Aimes-tu ce que j’écris ?

« Aimes-tu ce que j’écris ? »

La question qui décourage plus d’une personne à poursuivre ses rêves. Oui ! Oui! Cette question-là : aimes-tu ? Si la réponse a le malheur de tarder, le manuscrit est jeté par la fenêtre et nous avons tous pensé à changer d’identité par la honte d’avoir osé, seulement à travers quelques lignes, nous montrer à un autre être humain.

Vous reconnaissez-vous ? Avez-vous déjà posé cette question? Avez-vous déjà reçu une réponse qui ne convenait pas à vos attentes ?  Il y a une façon de prendre la critique, mais j’irais encore plus loin dans cet article en vous posant la question suivante : êtes-vous prêts à attendre une réponse ? Et si je vous disais que vous pouviez vous améliorer. Si je vous disais que le texte peut être amené beaucoup plus loin. Que feriez-vous ? Pensiez-vous sincèrement que le premier jet est perfection?

Moi j’y ai cru. J’y ai cru une partie de mon adolescence et mon bêta-lecteur m’a fait beaucoup souffrir en répondant à la question « aimes-tu » par la négation à tout coup. Bon ou mauvais. Bien ou mal. Correct ou à ch***. Votre texte mérite-t-il une réponse binaire ? Blanc. Noir. Vos heures de travaillent peuvent-ils être résumé à un malheureux j’aime ou je n’aime pas. Même si le lecteur développe ? Ah! Là! Si le lecteur y arrive…

[Attention ce paragraphe pourrait en choquer plusieurs] Il y a des amateurs d’écriture qui resteront des amateurs. Des gens qui aiment écrire et ne se compliquent pas. Ils ne veulent pas une carrière. Ils ont juste besoin quotidiennement de leur dose littéraire. C’est bien. Il y a des gens qui aiment le tennis, sans plus, sans vouloir devenir compétiteurs. Ils jouent le weekend et en sont heureux. Et c’est correct pour ce qu’ils veulent en faire. Mais toi ? Toi qui désires au plus profond de tes tripes devenir écrivain, tu ne peux te satisfaire, que dis-je! Tu ne peux réussir à avancer dans cette voie en demandant aux autres « aimes-tu ».

Alors, comment se défaire de ces mauvais réflexes ? Ah! Parlons donc solutions!

  1. Apprendre à s’autovalider : oui. Ça ne sera pas parfait tous les jours. Mais apprends de tes erreurs. Corrige-les. Valide des hypothèses.
  2. Valider des hypothèses : ouvre des romans, étudie-les, va suivre des cours, lis des guides pour écrivains, suis la carrière de tes écrivains préférés, regarde ce qu’ils ont fait, écoute leur discours.
  3. Trouve un bêta-lecteur de confiance : pas un ami. Un bêta lecteur professionnel. Oui parfois, il faut investir de sa poche. Tu n’as pas d’argent ? Donne-toi les moyens d’en avoir ! Je ne crois pas pour toute chose de la vie que les choses sont gratuites. Crée un lien de confiance avec une personne qui saura pointer tes forces et les éléments de la technique encore immature dans ton écriture.
  4. Comprends, sans vouloir te soustraire à cette idée, que oui, parfois voire même souvent c’est moche. Mais ce n’est pas une situation incontournable. Tu vas t’améliorer avec l’effort, le travail et l’énergie que tu y mets. 
  5. Donne-toi des défis. Ose les concours! Ose de nouveaux genres !
  6. Quand tout semble noir, que tu effaces pour la millième fois la même phrase et que tu es sur le point de balancer ton laptop par la fenêtre… Va prendre une marche. Ça ne sert à rien d’insister. T’es crevé! Va te dégourdir les jambes et reviens tantôt taper sur ton clavier.
  7. Sors dehors. La tour d’ivoire n’est pas une solution pour t’inspirer.
  8. Te poser des questions sur ton texte du type : qu’est-ce qui m’a ému ? Est-ce que c’est ce sentiment que j’ai voulu transmettre ? Quel est mon message ? Mes personnages aident-ils l’idée générale du texte ?  Où je vais ? D’où je viens ? Et ça, ça va t’aider à sortir du « aimes-tu ».