Écrire tous les jours Part 2: L’art de se mettre en action et le rester

Je me suis secouée les puces! Parfait! Maintenant il est important de savoir où je vais. Je n’ai pas de misère à m’organiser. J’adore organiser. J’adore bardasser ( pour reprendre l’expression acadienne). Mon gros plaisir est de m’acheter un agenda et de commencer à le décorer. Je n’ai pas encore pris l’initiative de faire un bullet journal, mais par tous les dieux j’y pense souvent! J’aime voir les to do list et leur petit crochet. J’adore voir une tâche notée et terminée dans le temps accordé. Hélas! on est pas tous des pros du calendrier. On a nos réfractaires et nos procrastineurs. Mais à moins qu’on soit pathologiquement atteint et encore là, je crois que quelqu’un peut s’enligner. On le fait tous. Un moment donné.

Outils

Écrire est pour moi l’opportunité de m’acheter du matériel de bureau. Une autre chose que je raffole maladivement. Les crayons. Les cahiers. Les feuilles de couleur! Il y a un réel plaisir à m’équiper. Comme faire du bicycle, on a besoin d’Accessoire. On a besoin de connaitre la mécanique, de huiler un peu notre chaîne… Concevoir une histoire ou du moins ce qui entoure cet acte, ce n’est pas vraiment différent. Sans tomber dans la démesure et dans le luxe, parfois, s’outiller peut renforcir notre envie de s’asseoir pendant des heures devant l’écran.

Il y a d’autres outils comme les dictionnaires, les cooccurrences, etc. Ceux-là sont plus techniques, plus essentiel à la qualité d’écriture.

Calendrier ou pas calendrier telle est la question

Pour tous mes projets d’écriture, je leur fait un calendrier. J’aime que les choses soient claires. J’aime savoir où je m’en vais. Voir les étapes de ma démarche. Je n’apprécie pas toujours me demander où j’en suis et d’où je viens. Attention! On a pas besoin d’être un calendar crack head ! Je ne vous proposes pas de tout noter et en tout temps. Mais savoir que nous progressons, que notre objectif est à 60% ou à 10% fait une différence. Ce donner des échéances nous évitent de prendre trop de temps là où ce n’est pas nécessaire. Par exemple, créer un personnage ou trouver la thématique de son histoire demande un temps différent. Plus ou moins longue selon chaque individu. Le calendrier me permet aussi essentiellement de savoir à quelle étape je suis rendue. Je me rappelle d’être patiente avec moi. Ici je suis en train de mettre en place le squelette de mon histoire = temps. Par contre là, je fais le résumé. une ligne ou deux maximum et je dois savoir globalement qu’est-ce que je m’en vais raconter.

Prendre des notes

Mon calendrier possède beaucoup de notes sur mes séances, sur mes améliorations à faire, vers l’atteinte de mon objectif, vers le peaufinage de mon histoire. Restez actif! Restez présent! Prenez des notes sur votre période d’écriture. Améliorez-vous.

Lire, découvrir, rencontrer, exercices

Ne restez pas dans votre tour d’ivoire. Vivez! Sortez! Allez à des conférences. Rencontrez vos auteurs favoris si c’est possible. Allez prendre un café avec d’autres passionnées d’écriture de votre région, faîtes des activités d’exploration artistique.

Cette découverte, chaque pas que vous ferez en direction de votre choix d’écrire tous les jours, vous bénéficierez de l’aide des autres, leur support, leur nouvelle façon de voir cette montagne.

Joie et plaisir

Quand je suis écœurée. Vraiment tannée. Épuisée. C’est le temps d’une pause. Je veux me garder dans le jeu et le plaisir. Écrire me remplis de joie. Oui! même dans les impasses chronologiques!

Tous les jours

Ne grincez pas des dents! Je sais! Je sais! Tous les jours! J’ai tellement de choses à faire! Je n’ai pas le temps, de m’asseoir et écrire à tous les jours, pendant la même période… Pourtant! C’est comme allez au Gym ou plutôt sauter une journée d’exercice, revenir dans vos bonnes habitudes est plus difficiles. Nous l’avons tous vécu. Alors j’insiste, trouvez-vous du temps! c’est un moment privilégier avec votre historie, votre passion, vous-mêmes. 6h, 1h, 10 minutes par jour peu importe! En autant que vous continuer votre mouvement. Je ne prétends pas à un assiduité digne d’un miliaire, mais c’est important d’y plonger un œil fréquemment.

