Tous les chemins mènent à l’écriture

Je tourne en rond. Voilà des heures que le même paysage défile. Je me sens perdue. Je le suis sûrement, mais je renonce à cette idée sinon je me condamne. Mes souliers usés par la traversée, c’est maintenant mes pieds qui touchent le sable brûlant. Ma chair rougis. Je retiens mes larmes pour ne pas m’effondrer. Chaque millilitre d’eau est précieux… et j’ai épuisée tout ce que j’avais amené avec moi. Et si je n’en sortais jamais ? Et si je mourrais là sous les rayons ardents du soleil ? Et si j’abandonnais, car inévitablement tout ça, c’est trop difficile ?

L’écriture n’est pas obligé d’être un parcours désertique.

Voilà c’est dit. L’écrivain souffre. L’écrivain vit des tensions. L’écrivain ne voit pas la fin. Cette impression de ne jamais y parvenir, c’est normal. En même temps, elle ne l’est pas.

Qui traverse un désert sans équipement ?

Qui traverse un désert sans plan ?

Qui traverse un désert avant même d’avoir décider de le faire ?

Venez ! Je vous ramène dans un lieu plus accueillant, lumineux dont le chemin est soigneusement élaboré.

Au début de mon aventure, j’aurai aimé qu’on me dise : « Hey, prends ton temps, ce n’est pas une course. » Avec l’économie qui décolle au quart de tour, on a peur d’être out. On se dit même parfois, qu’on atteindra jamais le succès avant même d’avoir poser un mot sur le papier. Et rien ne me rend plus triste qu’un manuscrit qui dort dans un tiroir.

Mais sachez une chose, vous n’êtes pas dépourvu. Vous avez une tête, un coeur, un âme, des expériences, des émotions et probablement un «chiasse» d’anecdotes à nous raconter. Vous allez vous débrouiller quoi qu’il arrive.

Prenez le temps de planifier et visualiser votre objectif.

Accepter que vous ne saurez pas tout dans l’immédiat.

Laissez-vous surprendre par votre chemin.

Peu importe la direction que vous prenez, vous rencontrerez votre imaginaire et votre capacité de créer. Cette faculté existe chez tous les êtres humains.

N’oubliez pas une bouteille d’eau, de bons souliers et de prendre des pauses. Ce n’est pas une course, mais un marathon.

Un rapport lourd et nécessaire

Nous assistons, j’ai espoir, à un changement de cap pour les victimes et les familles des victimes. Ce rapport, qui fait plus de 800 pages, met noir sur blanc les conditions et la vie de nos compatriotes autochtones au Canada, Terre supposément d’accueil, Territoire théoriquement ouvert, place où on annonce qu’il fait bon vivre… Plus de 800 pages, de mots, de paroles, de faits, d’histoires, de drames, de larmes, de colère… Cela souligne en gros et en grand toutes les conséquences qu’à eu le régime coloniale sur ces peuples. Enfin, les autochtones parleront en leur nom. Enfin, elles pourront s’exprimer sur le racisme, l’homophobie et toutes les autres causes systémiques que détaillent ce rapport.

Mais mon coeur est lourd.

Et mes pensées dispersées.

Le rapport, je n’ai l’es pas encore lu. Voyez-vous, j’ai débuté et j’ai refermé. C’était difficile. Je suis peut-être trop sensible ? Ou peut-être c’est justement grâce à mon humanisme que j’arriverais à franchir cette épreuve. Je le dois. Je LEUR dois, à elles. Ces femmes… ces centaines de filles enlevées…assassinées. Je le dois à tous ses enfants que les gouvernements ont oubliés. C’est après tout aussi mes gouvernements (selon mon histoire québécois – canadienne).

Je suis triste de ce rapport avant même d’avoir réussi franchir la deuxième phrase, puisque je connais la politique. On l’a connais. Elle donne le droit à cette commission, à ouvrir le dialogue, mais elle remet entre les mets des victimes le fardeau de la preuve ( et dans un temps record, soulignons-le). Soit ! Les commissaires ce sont retournés de bord et ont fait leur boulot. Ils /elles s’en sont montrés dignes. Parler pour autrui, apprendre sur autrui, partager le vécu… sont des tâches difficiles ! Vous savez quoi ? Plus de 200 recommandations plus tard et ça se titille encore sur le mot génocide dans les médias.

Vous savez, les québécois, les francophones… ont subis la même chose. Nous pères ont été violés par les prêtes, nos mères et nos grands-mères sont devenus des usines à bébé au nom de la religion ( ou plutôt la pension du curé), la femme avait son rôle de domestique, le droit vote, les habits restreints, l’égalité homme-femme… Vous vous rappelez nos patriotes ? Vous vous rappelez notre besoin d’indépendance ? Pourquoi ? Rappelez-les moi cette idée folle que nous avions ? Avez-vous oublié notre combat contre le colonialisme anglais ?  Pour notre langue française ? L’abandon de la France ? La grande déportation… Ouais… Notre histoire Canadienne n’est pas aussi jolie qu’on tente de se convaincre. Le Canada a finalement des… coquilles à son dossier. ( c’est du sarcasme, évidemment).

Et quand je regarde ça de mes yeux de  femme canadienne (québécoise) francophone et blanche, je suis terrorisée. J’ai peur de la suite. J’ai peur de  »perdre » mon confort parce que je suis choyée parce que je suis née du bon côté de la clôture. Et beaucoup de gens doivent se senti exactement pareil. Nous avons peur. Nous sommes dépourvues. Nous ne savons pas quoi faire, quoi dire, quoi risquer, quoi entreprendre. ON se sent coupable. Mais c’est tout le contraire qu’il faut ressentir. Elles ne parlent pas de culpabilité, elles réclament la justice. Alors rappelez-vous ceci :

LE gouvernement a échoué.

LE gouvernement a abandonné les humains.

LE gouvernement n’a pas protégé.

LE gouvernement n’a pas rendu justice.

LE gouvernement a volé les terres, les droits, la culture, les langues et les vies des premiers peuples.

