tout autre. Exemple:

Écrivain: « Je veux une simple pomme. »

Graphiste:  » Voici votre pomme, simple, mais qui se démarque de vos concurrents. »

Écrivain: « Mais je voulais une simple pomme dans un panier avec d’autres fruits. « 

Aucune mention du panier au départ, donc temps supplémentaire.

Mettre au clair ce qui est demandé comment le fais-tu?

Par le biais d’images voyons! (rires) blague à part, en posant plus de questions et en demandant confirmation de la compréhension du sujet à l’aide de croquis rapides.

Comment graphiste et écrivain peuvent bien travailler ensemble:

Cerner les besoins de son client

 

Il est primordial de connaître le public cible, car l’auteur peut avoir ses requêtes et sa vision cependant, en bout de compte, c’est du lecteur qu’il s’agit d’attirer.

Les modifications

Parfois je les sous-estime en matière de temps; il y a toujours des surprises qu’on ne peut prévoir et d’autres auxquelles on n’a tout simplement pas pensé. Quand il s’agit de mon erreur ou de ressources hors de notre contrôle (exemple panne d’électricité, donc délais), je ne charge pas de suppléments.

Dans le contrat, il est mentionné qu’il y a approbation à avoir sur les maquettes avant de passer à l’étape suivante. Il y a un temps alloué aux modifications suite aux commentaires, puis à nouvelle présentation de maquette(s) avec les corrections. Si nous sommes dans les temps prévus au contrat et qu’il y a d’avantages de modifications à apporter, j’effectue un 2ème tour de retouches. Après cela, l’écrivain doit payer des heures supplémentaires.

Je n’aime pas ma couverture! Qu’est-ce que je fais?

Si on en arrive à ce point, il n’y a pas eu suffisamment de suivis. Selon les clauses du contrat signé, il se peut que cela rentre dans la catégorie heures supplémentaires et que le tarif augmente alors. C’est pour éviter ce genre de situations que le graphiste présente ses concepts et ses maquettes avant de passer à la réalisation de la couverture finale et qu’il est primordial que l’écrivain soit transparent dans son opinion.

Concrètement ça demande combien d’énergie, d’analyse, de remue-méninges pour un  X projet?

Tout dépend de la nature du projet, chacun est unique. La plupart du temps, la partie brainstorming et croquis est bien plus longue que la réalisation de la version finale, car tout part d’un concept fort, réfléchi. Dans mon cas, je répartis mon temps plus ou moins comme ceci en général: 40% brainstorming & croquis, 35% esquisses & maquettes, puis 25% le final.

Et après…

Après le contrat qu’est-ce qu’on fait?

De mon côté, je m’informe d’abord des ventes du livre et des commentaires que la couverture reçoit. Je laisse savoir à l’écrivain que je reste à disposition pour l’aider dans la publicité. J’offre toujours un « service après-vente » pour des trucs mineurs, comme par exemple convertir les fichiers en divers formats pour des applications diverses (Instagram, Facebook, PDF. en taille différente que le fichier de livraison, etc.) ou un changement/ajout de texte sur l’affiche commandée avec la couverture de livre.

On reste en contact?

Absolument. À moins que l’expérience fût mauvaise, ce qui ne m’est pas encore arrivé.

On relance s’il y a un nouveau projet?

Si l’écrivain a été parfaitement satisfait du résultat et de l’expérience, je crois qu’il est logique qu’il retourne avec le même illustrateur. Le style graphique peut varier d’un livre l’autre selon le genre littéraire et le groupe d’âge visé, mais je pense qu’il est bien d’associer une certaine signature visuelle de l’artiste à l’écrivain pour le public.

Service après-vente comment ça marche?

Les conditions sont énumérées, voire listées, au début du projet, lors de la signature du contrat. S’il s’agit de petites modifications, je ne charge pas. Au contraire, je souhaite offrir plus au client que ce à quoi il s’attend. Toutefois, je n’irai pas jusqu’à me permettre de passer une journée entière de boulot sans charger un minimum. À ce moment, j’offrirai diverses options et discuterai d’un prix spécial qui conviendrait à l’écrivain.

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Une toupie sur 4 pattes

Un chat c’est un chat. Je pouvais m’imaginer qu’il soit disponible aux caresses quand je le souhaitais. Je pouvais l’imaginer dormir paisiblement contre ma poitrine toutes les nuits. Je pouvais imaginer, mais la réalité était bien différente.