Écrire tous les jours Part 1: Se réchauffer

L’écriture n’est pas une course. Ce n’est pas le premier arriver, le premier à gagner.  Des œuvres prennent parfois des années à terminer et d’autres non. Toutefois, il nous faut créer une routine similaire à un athlète. Ne pas perdre le pied et ne pas se décourager. Comment? Prenons un exemple pour nous mettre en contexte. Je décide enfin de m’entrainer ( ouf!) et je décide de faire du bicycle (parce que avouons-le, je ne suis pas très douée dans d’autre sport). J’ai besoin de me réchauffer, d’avoir bien mangé, mais pas trop, d’avoir de l’eau pour m’hydrater, mes protecteurs, mes outils si j’ai un pépin, d’un bon véhicule pour partir loin loin loin….

Initier le mouvement

L’écriture s’est la même chose. Je constate que m’asseoir et attendre l’inspiration ne m’a jamais vraiment rien apporter. J’aime être préparer et savoir où je m’en vais. La bicyclette sans but s’est un peu moyen. Surtout quand tu réalises le kilométrage parcouru et qu’une envie de pipi soudaine te prend et il n’y a pas de salle d’eau à proximité ( désolé petit arbuste)  Avant même de penser vous rendre à  Tombouctou , sachez faire le voyage intelligemment. J’ai séparé ce sujet en quelques articles pour m’aider à focaliser sur l’essentiel. Encore une fois, je ne me prétends pas la génie de l’écriture. Je ne vous parles de Kosser que moé j’en pense.

L’échauffement me semble un élément essentiel de la pratique d’écriture. Avant tous le reste, avant de plonger dans une histoire, avant de prétendre quoi que ce soit sur notre tâche à venir. Se réchauffer initie le mouvement: physique, mental et émotif. Ces trois axes font partis de l’écriture et je crois que c’est bien de les scruter plus attentivement.

1.S’échauffer physiquement

Tous les axes se complètent. Si je n’arrive pas à me concentrer, prendre une marche ou pédaler quelques mètres m’aide. Les hyper actifs comprendront cela. Pour les autres qui manquent un peu d’énergie, l’entrainement physique vous oxygène, nous assouplis, vous rend alerte. Penser à un sport que vous aimez, méditation, marche, yoga, pilates…  Si vous n’êtes pas du type monsieur et madame muscle, l’étirement peut être une solution.

Avant d’écrire, je fais toujours du Yoga de doigt. J’ai des tunnels carpiens et des petits doigts qui ont tendance à casser quand je les regarde, donc en appuyant sur la première phalange, je plis un peu vers l’arrière mon doigt. Je répète pour chaque main. J’apprécie aussi étiré mes épaules, mes bras, mon cou, mon dos et mes jambes. Je sais que je serai assise longtemps à mon bureau.

Concrètement, plus activement  »écriture » il y a plusieurs exercices comme l’écriture automatique qui peuvent vous aidez à démarrer votre séance. En gros, je prends une feuille et j’écris tous ce qui me passe par la tête. Ça réchauffe vos doigts, mais aussi libère votre esprit de toute pollution mentale.

2. S’échauffer mentalement

Comme dit plus haut: l’écriture automatique est un bon outil. Vous n’aimez pas? Pas de soucis sur Internet il y a des centaine si ce n’est plus des activités d’échauffement.

Une autre idée que j’aime bien, marcher et regarder les gens. Je leur trouve des histoires, des qualités, des défauts…¸Il m’arrive parfois de trouver ainsi des personnages! Mais inévitablement quand je suis dehors, j’ai le goût d’être en dedans pour écrire!

3.S’échauffer émotivement

Non, je ne dis pas de vivre votre éventail d’émotion. Ni de vous prendre un rendez-vous chez le psychologue. Regardez dans quel état vous êtes avant d’écrire. Cela influence votre séance. Soyez-en conscient. Ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire! Toutefois, si vous venez d’être rejeter par la fille de vos rêves, il se peut que vous ayez envie de tuer du monde dans vos histoires… C’est une thérapie en soi, non?

Explorer vos émotions à travers des activités. Qu’est-ce que je vois? Qu’est-ce que j’entends? Qu’est-ce que je sens? Décrivez-le. Ressentez-le. Exprimez-le. Papier, oralement, en musique, en chant, en poésie. Explorez votre potentiel émotif. Votre histoire vous dira plus tard merci. Prenez un sentiment dans le dictionnaire et mettez-le en scène sur une page. Parlez à ce ressentis. Que vous dit-il?