Ce gouvernement passé et cette religion a eu tort ! Maintenant qu’ils se sont engraissé et qu’ils ont commis l’irréprochable, c’est le temps d’appeler un chat un chat. Vous me voyez venir ? Oui, lorsqu’on déplace des gens sans leur accord, qu’on les viole, qu’on les séquestre et qu’ils disparaissent ça s’appel un meurtre, un crime… Et quand ces actions sont posées sur un peuple particulier et que sur des années la tentative est d’assimiler… c’est un génocide.

Combien d’entre-vous accepterait que vos enfants soient retirés de la maison, mit dans un institution (gouvernementale et religieuse) de force, qu’il y est des restrictions pour voir et parler à son enfant et que du jour au lendemain on vous annonce qu’il est mort ?! Sans oublier qu’aucune enquête, ni tombe, ni lieu de son corps est disponible ? Combien d’entre-vous accepterait cette réalité ?

Au final, ce que je veux dire c’est que ces gens-là, les premières nations, les peuples de l’Est, de l’ouest, du nord et du sud… Tout ce qu’on peut faire, c’est de faire pression sur LE gouvernement présent, car IL est tributaire des actions de ces précédents. Ce n’est plus blanc ou bleu, rouge ou noir…. C’est l’entité, c’est l’État, c’est LE REPRÉSENTANT des peuples vivants sur le territoire canadien. Et SON DEVOIR est de rétablir la vérité. Et s’IL refuse, les PEUPLES se feront de plus en plus entendre.

Rejetons cette culpabilité et cette peur qui nous tiennent et permettons qu’elles et qu’ils soient entendus. Si vous avez du pouvoir, utilisez-le. Partagez, témoignez et échangez !

Mon apport est mince sur ce blogue. Mon pouvoir est petit. Mais je sais prendre les mots. Alors pour ces gens qui me lisent, un rapport partager, est un pas dans la voie du changement. C’est la vérité qui progresse.

Alors je demande à ceux qui me suivent ( je vous aimes tellement et je suis heureuse que vous me suiviez !) mais, Ne partagez pas mon article, mais le lien de l’enquête national.

L’histoire, NOTRE futur est entre les mains de tous et toutes maintenant.

Il n’y a plus de voile.

Il n’y a plus de mensonges.

Juste la vérité, la réconciliation, la ré-attribution et la paix.

***

Espaces autochtones, facebook.

Télé-journal

Pour lire le rapport c’est par ici.

Droits image: Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtone: disparues et assassinées.

Créer sous la pluie

J’entends les gens autour de moi, heureux que le soleil revient. C’est compréhensible après les mois froids de l’hiver, on ne désire que cela! Mais l’écrivain en herbe n’a que faire de la température. Tout est inspiration. Beau temps comme mauvais temps.

Vous connaissez le Jardin botanique de Montréal ? Non ! Courez vous acheter la carte membre des amis du jardin ( ou comme dans mon cas, les amis des bonsaïs et des penjing ). Pour 45 $ / l’année, vos sorties sont une pincée de sel dans votre budget. Donc, tous les dimanches, je vais y marcher. Cependant, cette fin de semaine, j’ai trimbalé mon carnet de notes et je suis allée m’asseoir dans les serres…

Pendant que l’eau de la pluie tombait en averse sur les fenêtres des serres et que le ventilateur tournait à plein régime pour souffler l’humidité, moi, j’observais la nature artificiellement agencée. Les couleurs et les parfums m’émerveillent ! Je prends des notes, je décris comment je me sens et je passe par les cinq sens.

Écrire est avant tout, non une question de talent, mais une capacité d’arrêter le temps. L’endroit où vous êtes pourrait vous apprendre un tas de trucs si seulement vous acceptez de ralentir et de regarder autour. Comme cette gouttelette d’eau qui s’amasse sur cette feuille gigantesque qui coule doucement jusqu’à créer un chemin et pour plonger sans peur vers le sol.

Rien à voir avec la douce senteur des bégonias, mais quelle couleur vive ! Comment arriver à le définir dans une histoire ? Comment s’inspirer de la nature pour créer des mondes plus merveilleux les uns que les autres ?`Je repense à Jules Verne qui a du passé des heures devant des bassins et des aquariums pour saisir le Monde Aquatique. Je pense à J.K Rowling qui a eu suffisamment d’introspection pour faire naître le célèbre Harry Potter…

Vous êtes des écrivains amateurs ou peut-être même vous avez déjà vos gallons en la matière et se ressourcer est une étape fondamentale. Vivre l’ambiance, se donner le défie de créer sur un rien, de prendre le temps d’observer et de noter sur une roche ce que votre regard porte. Alimenter votre esprit de nouvelle découverte. Acceptez à nouveau d’être l’élève et non l’enseignant. Imprégnez-vous de vos sens.

L’écriture n’est pas une ligne droite, elle évolue en même temps que vous. Sortez de votre tour d’ivoire et aventurez-vous…

Ferme tout et va écrire

 

Un réveil brutal, mais nécessaire ce matin ! Huit heures sonne et je suis toujours bien emmitouflé dans mon lit. C’est samedi. On peut la prendre relaxe, non ? En fait, pas du tout. J’ai plusieurs projets en attente. Vous les entendez crier ? Moi oui… chaque fois que je m’éloigne un peu trop. Heureusement que l’appartement d’à côté reçoit les rénovateurs. Grâce à eux et leur habileté à faire plus de bruit que le bruit lui-même, j’ai ouvert les yeux.

J’ai passé sous la douche et j’ai pris ma première gorgée de café. Les fenêtres sont ouvertes pour laisser pénétrer un vent frais dans la maison. L’ordinateur est ouvert et je peux me lancer. Mon objectif est de trois chapitres aujourd’hui plus un article dans mon blogue.

Trois chapitres de la même histoire ? Pas du tout ! Je suis suffisamment folle pour faire trois histoires en même temps ! Ces manuscrits ne sont pas tous rendus à la même place, sinon je crois que je perdrais le pied rapidement.

