Libérer le trésor

Martin dans le Nord regarde les nuages
Et se cherche un avenir en étouffant la rage
Qui lui serre la gorge
Comme un foulard qui pique le cou

Ses parents le dégoûtent et le prennent pour un fou
Il s’emmerde à l’école et se moque de tout
Ce qui bouge, ce qui pense
Ceux qui se pensent plus grand que lui

Alors il sent l’orage qui menace le ciel de sa vie

{Refrain:}
Il existe un trésor, une richesse qui dort
Dans le coeur des enfants mal aimés
Sous le poids du silence et de l’indifférence
Trop souvent le trésor reste caché

Libérer le trésor {x2}

Marie dans le Sud, les mâchoires serrées
La peur est une habitude qu’elle ne peut pas laver
De ses draps, de ses jupes,
De ses cheveux couleur de blé

Elle sait que le vampire est encore en liberté
Complet noir et cravate, innocence prouvée
La parole d’un homme
Contre une âme mutilée

Alors elle sent l’orage qui déchire le ciel de sa vie

{au Refrain}

Libérer le trésor {x3}

Et ils traînent leur peine jusqu’au Parc Lafontaine
Pour les cristaux de haine qui leur gèlent les veines
Ils se vendent le corps comme on venge la mort d’un ami

Et ils cherchent l’amour dans les ruelles du Paradis

{au Refrain}

Libérer le trésor {ad lib}

– Michel Rivard –

Merci de votre collaboration

 

Vendredi 8 septembre 2017, un collègue de travail monte les escaliers, laisse son sac à dos au deuxième étage et continu au sixième. Tous ignorent à quoi il pense. Du bien ? Du mal? On ne saura jamais. Il vise juste et se lance dans le vide. Mort sur le coup. C’est fini. Trois jours pour les fleurs et on ramène le tout dans une pièce au sixième. On veut éviter que les gens s’enfargent dans l’hôtel fleurie de notre collègue alors on les a déplacé, mais je crois qu’on a voulu cacher notre gêne. On a voulu cacher cette cicatrice si profonde que chacun porte dans son cœur. On a voulu éviter dans parler. Le silence. C’est tout ce qui nous reste ici. Un silence terrifiant et glacial.

Je ne sais pas ce que je dois penser de tout ça. J’imagine que la direction accusera son état fragile, sa vie personnelle ou une autre foutaise pour éviter de se responsabiliser. Éviter de voir que ça ne va pas d’accord?

Parlez-en! Mais à qui? Quand mon ami à porter plainte pour harcèlement, son équipe entière s’est retourner contre lui. Alors quand le beau et gentil nouveau boss vous promet que les choses vont changer. Nous savons pertinemment que rien ne changera. Jamais. Les gens en hauts dirigent. C’est tout ce qu’ils savent faire. Mais ils ne savent rien.

Mais ce n’est pas tout. J’ai le cœur gros. J’ai le cœur en bouilli. Il n’y a pas juste des collègues qui se balancent du haut des escaliers…ce qui est le plus grave en soit. Et la surcharge de travail? Les températures excessives? Le manque d’employé? Le manque d’outils? Le manque de considération? Les nouveaux logiciels qui font plafonner les budgets à cause des erreurs? On est lancé à droite à gauche pour prendre au vol le maximum d’heure. Mais ici c’est du temps partiel. Il y a peu de poste. On nous promet de poursuivre une carrière, mais il est donné aux nouveaux recrutés tous ses beaux postes. Mon frère est ingénieur et il ne peut être ingénieur. On recrute à l’externe. Je suis diplômée de deux certificats à l’université, mais je ne satisfais jamais aux exigences?

On coupe la qualité de la nourriture et on paye plus cher. Les portions diminuées. Les employés sont affamés. J’ai mal à mon réseau. Au privé, tu sors le cash et on te repatante ça et ça. Mais le privé c’est les mêmes médecins que le publique. Vous saviez que quand ils recevaient un dossier, il te proposait d’aller dans sa clinique si la rétribution était meilleure pour lui? Un médecin qui vous dit qu’il veut aider son prochain est en fait une personne cupide qui veut faire fructifier son portefeuille. Point barre.

Que j’ai les idées confuses, vous ne trouvez pas? J’ai fait les frais des médecins. De l’incompétence humaine en matière d’humanité et vous savez, moi aussi j’ai le goût d’aller au sixième étage.

Nous avons désormais une coordonnatrice pour trois centres. La charge de responsabilité retombe hélas sur le dos des employés. Je suis réceptionniste et je vous avoue, en toute transparence, que je dois gérer des codes d’urgence ( feu, violence, fugue, etc) et on m’a juste dit comment et quoi dire à l’intercom. Je n’ai aucune formation de crise. Aucune. Nada. Si y’a le feu. Ils vont tous brûler mes Papoutes. Et le coordo j’espère au fond qu’il est dans ma bâtisse si tout crame…

Est-ce normal? Suis-je trop exigeante? Je suis une frustrée de la vie?

Avoir de l’aide, est-ce trop demandé? Être écouter? Non? Nous sommes dans la santé et nous sommes incapables de nous sauver. Ça fait froid dans le dos. Qui est le prochain? Sérieux! Je regarde à droite et à gauche, qui est le prochain de mes collègues à vivre son trop plein?

On va en reparler. C’est clair que je vais vous en reparler. Quand, de quoi je ne sais pas trop au juste. Mais je vais y revenir. Je vais bloguer à nouveau. Certain. J’ai mal au cœur et je veux vomir.

Comme la direction nous plaît à nous rabâcher à chacune de ses communications, à chacune de ses lois…Je vous remercie de votre collaboration. Plus fort avec vous ( mon cul!)