Tous les jours

Ho! Je me suis battu corps et âme contre cette notion. Tous les jours. Écrire tous les jours. Éviter de perdre le fil. Éviter de perdre le pied. Se démotiver. Je me rendais coupable si je n’avançais pas mon écriture. Nous savons ce que ça vaut cette culpabilité, n’est-ce pas? Pas grand chose de bon! Ça parait gros. Moi? écrire tous les jours? voyons! J’ai une vie.

Oui il y a des gens qui n’écrivent que pour le plaisir sans stress. D’autre comme moi qui veulent en faire une carrière et accepte tous les défis ( ou presque hein?!). J’ai validé cette notion. Je sais qu’il m’est beaucoup plus facile d’entamer le mouvement si j’ai écris hier qu’il y a six mois. Car ( attention petit secret)  nous dépensons plus d’énergie à aller s’asseoir pour commencer que de réellement faire le travail. Écrire s’est amusant! Écrire s’est léger ! À par quelque moments durs ( que je vais parler un peu plus tard) en général, initier le mouvement, commencer quelque chose demeure le plus difficile. Le rendre régulier, c’est le deuxième défi.

Alors même si vous n’avancez pas votre histoire, échauffez-vous! Faîtes des exercices, consulter des blogues, lisez, allez sur youtube… cherchez vos idoles, vos coachs, vos gourous de l’écriture. Attachez-vous à eux et persévérez!

Mon blogue est mon exercice, celui qui initie le mouvement pour moi. Quand je suis ici je me libère de toutes contraintes. Je suis libre de dire ce que je veux ici. Je suis libre de donner les conseils ou de parler de moi. Ça m’aide! Sincèrement! Je vous jure! Si c’est cela qu’il faut, partez-vous en un blogue aussi!

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Besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire?

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L’artiste est un athlète comme les autres – Anaël Verdier

Écrire tous les jours Part 3 : Les montagnes russes

Il y a des jours qui seront plus faciles. D’autres, vous vous arracherez les cheveux sur la tête. On ne peut pas être toujours en maîtrise de notre séance d’écriture, il y a tellement de chose qui peuvent survenir… L’idée est de ne pas laisser les événements extérieurs nous perturbés ( pas trop longtemps en tout cas). Bref, vous vivrez les montagnes russes. Haut et bas. Parfois un plateau. C’est ainsi, mais on peut s’en sortir.

Une auteure jeunesse que j’ai été chez elle pour un travail scolaire Que vouliez-vous faire plus tard? demandait le travail pratique. À 13 ans, j’ai demandé à deux auteurs de me rencontrer.  Je voulais être écrivaine. Je le sentais dans mes tripes. Le premier conseil qu’un auteur que j’apprécie m’a dit en prenant un café avec moi : «c’est bien beau avoir des idées, mais faut savoir écrire.» Au début, je croyais je ne saurais jamais écrire. Que je faisais trop de faute! Les enseignants le disaient ; Karine a de la difficulté. Comment on fait alors? Cela n’est pas aussi simplet que juste apposer des mots sur une pages. Et pourtant, oui! C’est d’entamer une phrase, un paragraphe… C’est construire petit à petit. Reculer. Avancer. Stopper. Poursuivre. Apprendre. Échouer. Continuer malgré les épreuves. Mon deuxième conseil avec le deuxième auteure a été de prendre le temps de regarder la scène. De voir dans ma tête le film. Et de lire beaucoup. J’ai eu la chance de rencontrer un troisième auteur en atelier et il nous a dit : « prend ton inspiration et assis là sur une chaise.» Il n’avait pas tort. J’ai ensuite connu un auteur et coach français… Qui lit la pratique à notre état d’être. Oui la technique, mais toi, artiste, te connais-tu? Te regardes-tu aller? Que veux-tu? Transformation. Vent frais. Je continu. J’avance.

Aujourd’hui cela me frappe de plein fouet. Petite anecdote à petit conseil, me voilà mieux équipée qu’à mes 13 ans. Je suis outillée pour avancer. Quand je ne sais pas, quand j’hésite, quand je suis découragée je retourne vers mes sages de l’écriture. Je lis leur message. Je relis. Chaque fois, un nouveau mot, une phrase m’accroche. Aujourd’hui, j’avais juste besoin d’entendre ça et vlan! Me revoilà requinquée au max!

