Les coulisses de Douce romance à Pompéi

L’ASSOCIATION

 

Comment vous êtes-vous connu?

J: J’ai connu Karine sur la page Facebook “Écrivain et passion écriture, aide à l’écrit”

K: Voilà! Page facebook. Elle m’a écrit intéressé à un groupe que j’avais à ce moment-là. Au fur et à mesure des conversations, on est devenue collaboratrice.

Qu’as-tu pensé de Judith au premier abord?

K: Elle me posait un tas de questions! Mais je crois que ça permit de briser la glace et j’étais sincèrement heureuse de parler écriture avec quelqu’un et d’être challengée!

Qu’as-tu pensé de Karine au premier abord?

J: J’ai apprécié dès le départ discuter écriture avec Karine. Elle avait un groupe d’entraide à l’écrit sur Facebook. Je trouvais son enthousiasme et sa façon d’explorer la création littéraire super intéressante. Ces exercices m’ont d’ailleurs aidé à créer l’idée de mon 3e roman Divin Enfer.

D’où vient l’idée d’une collaboration pour un livre?

J: Karine avait déniché un article de journal qui parlait de deux corps lovés, sous les cendres à Pompéi. Les spécialistes avaient découvert l’ADN des corps. Deux jeunes hommes.

K:  Quand il y a eu la nouvelle que deux des corps de Pompéi étaient possiblement amants je me suis dit: tiens! Judith aimerait peut-être l’idée! Et plus on en discutait, plus on est venu à se dire que l’idée d’un livre à 4 mains n’était pas si folle! Les parties de chacune ont été plutôt claires. Judith voulait le FXF et moi le MXM. Cela était bien arrangé. C’est mon premier plongeon dans la littérature LGBT.

 

LA CRÉATION

 

Comment développe-t-on nos idées à deux? 

K: On discute. On se pose des questions. On se compare! Ce qui était merveilleux était que nous avions deux façons de fonctionner et Judith est une collaboratrice très respectueuse et patiente, mais toujours aux aguets pour les deadline!

J: J’ai découvert rapidement que nous avions deux façons de travailler différentes. Moi, j’aime écrire un chapitre à la fois, le plus complet possible alors que Karine préférait écrire ses idées pour tous les chapitres et revenir par la suite. J’ai dû travailler ma patience et j’espère ne pas avoir trop « tapé sur les nerfs » de Karine avec mon excitation de voir sa partie.

FxF et MxM, on entend quoi par là? Est-ce que c’est différent d’un autre genre littéraire? Si oui ou non, en quoi?

J: Un roman FxF signifie Femme x Femme. Un roman MxM signifie Male X Male. Ce n’est pas nécessairement une littérature distincte des autres. Les histoires restent semblables (drame, science-fiction, horreur, romance, etc.), mais impliquent des relations de même sexe.

K: C’est en collaborant avec Judith et la maison d’édition, en apprenant sur le sujet que j’ai commencé à connaître ce genre littéraire. Les personnages sont homosexuels, mais pour le reste c’est un roman comme un autre.

Parle-moi de l’Amour … Une romance, ça se développe comment?

J: Je suis une rêveuse et une romantique dans l’âme. Honnêtement, je base la création de mes romances par les histoires que j’ai lues ou les séries que j’ai écoutées. Il y a un tas de bonnes idées partout autour. Pour cette histoire-ci, j’ai tenté de créer une romance imprévue. Dans le sens que j’ai voulu montré que parfois, la douleur d’une peine d’amour nous aveugle de ce qui nous pend au bout du nez. J’ai voulu démontrer ici que si on prend la peine d’ouvrir les yeux, des choses merveilleuses peuvent nous surprendre et nous rendre la vie merveilleuse.

K: Même si dans mes histoires, je parle de l’amour, je le frôle délicatement pour Pompéi ça été un gros défie. Je me suis posé cette question: comment tombe-t-on en amour? Est-ce qu’il y a  des signes, des sensations et des paroles? J’ai commencé par comprendre mes personnages, les définir, leur parler et m’imaginer ce qu’ils ont vécu pour qu’en regardant en l’autre, ils trouvent ce qui leur a toujours manqué. La patience, l’écoute, le fait de flâner tranquillement et apprendre à se connaître, apprendre sur son corps et sur l’autre… Je ne sais pas si le rendu sera aussi bon que dans ma tête, mais j’ai voulu capter les premiers instants. Je ne voulais pas d’une romance hardcore ou tout se passe dans le physique. J’ai dû aussi m’adapter à la réalité d’un homme ( deux hommes). J’ai posé des questions autour de moi à des hommes hétéro comme homosexuel pour comprendre.

Des prises de bec à déclarer?

J: Pas à ce que je sache. lol

K: Ouf… Elle est dure cette fille!

Comment l’écriture a-t-elle été pour chacune de vous? Comment vous êtes-vous prises pour bien cerner votre partie?

J: Je dois admettre que j’avais une partie somme toute facile. Mon personnage est une auteure, comme moi. Cependant, j’ai eu à faire quelques recherches sur l’alcoolisme, qui façonne beaucoup ma partie, afin de rendre les choses le plus crédibles possible.

K: En soit, l’écriture n’est pas compliquée. J’avais mon plan et j’avais fait mes recherches sur Pompéi et comment c’était un peu à cette époque. J’ai donné quelques détails historiques, mais ce n’était pas mon but. Je me suis débattu surtout avec la tension amoureuse et sexuelle de mes antagonistes. Trop ou pas assez?

Des complications en cours d’écriture?

K: La correction. Juste le mot synonyme me donne froid dans le dos.

J: Synonyme, ouais! J’y vais avec Karine. Je n’en peux plus des répétitions! Bien qu’au départ la correction m’a paru rude et difficile, elle a quand même amené du positif dans notre écriture. Elle nous a remis en question, nous a fait réfléchir et je crois que le produit final est de meilleure qualité.

Votre histoire a-t-il demandé beaucoup de recherche de part et d’autre?

J: J’ai fait quelques recherches évidemment sur la Maison Jean Lapointe et sur les thérapies que les gens pouvaient faire à cet endroit. J’ai eu aussi des informations de connaissances qui ont vécu des situations avec des personnes alcooliques.