Si vous êtes comme moi, vous avez toujours cette petite tension avant d’aller écrire. Parfois bonne, d’autre fois désagréable. Moi ça change. Aujourd’hui, j’ai le goût d’écrire, mais je dois arriver à me rendre à mon poste de travail. Alors tranquillement, je me donne le courage d’avancer jusqu’à mon bureau.

Mon chat a suffisamment de bouffe pour durer dix ans, j’ai mon café chaud et de l’eau. Je range le cellulaire (sans oublier de fermer la sonnerie), je ferme les onglets actifs qui se sont ouvertes par magie sur mon ordinateur ( Bref, facebook !) et je m’installe.

Ça, c’était le pire à affronter ! Cette longue allée de tentation et de facilité. Mais je ne cède pas ! Et vous non plus ! Que votre objectif soit d’une heure ou de vingt minutes dans votre univers, prenez-le ! Combattons en ce samedi grisâtre notre paresse trop souvent gagnante ! Écrivons !

 

 

Le fantasme, le rêve et la réalité

J’ai trouvé le titre de mon article et aussitôt, j’ai compris, que le sujet était sérieux. Il vous fera peut-être un peu mal, moi en tout cas, je ressens encore une douleur dans la poitrine. Oui, c’est mon coeur qui s’emballe.

À l’intérieur de chacun de nous, il y a une flamme. Un feu qu’on peut surnommé passion, amour, bonheur… Bref ! Ce petit quelque chose qui fait de vos journées, de vos nuits peut-être, de votre maison et de votre âme une place chaude et bien. Ça vous appartient. Personne ne peut vous l’enlevez. Par contre, parfois, souvent même, ont à tendance à oublier les faits. Et la réalité, cruelle soit, mais juste est là pour nous rappeler et nous ramener de nos élans de joie.

J’aime écrire. Depuis que je suis toute petite, je ne pense et je ne vis que dans le but d’écrire plus et mieux. Je me voyais une grande écrivaine. Je me voyais poète. Je me voyais créer tout plein d’histoire et de monde magique. Je suis allée chercher des conseils. J’ai parlé à mon entourage. J’ai lu et relu. Très tôt, on m’a dit : « Petite ! C’est bien beau vouloir écrire, mais faut savoir écrire. »

Savoir écrire ? D’accord ! J’accepte le défie. Et je vais bossée sur le sujet aussi souvent et longtemps que je le peux. Pendant des années s’il le faut. Pendant le jour et la nuit. Pendant les pauses, pendant le travail (chute! ). L’important c’est que j’en vis. Ça coule dans mes veines, jour après jour. Quand je n’écris pas, je ne me sens pas bien. Je vais donner la place à mon rêve. Je vais m’extraire du fantasme , du flou, du romantisme d’écrire, de ma frustration de ne pas voir arriver rapidement les résultats. Je vais y mettre mon énergie, mon temps et des efforts. J’accepte ! Tout ! Où dois-je signer le contrat ?

Qu’est-ce qu’un artiste frustré ? C’est un artiste qui reste dans le cercle néfaste de « je ne vais pas y arriver », « je n’ai pas le temps », « on sait bien, lui, sa famille est dans l’édition », « il n’a pas de talent celui-là ». Il y a aussi, ceux qui ont été étudier en littérature, mais qui attendent qu’on leur donne un devoir. Lorsqu’ils vont se ramassé seuls avec eux et la plume, j’aurai pitié. Comme j’ai eu pitié de moi, sans culture, sans technique, sans personne et que j’ai dû défriché beaucoup de mauvaises herbes pour comprendre ce que je fais. Et encore, est-ce que je le sais plus aujourd’hui? J’ai tendance à croire que j’ai sans cesse besoin de renouveler mon savoir.

Sortir du fantasme est essentiel. Coco n’y arrivera pas s’il croit qu’on lui doit quelque chose. Coco n’y arrivera pas s’il ne voit que le « Romantisme de l’écriture » . C’est beau écrire. C’est beau ce métier. C’est de la lumière et de la joie. Mais c’est surtout, surtout et surtout, un boulot. Alors, merdouille! Faudra bosser Coco!

Le rêve. Ce rêve. MON RÊVE. Est un objectif. Est un chemin. C’est par là ou par ici que je vais y arriver. Voilà ma montagne. Où je dois gravir ? Comment puis-je m’équiper ? Le rêve n’est pas inatteignable. Il demande de l’énergie, du temps et des efforts.

La réalité. Vilaine et grossière. Violente et saignante. Celle-là on n’y échappe pas. Elle me suit sans cesse. Elle me ramène à l’ordre. Elle me compare. Elle m’explique mes échecs. Mais elle est surtout honnête. Précieuse. Inévitable. Si je veux, je dois travailler. Si j’ai besoin, je cherche. Si je crois en moi, elle est là et me pousse à me surpasser. Toutefois, ne lui ment pas. Ne retourne pas voir sa soeur Fantasme, elle te le reprochera. Soi assurez, que Réalité, le saura et te le dira.

Chacun son rythme. Relaxe. Ne t’essouffle pas pour rien. On ne gravit pas une montagne en courant, n’est-ce pas ? Prend le temps. Aime ton chemin. Chérie-le. C’est TON chemin. Profite de chaque moment, de chaque doute, de chaque victoire. Aussi des échecs, car ce sont de puissants maîtres. Bien sûr, tu trouveras toujours mieux et plus rapide voire plus talentueux que toi, mais il demeure que ces derniers, ne sont pas toi. Et tu es précieux. Tu es unique. Tu as quelque chose à dire, alors fonce ! Élance-toi ! Ne t’attarde pas dans le fantasme, car ce dernier paralyse et frustre. Souris à ton rêve et prend la réalité main dans la main, car ce n’est pas ton ennemie.

Boulot- Dodo- Really ?

