Le sans-abri

J’avais rendez-vous au Café chez l’éditeur de Québec Amérique avec une amie et graphiste officielle de mes deux livres. Je débarquais du métro Jean-Talon et j’entamais la grande progression vers la sortie.

On croise très souvent des sans-abris ou des artistes avec plein d’espoir dans les yeux d’avoir un petit un ou un petit deux. En ce qui me concerne, il y avait un monsieur, assis au sol, un gueux de la ville, un peu sale. Oui malheureusement, un peu repoussant. Son gobelet Tim Horton prêt à recevoir des dons. Je le regardais, car lui ne regardait pas les passants. C’est moins gênant alors d’observer la misère et la pauvreté. On se sent moins coupable lorsqu’on ne croise pas leur regard. Donc il ne regardait personne. Il avait la tête penchée au-dessus d’un livre. Un gros livre. C’était Don Quichotte.

Je passais devant et j’étais stupéfaite de voir un sans-abri cultivé! Hey! il lisait c’est cool pareil, non? Au final, je pensais qu’il faisait peut-être semblant pour avoir un peu d’argent libre d’impôt.

Sur moi j’avais mes deux nouvelles. Une désirant la mettre dans le café librairie pour y faire un peu ma place et l’autre étaient destiné à mon amie. Mais c’est alors que je m’arrêtais de marcher. Une chaleur immense m’envahissait. J’étais un peu déboussolée et l’idée avait germé dans ma tête sans prétention…

Alors je fis volte-face et revenais sur mes pas. Je m’arrêtais devant le sans-abri et m’excusais de le déranger.

-Vous lisez en français?

-Oui, qu’il me répondit.

Je sortis Acheri – la légende de l’enfant-squelette  de mon sac et lui tendit.

-Je suis auteure. Je me demandais si vous aimeriez avoir un exemplaire.

Le sans-abri était content. L’homme était un grand lettré. Il me parlait de Don Quichotte et de la bible qu’il avait analysée de fond en comble. Il me parlait de Dieu, de Jésus, mais pas comme on peut se le représenter par un fanatique ou un illuminé. Il voyait en la bible un livre, avec son intrigue, ses secrets et ses personnages. C’était bon et rafraichissant. Je prenais contact avec un être humain. Un être humain qui avait fait des choix de société soit d’être pauvre et retiré. Mais ce n’était pas un être appauvri. Vous voyez la différence? Il était bon et gentil. Je dû l’arrêté de parler au bout de plusieurs minutes incroyables parce que mon amie m’attendait là-bas au café.

D’ailleurs le café ne prenait pas des livres autoédités…c’est comme si j’avais pressenti ce qu’il allait arriver. Que j’allais être rejeté plus tard! Mais que grâce à je ne sais quel instinct j’avais finalement réussi à trouver mon chemin. Trouver un lecteur. Cette histoire est vraie et incroyablement belle. Simple et unique. Un échange purement intellectuel entre deux esprits libres et uniques.

Ainsi, je venais de rencontrer le sans-abri qui lisait Don Quichotte…

 

J’ai 27 ans

Vendredi 13 octobre, jour de malchance pour certains bonheur incroyable pour moi. Non le vendredi 13 octobre n’est pas un jour à être superstitieuse. J’ai 27 ans. Je suis un peu plus sage maintenant. Vieille? Pas du tout! Je suis un cœur jeune, je suis un esprit jeune dans un corps un peu plus vieux, voilà tout!

Je repense à tout ce que j’ai fait durant toutes ces années. Ai-je été une bonne personne? Me suis-je écouté? Ai-je accompli quelque chose qui a eu un impact significatif dans ma vie?

Pour la première question est sans aucun doute je fais de mon mieux à tous les jours. Pour la deuxième, je continue de le travailler. En ce qui concerne la troisième question c’est là que tout ce corse.

Anecdote!

