Et si j’écrivais à temps plein

Au Québec, si tu dis à tes proches que tu veux devenir écrivain, en général ils te donnent leurs condoléances. Ouais ! Ce n’est pas très payant. Il y a peu d’élus pour le nombre de passionnées. Peu de lecteur pour le nombre d’auteur ! Si je m’arrêtais à ça, je ne ferais pas grand-chose de ma vie. Vous non plus d’ailleurs. Nous avons une très grande capacité à s’autodétruire ou échouer avant même d’essayer. D’accord, pour faire de l’argent avec nos manuscrits, il faut bucher et piocher… encore et encore !

Conseil à venir ! Attention !

Si vous vous laissez envahir par une telle pensée, elle deviendra votre quotidien. Acceptez les conditions dans lesquelles vous êtes présentement, améliorez-les et cessez votre inertie.

Quand je suis au travail, je veux écrire. Quand je suis enfin chez moi, je n’écris pas. Si j’étais à temps plein dans l’écriture, j’aurai des romans et j’en ferais mon métier. Je veux vivre par mon écriture.

Dans la magie des mots de Julia Cameron, elle a fait résonner en moi cette pensée, de mettre le poids financier sur notre passion est dangereux et cruel. Il est là le véritable problème. À tenter d’espérer le tout ou le rien par l’écriture ne vous mènera à rien.

Regardez votre situation comme un gestionnaire. Analysez votre horaire. Détectez vos temps « morts », utilisez-les pour vous reposer ou pour travailler une partie de votre écriture. Selon vos moyens évidemment, prévoyez vos déplacements, vos pauses, vos journées off ou vos weekend avec séance d’écriture. Par exemple, j’ai réalisé que je passais une heure à deux heures dans le transport en commun. Je ne suis pas toujours assise, mais quand je le suis, je gaspille des minutes de mon forfait sur mon cellulaire. J’ai passé à l’acte et je me suis acheté un ordinateur portable tout riquiqui, le plus bas prix possible. Juste pour avancer des petits textes ici et là. Si c’était une phrase, c’était une phrase de plus à mon histoire ! Pas d’argent pour un ordinateur portable, un calepin et un crayon sont bon marché en général.

Oui l’argent. Oui le temps. Oui les enfants, la famille, les diners, les nids de poule, le trafic, la voiture, le voisin, le gazon, l’arrosage, la pluie, le collègue trop bavard… et j’en passe. Dans les excuses on a déjà compris que les humains sont experts, mais quand est-il de la prise de décision et de l’action ? Pourquoi attendre d’être à la retraite pour décider de vivre ? L’écriture, moi, j’en vis déjà en temps plein. Dans ma tête. Dans mes veines. Dans mon travail. Dans mes interactions sociales… En effet, il n’y a pas une seule seconde que je n’y pense pas.

Qu’est-ce qui vous empêche d’écrire ? Qu’est-ce que vous fabulez sans jamais dire « stop » ? Comment est votre horaire ? Avez-vous des plages réservées à votre passion ? Parlez- en ! Donnez vos trucs ! Parlez-moi de vos arrangements.

Où écrire

Crémazie est, et de loin, une station à l’opposée de ma destination normale. La ligne orange comme on la nomme pour le métro Montréal est pour moi un vaste territoire inexploré. J’émerge des tunnels et une brume opaque enveloppe l’autoroute. Je regarde à droite, puis à gauche en quête d’un refuge. J’avance timidement. Je trouve enfin un café hospitalié: Van houtte. C’est une franchise. Donc, fréquentation et hygiène convenable pour la non-aventurière que je suis. J’ai deux heures à tuer, ceci entraine cela, je commence à écrire…

Dans le café, il y a un doux clapotit d’une chutte d’eau. Les bruits des klaxons et l’odeur de la rue ne m’atteind plus. Je suis enfin en sécurité. Je laisse mon imagination me transporter là où bon lui semble. Il y a longtemps que j’ai perdu contre sa puissance enigmatique. Il y a cent histoires dans ce bassin qui me traverse:  des batailles de sireines, des pollueurs aliens et j’en passe. J’observe le vieux qui lit un journal et j’analyse ses mimiques. Je pense à ce caissier sympathique qui m’a rendu de bonne humeur ce matin. Une gorgée de café et mon esprit s’emballe de nouveau. Je croise des yeux une collègue, on se parle un moment. Elle repart et me souhaite une journée de formation agréable. Je replonge dans mon univers. Je continue de tapocher quelques mots. Et si l’écriture pouvait toujours croiser un lieu comme celui-là, il me semble que je serai bien… 