Lundi matin, je snooze jusqu’à six heures. C’est dangereux, je suis sensée sortir gros max dans trente minutes. Et si je veux pas avoir l’air ( encore) de la chienne à Jacques, faudrait bien que je m’active, que je me peigne, que je cache mes cernes…. Heureusement, j’ai l’auto de mon père, donc je me permets d’être fainéante un peu.

Ça ne me tente pas. Vraiment pas. Comme plusieurs autres réveils dans la semaine, j’angoisse à l’idée d’aller travailler. Pourtant, ce n’est pas un boulot stressant. Financièrement c’est convenable ( ça pourrait toujours être mieux, hein !) et mes collègues sont sympathiques. Non c’est plutôt l’idée d’aller m’asseoir pendant 8 heures, de répondre à des courriels, sentir au fil de la journée la douleur dans mes poignets augmenter, de répondre aux clients internes qui se demandent pourquoi y’ont pas de nouvelle de leur commande ( c’est lundi pour eux aussi, mais ça justifie pas l’agressivité ), de regarder par la fenêtre et voir la journée défiler sous mes yeux.

Donc je suis là, dans mon lit, fixant le plafond et je fais une liste dans ma tête de tout ce que j’ai négligé vendredi, de tout ce qui peut potentiellement me tomber dessus tantôt et ça me tente vraiment pas. Sté! Quand on parle d’être sur son X. Est-ce que j’y suis ? Est-ce que je m’en approche ? Je sais que c’est juste une expression. Je sais que c’est juste un travail. La vrai vie se passe après. Je le sais bien ! Mais c’est drôle, je vis quand même cette tension dans mon corps ( vous devriez me voir le dimanche soir ! ) parce que, coudonc je suis-tu à bonne place moé-là ? Est-ce que c’est ça que je veux faire de ma vie ? Pour le restant qui me reste ?

« Démarrer la machine va me prendre quatre jours pis boum ! C’est vendredi !» lance un collègue. C’est pas faux ce qu’il dit ! Pas du tout ! L’humain est-il fait pour être entre quatre murs, respirer l’air conditionné ou l’air recyclé pendant des heures ? Est-ce que nous sommes constitués à répéter les mêmes gestes, jours après jours, dans l’espoir de la surprise, du jeu ou de moment émouvant ? Le travail est venu par nécessité. Mais entre des courriels et courir après Miminne la Poule qui s’est sauvé encore pendant que tu nourrissais le clan des volailles, me semble, qu’il y a un méchant step?

Je me sens toute drôle aussi parce que j’ai fait un tas de trucs intéressants pendant ma fin de semaine ! J’ai fait du ménage en écoutant Netflix, j’ai pris beaucoup trop de cafés, j’ai lu, j’ai écris, j’ai pris de longgggg bain, j’ai clavardé avec des gens super intéressants, pris mon temps ! Ce n’est pas assez deux jours !

Je me sens captive. Je me sens prisonnière même si j’aime ma job ! J’ai commencé à ramené des plantes pour donner une énergie nouvelle à mon petit bureau de fonctionnaire. Depuis que la petite touche de vert est installée, je me sens déjà plus apaisée. Plus en sécurité. Il y a quelque chose de bon dans la nature. Même installer en fragment sur le bord de la fenêtre. Il y a quelque chose de bien en permettant de personnalisé son espace des choses qui nous rendent heureuses. Amener cette joie du jardinage par exemple aux heures salariées.

Vous connaissez le boulot-manger-dodo vous aussi ? Pendant longtemps j’arrivais chez nous épuisée, incapable de bouger du sofa de la soirée. Il y a des personnes qui n’ont pas cette énergie inépuisable. Y’en a qui ne son pas fait pour donner 110% à tous les jours. Je suis de ces gens-là. Je ne veux plus de lundi déprimant. Je ne veux plus de dimanche angoissant. Je ne veux plus m’asseoir à mon bureau et me dire qu’il reste 7 heures à partir de maintenant. Je n’en veux plus. Et vous ?

J’accepte de ralentir pour aujourd’hui. J’accepte de regarder mes plantes et de délaissé un ou deux courriels. J’accepte de me lever et m’étirer. De marcher. D’aller me prendre un café ou un thé. Je prends un temps pour m’asseoir dans le bureau d’une collègue pour papoter., compter mes réalisations de la fin de semaine, mes joies… Je me donne le droit de ne pas m’en faire. Je fais de mon mieux, pour aujourd’hui.

Et demain, je recommencerais, là où je me suis arrêté la veille.

Dix questions pour maman Safran

Une part de nous-mêmes est mise dans chacune de nos histoires. En tant qu’écrivaine, je suis amenée à me poser un tas de questions ! À trouver aussi, des solutions appropriées ( et crédibles). Je joue la gentille, la méchante, l’amoureuse, l’amoureux, l’énervée, le colérique… Bref, un tas d’individus parfois héroïque et d’autre fois plutôt louche.

Toutefois, il est faux de croire qu’il n’y a que moi et ma caboche qui influencent mes manuscrits. Il y a toutes ces personnes qui croisent mon chemin. Certain passe dans la rue et je capte au passage, un moment magique, voire extraordinaire. Mais cela demeure des inconnus…

Je dois avouer que j’aime surtout vibrer avec ces personnes qui font de ma vie, une place meilleure.

L’histoire que je suis en train d’écrire touche mon pays et mon propre vécu. Un évènement Québécois qui met en relief nos valeurs de partage, d’amour et d’entraide… Je ne vous en dis pas plus ! En préparant mon plan toutefois, j’ai dû me poser la question sur quel genre de personnage j’allais mettre en action, de qui j’allais les influencer et les teinter ? Naturellement, me tournant vers mes proches, j’ai trouvé  l’unique et le beau que je cherchais ; l’âme de mon histoire.

Comme m’a dit Safran, il y a quelques jours en débarquant à Montréal (qui voyage depuis Val-d’Or; chiens de traineau, de caribous et une vie digne des années 1900 – Bref, là où la terre prend inévitablement fin ainsi que tout ce qui constitue la civilisation selon plusieurs), notre relation est sur le point d’avoir son premier char (16 ans d’amitié).