 Mon frère ce matin me disait  « hey! Tu vas chercher ton deuxième livre aujourd’hui.  »

Je me remets encore de mon émotion du moment. J’ai publié deux livres. Noircie un peu par tout le côté péjoratif qu’on attribue à l’auto-édition ( et pourtant!). Mais…les faits sont là : J’ai publié deux livres et je vais chercher ma deuxième nouvelle tantôt à l’imprimerie. Ce n’est pas mal comme réalisation, non? Pendant que certains se demandent encore s’ils ont le droit d’écrire, moi, je suis rendue à deux. 27 ans et deux livres. Pas parfait. Part incroyablement glorifiée ( mis à part par moi ).

Ainsi devrait ressembler nos anniversaires de rêve. Prendre un moment et s’arrêter. Regarder nos accomplissements, regarder nos ambitions, regarder par nos moments durs et se dire que nous avons encore réussi à survivre. C’est le temps de se repositionner. C’est le temps d’inspirer profondément et se dire : je suis en vie et je peux réaliser tout ce que je veux.

Non! Arrêtez! Ne pensez pas à comment vous allez faire pour réaliser vos rêves. Ne regardez pas tous ce qui vous bloque dans l’immédiat. Regardez au fond de vous, laissez parler votre cœur et écoutez. Un anniversaire avec des gens que l’on aime. Au diable le gâteau et les cadeaux. Juste vivre. Ressentir la vie dans chacun de vos gestes. Dans chacune de vos respirations. Soyez fier d’être et de continuer à rêver, d’être ambitieux, de construire, de protéger et aimer votre famille.

Un anniversaire vous permet de faire un vœu. Si ce vœu est sincère. Si ce vœu n’est pas juste une question de désir. Si ce vœu vous porte vers la lumière. Ce vœu va s’envoler vers le firmament et vous remplira d’un amour incroyable.

Quant à moi, en ce vendredi 13 octobre, du haut de mes 27 ans, mon vœu est celui de continuer à rêver quitte à perdre la tête et paraître bête.

 

Histoires d’un bloc # 11

Coalition de Polices

Je dormais à point fermé. C’est la tête de Pô qui était installé dans la paume de ma main, en bougeant, qui m’a réveillé. J’ouvrais les yeux avec difficulté. Au plafond, des lumières bleue, rouge et jaune sautillaient. Puis, avant même que je ne saisis de quoi il s’agissait j’entendais dans un anglais impeccablement rauque crier quelqu’un.

Une fois les draps relevés, je me dirigeais à ma fenêtre. Écornifleuse ou juste inquiète? Je ne saurais le dire. Toutefois juste vis-à-vis mon immeuble, quatre voitures de police étaient stationnés avec leur phare allumé. La personne qui criait était une femme d’un certain âge très intoxiqué. Cette femme faisait souvent le party la fin de semaine. Elle promène ses deux huskys en parlant toute seule. Elle s’engueule souvent aussi avec son copain.

Mais cette nuit-là, je crois qu’elle avait poussé le bouchon un peu trop loin. C’était une vraie fiesta dans ma rue. Quatre automobiles de police, à deux polices par véhicule ça fait une méchante gang ! D’ailleurs, le groupe en autorité était nonchalant entrain de rire sur le bord du trottoir. Ils alternaient tour à tour pour aller voir la dame ( qui ne se calmait pas du tout). Il y a même un membre du corps policier qui a accidentellement tiré sa sonnerie. Et va savoir comment un tel accident est possible.

Puis, une bonne heure et demie plus tard je pouvais enfin me rendormir.

Le calme

Cette semaine j’ai travaillé 56 heures. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas eu grand-chose à l’horizon. Je me suis ennuyée de Pô et sûrement lui de moi ( en tout cas, il me donnait des caresses pour manger – on prend ce qui passe).

Ma réflexion est celle-ci, comment pouvons-nous profiter de notre caverne quand nous ne sommes jamais à la maison? Quand on sort tout le temps? Même quand on reçoit toujours un ami…on n’est jamais en symbiose avec notre environnement. On ne profite pas du calme momentanément pour être avec soi. Moi mon problème, c’est que je ne sors pas assez. C’est dur de m’extirper de mon trou! Comment arriver à un bon équilibre? Comment faîtes-vous ?