Qu’est-ce qui est différent maintenant qu’avant? Suis-je meilleure? Est-ce que je sais écrire plus et mieux? La montagne est-elle moins haute?

Pas pantoute. Désolé pour ceux qui avaient espoir. À chaque nouveau projet, les doutes, la peur.. tout reviens. Je sais quand je suis confiante et quand je ne le suis pu. Voilà la différence. Je me sens. Je me vis. Je sais qui je suis quand je suis en création ou à une autre étape. J’accepte mes fautes. J’apprends de mes échecs. Je ris de mes erreurs et je continus.

C’est normal. Ce n’est pas facile écrire une histoire. C’est amusant par contre! Et on apprend plein de nouvelle chose sur nous, sur nos aptitudes, nos contraintes, nos limites, notre résignation et notre obstination.

Écrire tous les jours vous ne serez pas en mesure de le faire. Pas tout de suite. Pas du premier coup. Pas toujours à long terme. Mais écrire ou n’importe quel art demande de s’y consacrer ( non se sacrifier nuance). Si c’est une corvée pour vous ( donc un sacrifice douloureux), il y a des chances que l’idée d’être romancier/ière est un fantasme du but et non du réel désir d’implication personnelle. Voir alors, à changer la direction de votre vie. Si au contraire, vous sentez votre coeur battre, que vous bouillonnez, êtes agité à l’idée de continuer, de poursuivre, d’atteindre un but flou ou non… Continuez et apprenez de ce chemin. La colère, la fatigue, la joie, l’espoir et l’échec sont l’un des sommets montagneux que vous allez franchir tôt ou tard. Si vous êtes toujours épuisés, demandez-vous pourquoi? Comment? Résolvez les problèmes un à un. Le plaisir est dans l’accomplissement, sur le chemin et vous apprenez quel genre d’artiste vous êtes et ce qui vous émerveille. Vous apprenez quels sont les thèmes qui vivent en vous. Qu’est-ce qui est le moteur de votre créativité. Vous saurez qu’est-ce que vous voulez transmettre dans vos histoires.

Écrire tous les jours, pas à pas avec patience, vulnérabilité et amour envers vous-même.

 

Histoires d’un bloc #15

Mot de la fin

 

52 semaines. 12 mois. 1 an. J’ai franchi le bail d’un an pour ce logement. Gros bloc, troisième étage… Août je déménage dans un appartement. J’ai hâte comme jamais! Enfin, chez nous! un vrai. Non partager avec 100 autres voisins. Plus de fumée de cigarette qui remonte comme dans un tube jusqu’à ma chambre, plus de voisin qui s’ébat bruyamment la nuit, pu d’odeur de nourriture par millier, pu de voisin perdu, pu de concierge exaspérée et qui t’embarre à l’extérieur, pu chute de vidange nauséabonde, pu de concierge chez moi, pu de chien qui jappe, pu de voisin bruyant, pu de peur aux punaises de lit … Nada. Rien. Finito. Fini.

En conclusion, je suis bienheureuse de quitter. Je suis contente d’avoir expérimenter ce type de logement, mais ce n’est définitivement pas pour moi. Je m’en vais dans un endroit plus calme, vis-à-vis le fleuve st-Laurent. Plus cher, mais plus beau et plus calme. Ensoleiller et le vent, c’est tout ce qu’il manquait à mon bonheur!

J’ai eu un réel plaisir à faire ces petites anecdotes sur mon blogue, mais voilà c’est terminé! Cela laisse place à d’autres projets courts pour ce blogue! Je ne sais pas quoi encore… mais ça viendra! J’espère que vous avez aimé et vous vous avez un peu reconnu dans mes déboires…

 

 

Histoires d’un bloc # 14

Le vieux et l’intrus

 

Je revenais de travailler. Je m’enlignais à droite après l’ascenseur, longeais le long couloir pour atteindre mon appartement. Cependant, devant ma porte, il y avait un homme grisonnant. Il cognait sur ma porte en espérant que quelqu’un ouvre. Je m’arrêtais pour l’observer. Il se retourna et alla cogner à la porte de ma voisine d’en face. Puis, au bout d’un moment, le vieux remarqua que j’étais présente.

Sa porte de biais à la mienne était ouverte.

« Je fais quoi moi?» me dit-il.

« Vous avez besoin de quelque chose monsieur?» dis-je poliment.

« Il y a personne qui répond »

« C’est sûrement qu’il n’y a personne…»

« Ben je fais quoi là avec lui?»