Tous les jours, nous, maman par intérim, suivons pas à pas l’évolution de notre chaton. Les visites chez le vétérinaire sont programmées. On a tout ce qu’il faut : litière, bonne nourriture, jouets en abondance, griffoire, grimpoire et table de cuisine essentielle au bon développement. On est de bonne maman. On a regardé plusieurs dizaines de vidéos sur des enseignements félins et on a positionné un panier différent dans chaque pièce de la maison afin que notre bête s’y sente bien chez elle. Dès les premiers pas, Pô est à l’aise. Il fouine son nez partout, explore, saute, gratte, va dans la litière et c’est un petit chaton très propre. Il mange goulûment, mais n’est pas vorace au point de manger le bol. C’est les plus moments, car il y a l’espoir que notre chaton soit le plus merveilleux de tous les chatons. On apprend sa personnalité et lui, défie doucement la nôtre.

Un chat demeure un animal nocturne. Le mien a bien compris ce principe naturel qui le lit à tous ses ancêtres minou. Il m’appelle littéralement pour le jeu. Pendant des minutes impossibles. Il grimpe dans mon lit, apporte Monsieur Souris. Gling! Gling! Monsieur Souris a envie de jouer. Je cache le jouet. Moi, je ne veux pas jouer. Le chat saute du lit. Dans un bond puissant, mais surtout très bruyant. Il est un chasseur, mais sans discrétion. Il revient quelques secondes plus tard. Monsieur Pieuvre nous a rejoints. Ce jouet est tellement laid que je me demande pourquoi je l’ai acheté. Il a les pattes qui ont un plastique qui craque à l’intérieur et sa tête à de petites clochettes. Le jouet est rose. Il est laid. Mais nous sommes maintenant quatre dans le lit et Pô veut toujours jouer. Je me lève et je collabore. Dix minutes. Vingt minutes… Une heure plus tard, il court encore partout. Il a la bouche grande ouverte et respire bruyamment. C’est le temps de se reposer, il est minuit passé. Eh bien non, Pô pourchasse mes pieds jusque dans mon lit.

On m’a raconté que Pô avait été délaissé parce que la petite fille qui le possédait était devenue allergique. Toutefois, c’est un mensonge. Comme tout chaton, il est excité. Trop excité. Il est même agressif à l’occasion. Il mord beaucoup et saute sur moi. Alors je crois qu’il a été laissé pour cette raison. Mais comme tout matou, il vit la nuit. Il veut jouer et  entre minuit et cinq heures du matin ça arrive qu’il veuille jouer. C’est normal. Mais Pô est un monstre nocturne. Une furie. Il bondit, miaule, à des yeux globuleux et attaque tout ce qui passe sous son nez. Malgré mes essais de jouer avec lui, de lui créer un horaire, de lui donner plusieurs jouets, de l’entraîner, donner de l’herbe à chat… Il est insatiable. Ma vétérinaire m’a dit qu’il va se calmer. Il approche dix mois et je vous jure… que je commence à douter!

Bref, je me croyais excessif jusqu’à tant que ma boule de poils me prouve le contraire!

Adieu CHSLD et autres conneries

Trois ans que je jonglais sur la liste de rappel entre centres d’hébergement, hôpital, CLSC, RI et autres conneries pour me faire à croire que j’avais un vrai emploi. Bon! Je suis peut-être dure. Il s’agissait d’un emploi, un vrai, rémunéré. J’ai réussi en me faufilant entre plusieurs affichages à avoir quatre jours semaines depuis février 2016. C’était stable plus ou moins. Une fin de semaine sur deux de libre. J’étais réceptionniste et coupeuse de papier. Non vraiment? Oui vraiment! J’ai été à l’université pour coller des tablettes et couper du papier. Pourtant c’était une belle expérience. J’ai compris d’autres départements que le front du réseau de la santé. J’ai vu des cancéreux, des p’tits vieux, des médecins, des infirmières et un tas de connerie. J’ai vu des sourires et des airs bêtes. J’ai vu des dangereux et des professionnels à tous les niveaux. Des gens crasses. Des gens pour lesquels je me battrais pour eux sans une once d’hésitation. Ce qu’on nous montre dans les médias est faux. Faux. Faux. Faux. Le burnout ne m’en parlez-pas! Le manque de staff non plus. Les coupures… Merci M. Barrette et votre équipe.

Il n’y a pas de recettes pour survivre dans le réseau de la santé. Il suffit d’être vous, refuser ce qui ne vous convient pas. Malgré la lourdeur administrative, la plaie bureaucratique et les êtres humains qui ont perdu le feu sacré, il y a eu de bonnes choses. Des fous rires sincères. Des amitiés guérissantes. Des prises de bec essentielles.

Je reste ou je pars? Voilà la question que je me suis posée pendant trois ans. Ne serais-je pas mieux dans le privé? Dans une PME? Si je reste, on me promet un poste complet, d’être vraiment considérer d’ici cinq ans. Suis-je prête à continuer d’être rabaissée par des collègues de travail? Suis-je prête d’être dans un milieu auquel eh oui! Je n’ai pas toutes les compétences pour en saisir la totalité ( médecine). Est-ce que si je reste, il y aurait quelque part une petite place pour la petite Karine?