 

Internet

Deux mois. J’ai duré deux mois sans internet. Qui pourrait faire mieux n’est-ce pas? Je réalise que nous sommes tellement dépendants de ce service. Les programmes à la télévision ne me manquent pas. J’ai mes films et cela me suffit! Mais Internet! Juste pour mettre à jour mon blogue c’est d’une complexité. Et en plus que je ne veux pas sortir pour rien, pour que je prévois ma sortie internet (en général j’allais faire du lavage chez ma famille) !

Oh! Et tout le plaisir de choisir son nom de réseau. Moi ça sera la folle du logie. Ben quoi? Elle n’est pas très active faut bien que quelqu’un la remplace…et je crois avoir toutes les prédispositions pour cela. Je vis seule avec un chat…déjà c’est un bon départ non? Plus que trente autres et l’affaire est dans le sac!

Bref, j’ai Internet.

 

Histoires d’un Bloc # 10

 

Entre chaton et matou

Le mec était adossé à une automobile brune. Ça semblait être la sienne. Il fumait sa clope, nonchalant. Je revenais du Vétérinaire avec le chaton. Alors j’entends un miaulement étrange. Non ce n’était pas Pô. C’était le dude qui était relaxe sur la voiture.

Juste non. Tu ne miaules pas après une femme même si tu l’as trouve mignonne. Point barre.

La paresseuse de poches

Je dois avouer que ce qui me manque le plus en ce moment sont mes précieuses laveuses et sécheuses. Je les ai laissées seules chez mon grand frère. Je me demande si elles aussi s’ennuient de moi… En plus, cette semaine, j’avais laissé mon automobile chez lui. Donc j’avais deux choix : marcher jusqu’à ma voiture et revenir pour prendre mes sacs de linges sales ou marcher avec mes deux gros sacs de linges. Vu ma très grande paresse, je me suis dit que j’allais prendre l’option deux. Ainsi je n’aurai pas besoin de faire un aller inutile. Toutefois, j’avais sous-estimé la lourdeur de mon fardeau. Sans surprise que vous pouvez imaginer une fille en gougoune ( oui malgré le froid ! )trainant derrière elle deux grosses poches de linges (parce qu’évidemment je ne veux que faire un gros lavage ). Va s’y cocotte alors ! Et je te souhaite bien du plaisir !

P.S. Mon rendez-vous chez le chiropraticien est programmé.

Dormir dans le salon

Ce n’était pas cette semaine que j’avais cette habitude, mais bien la semaine d’automne très chaude que nous avons eue précédemment. J’avais installé mon matelas ( qui est super lourd) dans mon salon. L’air conditionné était à fond pour que je puisse passer une bonne nuit.

Et cette semaine, il faisait plus frais. Donc inutile d’utiliser la machine et je pouvais ramener mon matelas dans ma chambre. Mais…je ne l’ai pas fait ! J’avais la télévision juste à côté, mon chat pouvait dormir avec moi sans démolir ma chambre préalablement ( j’avais fermé la porte) et j’avais juste l’impression de faire du camping. J’ai ouvert la porte-fenêtre et l’air qui s’engouffrait était frais et bon. J’ai passé des nuits plus agréables encore que les quelques jours précédents.

Je soupais devant la télévision en pyjama et quand j’avais épuisé toutes mes batteries, j’éteignais et je me couchais. Hey ! J’économisais des pas et tout le fafouin de rangée le salon, préparer le chat pour le dodo, retirer les oreilles décoratives, sautée dans le lit, entendre miauler…J’étais déjà sur place !

Maintenant, tout a été correctement rangé. Mais c’est une expérience à recommencer ! Juste pour le plaisir !

Ma cicatrice

Décembre 2016 je me faisais opérée à l’index pour un enchondrome. J’ai passé par l’ergothérapie, les médicaments, la douleur. J’ai un Z sur le dessus de mon doigt. Un Z un peu à la Harry Potter ( mais non je ne suis pas l’élue). Il en est fallu de peu avant que je ne perdre la mobilité de ce doigt…après coup j’ai bien appris. Sur moi, ma volonté, mon humilité, ma force.

