Histoires d’un bloc – Semaine 3

19h28. Un jeudi banal. Je suis installée dans ma voiture. DeadMouse dans mes speaker. Le volume est fort. Il ya des moments quand notre esprit surchauffe, que la semaine a été merdique et que la seule façon de décrocher c’est de se stationner quelque part, mettre de la musique dans le tapis et regarder les gens passer (pas trop longtemps et pas trop fixement hein? Sinon ils préviennent la police).

C’est mortel au boulot ces temps-ci. Aucun contrat ne rentre, la machine à plaque brise…je tourne en rond. J’ai des pauses prolongées. Je finis la métaphysique des tubes de Northomb. Puis plus rien. Le vide.

Je n’ai pas l’énergie d’avancer mes projets. Je ne suis pas chez moi, dans mon bureau ou devrais-je dire dans ma grotte. C’est normal après tout. J’écris qu’à des endroits spécifiques qui me permettent de bien former ma bulle.

Et là je me mets à réfléchir à qu’est-ce que je pourrais bien vous dire cette semaine au sujet des histoires d’un bloc. Ma télévision a été installée cette semaine (j’ai enfin su comment ça marchait cette patente-là), j’ai lavé les murs à grand coup de mope et d’eau de javel (ancien fumeur et l’odeur est coriace. BEURK)…Il me reste toujours à trouver des pôles de rideaux pour mes fenêtres, mais je commence à être cassé. Un déménagement, ça coûte cher. Faque les voisins auront une chance limitée de me reluquer sans gêne. Enfin…au troisième étage j’ai quand même de la chance.

Tous les soirs  de la semaine, je rentrais chez moi, mangeais un truc vite et je m’installais devant Sex and the city jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls. Platonique vous dîtes? Non. Emmerdant dans le sens le moins propre qui existe!

Alors quoi vous racontez pour le numéro trois? Ma vie dénuée de sens…Mais c’est une chance pour vous. Je suis écrivaine. Et les écrivains aiment ce qui est banal afin de le rendre attrayant.

Un sofa qui viole ton intimité

Je recevais vendredi mon nouveau divan. Un grand trois places gris et un fauteuil agencé. Je veux vous parler de mon rapport ( malsain ou pas) avec les étrangers qui pénètrent dans mon salon. C’est simple. Je n’aime pas les inconnus chez nous. Même si c’est un ami d’un ami et encore moins un livreur. Pire deux livreurs. Ils entrent chez toi avec leur soulier sale, s’installent à ta table comme si rien n’était, pousse tes trucs, regardent et commentent les lieux.

Amène le divan, arrange-le et va-t’en! Je suis dure. Je le sais. Mais ce petit nid intime que j’ai construit ne doit pas être souillé d’une quelconque façon.

En plus, des livreurs qui te charment. Pardon, qui tente de te charmer. En temps normal, tu ne serais jamais monté ici, avec moi, dans ce salon et sur ce sofa. Alors, reste professionnel et évite les sous-entendus. Tu n’es pas le bienvenu. Si j’avais pu, je l’aurais hissé moi-même jusqu’au troisième étage. Mais à ce prix-là, on aime bien que la livraison soit incluse.

Un malaise? Pourquoi ce malaise? Êtes-vous comme moi? Appréciez-vous les livreurs mettent les pieds sur le paillasson de votre entrée de maison? Les laisseriez-vous sans grincer des dents dans votre salon? Moi en tout cas, c’est clair!

Quand la poussière retombe

Une semaine passe, puis deux et maintenant trois. Est-ce que le quotidien revient rapidement? Est-ce qu’on se sent chez soi? Fier et accompli dans ce nouveau lieu? Sommes-nous au contraire perdus, désorienter et déprimer? Quand le Jet Lag termine ses effets, qu’est-ce qu’on est censé ressentir?

Trois semaines ont passé. Oui la poussière est retombée. Mais je sens toujours l’excitation du début. Je tourne et tout a été soigneusement choisi par moi. Les rideaux, les meubles, le divan, le tapis…tout! Je me sens chez moi. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. Ici ce sont mes règles. J’y fais ce qui me plait. J’invite qui me plait. Sans être jugé. Je ne suis ni chez papa ou maman ni chez frérot. Ni dans le sous-sol d’une Italienne. Et je le vis seule.

                Je crois que cette expérience n’aurait pas été un aussi grand succès (du moins pour ce que j’en vis pour le moment) si j’avais emménagé avec quelqu’un. La solitude. L’incroyable frousse d’être seul. Vide. Inutile. Dans un grand appartement, cette sensation peut paraitre insurmontable. Toutefois, je du m’adapter à ce vide. Peu importe ou je regarde…il n’y a en effet que moi. Autant apprécier ma présence tout de suite et passer à autre chose n’est-ce pas?

                Pour ceux qui ne l’ont encore que peu ou pas du tout expérimenter, il n’y a pas mille et un trucs pour passer au travers de cette épreuve. Le temps fait bien les choses. Tenez-vous occupée. Décorez! Adoptez une petite bête à poil pour de la chaleur au retour du boulot.

En plus, vous ne vous ennuyiez pas puisque si vous êtes un peu comme moi, tout est à apprendre. Je n’aime pas cuisiner. Bien là je le dois parce que la poutine c’est bon, mais ça finit par faire de grosses fesses. Explorez votre bloc ! Le ménage! Le lavage! Marcher le tour de votre immeuble. Trouvez-vous de nouveaux endroits préférés. Sentez la brise du vent sur votre balcon ou la sécheresse aride du désert!  Il y a tant à faire  et tant à découvrir dans ce nouveau chez soi. Moi j’y ai trouvé mon coin sécuritaire, confortable et rempli d’amour. L’important c’est de s’y sentir bien que vous soyez comme moi au troisième ou au centième étage.

Des nouvelles de Pô…

Je ne peux passer outre de vous en dire un petit peu quand même!? Sinon je ne serais pas une vraie célibataire! La petite Furie continue de me réveiller à 5am. Manger, jouer ou juste signifier sa présence. Il grimpe sur mes nouveaux meubles ( ah? Un chat, ça escalade les divans??), il vole mes bas pis sacrément vite à part de ça et il…rapporte la balle. Non, mais sérieux. Je lance. Il l’a ramené. Je lance. Il l’a ramené. Ça dur des dizaines de minutes ainsi!