Alors je réalise qu’il le peut et vous le pouvez aussi. Parfois on sent que nous n’avons pas notre petit coin à nous, entre notre partenaire et les enfants. La famille grouille trop et le calme ne s’impose jamais. Au contraire, peut-être le chaos et le bruit sont sources d’inspiration. En ce qui me concerne, j’ai travaillé très dur à construire cette place spéciale pour construire mes histoires et même là, je suis parfois incapable de le faire. Et voilà que je dois allée à X endroit, j’amène mon ordinateur portable « juste au cas où » et je me mets à écrire. Quels sont les factures qui ont influençé ma création ? L’endroit peut-il impacter considérablement ?

Je crois que cela dépend du moment, de nos moyens et de la façon dont ont voit l’écriture. Voulez-vous la voir comme une institution régide par exemple à  un bureau sans artifice avec une lumière tamisée ou à la chandelle et comme seul paysage un mur blanc ? Ou voulez-vous la voir indomptable, étourdissante et incohérente ?

L’important je crois c’est de rester attentif à vos réactions. Quel est l’environnement qui vous soulève jusqu’à l’écriture ? Quelles émotions apparaissent quand vous prenez votre crayon à X ou Y endroit ? Voyez-vous une différence avant, pendant et après ? Est-ce qu’il y a des éléments qui sont ressemblants ou différents d’une séance à l’autre ?

Vous penchez sur votre lieu d’écriture va vous permettre de mieux vous connaitre et mieux établir ce qui fonctionne pour vous. D’appliquer de fois en fois, vos critères qui déterminent une progression plutôt qu’une frustration.

Un peu de nouvelles sur l’écrivaine

Actuellement, j’ai une pile de projets ! Écriture et au boulot, ça bouge ! Au travail, à la mi-août je vais entrer en poste de technicienne dans mon département des approvisionnements. Fini la job d’agente administrative sous-payé ! Après bientôt six ans dans cette institution gouvernementale, il était temps de voir… le bacon sur la table ! Je pense même terminer mon BAC par cumul de certificats, probablement cet hiver, je fais les derniers calculs pécuniaires et en temps ! Je ne veux surtout pas laisser de côté mon écriture, mais cela demandera certainement un réajustement d’horaire.

Côté écriture… L’embarras du choix est là : Un roman fantastique de 700 pages a corrigé, un roman de science-fiction a terminé, un roman FF sur le verglas de 1998 a terminé, un roman FF en coécriture a commencé ( rire nerveux) et un roman FF a finir en 6 mois pour respecter l’échéance de la ME.  Ouf ! !

J’aimerais sincèrement être en mesure de me diviser pour accomplir cette tâche colossale. Mais le truc, c’est d’en prendre un et s’y acharner pendant plusieurs semaines. Jour après jour, une phrase à la fois. Le stresse du Deadline me fait du bien, sérieusement. Je crois que je me laissais un peu dériver. Maintenant, je dois finir au moins un roman dans tout ça avant la date inscrite. Seriez-vous capable, vous, d’arrivée à écrire sous la pression ? Moi, ça me rappelle mes travaux d’école… la dernière minute me semblait toujours meilleure… L’idée devait, disons, arriver plus vite au résultat.

Mon objectif pour cette échéance c’est 2 000 mots par jours, donc un chapitre par jour. Je vais totaliser 30 chapitres pour ce conte que je revisite. J’ai décidé de prendre l’histoire de Hansel et Gretel ( version FF). Personnellement, c’est le conte qui m’attire le plus pour ses personnages. Deux enfants, frère et sœur, déjà ça me rejoint ( désolé Pierre je risque encore de m’inspirer de toi dans une de mes histoires ! Pas facile d’être le frère d’une écrivaine, je sais !). Des enfants mal-aimés et des enfants qui ont grandis et devront revivent le drame de leur vie, du moins, confronter leurs pires cauchemars. Dans ce cas-ci, on parle de la vilaine sorcière. Genre fantastique, que je veux éclater et évidemment un fond dramatique ( parce que j’aime le drame), mais je promets cette fois que mon histoire se terminera bien ( je repense à Acheri où Wakiza se sacrifie, Wapikoni qui… enfin ! Et Pompéi je ne le mentionne même pas !). Et le sondage sur le café de l’homoromance a été clair, on aime les fins heureuses ! J’apprends, hein ?