En trois ans j’ai géré  des cas lourds en CHSLD. Des gens violents, fugueurs, insultants et tout simplement des connards. Je ne parle pas juste des résidents ici ( hé hé hé). J’ai appris la patience. J’ai appris à me protéger. Je me suis endurcie. Je sais ce que je vaux. Plus personne ne va appuyer sur le bouton panique inutilement. Quand on reçoit un code de violence et que les procédures doivent s’enclencher à travers vous, en sachant pertinemment que si tu ne réagis pas suffisamment vite, un collègue de travail va se faire casser le nez par un résident… Le stresse plus jamais. (OK peut-être un peu de temps en temps).

Vendredi dernier j’étais chez IKEA et je mangeais mon poulet au beurre quand les  ressources humaines m’appellent. Bonjour, Karine, je veux valider quelques postes avec vous. À ce moment-là j’avais déjà accepté d’aller dans le département des achats. Plus tôt dans la journée j’étais allé rencontrer ma nouvelle boss. Elle était géniale et j’avais l’impression de flotter sur un petit nuage. J’allais être entouré de gens compétents. Les vieux de la veille et j’allais connaître leur secret. Je ne vous mens pas quand je dis qu’au téléphone, j’ai fait le suivi avec la technicienne en RH de onze postes. J’ai refusé en cinq minutes onze postes. Dans les affichages, la liste de nom était rendue à moi. C’est quand on m’a dit X centres, acceptes-tu ou tu refuses? C’était le centre que je travaillais depuis trois ans. C’était MON CENTRE. C’est là que j’ai compris que j’avais officiellement passé à autre chose. En février, j’allais commencer à l’IUGM. En février, j’allais devenir une professionnelle dans le réseau de la santé. Je n’étais plus elle qui boucherait les trous à droite et à gauche. Tout de même, il fallait le faire : onze postes refusées! J’avais tant espéré ça il y a trois ans!

J’ai peur de ce nouveau défi. C’est effrayant l’inconnu. Sincèrement. Je ne me réjouis pas de tout recommencer. Mais je sais que j’ai des bases solides que les nombreux départements que j’ai faits m’ont apprises leur spécialité, leur unicité et ça je le trimballe avec moi. Je sais qu’il  n’y aura pas des jours faciles. C’est à espérer sinon qu’est-ce qu’on apprendrait dans la vie sans? Je sais aussi que je passe officiellement à du temps plein. Depuis que j’ai commencé à travailler, je n’ai qu’accumulé quelques heures ici et là. Je vais être dépaysé. Je vais sans doute être épuisée. Toutefois, regarder bien mon sourire. Il ne flanchera pas tout de suite!

Je mets enfin le point final sur mes anciennes vies et je commence ma nouvelle. Plus libre. Plus fière. Plus indépendante. 2018 aura au moins la pertinence d’avoir bien commencé.

Je n’ai de compte à rendre à personne

Été 2016, j’entamais le choix d’être ce que je voulais. J’avais toujours eu ce rêve d’être écrivaine. Mais quand on part de la base, le rêve est flou, immense et inatteignable. Comment on commence ça être écrivaine? Comment on le sait quand on est écrivaine? C’est quoi être écrivaine? Avec patience, amour et humilité, j’ai appris. J’ai appris tellement à travers exercices, de conférences et de conversations avec des auteurs(es), en suivant plusieurs blogues.

Depuis 2016, j’ai monté mon blogue, j’ai fait deux nouvelles et un roman coécrit avec une superbe auteure qui est devenue une bonne amie. Depuis 2016, j’ai trouvé ma paix intérieure. Je sais ce que je vaux. Même si de nombreuses fois, j’ai été délaissée, ignorée et critiquée. Vous savez quoi, peu importe ces gens-là, c’est entre moi et mon rêve. Je ne suis plus arrêtable.

Le succès n’est pas la publication.

Le succès n’est pas le regard des autres.

Le succès n’est pas la popularité.

Le vrai succès est que mon rêve vit en moi pour moi, chaque jour de ma vie. Je ne vivrais plus jamais de regret.

Il y a des histoires qui prennent du temps, qui demandent de la maturité. Je dois l’accepter.

Ces histoires ce sont moi. Ce sont mes vérités, mes blessures et mes espoirs.

Je suis fière de moi et c’est essentiel.

Cependant, sur le chemin de l’écriture il y en a des doutes. Sur les personnages, l’environnement, les émotions, l’action, telle coupure, telle couleur, telle ambiance… Et j’y nage avec une aisance déroutante. Mais il n’y a pas de place pour le doute envers soi-même. Ce que je fais à cet instant est légitime.