K: Juste visualiser Pompéi à cette époque à été une recherche importante. Les rues, le port, le théâtre, les maisons, les esclaves, l’agriculture… J’espère ne mettent pas trop accroché dans ces détails.

Quelles sont été vos impressions de la page couverture?

J: Je suis évidemment très impressionnée de la couverture. J’adore les deux parties distinctes démontrant les deux histoires. De plus, j’adore l’écriture choisie par la graphiste qui fait très romain.

K: Je suis habituée de dicter ce que je veux pour la couverture, de rencontrer ma graphiste et d’élaborer notre stratégie. Cela m’a manqué un peu de perdre ça. Mais, la graphiste était très ouverte et nous demandait nos avis. Judith et moi avons suggéré quelques images et quelques idées et oui, j’ai été agréable surprise! Je suis très fière que cela représente visuellement notre histoire.

Comment votre collaboration avec la maison d’édition Homoromance s’est-elle déroulée?

J: J’écris des romances LGBT et je suis déjà publiée à cette maison d’édition. Dans notre processus de projet d’écriture, j’ai donc offert spontanément de passer par cette dernière.

K: Très bien. Cette maison d’édition travaille très fort pour augmenter la visibilité LGBT dans le domaine du livre. À l’affût des technologies et aime faire connaitre ses auteurs.

 

LE TRAVAIL DE FOND (relecture, correction, mise en page, etc)

 

On dit que la correction c’est le meilleur moment pour un auteur…

J: C’est une étape inévitable. C’est l’un des déplaisirs de l’écriture, mais on a pas le choix de passer par là. Quand tu as le nez toujours sur ton texte, parfois il est bon de laisser reposer un peu avant de commencer à corriger.

K: C’est sûr que l’auteure se doit de faire sa propre correction et même avec quatre paires de yeux il reste des choses à changer. Mais j’avoue que celui-là a donné le tournis.

Des aveux! Qui est la meilleure en français?

J: Je crois qu’on a toutes nos forces et nos faiblesses. Bien que je crois être pas pire, je me rends compte au fur et à mesure de mes projets que j’ai encore des croûtes à manger. 🙂

K: Judith est bonne! Elle a été très patiente avec moi! J’ai appris. C’est l’important, non?

Comment on prend ça les retours de la ME sur notre manuscrit?

J: Le premier retour, s’il en est un, a été de voir notre projet accepté. Ensuite, je dirais que cela nous a pris beaucoup de recul et de respirations lorsque nous avons reçu notre première correction. Au final, après avoir mis notre égo de côté, je crois que nous avons quand même bien réagi. Nous avons redressé nos manches et nous avons travaillé plus fort.. Au final, je crois que cet électrochoc nous a été vraiment utile! 🙂

K: le seul retour est au sujet de la correction qui a été houleuse.

 

LA PUBLICATION

Comment on se sent quand un de nos livres est publié/ qu’on le tient entre ses mains?

J: Au départ, avec mon premier roman, je ne croyais pas être publiée. Chaque roman est spécial et chaque nouvelle publication me rend super heureuse et fière. Je n’y crois pas toujours.

K: C’est une sensation qui oscille entre le malaise et la fierté. Le malaise est surtout lié à un étourdissement quand on réalise qu’on a passé par tant d’étape spour arriver à créer le manuscrit, tant d’heures, de fatigue, de joie et parfois de tristesse. Mais la fierté vient rapidement après, car notre coeur y a été mis, nos espoirs et encore bien autre chose de nous-mêmes.

Comment l’interaction avec vos futurs lecteurs (es) s’est passée?

J: Présentement, la majorité des interactions se passent sur les médias sociaux. Beaucoup des lecteurs de romances LGBT sont européens. Homoromance Éditions travaille très fort pour tenter de percer le milieu québécois. Je crois qu’il y a quand même un potentiel et un besoin. Des gens sont partis de l’Abitibi pour venir au premier Salon du livre LGBTQ de Montréal.. ce n’est pas rien.

K: Hein? Il y a des lecteurs???!!!

Anecdotes croustillantes?

K: Je crois que je ne me trompe pas quand je dis synonyme. Nous avons planché beaucoup là-dessus pour en faire un texte plus riche.

J: Croustillante? Il m’est arrivé d’écrire nue devant mon écran…  (Non, je blague, je suis plate lol…)

 

UNE FOIS QUE LA POUSSIÈRE RETOMBE

 

Comment on se sent après le hight de la publication?

J: Depuis le premier roman, j’étais constamment en écriture. J’étais excitée d’être publiée et motivée à écrire. En un an, j’ai écrit cinq histoires qui ont été ou seront publiées. Mais depuis deux mois, je dirais que je suis plutôt en mode silencieux. J’ai recommencé à travailler sur une suite à mon premier roman qui trainait depuis des mois au onzième chapitre… lol

K: Crevée. J’ai besoin de me poser et faire quelque chose de physique. Le prochain projet est sur le coin de la table et m’attend avec impatience par contre! Mais je crois que c’est important de laisser un temps de repos entre chaque histoire.

ET POUR LE FUTUR …

Quels sont vos projets à venir?

J: Comme mentionné plus haut, j’ai repris l’écriture de la suite de mon premier roman. J’ai enfin débloqué. Sinon, je dois bien avoir 5-6 idées de projets à faire lorsque j’aurais le temps de prendre le temps 🙂

K: La liste est longue. Je travaille sur un roman en ce moment. Il est écrit, plus que la relecture. J’ai aussi une nouvelle en route pour automne 2018. Auto-édition et peut-être en ME pour le Roman.

Possibilité d’une autre collaboration co-auteure? Sur quel sujet?

J: Pourquoi pas. Les sujets à deux visions sont multiples. À suivre…

K: on continue d’en discuter c’est sur, mais je crois qu’on a besoin de revenir à nos histoires qui nous sont propres. La porte n’est pas fermée. Judith est une bonne partner!