Façon de dire que mes travaux en auto-édition seront un peu retardés. Voilà deux ans que je n’ai rien sorti et ça me fatigue !! Et vous ? Je prendrais les travaux après le défi lancer par HR ne vos inquiétez-pas. J’écris de petites phrases ici et là question de voir les projets progresser, mais on s’entend que c’est en slomo depuis.

J’ai décidé de laisser un petit cadeau sur mon site web concernant le conte que je construis. J’ai eu un flash en écoutant ce vidéo-clip. Et ces deux femmes deviendront mes personnages… hmmm ! N’est-ce pas ?

Ce que l’on peut apprendre sur soi durant une marche


Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas très sportive. Je pourrais m’éterniser sur les raisons cependant je conclurai simplement que je n’ai jamais reçu le support constant et adéquat que j’ai toujours eu besoin. Toutefois avec le temps et la maturité, j’ai cette patience pour moi et ce goût de plus en plus prononcé de découvrir et m’aventurer. Seule et en confiance.

Après quelques années sur le banc de touche côté sexe (oups! J’ai  osé le dire !) J’ai eu besoin de me retrouver : Moi, simplement, en mouvement, en sueur et sentir mon coeur qui palpite. On dit bien que le sport c’est comme le sexe, non?  (j’ai encore dit le mot !) 

J’avais Aqua dans mes écouteurs. Il y a vraiment que cette  musique pop de mon enfance qui réussit à me remettre le sourire. Je faisais ma marche quand je me rendis compte d’une chose bouleversante…

Où je vis, c’est en face du fleuve St-Laurent. Je paye cher mon appartement, mais le vent qui traverse ma maison, la vue, l’odeur de l’eau en vaut la dépense assurément. Pendant ma marche, j’avais décidé de faire le carré de mon quartier. Un petit défi, rien d’extravagant. Juste pour se remettre en mouvement.  Plus je marchais plus je décidais de prolonger ma distance jusqu’a ce que je me retrouve sur le boulevard, entre une vue époustouflante et des maisons richissimes! Mais plutôt qu’admirer le cours d’eau indomptable depuis des siècles, je me surpris à admirer les demeures. Je devins maussade et ma vitesse de pas décéléra. 


Mes pensées calmes jusqu’à maintenant fusèrent chaotiquement et douloureusement harcelant ma tête. Qu’étais-je entrain de faire de cette balade seine? Je m’assommais de coups ! Je m’engloutissais de jalousie et de rage. Je constatais a quel point  je n’avais rien.

Et quand on débute dans cette voie, il est dur d’arrêter la déprime.

Par chance, j’ai alors tourné ma tête et je suis tombée sur la lune, pleine et étincelante, à côté du ciel encore bleuté.  Instantanément, elle a eu sur moi un effet calmant.

J’ai compris que la vie était une route qui se divisait entre ce que je peux avoir et ce que je ne peux pas, entre rêve et fantasme, entre harmonie et chaos… J’ai compris que ces pensées sont les miennes. Je n’ai pas le contrôle sur elle, mais j’ai le choix de les repousser avec force. J’ai le pouvoir de le faire. Je ne peux éviter ces gens qui ont plus que moi. Je ne peux changer de quartier simplement pour ne plus être confronté à cette douleur d’avoir moins.

J’ai compris aussi, dans cette simple marche, que la lune peut être observée de tout le monde, mais très peu lèveront les yeux vers le ciel. Moi, j’ai eu cette chance. Et je la comprends tout à fait.

Le petit bâteau

Quand je me rends au boulot chaque jour, je traverse un parc. Exactement le même qui a accueilli mon enfance dans les camps d’été. Nombre de fois que j’ai joué ici et là, que j’ai grimpé à cet arbre (d’ailleurs il y a encore ma marque gravée) et que j’ai couru et inventer des histoires…

Je remarque ce bateau, cette construction en bois frêle et dénuée de décoration. Ce n’est qu’une plateforme en forme de bateau et un poteau simple en guise de mât. Il semblait si géant dans mon enfance !