Histoires d’un bloc # 7

L’aspirateur tardif

Je suis très heureuse qu’aucun voisin ne se chamaille ni ne parle fort au téléphone ni regarde la télévision bruyamment la nuit ni que j’entends les complaintes d’hygiène et de vidange journalière humaine…Et je souhaite de tout coeur que je ne les dérange pas à mon tour. Toutefois je dois me confesser. Mardi soir, dans les alentours de 21heure Pô a fait la passe à l’herbe à chat ( non sérieux, elle était étalée dans tout le salon). Je suis un peu paranoïaque du ménage (pas qu’un peu) alors je regarde l’heure et je me suis dit ce n’est pas trop tard 21h00. Alors je branche l’aspirateur, démarre l’engin et me mets en quête de toute la terre étendue sur mon plancher.

Bang! Bang!

J’arrête l’aspirateur. J’ai bouffé le chat par le tuyau ou quoi?

Je redémarre

Bang! Bang!

Ah! Non! C’est juste le voisin qui poliment me dit d’arrêter de passer l’aspirateur. Sorry! Mais j’y vais d’un prolongement ( oh! Combien très volontaire de ma part) de ma séance de ménage.

Tu me cherches dude, tu vas me trouver.

P.s. Est-ce vraiment trop tard 21heure? Vraiment?

P.s.2. L’idée merveilleuse d’avoir une maison et de pouvoir astiquer ma vaisselle jusqu’à 1heure du mat’ si cela me dit serait bien. Et d’y passer l’aspirateur tous les soirs à 21heures…hmmm. Quel doux songe les amis.

P.s3 toi pis ton sale chien qui jappe chaque fois qu’il voit son ombre, trois minutes d’aspirateur pour éviter la vermine…

P.s4 ouin ce n’est pas si tranquille que ça finalement ici.

Le russe et la toutoune en pyjama

Les yeux bleus, le regard dur, le menton carré, la posture droite, blond et un petit look rebelle…voilà ce qui m’attire chez les Russes. Oh! Et leur accent! J’ai été quatre ans tout juste avec un Russe. Et je bave encore devant tout homme de cette nationalité ou apparenté à.

Par le plus grand des hasards, il se trouve justement que dans mon immeuble il y a plusieurs Russes. Dont un…sur mon étage. C’est mon frère qui m’a informé quand il est allé chercher mon évadé dans le couloir. Pô s’était arrêté devant lui et le russe était déjà tombé sous le charme de la petite bête à ce qu’il paraîtrait . Malheureusement, je n’avais encore jamais croisé depuis le 1er août ce soi-disant russe. Croyez-moi je ne faisais pas tout non plus pour le coincer dans un coin. (Quoique…)

Mais voilà, il y a eu cette soirée. Il était dix heures. J’étais en pyjama. Je venais de faire la vaisselle ( donc éclabousser d’eau partout). J’avais un chignon de cheveux sur la tête, démaquiller et je venais de faire la litière de Pô. En gougoune, je me trémoussais avec mon sac de caca jusqu’à la chute à vidange quand en tournant le coin je tombe face à face avec ce mec ( mais quel mec!). Il était entrain de barrer sa porte. Il sourit. Je souris et m’enfouis dans le trou de vidanges articulant ( si on peut appeler ça articuler) un timide bonsoir. Je décide de rester caché jusqu’à tant que je l’entende tourner la clé dans sa porte (il faut avoir été une fois là-dedans pour vous promettre de ne plus jamais y aller sans masque à gaz ). Il part par les escaliers…Bon! Je sors et je vais me réfugier dans ma caverne, affreuse et honteuse! promettant d’entraîner mon chat à aller porter sa merde seul!

On souhaite toujours être à notre meilleure quand on rencontre un mec qui nous plait. On ne veut surtout pas qu’il nous connaisse en habit de soir juste après notre vaisselle, pyjama décousu de célibataire et le paquet surprise malodorant de Monsieur minou à la main…Mais bon! On est sublime pareil les filles! (épeurante certes, mais sublime).

Pô, Pô et encore Pô

J’étais installée dans mon salon, la petite table juste parfaitement à la hauteur de mes bras, je corrigeais un texte d’un auteur et Vlam! L’écran de mon ordinateur se referme. Deux pattes blanches sur le couvercle et une petite tête aux yeux globuleux me regarde. Non! Chicanais-je le chaton en le remettant calmement sur le tapis.

Je rabats le couvercle, mais à peine eut-je le temps de me concentrer de nouveau que le chat saute et atterrit sur le clavier créant des printscreens non désirés et autres anomalies dans le texte. Je prends le chat et la balance le plus soin possible. Mais il revient.En force, énervé et il veut joué! Il s’attaque à mes pieds! Je le repousse! Saute à nouveau sur les touches du clavier. Je le renvoie au tapis. Et là il prend son élan pour aller gruger mon fils et mon chargeur.

J’en ai marre. Je prends mon ordinateur. Va dans mon studio et ferme la porte sachant les conséquences à venir.

Le chaton pleure de désespoir. Gratte la porte. Je veux entrer, hurle-t-il, je ne veux pas être seul!

Je mets de la musique.

Le chat miaule de plus belle.

J’augmente le volume.

Le chaton s’époumone.

Je suis une cruelle propriétaire de chaton. Je l’abandonne en ayant promis de le protéger, le nourrir et l’aimer.

Mais la vétérinaire a dit de ne pas répondre à ses appels pour qu’il apprenne.

Consciente des répercussions dans l’avenir, je ferme mon ordinateur et va ouvrir la porte.

Un ronronnement de reconnaissance m’assaillit. Deux trois minouches sur les jambes avant de bondir dans mes rideaux…et le manège recommence!

Pô ! Non!

P.s. Maintenant je m’enfuis le soir chez mon frère pour travailler. Ouais…je me sauve du chaton. Ah! Ah ! Ah! J’aimerais bien vous y voir aussi.

 

Quarantaine

Les gens, comme vous et moi, préférons de belles histoires. Une jolie demoiselle trouvant son prince. Un jeune garçon devenu un chien retrouve miraculeusement le chemin de la maison. Un homme affrontant ses pires cauchemars, avec difficulté, mais mérite. Pourtant la réalité ne possède pas uniquement les fins heureuses. La réalité, celle dans laquelle nous vivons s’achève souvent sur des notes mélancoliques, cruelle, voire désastreuse.