J’adore me poser des questions. Depuis 2016, je m’en suis posé des milliers. Être écrivaine c’est vivre de ça. J’ai répondu certaines et d’autres questions se sont ajoutées. C’est éternel. Une roue d’idées, de problèmes et de solutions. On n’y échappe pas. Et j’adore ça!

Depuis 2016 j’ai foncé sans m’arrêter. J’ai écrit des centaines de pages voire plus que je pouvais même l’imaginer. Chaque page m’a rempli de joie. Chaque page confirmait ma passion. Chaque page me confirmait comme individu. Il y a tellement d’émotions à vivre quand on écrit. Il y a tellement de personnalité à rencontrer, à laisser s’exprimer et à écouter attentivement.

Mes histoires sont teintées de drame. On aime ou pas. Mais pour être écrivaine, j’ai compris que je devais aller à la rencontre de mes plus grandes peurs. Aller à la rencontre de mes douleurs et de mes angoisses. Je n’y cache rien. Je m’y expose ouvertement. Mais je ne veux pas de gants blancs pour la cote. On aime ou pas l’important c’est que tu acceptes que je te transporte quelques heures dans mon univers. Je ne te demande pas de chercher mes fautes, donne-moi les au passage je les note, mais mon plus beau cadeau c’est de me dire, hey je t’ai lu. Depuis que j’ai publié, j’ai accepté que je ne reçoive pas de certaines personnes ça. Je vais le recevoir de façon inattendue et ceux-là se graveront dans ma mémoire.

J’ai appris qu’être écrivaine ce n’est pas de mettre un mur entre nous et les autres. Il faut filtrer oui, mais c’est d’abolir le mur et de se dire que quoiqu’il arrive, ils ne me changeront pas. Je suis l’écrivaine. Je suis celle qui dirige la plume. Je suis celle qui murmure aux papiers. Je suis menée par le Dieu de la création et je n’ai de compte à rendre qu’à ce dernier.

Obscurité

J’ai soudainement peur que l’obscurité règne dans mon cœur. Que je ne vois plus d’issus…plus de bien autour de moi. Se pourrait-il que l’Homme ne croie plus en lui ? Qu’il sombre aux mains de la démence…les ténèbres sont proches et se préparent. À quand la prochaine attaque ? La prochaine danse…ils nous tenteront tous…chacun notre tour…

Une histoire banale

À tes yeux, une histoire que trop banale. La haine se faufile comme un serpent dans un nid sans couveuse. Ton regard se durcit. Tes yeux s’assombries. L’histoire bien ordinaire d’une conversation où les interlocuteurs parlent sans écouter. Un discours de sourd. Un discours d’aveugles. Une histoire qui vaut mille mots et qu’au fond n’en aura aucun.

Qui sommes-nous si nous ne sommes pas dans le regard de l’autre? Qui nous croyons être si l’autre ne nous regarde point?

Dans ton esprit, la raison importe si elle est de ton côté. L’injustice apparait souvent quand le Monde décide de regarder, mais sans quoi, le quotidien continu son avancé. Une histoire que trop banale j’entends, mais dont le poids est sur tes épaules frêles. De plus en plus lourd ce poids. Tu t’enlise dans une mare boueuse Tu vas suffoquer. Le sens que tu y mets n’aura que l’impact que tu choisis. Cet impact sera comme le clou, cruel, dans la main de celui que tu n’as pas cru sauveur et qui sera exposer en faible.

Qui sommes-nous si nous ne sommes pas juste les uns envers les autres? Qui nous croyons être si plus personne ne peut nous sauver de nous-mêmes?

Quand tu écoutes, tu n’entends pas. Ni justification. Ni pleure. Tu es sourde. Sourde par l’ouï, mais surtout, ton cœur sèche et la poussière poussée par le vent éloigne ta rédemption. La voie de ton cœur est l’unique chemin.

Qui sommes-nous sans larme et sans abandon à l’autre? Qui nous croyons être si plus personne croit au pardon?

Et si le silence parlerait à ta place il serait muet. Profond et froid comme l’abysse. D’une profondeur immense, ton âme ne sait plus comment nager vers la surface. Et tu choisis ta mort par tes gestes. La mort par omission. Et tu choisis de mourir sans tendre ta main. Et tu choisis de mourir.

Alors crois-tu encore que cette histoire soit banale ou tu accepterais de te confier à moi? Car le silence et les mots s’ils ne sont pas choisis ne peuvent que te condamner à l’erreur. Une roue qui tourne sans cesse. Une erreur qui tourne sans cesse. Et ton cœur qui se fracasse éternellement.