Oh! Et! J’ai fait ses griffes!! La chose la plus terrible de ma vie. Tu ne le touches pas encore, mais il hurle à la mort comme ce n’est pas possible. Mon frère m’a aidé en l’enroulant dans une serviette ( c’est qu’il mord le petit coquin). Le gentil frérot en tant que bon électronicien, il m’a même confié l’art d’utiliser ce genre de coupe-ongle. Il semblerait que c’est plutôt similaire à ce qu’il utilise pour faire des câbles électriques…( Ben coudonc! On prend toutes les infos !). J’espère m’améliorer dans les prochaines semaines… et en ce moment, je vois mes divans trembler beaucoup moins à l’approche de mon petit Panda.

Je suis dépressive

Tu n’es jamais de bonne humeur. Tu n’es pas une personne positive. Allez! Give up la vie est belle! Fou-toi de ce qu’ils disent! Tu critiques toujours tout! Ça ne sert à rien de t’en faire avec ça. Tu es une personne qui aime se mettre dans la merde! Envoye! Éclate-toi! Juste cette fois. Tu réfléchis trop. Trouve-toi des solutions. Ben là! C’est facile. Arrête d’attente le bonheur. T’es ben poche! Karine, les mecs s’éloignent de toi parce que tu exiges trop et tu parles trop de toi.

 

Allo. Moi c’est Karine. Je suis dépressive. Toutefois, aujourd’hui, je brise le silence. J’en ai beaucoup sur le cœur. Et beaucoup dans la tête. Ça va faire un an bientôt que je prends des médicaments. Je suis étiquetée trop anxieuse. Et peu de mes amis le savent.

Ces phrases plus haut, on me les a dits. On m’en a dit d’autres plus terribles aussi. Des gens que je croyais être mes amis. Des gens qui étaient proches de moi à une certaine époque. Des gens en qui j’avais confiance. On m’a dit ça dans mes moments de faiblesse. On m’a parlé, conseiller, crier dessus, on m’a abandonné, on m’a plongé dans le silence et l’indifférence…tout pour que je cesse d’être la fille dépressive. Parce que ce n’est pas beau. Parce qu’une personne ne peut décider d’être triste. Il faut que cette personne quand elle est triste qu’elle se sente coupable. Mais tu sais quoi? Cette personne tu ne sais pas ce qu’elle vit. Comme on n’a jamais su ce que je vivais. Ni ma mère ni mon père ni mon frère et encore moins mes amis.

Aujourd’hui ce n’est pas une vendetta. C’est une prise de conscience. Pour moi. Pour toi. Pour les autres. Il y a des gens qui ont des gênes comme ça. Plus dépressif que la moyenne des gens. Il y a des gens qui ont une enfance plus dure. Une famille dysfonctionnelle. Des gens qui ont eu des problèmes de santé. Des traumatismes affreux. Et j’en passe. Je ne suis pas la seule et je ne suis pas la dernière. Même que j’essaye de soutenir une personne qui est dans cet état. C’est dur aider les gens. C’est dur de ne pas juste conseiller et lui faire sentir que la solution est si simple. Si évidente. Et alors j’oublie que j’ai été dans sa situation et que je crée le chemin inverse de l’incompréhension et la tristesse.

Quand une personne dépressive ne veut pas de solution. En fait oui, mais ce qui l’a préoccupé c’est d’arrêter de souffrir. C’est tout. Cependant, mon ami-e, je ne connais pas la solution. Je ne sais toujours pas où est le bouton qu’il faut presser pour shut down le système. Je le cherche depuis très longtemps aussi.

Toutefois, il y a une chose que je peux te révéler : crois. Crois en ton for intérieur que tu es guidé par l’amour universel de cette planète. Crois en regardant le ciel que si une lumière s’éteint il y aura toujours une nouvelle lanterne pour toi là-haut pour éclairer ton chemin. Rien n’est définitif. La douleur et la tristesse vont partir d’une façon que tu n’auras jamais prévu. Ça peut-être plus long pour moi ou pour toi. C’est parce que tu as encore des choses à changer en toi. Des choses à apprendre de ce monde avant d’être totalement envahi par la joie. Ce n’est ni bien ni mal. C’est juste ainsi. La vie. Notre esprit. Notre corps. Notre lot quotidien. Je sais que tu es épuisé de souffrir, même parfois sans raison apparente.

Alors, arrête-toi un moment et respire. Éloigne les pensées une à une. Regarde-les dans ton esprit circuler et envois-les se faire digérer plus bas. Ce n’est qu’un passage. Ça et tout le reste. Va prendre un bain chaud et un thé. Mets ta musique et fixe le plafond et respire.

Tu sais? Je souffre silencieusement depuis longtemps. Je souffre de ne pas avoir une oreille pour m’écouter pour révéler mon âme. Même ma psychologue croit me connaitre, mais pas tant que ça. Il y a du blanc et du noir en moi que je montre si je me sens en sécurité. J’apprends. J’apprends depuis plusieurs années. Je veux savoir qui je suis. Je veux comprendre pourquoi je réagis comme je le fais. Je veux comprendre pourquoi je m’éloigne des gens, de ma famille, mes amis(es)…pourquoi ne suis-je pas bien là-bas ni ici. Pourquoi je continue de souffrir malgré tout et me sentir coupable de souffrir.

L’expérience humaine est étrange. Si courte, que nous n’avons pas le choix d’avoir tout en accélérer et intensément. Pour que nous puissions tout vivre. Tout goûter. Tout sentir et ressentir. Voir.

Mais qu’est-ce qui fait que nous nous confions que très peu aux autres ? Surtout dans de tels moments! Il s’agit de notre vulnérabilité qui se pointe le bout du nez. Elle est très belle. Très naïve et authentique. Elle se blesse malheureusement souvent et elle a peur d’aller vers les autres. On pourrait me reprocher d’être trop sensible, on pourrait utiliser ma vulnérabilité contre moi, me faire mal…on ne va pas se le cacher, il y a des gens méchants. Il y  en a toujours eu. Des gens aux paroles comme celle lue en introduction plus haut. Des gens qui ne réfléchissent pas à la portée de leur parole. Des gens qui n’écoutent pas, mais parlent. Parlent quand ils devraient seulement écouter. Parce que la personne dépressive ne va pas résonner. Du moins, si, mais son jugement est brouillé, incomplet, viré contre elle-même.

La personne dépressive garde tout ça en elle parce qu’elle a peur d’être vulnérable et s’ouvrir aux autres. J’ai peur de m’ouvrir aux autres. Et ce n’est pas, heureusement, à tout le monde de me recevoir.

Aussi, avant même d’aller vers l’Autre, il faut apprendre à se vivre. Soi-même avec ses défauts, ses difficultés et ses angoisses. Il faut lâcher prise. Oui, mais comment? Voilà  on entre encore dans les solutions et je ne peux vous en donner. Il vous faut simplement accepter votre condition immédiate imparfaite, mais bel et bien présente. Le fameux aujourd’hui. Le 24 heures à la fois. La minute. La seconde. Carpe Diem. Vous et vous. Uniquement. Simplement. Tendrement. Vous goutez. Vous aimez. Vous consolez. Vous pardonnez.