Cette histoire-ci fait partie de ces durs réveils à la réalité. Elle vous emporte au plus profond de l’abîme humain. La noirceur comme seule partenaire. Vos tripes en danger. Toutefois, cette histoire est aussi la beauté de la résilience et celle de promettre à tous les survivants de ne plus jamais recommencer. Hélas! Nous connaissons la nature humaine. Plutôt que d’y voir le pardon de l’humanité, on s’enfonce vers notre propre extinction.

***

Mégane Grant, Espagnole vivant en équateur. Elle était la dernière des quatre enfants, mais elle était maligne et débrouillarde malgré ses huit ans tout ronds. La jeune fille venait de terminer l’école et marchait dans les ruelles de son quartier avec son amie jusqu’à leur demeure. Elle en profitait pour faire des détours, jouait à la marelle et lançait à l’occasion des petits cailloux aux écureuils roux.

Mégane était à la même école que ses deux plus vieux frères. Pedro et Miguel, jumeaux, inséparables et frimousses à leur heure. Au moment où Mégane et son amie visaient le troisième rongeur, Pedro au pas de course les dépassa.

– Hey Pedro! cria sa sœur cadette. Viens on tire les écureuils!

– Non Meg! Je dois aller voir Miguel.

-Mais…il n’était pas à l’école aujourd’hui?

– Ouais! lança l’amie de Mégane. Ils ne sont pas dans la même classe tes frères?

– Il a été malade aujourd’hui.

Pedro poursuit sa course et tourne le coin. Il disparaît aussitôt. Mégane laisse tomber son caillou et s’excuse auprès de son amie. Son grand frère malade? Elle ressent un malaise. Miguel n’est jamais malade. Sauf quand il avale n’importe quoi sous les défis stupides de son jumeau. Mais Pedro aurait été aussi malade.

Mégane remet son sac sur son dos et se lance à la poursuite de Pedro. Au bout d’une dizaine de minutes, elle arrive à la maison. Lorsqu’elle pénètre dans la demeure, les lumières sont fermées et une odeur de lavande empeste les lieux. Sa mère qui croit fortement aux vertus de la lavande noie la maison à la seconde ou l’un des enfants est malade. Mégane a horreur de cette odeur. Elle préfère de loin l’odeur de la rose.

– Maman ? Cri Mégane.

– Oui Meg. Je suis dans la chambre des garçons.

Mégane n’attend pas de se faire prier. Elle lance son sac à dos, la porte toujours entrouverte et grimpe les escaliers deux marches à la fois. La fillette entre dans la chambre, l’odeur de lavande oppresse l’air, elle voit Pedro et sa mère au chevet de Miguel. Il est pâle ce qui contraste avec son beau teint basané. Mégane s’avance tranquillement, apeuré par l’apparence de son frère.

– Maman, qu’est-ce que Miguel a ?

– Oh! Chérie! Miguel a sûrement mangé quelque chose de pas bon. Comme d’habitude.

– Non mommy! Dis Pedro. Il n’a rien mangé.

– Vous n’avez pas fait de défie ?

Pedro fait signe de négation de la tête.

– Hum, murmure la mère des enfants, il a beaucoup vomi. Je me demande ce qu’il a. J’ai appelé le Docteur Zarkovak. Il ne m’a pas toujours répondu. Bon! Les jeunes! Ania est avec papa dehors! Allez jouer.

– Non! proteste Pedro.

– Ça va aller Chéri. Il a besoin de repos.

Mais c’est inutile de résonner le jumeau. Depuis leur naissance, ces deux garçons sont unis par une force invisible et incompréhensible pour qui que ce soit même leur propre parent. Pedro demeure au chevet de son frère et rien n’y fait pour le faire changer d’avis. Leur mère acquiesce et envoie Mégane seule. Elle referme la porte derrière la jeune cadette.

Mégane soupire. Laissée seule encore. La petite des petits, sans jumeau, elle n’a qu’elle-même à se préoccuper. Alors elle décide d’obéir à sa mère. Son père et Ania, la plus vieille des enfants sont à l’extérieur et doivent jouer au ballon. Mégane descend les marches, une à une, triste d’avoir été mise à la porte.

Cependant, au moment d’atteindre la dernière marche, un grand cri, sûrement sa sœur Ania se fait entendre dans la cour arrière. Mégane rate la dernière marche et tombe le visage le premier et embrasse le tapis au bas de l’escalier. Sa mère ouvre la main dans une volée, Pedro sur ses talons et ils descendent les escaliers.

– Ça va Meg? Demande Pedro.

Mégane retient ses larmes.

– Qu’est-ce qui s’est passé? C’est toi qui as crié?

Avant de pouvoir répondre quoique ce soit Ania appelle sa mère à l’aide dans la cour extérieure. La maman ordonne à Pedro d’aider sa jeune sœur et court à l’extérieur sans attendre. Un second cri ébranle la vie tranquille de la famille Grant.

Mégane et Pedro accourent à l’extérieur. Curieux de savoir ce qui se passe encore! Mégane a mal au visage, mais elle est toujours solide sur ses deux jambes. Lorsque les enfants arrivent, le choc est inévitable. Leur père est au sol se tordant de douleur, blanc comme un drap. Une flaque immense de vomi et de sang gît tout près de l’homme.

– Pedro court chercher le docteur Zarkovak. Ce n’est pas normal tout ça.

– Mais Miguel? Souligne tristement Pedro.

Mégane alors s’avance et assure qu’elle va aller chercher le médecin. Enfin! Elle peut se rendre utile! Qui plus est, elle est la plus rapide de la maisonnée.

– Tu viens de tomber chérie…

– C’est correct maman! J’y vais!

– D’accord. Soit prudente. Ania va chercher des linges. On va essayer papa. Tu m’aideras à le monter dans la chambre. Pedro va avec Miguel et ne le quitte pas.

Tous les enfants s’exécutent comme une armée très bien entrainée. Mégane relève ses manches et attache ses souliers. Elle s’apprête à faire la course de sa vie. Elle sait exactement ou vit le docteur Zarkovak et elle va le talonner jusqu’à tant qu’il se déplace. Et s’il n’est pas chez lui ? Elle courra s’il le faut jusqu’en ville, à son bureau, pour le ramener par les oreilles voir sa famille.