Sur ces sages paroles, je veux vous présenter, à travers cette entrevue, mon amie et sa famille. En fait, honoré convenablement, en ce 12 mai, la fête des Mères! 

Bonne fête des mamans à toi Safran et merci encore pour la générosité dans tes réponses.

1. Trois mots qui te viennent immédiatement en tête quand tu penses à ta famille ?

Je dirais amour, rires et complexité. Mais pas complexité par rapport aux problèmes qu’on peut avoir à affronter, plutôt complexité dans la mesure où chaque membre de notre famille est unique et que ça en fait un tout multidimensionnel. Je ne suis pas certaine d’être très claire, c’est difficile à expliquer quand on ne vie pas avec des gens ayant des particularités neurodéveloppementales.

2. Parle-nous de chacun des membres de ton clan.

Raphaël, mon aîné (6 ans) a un trouble du spectre de l’autisme (tsa). C’est malgré tout un enfant très intelligent mais qui est davantage dans sa tête que les autres enfants. Il n’a pas un tsa qui le limite beaucoup comparativement aux enfants neurotypiques, fort heureusement, alors il arrive assez bien à se fondre dans un groupe. Son plus gros défi est de faire attention à ce que les autres peuvent ressentir, parce que même si son but n’est jamais de faire du mal, il a de la difficulté à lire les émotions des gens autour de lui. Ça donne l’impression que c’est un enfant immature alors qu’en réalité, c’est seulement son côté émotif et social qui en souffrent. Il a commencé très jeune à être capable de se débrouiller seul… Par exemple, je me suis déjà endormie suite à une nuit particulièrement difficile avec son frère et lorsque je me suis réveillée, Raphaël s’était fait une tartine et jouait tranquillement en attendant que je me réveille. Il avait tout juste 2 ans. C’est ce genre de choses qui fait de lui un enfant particulier.

Mathis, mon cadet (5 ans), a un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. Je mettrais même un H majuscule à hyperactivité, dans son cas. Contrairement à son frère, il a toujours besoin que tout aille vite, comme beaucoup d’hyperactifs. Mais c’est un enfant extrêmement attachant, tourné vers les autres et qui a une belle capacité à offrir son affection. C’est aussi un enfant sensible à ce que les autres ressentent. Il aime voir que tout le monde rit et se désole de voir que quelqu’un est triste. Malheureusement pour lui, il a parfois fait peur à certains enfants parce qu’il est grand et costaud, bouge vite et est parfois impulsif. J’ai pris du temps avant d’essayer la médication parce que j’avais des réserves lorsque l’on m’en parlait, mais je vois aujourd’hui qu’il fait d’immenses progrès grâce à elle et la demande lui-même quand il se sent hors de contrôle.

Michaël, mon conjoint (33 ans) a un tdah et un tsa qui lui a été diagnostiqué il y a 3 ans. Il avait déjà un doute, son petit frère ayant été diagnostiqué plus jeune, mais n’avait jamais fait suite. C’est quelqu’un de très intelligent et qui aime partager ses connaissances, même s’il faut parfois lui demander d’arrêter parce que le sujet devient trop complexe ou inintéressant (tout le monde ne partage pas son amour pour les statistiques ou la géopolitique) parce qu’il comprend mal la subtilité. Heureusement, il se connait bien et n’est pas du tout susceptible lorsqu’on lui dit gentiment qu’on a atteint un point de non-retour dans la conversation. Il a aussi un humour particulier qui n’applique pas les conventions. Sa façon différente de voir les choses et ses grandes connaissances sont ce qui m’ont intriguée chez lui de prime abord.

3. Être maman, qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?

C’est une bonne question. Je pense que je ne me suis pas tellement posé la question quand j’ai décidé de commencer à avoir des enfants. J’étais jeune quand j’ai pris cette décision avec Michaël (20 ans, lui 25) et je n’avais pas vraiment envisagé d’avoir des enfants à besoins spéciaux. Aujourd’hui, je dirais que c’est le rôle le plus beau et le plus complexe que j’ai à tenir, mais je ne crois pas que ce soit en lien avec leurs particularités; s’occuper d’un petit humain, ça demande beaucoup de dévotion, peu importe le nombre d’enfants et s’ils sont neurotypiques ou non.

4. Ton plus beau souvenir en famille c’est quoi ?

J’ai beaucoup de bons souvenirs! Un des plus beau est le moment où Raphaël a vu Mathis pour la première fois. Mathis a eu un problème aux poumons à la naissance et a dû être transféré dans une autre ville. Raphaël n’a pu le voir que le jour où nous l’avoir ramené à la maison. Mathis avait une semaine de vie, et Raphaël, presque 15 mois. C’était encore un bébé mais quand je lui ai présenté, ses yeux se sont illuminés et il a offert un grand sourire à son frère. Il a eu peur de le toucher, au début, mais quelques jours plus tard il lui donnait le biberon et le couvrait avec une couverture quand il dormait. Je pense que c’est un des souvenirs que je chéri le plus.

5. Le plus  « puiche » moment que t’aimerais balancer au bout de tes bras?

Probablement le moment où Raphaël a dû passer une prise de sang à quelques jours de vie. Il avait la jaunisse et c’était pour son bien, mais voir mon si petit bébé se faire prendre du sang (dans le pied, parce que c’est difficile de trouver une veine à cet âge et qu’en plus, il était plutôt petit) et se débattre m’a fait me sentir vraiment impuissante. Heureusement, les infirmiers et infirmières étaient très gentils et rassurants.

6. Si une amie t’annonçait qu’elle était enceinte,  qu’est-ce que tu lui dirais?

Je lui dirais comme j’ai déjà dit à celles qui m’ont annoncé leurs grossesses; que je suis là peu importe ce qui arrive et qu’elle peut me parler quand elle veut, des bons comme des mauvais moments.