Est-ce que j’y arrive? C’est beau écrire sur le sujet cacher derrière un écran, mais est-ce que je raconte se peut? Est-ce qu’on se délivrer de ça? De la douleur de vivre? La vérité c’est que je n’en sais  fichtrement rien. Je le désire autant que vous. J’ai trouvé l’écriture pour rassembler mes idées. Je me fais des rendez-vous de création pour juste posséder la matière et ne plus réfléchir (comme la peinture, le dessin, etc). Je le fais pour moi. Personne d’autre. Je me fou de quoi je peux avoir l’air. Je me fou d’être douée ou non. L’important c’est ce que je ressens à l’intérieur. De la chaleur et de la lumière. L’art vous met en contact direct avec votre soi profond. C’est ainsi que la fille dépressive est fière de ce qu’elle est. Heureuse. Surtout, en paix. Vous le pouvez aussi tranquillement, tendrement, joyeusement vous atteindre et vous aimer.

Les médicaments dans tout ça? Parce que oui, j’en ai parlé au début. Les médicaments j’ai toujours eu des appréhensions. Je me disais que si j’en prenais j’allais changer. Devenir folle ou être totalement gelé à longueur de journée. Ça agit différemment pour tout le monde. J’étais très angoissée. J’échafaudai des scénarios catastrophiques et la roue tournait. Je ne m’en sortais pas. Je pleurais. Je ne savais pas pourquoi. J’étais terrifiée de fermer les yeux. Je ne dormais donc pas. Peur de l’extinction. Peur de ne rien réaliser dans ma vie. Peur de demeurer seule à tout jamais. Peur d’être abandonné. Les médicaments ont délicatement refermé la porte. Tout simplement. Je ne suis pas différente. Je suis juste plus calme. Je continus d’angoisser, mais j’ai retrouvé une plus grande lucidité. Mais des médicaments sans d’autres traitements (psychologiques par exemple) ne servent à rien. J’ai beaucoup travaillé sur moi. Parce qu’il n’y a que moi et ma relation avec moi qui compte désormais pour moi. Oui c’est l’égo qui parle. Mais ce n’est plus l’égo qui contrôle mes faits et gestes (parfois oui… :P, mais j’ai une petite cage s’il est trop tannant). L’égo t’aide à survivre, mais il n’est pas un compagnon facile à vivre. Envahissant et avec très peu de jugement. Alors il faut faire son inventaire de vie. Chaque jour. Pour éviter de lui laisser la place de mettre le bordel dans votre tête.

Et on a aussi peur de ça. Se confronter soi-même. Peur de dire qu’on a une famille peu parfaite, qu’on a un copain peu parfait, qu’on a des amis peu parfaits…qu’on subit et qu’on se fait souffrir. Qu’on accepte malgré que nous aimerions refuser. Qu’on dit oui, mais c’est plutôt non qui devrait être dit. Qu’on avale et qu’on s’étouffe. Qu’on se fait des accroires et on ne vit pas avec honnêteté. Avouer nos torts. La seule chose que je peux vous dire c’est que je suis allée trouver de l’aide à tout prix. J’ai dérangé, j’ai questionné, payer des professionnels. Parce que ma santé mentale était ma priorité peu importe le prix à payer. J’allais me débrouiller…Il le fallait. Si j’allais mourir. J’allais disparaitre. Me laisser sombrer à tout jamais et c’était encore plus impossible que d’essayer de vivre.

La force vient quand nous n’avons plus rien à perdre. J’avais tout perdu. Tout ce qui me restait à faire était de remonter à la surface. Le seul choix disponible. Le seul choix envisageable.

Histoires d’un bloc – Semaine 2

La construction durant la nuit

Si ce n’est pas le chaton qui attaque mon visage la nuit c’est de la construction nocturne qui me réveil! Il n’y a rien de plus agressant que de se réveiller par les cris de Monsieurs des constructions. Avance! Ok! Coule! Tabar***! Ça bien l’air que les rues de Montréal sont bloquées partout et que même la nuit, on doit se faire chi** ! Non. Coulé du béton à minuit ce n’est pas une idée brillante, madame la mairesse.

La table de verre

Un chaton.

Sous une table basse en verre.

Un objet intriguant sur le dessus.

Un seul saut.

Pauvre minou…

Le chat qui haletait

Que tombe la pluie sur nos âmes défraichies et que…non! Pas cette semaine! On a eu notre quota ! C’est le beau temps qui commence! Enfin! Vivement la chaleur et l’été! La crème glacée et les orteils dans la piscine et…c’est quoi ce bruit étrange? On dirait que quelqu’un s’étouffe ?

Pô? Pô qu’est-ce que tu as? Tu as la bouche grande ouverte et tu cilles étrangement. Pô tu viens de déposés ta tête sur le rebord de ton bol d’eau…Tu sembles faible. As-tu chaud Pô?

Non. Ce n’est pas mignon tout de suite un chat qui crève de chaleur. Le pauvre petit ( qui on va se l’avouer est incapable d’arrêter de jouer) est entrain de haleter.

Comment je peux protéger mon tout petit compagnon? Vite! Vite! Internet donne-moi des réponses!

 Alors voilà les conseils que j’ai récupérés que je vous transmets amoureux des créatures à poils.

  1. Trouver un endroit au frais, à l’ombre pour l’animal;
  2. Lui offrir suffisamment d’eau à proximité;
  3. Lui mouiller les pattes, le museau et dessus les oreilles ( pas dedans);
  4. Idéalement un air conditionné ( don super généreux de mon papa= minou très heureux après ça).