Nous avons tous une cicatrice. Visible ou non. Elle témoigne de notre passé, de ce que nous nous sommes fait, de ce que nous avons subi. Une cicatrice est là pour nous rappeler que nous avons survécu. Il ne faut pas avoir honte de cette trace sur notre corps. Il faut en éprouver une grande fierté. Nous sommes marqués à vie et nous avons en nous une force incroyable.

Pendant longtemps j’avais voulu me tatouer un petit cœur sur le pouce. Discret et noir. Sans artifice. Chaque fois que j’allais poser mon regard sur le cœur je me serais fait un automatique de me dire que je m’aimais. Cependant, le cœur a été remplacé par ma cicatrice. Elle n’est pourtant pas jolie, pas discrète et ce n’est pas une forme avec un fort symbolisme. À la limite, c’est repoussant. Quand je regarde mon entaille dans ma chair, je ressens un grand amour envers moi. J’ai fait ce que je devais. J’ai été balancé d’un professionnel de la santé à l’autre, je suis une rescapée, j’ai été mutilée par la médecine, j’ai été dans une salle d’opération et j’ai paniqué. Je me fous de ceux qui disent que ce n’était qu’une toute petite opération. Pendant deux heures, mon corps appartenait à un étranger avec un bout de papier selon laquelle on lui donne toute la crédibilité du monde ( le temps que la mode médicale change à nouveau).

Alors, soyons fiers de nos marques. Soyons fiers d’avoir des vergetures. Soyons fiers d’avoir des taches de naissance qui nous barre le visage. Soyons fiers d’un doigt manquant. Soyons fiers de nos cicatrices après opérations. Ceci nous rappelle de faire attention à soi et de nous aimer.

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Nouvelles avec inspiration autochtone

La question qui revient à tout coup : Karine as-tu des origines autochtones? Oui. Non. Je ne sais pas. Il y a un flou dans l’arbre généalogique de ma famille. Nous aurions, au dire d’une tante au Nouveau-Brunswick, que nous aurions été métissés. Malheureusement, après la grande déportation, beaucoup de documents officiels ont été brûlés, volés, perdus…ce qui complique les recherches. Pourtant, dans l’histoire de l’Acadie, on dit que la populace s’était ensauvagée. C’est-à-dire qu’abandonné par la France, le peuple acadien s’est retourné vers les locaux soit Micmaques et Malécites. Dans ses gestes, dans sa façon de vivre, dans sa pensée communauté, l’Acadie accueil des valeurs autochtones qui se sont dissociées avec le temps ( par la déportation, la honte, la loi sur les Indiens et autres foutaises gouvernementales british). Alors suis-je autochtone? Non. Ni métisse. Ni même à 0.000001% originaire de.

Toutefois, je dois avouer que mon intérêt pour les autochtones a toujours été. J’ai toujours trouvé attirant et dégradant leur histoire. J’ai toujours sous-estimé l’apprentissage queubécoise à leur sujet dans les cours d’histoire. Des choses ne fonctionnaient pas…trop d’éléments étaient incohérents. J’avais appris à haïr les Mohawks sans savoir qui ils étaient vraiment. Le sais-je plus aujourd’hui? Non. Pantoute. Mais je m’informe. Et je lis. Et j’ai plein de personnalité autochtone sur Facebook et que je suis à la loupe.

Donc, nécessairement, quelque part dans tout se démêlage culturel, en recherche de ma propre identité, de mon amour des arbres et des étoiles…mon écriture est teintée de mon apprentissage et de ces nouvelles connaissances.

Vous remarquerez cependant que dans mes écrits je ne parle  ni d’une nation en particulier ni de signe distinctif ni même d’une langue . Si vous jasez avec moi, je peux vous dire de quelle nation je me suis inspirée pour le point de départ de mon histoire (comme le bateau fantôme qui est plutôt flagrant le moindrement que nous connaissons la géographie et les sous-entendus de mon livre). Mais je ne prétends pas vous en apprendre sur les autochtones. Je ne fais que prendre des éléments et créer autour de ça. Fictivement.