 

En connaître plus sur Judith Gagnon:

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Pourquoi continuer

Pour moi, la recherche de la perfection est utopique. Parce que je me suis toujours trouver brouillon, irréfléchis voire même pas très intelligente. Naïve de croire que je faisais quelque chose de bon. Stupide d’avoir commencer ce quelque chose. Je soupirais devant mon travail, la tâche était trop grande pour moi et j’étais découragée. J’avais peut-être douze ans à l’époque et pourtant même à vingt-huit, je tourne dans ma tête toujours les mêmes questionnements. J’ai appris à mettre des mots sur mes sentiments, mais je suis toujours incertaine et surtout vulnérable. Suis-je légitime? Est-ce que c’est bon? Est-ce que j’arriverais à faire ma place? Est-ce que la passion va finir par me rendre folle?  Puis, éclaircissant mon sombre raisonnement éternel, la question tombe sans prévenir ; Pourquoi est-ce que je continus à écrire?

C’est vrai! Je m’embête, je me fâche, je pleure, je cherche des résultats, j’agite les mains, je travaille fort, je fainéante, je soupire et je me décourage plus d’une fois… Puis après je réclame la perfection, la gloire, LE sujet en sachant pertinemment que ce contrôle, cette tendance horrible à poser les mauvaises questions qui me rend malheureuse.

Alors, pourquoi je continus donc à faire ça? Pourquoi cette passion est le noeud au coeur de mon existence? Pourquoi je ne peux pas juste tout laisser tomber et passer à autre chose.

Du tricot par exemple. Je pourrais devenir experte du tricot. Au final, l’objet fini par apparaître concrètement entre nos mains. L’histoire, le produit c’est seulement quand un éditeur nous prend en charge ou qu’on dépense notre budget à la création du livre. C’est loin. C’est long. C’est tant de sacrifices personnelles, sociaux et mentaux! Alors… Pourquoi? Pourquoi je continus de me battre contre c’te patente-là qui est tellement difficile!

Mon explication

Je vais vous dire ceci, j’ai appris à me connaitre, à reconnaître mes cycles d’écriture, mes signaux d’alarmes pour sabotage et  j’ai compris ce que j’aimais de l’écriture et j’ai validé ma légitimité. Je sais que ce n’est pas facile. Je sais, novice ou expert, qu’il y aura toujours nos hésitations. Mais que fait un professionnel ( peu importe son domaine d’expertise)? Il regarde les causes et tente d’améliorer. Si nous ne pouvons améliorer par nous-mêmes, nous allons chercher d’autres experts pour nous soutenir. L’art ou l’écriture n’est pas bien différent.

J’apprends à me connaitre

Nous portons en nous des thèmes, des souvenirs, des émotions, des injustices et des rêves. Nous avons tous et toutes la capacité de les exprimer. Il faut d’abord les reconnaître, les comprendre puis les traduire ou les transposer dans notre art.

Pour se connaitre, il n’y a pas cent solutions possibles, sortez, regardez-vous aller ici et là, voyez vos agissements, analysez vos conversations ( pourquoi lui ai-je dit ceci? À oui, je suis une contrôle freak). Votre vie, votre expérience de la vie, vos cicatrices et vos bons coups sont les moteurs ( les muses) à votre créativité.

Je reconnais mes cycles d’écriture

Matin ou soir? Oiseau de nuit ou petit pinson de jour?

Est-ce que je suis une technique? Est-ce que j’ai une méthodologie? Est-ce que ma structure de roman, m’aide à traverser la tempête lorsque je la rencontre?

Est-ce que je respecte mes heures de repos? Ou au contraire, ma fatigue, mon énervement me rend plus productif? Est-ce que je brûle la chandelle par les deux bouts?

Est-ce que je prends le temps d’observer un thème, de le comprendre, de lui poser des questions, d’aller chercher des experts?

Est-ce que je sais où je suis en ce moment? Est-ce que j’ai sauté une étape? Est-ce que j’ai des étapes?

Mes signaux d’alarme de sabotages

Je n’ai pas manger ni bu. Je m’effondre sur mon clavier et je mets à pleurer. Voilà trois heures que je tente de faire quelque chose de décent avec ce paragraphe. 

Ma méthode est-elle la bonne?

Est-ce que je me suis flagellé mentalement pendant le temps que j’essayais? Ex: je ne peux pas écrire ça! Je suis ben stupide! C’est ben nul! Je suis nul(le)!

Est-ce que j’ai fait taire mon critique mental en lui disant qu’il pourra réagir quand je le déciderais?

Est-ce que j’ai été à l’écoute de mon corps et de ses besoins?

Est-ce que je suis à l’écoute de mon histoire?

Suis-je consciente des pas que je fais?

Quand je sais où je suis et vers où je vais, je sais que j’ai plus de chance de trouver mon chemin.

Est-ce que je sais quand je dérive de ma route? Est-ce que j’en connais la cause?

Ce que j’aime de l’écriture

 

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Ma légitimité

Il est dur d’accepter que nous avons notre place. Peu importe ce que vous faîtes, peu importe ce que vous voulez faire, il faut travailler sur votre être. Sur votre actuel présence sur cette terre et votre droit à vivre, votre droit d’essayer, votre choix d’habiter votre corps.

Voici un exercice très simple.

Parler à voix haute et dîtes ces mots : « Je suis légitime »

Répétez à chaque fois que vous sentirez le besoin ou du moins, chaque fois que vous pensez que votre place n’y est pas.

En conclusion…

Avoir cette passion c’est pareil à marcher dans un boisée dense. On sait qu’il y aura un moment où la route sera belle et éclairée. Nous savons aussi qu’il y aura de l’ombre, des passages plus abruptes et possiblement des bébittes fatiguantes qui sont attirer par notre sueur.

Il y a les randonneurs de groupe et les solitaires.

Nous savons qu’il faut s’amener de l’eau, s’équiper avec un bon sac à dos et y insérer tous nos outils pour faire face aux situations de la montagne.

Nous savons aussi que nous avons un but. Allez devant. Là. Sur la pointe. Au-dessus de la montagne.

Nous savons aussi qu’on ne devient pas un sportif du jour au lendemain. Que cela demande du temps, des efforts et de l’énergie.

Nous comprenons l’enjeu.

Nous aimons joué.

Et nous avons décidé de persévérer et de faire de notre mieux.