L’animal peut être amorphe et roupiller. C’est normal. Le chat aura tendance à se laver beaucoup et c’est aussi très normal, car il sécrète dans sa salive une protection. Il ira souvent à la toilette et c’est pour cette raison que les bols d’eau vous pouvez en mettre plusieurs dans votre maison pour être sur qu’il s’hydrate suffisamment. S’il vomit, consultez un vétérinaire ou une urgence animale rapidement. ( à regarder d’autres signes : les selles, les tremblements, les miaulements excessifs, l’absence d’urine, le chat scilles et/ou  respire avec difficulté/bruyamment )

Clou et thon

J’invitais mon amie pour un souper dans mon nouvel appartement. Salade de thon! Je cherchais dans mes armoires mon ouvre-boîte pis…hum…non je n’en avais pas. Pourquoi je n’ai pas d’ouvre-boite quand j’ai plein de cannes? Au risque de décevoir mon amie, j’ai dû me débrouiller…avec des clous et un marteau. Le seul problème c’est qu’on doit désormais aller à l’hôpital pour prendre notre piqûre contre le Tétanos. .. 😉

Histoires d’un bloc – Semaine 1

L’introduction

Voilà ! C’est fait! J’ai emménagé! Il s’agit de ma troisième tentative…La première fois c’était plutôt catastrophique. Jeune étudiante à temps plein, travailleuse sur les temps qui me restaient de disponible… J’avais une mama Italienne qui surveillait mes moindres gestes. Elle cuisinait dans le sous-sol et je ne vous dis pas les odeurs que j’avais! ( non ce n’est pas un souvenir agréable). Elle m’amenait beignets maison et spaghetti. Gentille, mais trop colleuse. Elle s’assurait même que je ne bloque pas ses tuyaux avec mes cheveux…Si je devais résumer : Mon lit était au même endroit que je chiais et que je mangeais (vivement les 1 et demi).

En ce qui concerne mon deuxième appartement (disons plutôt une adoption humanitaire), mon frère m’a hébergé temporairement. C’est-à-dire une temporalité de deux ans ( on aura sûrement l’occasion de s’en reparler). Puis est venu le moment, de déployer mes ailes de nouveau et de partir à l’aventure. Tout s’est passé très vite! Kijiji m’a rapidement aidé à trouver un appartement dans un petit bloc sympathique. En fait, je ne suis pas partie bien loin. Ma rue est perpendiculaire à mon ancien logement ( six minutes de marche). Mon bloc se situe aussi juste à côté de celui de mes grands-parents ( une minute de marche avec le vent dans le visage ou quarante-cinq secondes si je déboule les marches).

Entre crainte, solitude, joie, rire et fierté, vous trouverez au fur et à mesure de vos lectures l’opportunité de me connaitre davantage. Je ne prétends pas à rien ni vous apprendre quoi que ce soit ni vous promettre des certitudes. J’espère juste vous exposer le plus fidèlement mes impressions, mes sensations et mes émotions.

Comment je compte vous raconter ma folle aventure ? Eh bien! Chaque semaine ( bon ça ne va pas bien je suis déjà en retard sur la publication dès la première semaine…) je vais publier un article. Cet article aura des titres (percutants). Vous aurez le choix de tout lire ( et je vais vous aimer beaucoup) ou de lire ce qui vous intéresse selon votre préférence( je vais vous aimer beaucoup quand même aussi). L’article le plus récent sera toujours on the top.

Sur ce, bonne lecture!

 

 

L’écornifleux

Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’un écornifleux, en voici le résumé : Une personne qui est à l’affut de vos moindres mouvements ayant pour objectif de monter un dossier négatif contre vous ou tout simplement par intérêt étrange de savoir qui vous êtes. L’écornifleux apparait toujours dans un coin sombre, prétexte avoir à faire sur le bord de votre clôture tout en espionnant votre cour arrière. Il peut même, par tous les hasards apparaitre devant vous dès que vous mettez le pied à l’extérieur de votre doux logis.

Chose à savoir sur l’écornifleux, nous en avons tous un dans notre quartier. Autant vous faire ami avec il/elle rapidement, car cette personne détient d’importantes informations sur votre secteur ( et sur vous par la même occasion).

Donc, cet écornifleux, mon nouvel appartement ne fait pas exception à la règle. Il est sur  mon étage, de biais à mon logement. Dès les premiers instants où j’ai débuté le grand déménagement, il était là, ouvrant sa porte à mon passage pour vérifier quelque chose. Un monsieur fort sympathique avec un chapeau de cowboys. Une personne d’un certain âge tout sourire et aux blagues qui se veulent drôles ( je les ris quand même hein! Je ne suis pas un monstre).

Maintenant que j’ai repéré la personne qui détient la charge de surveiller les lieux. Il est de mon devoir de me faire ami durant les prochains jours.

 

La folle du logis

Elle aussi est un personnage essentiel au bon déroulement de votre quartier. Folle ou parfois fou du logement ( quoique plutôt rare), c’est une personne qui vous parlera chaque fois qu’elle aura l’occasion de vous croiser. Cette dernière aura des discours incompréhensibles ou des allusions à la vie de tous les jours qui vous feront sourire. Sans folle du logis, la vie est un peu terne. Vous n’entendez personne crier, personne ne vous parle du temps qu’il fait à l’extérieur ou de la grande Tante malade qu’elle doit s’occuper avec dévotion.

J’ai eu la merveilleuse opportunité de la rencontrer dès le premier jour du déménagement. Une femme plutôt grassette, aux yeux ronds et aux regards remplis d’une malicieuse démence. Avant de vous écrire ma première conversation avec cette dame, il faut savoir une chose importante à son sujet : elle n’est pas méchante. Elle semble égarée, prête à vous attaquer, mais elle est malheureusement souvent sur la défensive ou elle parle juste très fort. Ne pas la contredire ni non plus faire sentir votre irritation; n’essayez pas de converser avec elle et trouver le point de rupture ou vous pourrez lui dire bonne journée tout en vous sauvant sans vous retourner. Surtout, n’oubliez pas, ne montrez pas votre peur. Parlez plus fort qu’elle si jamais elle entre dans votre zone de confort. Cela va la repousser.

Donc voici notre échange très prometteur que nous avons eu. J’étais avec mon père et nous faisions l’allée retour dans le lobi pour déposer les boîtes près de l’ascenseur. La dame se présente, regard sévère. Elle est contrariée.

– C’est à vous la voiture là?

– Oui, répondis-je avec un grand sourire.

– Ben! Éteignez-le! Ça entre dans mon appartement.

– Pardon?

– Le moteur entre dans mon appartement. Déplacez votre auto.

– Madame…mon auto est fermée.

– Non il fonctionne.

– Ce que vous voyez qui fonctionne ce sont les clignotants de détresse, mais le moteur n’est pas entrain de rouler. Rien n’entre dans votre appartement.

Elle quitte la scène. Je ne peux déterminer à ce moment si elle est satisfaite de ma réponse ou non. Elle semble toujours contrariée…

Le déménagement

Trois jours. Quatre personnes. Deux automobiles. Un meuble de magané. Les statistiques sont plutôt bonnes! Bravo à l’équipe du tonnerre!

Pis oui, on a mangé de la pizza.

 

L’adoption

 

Quand tu as une sœur, qu’elle colle à ton appartement et que cela devait juste être temporaire, il y a qu’une seule solution envisageable : négocier son prix. Pis mon prix à moi c’était Pô.