Actuellement on parle énormément d’appropriations culturelles et mon opinion là-dessus déjà bien fondée pour le domaine artistique, il faut faire attention à ce qu’on prétend. Ainsi, mes livres ne recherchent ni les faits ni la vérité…juste opposer certaines réalités tout en mystifiant l’univers que je crée. Non. Rien n’est vrai. Ni dans Acheri. Ni dans le bateau fantôme. Seulement quelques éléments éclairs pourraient faire référence à, mais ce n’est vraiment pas mon but.

Pour briser un peu le cycle créatif, pour les prochaines nouvelles je vais être plus d’actualité, moins spiritualité autochtone. Mes projets sont dans ma tête et germe tranquillement. J’aurai tout l’hiver pour composer le premier jet de ma troisième nouvelle et pourquoi pas un roman en chemin …

 

Histoires d’un Bloc # 9

C’est exaltant et terrifiant tout à la fois être seule en appartement. Exaltant puisque je peux y faire ce que je veux : me promener nue, laisser traîner ma vaisselle, prendre toute l’eau chaude pour moi seule, manger ce que je veux, écouter les films que je veux et surtout posséder la télécommande !

Terrifiant parce que pour la première fois de ma vie je me confronte à moi-même. Je suis seule. Je n’entends que ma voix et je ne vis que pour mes propres besoins. Mais quels sont-ils au juste ? Une fois que plus personne vous observe ou vous confronte que reste-t-il de vous ? Vraiment ?

En premier lieu, il y a un tout autre rythme qui s’installe. Plus lent ou plus vite selon votre personnalité. Moi j’ai remarqué que c’était plus lent. Je prenais mon déjeuner, en silence à ma table. J’observais dehors. Je me concentrais sur ce que je ressentais. Ma faim. Mon rassasiement.

En deuxième lieu, l’espace. On doit occuper l’espace. Évidemment ça passe par une prise matérielle des lieux. Mais encore ? Marcher, se déplacer, s’appuyer, dormir sur le divan plutôt que le lit, manger à terre plutôt que sur la table. J’occupais soudainement tout l’espace de mon quatre et demi. Il y avait de moi partout et parfois, je ne savais pas ou me mettre.

En troisième lieu, l’ambiance crée. Soudainement, je ne devais plus faire attention à telle ou telle chose. J’étais libre par exemple de mettre de l’encens, une sorte de musique, libre de vivre de mon silence et de mes pensées profondes. J’étais en choix de mettre une lumière tamisée, d’ouvrir les rideaux pour laisser entrer la lumière. J’étais en contrôle de mon atmosphère.

En quatrième et dernier lieu, je me goutais. Je pouvais apprécier mon contact. Je pouvais déguster ma compagnie. C’était au début étrange, mais au final ça goûtait bon. J’étais attentive à mes besoins, mes envies et surtout à mes ressentis. Je vivais avec moi comme on vit avec un amoureux ou un colloque. Doucement, tendrement et avec amour. Je me faisais de la place. Je m’écoutais. Je me mettais en priorité. J’avais ce nid sécuritaire que pour moi. J’avais mon territoire. Je me l’offrais.

Histoires d’un bloc – Semaine 8

J’avais le bras rempli de morsures de chaton. J’étais incapable de le calmer. Alors, je dus me résoudre à l’enfermer dans sa cage. Je l’entendais miauler à côté de moi et je me sentais misérable. Cinq mois et six mois sont les pires moments m’a-t-on dit. Mais ce n’était pas pour cela que je me sentais misérable. Étais-je capable de prendre soin d’un autre être vivant ? Je regardais en face la dure réalité : Le chat était un vrai monstre et j’étais si impatiente que je l’enfermais dans une cage ! Allais-je faire ainsi avec mes futurs enfants ? Allais-je les enfermer et ignorer leurs larmes ? Étais-je capable de ça ?

            Relativise Karine, voyons ! Un chat ce n’est pas un enfant. Un enfant tu peux lui parler, le regarder avec des gros yeux et travailler à lui faire comprendre le message plus doucement ! ( ou pas ? ) Un chat était un animal. Un fauve. Une bête apprivoisée ( pas tant finalement).