Que sait-il passé ? Est-ce la maturité qui a soufflé mes impressions et ces centaines de combats contre les vilains pirates des mers troubles ? Est-ce que j’ai oublié tous ses sauvetages héroïque que j’ai faites ?

Alors je souris. Non, je n’ai rien oublié de ses histoires épiques ! Mais j’y vois désormais autre chose !

Mon imagination est intacte. Mes envies d’héroïsmes et de sauvetages périlleux m’accompagnent toujours. Je me revois ligoté au mât, attendant le prince pour me libérer des flammes… J’entends encore mon rire, faire écho dans ce  parc. Mais je vois aussi que mes épreuves, ce que je croyais à l’époque énorme, sont aujourd’hui, de si petites choses qu’elles me font m’esclaffer de plus belle.

Dans quelques semaines, je serai assise à un nouveau poste. Cela m’angoisse. Que va-t-il m’arriver ? Que vais-je vivre encore ? Quel échec vais-je devoir affronter ? Quand je regarde par-dessus mon épaule, je revois qu’hier autre chose me terrifiait. Désormais, mon attention se tourne ailleurs.

Alors si je repense à ce gigantesque bateau qui me parvient des souvenirs de mon enfance qui à présent est devenue cette  embarcation chétive par mon regard adulte, je réalise que ce qui me fait peur maintenant deviendra insignifiant demain.

Tout n’est que cette histoire lointaine, d’un très petit navire… Comme nos obstacles, nos échecs et nos angoisses.

Les excuses

Je me demande aujourd’hui quelles excuses je vais me trouver pour ne pas écrire. La vaisselle qui déborde du lavabo ? Le lavage encore défait ? La litière du chat ? La poussière qui roule sur le plancher ? Et pourquoi pas la température ? Foutu temps ensoleillé, s’il pleuvait j’écrirais sûrement ! Tiens … De la pluie.

Écrire vient avec des sacrifices, mais le sont-ils nécessairement ? Ne pourrais-je prévoir le coup ? J’ai demandé à ma co-auteure si elle se sentait coupable quand elle avait du temps, mais qu’elle n’écrivait pas. Elle m’a répondu : « J’essaie toujours d’écrire une phrase par jour. » Une phrase… Je ne suis donc pas capable de faire une toute petite phrase par jour ?

Je me suis donc levée, j’ai été me préparer un café. Pendant que l’eau chaude coulait de la cafetière imbibée de caféine, j’ai fait ma vaisselle et j’ai même balancé le linge dans la laveuse. J’ai flatté minou et j’ai nettoyé sa litière. Voilà, quinze plus minutes plus tard, rien n’obstruait mon désir d’écrire. Sauf, moi-même.

Quand je ne sens pas que j’ai la force d’écrire, je me lève et je vais dans mon bureau. C’est la seule façon de briser l’inertie. Même s’il fait chaud, j’ai mis le ventilateur. Je me se suis retrouvée ensuite devant un autre obstacle : Lequel de mes projets allais-je faire ? Je n’ai pas le goût d’aucun d’entre eux.

Quand ma tête décide de trop réfléchir, je me dis que c’est le bon moment pour un article pour mes blogues. Même une feuille blanche pour une écriture automatique fait l’affaire. Il faut juste faire. L’objectif est de commencer par écrire quelque chose. N’importe quoi ! Juste remettre en branle nos doigts et enclencher nos mécanismes d’artisan de l’écriture. Une fois assis, devant l’ordinateur c’est plus difficile après de prendre la fuite.

Mais après cet article, mon problème ne sera pas résolu. Lequel de mes projets vais-je avancer dans les prochaines heures ? Et s’il y avait un temps pour créer un autre pour corriger ? Faire la correction de ses manuscrits demande de la concentration, mais il vient chercher une autre partie du cerveau, plus logique, plus analytique. J’ai besoin de ça en ce samedi matin.

Alors je vais me plonger dans ce roman que j’ai écrit pendant deux ans alors que je change tranquillement les temps de verbe et je peaufine ma pépite d’or, il me viendra d’autres idées… Dont, la permission, aujourd’hui, d’écrire seulement une phrase sans m’en sentir coupable. Non seulement les excuses nous ralentissent, mais sabote notre vie à petit feu et d’un seul coup on réalise que les années ont passé et que nous n’avons rien réalisé.