Pô est un petit mâle noir et blanc de trois mois. Il a quatre pattes blanches et un museau rose. Il a aussi de belles petites moustaches blanches. C’est un chaton adorable, enjoué et qui a du mordant! J’ai fait deux refuges avant de tomber sur lui chez Nature. Il était tout sage dans sa cage de verre et attendait juste ça me rencontrer. On me l’a mis dans mes bras et il s’est mis à ronronner. C’est à ce moment précis qu’il m’a piégé cette petite bête. Je me sentais spéciale et aimée.

Dans les refuges, j’en ai pris des chats. J’en ai caressé avec des gants, des draps sur moi pour éviter de contaminer d’un à l’autre…ces chats étaient craintifs. On faisait tout pour me dire que ce n’était pas le profil que je cherchais. Je l’aurais pris moi le petit roux à trois pattes totalement espiègle. Mais on m’a dit que c’était un petit monstre et qu’il fallait être prêt à ça. J’étais prête! Mais on m’a dit que ça demandait du temps. J’avais du temps. Mais on m’a dit que les chats, ça n’aimait pas ça être dans nos bras ( 90% à ce qui parait). Alors j’ai compris que les refuges ne voulaient pas que j’adopte. C’est fou hein?

Pis je me suis dit entre un refuge qui récupère des chats abandonnés ou une animalerie qui crée les usines à chat, qu’est-ce qui était le mieux au final? Ben c’est ça! C’est partout pareil.

Chez Nature, on m’a bien accueillit. J’ai pu jouer avec le petit chaton une bonne trentaine de minutes. Non merci madame je ne veux pas voir les autres. Il est bâtard avec son blanc et son noir. Il est « simple », mais ce chat me va bien. Je veux dire, il est à l’aise. Il vient dans mes bras, me mordille sans problème et je le vire sur le dos pis il aime être brassé.

Pô s’appelait Doris avant. Il vient d’une famille avec plusieurs petites sœurs et frères. Ces derniers ont été adoptés. Lui il est resté avec sa famille humaine, mais la petite fille est devenue très allergique. Alors Doris est allé direct chez nature. Encore bébé. Abandonné. Mais Doris quand elle est arrivée, c’était plutôt un il. Oups! Petite erreur. Alors Doris est devenu Boris. Boris a été aimé par le commerce d’animaux. Les employés sont venus lui faire adieu à la caisse quand mon frère me payait le chaton. Parce que c’est ça qu’on fait même si on le nie ; on achète des êtres vivants. Pis Boris je n’aimais pas trop son nom. Ça faisait gros méchant russe. Plusieurs jours après l’adoption, je faisais le ménage dans mes DVD et j’ai vu le film de Kung Fu Panda. Mon film que j’écoute au moins mille fois par année. Un film qui me fait du bien. Un bon film d’animation avec de belles valeurs et de beaux dessins. Alors je me suis souvenue de Pô, le panda fou-fou et gras qui protège la vallée en étant lui. Je venais de trouver le nom de mon petit chaton. Pô, la furie nocturne qui attaque mes narines.  <3

 

La concierge

Quelques mots sur la représentante du propriétaire du bloc. Elle soupire à chaque demande que je fais, incluant une clé de rechange (dont je paye un dépôt).   Prenons l’exemple et expliquons-le d’une autre façon pour vous aider à visualiser mon embêtement. Un chirurgien qui dit à son patient qu’il ne va pas l’opérer aujourd’hui parce qu’il est tanné que les gens malades lui demandent d’être opéré. On pourrait se dire : quel culot! Il ne veut pas opérer ses patients. Ben si tu n’aimes pas opérer, ne devient pas chirurgien. Exactement comme cette concierge. Si tu ne veux pas qu’on te demande, car tu es la référence sur les lieux, ne deviens pas concierge d’un bloc (trois blocs appartement en fait; ça en fait des gens qui pourraient te demander quelque chose ça).

Postscriptum: sérieux! Moi le monde qui sont en service à la clientèle qui n’aime ni les gens, ni se répéter…kossé tu fais là dedans cibole?

L’incroyable système D ( Ikea Remix)

La chose qui m’a le plus marqué est l’incroyable ingéniosité que mon père a su avoir. Il faut savoir que ce dernier a été ouvrier de maintenance de carrière. Donc les déménagements, ce n’est pas quelques choses qui lui faire peur. Ni de bouger, ni suer, ni lever des choses lourdes… Yé hot point barre.

Et le système D veut dire en fait le système débrouillardise! Je vous explique tout de suite pourquoi. Plutôt que de porter une boîte à la fois, il est très brillant d’utiliser un petit chariot. Mais mon père ce n’est pas le genre à faire dans le facile. Il aime patenter  les choses et (venant du réseau de la santé ou les outils, la technologie et l’aide sont déficientes) il a du improviser avec ce qu’il avait sous la main. Soit, une table IKEA et des roues. Vous voyez ou cela mène? Bin quin! Il l’a créé seul son chariot! Pis il marchait bien en plus de ça!

 

L’autodestruction

 

Je ne dors pas beaucoup ces derniers jours. Je suis remplie d’appréhension et de tourments de toutes sortes. Beaucoup sont dus à mes nombreux questionnements sur l’écriture. Ai-je du talent? Serais-je lu un jour? Est-ce que je perds, au final, mon temps? Je réalise cependant que cela n’a jamais concerné les autres ni mon talent. C’est moi. Moi tout simplement le précurseur de mon malheur. L’autodestruction, vous connaissez?

Il arrive un moment, dans notre lancée hyper positive de notre projet d’écriture (ou un autre) de se mettre à douter. Un doute si insidieux que nous nous dotons de protection contre la peur d’échouer sans le savoir. La fatigue, le temps, l’attente de l’inspiration. Mais l’inspiration ne vient pas du ciel, elle s’assoit sur une chaise et doit travailler pousser pas nous-mêmes. La fatigue est un état passager, un blocage qui nous empêche d’utiliser ce ressenti dans notre œuvre. Le temps ? Le temps se trouve toujours, il nous faut seulement le placer dans notre horaire surchargé.

Mais l’autodestruction va bien au-delà de ça! Il nous fait nous asseoir devant la télévision, faire le ménage plutôt que travailler et même tourner notre esprit dans tous les sens, dans le remords, la peur et la paralysie.

L’autodestruction vous empêche d’avancer et vous donne des excuses. Des raisons valables de ne pas être héros dans la propre histoire de votre vie. L’autodestruction se manifeste toujours par la honte, la peur, la culpabilité. Elle est là vous rendant coupable de tout. D’être et de ne pas être. Faire et ne pas faire. Elle vous envoie plusieurs signaux contradictoires en vous disant de vous débrouiller.