Mégane court sans s’arrêter. Les poumons en feu. Le ventre sur le point de remonter dans sa gorge. Son pouls doit être d’au moins 1000 battements la minute. Elle traverse les courts qui heureusement il n’y pas de clôtures qui l’empêche de progresser. Mégane tourne un coin, puis un deuxième. Dernière ligne droite et elle arrive sur le perron de la famille Zarkovak. Elle sonne et reprend son souffle. Une petite dame ouvre la porte.

– Mégane! Belle surprise! Tu viens promener Roxy?

– Non madame… Zarkovak…on a besoin du Dr Zarkovak. Miguel et papa sont très malades.

– Oh oui! Tout de suite! Je l’appelle sur son téléphone cellulaire. J’espère qu’il n’est pas au boulot.

Madame Zarkovak sautille jusqu’au téléphone résidentiel, compose un numéro par cœur et la tonalité sonne. Mais elle tombe sur la boîte vocale. Elle réessaye. Une fois. Puis deux et au troisième, enfin quelqu’un décroche.

– Josiane qu’est-ce qui a?

– C’est la petite Grant. Elle dit que Monsieur Grant et son jeune fils sont malades.

– Passe-moi là. Allo Mégane? Ouu tu es essoufflée. Qu’est-ce qui se passe à la maison?

– Papa est tombé sur le sol. Il a vomi et il y a du sang partout. Miguel est parti de l’école tôt …il a aussi vomi. S’il vous plait Docteur Zarkovak, venez à la maison.

– Passe-moi à nouveau Josiane, veux-tu Mégane?

– Allo? Oui. D’accord. J’appelle les autorités. Je la renvoie chez elle d’accord.

– Qu’est-ce qu’il a dit? Réclame Mégane.

– Retourne chez toi. Il va venir.

Mais Josiane la pousse dehors carrément. La dame ferme la porte violemment et barre à double tour. Mégane fronce les sourcils. Qu’est-ce qui se passe? Tantôt si fine et là. C’est le docteur Zarkovak qui lui a dit…la jeune fille tourne son regard vers la direction de sa maison. Elle est prise de panique. Sa famille! Elle doit protéger sa famille. Les autorités! Madame Zarkovak va appeler les autorités! Pourquoi? Qu’est-ce qui se passe?

Mégane ne réfléchit plus et fonce. Elle refait le chemin inverse, mais deux fois plus rapidement. Le pouls a grimpé à au moins 20 000 battements la minute selon elle. C’est un record. Elle rêve de devenir coureuse professionnelle. Passer à la télévision. Faire les Jeux olympiques dans les pays. Mégane rêve d’aller à Londres. La pluie, la brume et ces millions d’attractions. L’eau à perte de vue. Dire coucou aux Français de l’autre côté de L’océan. Parler anglais. Claquer de la langue avec cet accent qu’elle trouve mielleux.

Elle arrive chez elle. Les autorités sont là. Mais pas seulement. Il y a plusieurs hommes en uniformes blancs. Ils ont des masques. Sur leur camion il y a un énorme signe de toxicité. Qui sont-ils? Que font-ils?

– Elle est là! Alors pointe le docteur

Des hommes se ruent sur elle. Mégane est enveloppée dans une couverture grise. Elle cri et se débat. On la kidnappe. Elle appelle sa mère qui lui répond derrière les fenêtres placardées de sa maison.

Les hommes en uniformes blancs la basculent dans la maison. Une seconde après de grands coups de marteau placarde leur porte d’entrée. Sa mère vient l’accueillir en pleurant.

– Elle n’est pas contaminée! Laissez Mégane sortir!

Mais personne ne répond aux plaintes douloureuses de la maman Grant. Mégane se cache dans les bras de sa mère. Que se passe-t-il voudrait-elle dire, mais la question reste bloquée dans sa gorge.

– Il y a un virus Meg. Un virus et il n’y a pas de remède.

Mégane lâche sa mère aussitôt. Elle n’a que huit ans, mais elle n’est pas bête. La jeune fille se rue dans la chambre de Miguel même si sa mère lui crie de ne pas monter. Elle voit Miguel étendu sans vie sur son lit. Des flaques de vomis étalant le sol. Pedro semble dormir au pied du lit, mais il est livide aussi.

Mégane poursuit sa recherche. Elle cri. Elle sait c’est quoi la mort. Grand-maman Grant est morte l’an passé. Elle sait qu’elle ne reverrait plus Pedro et Miguel. La jeune enfant court jusqu’à la chambre de son père. Ania est couchée à côté. Les deux respirent difficilement. Il n’y en a plus pour longtemps.

– On va tous mourir, murmure Ania.

Mégane hurle. Elle ne veut pas mourir. Sa mère est arrivée sur le seuil de la chambre parentale. Elle se tient le ventre. Elle aussi a le teint pâle. Ses muscles lui font souffrir. Elle n’a plus de force. La vie la quitte goutte à goutte. Sa mère voudrait dire quelque chose de rassurant, mais il n’y a rien à dire. On les a enfermés. Personne ne va les soigner. Alors dans un fracas bruyant et une odeur plus terrible que la lavande la mère de Mégane se penche sur le plancher et tout son pantalon s’imbibe.  Une diarrhée violente la secoue et la jette au sol. Elle n’a pas la force de se relever.

– Sort Mégane. Vite. Trouve un moyen…

Mégane dépasse sa mère. Descends à l’entrée. Elle frappe la porte et hurle de plus belle. Elle entend les sirènes. Des gens qui parlent. Un rire. Oui. Elle entend rire là-bas. Elle déteste le docteur Zarkovak. Il a condamné sa famille. Elle saute dans la cuisine, prend un couteau et s’attaque aux fenêtres. Mais rien n’y fait. Elles sont solidement couvertes.

Mégane hurle.

Personne ne vient la secourir.

Mégane pleure.

On ignore ses larmes.