Et vous, combattrez-vous vos mécanismes internes d’autosabotage pour vaincre l’inertie et accomplir votre destinée ?

Tous les vendredis

Voilà, mes vacances fractionnées sont entamées ! Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette chance de réduire vos jours de travail pendant l’été et d’être, tous les vendredis, en congé payé. Pour certains, ce serait un crime. Tu ne vas pas dans le sud ? Tu ne descends pas à la mer pendant quelques semaines ? Eh bien non ! Moi je me plais dans ma petite banlieue à voir l’été, au compte-goutte.

Avec raison, je ne suis pas fanatique de l’été. La chaleur, l’humidité, les insectes… pouah ! J’ai de la misère. Attention je ne suis pas une hater du soleil. J’aime, modérément. Dans tous les cas, pour moi, des vacances de rêves c’est l’automne (ce que j’ai préparé aussi tient !)

Le but recherché n’est pas innocent. Je me libère du temps évidemment pour me reposer, mais aussi pour écrire. Vendredi, j’embarque dans mon bureau à la première heure pour peaufiner mes projets en cours. J’ouvre la fenêtre, je pousse le ventilateur au maximum, un café froid sur la gauche et une bouteille d’eau sur la droite et boum ! On pénètre un univers merveilleux !

Tout ça me permet de tenir quelques heures. C’est une routine qui s’installe. C’est mon moment privilégié. Que moi, mes plantes et mon imagination.

Les images dans la tête

Dans mes débuts, j’avais de la difficulté à simplement dire ce que je pensais. Je voyais un paysage lumineux et je tentais par tous les moyens de le reproduire conformément. Toutefois, entre la pensée qui germe et l’action de mettre sur papier, il y a un monde. Un fossé. Une tension.

Qui tente a plus de chance que celui qui ne fait rien. Celui qui se salit les mains risquera gros au contraire de celui qui fabule sans cesse. En gros, ça revient toujours au même message que je tente de livrer: Prendre action. C’est-à-dire, même si l’image n’est pas exactement celle de votre esprit, essayez tout de même de la décrire. Ce n’est pas non plus tout ou rien. L’écriture c’est comme une pépite d’or, brute et sale. Il faut la retirer de la terre, la nettoyer, la polir… C’est la même procédure avec votre histoire et avec ses descriptions.

Faîtes des zooms, des gros plans ou des plus petits plans sur les descriptions. Tenter une façon différente de décrire la scène ( C’était au je alors je le met à une narration absente). Regardez une forêt, mais aussi ses arbres ( individuellement), la mousse qui couvre le sol, la lumière ou son absence, les sentiers, les animaux, etc.

L’observation vient avant la création. C’est essentiel dans ce métier. Toutefois, je ne parle pas d’écrire une histoire en Australie et d’aller vous y installer pour six mois ( si vous avez les moyen, faîtes-le ! ). Il y a tout autour de vous un monde à découvrir et à capter. Prenez des photos, peignés ou utilisez tous les moyens pour alimenter votre imagination. Rapportez ces clichés à la maison, assoyez-vous et mettez-vous au travail.

À force de répéter ce genre d’exercice, vous trouverez la description plus aisée. Vous comprendrez plus facilement le processus de l’esprit au papier. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée. Foncez ! Acceptez que parfois ça ne rejoint pas votre cible et d’autre fois, vous êtes un pro. Le plus important, c’est de continuer et réessayer. Encore et encore. Jusqu’à ce que le résultat vous satisfait.

Découragement

Étrangement, chaque lundi, je revis la même chose : Le sentiment de n’avoir rien accompli ( de suffisant) pour mon rêve ce week-end. Ou du moins, qu’on ne s’y est pas assez intéressé. À quoi servent toutes ses heures si personne ne lit ? À quoi servent tous les sacrifices si je demeure cette auteure inconnue ? Ce n’est pas nouveau, de se sentir dépassé. Ce n’est pas que moi qui a cette peur du vide, de la non-existence… Tous les artistes y sont confrontés d’une façon ou d’une autre. Le seul conseil que je peux vous donner c’est keep going.