La communication est difficile

Il y a ce genre de matin, même après deux cafés, on n’aurait jamais dû se réveiller… J’ai le coeur gros ce matin. Je suis découragée. De tout et de rien. Je suis triste. De tout et de rien. Une phrase méchante ici et là. La culpabilité. Je regrette mes paroles, mais elles ont quitté mes lèvres. C’est trop tard. J’ai fait du mal. Tout ce que je souhaite est de retourner au silence. Là, je ne fais de peine à personne. Disparaître et la terre se portera mieux. Regrettez-vous parfois vos paroles?

La communication est difficile.

Voilà la sagesse que j’ai apprise ce matin. À défendre mes points, j’ai fait du mal à des gens biens qui souffrent. Je réalise que malgré tous les livres, tout le vocabulaire ou l’éducation que je pourrais avoir, que nous pourrions avoir… communiquer entre nous est dur.

Qu’est-ce que la communication au fait? À part une série de mots, qu’est-ce que le sens profond de cette faculté que nous avons les humains? L’échange, le partage, l’écoute, la communion. Peut-être ai-je oublié ces principes…

Nous sommes tellement occuper dans nos petites vies rangées. Nous utilisons facebook et les autres réseaux sociaux pour prendre contact. Et nous oublions le sens profond de l’acte. Nous oublions cette extraordinaire faculté à connaitre l’autre, ses espoirs et ses peurs. Les blessures nous empêchent d’avancer et nous isole. Nous ne voulons plus risquer de souffrir. C’est normal avec les déficiences que notre société a….

Nous nous bâtissons un empire individuel pour être sûr d’écraser son voisin et de survivre. Nous achetons pour communiquer avec ces objets, mais au fond nous avons tort. Nous nous éloignons et ce n’est pas que la faute du matériel et de la technologie. Nous crachons notre venin derrière nos écrans et nous oublions les larmes. Nous oublions la puissance de la parole. Et lorsque nous ouvrons la bouche, nous oublions notre responsabilité.

Créer c’est apprendre à échouer et recommencer

J’ai entamé ce projet au mois de décembre 2017. J’avais eu un rêve étrange et plus j’y réfléchissais, plus me disais qu’il y avait peut-être matière à en faire un roman. J’ai commencé à écrire sans plan, puis l’inévitable cul-de-sac est arrivé. Je me dirigeais dans le noir, à tâtons sans trop savoir où était ma sortie. Si j’allais réussir quelque chose. Au final, 365 jours plus tard, 600 pages ont été écrites, déconstruites, arracher, brûlé, pleuré et ragé… J’ai tenu bon. J’ai réussi à faire quelque chose. Bon ou mauvais, je m’en fiche. J’ai créée. J’ai échoué. J’ai appris et j’ai continué de nouveau. C’est ça l’important.

Vous entendrez souvent par vos mentors qu’écrire c’est réécrire. C’est vrai. Pour savoir écrire, surtout, il faut commencer à le faire. Il faut débuté au point un qui est d’enligner les mots et les phrases. Tenter quelque chose. Tenter de le faire différemment. Tenter de le faire de mieux en mieux.  J’ajouterais aussi qu’écrire c’est vivre avec l’insécurité, la vulnérabilité et notre très grande tendance à l’échec. Du simple : « C’est ben nul ce passage là» à  «j’y arriverais jamais» ou «Mautadine! Faudra je scrap le chapitre au complet ça marche pas mon affaire» il y a une certitude évidente ; Vous allez échouer. L’écrivain qui accepte sa faillibilité tout de suite saura une fois arriver à ce moment horrible qu’il n’est pas si grave. Il faut juste essayer autrement ( phrase louangée et de loin par Anaël Verdier). Ce n’est donc pas, au final, un échec. C’est une tentative qui dans les circonstances ne sont pas les meilleurs. Alors, il faut approfondir un peu plus notre réflexion. Qu’est-ce que j’ai sauté? Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Ajouter un passage? Le retiré? Le recommencer? Tant de réponses multiples à un problème qui au fait relève de la chronologie, de la logique, de la description initiale des personnages ou voir de la cohérence.

Ce n’est pas grave! Parfois, oui, il est essentiel de s’arrêter, de reculer ou de recommencer. Mais au final, ce n’est pas la mort de votre projet. S’il vous tient à cœur et s’il vous parle autant, s’il arrive à vous dire, non ça ne marche pas, c’est que vous êtes au travail et vous écoutez la direction que prend le projet. Et ça c’est important. Écrire n’est pas juste écrire et puis bon, vite les séances de dédicaces. C’est une lutte acharnée contre soi-même, contre nos sabotages, contre les imprévus, contre le plan ou le non-plan. Écrire demande de la tête, du coeur et une sacrée pair de … Dents pour y mordre sans restriction. C’est une passion ou non?

J’écoutais Bob Russ l’autre jour et j’étais tout simplement fasciné par son calme et sa maîtrise. Je me suis tiens! Ça l’air tellement plus facile peindre qu’écrire. J’ai choisi la mauvaise passion! Mais non… Il dit dans un de ses vidéos… glisse le pinceau dans la joie, parce que c’est joyeux ce que nous faisons avec les couleurs. La peinture nous rend joyeux et nous devons faire ce qui nous remplis de joie. Sinon à quoi bon?

À quoi bon? Alors voici, s’accrocher à pleine dent. Installer notre putain de cul sur cette chaise, être prêt à ce que le projet dérape…. être prêt à lui permettre de nous questionner sur nos intentions. L’échec, oui, mais recommencer. Surtout apprendre à continuer malgré tout. Et vous allez vous rapprocher de votre montagne.

Le déménagement

1er août je déménageais. En fait… Nous déménagions! Quelques mois plus tard, je réalise à quel point ce moment m’angoissais. Pas qu’il était difficile de déménager ( je l’avais fait trois fois avant- J’avais acquis quelques trucs depuis) mais cette fois-ci c’était différent. J’étais avec ma petite bête à poils.

Est-ce qu’il allait se plaire? Pas d’un  plan émotionnel, mais est-ce que le fait de trouver un nouveau territoire allait le rendre plus instable? Est-ce que j’allais créer de nouveau problème? J’étais aussi terrifiée par une anecdote  ( entendu d’un ami d’un ami d’un ami- donc la source n’est pas si fiable que ça) qu’un chat avait fini par se tuer par l’éboulement de boîtes. C’est horrible!