Mégane pendant des jours, vit avec les cadavres de sa famille à l’étage.

On l’a enfermé parce qu’on craignait qu’elle contamine plus de gens.

Mais Mégane n’a jamais eu Ebola.

La fillette est morte de soif, de faim et de désespoir.

Histoires d’un bloc # 6

Au feu !

Il est 3h00 du matin. Je me réveille brusquement. Qu’est-ce que c’est ? Pô miaule à s’en briser les cordes vocales. J’ouvre les yeux. Plutôt je décolle mes paupières…et je constate de la fumée. Partout. C’est opaque. Je ne vois rien. Le chat miaule toujours. Atrocement. Désespérément. Je ne comprends pas d’instinct, mais je ne feel pas bien. Je tousse. Mes poumons brûlent. J’ai de la difficulté à inspirer.

Là, le flash se fait dans ma tête. Merde. Il y a le feu. Il y a le feu dans mon appartement. Je repense à tout ce que j’ai fait cuire. Ai-je oublié quelque chose sur le rond? Non, c’est sûrement cette foutue prise lousse qui à eu un court circuit ou j’sais pas quoi! L’alarme d’incendie n’est pas partie. Pourquoi? J’avais vérifié les piles pourtant!

Ma tête bourdonne et je ne fais rien pour m’extirper. Je cherche mon erreur. Alors je réalise que je vais finir brûlée vive! En espérant que je ne survive pas! Vivre brûler, la peau noircie, le visage fondu…quel sort atroce! Quel supplice pitoyable. Mais Pô? Je ne peux pas l’abandonner? Cette petite bête-là j’ai promis d’en prendre soin. Quatre mois et finir dans un brasier…pauvre créature!

Alors je l’entends grimper dans mon lit. Il a cessé de pleurer. Il se colle à moi. Pose sa tête sur mon bras. Je le prends. Le sers contre moi. Viens minou on va se sauver la peau. Je pose mes pieds sur le sol…calvaire! Ça brûle! Je suis incapable. Le feu vient de sous mon appartement. Mon plancher est un sentier de magma! Je suis condamnée. Je sers mon petit chat dans mes bras et je mets à pleurer. Je m’excuse mon petit panda. Je m’excuse tellement.

Note : Cette histoire n’est pas arrivée pour de vrai. Évidemment…J’serais morte! À moins que je le suis…bon en tout cas! J’ai inventé tout. Cool hein? Non…ok. Mais juste vous dire que j’ai une peur bleue de finir comme ça. Quand j’étais enfant, le gros bloc à mes grands-parents ont passé au feu. Quelque chose d’énorme et de très destructeur. Tous les locataires ont tout perdu. J’ai été traumatisée et pendant longtemps je préparais le soir un sac à dos avec mes toutous et mes jouets préférés. Je me préparais à brûler…c’est fou hein?!

Les bebittes

Inspection ! Inspection ! Quoi ! Ark ! y’a des bebittes chez nous ? Ben non c’est juste en prévention. Ouf !

Mais le chat ?

Quoi le chat ?

Je ne peux pas me libérer. La concierge va entrée et je ne serai pas là ( ouais je travaille de jour pour payer mon loyer ça l’air) alors le chat, quand la porte va ouvrir il va décoller. Je la vois bien courir après. Va s’y ma vieille ! Va s’y ! Cours après le chaton et il est mieux de toujours être noir et blanc quand je vais revenir.

Note 1 : Papa d’amour a été là de 11h00 à 13h00 pour garder mon Pô. Et la concierge et l’inspecteur se sont pointés à 13h30. Superbe hein ? Merci papounet. T’es le plus meilleur du monde.

Note 2: La seule bébitte autorisée même en photo sur mon blogue c’est une coccinelle et encore!

Un blé d’Inde pour emporter

J’étais descendue avec mon amie dans la balançoire. On a un genre de gros terrain avec la piscine, des tables, des balançoires ( j’ai vraiment l’impression d’être dans un énorme camping au fait) et là…au moment de partir, une dame m’accoste. Sa gang de vieux était tout pénard avec leur bouteille de vin et leur grande bouffe du soir. Riant et buvant légèrement.

– Hey mademoiselle ! Vous voulez du blé d’Inde ? Y’en reste quatre.

Faque c’est ça. Je vais manger du blé d’Inde.

#bléd’inde #voisinsTop #jevaisrevenirplussouvent

Où sont les couilles ?

Attention! Attention! Article d’une fille frustrée. Voilà…il y a eu ce mec cette semaine. 29 ans, célibataire, grand, beau, un peu rondelet, mais oh combien confortable de se blottir dans son creux. On a pris une bière  (lui trois- Est-ce trop quand on se dit nerveux ou il veut oublier qui il a en face de lui? ), j’ai osé aller chez lui, on s’est embrassé…et j’ai été plutôt froide- mais après plusieurs tentatives je me suis laissée emporter et croyez-moi il aurait pu facilement faire tomber mon mur de défense. Mais non, on a été en douceur. Il m’a reconduit à l’autobus ( l’autobus ne s’est pas pointé). Alors il m’a payé le Uber jusqu’au métro. Il m’a embrassé et je me suis rappelé en goutant ses lèvres douces que c’était désormais à lui de venir dans mon coin. C’est ce qu’il m’a dit. Il m’a même parlé d’aller faire du tir à l’arc. J’adore le tir à l’arc.

Je suis retournée chez moi la tête pleine de rêveries. J’avais les lèvres qui brûlaient. Je sentais son parfum dans mon cou. Wouah! Ça se pourrait-il que mes six années de célibat prennent fin? Tinder renfermait-il des perles rares finalement ? Des hommes qui ne veulent pas juste la pétasse de service pour coucher? Je ne suis pas parfaite. Je suis une vraie patate de sofa, mais je crois avoir de belles qualités. Des qualités et une intelligence qui rendraient un homme amoureux.