« Je peux peut-être vous aidez? qu’est-ce qui se passe?»

« Il est chez nous! Pis y veut pas sortir»

« Il y a un inconnu dans votre maison c’est ça? Montrez-moi.»

Je le suis dans son appartement, mais je reste à l’extérieur par sécurité. J’appelle à l’intérieur s’il y a quelqu’un, mais il n’y a aucune réponse.

« Regarde yé là» me dit le vieux.

Je penche la tête derrière la porte. Un peu nerveuse et je sursaute devant mon propre reflet. Derrière la porte, il y a un grand miroir. Le vieux le pointe et il lui dit de s’en aller.

« Monsieur ce n’est pas un étranger. C’est votre reflet dans le miroir. »

Il ne me croit pas, donc j’essaye de lui montrer qu’en levant le bras son reflet fait le même mouvement. Malheureusement, l’homme prend ça pour une moquerie de l’intrus et l’insulte. Il demande encore une fois, plus violement à  »l’étranger » de sortir. Je le questionne sur qui vis avec lui. Il ne peut me répondre. Mais cette personne est sensée revenir. Je lui dis d’aller écouter la télévision et s’il y a quelque chose de venir à ma porte. Il me demande alors si c’est la sortie par là-bas. Je crains qu’il décide de sortir…et dans son état, ce n’est pas envisageable.

« La sortie est là, mais il pleut très fort dehors c’est dangereux. » dis-je comme gros mensonge.

Ça suffit à le répugner de son idée.

J’entre finalement chez nous, un peu déboussolée. Je trouve ça comique. Les déments ça me connait en CHSLD. J’ai beaucoup de plaisir en général. Mais le vieux est seul et je connais les implications s’il décide d’aller se balader. C’est dangereux. J’appel mon frère, savoir ce que je pourrais faire de plus. Nous concluons que c’est préférable d’appeler la police. Il peut être en crise, ne pas avoir pris ses médicaments ou pire… J’agis avec conscience de bonne voisine.

Je reste au rez-de-chaussée et j’attends les intervenants, je leur explique et mon rôle s’arrête ici.

 

Bonsaï!

Une fin de semaine merveilleuse! Je vous jure! Il y a longtemps que je n’ai pas ressentis un tel bien-être. Nouvelle passion: bonsaï! Avec un gros point d’exclamation. C’est bien plus que juste faire du jolie. C’est une expérience qui transcende.

Un collègue de travail me parlait de sa passion. Faire de petit arbre en pot. Il m’a montré des photos, des expositions, des congrès, m’a parlé de la théorie, de la philosophie, m’a amené des bouquins et ma parler de l’attention qu’il fallait porter à ces petits êtres vivants. Et je pars de loin! Je suis black lister dans tous les revendeurs de plantes vertes, vous imaginez? Une vraie tueuse de vivaces et d’épices. Je ne pouvais qu’appréhender m’occuper d’un arbre…

Toutefois la vie est une question d’expérimentation. Ce dire j’aurais dû ne doit plus faire parti de mon vocabulaire. Je dois vivre à fond et essayer de nouvelle activité et m’y jeter aveuglément. Ça, cela veut dire, peu importe les conséquences et mes échecs. Le regret n’est pas une option. Pour avoir si longtemps dormi, il est temps que je m’éveille à la beauté de ce monde… Donc, je me suis inscrite à un cours niveau 1 pour bonsaï avec la SBPM.

Deux jours intenses à assimiler plusieurs notions, à pratiquer, à faire des erreurs, mais surtout à rire! Passion et joie voilà ce que je retiens. La professeure qui cumule les emplois dans le domaine, énergique, positive et ricaneuse est adroitement inspirante. C’est un vrai show cette femme! Mais déborde surtout de passion pour les bonsaï ce qui en fait un choix en or pour les gens comme moi, les novices.

Après cette fin de semaine, je ressors avec un tremplin pour m’aider avec mes vivaces, des pistes de solution pour arrête de tuer ces pauvres petits êtres, mais surtout faire des arbres en pot! Les yeux brillants, je regarde tout ce qui s’en vient. Achat d’outils, ligature, entretien, substrat, rempotage, insectes, vaporisation… Faire une routine le matin pour aller dire bonjour à mes arbres, s’assurer de leur bien-être… Je me sens transformé et je viens à peine de commencer! J’ai tellement hâte d’y afficher sur mon blogue mes progrès!