Comment se sortir de l’autodestruction? La seule réponse que j’ai réussi à trouver c’est de se lever. Se lever et faire ce que nous sommes censés faire. L’autodestruction n’aime pas que vous atteigniez vos buts. N’aime pas la réussite. N’aime pas votre autonomie et votre libre arbitre. Elle vous piège et vous fait dépendant. Mais vous êtes au-delà de ça quand vous comprenez son jeu.

Il suffit simplement de commencer. Une phrase, un mot…prendre votre énergie et vous extirpez de votre lit, laissé trainer la vaisselle un jour ou deux, ouvrir la porte et courir pour la fuir. Fuir la monotonie. Fuir l’inaction de vivre. Elle qui vous engouffre et vous pollue l’esprit.

Ce matin, levez-vous et soyez. Exister. Créer. Briser le cercle pervers de votre propre autodestruction.

 

Épilogue d’un rêve

Je vais me compromettre sans doute avec les affirmations suivantes, mais bon, quand on fait le choix de devenir écrivain on accepte de fouiller notre âme qu’elle soit noire ou blanche…et suite à une telle expérience le seul choix logique est d’écrire à ce sujet! Les confins de l’Homme dévoilés! C’est d’un plaisir fou! Comme la fois où j’ai vomi dans ma bouche en conduisant. Tout ce que je désirais était de prendre note de la sensation! (sans blague) Ceci est une autre histoire qu’éventuellement, je devrais écrire (peut-être pas finalement).

Je suis allée au Tam-Tam…là ou une foule de gens se ramasse et font le party…un party qui a certaines odeurs parfois douteuses…je suis allée là dans l’espoir d’y rencontrer des gens qui aimeraient bien acheter mon livre. Au final, je n’ai eu qu’une vente et c’est la jeune fille du kiosque à côté de moi qui l’a acheté. J’étais contente. Elle voulait pratiquer son français et elle aime bien l’idée d’un squelette. Pourquoi pas!

Toutefois, je me suis retrouvée devant l’immensité de mon échec. Se vendre. Être reconnue. Être accepté. Légitime.

Être écrivain, je le savais dès ce choix fait que cela ne serait pas facile. Oh! Je le savais! Percer un marché rempli de vautours qui vous prend vos droits en échange d’une tablette à rabais ou un marché dit libre où on vous pirate votre œuvre sans vergogne. Cependant, ce n’est pas ça qui m’attriste ce soir…

Je pense à moi, évidemment, mais à tout ceux et celles qui ont un rêve et personne pour les encourager. Tous ceux et celles qui ont été là pour d’autres et qui se ramassent seuls devant la lourdeur de la tâche de simplement exister. Je suis triste qui des gens comme moi qui à force de n’avoir personne derrière eux finissent par admettre qu’ils et qu’elles méritent d’être ainsi : seuls/es.

Je suis accrochée à l’écriture. Je m’y accroche les mains sanglantes comme à une corde d’acier. Je suis terrifiée d’exister. Je suis terrifiée de me tromper. Terrifiée de parler de moi, de me dévoiler, vulnérable devant un client qui au final lèvent les yeux sur mon œuvre comme si c’était moi. De perdre mon énergie et ma vie à courir derrière un rêve et ne jamais atteindre une seule destination. Je rêve et parfois je n’y crois plus. Et vous? Vous couchez-vous par terre en désirant ne plus vous relever? Ne plus essayer? D’abandonner et fermer votre cœur à tout espoir? À toute main qui pourrait, vous relever.

Sous ce grand vide rempli de tristesse, je bous. Je suis en feu! Je suis  en colère. Ma tête ne réfléchit plus. Mon esprit a quitté mon corps. Karine est un volcan prêt à faire trembler le sol et l’engloutir. Alors je me mets à me questionner…

Le livre n’a plus sa raison? Suis-je une mauvaise vendeuse? Suis-je si nulle qu’aucun de mes amis ne m’aide à partager, commenter, liker? Suis-je à ce point seul? Dois-je dépendre de Facebook et twitter et des Ondit et des Yvons croire que? Suis-je à ce point un être abominable? Vouloir que des abonnées pour sentir que je le mérite? suis-je entrain de me tromper? Suis-je entrain de rater ma vie? Pourquoi les grands profitent des petits? Pourquoi tout n’est que consommation? Tout est produit? Tout est vendable? L’art est un objet, un objet qu’on passe d’une main à une autre comme une balle de tennis. Oui même toi, toi qui rêve d’être sous les projecteurs, tu devras devenir une putain! Tu devras vendre qui tu es, ton âme pour faire parti d’une élite et survivre. Ne pouvons-nous pas faire autre chose que de vulgaires copies de nos ancêtres? N’avons-nous pas suffisamment d’imagination pour refaire toujours et à jamais les mêmes films et les mêmes histoires? Et celui qui désire bâtir son business l’engloutir sitôt sous les règles de fiscalités et les murs si hauts du réseau de contacts. Ce n’est pas ce que tu sais, mais qui tu connais…

Vraiment? Va s’y! Prostitue-toi artiste. C’est ça qui m’enrage! C’est ça qui me consume. 2 pour 20  puis 20 pour 2. Plutôt que s’aider, s’encourager, faire des œuvres de qualités, créer…on doit mâcher ce que les autres ont fait pour avoir droit au nectar des dieux!

 Ai-je le droit de rêver encore pour moi? Suis-je au prologue ou à l’épilogue d’un rêve? Combien de temps dois-je me débattre pour atteindre la grâce?

J’imagine qu’avoir le super beau rabais Ford employé devrait me remplir de joie. Après tout n’est-ce pas ça qu’on vend? Brand Power qui vous aide à mieux acheter votre moutarde? La technologie et tout parce que Sté on en veut toujours plus. Ou la voix…qui crée des héros, les mets sur un podium lumineux, sélection ne l’élu, l’exploite jusqu’à le publique cherche un nouveau joujou et abandonne tous les autres à leur sort. Et la lumière dans leurs yeux s’éteint. Tous les autres qui auraient autant de choses à dire meurent.  Ils ne sont rien.

Producteur d’artiste garanti un an. Noir et Indien condamné à jouer leur propre rôle à jamais dans les téléséries québécoises.

Ne t’attaque pas au Système, démode-le !

Alors que je croyais mon chemin sans issu voilà qu’un écrivain trace sur le sol comment m’enligner. Comment éclairer mon parcours si sombre. Un écrivain qui a compris dans quel système il joue. Et si cette fois, ce système je le démodais à plusieurs…et si vous artiste, tout comme moi nous prenions nos forces et les rallions avec ce que nous savons le mieux faire : Créer.