Pourtant, la fin de cette histoire ne s’est pas bien terminée comme bien d’autres blind date ou on s’imagine des tas de trucs et finalement il n’y a pas d’étincelles. Ouais c’est ça. Après que je l’ai relancé, cela a été sa réponse. Pas d’étincelles. En langage de fille habitué des rencontres Internet ça veut dire soit a) j’avais juste envie de fourrer b) t’es vraiment pas mon type ( et je n’ai pas de couilles pour te l’avouer).

Au début j’étais choquée! Pourquoi m’avoir embrassé jusque devant la porte du taxi? Pourquoi avoir prévu venir dans mon coin, faire une activité avec moi…si c’est pour me dire deux jours plus tard nahh finalement tu sais quoi? T’es moche. Tu n’invites pas une fille moche chez toi mec! Tu finis ta bière et adios!

Je suis plutôt fière de moi. Je n’ai pas changé. Je n’ai pas accordé une seule partie de moi, ni mon passé, ni mon avenir, ni mon corps, ni mon bien-être acquis depuis mes six ans de célibat. Je n’ai pas tout sacrifié pour un mec.  Un inconnu. Un inconnu aux belles paroles…

Une fois cette grande fierté je dois vous avouez un truc…Je me sens fatiguée de tout ça. Je suis fatiguée de jouer le jeu de la séduction. Fatiguée de me faire des idées. De jouer parfois le caméléon pour plaire. C’est quand mon tour? Hein? Quand est-ce que je vais rencontrer mon Tristan? Mon Roméo? Ce mec qui va me regarder et dire je ne la laisse pas partir celle-là.

Je n’ai pas à attendre ce jour pour espérer être heureuse aujourd’hui. J’ai connu l’amour. Deux grands amours. Ils m’ont élevé plus haut malgré le point final. Je garde dans ma tête et mon cœur nos histoires. J’ai espoir que ce big bang reviendra. Un homme qui ne me demandera rien d’autre que juste être à côté de lui. Pour le moment, le seul mâle dans ma vie est Pô et je crois que, avec un cœur à nouveau brisé, c’est tout ce qu’il me faut.

Ouais. Parfois…l’amour fait c**** !!

Histoires d’un bloc # 5

Le chat qui passe proche de se faire empailler

Pô dort sur ma commode, mais pas avec moi. Je me suis dit bon…au moins là il est tranquille. Il ne dit pas un mot et mes orteils sont tranquilles pour la nuit. Je me vente à qui veut l’entendre que Pô a élu son dodo place là et même si j’aimais qu’il dort coller…on fait avec, c’est lui le boss. Toutefois, après quelques jours je remarque quelques petits morceaux blancs sur ma commode…et c’est la que l’inévitable m’enlève les mots de la bouche. Pô grugeait les coins de ma commode! Ah le p’tit Tbank! Vite le vaporisateur éloigne minou. Un goût de citronnelle plus tard et une porte fermée, le chat devrait bien se calmer ? Eh bien non! Je dépose trois secondes mon livre que je dois lire et là, sous mes yeux, les minis dents de mon bébé chat sur le coin du livre. Et je vous jure, je me suis mise à pleurer. Moi qui ne prête jamais un livre. Moi qui a horreur du coin replié. Moi qui serais la première à faire une fondation pour livre martyrisée…La mon espèce de bête poilue à passer proche d’être empaillé.

J’ai essuyé mes larmes, remis mon livre dans ma bibliothèque dégoutée. Le temps va passer et peut-être, je dis bien peut-être je vais réussir à le lire et passer par dessus de cet ÉNORME TRAUMATISTE.

 

Ti-couli p’tit peu dégoutant

Commençons cette histoire depuis le début. Et ça commence avec Pô (évidemment! Tout commence à cause d’un chat) Pô a une petite balle qui fait schroutch schroutch et elle s’est prise sous le four. De ma bonté d’âme, je décide de me pencher pour aller la récupérer( surtout qu’il miaulait à qui voulait l’entendre que la balle était sous le four) mais même avec une perche je n’arrive pas à l’atteindre.  Alors je décide de tout déplacer pour aller la récupérer. Mais au moment de tasser l’énorme four, j’en oublie de débrancher ma bouilloire. La bouilloire tombe, elle éclabousse Pô et moi, mais ne vous en faites pas la petite balle était saine et sauve.

Le capot de ma bouilloire étant brisé, un grand nuage de vapeur sort de cette dernière quand vient le temps du thé. Ma bouilloire sur le comptoir sous les armoires de la cuisine m’offre cependant un spectacle des plus dégoutants. À cause de la vapeur, les armoires du dessus se sont mises à dégouliner…d’un liquide jaune écoeurant! Pour un appartement rénové et frais peint…on repassera!

La laveuse de la colère

Il y a bien une chose dont j’ai un peu de la misère à m’organiser. Un peu? Non. Je vais être sérieuse. J’ai beaucoup de misère à m’organiser pour cette chose-là. Le lavage! Dans mon ancien appartement, j’avais une laveuse et une sécheuse. Un petit duo de machines acheté de ma poche. Toufois, là ou j’ai déménagé il n’y a pas de tuyaux disponibles pour cet usage. Fini les lavages rapides dans la pièce adjacente. Désormais, je dois descendre au sous-sol, mettre de l’argent sur une carte et amener ma besace lourde et puante de la semaine.

Je me suis acheté un petit panier sur roulette IKEA. Très pratique, mais peu solide et bruyant. Alors j’ai tenté des poches de linges…Mieux, mais lourds. De plus, avec les poches en tissus j’ai l’impression de faire moins p’tite vieille qui a mal dans le dos et qui va faire son lavage le lundi matin ( image déprimante je m’en excuse).

Mais voilà ce qui s’est passé cette semaine. J’ai sorti de mon appartement les poches sous les bras, ma carte dans la bouche et mon trousseau de clés de secours dans un doigt. J’arrive en bas. Défais le cadenas de ma case. Débouche l’eau de javel et le savon à vaisselle dans une acrobatie digne des Olympiques. Installent mon foutoir dans les laveuses et gosse plus ou moins trois minutes avec la carte magnétique que je ne saisis toujours pas l’utilisation.

Pas assez de fond.