 

Ma première étape a été de sécuriser une pièce où j’allais mettre toutes les boîtes et les objets à déménager. Évidemment, comme vous pouvez le voir sur les photos ( déjà qu’il est très curieux de nature ce chat) il n’a pas manqué l’occasion de me rappeler sa participation à ce déménagement. J’ai gardé jusqu’à la dernière minute tous les accessoires de mon chat. Le jour du déménagement, j’ai été amené mon chaton dans la maison de mes parents. Je lui ai laissé quelques jouets là… Dans le nouvel appartement, j’ai attendu que toutes mes boîtes soient ouvertes, mes objets installés et les coins à chat emménager. Une fois que l’environnement était régler, j’ai mis de l’eau fraîche, de la nourriture et j’ai ouvert la cage.

J’étais seule à ce moment là. Je voulais permettre à l’animal de fouiner à sa guise sans avoir des gens tout autour. Alors je suis retournée à mes occupations du moment, tranquillement. J’ai respecté son temps d’adaptation! J’ai même laissé des couvertures pleine de poils traînées un peu partout, pour que son odeur/ l’ancien appartement soit présent. Pô courrait partout! Il sentait tout! Il miaulait surtout! Les nuits ont été difficiles… Mais il a fini par faire son territoire. J’avais les mêmes meubles, mais le chat n’avait plus les mêmes intérêts pour eux. J’ai caché des friandises dans toutes les pièces, en haut, en bas… pour le pousser à explorer et je crois que cela a porter fruit! Il ne se gêne pas ( comme si un chat demandait la permission en général) pour aller ici et là. Je craignais vraiment que mon chat, effrayé, termine sous le lit en permanence… Mais au contraire! Un beau passage d’une maison à l’autre.

Un autre avantage avec mon nouvel appartement c’est de lui permettre aussi de voir plus loin, d’avoir un meilleur accès aux fenêtres, à regarder les écureuils et les oiseaux, mon chat a redoubler d’énergie! Les meubles se sont déplacer sans problème et je lui ai donner ses coins.

J’ai mis un point d’honneur que chaque pièce me permet de cohabiter avec mon félin. Le chat a accès a un lieu calme pour dormir. En plus, d’avoir un emplacement de choix car où qu’il se met, il pourra observer une pièce sur son ensemble.

 

 

J’aime le voir prendre sa place, parce que c’est chez lui aussi. C’est son territoire! Avant par exemple, il n’allait jamais sur ce tapis aux poils longs. Regardez-le maintenant! Tout à l’aise! Tout confort sous la table du salon!

 

 

 

 

 

Toutefois, certaine place demeure encore en négociation, mais on accepte au final certain compromis pour conserver la paix…

 

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Courage

Comme tous les matins, je prends l’autobus pendant une vingtaine de minute, c’est long et je suis en sardine avec les autres usagers. J’entre ensuite dans le métro sombre, je me fais brassée, toujours entassé, je change de ligne, je débouche à ma station et… Ce matin toutefois, je suis accueillis par une musique vraiment sublime. Plus j’avance dans le sous-sol, plus le rythme est audible. Puis, je suis confronté à un jeune musicien. Systématiquement, sans réfléchir, sans me poser de question, je prends ma bourse et va y déposer un peu de monnaie dans son chapeau. C’était la première fois que je me sentais vibrée. Le mec était là à 7h00 du matin, à gratter sa guitare, tout sourire et avec talent! Alors j’ai pensé en mon for intérieur, il faut avoir un sacré courage pour choisir l’artiste en nous.

Vous a-t-on déjà décourager à écrire? Vous a-t-on poser des regards d’incompréhensions? Pourquoi tu fais ceci ou cela? Lorsque tu ose présenter un projet, à peine clair pour toi-même, chaque commentaire est similaire à des coups de poignards, n’est-ce pas? Que dire de ceux qui n’y accorde même pas un regard… Ces personnes qui comptent dans notre entourage et disons-nous le, s’en foutre carrément! C’est souffrant n’est-ce pas? Je vous transmets alors cette perle de sagesse que j’ai lu dans le livre de Anaël Verdier ( Bah! Oui! Encore lui!).

« Les autres ne comprendront pas toujours ta route. Ça ne fait rien, ça n’est pas la leur. »

Jour après jour, je me bats contre mes mécanismes de défense et de sabotage pour continuer l’écriture. Continuer mon rêve. La seule différence maintenant, c’est que je ne quémande plus. Je n’attends plus rien de personne sauf de moi-même. La phrase ci-haut le dit bien… c’est ma route. C’est votre chemin artistique. Le nôtre, pas celui de notre famille, de nos amis, de nos collègues, de tous ces inconnus qui soulèvent le nez sur vos œuvres. Il faut du courage pour se dire, je le fais pour moi avant-tout quoiqu’on en dis!

Il faut aussi une très bonne dose d’esprit combatif de vivre avec les échecs répétées. Nous avons espoir d’être un auteur de renom, d’être accepter dans ce cercle privilégier, d’être KEKUN, d’être artiste, d’être reconnu oui, mais vu et écouter… Et quand on commence à faire de l’art, on apprend vite qu’il y a plus d’une sphère à contrôler ( émotionnel, spirituel, physique…). On a des visions toutes différentes, nous les confrontons et nous croyons à tort que notre différence est mal vu, mais au contraire, c’est notre vérité qui fait de nous l’artiste, l’écrivain que nous sommes. Et ça, pour le reconnaître et vivre avec notre authenticité, il faut du courage.

Notre route est parsemée de doute, d’embûche, de blocage, de désespoir… Mais nous relevons la tête, nous acceptons notre vulnérabilité. Nous acceptons que nous devons jouer entre le contrôle et le chaos de la créativité. Nous acceptons nos angles morts et nous apprenons avec humilité à nous dépasser. Et nous continuons. Ça encore, ça s’appel le courage…

L’art est comme une grotte sombre où on s’aventure seul et parfois… on a oublier les allumettes et la torche… Mais on y pénètre tout de même. Parce que nous sommes courageux, nous, artistes et artisans… C’est notre terrain de jeu. Vierge. Sans balise. Même si un chemin cent fois utilisé nous est proposer, on a l’audace et le courage de s’en frayer un nouveau.