Ça peut parfois être difficile de trouver une oreille attentive parce que les mauvais moments ne nous montrent évidemment pas sur notre meilleur jour, vu qu’on est tous humains, alors que les meilleurs nous donnent parfois l’impression que notre coeur va exploser d’amour et de joie… Et ces deux moments peuvent se succéder!

7. Quand tu regardes tes enfants rirent aux éclats, quelle est ta  première pensée qui te vient? Et pourquoi ?

Ah, c’est tellement candide, les enfants! Quand je les entends rire, je me dis que ce sont de vrais petits rayons de soleil. C’est difficile d’être de mauvaise humeur quand on entend un enfant rire, je trouve, même si des fois, il faut quand même faire de la discipline ou donner des leçons. 

8. Les trois règles d’or de maman Safran sont (dans le contexte que si ont on ne les respecte pas, il y a une conséquence- le copain inclut- rire !

Je pense que ce quand on cotoies des enfants, il faut de l’humilité et savoir prendre du recul sur soi. Je les met ensemble parce que je trouve que l’un ne va pas sans l’autre, surtout quand les enfants sont très jeunes. On a tous nos petites manies ou habitudes et quand ils ont 2-3-4 ans, et même plus jeunes, les enfants ont tendance à les imiter.


Il faut aussi être constant, mais ça, je pense que la plupart des parents seront d’accord avec moi. Une règle qui change selon l’humeur du parent n’est jamais très sécurisant pour l’enfant, alors si on change une règle pour une occasion spéciale, je pense qu’il faut savoir l’expliquer.


Aussi, je pense que la confiance est ce qu’il y a de plus important dans la relation que j’ai avec mes enfants. Que ce soit de répondre honnêtement aux questions qu’ils me posent ou de les laisser faire leurs expériences en intervenant le moins possible (sans pour autant être absente), je trouve que c’est ce qui est le plus difficile mais qui rapporte le plus de bénéfices. Même si j’ai parfois envie de leur dire de ne pas faire quelque chose ou de leur mettre un casque à chacune de leurs missions périeuses.

9. S’il y avait une panne d’électricité, comment tu occuperais la famille ? Est-ce que ce serait la catastrophe ?

On a déjà manqué d’électricité, en fait. Avoir un père qui travaille en électroméchanique a aidé un peu, mais sortir et voir que toute la rue était dans le même cas a aussi fonctionné. On a marché un peu, regardé les autos passer, etc. Je pense que si on en avait manqué plus tôt, on aurait certainement joué à des jeux de société pour passer le temps, on en a plusieurs. Le plus important a été qu’on a pas paniqué, ça a beaucoup rassuré les enfants.

10. Si tu avais un message à faire passer sur le rôle de mère \ sur ton rôle ce serait quoi ? Explique-nous.

De se faire confiance. C’est difficile à faire on ne peut pas faire plus que notre mieux.


D’aller chercher de l’aide, aussi, si on en a besoin. Le CLSC offre de bons programmes et quand ils ne peuvent pas donner d’aide, ils ont au moins la capacité de référer les gens qui en ont besoin. Il n’y a pas de honte à se sentir perdu dans son rôle de parent ou d’avoir besoin de soins.

Il ne faut pas attendre de craquer si on sent que c’est une possibilité; personne ne va rire. La santé mentale est quelque chose de particulièrement important, surtout quand on a des petits êtres qui dépendent de nous.

LGBT

Cette année, j’ai co-publié chez l‘éditeur Homoromance pour Douce Romance à Pompéi. Ce qui en ressort c’est : ce n’est pas facile publier. Bien sûre, j’ai eu un aperçu dans l’auto-édition. J’ai vite reconnu mes forces et accepté mes points faibles. Ce n’est ni dans l’un ni dans l’autre qu’on peut se tourner les pouces! Il faut foncer, travailler et suer! 

Quand j’ai décidé d’être écrivaine, mon but était d’écrire. Mais je voulais surtout être témoin de l’humanité, de ses changements, de ses peurs, de ses angoisses et de ses plus grands moments. Comme la littérature qui met l’accent sur les autochtones, je suis attirée vers cette compréhension de l’univers LGBT qui est encore trop sous-estimé. En tant qu’écrivaine, j’y trouve le plaisir de la découverte, la joie des nouvelles rencontres et le choc des pensées. 

Toutefois, entrer dans une communauté n’est pas aisé. On ne se dit pas du jour au lendemain « Tiens! Je vais essayer ça! » Ou peut-être que si finalement… Il faut accepté au début d’écouter. Il y a tout un monde et toute une dynamique que je ne connaissais pas avant. Je n’ai jamais sentis de fossé comme telle, mais de savoir qu’est-ce que je cherchais exactement à prouver dans ce monde qui n’était pas le mien? Dois-je aimé les femmes pour écrire une romance sur deux femmes? Dois-je avoir eu une expérience? Au-delà de la romance et de la sexualité dont on retourne dans tous les sens partout, que veux dire être LGBT? En 2019, en 2020, pour 2030? Est-ce à moi de répondre ou  au contraire, de poser les questions?

Je comprenais dans la mesure où j’étais simple observatrice, leur revendication, leurs valeurs, leurs intérêts et notre passion commune du livre. Les personnes LGBT sont des personnes. Tout simplement. Ils aiment. Ils rient. Ils pleurent. Ils se dépassent. Pourquoi je dis ça? Parce que je croyais sincèrement ne pas devoir l’écrire un jour. J’étais persuadée que le Monde extérieur au mien comprenait la subtilité de chaque être vivant et que tout ça, et bien! C’était ben correct!

Voilà le premier coup que j’ai reçu qui a ébranlé mon optimisme. Avec des sujets qui touchent de près des personnes LGBT voire même autochtones, il y a des gens méchants. Des gens méchants qui ne comprennent pas la liberté. Des gens qui sont encabanées à double tour dans leurs préjugés. Je disais souvent, ça ne doit pas être si terrible… Mais j’ai déchanté. Écrire du LGBT m’exposait à la critique, au jugement, à la précarité de mon âme ( oui sérieux… sortez de ma vie les fanatiques religieux!) Vrai Karine? Oui.