Merde. Je sors de la place , va à l’ascenseur, retourne au troisième étage pour aller chercher ma carte de crédit. Descends en bas et je me dirige vers la machine pour booster la carte magnétique.

Erreur.

Je recommence.

Erreur.

Aie! J’ai de l’argent sur ma carte ciboire

Erreur.

Je retire ma carte, retourne à l’ascenseur, va au 3e étage, rattrape Pô qui s’évade dans le couloir, prend ma carte débit, redescend en bas, retourne à la machine.

Erreur.

AHHHHH!

Erreur.

Reboot la machine.

Attends.

Patiente.

Patiente pu.

Recommence.

Erreur.

Je fou mes cartes dans mes poches, remets mon cadenas sur ma case et retire mes vêtements humides pour les retourner dans les poches de lavages. Je prends la ferme intention de marcher jusqu’à mon ancien appartement pour profiter de ma laveuse et de ma sécheuse. En plus, 5$ le lavage ça commence à couter cher!

 

PERMETS QUE JE CHEMINE DANS LA BEAUTÉ

Ô Grand Esprit,
dont j’entends la voix dans les vents
et dont le souffle donne vie au monde entier,
écoute-moi.
Je suis petit et faible.
J’ai besoin de ta force et ta sagesse.

Permets que je chemine dans la beauté
et que mes yeux restent fixés sur les feux rouges
et pourpres du soleil couchant.
Donne à mes mains le respect des choses que tu as créées
et à mes oreilles une plus grande sensibilité au son de ta voix.

Donne-moi la sagesse,
afin que je puisse comprendre les choses que tu as enseignées à mon peuple.
Permets que j’apprenne les leçons que tu as cachées
dans chaque feuille et chaque pierre.

J’aspire à être fort, non pour surpasser mon frère ou ma sœur,
mais pour lutter contre mon pire ennemi, moi-même.
Permets que je sois toujours prêt à venir à toi
avec les mains propres et l’œil clair,
de manière qu’au moment où ma vie déclinera comme le soleil au couchant,
mon esprit puisse venir à toi sans aucune honte.

Grand Esprit d’amour,
viens à moi avec la puissance du nord.
Donne-moi le courage d’affronter les vents froids
de la vie lorsqu’ils s’abattent sur moi. […]

Esprit qui te lève à l’est,
viens à moi avec la puissance du soleil levant.
Permets que la lumière soit dans mes paroles,
permets que la lumière soit sur la voie que j’ai empruntée. […]

Grand Esprit de la création,
envoie-moi la chaleur apaisante des vents du sud.
Réconforte-moi et caresse-moi
lorsque je suis las et glacé.
Étreins-moi comme tes douces brises
étreignent les feuilles sur les arbres. […]

Grand Esprit qui donne la vie,
je me tiens face à l’Ouest,
dans la direction du soleil couchant.
Permets que je me rappelle chaque jour
qu’un moment viendra où mon soleil se couchera.

Ne permets jamais que j’oublie que je suis voué à me fondre en toi.
Donne-moi une belle couleur,
donne-moi un magnifique ciel au couchant,
et quand viendra le temps de te rencontrer,
je viendrai à toi dans la gloire.

Et Toi qui es la source de toute vie,
je te prie sur cette terre
de m’aider à me souvenir tout au long de mon séjour sur terre
que je suis petit et que j’ai besoin de ta pitié.

Aide-moi à t’être reconnaissant de m’avoir fait don de la Terre
et à ne jamais y cheminer
en portant préjudice au monde.
Accorde-moi d’aimer ce qui provient de notre mère la terre,
et apprends-moi à aimer ses présents.

Grand Esprit des cieux,
élève-moi jusqu’à toi,
que mon cœur puisse t’adorer et venir à toi dans la gloire.
Rappelle à ma mémoire que tu es mon Créateur,
plus grand que je ne suis,
désireux de m’offrir une bonne existence.

Permets que tout ce qui existe dans le monde
élève mon esprit, et mon cœur, et ma vie vers toi
afin que nous puissions toujours venir à toi
dans la vérité et la sincérité.

Eknath Easwaran, Les grands textes spirituels du monde entier,
Fides, 1997, p. 175-178.

 

Désobéissance

 Obéir: Se soumettre à quelqu’un ou quelque chose.

 

Il vient un temps, peu importe notre âge, qu’une loi ou un règlement voire un ordre nous met mal à l’aise. Nous sommes irrémédiablement pris d’une crise d’urticaire quand il vient le moment d’obéir ou non…Et vous, pensez-vous qu’il faut obéir en tout lieu et toute circonstance à ceux qui édictent la loi? Où seriez-vous, tout comme moi, pris d’une irrésistible envie de désobéir et de fonder vos décisions sur votre conscience?

Voilà près d’un an que je suis un conférencier superbe sur le développement personnel. Son mot d’ordre: désobéissez! Ce mot est troublant! Ce mot m’indispose!! Moi qui suis une parfaite petite fille et qui suis une femme tout aussi obéissante que juste. Moi désobéir? Voyons! Toutefois en vieillissant nous avons de nombreuses occasions d’éprouver ce nouveau paradigme. Des situations ou révoltées nous refusons d’obtempérer à l’ordre établi. Printemps érable et autres manifestions sociales prouvant bien notre besoin humain de se rassembler, marcher dans les rues et scander des slogans crus, authentiques et révélateurs. D’accord. Une marche pour la fierté gaie ça se « tolère »ou une marche pour les conditions de travail ça «défoule », mais dans la vie de tous les jours, désobéissons-nous? Est-ce que nous devons afficher qui nous sommes, dans notre être, une fois par année dans une parade contrôlée? Je ne critique pas ce geste et ça force et son utilité, mais est-ce suffisant? Ne devrais-je pas voir ces manifestations tout au long de l’année? Est-ce que désobéir veut dire peser sur la pédale d’accélaration et d’envoyer promener le policier qui donne la contravention?