Je retire tranquillement des couches d’égocentrisme superflus pour prendre le temps d’observer la nature, prendre soin d’autre chose que de moi ( quoiqu’il est essentiel et vitale de s’occuper de soi avant tout). J’étais heureuse d’avoir mon chat et je ressens à nouveau ce sentiment, non de propriétaire, mais de soigneur ou de gardien d’une âme. Ce qui me rapproche de mon centre et de mon équilibre.

Avez-vous déjà vécu ce genre de connexion? Une passion qui demande du temps et demande que vous y mettiez tout votre cœur? Comme l’écriture et mon Pô, le bonsaï crée en moi un ouragan de sentiment. Et je le sais, c’est pour le mieux et pour le bien.

Note: Photo – Exposition 2016 de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal

 

Ce chapitre qui donne du fil à retorde

Je suis découragée. Clairement accablée et sans énergie. Pourquoi est-ce si dur de passer au travers de ce chapitre? Il est évidemment une pièce importante de l’histoire. Ma relecture allait si bien jusque là! Punaise! Mon personnage arrive enfin à progresser dans la connaissance d’elle-même, mais voilà que ça devrait être si simple, je sens la tâche plus lourde que jamais et j’ai l’impression de faire juste de la bouette.

Ci-dessous, l’image de moi en train d’essayer de faire de quoi avec mon chapitre.

Mieux vaut en rire que d’en pleurer! Toutefois, même si je ris à gorge déployée il demeure pas moins que j’ai toujours ce blocage. J’ai l’impression d’écrire un cliché ou pire une quétainerie immonde. Un fantastique plate et sans emphase. Ce moment qui devrait être le summum de la révélation devient linéaire et platonique. Un dialogue qui n’enflamme pas.

Mon premier réflexe à été de mettre de côté le chapitre et la relecture totale de mon histoire. Je bloquais. Et je ne voulais plus souffrir en y retournant. Alors mon petit maudit, cette petite voix destructrice dans ma tête à commencer à m’accabler. Tu es nulle. Tu n’es pas une vraie écrivaine. Tu fais tellement de faute. Personne un jour ne voudra te lire.

Mon deuxième réflexe a été de me retourner vers mon coach d’écriture. Aller lire son blogue, lire ses conseils gratuits, retourner à son livre, relire les anciens messages… Plus je le lisais, plus j’avais le goût de retourner écrire. D’approfondir ma compréhension de ce chapitre. Le protagoniste a des supers pouvoirs, comment je réagirais? Comment je me sentirais? Oui d’accord, je reçois la fameuse lettre ( Harry Potter) qui me dit que je suis légitime et je m’en vais dans une école de sorcellerie… ce n’est pas bidon comme action. C’est immense! Tout l’univers se transforme/ s’écroule. Nécessairement, mon personnage selon sa personnalité va avoir une réaction à cette vérité. Bref, je n’ai pas encore trouver la solution. Je me creuse encore les méninges. Je laisse le temps à mon cerveau de faire des connexions. Il y a des pauses nécessaire. Je relis avant et après. Je m’en vais là, comment puis-je l’amener dans cette direction? dois-je accélérer le rythme ou le décélérer? Est-ce que à la première lecture, c’est bon je le laisse et je reviens plus tard? Va s’y Karine, lèves-toi et marche. Ça va te faire du bien. Le chapitre sera là à ton retour.

Mon troisième réflexe a été de venir sur mon blogue et d’écrire. Juste reprendre contact avec le clavier et mon esprit qui bouillonne. Juste me remettre en mouvement. Laisser tomber une à une les pensées mauvaises qui me tourmentent. Je réalise alors que je ne suis pas la seule à vivre ce genre de dépassement. J’ai une amie écrivaine qui n’est pas à son premier livre et elle vivait la même situation que moi quelques mois plus tôt. C’est normal d’arriver à ce genre de plateau. Mon seul conseil est de vous posez un moment et ne pas oublier de vous remettre en mouvement, griffonner quelque chose, même si cela n’a pas de sens. Poser des mots même si c’est de la bouette et que vous ressembler au petit chien plus haut. Le nuage va passer, ne vous en faîtes-pas.

Savoir s’arrêter

Je consulte plusieurs sites pour capter un maximum d’information. Je recherche le plus possible des outils pour me perfectionner dans  mon écriture à tous les nouveaux, pour tous les chapitres, pour chaque étape de la structure. Je jongle avec mon horaire, je suis des coachs sur les réseaux sociaux, j’écris, j’écris, je pratique, je fais mes exercices, je suis proactive dans ma correction, je trouve des bêta-lecteurs, je peaufine, je relis… Bref, quand est-ce qu’on parle de souffler un peu?