Transforme ton tiraillement intérieur en moteur de recherche pour ta créativité. Prend un papier, un pinceau, ton instrument et met noir sur blanc cette boule angoissante qui te ronge. Laisse la musique raisonner. Il est trois heures du matin, va s’y, mets tes écouteurs et entre dans ton univers.

La meilleure façon de combattre le découragement c’est de vaincre l’inertie. Je te promet qu’il y aura des moments où la bataille finira par un KO pour toi. Mais le plus chouette dans tout ça c’est que tu as des chances illimitées (comme quand il y avait le mode invincible dans le jeu de James Bond au Nintendo).

L’art n’est pas une ligne droite. Du moins c’est ce que je me suis convaincue à la longue. Il y a des étapes qui prennent plus de temps, comme celle de créer un réseau. C’est normal. Que ferais-tu si tu avais du jour au lendemain toute l’attention sur ton oeuvre que tu désirs ? Es-tu prêt (e) à l’assumer ? La seule chose à faire en ce moment c’est de continuer. Pose tes pieds, un après l’autre, regarde ce que tu fais, aime ton chemin… L’écriture a tellement de facette à explorer alors continue tes recherches. Prend de l’expérience. Écris. Tous les jours. Parle de tes livres. Tous les jours. Accepte qu’aujourd’hui cela ne va pas aussi vite que tu le voudrais et accepte de prendre cette énergie pour essayer autrement plutôt que de te rabaisser et broyer du noir.

Prend un morceau de papier si c’est nécessaire et provoque une conversation entre ton toi découragé et ton toi motivé. Sors de cette inertie avec créativité et humour.

« Tu soupires encore » lance Motivé.

« Personne ne m’aime » pleurniche Découragé.

« Viens là, tu as besoin d’un gros câlin. »

Découragé croise les bras. Il s’obstine à refuser l’offre de Motivé. Cette fois il ne m’aura pas, pense-t-il intérieurement.

Motivé a appris avec les années à être patient avec ce dernier, car il sait que Découragé a juste besoin qu’on attire son attention ailleurs pour réussir à lui remettre un sourire sur le visage.

Tous les chemins mènent à l’écriture

Je tourne en rond. Voilà des heures que le même paysage défile. Je me sens perdue. Je le suis sûrement, mais je renonce à cette idée sinon je me condamne. Mes souliers usés par la traversée, c’est maintenant mes pieds qui touchent le sable brûlant. Ma chair rougis. Je retiens mes larmes pour ne pas m’effondrer. Chaque millilitre d’eau est précieux… et j’ai épuisée tout ce que j’avais amené avec moi. Et si je n’en sortais jamais ? Et si je mourrais là sous les rayons ardents du soleil ? Et si j’abandonnais, car inévitablement tout ça, c’est trop difficile ?

L’écriture n’est pas obligé d’être un parcours désertique.

Voilà c’est dit. L’écrivain souffre. L’écrivain vit des tensions. L’écrivain ne voit pas la fin. Cette impression de ne jamais y parvenir, c’est normal. En même temps, elle ne l’est pas.

Qui traverse un désert sans équipement ?

Qui traverse un désert sans plan ?

Qui traverse un désert avant même d’avoir décider de le faire ?

Venez ! Je vous ramène dans un lieu plus accueillant, lumineux dont le chemin est soigneusement élaboré.

Au début de mon aventure, j’aurai aimé qu’on me dise : « Hey, prends ton temps, ce n’est pas une course. » Avec l’économie qui décolle au quart de tour, on a peur d’être out. On se dit même parfois, qu’on atteindra jamais le succès avant même d’avoir poser un mot sur le papier. Et rien ne me rend plus triste qu’un manuscrit qui dort dans un tiroir.

Mais sachez une chose, vous n’êtes pas dépourvu. Vous avez une tête, un coeur, un âme, des expériences, des émotions et probablement une «chiasse» d’anecdotes à nous raconter. Vous allez vous débrouiller quoi qu’il arrive.

Prenez le temps de planifier et visualiser votre objectif.

Accepter que vous ne saurez pas tout dans l’immédiat.

Laissez-vous surprendre par votre chemin.

Peu importe la direction que vous prenez, vous rencontrerez votre imaginaire et votre capacité de créer. Cette faculté existe chez tous les êtres humains.

N’oubliez pas une bouteille d’eau, de bons souliers et de prendre des pauses. Ce n’est pas une course, mais un marathon.