Par contre, c’est exactement là où je veux être. Je veux flirter avec ces sujets «dangereux» et « exposé ». Je veux augmenté la visibilité des gens  « différents » dans la littérature. Je ne veux plus qu’un enfant, un adolescent et un adulte peu importe son genre, son origine, ses valeurs soient mis à part. Je me refuse à l’idée que personne ne peut comprendre tes sentiments et ce que tu vis parce que tu ressens au fond de toi que tu n’es pas comme le voisin. Je veux te rendre unique, oui, mais imparfaitement unique. Comme tout le monde, mais avec tout ton paradoxe qui t’es propre. 

Je veux, du moins, j’essayes, de me diriger vers ce chemin, permettre à des personnages forts d’émerger ; Les humains de toutes les horizons. Parfois, il suffit juste d’observer autrement pour réussir à changer notre petit monde à nous. Et tout cela est ben correct. 

La pulsion du début

Il est dit : « assis-toi et écris». Toutefois dans cette simple phrase, il y a un combat acharné qui nait en chacun des écrivains que nous sommes. Nous ne sommes pas idiots(es), on comprend le principe. Il n’y a pas de formule magique pour devenir écrivain (ou artiste); il suffit de prendre notre envie (aussi fofolle qu’elle est) et la mettre au bureau pour se mettre à l’ouvrage.  Alors, à l’intérieur de chacun de nous, commence la plus cruelle des batailles…

« Ce qui me pousse à écrire est avant tout l’idée qui germe et qui travaille dans la journée. Le plaisir de mettre en mot cette vision que je vois et revoie

JUDITH GAGNON-

            Je ne sais pas pour vous, mais à cet instant où j’ai le désir d’écrire tout se met à travers mon chemin : La vaisselle empilée dans le lavabo hurle de désespoir, la poussière roule sur le plancher, mon lit défait,  ma nuit houleuse et mon chat, comme à son habitude, il est dans mes pattes et réclame de l’attention. Je n’ai même pas encore  un pas à l’intérieur de mon coin dédié à l’écriture que je suis découragée, démotivée, épuisée et pire… je n’ai plus le goût aux mots. J’ai le devoir de m’occuper de mes tâches qui m’incombent.

Et si nous étions capables de mettre un petit point sur notre calendrier tous les jours que nous écrivons. Au bout d’un an, nous sommes en mesure de réaliser, même si ce n’était que de quinze minutes par jour, à quel point nous nous sommes dédié  à notre art.

«Ce qui me pousse à écrire chaque jour (bon, je saute des jours, mais j’essaie d’écrire le plus souvent possible!) c’est qu’à un moment donné, pendant que j’écrivais mon premier roman, j’ai découvert sur le blogue d’un auteur anglophone, Joel D Canfield, un article qui parlait de la Résistance… Je me suis rendu compte que c’était ça qui me ralentissait, qui sabotait un peu mon travail, et qui a fait que ça m’a pris 10 ans écrire ce livre… Pour faire face à la Résistance, il conseillait aux auteurs d’essayer de développer l’habitude d’écrire chaque jour, même si c’était seulement quelques minutes. Il disait que si s’asseoir à son bureau devenait une habitude, plutôt qu’un choix, c’était plus facile d’avancer dans son roman.

Si je n’écris pas pendant quelques jours de suite, quand je reviens, j’ai l’impression d’avoir perdu un peu le fil de mon histoire…»

 

MYRIAM PLANTE

L’art en lui-même est une extension de nos désirs, de nos émotions, de nos pensées. Nous bouillonnons avant même d’être entrés en contact avec notre histoire dans ce moment privilégié. Étant donné que nous ne pouvons retirer notre cerveau et le mettre dans un bocal ou même d’enlever notre cœur et le déposer sur le comptoir le temps d’une séance d’écriture, il nous faut trouver le moyen d’arriver à notre objectif quotidien. Surtout que nous avons besoin dans l’art de toutes nos parties, ce tout, notre tout, qui fait de nous ce que nous sommes.

Il s’agit plus de dresser votre mental à s’exécuter. À se mettre en action, en mouvement.  Tout se passe là, avant même d’avoir mis les pieds dans la pièce, dans cette petite étincelle qui nous fait dire oui, je vais écrire maintenant.

Personnellement, je passe souvent par une gamme de sentiment. Mon objectif est de sortir la tension dans mon corps et de ma tête. Je sais qu’une fois que j’ai écrit, je me sens mieux. Je me sens bien. Je me sens remplie d’énergie. J’ai le goût à la vie. Je sais que mon objectif final, ma montagne à gravir est d’être ce que j’ai toujours voulu être. Être écrivaine. Mais j’ai compris avec le temps que c’était énorme comme objectif. Et si j’essayais simplement d’écrire quelque chose aujourd’hui. Rien de plus. Juste ça. Quelque chose. Alors l’idée d’objectif devient, plutôt qu’une montagne, un simple pas qui se répète dans le temps.

Quel est la pensée, le mot ou la phrase qui vous attire dans votre lieu de création? Quel sentiment vous envahit avant de franchir le seuil de votre bureau?

 J’ai posé la question à un autre artiste…

«J’entre dans mon studio avec une toute petite tâche à accomplir.

Allumer mes machines. Ce qui demande beaucoup de courage, car il y a tellement de peur et de contre action : coût de l’électricité le stress des composantes électriques, le ménage, les choses à faire… En fait je vais simplement entendre une note, jouer un son, tourner un bouton… Ou ce qui marche le mieux pour moi est la quête d’une solution a un problème technique… et vlan je me fais avoir je mets a actionné un bouton et un autre puis je me pop un beat. Je perds alors la notion du temps et de l’espace. Pour moi rien n’est calculé, rien n’est planifié je ne suis pas un musicien je suis un explorateur/créateur de son. Pour moi l’important c’est d’avoir un studio toujours en ordre ready to REC»

-PIERRE VIENNEAU-

ALIAS

KEBATEK

La créativité ne se commande pas. Il ne suffit pas de se mettre à genoux et prier pour que vous vienne l’inspiration. L’état d’esprit avant d’entrer est fragile pour tout le monde. Qu’est-ce qui fera de vous un ambassadeur de votre œuvre aujourd’hui, plutôt de retourner vous asseoir devant la télévision à écouter star trek? Quelle pensée déclenchera votre désir et vous permettra de le suivre? Êtes-vous comme Kebatek à vous jouer le tour? Commencez par faire du ménage et vlan! Le piano se fait toucher et vous êtes roulé! La musique vous inonde et votre réalité laisse place à votre univers de rêve.