Le monde tel que nous le vivons perçoit la pause comme un bris de service. L’art qui se veut de plus en plus compétitif, qui se dévoile agressif et met les auteurs en concurrence… Mais l’art, la création, l’expérimentation, cette recherche de la bonne histoire ne sont pas une course à finir au plus vite! Je ne dis pas de répugner tout l’aspect économique! On nous parle d’écrire tous les jours, de ne pas désespérer, de faire tous nos exercices… oui en effet ! Un écrivain qui a du succès se lève pour son rêve. Il accepte la fatigue. Il accepte de mettre sur hold d’autre plan de sa vie. Parce que le temps ne peut être scindé en deux. Persévère. Continue. Un peu tous les jours…

D’accord ! Je suis pour cette philosophie. Écrire est comme être au boulot ( avec quelques plus évidemment)  n’avez-vous pas tendance à vous mettre trop la pression par contre? Ne ressentez-vous pas une lourdeur s’accumuler sur vos épaules? Votre posture est-elle la bonne? L’importance de la pause dans cette course folle est primordiale! Avant que je ne commence à me regarder aller, je réalisais que je me poussais beaucoup, mais je ne m’accordais pas suffisamment de pauses dans la période d’écriture. Quand je m’installais au bureau, je pouvais y rester accrocher des heures. J’en ressortais étourdie, courbaturée et déprimée. N’y avait-il pas d’alternative? C’en était rendu déplaisant à la longue. Chaque fois que je prévoyais écrire, j’appréhendais déjà la fin… Au revoir le plaisir d’écrire!

Il faut réaliser que nous sommes assis, parfois sur un bureau à une chaise ergonomique ou même évêché sur le tapis de verdure ou un canapé plus ou moins confortable ( ou peut-être trop). Demeurer dans cette position pendant une journée complète? Non merci! Chaque heure, il est conseillé de se lever, marcher voire même s’étirer. Votre corps saluera votre initiative. Le cou, le dos, les mains sont des endroits vulnérables à prendre soin. Vous n’y pensez jamais? Mettez-vous une alarme! Sortez de la pièce, faites du yoga, prenez votre vélo ou marchez dehors.  Votre cerveau bouillonne, laisse le refroidir un peu.

Il faut comprendre que même si je me lève et je marche, je continue de réfléchir sur mon histoire. Elle ne me quitte pas aussi aisément. Parfois, une solution sur laquelle je bûchais depuis des heures m’apparait. Vous conviendrez que du  côté santé les arguments sont logiques. Du côté productivité c’est indéniable! Mais j’ai ce besoin de plus en plus important de mettre l’interrupteur à off. Totalement. Déconnecter. Faire autre chose. Ne pas juste prendre une pause. Faire et réussir autre chose. Avoir d’autres passe-temps, d’autres passions. J’ai besoin par exemple d’écouter la télévision, jouer avec mon chat, sortir et prendre un verre, de me retrouver seule et regarder le Fleuve devant chez nous, entendre les oiseaux, m’enthousiasmer de tout et de rien, être en nature,  vivre… Attendre entre deux romans. Briser totalement ma chaîne de production. J’en ai besoin pour continuer d’aimer me retrouver devant mon ordinateur, aimer griffonner, créer, penser, structurer et corriger…

En conclusion, Bernard Werber vous dirait qu’un auteur ne peut rester dans sa tour d’ivoire. Autrement dit: Sortez et vivez!

Quoi de neuf, Doc?

En quelque semaine, le paysage a changé. Ces arbres endormis sans éclat et sans vie sont devenus feuillus et éclatants! L’été! Enfin, l’été! Des rayons de soleil qui réchauffe la couenne et les piaillements des oiseaux. J’ouvre mes fenêtres et l’air du Fleuve st-Laurent est un délice pour mes narines. Je me sens me réveiller aussi comme un vieil ours qui hibernait. C’est long et endolori ces premiers mouvements!

Je ne suis pas très présente sur les réseaux sociaux… Ni même sur ce blogue que j’avais juré de ne jamais laisser à l’abandon. Je ne peux dire que je n’ai pas eu le temps. Je ne crois pas à cette excuse. Disons que ma concentration a été retenue ailleurs. J’ai eu un nouveau poste. Je suis au niveau des achats maintenant. Je me sens enfin  à ma place.  Mes collègues sont vraiment de bonnes personnes. J’ai dû prendre le temps qui m’était offert pour me stabiliser. Maintenant que c’est fait, je retourne à ma véritable passion : l’écriture.