Vous pouvez le faire évidemment et vivre les conséquences. Toutefois je me fais une autre idée de la désobéissance. Je ne parle pas de la désobéissance civile, politique ou morale, mais bien d’une désobéissance personnelle et libératrice. C’est-à-dire vous envers vous. Vous avez vos goûts, vos valeurs et votre conscience. Par exemple, dois-je accepter toute convention sociale ou religieuse( le sapin de Noël, les cadeaux, etc) ? Non! Je peux décider de ne rien faire de cela parce qu’elle ne m’apporte rien. Encore plus loin, puis-je accepter de vivre une vie en couple, mais seule? Bien sûre, je peux avoir mon logement et lui le sien. Créer une vie entre les deux logements.

Je me suis demandé si je pouvais désobéir à l’éducation de mes parents. Si je pouvais me créer un monde à moi? Prendre soin de moi comme je l’entends ou je l’entends? Remettre son éducation et sa socialisation familiale en question est une grande épreuve. Surtout un grand saut. On le remet rarement en question cette partie-là. Par exemple, un ami me disait l’autre jour que lorsqu’il revenait de travailleur il était toujours fatigué. Mais il devait préparer le repas et faire une activité jusqu’à huit ou neuf heures ou il tombait des clous sur son divan. Et ce même ami mets revenus en me disant qu’il allait dormir dès qu’il arriverait à la maison jusqu’à six heures et qu’après il mangerait et ferait ses trucs.

– Super! C’est une bonne idée.

– Mais je me sens mal.

Pourquoi se sentir mal? Parce qu’à travers son éducation, il faut tout de suite enchainer le souper et les activités du soir en arrivant de travailleur. De cette façon, il ne pensait pas  »perdre sa soirée » à dormir. Le lendemain, mon ami m’a dit qu’il avait travaillé sur ses projets jusqu’à 23heures. Qu’il avait de l’énergie et qu’il était heureux le lendemain parce qu’il avait l’impression d’avoir réalisé quelque chose. Pourtant, il s’était couché de 16h30 à 18hoo. Simplement banal?Hum…Je ne crois pas!

Désobéir ne veut pas dire transgresser une loi, mais d’écouter notre conscience et notre bien-être. Ne pas suivre le troupeau et de faire ce qu’il nous plaît, quand cela nous plait, de la façon qui nous plait. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler du lundi au vendredi et de s’amuser le weekend. Désobéir ce n’est pas l’obligation de travailler de jour quand on n’est pas des lèves tôt. Désobéir ce n’est pas faire comme tout le monde. Désobéir s’est l’obligation d’obéir à une seule et unique loi: nous-mêmes.

 

Écrire moins, mais mieux

Je me rappelle mes débuts. Tout était gauchement écrit, mais j’écrivais beaucoup. Des pages et des pages d’idées. Des idées facilement reçues et conçues par mon esprit. Tout semblait aller à merveille, j’étais prête à ma première critique. Puis, quand vint enfin ce moment incroyable où j’imaginais une foule d’amateur m’applaudir il ne se passa rien. Au contraire, de la réussite, j’avais échoué. Mes phrases étaient drôlement composées, des mots inutiles remplissaient l’écran, trop volumineux, gauche et incompréhensible. Je me relisais et c’était vrai. Les premiers commentaires m’avaient dévasté, mais c’était vrai. Plutôt que d’abandonner ma passion d’écrire, j’ai craqué mes jointures, but un verre d’eau glacée et je me suis attablée au travail. Qui a dit qu’être écrivaine était facile? Évidemment. Personne.

Avant même de tomber dans la technique, avant même d’aller faire un certificat en création littéraire, avant même d’espérer percer comme votre auteur préféré…il faut écrire. Bien écrire. Je ne parle pas d’orthographe (mais essentiel celle-ci se posera tôt ou tard). Avant même de faire le meilleur plan, il vous faut considérer d’écrire moins, mais mieux.

Qu’est-ce que j’entends par là? N’attaquez pas un roman tout de suite. C’est gros et ça demande une bonne préparation. Si vous débutez dans l’écriture, faites de courtes histoires. Penser les mots. Chercher les mots. Construisez une phrase à la fois. Une idée à la fois. Ce mot remplit-il son rôle? Cette phrase complète-t-elle mon idée? Ce paragraphe est-il clair?

Écrire moins, mais mieux c’est se concentrer et être présent sur chaque élément. Les écrivains aiment les mots. Ils jouent avec. Inutile d’utiliser des styles poétiques ou autres complications françaises de la langue. Ouvrir un dictionnaire, regarder la signification et essayer d’entrer ce mot dans un contexte. Plutôt que d’utiliser sans fin les mêmes expressions, ouvrez le dictionnaire de synonyme et de cooccurrence et explorez de nouvelles pistes.

Trop de mots. Trop de pages. Quand on est débutant, c’est risqué. Atteindre un objectif de mots ou de pages au début c’est risqué. Oui, une page, deux pages par jour pour vous encourager à vous asseoir et écrire c’est bien. Mais ce n’est pas cet objectif qui fera de vous un bon écrivain. Il vous suffit juste d’une phrase au final. Une phrase qui a été cherchée en sens et en authenticité. Une phrase qui a les bons mots. Une phrase qui vous parle.

C’est pour ça que j’ai commencé par des nouvelles. Je me suis dit : un petit format est l’idéal pour concevoir et apprendre une trame psychologique. Découvrir les éléments essentiels pour faire une histoire. Je ne débattais pas avec des actions interminables, mais juste des scènes dont j’avais cherché le sens exact. Sans sous-entendus. Sans confusion. Je n’aime pas le flou dans un livre. Mais pour savoir comment ne pas reproduire ce que nous n’aimons pas, faut l’essayer. Faut le travailler. Faut prendre son temps. Comme un jardin sans entretien depuis des semaines, l’écriture peut se voir pousser de la mauvaise herbe. Des mots et des phrases inutiles à son avancement lourd à la lecture.

Faites confiance à votre jugement. Prenez votre temps. Explorez différentes solutions. Les mots ne demandent que nous les associons, construisions et les détruisions.  Ils demandent à prendre vie. Composer votre idée. Prendre parole au nom de votre esprit.