            Je me condamnais et avec raison ! Et les voisins ? Allaient-ils tolérer les pleurs de mon bébé chat toute la nuit ? Entendaient-ils ces miaulements ?

            Les professionnels en comportement félin m’avaient conseillé d’ignorer la bête. De le repousser gentiment et ne plus lui donner d’attention tant et aussi longtemps qu’il était perturbant. Cette petite boule de poils est si mignonne que c’est impensable de l’abandonner et l’ignorer ! Mais avais-je d’autres choix ? Voilà presque deux mois que Pô est avec moi. Il y a de superbes beaux moments, mais qui sont ruinés à cause de son comportement de m**** !

            Tant ne fait pas, il va pogner son Down ! me dit ma famille.

À un moment, le chaton devient un matou. Il se calme et devient un meuble de maison. En même temps je suis fière moi d’avoir un chat énergique, qui ramène la balle, qui me suit partout ou je vais dans mon appartement !

            J’ai lu qu’un chaton de son âge ne devrait pas être laissé plus de six heures seul. Et moi qui part pour huit heures, ne suis-je pas culotter d’avoir adopté tout de même cette bête ? Ne devrais-je pas le confier à quelqu’un qui serait plus présent ? (et plus patient).

Je ne sais pas. Le savons-nous vraiment ? Je veux dire, on passe notre temps à étudier et faire de belle théorie…mais est-ce qu’on est vraiment assuré de tout ça ? Les pros de la SPCA m’ont dit que les chats n’aimaient pas être pris dans les bras et pourtant Pô se calme aussitôt qu’il est dans nos bras.

Et je reviens à ma terrifiante réalité d’avoir un jour des enfants et de me confronter à tous les faits et les études reliées à l’éducation…arriverais-je à mis retrouver ? Ferais-je les bons choix ? Serais-je patiente ?

En conclusion, j’aime ce petit chaton. Et la réponse ne se trouve pas toujours dans les bons et beaux moments. Il faut parfois faire preuve de sévérité. Empêcher qu’il se blesse. Empêcher d’avoir de mauvais comportements. Promouvoir une bonne relation même si cela doit passer par le calmer dans une vilaine et méchante cage…

Merci de votre collaboration

 

Vendredi 8 septembre 2017, un collègue de travail monte les escaliers, laisse son sac à dos au deuxième étage et continu au sixième. Tous ignorent à quoi il pense. Du bien ? Du mal? On ne saura jamais. Il vise juste et se lance dans le vide. Mort sur le coup. C’est fini. Trois jours pour les fleurs et on ramène le tout dans une pièce au sixième. On veut éviter que les gens s’enfargent dans l’hôtel fleurie de notre collègue alors on les a déplacé, mais je crois qu’on a voulu cacher notre gêne. On a voulu cacher cette cicatrice si profonde que chacun porte dans son cœur. On a voulu éviter dans parler. Le silence. C’est tout ce qui nous reste ici. Un silence terrifiant et glacial.

Je ne sais pas ce que je dois penser de tout ça. J’imagine que la direction accusera son état fragile, sa vie personnelle ou une autre foutaise pour éviter de se responsabiliser. Éviter de voir que ça ne va pas d’accord?

Parlez-en! Mais à qui? Quand mon ami à porter plainte pour harcèlement, son équipe entière s’est retourner contre lui. Alors quand le beau et gentil nouveau boss vous promet que les choses vont changer. Nous savons pertinemment que rien ne changera. Jamais. Les gens en hauts dirigent. C’est tout ce qu’ils savent faire. Mais ils ne savent rien.

Mais ce n’est pas tout. J’ai le cœur gros. J’ai le cœur en bouilli. Il n’y a pas juste des collègues qui se balancent du haut des escaliers…ce qui est le plus grave en soit. Et la surcharge de travail? Les températures excessives? Le manque d’employé? Le manque d’outils? Le manque de considération? Les nouveaux logiciels qui font plafonner les budgets à cause des erreurs? On est lancé à droite à gauche pour prendre au vol le maximum d’heure. Mais ici c’est du temps partiel. Il y a peu de poste. On nous promet de poursuivre une carrière, mais il est donné aux nouveaux recrutés tous ses beaux postes. Mon frère est ingénieur et il ne peut être ingénieur. On recrute à l’externe. Je suis diplômée de deux certificats à l’université, mais je ne satisfais jamais aux exigences?