Cela ne demande ni gloire ni tribune…seulement d’être dans notre unicité et notre légitimité.

Moi avec ma plume.

Vous avec votre pinceau.

Vous avec votre poésie.

Vous et votre voix.

Vous et vos gestes.

 Vos expressions.

Votre jeu.

Il est temps que l’art ajoute du cœur à l’humain. Il est temps que l’artiste philosophe et peinture, écris et chante. Il est temps que l’acteur ne joue le rôle ni pour l’argent ni pour la carrière. Tout en profondeur. Tout en douceur. Tout en dureté. Qu’il soit le miroir de notre humanité et sa déchéance. Le vieux système corrompu par l’argent et la subvention accepte nos conditions, nous libère de toutes entraves. Il est temps que nous ne soyons plus l’esclave, mais prophète du changement.

Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives. 

Être heureux

 

Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus.

 

Je m’interroge ces jours-ci (ok depuis un bon moment déjà) sur la signification du bonheur. Le fameux  j’suis-tu heureuse moé coudonc? Est-ce ça se compte en nombre de bébelles qu’on a? La piscine, la maison, le chien, l’auto et la copine/copain? Est-ce que c’est ça? Voyager et accumuler les souvenirs achetés à un Cubain? Et cette définition qui dit que le bonheur est un état de satisfaction COMPLÈTE. Complète? I’m fuck.  Je ne suis jamais complètement heureuse. L’un réussit mieux que moi. L’autre à plus d’amis. D’autres sont juste insignifiants et ont plus d’attention. Je ne peux même pas avoir une maison. Je ne peux même pas me payer un voyage. J’suis pauvre crisse. Alors…est-ce que je suis condamnée à être malheureuse toute ma vie?

J’ai cette impression d’insatiabilité tout le temps. J’en ai et j’en veux toujours plus. Je veux être chez nous dans mon sofa et quand j’y suis, je veux être dehors et voir le monde. C’est quoi mon problème? C’est quoi notre problème? Parce qu’évidemment, je ne suis pas toute seule dans cette situation ( on est une méchante gang inviter à ce party-là d’ailleurs).

Le bonheur, est-ce qu’il est dans la réussite? Le diplôme, l’emploi, les enfants bien éducationnés. Le bonheur est-ce qu’il est toujours bien ordonné, dans le contrôle le plus strict.

Non. Le bonheur est dans la complète non-maitrise de sa vie. Le bonheur c’est admettre qu’on ne contrôle rien, qu’on ne sait, qu’on fera juste de notre mieux ( et quel mieux les amis!!!). Le bonheur c’est justement ça…tout est à faire…tout est à créer. Je suis heureuse quand je crée. Mais pourquoi? Parce que les conventions sont loin derrière. Personne ne me dit quoi faire. Personne ne me juge. Personne n’existe sauf l’objet de ma création. Nous sommes des êtres divins, tous et toutes, qui vivent une pleine expérience humaine( Merci à Paul Régimbald pour m’avoir ouvert les yeux) . Qui vivons l’échec et notre humanité. C’est ça le bonheur. C’est être juste assez. C’est être ce que l’on veut. C’est ressentir ce que l’on veut. C’est être libre des conventions sociales et de ses obligations.

         Stabilité et sa durabilité. C’est ça le bonheur. Être pareil. Jusqu’à la fin. Temps et espace confondue. Karine demeure celle qu’elle est. Stable et durable. Pfff! Ceux qui me connaissent savent bien que je ne suis rien de tout ça! Ceux qui me connaissent savent que la seule chose que je désire, le plus profondément, pour être heureuse c’est de réussir un jour à m’aimer. Je m’aime, mais pas à tous les jours. On est encore une méchante gang ici dans ce cas. Et c’est ça notre apprentissage du bonheur les copains. C’est juste ça. Ressentir l’amour, la vivre, la transmettre et la partager. C’est tout. C’est simple. Ça nous en fait moins sur les épaules hein?

Je vais vous dire un truc que j’ai appris en prenant en témoin les milliards d’étoiles qui surplombent au-dessus de nos têtes : je ne suis pas seule. Je peux être tu-seule tu-seule sans âme qui vit autour de moi, mais je veux dire. Je suis ma meilleure présence. Ma meilleure amie. Ma meilleure mère. Mon meilleur père. Mon frère et ma sœur. Ma meilleure confidente. Parce que l’amour transcende. L’amour guérit. Parce que j’apprends à aimer celle que je suis et celle que je veux être. Chaque jour, un pas à la fois.

Et vous aussi, vous empruntez ce chemin. Je dis bien chemin, car ce n’est pas une destination. Ce n’est pas un but à atteindre. Le bonheur n’est pas un objectif de vie. C’est la vie.

La phase d’exploration de son sujet d’écriture

 

Vos doigts effleurent le clavier. Votre tête a amassé plein d’informations pertinentes. Ces dernières sont mélangées, mais au moins vous savez de quoi votre histoire va parler. Le tri sera fait au fur et à mesure que la poésie vous emportera. Le sujet, ce mot intangible est devenu de la matière vivante. Il est dur et invincible. Vous savez vers quoi vous vous enlignez et personne ne vous fera dévier de votre chemin.

Comment arriver à connaitre parfaitement votre sujet d’écriture? Cela sous-entend que vous avez déjà passé la phase d’exploration (celle qui consiste à trouver un sujet). Alors vous êtes rendu à l’étape de le connaitre dans ses moindres détails ce sujet. Lui trouver des alternatives. Le tourner dans tous les sens pour voir et reconnaitre toutes ses failles possibles, visiter toutes les angoisses qui y sont associées, recherché dans ses profondeurs l’unicité de ce sujet. Mais…comment on a fait ça? Est-ce que c’est en allant bouquiner tous les livres de la rangée qui porte le nom de ce sujet qui nous fait spécialistes du sujet? Est-ce que c’est en allant à l’université, étudier et interroger nos enseignants? Est-ce que c’est en interrogeant tous les spécialistes de notre région? À ça je réponds oui, oui, oui, mais…il y a autre chose à soulever sous le tapis. Et c’est ce que je vais vous expliquer maintenant.

Pour connaitre votre sujet, il vous faudra vous armer de papiers et de crayons et aussi vous transformez en éponge. Cela vous permettra de tout absorber et ne pas filtrer les connaissances que vous allez acquérir, car le tri se fait après. Il est important dans la phase d’exploration de se garder toutes les fenêtres ouvertes. Si vous dirigez trop les connaissances que vous voulez ou pas à cette première étape, il se peut que plus tard dans votre écriture, vous arrivez à une impasse et il vous faudra revisiter vos notes sur votre sujet. Donc, ouverture d’esprit.