L’artiste est un athlète comme les autres par Anaël Verdier

« C’est à partir de cette idée de l’auteur comme un témoin du monde, de l’amour, de la tristesse, de la nostalgie, de la peur de l’autre et de sa rencontre enthousiaste, qu’Anaël écrit et vit.

Ses livres explorent la rencontre, la sexualité, le désir d’aventure et de découverte qui animent la vie. Ses personnages se lancent dans le monde avec leur vulnérabilité et leurs résistances mais animés de ce radical élan de vie, de ce profond désir d’être.

Auteur, coach d’écriture (« je transforme des gens qui écrivent en auteurs »), fondateur de sa propre académie d’écriture, blogger, Anaël Verdier touche à tous les genres. De la science-fiction à la romance érotique en passant par l’aventure, la romance et la fiction philosophique, il est aussi l’auteur de quelques guides pratiques. »

Source

Résumé

«Vous vous souvenez, quand votre rêve était de faire quelque chose de votre créativité ? Le temps a passé. Vous avez rangé vos stylos, vos pinceaux, vous avez tout mis dans une boîte entreposée au rayon des rêves naïfs. La créativité exige de plonger dans l’inconnu et d’en revenir avec un livre, un dessin, une mélodie, une peinture, une chorégraphie… Quelque part dans votre vie, vous avez oublié comment on plongeait dans ce monde avec curiosité. Vous avez laissé la peur gagner. Il est temps de reprendre les rênes. Il est temps de vous offrir la vie dont vous rêvez, une vie au contact de votre expression la plus authentique. Anaël Verdier, auteur et coach d’artistes, vous guide à travers les treize mouvements de la création, de l’étincelle de départ à la diffusion de l’œuvre () »

Mes impressions

« Vous êtes unique, vous êtes vivant, montrez la singularité de votre expérience et vous nous surprendrez»

C’est par hasard que je tombe sur ces liens youtube, il y a quelque année. Je cherchais désespérément à m’expliquer mes ressentis pendant ma création. Je cherchais des réponses et de l’aide dans mon processus créatif. Je cherchais une personne, un auteur, qui saurait m’expliquer simplement ce qui se passait dans ma tête et dans mon cœur. Cette personne est Anaël ; Calme, honnête, généreux et talentueux. Verdier nous accompagne toujours pas à pas et c’est où mettre l’emphase (sabotage, obstacle, ressentis, perception erronée, etc). Si vous aviez à suivre un auteur actuel, moderne et sympathique c’est à lui que je vous réfère sans hésitation.

Il est blogueur, écrivain, scénariste, mais aussi coach d’écriture et animateur d’atelier. Je  dois même en oublier! Du talent pour comprendre le métier d’écrivain il en a! Ce qu’il ne sait pas (encore), Anaël Verdier le cherche et nous le livre. Du conseil du dimanche, à ses vidéos, à ses ouvrages… l’auteur ne nous laisse jamais tomber. Mon seul regret jusqu’à maintenant est la distance, sinon assurément j’assisterais à ses séances au Québec.

Je me demandais s’il était trop tôt pour vous parler de ma lecture L’artiste est un athlète comme les autres étant donné que je n’ai même pas fini le livre! Mais vous savez, c’est ce qui m’a convaincu au final. Ce livre pose graduellement le pied sur ce qui nous fait hésiter quand nous écrivons. Les conseils se prennent au compte-goutte. Tranquillement avec l’esprit ouvert vers nos possibilités. Et surtout, quand vous le lirez, n’oubliez pas crayon surligneur et post-it, car vous aurez à prendre des notes et mettre en évidence les passages qui résonnent en vous. Pour y revenir, quand l’épuisement vous gagnera…

Ce livre ne vous parle pas d’une technique, mais d’un état d’esprit à avoir vis-à-vis l’écriture. Ce livre est ce qui se passe en vous pendant la créativité.  Il ose dévoiler le côté moins enjoliver du métier qui passe par la gamme émotionnelle de l’humain. Que nous ayons une première idée et ne sachons pas quoi faire au juste avec ça ou que nous soyons plus avancer dans notre processus d’écriture et qu’il faut, parfois (souvent) accepter notre faillibilité, ces conseils d’Anaël Verdier sont comme le second souffle, une pause, qu’il nous manque. L’étincelle nécessaire pour se révéler à soi-même tout notre potentiel. Anaël transforme les gens qui écrivent en auteurs et ce vœu l’honneur.

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Orpheline

J’ai posé des regards et des soupirs devant cette grande fenêtre;

Ici, barricadée entre quatre murs d’un quotidien gris et froid;

Les saisons défilent et je n’en ai manqué aucune;

Du tapis blanc aux chauds étés;

J’ai vu passé le temps;

De l’éclosion des pétales à la tombée des feuilles;

Croyez-moi quand je vous dis;

Le soleil rougeâtre qui se lève, je le connais aussi bien que ces milliards d’étoiles qui brillent dans la nuit;

Les filantes sont des menteuses auxquelles j’ai cessé de croire;

Il y a bien longtemps;

J’ai cessé de voir la magie;

Il n’y a que lumière et noirceur;

Et je suis cette oscillation  à peine perceptible parfaitement calqué à son environnement stérile;

L’épuisement m’a gagné, je suis désormais condamnée par la routine.

***

J’attends des heures, cet espoir que quelqu’un me reconnaisse;

Je suis orpheline, dit-on, mais je dois venir nécessairement de quelque part;

D’un père et d’une mère;

Deux êtres qui ont voulu au moins une fois être près l’un de l’autre;

Consommer par l’amour;

D’un homme et d’une femme;

Ou quoiqu’ils fussent;

Mené par un geste de rage ou de tendresse;

Malgré tout, je suis venue.

***

Je m’agite devant cette fenêtre;

Espérant qu’on me retrouve;

Qu’on me découvre un lien;

Une parenté;

Regardez-moi, dis-je aux passants

Me reconnaissez-vous?

***

Monsieur!

Madame!

Ces traits?

Ce visage rosé?

Ce bout de nez relevé?

Ces yeux tombants, émeraudes!

Les reconnaissez-vous?

***

Sans réponse;

Sans regard;

Le temps passe;

Les passants ignorent;

Qu’il y a ici, une fillette qui pleure;

Beaucoup moins jolie, car elle ne ressemble à personne.