Malgré que je ne donne pas signe de vie, il y a beaucoup de choses qui ont progressé côté écriture. Un beau roman à venir avec une ME. Ma coauteure et moi attendons encore des nouvelles de notre 2e vague de correction. Ouf! C’était une expérience colorée! Ma nouvelle qui va sortir en automne 2018 est entre les mains de mon bêta-lecteur. Cet été je vais le passer avec ma correctrice et donner le contrat à ma graphiste pour une troisième association commune. Puis…ce qui me tien vraiment à cœur en ce moment est ce superbe roman. Oui! Oui! Je me suis lancée à un gros roman, complet, de A à Z. Il va prendre un peu de temps à être complété celui-là. Je veux le rendre au meilleur! J’ai l’intention de faire une trilogie. J’y aborde des sujets plutôt sensibles comme la famille éclatée, l’alcoolisme, la quête d’identité et la mort.

J’ai fait cette mini histoire sur mon blogue avec la chanson libérez le trésor de Michel Rivard… Cette histoire est devenue une obsession. Un matin ou peut-être même un soir, j’ai eu un flash de cette adolescente métisse. Je me suis inspirée d’une personnalité publique autochtone que je respecte énormément pour bâtir mon protagoniste. Vais-je dire le nom de cette personnalité publique? Non. Je ne veux pas l’associer à ma prise de position de ce roman. Je voulais un personnage féminin, fort. Pas physiquement, mais mentalement et émotionnellement.  Une fille qui en a dedans et qui ne mâche pas ses mots. J’ai voulu une jeune femme qui prenait position et qui cherchait sa vérité. Je l’ai trouvé!

Le roman fait autour de 400 pages jusqu’à maintenant. Je n’avais jamais eu à négocier avec autant de mots! Mais j’ai dû me lancer ce défi. Après mes nouvelles courtes, j’ai eu l’impression de n’être pas pris au sérieux. Pourtant, dans toutes mes recherches, j’ai compris qu’il fallait humblement que je commence à la première étape : essayez de faire quelque chose avec des mots. J’ai énormément appris. Tellement que ce roman ne semble pas être un obstacle à écrire. En quelques jours j’ai écrit le roman. Là je suis à son peaufinage, ce qui demande un œil averti. Un temps de réflexion. Je ne réussis pas à relire plusieurs chapitres une seule et même journée. Pourquoi? Parce que j’ai besoin d’améliorer pas à pas ces chapitres. J’ai besoin de voir la cohérence. Implanter les manques. Revisiter les émotions que je veux faire vivre. J’ai réalisé qu’un roman, ça prend du temps! J’étais pressée! Maintenant je ne le suis pu.

Ce matin, j’ai pris mon café et je me suis dit : tiens allons se délier les doigts sur le clavier avant de commencer cette séance de correction! Cela m’a permis d’écrire cet article qui au final, n’est pas si intéressant. Mais c’est important. J’ai commandé d’ailleurs le livre un artiste est un athlète comme les autres sur amazon. Il y avait un bon moment que je n’avais pas lu sur l’écriture! Ce livre sera sûrement dans ma section guide pour écrivain. Cette section aussi est à l’abandon…

Important de se délier les doigts, de prendre le temps d’écrire, de s’exercice, faire des activités d’écriture autre que notre roman. Comme le marathonien qui a besoin d’aller au Gym, de courir selon des intensités différentes et qui a besoin de voir à sa santé et se réchauffer… L’écriture vient nous chercher sous différent sens et niveau. Position, concentration, émotion, physique, spiritualité, etc. Tous ces volets sont importants à réchauffer et entrainer.

Si je n’avais pas cherché à écrire une mini histoire sur mon blogue, je n’aurais pas découvert cette femme forte que je décris plus haut. En ne faisant pas mes exercices, je me prive de futur monde, personnage, histoire. Et même si je n’aurais pu rien en tirer et que cela aurait fini en cliquant mettre à jour sur wordpress, j’aurais eu au moins le plaisir de construire ce petit article.

Je regarde le vent faire danser la cime des arbres et je réalise que j’ai toute l’inspiration nécessaire juste sous mes yeux. Je suis à ma place, là ou je dois. Ni plus. Ni moins. En fait, pour aujourd’hui seulement.