Ensuite, il vous faudra éplucher de ce sujet tout ce qui est technique. Alors, rendez-vous dans les bibliothèques,  les librairies spécialisées,  poser des questions dirigées à des professionnels, interrogez-vous sur ce que vous ne savez pas de ce sujet, ce que vous voulez savoir, qu’on vous explique. La technique du sujet est neutre, c’est un cadre. C’est de déterminer tout ce qui s’est fait jusqu’à maintenant à ce propos. Vous pouvez vous tourner vers des capsules YouTube aussi. Beaucoup de gens mettent des choses intéressantes en ligne. Peu importe la source, surtout si vous écrivez de la fiction vous pouvez tricher un peu sur la véracité des liens et pourquoi pas…inventer de nouvelles théories en vous inspirant de ce qui existe ou ce qui manque actuellement dans le domaine. Les magazines, les revues, les journaux, les blogues…

Vous aurez amassé une bonne quantité d’information, mais ce n’est pas encore le moment de trier ce que vous avez ou non besoin. Il est temps maintenant d’aller vous asseoir dans un endroit tranquille (toujours avec un papier et un crayon) et vous installer confortablement pendant plusieurs heures. La tâche la plus difficile est en chemin. Vous allez, à la lumière des connaissances techniques accumulées, vous interroger. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle interrogation! Interrogez votre conscience, vos sensations (les cinq sens) et vos émotions.

  • Comment je me sens à la lumière de ces découvertes?
  • Qu’est-ce que ça goute?
  • Qu’est-ce que je vois?
  • Qu’est-ce que je touche?
  • Qu’est-ce que je sens?
  • Je me sens en sécurité? Insécurisé? Apeuré? Terrifié? En paix? En joie? De quelle façon? Qu’est-ce qui déclenche ça?
  • Comment? Pourquoi ces émotions? Décrivez vos ressentis.

Vous avez besoin d’aller dans les abîmes de votre âme. Vous avez choisi ce sujet pour une raison. Une raison qui vous appartient et qui va vous aider à propulser votre histoire. Renforcer là de vos sensations. Renforcé là de votre histoire, de votre mémoire, de votre questionnement, de votre pensée, de vos projections, de vos douleurs et vos joies. Ce sujet c’est le vôtre, conter par vous…rendez-le unique.

La prochaine recherche, que je fais toujours en dernier c’est d’interroger les gens à propos de mon sujet de prédilection. Qu’est-ce qu’eux (famille, amis, inconnus, autres auteurs, etc) pensent et disent à son sujet. Je le fais en dernière étape parce que je ne veux pas influencer l’étape ou je me questionne personnellement. Cette recherche que j’appelle de l’autre côté de la rivière c’est de sortir les préjugés, les méchancetés, les stéréotypes, le racisme et toutes idées préconçues et non justifiées bonnes, moins bonnes ou déplorables. Ça, cela aide à construire vos opposants dans votre histoire. Le méchant, l’anti-héros, les épreuves de votre héro. ET c’est aussi important sinon plus que vos recherches plus scientifiquement prouvables. Car ça vient chercher tout comme vos propres impressions, l’état et le sentiment pur dans l’individu, dans l’humain. Et si vous cherchez à faire un livre qui touche…il faut partir de vous bien entendu (de ce que vous êtes) et vous confrontez à ce qui fait que les autres ne sont pas vous.

Finalement, vous faites le tri dans vos connaissances. Ce dont vous voulez conserver, ce que vous n’avez pas besoin, les peut-être, les au cas où et les assurément je vais le mettre dans mon histoire! Comme je le dis souvent, vous êtes Dieu. Vous avez un droit de tout. Alors, amusez-vous, surprenez-vous et sur ce…

Bonne écriture !

Histoires d’un bloc

Qu’est-ce que nous ressentons lorsqu’on emménage? Notre tête est-elle positivement illuminée d’idée préconçue ou chaque pas est une impression d’affronter le tapis bouillant d’un sol de magma? Nos voisins sont-ils des types sympas, tranquilles qui nous amènent un panier de fruits ou des vampires assoiffées de sang torturant notre esprit?

Entre réalité et fiction, je vous invite à parcourir mon expérience du Bloc appartement. Chaque semaine, une nouvelle histoire qui sera vous émouvoir, vous versez une larme (peut-être), rire aux éclats…ou pas pantoute! Soyez au rendez-vous dès la première semaine d’août 2017!

Bonne fête Montréal

On m’a dit qu’un Indien, ça porte des plumes.

On m’a appris qu’ils troquaient de superbes fourrures contre des miroirs, des tissus et des peignes…des pacotilles quoi!

On m’a dit qu’ils ne sont pas bien malins ces Indiens.

On m’a dit qu’ils étaient paresseux et buvaient.

On m’a dit qu’ils ne travaillaient pas et vivaient sur les aides sociales.

On m’a dit qu’ils n’écrivaient pas et qu’ils gravaient des dessins sur la pierre.

On m’a dit qu’on devait leur enseigner les choses parce qu’ils ne savent pas.

On m’a enseigné qu’il y avait trois peuples : les Algonquiens, les Hurons et les Iroquois.

On m’a dit de me méfier de ces Indiens qu’on nomme Mohawks avec leur crête iroquoise.  Ils ont de gros fusils et ils sont dangereux.

 

J’ai été éduqué dans un bon système. Un système qui a fait de moi une bonne blanche. Une francophone. Une Québécoise.

Mais plus je vieillis, plus je me questionne.

De l’autre côté du pont, on m‘a dit qu’il y avait notre ennemi.

Mais je ne sais pas pourquoi nous les haïssons.

 

Est-ce que c’est parce que le méchant indien bloque les routes?

Est-ce parce que ces Peaux-Rouges n’acceptent pas la sainte modernité?

 

Et si on m’apprenait la vérité? Et si Montréal était battit sur les cadavres encore chauds de leurs ancêtres? Et si les lois opprimaient ces nations?

 

Je me sens menacée.

Mais je ne sais pas pourquoi.

On m’a élevé à les haïr.

Mais je ne sais pas pourquoi.

 

On m’a raconté l’histoire du blanc sur le sauvage.

Mais elle est incohérente.

Mais elle est fausse.

Mais elle est cachotière.

 

Je suis blanche. Je suis francophone. Je suis Québécoise.

Mais je ne sais pas ce que cela veut dire.

Mais je vous souhaite à tous un bon 375e.