Où écrire

De mon salon, le paysage est sublime! Je me suis payé un appartement qui a la vue sur le fleuve st-Laurent. J’étais convaincu que cela allait me rééquilibrer, m’adoucir et m’offrir l’esprit méditatif tant espéré et pacifié. Après quelque mois, je ressens encore une grande fierté d’avoir fait ce choix. Chaque fois que j’ouvre une fenêtre, un vent frais et puissant souffle à l’intérieur. Je respire enfin. L’hiver est à ma porte et les arbres se dégarnissent de leurs feuilles encombrantes et je peux plonger encore plus loin mon regard sur l’eau et la rive. À part quelques automobiles qui circulent, cet endroit est très calme! Et c’est ce dont j’avais besoin… J’imagine souvent ma maison de rêve et elle est souvent perchée à la cime d’un arbre en contrebas, une rivière calme qui passent ça travers la forêt. Mais ce lieu, ma maison, mon repaire loin d’être l’exacte réplique de mon rêve est une cabane moderne plutôt bien foutue dans la ville. À savoir maintenant, est-ce que cela influence l’écriture?

 Pour moi, oui, certainement!  Cela influence l’écriture au point souvent de le déranger. Mais pour vous, peut-être est-ce autrement? J’ai besoin de calme, vous, peut-être d’écrire pendant qu’il y a de la musique et des gens autour de vous. Moi, j’ai besoin d’espace, pouvoir marcher et m’étirer, mimer des scènes. Vous, peut-être un endroit confiné, loin de toute distraction pour connecter avec votre esprit créatif. L’idée derrière ça, c’est d’apprendre à vous connaitre et meubler votre séance d’écrire comme vous l’entendez : personnalisé, sacré et intime. Et si mon lieu idéal est dans une maison sur une très haute montagne? Je n’ai pas les moyens…

Un lieu d’écriture n’est pas à meubler proprement parler. Oui il est clair que quelques dépenses sont nécessaires. On ne peut prétendre toutefois que d’acheter le bureau numéro un vous assura les idées du siècle. Vous auriez tout aussi bien pu l’acheter à une dizaine de dollars dans une brocante. Meubler son espace est plus intellectuel qu’autre chose. Qu’est-ce qui vous met en disposition et vous donne envie d’écrire? Qu’est-ce qui influence votre écriture? Est-ce que c’est ces figurines de Minecraft? Est-ce que c’est des rideaux légers et colorés? Est-ce que c’est dans votre salon, entouré du mari et des enfants qui jouent tranquillement? Je ne peux répondre à votre place! Et je ne peux prétendre que mon endroit d’écriture doit être comme le vôtre.

J’ai prétendu que changer d’appartement a changé mon écriture… En fait, il n’a pas influencé mon écriture, il m’a influencé moi. Moi à tous les jours. Moi qui reviens du travail. Moi qui avais envie de prendre ses ailes et vivre ailleurs que dans un immeuble à plusieurs. Il ne faut pas focaliser sur le fantasme du lieu idéal pour écrire, mais il faut statuer ce qui est bon pour-soi dans l’immédiat lié à toutes les autres sphères de notre vie. S’il vous faut un endroit tranquille, alors qu’il est de quelques pieds dans le salon, faites-le. Si vous avez une chambre à débarras qui ne sert à rien, emménagez là. S’il vous est insupportable d’écrire à la maison, sortez. Permettez à vos rendez-vous d’écriture d’être sacré et personnalité. Intime, parce que vous l’aurez décidé pour vous et vous seul.

 Par exemple, je n’écris pas mon blogue au même endroit que j’avance mes projets d’écriture dans la maison. Le blogue c’est le salon. Les projets au bureau. Le blogue je suis assise dans mon sofa, une couverture sur les cuisses et une vue incroyable pour me laisser envahir par la poésie et les mots que l’eau qui continu son cours fait vibrer en moi. Je suis aussi attaquée par mon chat quand je suis dans le salon. Tandis que mes projets, dans mon bureau, tout le confort y est ; livre, haut-parleurs, plantes, lumières différentes selon mon humeur, j’ai de l’espace et je suis bien. Je ne ressors que de ce bureau quand mon objectif est atteint. Tandis que dans le salon avec mon blogue, je me laisse déraper et déranger. Il y a un projet particulier que je fais à mes pauses au travail parce qu’il a besoin de bruit et de ma frustration quotidienne que j’obtiens là-bas.

Il y a tant de possibilités et ce que je vous dis là est une infime partie de ce qui m’appartient. Et si maintenant c’était à votre tour de déterminer l’endroit qui vous fait vous sentir bien? Et si c’était à vous de meubler vos séances d’écriture?

La constance de revenir vers soi

Un homme très sage m’a dit un jour « dix-huit pouces à la fois ». Dix-huit pouces c’est un pas. Un pas à la fois. Il faut savoir son rythme, mais au final, un pied se dépose après l’autre. Dans toutes les sphères de notre vie, nous n’avons qu’à faire un pas, puis un autre…

Je me questionnais pourquoi les gens retournaient irrémédiablement vers les gens qui leur faisait du tord. Pourquoi voulais-je à tout prix me faire reconnaitre par un groupe ou un tel? Pourquoi l’importance que j’accorde à cette personne est si grande au contraire de l’importance qui m’est accordée en retour? Pourquoi un enfant arrive à pardonner à un père\ une mère une violence quelconque à son endroit? Non seulement je me questionnais pour suivre l’évolution de ma quête personnelle, mais aussi pour apprendre à dépasser mes obstacles pour devenir une meilleure écrivaine. Certainement, les deux sont liés. Assurément, ils se complèteront et s’influenceront. La vie personnelle est le moteur, la muse, l’éclat qui fera vibrer notre art. Nous transposons tellement de choses! Notre vie quotidienne menacera (du moins c’est ce que je pense) notre attitude, mais aussi notre aptitude à faire de l’art!