Vous savez, pour être honnête, pour écrire cet article je suis venue m’asseoir dans à mon bureau. J’ai activé mon chronomètre et je me suis dit 15 minutes par jour Karine, fait ton blogue et cela sera terminé pour aujourd’hui. Sors la tension! Sors une idée sur l’écriture! N’importe laquelle! Va s’y! Lance-toi!

J’ai commencé par tourner en rond avec ma chaise et à me demander de quoi j’allais bien pouvoir parler… Je pensais à ce projet avec qui je jongle depuis un an, j’ai pensé au boulot et mon anxiété grandissant… Puis  je me suis posé une question toute simple : qu’est-ce qui allait faire qu’aujourd’hui, j’allais remplir mon quinze minutes tel que prescrit?

Alors que je tentais de répondre à cette question, je tenais mon sujet d’article. Quelle pensée me guide vers l’écriture? Quel mot me permet de me mettre à travailler? Qu’est-ce qui vient à l’esprit d’un artiste juste avant de s’exécuter réellement plutôt que procrastiner ou se donner des excuses.

Faites l’exercice : Lorsque vous prendrez contact avec votre art et que vous vous exécuterez, notez les pensées qui vous viennent à l’esprit. Notez celle qui vous motive qui vous donne de l’énergie. Celle qui vous fait sentir bien. Notez aussi, votre absence de pensée, notez vos gestes qui sont venus naturellement ou forcer votre travail. Répétez-les la journée suivante. Encore et encore. Remarquez votre résultat. Trouvez cette phrase ou ce geste qui vous porte ou vous soulève légèrement vers votre chaise d’artiste.

Anaël Verdier propose te tenir un journal d’écriture, notez vos pensées, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné. Notez ce que vous avez fait et ce qu’il vous reste à faire. Ou faites comme Myriam Plante, un point sur le calendrier et réjouissez-vous de les voir s’additionner quotidiennement. Gardez en vous, comme Judith la joie et le plaisir de voir votre projet évoluer…prendre des tournures inattendues!

Voilà comment vous calculerez votre progression. Enclenchez votre chronomètre pour quinze minutes et soyez surpris ensuite de voir que cela fait une foutue heure que vous êtes assis devant votre écran. Mais comprenez cette étincelle (qui au contraire de la pensée de sabotage) vous encourage à le faire maintenant et tout de suite.

J’entre dans mon bureau, admire ma décoration, je me réjouis des crayons multicouleurs et je caresse les couvertures des livres de ma bibliothèque. Cet endroit me fait sentir bien. C’est chez moi. C’est pour moi. Je regarde la fenêtre qui donne sur le fleuve St-Laurent. Je me sens en paix. Je me sens calme. Et si j’écrivais quelque chose aujourd’hui?

L’échec n’est pas si terrible

Sincèrement, je nous souhaite à tous d’échouer dans l’écriture et l’art voire même dans d’autres sphères de notre vie. Mais voyons Karine, serais-tu tombé sur la tête? Ne-non, je suis encore bien lucide. L’échec, il ne faut pas le voir comme… un échec. Au contraire, comme le moteur de notre apprentissage. Il faut le prendre, non personnellement, plutôt comme les centaines d’opportunités qui ont croisé notre route.

Quand je vous dis échec, moi je parle par exemple du fait que mes livres n’ont pas le succès que j’ai ambitionné. Je vous parle, un peu, de ma solitude que je vis avec cette passion. Je vous parle de ce vide quand je m’attends à des commentaires ou de l’argent qui n’est pas au rendez-vous. Pourtant l’échec c’est bien plus que tout cela!

L’échec comme le dit Edison c’est des centaines de moyens, des milliers de moyens, des milliards de chemin emprunté. C’est magnifique! Moi Karine, j’ai tout fait ça? J’ai osé autant de fois? J’ai réessayé malgré tout? J’ai profité de ma passion, envers et contre tous, encore? Ben oui!

J’écoutais un vidéo TED sur les 10 habitudes prises par les gens riches (financièrement, mais aussi ces gens dont tout semble leur réussir). Une des habitudes à prendre est justement de changer notre définition de l’échec. C’est voir les opportunités. C’est comprendre qu’à travers toutes nos tentatives, nous en connaissons un peu plus sur le sujet et sur nous-mêmes. C’est à dire, mon livre, mon projet, mon écriture, mon talent… je l’ai amené dans toutes ces directions opposées et je peux désormais te dire ce qui fonctionne ou non.

Ce n’est pas le fun! Je ne me sens pas bien!

C’est justement pour ça que l’échec devrait être un sentiment d’accomplissement. Une pulsion de motivation. L’échec devrait être obligatoire. Une émotion qui devrait être éprouvé. Car si tu ne sais pas qu’est-ce que ça fait quand tu t’érafles les genoux comment sauras-tu que tu es dans le succès? Je ne dis pas d’être maso… Si vous réussissez! Je suis super heureuse pour vous! Sachez cependant pourquoi vous réussissez pour le reproduire. Et sachez pourquoi vous échouez. Où ça ne marche pas.  La marche est longue, prenez de bons souliers alors (et un calepin).

Le succès c’est voir nos échecs, nous accueillir dans notre sentiment de perte ( solitude, culpabilité, honte…) et c’est se relever (différemment) et foncer de nouveau( parce que vous êtes passionnés et ce que vous faîtes vous remplis de joie)!