On coupe la qualité de la nourriture et on paye plus cher. Les portions diminuées. Les employés sont affamés. J’ai mal à mon réseau. Au privé, tu sors le cash et on te repatante ça et ça. Mais le privé c’est les mêmes médecins que le publique. Vous saviez que quand ils recevaient un dossier, il te proposait d’aller dans sa clinique si la rétribution était meilleure pour lui? Un médecin qui vous dit qu’il veut aider son prochain est en fait une personne cupide qui veut faire fructifier son portefeuille. Point barre.

Que j’ai les idées confuses, vous ne trouvez pas? J’ai fait les frais des médecins. De l’incompétence humaine en matière d’humanité et vous savez, moi aussi j’ai le goût d’aller au sixième étage.

Nous avons désormais une coordonnatrice pour trois centres. La charge de responsabilité retombe hélas sur le dos des employés. Je suis réceptionniste et je vous avoue, en toute transparence, que je dois gérer des codes d’urgence ( feu, violence, fugue, etc) et on m’a juste dit comment et quoi dire à l’intercom. Je n’ai aucune formation de crise. Aucune. Nada. Si y’a le feu. Ils vont tous brûler mes Papoutes. Et le coordo j’espère au fond qu’il est dans ma bâtisse si tout crame…

Est-ce normal? Suis-je trop exigeante? Je suis une frustrée de la vie?

Avoir de l’aide, est-ce trop demandé? Être écouter? Non? Nous sommes dans la santé et nous sommes incapables de nous sauver. Ça fait froid dans le dos. Qui est le prochain? Sérieux! Je regarde à droite et à gauche, qui est le prochain de mes collègues à vivre son trop plein?

On va en reparler. C’est clair que je vais vous en reparler. Quand, de quoi je ne sais pas trop au juste. Mais je vais y revenir. Je vais bloguer à nouveau. Certain. J’ai mal au cœur et je veux vomir.

Comme la direction nous plaît à nous rabâcher à chacune de ses communications, à chacune de ses lois…Je vous remercie de votre collaboration. Plus fort avec vous ( mon cul!)

Histoires d’un bloc # 7

L’aspirateur tardif

Je suis très heureuse qu’aucun voisin ne se chamaille ni ne parle fort au téléphone ni regarde la télévision bruyamment la nuit ni que j’entends les complaintes d’hygiène et de vidange journalière humaine…Et je souhaite de tout coeur que je ne les dérange pas à mon tour. Toutefois je dois me confesser. Mardi soir, dans les alentours de 21heure Pô a fait la passe à l’herbe à chat ( non sérieux, elle était étalée dans tout le salon). Je suis un peu paranoïaque du ménage (pas qu’un peu) alors je regarde l’heure et je me suis dit ce n’est pas trop tard 21h00. Alors je branche l’aspirateur, démarre l’engin et me mets en quête de toute la terre étendue sur mon plancher.

Bang! Bang!

J’arrête l’aspirateur. J’ai bouffé le chat par le tuyau ou quoi?

Je redémarre

Bang! Bang!

Ah! Non! C’est juste le voisin qui poliment me dit d’arrêter de passer l’aspirateur. Sorry! Mais j’y vais d’un prolongement ( oh! Combien très volontaire de ma part) de ma séance de ménage.

Tu me cherches dude, tu vas me trouver.

P.s. Est-ce vraiment trop tard 21heure? Vraiment?

P.s.2. L’idée merveilleuse d’avoir une maison et de pouvoir astiquer ma vaisselle jusqu’à 1heure du mat’ si cela me dit serait bien. Et d’y passer l’aspirateur tous les soirs à 21heures…hmmm. Quel doux songe les amis.

P.s3 toi pis ton sale chien qui jappe chaque fois qu’il voit son ombre, trois minutes d’aspirateur pour éviter la vermine…

P.s4 ouin ce n’est pas si tranquille que ça finalement ici.