Cependant, voilà quelque jour, il était difficile de juste m’asseoir à mon bureau (parfaitement aménager pour l’écriture), devant mon portable (finement personnalisé) et avec un café (fait avoir amour par mes soins). Pourquoi en étais-je incapable? Pourquoi sans cesse la honte, la peur, la fatigue et le découragement venaient systématiquement s’asseoir avec moi!?!! Et la réponse la voici aussi cruelle qu’elle puisse être : Parce que la honte, la peur, la fatigue et le découragement m’accompagnent tous les jours où que j’aille! Cela veut dire au boulot, dans mes rapports avec les autres, dans mes projets… dans mon écriture! Chaque jour, je me bats avant d’écrire le moindre mot avec tous mes démons et je dois valider ma légitimité.  Tous les jours, je dois valider auprès de ma famille et mes amis que je suis digne d’être aimé par eux. Et ça, vous le savez, c’est foutrement épuisant!

Nous arrivons donc à la même conclusion : pour m’épanouir dans mon écriture, suis-je censé m’épanouir dans ma vie de tous les jours? La réponse est oui! Du moins, si vous voulez accéder à votre vous profond, artistique, imaginatif, libre et transcendant plus rapidement. Je m’explique. Si toutes les fois que le désir d’écrire me prend, il est logique de penser que je me lève, me prépare un café, va m’asseoir au bureau, ouvre l’ordinateur, ouvre le fichier entamé de mon roman et enclenche l’écriture. C’est facile dit de cette façon, n’est-ce pas? C’est le planning qu’on a tous prévu évidemment, mais la réalité est tout autre. Voici la réalité :

J’ai le désir d’écrire qui germe dans mon esprit. Quand je dois me lever je me rappels le ménage que j’ai à faire, je me rappelle la méchanceté d’une collègue au boulot et j’entends les enfants qui crient dans la chambre voisine. Je me dis que je ne serais pas tranquille tant et aussi longtemps qu’ils ne seront pas couchés. Une fois que ceux-ci le sont, toutefois, je sens une énorme fatigue. Alors je décide d’écouter un épisode de ma série télévisée juste pour me détendre avant d’écrire. Toutefois quand j’en ai passé trois de suite, je suis toujours fatiguée et il se fait tard.  Je décide d’aller me coucher, ce soir, je n’ai pas eu le temps d’écrire. Le lendemain, le même scénario se produit… J’ai mal cette fois aux mains et au final je me dis à quoi bon? Même ma mère ne me lit pas. Les derniers commentaires de mes amis ont été horribles et j’ai honte de leur présenter quelque chose de nouveau. Ça, c’est quand ils me demandent comment vont mes projets. En général, ils s’en foutent. Leur vie est tellement plus intéressante que la mienne.

Le pire dans tout ça c’est que je pourrais décrire mille réalités et elles reviendraient toutes au même résultat : j’ai honte, j’ai peur, je suis nulle, je n’ai pas le temps, tout le monde s’en fout, je suis désespéré, je n’ai pas de talent… Alors on se déconnecte de notre désir parce que cela fait moins mal. Mais cela vient de tellement plus profondément en nous que ce simple texte que vous avez OSÉ présenter à une personne. Tous ses sentiments viennent de votre vécu, de votre expérience, de votre enfance… Des choses qu’on vous a dites ou qu’on ne vous a pas dit. Elles vous suivent et construisent cet égo que vous trainez comme un boulet vers votre passion.

Je me souviens de mon enseignante de théâtre qui nous obligeait à jeter nos gommes avant d’entrer dans le théâtre. Pourquoi? Parce que le sucre épaissit la salive et ça va mal ensuite pour dire son texte! Et vous savez quoi? Ces obstacles sont pareils! Il faut les jeter à l’entrer de votre bureau, faut les balancer par la fenêtre avant de faire de la musique, il faut les effacer avant de peindre. Par quoi sommes-nous sensés alors le remplacer alors? Parce que oui, votre peur, votre désespoir sont des éléments qui peuvent vous stimuler dans la créativité. Si vous vivez du harcèlement, écrire sur le harcèlement peut être libérateur, certes! Mais il ne faut pas que ce sentiment négatif vous contrôle. Il faut qu’il devienne extérieur à vous, comme un objet d’étude autonome à votre volonté. Et vous avez à vous pacifiez, être vous, tout simplement, et nu devant votre art.

Non les cocos! Habillez-vous! Nu veut dire vulnérable. Accepter d’être ce que vous êtes aujourd’hui sans vouloir changer pour plaire, sans vouloir être parfait dès les trois premiers mots. L’idée est de vous remplir de votre essence, de vos rêves et de vos pensées. Écrire tous les jours en sachant pertinemment que c’est un retour sans cesse sur soi. Avoir une méthode de travail, oui, mais une méthode de retour vers soi aussi. Jetez votre détresse à la grande poubelle cosmique et accueillez-vous avec bienveillance. L’art vous permet de vous toucher, vous, intimement. Il vous faut alors accepter votre être dans sa globalité et l’embrasser!

La constance de revenir vers soi, comment le faire au quotidien au juste?

Parlez-vous! Consolez-vous! Accueillez-vous! Aimez-vous! Groundez-vous! En ce qui me concerne avec mon cheminement personnel, j’ai appris à distinguer deux personnages en moi. La grande Karine et la petite Karine. La grande Karine porte la force, la fierté, l’adulte, la confiance, les conseils et la bienveillance en moi. La petite Karine, qui est toute aussi importante porte mes peurs, mes blessures, mes doutes, ma naïveté et mes réactions impulsives. C’est la petite Karine qui amène les obstacles de l’écriture dans le bureau. Toutefois, c’est la grande Karine qui lui dit : « Hey, je suis là. Ça va bien aller. Laisse Peur et Honte à la porte, il y a fierté et joueur qui nous attend. Tu viens on va aller s’amuser ensemble?» Je ne le fais pas toutes les fois, mais j’ai consciemment besoin de me parler, quand Peur, Honte et compagnies amènent le bout de nez dans les parages. C’est drôle, chaque fois que je veux écrire… Alors, je dois constamment revenir vers moi. Je dois me rappeler que si je veux un roman, je dois, m’asseoir tous les jours et écrire. Je dois, pour vivre une vie épanouie, constamment me demander si cela aide à me nourrir ou cela me détruit. Je dois, pour me pacifier, constamment revenir vers moi, pour m’accueillir avec bienveillance. Et ça les cocos, ça se fait dix-huit pouces à la fois.