Le russe et la toutoune en pyjama

Les yeux bleus, le regard dur, le menton carré, la posture droite, blond et un petit look rebelle…voilà ce qui m’attire chez les Russes. Oh! Et leur accent! J’ai été quatre ans tout juste avec un Russe. Et je bave encore devant tout homme de cette nationalité ou apparenté à.

Par le plus grand des hasards, il se trouve justement que dans mon immeuble il y a plusieurs Russes. Dont un…sur mon étage. C’est mon frère qui m’a informé quand il est allé chercher mon évadé dans le couloir. Pô s’était arrêté devant lui et le russe était déjà tombé sous le charme de la petite bête à ce qu’il paraîtrait . Malheureusement, je n’avais encore jamais croisé depuis le 1er août ce soi-disant russe. Croyez-moi je ne faisais pas tout non plus pour le coincer dans un coin. (Quoique…)

Mais voilà, il y a eu cette soirée. Il était dix heures. J’étais en pyjama. Je venais de faire la vaisselle ( donc éclabousser d’eau partout). J’avais un chignon de cheveux sur la tête, démaquiller et je venais de faire la litière de Pô. En gougoune, je me trémoussais avec mon sac de caca jusqu’à la chute à vidange quand en tournant le coin je tombe face à face avec ce mec ( mais quel mec!). Il était entrain de barrer sa porte. Il sourit. Je souris et m’enfouis dans le trou de vidanges articulant ( si on peut appeler ça articuler) un timide bonsoir. Je décide de rester caché jusqu’à tant que je l’entende tourner la clé dans sa porte (il faut avoir été une fois là-dedans pour vous promettre de ne plus jamais y aller sans masque à gaz ). Il part par les escaliers…Bon! Je sors et je vais me réfugier dans ma caverne, affreuse et honteuse! promettant d’entraîner mon chat à aller porter sa merde seul!

On souhaite toujours être à notre meilleure quand on rencontre un mec qui nous plait. On ne veut surtout pas qu’il nous connaisse en habit de soir juste après notre vaisselle, pyjama décousu de célibataire et le paquet surprise malodorant de Monsieur minou à la main…Mais bon! On est sublime pareil les filles! (épeurante certes, mais sublime).

Pô, Pô et encore Pô

J’étais installée dans mon salon, la petite table juste parfaitement à la hauteur de mes bras, je corrigeais un texte d’un auteur et Vlam! L’écran de mon ordinateur se referme. Deux pattes blanches sur le couvercle et une petite tête aux yeux globuleux me regarde. Non! Chicanais-je le chaton en le remettant calmement sur le tapis.

Je rabats le couvercle, mais à peine eut-je le temps de me concentrer de nouveau que le chat saute et atterrit sur le clavier créant des printscreens non désirés et autres anomalies dans le texte. Je prends le chat et la balance le plus soin possible. Mais il revient.En force, énervé et il veut joué! Il s’attaque à mes pieds! Je le repousse! Saute à nouveau sur les touches du clavier. Je le renvoie au tapis. Et là il prend son élan pour aller gruger mon fils et mon chargeur.

J’en ai marre. Je prends mon ordinateur. Va dans mon studio et ferme la porte sachant les conséquences à venir.

Le chaton pleure de désespoir. Gratte la porte. Je veux entrer, hurle-t-il, je ne veux pas être seul!

Je mets de la musique.

Le chat miaule de plus belle.

J’augmente le volume.

Le chaton s’époumone.

Je suis une cruelle propriétaire de chaton. Je l’abandonne en ayant promis de le protéger, le nourrir et l’aimer.

Mais la vétérinaire a dit de ne pas répondre à ses appels pour qu’il apprenne.

Consciente des répercussions dans l’avenir, je ferme mon ordinateur et va ouvrir la porte.

Un ronronnement de reconnaissance m’assaillit. Deux trois minouches sur les jambes avant de bondir dans mes rideaux…et le manège recommence!

Pô ! Non!

P.s. Maintenant je m’enfuis le soir chez mon frère pour travailler. Ouais…je me sauve du chaton. Ah! Ah ! Ah! J’aimerais bien vous y voir aussi.